Thèse en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences du langage





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Exemple 5 :

Janngude « lire »

Janngitude « relire »

ɗomɗude « être assoiffé »

ɗomɗutinde « se désaltérer »

La complexité des verbes en fulfulde fait que dans l’étude de la langue pendant les deux premières années de scolarité de l’élève de l’école bilingue, on lui apprend à distinguer le verbe de ses arguments (sujets, objets), le verbe à l’aspect inaccompli (présent, futur) et l’aspect accompli (passé) pour pouvoir les exploiter lors du transfert vers le français. c’est d’ailleurs dans ce sens que la bigrammaire a été élaborée (Maiga et al., 2009b).

Ceci étant un aperçu, nous n’allons pas faire un inventaire des modalités verbales, mais nous donnerons les pronoms personnels que nous utiliserons avec le verbe janngude « lire » pour illustrer l’aspect accompli (passé) et à l’aspect inaccompli (présent et futur). Nous avons retenu ce verbe parce qu’il fait partie des verbes rencontrés dans notre corpus.

Les pronoms personnels

A titre indicatif, nous distinguerons seulement les pronoms personnels sujets humains de forme courte et ceux de forme longue. Les pronoms personnels courts sont :

Mi « je »,

A « tu »

O « il »

Ngel « il »

Min « nous

En « nous »

On « vous »

ɓe « ils »

Les pronoms personnels sujets forme longues

Miin « je »,

Aan « tu »

Kaŋko « il »

Minen « nous

Enen « nous »

Onon « vous »

Kamɓe « ils »

On peut ajouter que pour les pronoms de la troisième personne, on trouve d’autres formes servant à exprimer le non humain et le diminutif. Aussi les auteurs de la bi-grammaire font remarquer que « en fulfulde, un même pronom personnel apparait sous trois formes selon qu’il est le substitut d’un groupe nominal seul ou d’un groupe nominal suivi d’un auxiliaire de conjugaison marquant l’état, ou d’un groupe nominal mis en relief » (Maiga et al., 2009a, p. 16).

Le verbe janngude « lire » à l’inaccompli (présent)

mi janngan dewtere ndee  « je lis ce livre »

je / lire+inac / livre / ce

A janngan dewtere ndee  « tu lis ce livre »

Tu / lire+inac / livre / ce

o janngan dewtere ndee  « il lit ce livre »

il / lire+inac / livre / ce

ɓe njanngan dewtere ndee  « ils lisent ce livre »

ils / lire+inac / livre / ce
Le verbe lire à l’accompli (passé)

mi janngii dewtere ndee  « j’ai lu ce livre »

je / lire+acc / livre / ce

A janngii dewtere ndee  « tu as lu ce livre »

Tu / lire+acc / livre / ce

o janngii dewtere ndee  « il a lu ce livre »

il / lire+acc / livre / ce

ɓe njanngii dewtere ndee  « ils ont lu ce livre »

ils / lire+acc / livre / ce

Le verbe lire à l’inaccompli projectif (futur)

mi janngowan6 dewtere ndee  « je lirai ce livre »

je / lire+inac proj / livre / ce

A janngowan dewtere ndee  « tu liras ce livre »

Tu / lire+ inac proj / livre / ce

o janngowan dewtere ndee  « il lira ce livre »

il / lire+ inac proj / livre / ce

ɓe njanngowan dewtere ndee  « ils liront ce livre »

ils / lire+ inac proj / livre / ce

On peut noter que la modalité verbale pour l’inaccompli (présent) est [-an] et celle du futur est [-owan], la modalité verbale de l’accompli est [-ii] qui dans certains contexte peut se réaliser [i]. On perçoit aussi qu’il n’y a pas de désinences qui indiquent la personne. En réalité, la portée sémantique des désinences n’est pas aussi formelle que cela. Cette vue de la prédication en fulfulde est très superficielle. Le premier énoncé à l’inaccompli traduit par « je lis ce livre » peut bien être traduit par « je lirai ce livre ». « La possibilité d’avoir deux traductions avec des temps différents montre bien que rien dans l’énoncé pular n’indique le temps » (Sylla, 1982, p. 86). Les marques de l’aspect sont nombreuses, et leurs formes varient non seulement en fonction de la valeur aspectuelle, mais aussi du rôle du sujet dans le déroulement du procès. La morphologie verbale est aussi liée aux dérivatifs verbaux, aux constructions causatives, au focus direct et indirect, et à la topicalisation (Sylla, 1982). Elle a néanmoins l’avantage de servir dans la lecture des transcriptions des passages en fulfulde que nous avons faites des séquences de cours enregistrées en mode vidéo.




Aperçu historique des écoles bilingues au Burkina

Au Burkina Faso, on distingue l’éducation formelle de l’éducation informelle et de l’éducation non formelle. Selon les actes des états généraux de l’éducation du Burkina Faso tenus en septembre 1994, l’éducation formelle comprend l’éducation de base, l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. L’enseignement de base comprend le préscolaire et le primaire.

L’éducation non formelle correspond à celle exercée sur les hommes et femmes, les jeunes et les moins jeunes dans des cadres spécifiques caractérisés par la flexibilité des programmes et le manque de certification des apprenants ou la non universalité des diplômes délivrés. Quant à l’éducation informelle, elle s’exerce sur la population très large (et sans structures formelles) à travers les cellules familiales, les groupes sociaux informels comme les cérémonies d’initiation, les média communautaires et la rue.

Les étapes de l’expérimentation bilingue

L’éducation bilingue a connu au Burkina Faso une série d’expérimentations, certaines se sont soldées par des échecs, d’autres, au regard des résultats satisfaisants mais non totalement maîtrisées, ont conduit les plus hautes autorités à les prolonger dans ces dernières décennies. En 1979, année où nous sommes inscrit à l’école, l’Etat de la Haute Volta (actuel Burkina Faso) mettait en œuvre pour la première fois une expérimentation de l’enseignement bi/plurilingue au Burkina Faso. L’innovation faisait suite d’une part, à « une période de monolinguisme absolu en français dans le système éducatif, et, d’autre part, d’un constat d’échec du monolinguisme en français à l’école » (Nikiéma & Paré/Kaboré, 2009, p. 18). Cette expérience prenait en compte les trois langues les plus représentatives au Burkina et les mieux décrites au plan linguistique, à savoir le moore, le fulfulde et le dioula. Le dioula a été utilisé dans la zone de l’Ouest et du Sud-Ouest. Le moore a été expérimenté au centre et le fulfulde au Nord dans la région du Sahel. L’école où nous étions inscrit (école A de Djibo) faisait partie des écoles touchées par l’expérimentation bilingue qui a duré cinq ans. Certaines matières nous étaient enseignées en français, tandis que d’autres l’étaient en fulfulde. De mémoire, l’histoire et la géographie nous étaient exclusivement enseignées en fulfulde. Pour l’histoire par exemple, nos enseignants insistaient surtout sur l’empire du Lipako et le canton de Djibo et toutes les traditions qui tournaient autour de la mare de Djibo. En plus de ces matières, nos textes de lecture en fulfulde étaient composés de contes et légendes, de même, nous apprenions de chants et poèmes en fulfulde. Cette expérimentation fut interrompue quand nous étions en cinquième année de scolarisation, c’est-à-dire au cours moyen première année (CM1). Nous avons été informés par le directeur de l’école en compagnie de notre enseignant, que nous devons désormais tout apprendre en français, car nous n’allions plus avoir le fulfulde comme matière au certificat d’études primaires au cours moyen deuxième année (CM2). Nous n’avons donc bénéficié qu’une seule année « tout en français ». Nous avons néanmoins obtenu le CEP en 1985. « Les résultats peu encourageants de cette réforme ont conduit le Conseil National de la Révolution à mettre fin à cette expérience en septembre 1984 » (Napon, 2009, p. 256). Il s’agit des résultats à mi-parcours, bien avant que les élèves des écoles de cette expérimentation ne passent l’examen de fin d’année. D’autres pensent que cette expérimentation n’a pas été évaluée ni avant son arrêt, ni après. Selon Nikiéma & Paré/Kaboré, (2009) « Toutefois, la réforme a été arrêtée en 1984, sans évaluation. Le contexte sociopolitique n’a pas non plus permis de faire des évaluations après l’arrêt de la réforme, ni de suivre les sortants des écoles expérimentales pour savoir ce qu’ils sont devenus ». (Nikiéma & Paré/Kaboré, 2009, p. 29). Des débats nourris ont été menés pendant plusieurs années sur l’opportunité d’introduire les langues nationales à l’école. Il fallait attendre 1995, après les états généraux de l’éducation, pour que les autorités expérimentent une nouvelle innovation, les écoles satellites. Ce sont des écoles de trois classes (Cours préparatoire première année, cours préparatoire deuxième année et cours élémentaire première année) et sont créées pour les villages qui n’ont pas d’écoles classiques. Elles peuvent être normalisées par la construction de trois autres classes ou accueillir deux promotions dans une même classe. En première année, les élèves sont alphabétisés en langues nationales, en deuxième année, le programme utilise les langues nationales et le français et en troisième année le français est exclusivement utilisé. « Ainsi les connaissances acquises en première année sont réinvesties comme tremplin pour acquérir facilement et rapidement la seconde langue. C’est ce qu’on appelle le bilinguisme de transfert » (Napon, 2009, p. 257). Dans la même période, l’association Namalgebzanga, en collaboration avec l’OSEO (Œuvre Suisse d’entraide ouvrière), ELAN –développement, l’Institut National de l’Alphabétisation (INA) et le ministère de l’enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA) a créé des écoles bilingues où la méthode dite ALFAA (méthode d’Apprentissage de la Langue Française à partir des Acquis de l’Alphabétisation dans les langues nationales) est appliquée à Nomgana et à Goué. Les élèves arrivaient dans ces écoles entre 9 et 14 ans.

Au total, on peut dire que l’Etat burkinabè est à sa troisième expérimentation en matière d’écoles bilingues ; l’expérimentation de 1979 à 1985, les écoles satellites de 1994 et la formule OSEO-MEBA fonctionnant sur la méthode ALFAA. Les écoles satellites ne sont pas faites pour durer, mais pour résoudre ponctuellement le manque d’infrastructures dans certains villages. D’autres expérimentations sont réalisées dans le non formel par des initiatives privées.

« Les premières évaluations faites par le Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation (MEBA, 1998) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD, 1998) sur les apprentissages ont montré que les élèves des écoles satellites étaient plus performants que ceux des écoles classiques » (Napon, 2009, p. 257). Les élèves qui ont suivi la méthode ALFAA ont aussi eu un très bon taux de succès (80%) au certificat d’études primaires comparativement aux autres écoles classiques, et ce, après cinq ans de scolarité au lieu de six. L’Etat autorise officiellement l’expérimentation des écoles bilingues où les langues nationales sont utilisées comme médium dans toutes les classes à partir de 1999. La généralisation de cette expérimentation est en cours dans tout le pays avec une prise en compte d’au moins huit (8) groupes linguistiques (le moore, le dioula, le fulfulde, le lyélé, le bissa, le gulmancema, le dagara et le nuni). Actuellement, l’éducation bilingue touche le premier cycle de l’enseignement secondaire par un continuum officiellement élaboré. Il faut noter que pendant que cette expérimentation de l’école bilingue qui est en phase de généralisation, dans certaines localités, elle est encore décriée par la population. Le 1er octobre 2014 à 19h44, la télévision BF1 annonce que les parents d’élèves de Yagma (une périphérie de Ouagadougou) ne veulent plus de leur école bilingue. Ils protestent afin que l’école bilingue de leur localité soit transformée en une école classique monolingue (le tout en français).

Pour Napon (2009), la plupart de ces expérimentations sont faites par les ONG, les associations et les institutions internationales. Le refus de l’Etat burkinabè de s’impliquer donne l’impression qu’il a peur de l’expérience bilingue, et attend qu’elle réussisse avant de se les réapproprier. Ce qui l’amène à adopter les rapports des différentes innovations qui lui sont présentés sans objectivité, dans la mesure où cette adoption se fait sans que des évaluations soient faites sur le terrain. Et c’est cette méthode que nous préconisons dans notre démarche, aller sur le terrain et analyser la pratique en classe. Mais avant, il est nécessaire de vérifier l’action de l’Etat à travers ses textes officiels sur la question bilingue.

Les textes officiels

Les textes officiels de l’éducation au Burkina sont les lois d’orientation, les décrets et les actes des états généraux souvent organisés sur l’éducation. On sait que le premier texte officiel faisant état de la mise en place de commission nationale pour s’occuper des langues nationales avait été pris depuis 1969. Il s’agit du décret n°69-12 PRES du 17/01/1969 promulguant la création de la commission nationale des langues voltaïques et la mise sur pied de systèmes de transcription et de sous-commissions pour les différentes langues. Il ne visait pas directement le système éducatif national. D’ailleurs, le décret 289 bis PRES/EN du 03 août 1965 n’en avait pas fait cas. EN 1974, le décret 74/267/PRES/EN du 06 août portant création de l’Office National d’Education Permanente et de l’Alphabétisation Fonctionnelle Sélective (ONEPAFS) a été pris. Ce décret a été transformé en 1978 par un autre décret pour promouvoir les langues nationales. La constitution de la république de Haute Volta du 27 novembre 1977 notait en son article 3, qu’une « loi fixe les modalités de promotion et d’officialisation des langues nationales »7. Mais tout passe par la codification des langues. Ainsi, le décret 79/055/PRES/ESRS/ du 02 février 1979 a été arrêté pour permettre cette codification des langues nationales. Ce qui a permis à la réforme qui s’en est suivie de démarrer la première phase d’expérimentation de l’éducation bilingue en 1979 comme indiqué plus haut. Mais après l’échec ou la suspension de cette expérimentation, il y eut un silence de l’Etat pendant plus d’une dizaine d’années. Les textes relatifs à l’utilisation des langues nationales (système bilingue) à l’école sont récents. Il s’agit de la lettre circulaire n° 2002‐098 /MEBA/ SG/DGEB du 18 juin 2002 autorisant les parents et les autorités locales qui le souhaitent à demander la transformation de leurs écoles classiques en écoles bilingues, celle du 9 juin 2003 (N° 2003 /126 MEBA/ SG/DGEB)qui autorisent les écoles en ouverture à s’intégrer dans le système bilingue si elles le souhaitent, l’arrêté N°2003‐226 /MEBA/SG du 6 octobre 2003 portant désignation d’une structure d’ancrage du programme de l’éducation bilingue au sein de la direction générale de l’enseignement de base (DGEB). La nécessiter de former les acteurs sur le terrain a amené l’Etat à prendre l’arrêté N°2004‐014 /MEBA/SG/ENEP du 10 mars 2006 portant institution de la formation à la transcription des langues nationales (LN) et à la didactique de l’enseignement bilingue dans les Ecoles Nationales des Enseignants du Primaire (ENEP) et au Centre de Formation Professionnel et Pastoral (CFPP). Pour la gestion régionale du système, la lettre circulaire N° 2005‐078 /MEBA/ SG/DGEB du 14 mars 2005 portant mise en place des Equipes Pédagogiques Régionales (EPR) de l’éducation bilingue a été émise.

La loi N° 13/96/ADP du 09 mai 1996 portant loi d’orientation de l’éducation a été revue en 2007. Il s’agit de la loi n°013-2007/AN du 30 juillet 2007 portant loi d’orientation de l’éducation. Elle fixe les dispositions générales comme les définitions des termes propres au domaine, l’âge scolaire, la laïcité de l’éducation, les finalités, buts et objectif de l’éducation nationale, la composition de l’éducation formelle, de l’éducation non formelle et de l’éducation informelle, la classification des établissements, l’organisation de l’enseignement et de la formation, les droits et devoirs dans le système éducatif, du financement et de la gestion de l’enseignement et de la formation.

Cette loi en son article 6 donne les finalités de l’éducation en ces termes: « Le système éducatif burkinabé a pour finalité de faire un citoyen responsable, producteur et créatif. Il vise essentiellement à assurer un développement intégral et harmonieux de l’individu, notamment :

- favorisant son développement personnel à travers son épanouissement physique, intellectuel et moral;

- stimulant son esprit d’initiative et d’entreprise ;

- cultiver en lui l’esprit de citoyenneté à travers l’amour de la partie afin qu’il soit capable de la défendre et de la développer;

- développer en lui l’esprit de solidarité, d’intégrité, d’équité, de justice, de loyauté, de tolérance et de paix ;

- cultivant en lui le respect d’autrui notamment l’équité entre les genres mais aussi le respect de la diversité linguistique, confessionnelle et culturelle ;

- garantissant sa formation afin qu’il fasse preuve de discipline et de rigueur dans le travail et qu’il soit utile à sa société et à lui-même ;

- développant en lui le sens des valeurs universelles ;

- développant toutes ses potentialités afin de le rendre capable de participer activement par ses compétences au développement de son pays. »

Nous retenons aussi que l’article 10 fait état d’utiliser les langues nationales dans l’enseignement. Il stipule que « Les langues d’enseignement utilisées au Burkina Faso sont le français et les langues nationales aussi bien dans la pratique pédagogique que dans les évaluations. D’autres langues peuvent intervenir comme véhicules et disciplines d’enseignement dans les établissements d’enseignement conformément aux textes en vigueur »8. Pour la première fois, la loi note clairement que les langues nationales sont des langues d’enseignement au même titre que le français. A la suite de cette loi, on note des prises de décrets pour la compléter. Le décret 2008-235/PRES/PM/MEBA/MESSRS/MASSN/MATD du 8 mai 2008 portant organisation des examens du Certificat d’Etudes Primaires et du concours d’entrée en classe de sixième a été pris conformément. Le décret N°2008-236/PRES/PM/MEBA/MESSRS/MASSN/MATD du 08 mai 2008 portant organisation de l’enseignement primaire a été pris conformément à l’article 23 de ladite loi qui mentionne qu’un décret serait pris pour la compléter. Ce dernier décret abroge les dispositions du décret N°289bis/PRES/EN du 3 août 1965 portant réorganisation de l’enseignement primaire. Il complète les informations sur les objectifs et principes généraux de l’enseignement primaire, les normes et conditions d’ouverture des écoles, la gestion de l’école et du domaine scolaire, le recrutement, les curricula de l’enseignement primaire, les dispositions spécifiques à l’enseignement primaire d’éducation spécialisée, les activités para et périscolaires, l’inspection administrative et pédagogique, les dispositions transitoires et les sanctions. Mais il ne fait pas cas des langues nationales dans ces programmes et curricula. La Lettre de politique éducative a été adoptée le 03 novembre 2008 par Décret N° 2008‐681/PRES/PM/MESSRS/MEBA/MASSN/MJE. Elle prévoit « la valorisation des langues nationales et leur introduction dans les nouveaux curricula » à l’horizon 2015.

On retient donc que les textes officiels accusent une certaine lenteur dans l’utilisation des langues nationales en plus du français dans l’enseignement primaire. Il n’y a toujours pas de politique officielle claire sur l’utilisation des langues nationales. Les instructions pédagogiques, les curricula, les horaires et les programmes des écoles bilingues semblent être toujours ceux utilisés par les organismes initiateurs des expérimentations bilingues comme l’ex OSEO. Les plans décennaux comme le PDDEB et le PDSEB sont juste venus ouvrir la voie à une généralisation progressive sans revoir de fond ces contenus.

Les écoles bilingues au Burkina Faso

Un entretien avec le Directeur du continuum d’éducation multilingue le 09 juin 2015 nous a permis de noter les informations suivantes sur les écoles bilingues en général et celles fulfulde-français en particulier pour l’année scolaire 2013-2014 et pour l’année scolaire 2014-2015. Il ressort que sur 207 écoles bilingues ouvertes dans tout le pays, 196 dont 04 écoles fulaphones étaient fonctionnelles en 2014. Il s’agit de deux écoles dans la région du sahel, dans les villages de Biidi et Taaka, une école à Nomgana dans la région et une école à Nomou dans la région du Nord. Pour l’année scolaire 2014-2015, le nombre d’écoles bilingues (fonctionnelles) pour l’ensemble du pays s’élève à 220 dont sept (7) écoles bilingues fulfulde-français, comme l’indique le tableau suivant :

Tableau : EB des deux dernières années scolaires

Ecoles bilingues (EB)

Nombre en 2013-2014

Nombre en 2014-2015

EB dioula-français

28

30

EB moore-français

120

125

EB bissa-français

13

14

EB gulmacema-français

18

18

EB dagara-français

14

14

EB lyele-français

02

02

EB fulfulde-français

04

07

EB nuni-français

04

04

EB kassena-français

04

06

TOTAL EB

207

220
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   57

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