Histoire de l’education et de la formation





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date de publication11.10.2017
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HISTOIRE DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION.

Le but de ce cours est d’essayer de comprendre comment cette manière de faire la classe s’est mise en place (mis en place vers le XV/XVI siècle).

Ça fait longtemps que ce genre de pratiques se fait (un professeur, une classe, du matériel, un tableau, des élèves,…).

Ce cours est destiné à faire comprendre que le patrimoine scolaire est très lourd. C’est un patrimoine de pratiques, d’idées… aujourd’hui on voudrait que ce soit différent.

Il y a une forte tentation de reproduire ce qu’on a observé pendant vingt ans quand on devient enseignant. Le nouvel enseignant a une image plutôt positive du travail qu’on a vu se faire pendant vingt ans.


  • Les injonctions de changements assénés aux professeurs se heurtent à des choses très profondes.


Au Moyen Age (1100/1200) c’est un enseignement oral. Les étudiants écoutent le maître assis sur sa chair. Pour les petits c’est une méthode individuelle ; ce sont des enfants qui passent chacun leur tour devant le professeur.
Au XVII Siècle, (chez les riches) les garçons apprennent à écrire debout, les filles jouent, le maître est assis, il écoute les élèves réciter des leçons pendant que les autres exécutent un travail.
Au XVIII siècle, le maître tourne le dos aux élèves, un adulte les surveille. C’est un enseignement individuel : c’est un mode d’enseignement qui va finir par disparaître pour laisser place à l’enseignement simultané.
A la fin du Moyen Age, c’est l’enseignement simultané aux Pays Bas et dans l’Italie du nord. Ce sont dans des régions riches que ces problèmes vont être réfléchis et pensés. Cette réflexion naît dès le XVI siècle car le problème religieux va donner plus d’ampleur à cette réflexion (c’est l’époque de la Réforme). Le XVI siècle est un siècle de guerres de religions, l’éducation va donc être porteuse de la transmission du catholicisme ou du protestantisme.
Il y a deux endroits où ça va démarrer :


  • L’ITALIE :


A l’époque (XV siècle), il y a beaucoup de principautés. Dans certaines ville, on assiste à la mise en place de collèges, mais dans un sens plus précis que les précédant. Ce sont des adolescents, pensionnaires, pour les garçons, un peu comme ce que nous appelons collège aujourd’hui (alors qu’ailleurs, c’est différent ; cf. collège de la Sorbonne).

On y étudie le latin et le grec (humanisme), la maîtrise des langues anciennes tout en ne négligeant pas la langue qui est parlée.

A travers l’apprentissage du grec et du latin, c’est la maîtrise des grands auteurs grecs et latins. « Rien ne vaut l’imitation des anciens ». Ce qui a été fait avant est modèle. Cette culture littéraire on l’appelait « les belles lettres » ou « les humanités » ou encore posséder une « culture classique ».

Ces élèves devaient maîtriser la rhétorique (l’art de parler en public), maîtrise de la parole, gestion de la voix, des gestes…

Le but de ces collèges est de donner une éducation religieuse catholique ou protestante. Donc toute une éducation morale, on apprend à bien se tenir en société, on enseigne les civilités. C’est la mise en place d’un savoir vivre qui est celui qu’on attendrait des enfants.
En Italie du nord, soit les gens on écrit des traités, soit ils ont ouvert des écoles.


  • Traité :


1402, Pier Paolo Vergerio. C’est un traité de pédagogie qui insiste sur la nécessité de faire étudier les arts libéraux (en latin artis veut dire connaissance). Libéral -> des élèves qui ont la liberté d’aller à l’école (car les parents n’ont pas besoin de les envoyer au travail).

« L’étude des arts libéraux rend les hommes libres », « les parents ne peuvent procurer à leurs enfants ni plus grande richesse, ni patrimoine plus sur qu’une éducation dans les arts libéraux », pour l’état, il est du plus haut intérêt que la jeunesse soit bien élevés ».



  • Ecoles :


GASPARINO BARZIZZA : né en Italie du nord. Il a fait des études en Europe et s’installe à Padoue en 1408. Il ouvre une école où il accueille la noblesse vénitienne. Il va appeler ça « collège », il le nomme le « CONTUBERNIUM », en latin ça veut dire « vivre en commun ».
GUARINO DE VERONE : il ouvre une école avec sa femme vers 1420 « pour y lire la rhétorique, les épîtres, les discours de Cicéron, enseigner toutes les matières qui plaisent aux auditeurs et est utile aux citoyens de Vérone ».

Le couple fait l’école dans sa maison, ils peuvent ainsi organiser son emploi du temps comme ils l’entendent. Ils allient l’étude et le sport. Il y a trois classes :

  • les petits qui apprennent à lire le latin.

  • Apprendre la grammaire latine.

  • La rhétorique, maîtrise des textes et du discours.

On y apprend le grec et le latin. Guarino est connu car il a beaucoup d’élèves venus de riches familles européenne.

VITTORINO DE FELTRE : 1378-1448. Il ouvre son école à Venise. Il n’est pas commode, il a tendance à mettre les élèves à la porte facilement : « emmenez les plutôt vers le commerce que vers les lettres ».

Mantoue : prince lui commande une école. Elle ouvre en 1423. C’est un pensionnat de 70 élèves. Il y a des professeurs spécialisés, un prof de grec, un de musique, un de dessin… il y a aussi beaucoup de jeux et d’exercices de plein air.

L’après-midi, Vittorino s’entretient personnellement avec ses élèves. Pour les tous petits il conçoit des matériaux pédagogiques.

« Apprendre de beaux passages par cœur pour la bonne raison que s’approprier quelque chose à cet âge reste dans la mémoire jusqu’à la vieillesse » -> il a une réflexion sur la mémoire.

Il tenait compte de l’âge et des compétences de chacun des élèves.

Les gros soucis sur l’apprentissage de la lecture sont très récents.

Les jeux pour apprendre à lire ou à écrire ne datent pas du XVIII siècle (avant).

=> Ces créations d’écoles sont liées à la richesse économique de la région.

  • LES PAYS-BAS :


Nord de l’Europe.

LUTHER a dit que les enfants devraient tous apprendre à lire la bible. MELANCHTEN est un élève de Luther et il va ouvrir une école dans sa maison (pour devenir un bon protestant).

Dès 1381, Deventer, une congrégation s’est crée : les frères de la vie commune. Leur but est uniquement ouvrir des écoles. Ça n’a rien à voir avec les universités.

Ils y font un découpage en 8 classes :

  • 8ème : les petits.

  • 7ème / 6ème : grammaire.

  • 5ème : grammaire et maîtrise de la logique.

  • 4ème / 3ème : grammaire, logique et rhétorique.

  • 2nde / 1ère : grammaire, logique, rhétorique, musique, philosophie.

En fin d’année on passe un examen pour passer en classe supérieure.

Il y a une discipline très dure.

Avant, ces moines recopiaient les livres de piété. Dès que l’imprimerie arrive (1450, Gutimberg), les frères de la vie commune vont arrêter de copier et vont se lancer dans la production de livres scolaires.

Les bases de l’enseignement simultané sont que tous les élèves suivent sur un même manuel.

(Grammaire de DONA : grammaire de latin pendant 12 siècles).

Le manuel des frères sont clairs (couleurs, gravures à coté des textes, colonnes…). On n’hésite pas à perdre de la place pour aérer.

La réflexion sur le manuel va évoluer, on laisse de la place entre les lignes pour les traductions, de grandes marges pour écrire…

Ce sont des collèges catholiques très prestigieux ; ex : Louvain en Belgique.

JOHN STURM :(né en 1507) fréquente le collège de Louvain des frères de la vie commune (1521) et en a de très bons souvenirs, cependant, il lit les écrits protestants de Luther et en est très intéressé, il s’est d’ailleurs converti au protestantisme qui prône l’importance de la maîtrise de la langue maternelle avant le latin.

Il s’installe, à Strasbourg (Allemand -> guerre de religion entre Charles-Quint et l’Allemagne) car c’est une ville qui est devenue protestante à l’époque. A Strasbourg il y a une école latine (collège, apprentissage du latin pour aller à l’université) qui « bat de l’aile ». Sturm devient directeur de cette école pour « élever une jeunesse non seulement lettrée mais aussi pieuse ».

Il change son nom et le nomme : le « GYMNASE ». Pourquoi ? Dans la Grèce antique, c’est le lieu où les gens de bonne famille font du sport ou bien ont des discussions philosophiques. Ce nom va perdurer en Allemagne (gymnasium).

Il crée 9 classes et elles occupent des salles distinctes et séparées. Chacun a son maître. Chaque maître prépare le terrain et fait la voie pour aller vers la classe supérieure.
ORGANISATION :

  • 9ème : c’est la classe des petits, apprendre à lire et à écrire d’abord en allemand (langue maternelle) puis en latin « un travail pénible mais d’une incontestable utilité ». comme c’est difficile, il va finir par ouvrir une dixième classe pour apprendre à lire et on apprendra à lire dans la 9ème classe.

  • 8ème : grammaire latine, maîtrise de la graphie (tailler la plume, papier sans lignes…). Début XVI, on tient la plume à 3 doigts au lieu de 2 auparavant.

  • 7ème : grammaire latine.

  • 6ème : grammaire latine, on commence le grec.

  • 5ème : grammaire latine, grammaire grecque.

  • 4ème : langue latine et langue grecque (littérature).

  • 3ème : langue latine et langue grecque.

  • 2nde et 1ère : le discours, la dialectique, la rhétorique et on continu à faire du latin et du grec.


Le choix des auteurs en latin et en grec se fait par STURM. Des « beaux textes », mais ces auteurs ont vécu avant le christianisme, donc polémique :


  • Latin :




  • Cicéron : avocat qui finit assassiné. Discours écrit par Thiron. Il est considéré comme le modèle de la maîtrise de la langue latine et de l’art du discours en latin.

  • Virgile : premier siècle avant JC. Ecrit la beauté de la campagne romaine ; il voulait être l’équivalent d’Homère, il écrit une épopée : « L’Enéïde ».




  • Grec :




  • « Les fables d’Esope » : auteur du V siècle avant JC, ce sont de petites histoires sur des animaux, courtes, avec une morale. Constats populaires qui seront repris par Phèdre en latin (ont influencé La Fontaine). Elles sont très prisées pour l’éducation des petits

  • «  Les discours de Démosthène ».

  • Platon : à partir du XVI.

  • Aristote : essentiellement étudié au XIII /XIV.

  • Homère : « L’Iliade » et « L’Odyssée ».


STURM met en place de fréquentes révisions (des révisions de début d’année).

Les examens : terminaux (pour passer en classe supérieure) et en cours d’année (composition trimestrielle).
Se met en place une manière de faire l’école qui va perdurer jusqu’à il n’y a pas si longtemps.
STURM tiens les rênes de son lycée (1531-1588). Il va écrire des manuels et des grammaires de latin et de grec.

Il y a un recrutement social très élitiste, masculin, basé sur une sorte de vie commune enseignants/profs/élèves/directeur. Ça laissera dans l’idée que pour être enseignants il ne faut pas être chargé de famille (célibat fortement recommandé).

Pour gérer un grand nombre d’élèves, on s’appuie sur les meilleurs d’entre eux qui vont servir de moniteurs. On s’appuie sur eux pour des petites tâches quotidiennes (ramasser cahiers…) mais aussi des tâches de répétition (faire réviser leurs camarades). C’est organisé à l’intérieur de la classe, ce sont les bons élèves et les bons chrétiens.

Différence entre l’Italie et l’Europe du nord : en Italie on porte une attention au corps plus grande.

Dans ce XVI siècle qui va connaître un bouleversement économique il y a la naissance d’une bourgeoisie qui veut que ses enfants acquièrent une certaine culture pour réussir à entrer dans le monde de la cour du roi. Il y a donc une demande sociale très forte pour l’ouverture de ce type d’établissement.

C’est à ce moment que les jésuites vont arriver.

La France et les jésuites.
Fin XIV, début XV : ces collèges changent d’aspect (vont accepter des élèves plus jeunes).

A Paris, le collège de Montaigu (dans le quartier latin.) ne fonctionne pas très bien. De 1483 à 1504, on fait appel à un frère de la vie commune : JEAN STANDONK.

Il mène son collège d’une main de fer, Erasme l’éloge de la folie » -> la folie des princes mène le monde.) va passer dans ses mains, Erasme décrit cette expérience : « régimes rigoureux…travaux tellement pénibles que de bons élèves devinrent fou ou lépreux…cruauté avec laquelle on fouette les plus jeunes même innocents… ».
IGNACE DE LOYOLA : il passe aussi dans ce collège. Il en a des souvenirs à peu près corrects bien que la main un peu trop lourde. C’est le fondateur des jésuites qui vont devenir le grand ordre de l’enseignement du XVI au XVIII siècle. Ils mettent en place l’enseignement simultané.

C’est un espagnol de petite noblesse. Il est chevalier, en 1521 il est blessé dans un combat et il doit garder le lit. « Dieu le rencontre » à ce moment, aussi, il décide de faire des études de théologie et est ordonné prêtre en 1537. C’est la guerre catholiques/protestants. Les protestants font beaucoup d’attentats contre le Pape, il y a une ambiance de critique généralisée de la papauté.

  • IGNACE DE LOYOLA crée un ordre religieux dont le seul but est de protéger la papauté. Ses membres se placent sous la direction directe du Pape : c’est L’ordre de Jésus.

LOYOLA n’a pas tout de suite le but de fonder des écoles. Il voulait placer auprès de chaque Roi d’Europe des prêtres catholiques pour que les rois ne basculent pas vers le protestantisme qui les tentait parfois. -> Ce qui entraînera l’ouverture d’établissement (pour être objecteurs de conscience).

Le premier collège est ouvert en 1548 en Sicile, à Messine. Trois ans plus tard, il en ouvre un à Rome qui deviendra rapidement le collège où on formera les futurs enseignants jésuites.

A la mort de LOYOLA, la compagnie de Jésus compte déjà près de 1000 membres.

  • En 1574 : 4000 membres.

  • 1600 : plus de 8000 jésuites dans 236 collèges.


LOYOLA a l’idée qu’il faut rédiger un texte pour organiser les études. Il décède avant d’en finir la rédaction. Son successeur l’écrira : « La ratio studiorum »
A quel type de public social ces collèges sont ils destinés ?

Les parents notables veulent mettre leurs enfants dans des collèges pour leur donner la possibilité d’évoluer. C’est une époque où les rois ont des cours : il y a une « culture » de la cour, un culture commune (Aristote, Cicéron…). Ex : pour comprendre Molière : Don Juan : « comme disait Aristote …tabac… »-> fausse citation ; c’est drôle pour ceux qui savent, qui connaissent. Pour être à l’aise il faut connaître la culture commune.

Au XVII siècle, entre 3 et 5% de la population est intéressé par ce type de scolarisation.

« La ratio studiorum » (1599) est écrite après de longues concertations. C’est un texte officiel auquel on ne doit pas toucher.
Les Jésuites ne voulaient pas d’enfants qui ne savaient pas lire et écrire donc souvent c’est la mère qui leur apprenait avant. Cependant, dans les petits collèges, ils admettront une classe d’enfants un peu nul en écriture et en lecture.
Suivant la taille des villes, il y a différents noms :

  • Petits collèges (collèges mineurs) : 5 classes :

  • 5ème, 4ème, 3ème -> classes de grammaire.

  • 2nde -> classe de poésie.

  • 1ère -> classe de rhétorique (dans les lycées, avant, on l’a nommée classe de rhétorique jusqu’en 1900).

Après cela, on disait qu’on avait fait ses « humanités ».

Il y avait 25 à 50 jésuites pour gérer tout cela (dont 1/3 qui enseigne).


  • Collèges moyens (collèges universitaires) ou « collège de plein exercice » :

Il y avait les cinq classes précédemment citées plus la classe de philosophie (comme les arts libéraux-> universités du Moyen Age qui exercent encore). La philosophie c’est la métaphysique, les mathématiques,…tout cela enseigné en latin.

Chez les jésuites il n’y a pas de Bac comme dans les universités mais un examen de fin de scolarité (équivalent).

Il y a 50 à 80 jésuites pour gérer ce type de collège.


  • Grands collèges : collèges de théologie. Souvent pour le recrutement des jésuites eux-mêmes.



EMPLOI DU TEMPS JOURNALIER : division par heure de classe.

Ex : 3ème d’un collège jésuite (13-15 ans).

  • 8h-9h : réciter les leçons + exercices écrits sous la surveillance des décurions (meilleurs élèves) pendant que le maître corrige les copies de la veille.

  • 9h-10h : prendre en note la nouvelle leçon, toute nouvelle leçon se termine par un devoir à faire.

  • 10h-10h30 : réciter les leçons + concertation : le maître essaie de faire parler les élèves pour appliquer la nouvelle leçon.

  • 10h30-13h : messe + repas.

  • 13h-13h30 : récitation conduite par les décurions.

  • 13h30-14h30 : nouvelle leçon.

  • 14h30-15h : exercices, concertation.

+ Parfois des devoirs à la maison.

Dans l’immense majorité des collèges jésuites, les élèves ne sont pas pensionnaires.

Le temps où le professeur fait réellement sa leçon est très court.

Tous les exercices sont faits sur des feuilles volantes : c’est caractéristique de ces collèges car il y a un grand nombre d’exercices à corriger et à ramasser.

C’est un cercle vicieux, si on corrige les exercices en classe, ça laisse peu de temps pour la nouvelle leçon.
But : « former les élèves aux belles lettres et aux mœurs chrétiennes. »

Donc, tous les matins, avant la classe, il y a la prière (à genoux, tête découverte) -> messe.

Les jours de fête, il y a la messe + un sermon. Le vendredi est spécialement réservé au catéchisme. La religion est omniprésente.


  • Tout cela nous fait comprendre certains blocages d’aujourd’hui.


Tous les programmes intègrent des auteurs obligatoires mais les livres de ces derniers expurgés de toutes les idées religieuses différentes de la religion catholique. Ils vont jusqu’à retirer des passages jugés « pernicieux et déshonorants ».

Lors de la vie dans le collège, que ce soit en cours ou dans la cour de récréation, on doit exclusivement parler latin.

Fin XVII, début XVIII, le latin commence ç être remis en cause. ROLLIN va tenter d’écrire une histoire simplifiée du latin mais celui qui va y arriver, c’est l’abbé LHOMOND. Son texte, « Reviris illustrikus » sera utilisé jusqu’en 1970 en tant que texte pédagogique du latin.

Une deuxième critique est faite : on demande l’utilisation du français dans les matières scientifique.

RELATION MAITRE/ELEVES :

Les élèves dans les classes sont divisés en petits groupes : les décuries. Le décurion, le meilleur élève du groupe sert de répétiteur, de chef. Ce modèle de fonctionnement est dû au grand nombre d’élèves dans les classes.

A Rouen, en 1627, il y a 400 élèves en 5ème, 400 en 4ème, 327 en 3ème, 200 en 2nde et 154 en rhétorique.
L’adéquation âge/classe est très floue. La scolarité débute vers l’âge de 10 ans en collège.

Les petites écoles.

Au XVII, on passe de la méthode d’apprentissage simultanée aux petites écoles. Dans celles-ci, on apprend à lire et à écrire. Elles sont gratuites et conçues pour les pauvres. Les écoles se développent dans les villes afin de contrôler les pauvres, de les garder calmes.

Le XVII est le seul siècle de la monarchie absolue où le roi est sacré religieusement. Il a donc un devoir de soutien à la religion catholique. C’est aussi un siècle de guerre. Louis XIII et XIV instaurent donc de gros impôts pour subvenir aux besoins des troupes. De plus, les soldats amènent des maladies lors de leurs pillages. La peste fait des ravages chez les pauvres.


JACQUES BOTENCOURT : écrit un texte sur « l’école paroissiale ou la manière de bien instruire les enfants ». Son texte devient un modèle de ce type d’écoles car ça explique le fonctionnement d’une classe.

Il explique qu’il faut diviser les enfants en trois groupes. L’école (la classe) se divise en trois parties :

  • la partie la plus honorable : ce sont les élèves qui apprennent le latin. Ils savent déjà écrire (grands élèves). C’est déjà de la grammaire latine (on sait qu’il y en aura peut être un ou deux qui ira dans un collège). Ils travaillent sur des tables.

  • Le second groupe : ce sont les élèves qui apprennent à écrire. Ils travaillent aussi sur des tables.

  • Le troisième groupe : ce sont les élèves qui apprennent à lire. L’apprentissage se fait en latin.


Pour gérer les grands nombres d’élèves, on fait des groupes qu’on appelle des « bandes » gérés par des officiers. Un office est une charge qui s’achète quand on est adulte. Au niveau des enfants : ce sont les bons élèves (ils ramassent les cahiers…) c’est l’équivalent des centurion chez les jésuites.


CHARLES DEMIA : à Lyon (1637-1689). Il est ordonné prêtre en 1663. Il découvre une misère sans nom autour de Lyon. En 1666 il écrit une lettre ouverte aux gens qui géraient la ville.

Il insiste sur le fait que la pauvreté est la porte ouverte à toutes les décadences, il faut donc ouvrir des écoles pour empêcher cela. Il émet plusieurs solutions pour sortir les enfants de la rue :

  • La répression.

  • Ouvrir des écoles.


Il y avait déjà des écoles à Lyon (hôpital général) mais ce n’était pas parfait. Démia va essayer de convaincre des gens pour ouvrir des écoles. Il faut de l’argent. Pourquoi ?

  • Il faut ouvrir des écoles pour « atteindre le bonheur et la tranquillité publique ».

  • Il faut ouvrir des écoles pour les enfants eux-mêmes. On leur apprendrait beaucoup de choses dont la morale.

  • Parmi ces enfants, on va pouvoir même en tirer des « perles rares », découvrir des « trésors », des sujets quelquefois mieux disposés pour les arts, les sciences…que parmi le reste des hommes (c’est exactement les mêmes qu’aujourd’hui).

  • Ces écoles donneront des emplois aux enfants, ils vont apprendre à bien se comporter et à apprendre à lire, compter…il pense que les riches qui ont besoin d’un domestique iront le chercher dans l’école par exemple (sorte de maison de placement).

=> Arguments massus pour les garçons.
Mais il s’occupe aussi de la question des filles. Pas d’éducation mène à la prostitution, qui reproduit la misère. Pour éradiquer la misère à long terme il faut amener les filles à l’école. Oisiveté et pauvreté, ce sont les deux facteurs qui mènent à la prostitution, l’école leur donneraient un autre métier.

1679 : 10 écoles.

1689 : 16 écoles.

1738 : 22 écoles. -> Environ 4000 enfants scolarisé dans ces écoles.
Démia se rend compte que la qualité des maîtres est importante et difficile à trouver, il ouvre donc un institut de formation des maîtres : la communauté de Saint Charles (1671).

Education des filles : la première école n’ouvre ses portes qu’en 1676 et l’institut seulement en 1687 (plus difficile de trouver des financements pour les filles).
Dans son idée, la pédagogie pour les garçon n’est pas la même que pour les garçons :

  • Pour les garçons il faut de l’autorité.

  • Avec les filles, on peut rire un peu, leur promettre une récompense après un travail. Il faut se faire aimer des filles.




  • il faut donc une séparation filles/garçons.


ORGANISATION :

Il y a des petits groupes avec des décurions. « Préfet de modestie » : modèle, bon élève.

Démia invente le poste de visiteur : quand quelqu’un n’est pas à l’école, il va chez lui pour savoir pourquoi il n’est pas venu.

Il invente aussi le poste d’enrôleur : c’est un élève qui fait de la pub à la sortie de l’école pour que les enfants qui traînent dans la rue viennent à l’école.
Il y a un système de récompense pour les très très bons élèves -> ils avaient des petits pouvoirs et des privilèges (ex : punitions corporelles moins fortes si ils plaident la cause de quelqu’un).
Il y a un goûter le matin et l’après midi.

APPRENTISSAGES :

  • Lecture à partir du latin (découpé en sept stades). On utilise un tableau collectif.

  • Apprendre à écrire.

  • Compter (addition et soustraction seulement. Le reste est top compliqué) -> ce sont les deux opérations que l’on utilise dans la vie quotidienne.


NICOLAS BARRE : 1621(Amiens)-1686.

Il est né dans une petite ville, d’une famille aisée, c’est l’aîné de la famille, il fait ses études au collège jésuite d’Amiens.

En 1640 il rentre au couvent des minimes à Amiens. C’est un ordre voué à la pauvreté. Sa mission est de s’occuper de la misère.

Les minimes l’envoient à Rouen (1659-1675) pour s’occuper de la misère. Pour lui aussi la pauvreté est une histoire d’école. Il y avait des écoles et ADRIEN NYEL. Ce dernier passait son temps à ouvrir des écoles, à chercher des financement pour l’ouverture d’école mais une fois ouvertes, il ne s’occupait plus de ce qui s’y passait.

Nicolas Barré s’intéresse à la création d’écoles pour les filles. Sa première école pour les filles est ouverte en 1662 à Sotteville lès Rouen. Il se rend ensuite compte du problème de la qualité des maîtresses, il ouvre donc « l’institut des filles maîtresses des écoles chrétiennes et charitables du saint enfant Jésus de la providence » (aussi nommé la providence, les dames de saint Maur, les barrettes). C’est un ordre qui a crée des structure scolaires dans plusieurs régions.
APPRENTISSAGES :

  • Lecture : le matin en latin, l’après midi en français. Le stade suprême de l’apprentissage de la lecture c’est l’apprentissage d’un texte manuscrit (lecture pour la messe, mais aussi pour un métier).

  • Ecriture.

  • Compter.

  • Travaux de couture, de broderie, de tricot.

Important : chez BARRE les filles sont propriétaires de leurs ouvrages contrairement à l’hôpital général qui vendait les ouvrages des enfants pour son compte personnel.

Les maîtresses doivent être patientes et douces.

Dans l’idée des gens, les femmes doivent aller soigner les malades et donc les maîtresses de Barré sont régulièrement demandées par l’hôpital général pour pratiquer cette tâche (maîtresses+infirmières). Elles manquent donc parfois la classe.


Jean-Baptiste de La Salle va utiliser les compétences de Barré pour créer des écoles sauf que JB La Salle ne s’occupera jamais que des garçons.

Louis XIV en 1685 (révocation de l’Edit de Nantes) demande à ces congrégations d’ouvrir des écoles dans le sud où il y a beaucoup de protestants.

Certaines écoles de la providence vont perdre leur vocation d’aide des pauvres sous des influences locales et elles vont devenir des écoles d’élites.
JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE :

Il va organiser ses écoles dans la deuxième moitié du XVII. Il bénéficie de tout ce qui a été fait avant lui.

Né en 1651 à Reims (ville riche) d’une famille aisée, bourgeoise. Comme tout garçon de bonne famille, il va aller au collège (à10 ans). Il va poursuivre avec des études de théologie à Reims et à Paris. Il est ordonné prêtre et en 1672 ses parents décèdent. Il se retrouve chargé de famille (aîné). Il rentre donc sur Reims. Il fait partie du chapitre cathédral, il en prend la succession. Dans la succession, il y a des écoles. N’y connaissant rien, il fait appelle à Nicolas Barré.

Il fait appel à Nyel qui crée beaucoup d’écoles ; JB de La Salle n’est pas d’accord car Nyel recrute n’importe qui comme instituteurs.

En 1684 il fonde une communauté : les frères de la vie commune des écoles chrétiennes.

Le but de cette communauté est de tenir les écoles gratuitement dans les villes seulement et faire le catéchisme même le dimanche et les fêtes.

Il impose un uniforme à ses maîtres (grands chapeaux et manteaux noirs) -> il faut identifier par le vêtement qui sont les garants du catholicisme.

Au début, sa communauté est dans la maison qu’il a héritée de ses parents mais par manque de place, il va sur Paris. Ce déplacement sur paris ouvre une période de procès car le but de La Salle est d’appendre à lire et à écrire en français. Ecoles gratuites pour garçons.

Début XVIII il doit quitter Paris, il établit sa base à Rouen (quartier Saint Sever, Saint Yon)

La Salle est invité à aller ouvrir des écoles dans le sud par le roi au moment de la révocation de l’édit de Nantes

En 1705 il rédige « la conduite des écoles chrétiennes ». Jusqu’à sa mort, il continue de réfléchir sur ce texte ; il parait imprimé en 1920.

A la mort de La Salle, les écoles continuent de se multiplier. Fin XVIII : 32000 garçons scolarisés. 400 classes et 700 maîtres. Ce qui en fait la seule congrégation qui finit par mailler l’ensemble du territoire.

A part Condorcet et Diderot, tous les philosophes des Lumières ne sont pas favorables à l’extension de savoirs simples comme la lecture et l’écriture. Voltaire les appelait les « ignorantins ».

Pendant la révolution française, c’est une communauté (1792 ->interdiction d’enseigner pour les communautés religieuses) qui va s’arrêter d’enseigner et mettre sa maison mère à Rome. Dès que la Terreur s’arrête avec la mort de Robespierre, ils vont revenir en acceptant les lois révolutionnaires. Napoléon va s’appuyer sur eux pour les petites écoles.

(Guizot, en 1833 va les prendre pour modèle).

La formation religieuse et professionnelle des maîtres se fait par la lecture des manuels de La Salle (ils finissent par les connaître par cœur).

Pour la Salle, il faut que les pratiques soient les mêmes dans toutes les écoles.
Il y a 9 leçons (classes) :

  • Alphabet (sur des panneaux collectifs) en français.

  • Syllabes (sur des panneaux collectifs) en français.

  • Le Syllabaire : c’est un livre. En français.

  • Le second livre : épeler par syllabe (français).

  • Le même second livre (français).

  • Le troisième livre (français).

  • Le psautier en latin (religion) + écriture + calcul.

  • La civilité chrétienne : c’est un livre pour apprendre à bien se comporter en société (En français) + écriture + calcul.

  • Les lettre manuscrites : il faut que les enfants sachent les lire (à l’époque tout est manuscrit). C’est un apprentissage qui sert dans la vie courante. (+ écriture + calcul). Il y a une volonté d’aboutir à une petite ascension sociale.


La Salle n’attend pas la fin du cursus pour de lecture pour commencer le calcul et l’écriture.
C’est le maître qui va déterminer si un enfant peut passer à l’étape supérieure. Le cahier dans lequel le maître note le passage d’une leçon : le registre.


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