Exposition au Musée Fabre (28. 11. 2015 – 06. 03. 2016)





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SENUFO : Art et identités en Afrique de l’Ouest

Exposition au Musée Fabre (28.11.2015 – 06.03.2016)

« Les conditions d’appropriation

des objets de l’exposition par les Occidentaux  »

Contribution de Monique Rieutord , Service éducatif du château d’Espeyran – Archives de France

(Saint- Gilles du Gard) au dossier du Service éducatif du musée Fabre (Montpellier)

Sources principales :

-base photographique Ulysse, ANOM – Archives Nationales d’Outre – Mer anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/sdx/ulysse

- Exploration et colonisation en Afrique occidentale au XIXe siècle, dossier pédagogique n° 11, Service Educatif des archives départementales de l’Aude

audealaculture.fr/archives

-Extrait du rapport de mission Binger 1887 – 1889 dans la boucle du Niger au gouverneur, Archives Nationales d’Outre – Mer, série 1G 90

-Le voyage du capitaine Binger dans la boucle du Niger, G. Valbert, Revue des Deux Mondes, 1890, pp 660-671

-SENUFO. La dynamique des arts et des identités en Afrique de l’Ouest, Susan Elisabeth Gagliardi, catalogue de l’exposition au musée Fabre, The Cleveland Museum of Art, 2015

Contenu du dossier

Ce dossier fournit une mise au point scientifique sur l’homme chargé de la mission d’exploration et conquête de la boucle du Niger. Un point est réalisé sur son itinéraire de vie l’amenant à collecter les premiers objets senufo destinés à la métropole française. Des propositions sont faites en vue d’exploitation en cours d’Histoire, Histoire des Arts et Parcours d’éducation artistique et culturelle de l’élève, appuyées sur un corpus de 3 documents.

L’organisation du dossier suit un fil conducteur :

Comment ce capitaine de l’armée française a-t-il contribué à l’émergence de la collection d’objets senufo à la fin du 19e siècle ?

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  1. DU REFUS DE LA DOMINATION ALLEMANDE A L’EXPLORATION DE L’AFRIQUE POUR LE COMPTE DE LA France

Alors qu’il est né à Strasbourg (14 octobre 1856), Louis-Gustave Binger aurait dû servir l’armée allemande (annexion de l’Alsace et de la Lorraine en 1870). Au contraire, il échappe au service militaire allemand en s’engageant dans l’armée française dès qu’il en a l’âge (18 ans en 1874).

Il choisit de faire carrière dans le corps de la Marine, motivé pour aller en terrain colonial. Lorsqu’il est nommé au 4e régiment d’infanterie de marine, en 1880, il rejoint le Sénégal, base de la pénétration coloniale française en Afrique de l’Ouest (Faidherbe dès 1854 fait du Sénégal une terre française face aux rivalités britanniques). L.G. Binger rencontre le terrain de ses rêves et fascinations d’enfance pour l’Afrique (l’un de ses instituteurs lui a fait connaître les récits d’exploration de Livingston, les romans de Jules Verne).

image illustrative de l\'article louis-gustave binger

Gustave – Louis BINGER,

un capitaine explorateur ?

source : Biographies alsaciennes avec portraits en photographie, série 5 (1884 – 1889) par A. Meyer, BNF


Il prend part à plusieurs missions militaires et topographiques (carte du Sénégal). Il apprend la langue bambara, la langue très utilisée en Afrique de l’ouest, ainsi que d’autres dialectes. Faidherbe en fait son officier d’ordonnance en 1886. C’est dans ce contexte de carrière que L. G. Binger se voit confier une mission dans la boucle du Niger : « la mission Binger 1887 – 1889 ».

2. UN OFFICIER AU SERVICE DE L’EXPANSION COLONIALE FRANCAISE ET DE SA POLITIQUE DES ARTS

Le 12 mars 1887 il part pour une expédition de 4 000 km, reliant l’embouchure du fleuve Sénégal (Saint-Louis) à Grand Bassam sur la Côte d’or (voir la carte ci-dessous).

source : Une du journal Le Temps

par E.Griffaut, 1e

janvier 1890

départ

arrivée

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8d/soudan_fran%c3%a7ais-binger.jpg

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Point d’arrivée


Cette mission politique et d’exploration pacifique de la boucle intérieure du Niger vise à la connaissance des langues et la signature de traités amicaux et commerciaux, avec les chefs et rois locaux des Etats africains précoloniaux.

Le contexte est celui du Sramble for Africa (« ruée vers l’Afrique »), course aux traités de commerce et protectorats en Afrique entre les puissances industrielles occidentales. La stratégie de jonction entre le Sénégal et la Côte de l’or vise à contrecarrer l’implantation britannique sur le Niger inférieur, d’où la terminologie de la mission «  sur la boucle du Niger ».

Dans son récit, publié en 1892, L-G. Binger précise qu’il part avec quelques subalternes noirs, personnel nécessaire au transport des marchandises d’échange et deux ou trois fusils en cas d’attaque «  prouvant qu’un marchand pacifique est capable de résister à des voleurs ».

La circulation au sein de l’aire que nous appelons senufo est plus ou moins compliquée par l’hostilité de chefs locaux et les attaques armées. C’est une période troublée par l’expansion impériale musulmane de Samory Touré et celle des Britanniques et Français.

Louis – Gustave Binger ne parvient pas par exemple, à engager des relations d’amitié avec le Mogho Naba, chef du pays des Mossis dans le royaume de Ouagadougou. En revanche, il parvient à un traité de protectorat avec le Boudoukou du pays Kong. Le 10 janvier 1889, la jonction est alors faite, selon lui, entre la Côte d’or et le Soudan français.

Conformément au souci politique de son gouvernement, le capitaine Binger envoie au gouverneur, des objets et tissus achetés pendant la mission. Comme le gouvernement britannique, le gouvernement français s’intéresse à une politique muséale et aux collections d’arts.

Binger pense que les objets recueillis pourraient notamment figurer à

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l’exposition universelle de Paris (1889, vitrine industrielle et vitrine coloniale).

Lui –même est sensible à la beauté du continent africain, curieux des arts locaux et des modes de vie autochtones qu’il a le goût de faire connaître auprès de ses compatriotes. Ses découvertes font l’objet d’attentions passionnées accompagnées de conférences et publications (Sociétés de Géographie notamment). Les photographies des objets collectés pendant la mission sont exposées en 1893 à l’exposition de Chicago.

Ceux qui n’ont pas voyagé racontent, représentent et se représentent cet ailleurs, en observent les objets rapportés. Ils se les approprient à leur façon. Les distances physiques et culturelles en sont brouillées entre colonisés et colonisateurs.

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3. Comment faire travailler nos élèves sur cet acteur historique de la collection émergente d’objets senufo ?

En Histoire.

En collège, le cycle 4 en classe de 4e (Le XIX e siècle) se prête à l’utilisation de données de la mission Binger. C’est dans le thème 4 « les colonies « (3e partie) que la mission Binger peut prendre place au cours de l’étude d’un exemple de conquête coloniale en Afrique subsaharienne – Afrique de l’Ouest et sahélienne, comparant les processus français et anglais.

Cette étude s’insère dans la problématique d’une « relation de l’Europe au monde fondé sur la domination » (cf fiche Eduscol – thème 4 « les colonies »).

Une étape de la leçon est proposée ici  entre la mise en contexte de la colonisation et l’élargissement du processus colonial. Les compétences de repérage, de raisonnement, de compréhension et analyse de documents, de pratique de différents langages en Histoire peuvent être aisément mobilisées.

Les élèves peuvent travailler sur l’itinéraire de la mission en croisant les 3 supports contenus dans le document 1:

-faire repérer les lieux importants tels que Bamako, Kong, Bobo - Dioulasso,

Ouagadougou, Grand Bassam (carte doc 1b)

-remarquer ce que Binger observe sur le lieu (notice document 1a)

-observer ce qui contrarie la paix dans les espaces traversés (document 1a)

-avec une carte de la nouvelle géopolitique de l’Afrique, faire remarquer ce que sont devenus les lieux aujourd’hui : frontières, Etats modernes, noms de villes encore présents, capitales des Etats (carte 1c).

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Document 1 a. Notice sur la mission d’exploration Binger 

de Saint -Louis du Sénégal à Grand -Bassam sur la Côte d’Or

(1887- 1889)

-20 février 1887, Binger embarque à Bordeaux à destination du Sénégal

-12 mars 1887, départ de Saint-Louis du Sénégal avec 7 hommes pour transporter les marchandises d’échange (boutons, cadenas, cravates..) et quelques armes « 2 ou 3 fusils prouvant qu’un marchand pacifique est capable de résister à des voleurs » ; Binger préfère la palabre à l’usage des armes

-21 juin 1887 à Bamako, cité malienne et établissement commercial français, protection du puissant Samory Touré (chef de guerre, chef politique et religieux musulman, grand commerçant d’esclaves)

-20 février 1888 arrivée à Kong , cité commerciale détruite par Samory , au coeur du pays Senufo, l’état d’esprit des populations envers les Français a changé dans un bon sens

-19 avril 1888 entrée à Bobo-Dioulasso, hostilité des chefs et de leurs sujets, difficultés de ravitaillement et attaques, routes coupées, et conditions climatiques difficiles, impossibilité de trouver un guide

-5 juin 1888 arrivée en pays mossi plus accueillant

-15 juin à Ouagadougou, capitale des Mossi, traités d’amitié et de commerce impossible auprès du roi, relations difficiles à cause d’une hypothétique exploration anglaise 

-10 aout 1888 repart vers le Gondja et Kong, hommes malades par la fatigue et les fièvres, chevaux morts épuisés, besoin de vérifier les relevés topographiques et négociations d’un traité avec les Etats de Kong

-10 janvier 1889 signature d’un traité de protectorat à Kong ; pour Binger la jonction du Soudan français à la Côte d ‘Or est un fait accompli, appui du chef de Kong jusqu’à la côte ; les produits industriels français (fusils, boutons...) y seront échangés contre des objets locaux (tissus,...)

-20 mars 1889, arrivée à Grand – Bassam, comptoir français depuis une quarantaine d’années, fin du voyage de 4 000 km

-après la mission : Binger devient gouverneur de la Côte d’Ivoire, la capitale se nomme Bingerville.

Document mis au point par le Service éducatif à partir des différentes sources citées

Doc 1 b. Carte de l’itinéraire, source : Itinéraire du capitaine Binger, Archives départementales de l’Aude, L’Illustration, 14 décembre 1889, 1206 PER 8

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Bingerville
doc 1 c Etats modernes en Afrique de l’Ouest





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En Histoire des arts.

Le lien avec le fait colonial est possible, dans notre cas, par une entrée du regard de l’occident européen sur les sociétés non-européennes (cf fiche Eduscol, oc)

Cette gravure (document 2) représente l’un des traités fait par le capitaine. La scène est dessinée par un collaborateur de Binger. Faire observer les personnes présentes, le décor, le lien entre les chevaux et les dessins de montures sur le mur de la case, les deux formes d’art en présence, le regard du dessinateur. Faire comparer les dessins du mur avec les casques de l’expo n°s 58 et 59 (casques portant montures avec soldats stylisés de la même façon).

doc 2. Le capitaine Binger en pays Senufo :

visite auprès d’un chef politique local

source : gravure d’E. Riou , « En visite chez le naba de Karaga », 1892, New – York Public Library, from « Du Niger au Golfe de Guinée par le pays Kong et le Mossi, par le capitaine Binger (1887 – 1889




L’outillage de l’orfèvre au Soudan années 1880 – 1890 (document 3) peut être mis en regard avec le pendentif de l’exposition n°27. Binger étant curieux des modes de vie et des arts, la photographie de cet équipement avec balance montre l’intérêt de l’homme pour un savoir-faire africain dont le résultat peut être l’une des figurines ramenées.

On peut demander aux élèves quel est l’intérêt de photographier ce matériel africain à la fin du 19e s ?



Document 3. Outillage d’un artisan

Source : base Ulysse – Archives Nationales d’Outre- Mer, DAFANCA OM1 30 F 1010 N 058


c:\documents and settings\monique\bureau\outillage orfévre.jpg

En final. On peut demander de récapituler les effets de la mission Binger dans le domaine des arts et de la culture en général, hier et aujourd’hui.

Une activité en ligne, avec le site du musée du quai Branly, à Paris, peut conduire à retrouver des objets senufo, dont ceux ramenés par le capitaine Binger. Sur le site du Cleveland Museum of Art, une courte vidéo gratuite présente l’exposition Senufo. De façon complémentaire, le site du MoMa – The Museum of Modern Art de New- York présente en ligne un ensemble de courtes vidéos gratuites sur Les Demoiselles d’Avignon de Picasso, 1907 (études faites à partir de masques et statuettes senufo). La visite d’une exposition locale ou nationale en lien avec le thème peut élargir le Parcours artistique et culturel de l’élève.

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