Document 1 : Supplique présentée au Shah entre le 20 et le 21 juillet 1906, Texte traduit du persan et publié dans la





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Etude documentaire 

État et religion au Moyen-Orient de 1876 à 1980


  1. Analyse critique (notée sur 10 points)

Faites le commentaire composé des 9 documents proposés, en soulignant leur intérêt et leurs limites éventuelles pour la compréhension du thème.

  1. Exploitation adaptée à un niveau donné (notée sur 10 points)

Rédigez un écrit de synthèse, résultant de l’analyse critique des documents et visant à la transmission d’un savoir raisonné, en mettant en évidence les notions, les connaissances et les documents ou extraits de documents que vous jugerez utiles à un enseignement d’histoire au niveau que vous aurez choisi.
Document 1 : Supplique présentée au Shah entre le 20 et le 21 juillet 1906, Texte traduit du persan et publié dans la Revue du monde musulman, I, &, novembre 1906, p. 88-90, cité dans le Moyen-Orient par les textes, Armand Colin, Paris, 2011, p. 46-48.
Ô Roi qui aimes tes sujets ! Ô Seigneur de la Perse ! Tu te considères toi-même comme l’ombre de ce Dieu sur la terre, comme le Père de ta Nation ! Dieu qui a fait de toi le berger de son troupeau, et c’est entre tes mains qu’il a remis le soin de sa sécurité. Or, ne vois-tu pas ce que l’injustice de tes serviteurs fait éprouver aux hommes de la Perse ! N’entends-tu pas quels cris montent jusqu’aux cieux, au sujet de leurs violences, des cris tels qu’Edouard VII, à l’autre bout du monde, les a entendus1, et a intercédé auprès de toi pour les malheureux qui les poussaient ? Vois ! Le monde entier a pris en pitié cette misérable nation et tu n’as rien compris. [...]

Ô ombre de Dieu ! Comment peux-tu admettre que, pour le bon plaisir d’une poignée d’êtres sans pitié et plus infâmes que Chirm2, des millions et des millions de créatures – qui sont entre tes mains un dépôt de Dieu –, soient plongées dans la torture et la souffrance, et n’aient pas de pain pendant le jour, le sommeil durant la nuit ?

Dis ! Ceux-là qui, sur l’ordre de Eîn ed Dowleh3 ont été tués par les balles de tes soldats, ceux-là même qu’on a chassés de Téhéran, Dieu avec quelle ignominie, ceux-là n’avaient-ils donc ni famille, ni enfants ? N’étaient-ils donc pas musulmans ? [...]

Eh bien ! Tes serviteurs, eux aussi, pillent d’un côté ta nation et de l’autre ne permettent que la voix de ton peuple parvienne à tes oreilles. Faut-il, ô Roi, que tes fils te fassent parvenir leurs doléances par l’entremise de la Légation d’Angleterre et que ces misérables impies te disent alors : « N’écoute pas ! Ce sont des bâbis! Ce sont des républicains : ils ne veulent pas de roi et cherchent à détruire ton empire. » [...]

Ah ! Cesse de mettre la parole de Hocein pacha, voleur karabaghi, au-dessus de celle de Seyyid Mohammed, Moujtehed musulman5. [...]

Ô Padishah de l’Islam ! Tu dis : je suis musulman et je crains Dieu. Pourquoi, dès lors n’acceptes-tu pas le Qoran ? Pourquoi ne ne le laisses-tu pas ordonner au milieu de ta nation5, toi restant pur et sans péché ? [...]

Nous sommes tes sujets, mais nous sommes des esclaves de Dieu et des fils de la Perse ! Puisses-tu vivre longtemps, mais vive la Perse !

1On sait qu’en même temps qu’ils se réfugiaient à la Légation d’Angleterre, les Persans adressaient un long télégramme à Edouard VII. (Note du traducteur)

2Chirm, objet de l’exécration persane, est le nom d général qui tua Hocein (Hossein), le seigneur des confesseurs, dans les plaines de Kerbala [en 680]. (Ndt)

3 Eîn ed Dowleh (‘Ayn al-Dawla) est le Premier ministre du Shah (il démissionnera fin juillet).

4Bâbi : disciple du Bâb qui, de 1844 à 1850, prêcha un message religieux en rupture avec le chiisme duodécimain orthodoxe.

5 Seyyid Mohammed : C’est un membre du haut clergé de Téhéran, parvenu jusqu’ à la fonction de moutjehed l’autorisant à délivrer des consultations juridiques. Il est le chef de file de l’opposition des ulémas à la politique du Shah et de ses ministres.

6Allusion à la sourate XLII, versets 34 à 36, que l’on nomme actuellement comme contenant l’ordre d’établir un parlement pour y délibérer sur les affaires sur la nation. (Ndt)

Document 2 : Proclamation du Djihad à Constantinople le 14 (23) novembre 1914
[...] Ô Musulmans fidèles serviteurs de Dieu !

Ceux qui prendront part au Djihad pour le bonheur et le salut des Croyants et en reviendront vivants, jouiront du bonheur ; quant à ceux qui y trouveront la mort, ils auront droit au titre de martyrs. Conformément à la promesse divine, ceux qui se sacrifient pour la cause du droit auront la gloire et le bonheur ici‐bas, le paradis là‐haut.

O Musulmans, épris de gloire et de félicité, prêts à sacrifier votre vie et vos biens et à braver tous les périls et toutes les luxes pour la défense du droit, groupez-vous, solidaires et unis autour du Trône impérial, conformément à l'ordre du Très‐Haut qui nous a promis le bonheur dans ce monde et dans l'autre, pressez d'une étreinte commune le socle du califat et sachez qu'en ce jour où notre Etat se trouve en guerre avec la Russie, la France, l'Angleterre et leurs alliés, ennemis mortels de l'islam, le Commandeur des Croyants, calife des Musulmans, vous appelle au Djihad.

Combattants musulmans ! Avec l'aide de Dieu et l'assistance spirituelle du Prophète, vous vaincrez et écraserez les ennemis de la religion et vous remplirez d'une joie éternelle les cœurs musulmans suivant la promesse divine.
Signé : Ürgüplü Mustafa Hayri Efendi, Cheikh al-Islam
Document 3 : ‘Ali ‘Abd al-Râziq, L’islam et les fondements du pouvoir, Paris/ Le Caire, La Découverte, 1994, 1ère édition au Caire en 1925 (alors non traduit).

Le doute ne doit pas s’insinuer dans nos esprits de ce que nous trouvons chez le Prophète des actions relevant apparemment du gouvernement, des manifestations d’un pouvoir étatique et royal. A les examiner de près, on comprend qu’elles ne sont rien de tel, ou plutôt qu’elles ne constituent que des moyens parmi d’autres utilisés par le Prophète pour raffermir sa prédication et soutenir la nouvelle religion. Il n’est pas étonnant que la guerre sainte (djihad) soit l’un de ces moyens. Elle constitue sans doute un moyen violent et impitoyable, mais qu’en savons-nous ? Le mal, n’est-il pas, dans certains cas, indispensable au bien ? La destruction n’est-elle pas souvent le préalable à toute œuvre constructive ? [...]

L’autorité que le Prophète avait sur les croyants était le prolongement de sa mission prophétique et ne comportait aucune des caractéristiques d’un pouvoir temporel. En toute certitude, il n’y avait ni gouvernement, ni Etat, ni tendances politiques, ni visées de rois et de princes !

Nous espérons avoir ainsi guidé vers la réponse à cette interrogation que nous avons rencontrée précédemment, à savoir l’absence, dans la première communauté islamique, de toute manifestation d’un pouvoir civil et de préoccupations étatiques. Nous espérons avoir montré [...] qu’enfin la perplexité et la confusion qui nous avaient saisis ont cédé la place à la lumière et à la paix de l’esprit.
Document 4 : La profession de foi des Frères musulmans (début des années 1930).
5. Je crois que le musulman a le devoir de faire revivre l’Islam par la renaissance de ses divers peuples, par le retour de sa législation propre, et que la bannière de l’Islam doit couvrir le genre humain et que chaque musulman a pour mission d’éduquer le monde selon les principes de l’Islam. ET je promets de combattre pour accomplir cette mission tant que je vivrai et de sacrifier pour cela tout ce que je possède.
Document 5 : Edouard Herriot, Orient, Hachette, Paris, 1934, p. 102.

Ce que les réformes du Ghazi ont fait disparaître de la vieille Turquie, c’est surtout son aspect Mamamouchi. Plus de fez ; les femmes ne portent plus le voile de mousseline, le yachmak. Plus de monastères musulmans, de tekkés ; on a relégué au musée d’Ankara les instruments dont se torturaient les derviches : fanatisme et comédie. On les a relégués à côté de cette tiare persane qui ressemble étrangement à tiare papale.

Il est facile, du reste, de définir les différentes réformes qui ont transformé le vieil Empire ottoman en une jeune et active République. D’abord suppression de toute religion officielle, des écoles coraniques attachées aux mosquées (médressés), du Chéri et de l’Evkaf1. La République turque sera laïque. Plus de tribunaux religieux fondant leurs décisions sur la loi islamique et, par leurs procédures exceptionnelles, justifiant en quelque sorte les Capitulations. Le statut matrimonial dépendra désormais du seul Code Civil. Sur tous les biens religieux, gérés naguère par l’Ekaf, l’Etat met la main. Fini le régime qui confondait cet Etat avec l’Eglise musulmane.

1 Fondation charitable musulmane turque

Document 6 : Michel Aflaq, Discours à la mémoire du Prophète arabe, prononcé dans l'amphithéâtre de l'Université syrienne le 5 avril 1943.

[...] Messieurs, l'Islam, incarné dans la vie du prophète, n'est pas aux yeux des Arabes un simple événement historique qu'on expliquerait en terme, de temps et d'espace, de causes et d'effets. [...] L'Islam est l'élan vital qui actionne les forces latentes de la Nation arabe et qui fait que s'y déchaîne la vie ardente qui emporte les barrages du traditionalisme et les entraves du conventionnalisme et rétablit le lien avec les notions profondes de l'univers. Prise de saisissement et d'enthousiasme, elle traduit ses sentiments en concepts nouveaux et en actions glorieuses. [...]

En conséquence, le lien qui unit l'Islam à l'arabisme n'a aucune similitude avec celui qui existe entre d'autres religions et d'autres nationalismes. Un jour, lorsque leur nationalisme sera pleinement épanoui et qu'ils renoueront avec leur caractère original, les Arabes chrétiens sauront que l'Islam représente pour eux une culture nationale dont ils devront s'imprégner afin de la comprendre, de l'aimer et de la protéger en tant qu'aspect le plus précieux de leur arabisme. Et si la réalité est encore loin de ce vœu, il incombe à la nouvelle génération d'Arabes chrétiens d'œuvrer avec courage et abnégation pour le réaliser, sacrifiant à cette fin leur orgueil et leurs intérêts. En vérité, il n'est rien de tel pour eux que l'arabisme et l'honneur d'y appartenir. [...]
Document 7 : Le Caire, janvier 1966 : prière du Vendredi à la mosquée al Azhar (de droite à gauche : Anouar el-Sadate, président de l’Assemblée nationale, Hassan Mamoun, Grand Imam, Gamal Abdel Nasser, président de la République, et Zakaria Mohieddin, ministre de l’Intérieur).

photographie d\'un groupe d\'hommes en chaussettes marchant cote à cote sur un tapis.

Document 8 : Extraits de la constitution de la République islamique d’Iran, octobre 1979.

Premier Principe

Le gouvernement de l’Iran est une République Islamique que le peuple iranien, sur la base de sa foi séculaire dans le règne du droit et de la justice du Coran, a adopté à la suite de sa révolution victorieuse sous la direction de la Haute Autorité Spirituelle du Grand Ayatollah Imam [...].

Douzième Principe

La religion officielle de l’Iran est l’Islam de confession Dja’farite duodécimain et ce principe est éternellement immuable  [...].

Cinquante-sixième Principe

La souveraineté absolue sur le monde et sur l’homme est celle de Dieu et c’est Lui qui a rendu l’homme maître de son destin social. Nul ne peut priver l’homme de ce droit divin ou le mettre au service des intérêts d’un individu ou d’un groupe particulier, et la Nation exerce ce droit accordé par Dieu, par les moyens énoncés dans les principes suivants. [...]

Cent-soixante-dix-septième Principe

[...] Le contenu des principes relatifs au caractère islamique du régime, l’établissement de toutes les lois et règlements sur la base des principes islamiques, des piliers de la foi et des objectifs de la République Islamique d’Iran, le fait, pour le pouvoir d’être une République, la souveraineté du Commandement de Dieu (Valayat-é Amr) et l’Imâmat du peuple (Emamat-é Ommat), ainsi que la gestion des affaires du pays en s’appuyant sur le suffrage universel, la religion et la confession officielle de l’Iran, sont immuables.
Document 9 : Mohammad-Reza Djalili, Thierry Kellner, Histoire de l’Iran contemporain, La Découverte/Repères, Paris, 2010, p. 23.

Dans le système traditionnel du pouvoir en Perse, même avant l’arrivée de l’islam, l’État et la religion, sans être confondus, ne se conçoivent cependant pas comme deux entités séparées, autonomes et antagonistes. Il existe une sorte de jumelage entre les deux institutions. La religion est perçue comme le fondement de l’État, et l’État comme le protecteur de la religion. Le caractère religieux de l’ État lui procure une certaine légitimité et un important moyen de production de cohésion sociale, nécessaire à sa survie.



ANNEXE
Extraits des Ressources de la classe de Terminales L/ES


Question – Un foyer de conflits Question

Mise en œuvre

Un foyer de conflits




  1. Le Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale




[...] La montée de l’islamisme politique :

Si les questions religieuses ont une forte résonnance politique dans la région durant toute la période, c’est de manière assez récente qu’elles se traduisent par l’affirmation du fondamentalisme musulman comme une force politique autonome. Celui-ci trouve son origine dans une lecture littérale et rigoriste des textes sacrés, et devient un véritable projet politique et social avec l’association des Frères musulmans créée en Égypte en 1928. Toutefois, il n’émerge réellement que dans les années 1970, se manifestant de manière spectaculaire en 1979 avec la révolution en Iran qui chasse le Shah et porte au pouvoir les tenants d’un islam radical. Se présentant comme une réponse à l’occidentalisation et au modernisme qui déstabilisent les sociétés traditionnelles, l’islamisme se diffuse dans les années 1970 et 1980 dans le Moyen- Orient et dans le reste du monde musulman, grâce notamment au djihad mené en Afghanistan contre l’occupation soviétique, qui aboutit à la prise de pouvoir des Talibans.


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