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Bibliothèque de l’Institut de Géographie reflet de l’histoire de la pensée géographique


Etude sur la période 1925-1960

Cette période correspond à la formation de l’Ecole Française de Géographie et à la mise en place des structures d’enseignement et de recherche, concrétisée par la construction d’un Institut de Géographie de Paris.
Les différentes étapes de cette mise en œuvre ont été examinées dans les nombreux ouvrages, et il ne s’agit pas de redire ce qui a été exposé ailleurs. Par contre, les aspects documentaires, qui sous tendent le développement de la recherche, sont rarement évoqués.

Cet article a pour objectifs de tenter de retracer l’histoire de la Bibliothèque de L’Institut de Géographie de Paris, de réfléchir sur sa mission, son intégration dans les modes de diffusion de la connaissance en géographie, de susciter vos interrogations.

J’examinerai successivement :
I - La constitution des collections (A l’ exclusion de la bibliothèque Augustin Bernard non intégrée au fonds général. Achat en 1952 (correspondance 24/5/1951-18/5/1952 dans : Arch. Rectorale N°20010498/62-68. Ouvrages sur l’Afrique du nord : 2500, généralités : 750, périodiques généraux : 350, sur le Maghreb et Proche Orient : 400)

II - Les fonctionnalités de la Bibliothèque

III - Sa place dans l’environnement scientifique local, voire national.
I- Constitution des collections

Se posent d’emblée trois questions :
1 - Origine des fonds

2 - Composition quantitative, thématique et évolution au cours de la période considérée.

3 - Apport des dons et legs


  1. Origine des fonds


Les sources dont nous disposons sont peu nombreuses. Deux articles d’Emmanuel de Martonne intitulés « les études géographiques à Paris », parus dans les Annales de l’Université de Paris en 1927 et 1929, quelques pièces des archives rectorales et nationales, et un article de Benoît Brouillette « Les Instituts de géographie en France » (1934), donnent des éléments d’information.

L’Institut de Géographie de Paris fait partie des établissements implantés sur des terrains acquis par L’Université sur la montagne Sainte- Geneviève avant la première guerre mondiale, pour répondre à l’émergence de la géographie à partir des années 1880 /1885, et sous l’impulsion d’universitaires : Himly, Levasseur, Drapeyron, Dubois, Velain, Vidal de la Blache.

le pouvoir politique, en la personne de René Goblet, favorise l’organisation de structures d’enseignement de la géographie, distinctes de l’histoire et de la géologie. Le décret de création de l’Institut (Archives nationales dossier AJ16 5776) a été pris le 31 juillet 1920. L’article 1 de l’annexe du 21 avril 1926 précise « Il est crée à l’Université de Paris, un Institut de Géographie placé sous la direction de la faculté des Sciences et de la Faculté des Lettres, conformément à l’article 3 du décret du 31Juillet 1920. »
« Article 2. L’Institut a pour objet de donner un enseignement de la géographie et de ses applications. Cet enseignement aura un caractère à la fois théorique et pratique. Il comprendra des cours, des exercices pratiques, et des excursions. »
Ainsi, la diversité des ressources documentaires nécessaires aux professeurs, et la spécificité de la Bibliothèque se trouvent inscrites dans les statuts.

A l’initiative du recteur Louis Liard, grâce à la générosité de la marquise Arconti Visconti et du Ministère de l’instruction publique, les travaux de construction du nouvel Institut débutent en 1912 ; Ils seront interrompus par la guerre, repris ensuite et achevés en 1925. Les péripéties de cette réalisation sont analysées par Mme Robic dans l’ouvrage « Géographes en pratique ».
Ce bref rappel historique était nécessaire pour mieux cerner l’origine des fonds de la Bibliothèque
Dans l’article précité d'Emmanuel de Martonne (1929), on peut lire : « Le transfert des collections réunies à la Faculté des lettres pour l’enseignement et les recherches géographiques a donné à l’Institut de Géographie un matériel assez important qui s’augmente d’année en année. L’inventaire détaillé en est suffisamment avancé pour que nous puissions donner un aperçu des ressources qu’il offre aux élèves, aux professeurs et aux savants en général »
Les inventaires que nous possédons aujourd’hui se réduisent à cinq registres :

-Un registre pour les ouvrages et périodiques intitulé « Faculté des Lettres : registre d’entrée des livres, géographie».

- Un inventaire général, ouvert en 1927, et qui se poursuit jusqu'à nos jours.

- Un catalogue des cartes et atlas avec mention « Faculté des lettres ».

-Un inventaire de cartes, ouvert en 1950, avec indication : « registre commencé le 6 /5 /1950 arbitrairement au n° 15000. L’ancien registre est égaré ». Il se poursuit jusqu’au n° 16641.

- Un répertoire de 2670 photos (dont les premières pages ont disparu). Elles proviennent de dons, en particulier de, A.Demangeon, E. de Martonne, R. Blanchard, L.Gallois, E Martel, A.Briquet.

Le premier registre cité, intitulé « Faculté des Lettres » ne contient que quelques pages, où sont inscrites les entrées d’ouvrages, cartes, et revues en 1926, 1927,1928.Au Total 486 entrées.

A noter que les entrées de 1927 ne correspondent pas à celles de l’inventaire général actuel.
Dans ces conditions, comment retracer l’histoire des collections rassemblées par les géographes qui exerçaient dans les locaux de la faculté des lettres et des Sciences, à la Sorbonne. ?

Les sondages réalisés en rayons se sont révélés décevants. Un système de re cotation, visible sur certains ouvrages, empêche toute reconstitution historique par le biais de la chronologie des entrées. Toutefois on constate d’une manière générale, que les livres portant la mention : « Faculté des Lettres de Paris section de géographie » ont été inventoriés dans l’inventaire général, au milieu d’autres livres, qui sont estampillés « Université de Paris Institut de Géographie ».Cette observation tendrait à prouver que les collections de la Faculté des Lettres n’ont été inventoriées qu’en 1927, lors de l’installation dans le nouveau bâtiment. Elles portent souvent la mention : legs Vidal de la Blache.

Une information intéressante se trouve dans une note de Vidal de la Blache, datée de janvier 1913, où il élabore le plan du futur Institut et fait état des espaces et du matériel nécessaire.

Elle indique que le maître et ses collaborateurs : De Martonne, Gallois, Schirmer, Augustin Bernard, disposaient de livres et périodiques mais aussi de cartes, photos, reliefs. Mais Vidal de la Blache ne précise pas la composition de ces fonds.

Le déménagement de ces collections aurait eu lieu fin 1925. Dans le registre des actes des Conseils de la Faculté des Lettres ( Arch .Nat. AJ16 4754 ), un rapport de la commission des locaux ( réunie le 19-12-1925) indique la répartition des pièces laissées vacantes par le « départ des géographes. »

Il est vraisemblable que les registres « Faculté des lettres » pour les cartes et les photos correspondent aux collections rassemblées dans les locaux dévolus aux géographes à la Sorbonne. La cotation et le classement des documents tendent à le prouver.
Mais une question demeure : combien de volumes ? Lesquels ? Quels titres de revues constituaient le fonds initial de la Bibliothèque de l’Institut ?

On pourrait imaginer que les archives de la Bibliothèque de la Sorbonne permettraient de résoudre l’énigme. (Archs. rectorales non inventoriées : carton 39).

La Bibliothèque actuelle de la Sorbonne, inaugurée le 3 décembre 1770, doit son origine au legs du recteur Gabriel de Montempuys en 1762, et se constitue par adjonctions de fonds de lettres et sciences. Dénommée Bibliothèque de l’Académie de Paris, elle reprend son titre de Bibliothèque de L’Université en 1861.

Le règlement de la Bibliothèque de l’Université du 26 février 1886 stipule, paragraphe V article14 : « Il sera dressé, en double exemplaire, un catalogue des livres et collections qui se trouvent dans les bibliothèques des laboratoires et des conférences. Un des deux exemplaires sera déposé à la Bibliothèque de l’Université. Des relations seront établies entre le Conservateur et les Directeurs des laboratoires et les bibliothécaires des Conférences, pour éviter les doubles emplois. »

De plus, une lettre de Monsieur le Ministre de l’instruction publique et des Beaux Arts à Monsieur le Recteur de l’Académie de Paris du 14 mars 1924, précise : « Il serait préférable que les ouvrages acquis pour les bibliothèques spéciales soient réunis au préalable à la Bibliothèque Universitaire, qui se chargera de l’estampillage et de la rédaction des fiches dans un très court délai.... fiches insérées dans le catalogue de la Bibliothèque universitaire avec indication de la bibliothèque spéciale où ils sont conservés »
Si ces instructions avaient été appliquées, on pourrait retrouver trace des collections de géographie dans les fichiers de la Bibliothèque de la Sorbonne, mais ces dispositions ne s’appliquaient pas aux ouvrages personnels des enseignants, ni aux manuels d’étudiants, cas des documents auxquels Vidal de la Blache fait allusion. Ils étaient conservés dans des armoires du local Bibliothèque de la section de géographie à la Sorbonne

En l’état actuel, cette recherche, se conclut par des suppositions sur le contenu du fonds initial.

2 - Les collections : Composition quantitative et thématique.

Si l’on se réfère à nouveau aux rapports du Directeur l’Institut, Emmanuel.de Martonne, rédigés de 1927 à 1934, on note un accroissement substantiel du matériel pédagogique, à la disposition des maîtres de la jeune Ecole française de Géographie et de leurs élèves.

.Il écrit en septembre 1927 (op cité) :

« L’Institut de géographie possède une bibliothèque de plus de 20 000 volumes (dont 15 000 périodiques), sans compter une importante collection de brochures. Plus de la moitié provient de dons, notamment de la bibliothèque de Vidal de la Blache et de la bibliothèque de F. Schrader....Outre cette bibliothèque réservée aux étudiants avancés et aux savants, les étudiants ont à leur disposition une bibliothèque de quelques centaines de volumes .dans la salle de travaux pratiques ; la collection de cartes est remarquable par la richesse en cartes topographiques étrangères comprenant des séries complètes à grandes échelles d’Allemagne, Angleterre, Autriche, Hongrie, Italie, Etats-Unis, etc.,… Elle compte 40 000 feuilles, rangées dans une salle spéciale qui n’est ouverte qu’aux chercheurs. Il faut signaler 10 000 photographies, 5 000 positifs sur verre, pour projections, des instruments topographiques, météorologiques, mais surtout les plans reliefs au 20 000é du front de guerre qui peuvent être assemblés par 20,40,60 et plus même sur 4 tables inclinées, dans une salle spéciale. Il est possible ainsi de contempler d’un coup d’œil toute la Lorraine, ou toutes les Vosges, Cette installation est vraiment unique. »

Une autre source d’information permet de compléter ces rapports. Il s’agit du registre d’inventaire général ouvert en 1927. Il se poursuit jusqu'à nos jours.
Quelles informations peut-on tirer de l’examen de cet inventaire ?
- Il permet de suivre la vie de la bibliothèque, et la constitution du patrimoine des géographes, de manière plus systématique que ne le font des rapports administratifs ponctuels. On remarque que les chiffres donnés par E. de Martonne et ceux de l’inventaire ne concordent pas toujours.

- Il fait connaître la composition quantitative et thématique des fonds.

- Il offre une possibilité d’estimer l’actualité et la pertinence des collections pour l’enseignement et la recherche.

- Des annotations : mentions de dons, legs, versements de collectivités, laissent apparaître en filigrane, la notoriété scientifique du jeune Institut.
Quelques exemples illustreront ces remarques. J’ai choisi trois années qui me semblent significatives de l ‘évolution des fonds : 1928, mise en place des registres, 1942, année marquée par des legs importants, 1960, fin de la période d’après guerre. J’examinerai successivement :
a) les statistiques d’entrées.

b) la composition des collections :

- la proportion d’achats par apport aux dons

- la typologie : livres périodiques, cartes, atlas, brochures etc.

- la répartition par lieux (continents) et par sujets
a) Statistiques d’entrées :


Date

n° d’entrées

accroissement

1927

1- 223

223

1928

224-883

635

1929

884-1432

635

1930

1433-1959

526

1931

1960-2442

482

1932

2443-2954

511

1933

2955-3175

220

1934

3176 -3437

261

1935

3438 -3729

291

1936

3730-3980

250

1937

3981-4310

329

1938

4311-4665

354

1939

4666-4938

272

1940

4939-6317

1378

1941

6318-7357

1034

1942

7358-7898

540

1943

7898-8031

132

1944

8032-8134

102

1945

8135-8473

338

1946

8474-8938

464

1947

8939-10373

1434

1948

10374-10917

1543

1949

10918 -11501

583

1950

11502- 11902

400

1951

11903- 14128

2225

1952

14129- 14677

527

1953

14678- 15216

527

1954

15217- 15442

230

1955

15443- 15811

363

1956

15811- 16243

423

1957

16235 -16570 /23301- 23818

de 16571 à 23300

entrée du fonds A. Bernard

752

1958

23819 -24942

1123

1959

24943- 25679

736

1960

25680- 26497

817


b) Composition des collections.
Ce bilan statistique doit être modulé. Dans l’inventaire, figure non seulement les documents, mais aussi les achats de matériel : meubles, appareils de projection, microscopes, boites pour cartes postales, etc.,… .Sont entrés au même titre les livres, numéros de périodiques, brochures, cartes, cartes murales, photos. Les opérations de reliure sont enregistrées. 
En 1928 les achats portent sur le matériel : 98 entrées. : Instruments tels que théodolite, astrolabe à prisme, boussole Hossard, baromètre altimétrique compensé, appareil photographique, meubles, fournitures de bureau, reliure. Sur les 149 ouvrages enregistrés, 80 dons (37 français, 43 étrangers) 4 mentions d’achats (2 français, 2 étrangers), 65 sans mention d’origine. Les collections s’accroissent aussi de 31fascicules de périodiques (1927), versement de la libraire A.Colin (liste en annexe). Ces versements annuels constituent le fonds initial des revues. A noter que les services de presse, les échanges avec les « Annales de Géographie », le « Bulletin de l’Association des Géographes Français », ont été jusque vers 1978 une source irremplaçable d’alimentation des séries. Le BAGF reste une source d’échanges appréciable actuellement.

Les abonnements à titre onéreux, n’apparaissent importants qu’à partir de 1960.

La cartothèque comporte en 1928 : 44000 cartes et plans qui se répartissent ainsi :

France : 10569 feuilles (plus 14422 en réserve),

Europe : 7335 - ( - 3706 - )

Asie : 643 - ( - 99 - )

Etats-Unis : 3283 - ( - 231 - )

Afrique : 978 - ( - 536 - )

Cartes murales : 282 - (dont 61 coll. Vidal de la Blache)

Au cours de l’année : 158 entrées, en particulier des cartes d’Indochine à grande échelle. Il s’agit de dons de la Bibliothèque Nationale, provenant des doubles du dépôt légal éditeur. La Bibliothèque Sainte Geneviève déposera aussi des doubles du dépôt légal imprimeur. Les versements de la BNF se poursuivent de nos jours.

La photothèque s’accroît de 186 unités.

Au cours de l’année 1942 la bibliothèque achète : 21 livres,5 cartes dont 3 murales, prend 3 abonnements. Les dons sont essentiels : 288 brochures, 195 livres français, (4 thèses), 109 étrangers, 35 atlas, 21 cartes, pas de mention de photos.

En 1960 la bibliothèque s’enrichit de 107 ouvrages français, 46 étrangers, 55 numéros de périodiques, 6 atlas, les brochures représentent plus de la moitié des 603 dons.

A priori les fondateurs de l’Ecole française de géographie et leurs successeurs ont doté la bibliothèque-cartothèque de l’Institut, de tous les outils nécessaires à leur enseignement et à leur recherche. L’évolution des savoirs et de la pensée géographique devrait s’inscrire dans nos collections .Est-ce si évident ?
L’estimation « qualitative »du patrimoine documentaire, à partir des registres d’inventaire, doit être effectuée avec précaution, il faut éviter toute déduction hâtive issue de cette source de renseignements.

.Si les enregistrements sont précis, un certain manque d’homogénéité rend le comptage difficile. Les méthodes ont varié .En 1928 et 1960 chaque numéro correspond à une unité documentaire, en 1942, l’inscription se fait par titre ou par lot de brochures. Pour suivre l’évolution, j’ai donc travaillé sur les pourcentages des données.
Les graphiques ci-joints permettent des comparaisons et les constatations suivantes :

La répartition thématique montre, au cours de la période considérée, la prédominance des acquisitions de géographie physique et économique, Entre 1942 et 1960 les accroissements en histoire de la géographie et en démographie sont en baisse. Les pourcentages de monographies régionales et de géographie rurale ne sont pas aussi importants que l’on pourrait le supposer. La proportion d’ouvrages de géographie urbaine varie selon les années, mais s’accroît globalement après 1950. Au cours de la même période, on note une augmentation significative des manuels qui alimentent les bibliothèques de prêt pour étudiants (cotées BE et A : collections pour la préparation de l’agrégation) : 70 achats en 1960. Après 1950, bien que peu perceptibles au niveau statistique, les publications de géographie théorique et appliquée (cartographie) ne sont pas négligeables, dans les entrées.

La répartition zonale apporte un complément d’information sur les secteurs privilégiés par les géographes de l’Institut. L’Europe et la France, dominent largement, viennent ensuite l’Asie, l’Afrique, l’Amérique, les régions polaires et l’Océanie. L’apparition et le développement de la géographie coloniale, expliquent aisément cette répartition.

A noter toutefois que les accroissements de la cartothèque sont sensiblement différents.

Dès 1927-1928, elle s'enrichit des séries topographiques et géologiques des Etats-Unis au 1/62 500. Les feuilles de la carte de France au 1/80 000 puis 1/50 000, 1/20 000, 1/25 000 topographique et géologique sont versées par la BNF, au fur et à mesure de la publication. Il en est de même pour la carte orohydrographique, et autres séries thématiques.

Ces versements annuels comportent aussi des collections de cartes à grande échelle pour les principaux pays du Monde en particulier : Indochine, Maghreb, Ex AOF, Madagascar, Argentine, Brésil, Allemagne, Pologne, Roumanie, Belgique.


3 - Dons et legs
L’année 1942 présente un intérêt particulier. Des annotations sur la provenance des dons permettent de connaître la composition de legs importants : legs Raveneau, dons Hyde, Gallois, E.de Martonne. *
Louis.Raveneau a enrichit la Bibliothèque de 124 ouvrages français, 42 étrangers, 110 brochures, 16 atlas, 13 cartes. Louis Gallois a fait don de 19 livres français, 35 étrangers, 119 brochures, 2 atlas, 2 cartes. James Hyde professeur américain, ayant vécu à Versailles et Paris, fait partie des généreux mécènes des bibliothèques universitaires .Il possédait des collections personnelles importantes dans tous les domaines. Les 38 ouvrages et 17 atlas qui sont parvenus à la Bibliothèque de l’Institut, concernent l’histoire de la géographie**

.Le don d’ Emmanuel de Martonne consiste surtout en brochures : 111. Il s’agit sans doute de tirés à part d’articles, dont le sujet n’est que rarement indiqué : France ou A.O.F. le plus souvent.
Si l’on fait la synthèse de ces apports on constate les faits suivants :

-Les manuels de base y figurent en bonne place : « Géographie universelle »de Vidal de la Blache et Gallois, « Die Erde » de F . Ratzel, « Problèmes de géographie humaine » de A. Demangeon .la présence de nombreux ouvrages de géographie physique a déjà été noté. Exemples : « traité de géologie »de A. de lapparent, « physiche geographie »de Bacckeroot, « mers et océans » de C. Vallaux,  « matériaux pour l’étude de la flore du Maroc » de L. Emberger. En géographie humaine on peut citer « Handbook of commercial geography » de Georges G. Chisholm, « qu’est ce que l’urbanisme ? »de P. Lavedan, « Volkerkunde »de F. Ratzel.

- Le leg Raveneau avait doté la bibliothèque d’un fonds ancien au sens bibliophilique du terme : édition latine et traduction du « theatrum orbis terrarum » d’Ortelius, « Géographie de Ptolémée, « Description de l’empire de la Chine » du père J.B. du Halde, « Dictionnaire de la France » d’Explilly, série de cartes des 15e, 16e, 17e siècles. Certains éléments ces collections précieuses ont hélas disparu. Figurent aussi des relations de voyages tels le périple de Nordenskiold, « La découverte de l’Afrique au Moyen âge » de Ch. de la Roncière, et l’écho de problèmes contemporains : « Some problems of peace conference » Ch . H. Haskins, « le triomphe du germanisme » G Blondel, « Suez et Panama » A. Siegfried. Ainsi qu’une importante série de documents sur Paris.


*Autres donateurs : Vidal de la Blache qui a constitué le fonds initial. Legs Schrader (lettre de Gallois au recteur Charléty du 28 /5/1927 (Arch. N°20010498/62-68). Legs par Me Garnier de la bibliothèque de son fils Christian Garnier (Arch. Rectorat : dossier 27/10/1901-30 /2/1902 dans boîte 44) Don d’Helbronner de sa somme sur les Alpes françaises (12/5/1938 boite 44). Legs par sa veuve, de livres de l’explorateur africain Edouard Foa (1886-1901)(lettre du 20/11/1931 dans Arch. Rectorat N°20010498/62-68). Dans le même dossier, document 10bis : Projet de rattachement à l’IG de la chaire de géographie humaine du Collège de France, et de la collection des plaques autochromes rassemblées par Albert Kahn présenté au conseil de l’université du 25/5/1925.
** Voici quelques exemples : Atkinson (G) «  Relations de voyage du 17ème siècle » , Kimble(GHT) « Geography in the middle ages », Stevenson (E.L) «  Portolan charts », Volney (CF) « Tableau du climat .. d’Amérique », atlas de Stieler.


II - Les fonctionnalités de la Bibliothèque.
Au fil des pages de nos registres, les collections de la Bibliothèque paraissent bien lacunaires par rapport à la production éditoriale de cette première moitié de 20e siècle, et d’un intérêt scientifique inégal. Devant ce constat, on peut s’interroger sur la mission dévolue à la Bibliothèque en tant qu’institution : lieu de stockage ? Outil forgé par les géographes pour répondre à leurs besoins pédagogiques ? Creuset des divers courants de pensée qui traversent la Discipline pendant cette période de jeunesse et de maturation, où le chercheur trouvera matière à découverte et progrès ?
Pour tenter de répondre à ces questions on peut examiner les points suivants :
- l’adéquation de l’offre à la demande documentaire

- l’exploitation des ressources : catalogues, bibliographies


  • L’offre et la demande


Un article d’A. Demangeon paru dans les « Annales de géographie » en 1932, donne des éléments d’information sur les attentes du public en matière documentation Il traite de la bibliothèque de la Chambre de Commerce de Paris, qui à ses yeux « représente l’un de dépôts les mieux conçus et les mieux équipés pour le travail »

En préambule, il déplorait déjà la masse documentaire en économie « où il devient chaque jour plus difficile de chercher son bien et de trouver sa route », le manque de coopération entre bibliothèques « chacune travaillant dans l’autarcie, sans efforts pour éviter les mêmes achats.. et pour créer entre elles une sorte de division du travail, de spécialisation. Dans cette ubiquité, le travailleur ne trouve pas toujours un catalogue accessible, c’est à dire tenu à jour, lui permettant de se déranger à coup sûr, pour mettre la main sur les ouvrages qu’il cherche »

Plusieurs critères permettent de mesurer l’adéquation de l’offre à la demande, parmi lesquels

L’actualité des collections et leur accessibilité.

Pour mesurer le degré d’actualité des collections, il faut estimer le délai entre la date de publication d’un ouvrage , celle de la rédaction de la fiche de catalogue et de la mise en rayons. 

Cette méthode est difficilement applicable dans le cas qui nous occupe. Toutefois la comparaison entre l’année de parution et celle d’entrée à l’inventaire peut être significative. Un test, réalisé à partir de liste chronologique des ouvrages fondamentaux, que l’on trouve à la fin du livre « Histoire de la Géographie Française de 1870 à nos jours » de Paul Claval, aboutit aux constats suivants. La quasi totalité des livres parus entre 1868 et 1927 se trouvent dans le fonds en 1928. Pour les documents publiés de 1928 à 1960, on remarque de manière générale, que le délai ne dépasse pas un an. Voici quelques exemples :

Les volumes de la « Géographie Universelle »éditée sous la direction de Vidal de la Blache et Gallois sont entrés au fur et à mesure de parution, ce qui semble normal.

Coïncidence entre l’année de parution et celle d’inscription à l’inventaire pour les thèses d’Henri Baulig (1928), de Pierre Gourou (1936), de Pierre Birot (1937).  « Le Rhin. Problèmes d’histoire et d’économie » d’Albert Demangeon et Lucien Febvre, publié en 1935 figure à l’inventaire en1936, la « Géographie des villes » de Pierre Lavedan édité en 1936 est  entré en 1937.

Par contre, le délai est souvent plus long pour les ouvrages étrangers : « Die geographie, ihre Geschichte, ihr Wesen und ihre Methoden » d’Alfred Hettner,  paru en 1927,n’ est  reçu qu’ en 1928 .La Bibliothèque ne possède que l’ édition anglaise (1966) de l’ouvrage de Walter Christaller « Die Zentralen Oret in Südddeutschland » (1933), de même pour « Innovation diffusion as a spatial process » de Torstein Hägestrand ( 1953 /1967). Certains manuels font défaut : « The City »de R.E Park, E Burgess, R Mc Kenzie ( 1925) « The conditions of economic progress »de Colin Clark, (1939), “ The nature of cities » de Chauncy Harris et Edward L. Ullman.

Ces réserves faites, il ne faudrait pas sous estimer la place de la géographie allemande et anglo-saxonne dans les collections de l’Institut. Les rencontres entre géographes du Monde entier lors des manifestations internationales ou des séjours, ont tissé un réseau d’échanges de publications. Actuellement nous recevons encore 350 revues étrangères par ce biais. La quasi totalité des congrès géographiques et géologiques internationaux, est présente dans le fonds.
Comment cette richesse a-t-elle été mise à la disposition du public ?
Les fichiers et bibliographies constituent les modes d’accès traditionnels à la documentation.

Il semble que dès l’origine, géographes et bibliothécaires se soient préoccupés de la diffusion de l’information. Rappelons seulement que dès1892 - 1893 les « Annales de géographie » comportaient des références bibliographiques. A partir de 1894 une bibliographie analytique et critique réalisée par les professeurs, constitue un supplément annuel. La Bibliothèque dispose d’une édition interfoliée de pages manuscrites, de comptes rendus d’ouvrages et articles, rédigés vraisemblablement par L. Raveneau.
Dès l’origine aussi les fichiers ont été conçus pour répondre aux besoins des utilisateurs, tels que Demangeon les définissaient dans l’article cité.

Le premier bibliothécaire, M. Evrard, n’a laissé aucune indication sur ses options bibliothéconomiques. Toutefois, le choix de multiplier les points d’accès au catalogue, en créant des fichiers par lieux, villes, pays d’édition des revues, cartes dans les périodiques, répond à la demande des chercheurs.

Si l’on examine de plus près le fichier matières, on s’aperçoit rapidement que les descripteurs utilisés reflètent l’évolution du langage des géographes et leurs thématiques.
Dans la tranche « Géographie », se mettent en place les subdivisions suivantes :
Descripteur Apparition du terme dans le fichier
Géographie générale 1836

Géographie générale physique 1907 (puis géographie physique)

Géographie comparée 1852

Géographie médicale 1857

Géographie historique 1877

Géographie humaine 1882

Géographie commerciale 1888

Géographie militaire 1917

Géographie régionale 1946

Géographie industrielle 1947

Géographie religieuse 1950

Géographie tropicale 1972
De 1890 à 1960, les nouveaux objets géographiques mis en évidence par Vidal de la Blache et l’élargissement du champ de recherche opéré par ses successeurs, se traduisent- ils par le renouvellement des mots clés utilisés ?

Des sondages, réalisés à partir de termes significatifs de l’histoire de la pensée géographique, permettent de vérifier cette hypothèse :


Période : Concepts Utilisation du descripteur dans le fichier
1890 - 1909 colonisation 1890 - 1960

érosion 1938 - >

genre de vie 1904 -1960

région 1942 - >
1909 - 1939 biogéographie 1937 - >

isostasie 1917 - >

morphologie 1909 - >

géomorphologie 1960 - >

paysage 1947 - >

peuplement 1944 - >

structures agraires 1946 - >

surfaces d’aplanissement 1931 - >

tectonique 1928 - >
1939 - 1960 Aménagement du territoire 1939 - >

exode rural 1960 - >

finances 1946 - >

morphologie climatique 1960 - >

morphologie littorale 1949 - >

morphologie structurale 1950 - >

géopolitique 1947 - >

recensement démographique 1960 - >

sous développement 1956 - >
A noter que cette terminologie a servi de base à la réalisation des thésaurus utilisés pour l’indexation des articles de la « Bibliographie Géographique Internationale ».A travers les lexiques élaborés par les documentalistes apparaît aussi, en filigrane, la construction des savoirs géographiques.

III - Place de la Bibliothèque de l’Institut de géographie de Paris dans l’environnement scientifique local et national.
Quelques documents, aident à situer la Bibliothèque dans le contexte des centres documentaires existants lors de sa création.

Dans son article « les études géographiques à Paris », E. de Martonne ne se contente pas de décrire la situation de l’Institut dont il a la charge. Il indique comment sont partagés les locaux du nouveau bâtiment avec l’Institut de Physique du Globe, l’Institut d’ethnologie, et trois laboratoires (dépendant de la section des sciences naturelles de l’Ecole des Hautes Etudes), qui disposent d’importantes bibliothèques, en particulier en géologie. Il recense les autres établissements parisiens ayant des fonds accessibles aux géographes : Collège de France, Muséum d’histoire naturelle, Ecole coloniale, Ecole des sciences politiques, Ecole des langues orientales, Bibliothèque Sainte-Geneviève. Le « Manuel de la recherche documentaire en France : Géographie  » publié en 1946 sous sa direction, apporte des précisions complémentaires. Cet opuscule d’une centaine de pages constitue avant la lettre, un catalogue collectif des centres documentaires français en géographie Il recense pour chaque rubrique : généralités, géographie physique, biogéographie, géographie humaine, cartes et atlas, histoire de la géographie et géographie historique, les manuels et périodiques de base, donne leur cote dans les établissements. En annexe, trois planches localisent les bibliothèques des institutions de recherche et d’enseignement universitaires, sociétés savantes, associations, musées, dont les fonds complètent ceux de l’Institut de Géographie à l’échelle de la Capitale, de la France et du Monde.


Ce parcours à travers collections, registres, et fichiers avait pour objectif de préciser la mission de la Bibliothèque de l’institut géographie de Paris :

Lieu de conservation des publications certes, mais aussi lieu de mémoire, de diffusion de la pensée et des savoirs géographiques.


B JOSEPH

BIBLIOGRAPHIE
ARCHIVES
Archives nationales
Série AJ16

AJ 16 5776 Décret de création de l’Institut de géographie et annexe (21/4/1926).

AJ 16 5758 Rapports sur les donations et fondations Arconati Visconti (1928-1933).

AJ 16 106 Dossier M. Evrard.

AJ 16 4757 Registre des Actes de la Faculté des lettres.

AJ 16 5123 Séances du conseil de la Faculté des sciences.
Série F17

F17 1436/15008 Dons et legs à l ‘Université de Paris.

F17 3568/3569 Organisation des bibliothèques des Facultés.
Archives du Rectorat de Paris
Dossier 2001498/62-68 Institut de géographie.

Carton 39 Dossiers divers : bibliothèques universitaires 1878-1950.

Carton 43 Conseils de l’Université de Paris. Commission de la Bibliothèque.

Carton 44 Dossiers divers : legs Helbronner, J.Hyde, Ch.Garnier.

OUVRAGES


  • CLAVAL, Paul, Histoire de la géographie française de 1870 à nos jours, Paris :Nathan,1998.



  • Territoires en pratiques 1870-1945: le terrain, le livre, la cité sous .la dir. de G.Baudelle, M-V. Ozouf-Marignier, MC. Robic, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2001.




  • MEYNIER, André.- Histoire de la pensée géographique en France (1872-1969), Paris, PUF,1969.



ARTICLES


  • BROUILLETTE, Benoit, « Les Instituts de géographie en France », Revue trimestrielle canadienne (77), 1934, p73-94




  • DEMANGEON, Albert, « La bibliothèque de la Chambre de commerce de Paris ». Annales de géographie, (43), 1934, p.311-313.




  • DE MARTONNE, Emmanuel, «  les études géographiques à Paris », Annales de l’université de Paris, (5) 2,1927, p.407-416. Complété par les rapports annuels suivants 1928 : (1), 1929 p1-19 ; (6), 1931, p343-345 ;(5), 1932, p423-426 ; (9),1934,p272-280 ; (10),1935,p241-249.













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