Littérature québécoise





titreLittérature québécoise
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Livre dixième



Chapitre premier



Victoire de Montmorency et première bataille d’Abraham – Reddition de Québec

1759


Pendant que le gouverneur et les généraux étaient à Montréal, ils reçurent les dépêches de France, qui décidèrent Montcalm à se porter à Québec, où il arriva le 22 mai (1759) suivi bientôt par Vaudreuil et par Lévis. Des navires partis d’Europe confirmaient le rapport qu’une flotte anglaise faisait route vers cette ville, qui devenait dès lors le principal point à défendre. Le 23, un courrier annonça l’apparition de quinze vaisseaux au Bic (à 60 lieues de Québec). Les événements se précipitaient. Pour retarder l’approche de l’ennemi, les bouées et les autres marques servant à guider la navigation dans le fleuve, furent enlevées ; et les marins préparèrent des machines incendiaires, qu’ils lanceraient contre les vaisseaux lorsqu’ils seraient en vue du port. Les vivres et les archives publiques furent transportés aux Trois-Rivières, et les magasins des troupes, placés à Montréal ; on ne conserva de provisions à Québec que ce qu’il en fallait pour nourrir les soldats et les citoyens pendant un mois. Le peu de grain qui restait dans les campagnes du haut du pays, fut acheté avec de l’argent avancé par les officiers de l’armée. En même temps, on fit donner en présent des marchandises aux sauvages de Niagara et du Détroit, restés attachés à la France ou qui dissimulaient leur traité avec les Anglais ; on voulait seulement les induire à garder la neutralité.

Ces premiers points réglés, on organisa promptement la défense de Québec, dont la perte devait entraîner celle de tout le Canada. À l’égard de la ville, elle ne fut point jugée tenable, ni même à l’abri d’un coup de main du côté de la campagne, où le rempart, sans parapet, sans embrasures, sans canons, n’avait que six à sept pieds de hauteur, et n’était protégé extérieurement par aucun fossé ni aucun glacis. D’un commun accord, il fut décidé qu’on la couvrirait par un camp retranché, où les troupes prendraient position.

Québec est bâti à l’extrémité d’un promontoire. À l’est et au sud, le Saint-Laurent, large d’environ un mille, roule des flots profonds ; au nord, s’étend la belle vallée de Saint-Charles, laquelle se termine à un bassin, qui a trois ou quatre milles de largeur sur le fleuve, et que chaque marée couvre entièrement. À marée basse, le cours d’eau qui descend du milieu de cette vallée est guéable. Le promontoire, très escarpé du côté du fleuve et haut de cent à trois cent trente-trois pieds, était regardé comme inaccessible, surtout dans l’endroit qu’occupe la ville. Les points les plus faibles, sur le port, furent garnis de palissades et de murailles. On pensait que des batteries placées sur les quais de la basse ville et sur l’escarpement de la haute pourraient empêcher tout vaisseau de passer devant la place. Il ne restait plus, dans cette hypothèse, qu’à défendre l’entrée de la rivière Saint-Charles et à fortifier le rivage de la Canardière et de Beauport, jusqu’au saut de la rivière Montmorency, et le côté droit de cette dernière, qui descend des montagnes par un ravin profond et coupe la route sur la rive nord du Saint-Laurent.

On barra la rivière Saint-Charles, en face de la porte du Palais, avec des mâtures enchaînées les unes aux autres, retenues par des ancres et protégées par cinq bateaux, portant chacun un canon. Derrière ce barrage, deux navires furent coulés à fond pour servir d’assiette à une batterie de gros calibre rayonnant sur le bassin. Il y avait aussi, plus en amont, vers l’endroit où aboutissent les routes de Beauport et de Charlesbourg, un pont de bateaux qui joignait les deux rives et dont les têtes étaient garnies d’ouvrages à cornes. On borda la droite de la rivière, depuis la porte du Palais jusqu’à ce pont, de palissades ayant des ouvertures où l’on plaça de l’artillerie, pour défendre l’entrée du faubourg Saint-Roch et empêcher l’ennemi de s’emparer par surprise des hauteurs de Québec. L’armée passa sur la gauche de la rivière Saint-Charles, où elle se déploya dans l’étendue de deux lieues, depuis le pont jusqu’à la rivière Montmorency ; elle se couvrit d’épaulements, qui suivaient les sinuosités du rivage et qui furent flanqués de fortins et de redoutes aux endroits où la descente paraissait facile. Au milieu de cette ligne, à l’embouchure du ruisseau de Beauport, on établit une batterie flottante de douze bouches à feu.

La petite flotte française, c’est-à-dire les deux frégates, les bateaux armés et les brûlots, fut mise sous les ordres du capitaine Vauquelin. Les frégates se retirèrent au-dessus de Québec. On posta des gardes de distance en distance le long du fleuve, depuis la ville jusqu’au delà de l’anse au Foulon, où un sentier fut pratiqué dans le ravin d’un ruisseau pour communiquer avec les plaines d’Abraham, sur le plateau. Une petite redoute avec du canon gardait cette rampe. Tels furent les préparatifs de défense qu’on fit à Québec et aux environs.

Dans ce plan, en supposant toujours le fleuve fermé devant Québec, et l’armée de Beauport trop solidement établie pour être forcée de front, il ne restait plus à l’armée envahissante qu’à débarquer sur la rive droite du Saint-Laurent, à la remonter jusqu’à une certaine distance, et à traverser ensuite le fleuve. Elle pouvait ainsi venir prendre l’armée française à revers, par Lorette, la route de Charlesbourg, et celle de Bourg-Royal, qui la continue vers l’est. C’était une manœuvre difficile, que Montcalm jugeait sans doute impraticable, vu que la retraite était impossible en cas d’échec.

L’armée française grossissait chaque jour par l’arrivée des milices de toutes les parties du pays. Il ne resta bientôt plus dans les campagnes que les vieillards, les femmes et les enfants. Tous les hommes en état de porter les armes étaient rassemblés à Québec, à Carillon, sur le lac Ontario, à Niagara, dans les postes du lac Érié et de la partie de la vallée de l’Ohio qui restait encore aux Français.

D’après l’ordre de bataille, l’aile droite de Montcalm, consistant en milices des gouvernements de Québec et des Trois-Rivières, au nombre de quatre mille trois cent quatre-vingts hommes, sous MM. de Saint-Ours et de Bonne, occupait la Canardière ; le centre, formé de cinq bataillons de réguliers, qui montaient à deux mille hommes, aux ordres du brigadier Senezergues, était entre le ruisseau et l’église de Beauport, et la gauche, composée de trois mille quatre cent cinquante miliciens du gouvernement de Montréal, sous MM. Prud’homme et Herbin, s’étendait depuis cette église jusqu’à la rivière Montmorency. Lévis commandait la gauche, et Bougainville la droite ; Montcalm prit pour lui le centre, où il établit son quartier général. Un corps de réserve d’environ quatorze cents soldats de la colonie, deux cents volontaires à cheval et quatre cent cinquante sauvages, sous M. de Boishébert, qui revenait des frontières de l’Acadie, se posta en arrière de l’armée, sur les hauteurs de Beauport. Ces forces, [avec sept cent cinquante-neuf matelots et officiers] et les six cents hommes de la garnison de Québec, formée de citoyens aux ordres de Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay commandant de la place, s’élevaient à seize mille combattants. [D’autre part, Montcalm avait incorporé cent huit Canadiens de choix dans chaque bataillon, malgré l’opposition de Vaudreuil, mais avec l’agrément du ministre de la guerre]. « On n’avait pas compté, dit un témoin oculaire des événements, sur une armée aussi forte, parce qu’on ne s’était pas attendu à avoir un si grand nombre de Canadiens. On n’avait eu l’intention de n’assembler que les hommes en état de soutenir les fatigues de la guerre ; mais il régnait une telle émulation dans le peuple que l’on vit arriver au camp des vieillards de quatre-vingts ans et des enfants de douze à treize, qui ne voulurent jamais profiter de l’exemption accordée à leur âge ! Jamais sujets ne furent plus dignes des bontés de leur souverain, soit par leur constance dans le travail, soit par leur patience dans les peines et les misères, qui, dans ce pays, ont été extrêmes. Dans l’armée, ils étaient exposés à toutes les corvées » (Journal tenu par un officier à l’armée que commandait feu le marquis de Montcalm).

On attendit les ennemis dans cette position. Le gouverneur et les officiers de l’administration quittèrent la ville et se retirèrent à Beauport. Les principales familles gagnèrent les campagnes, en emportant ce qu’elles avaient de plus précieux.

Les vaisseaux anglais, qui avaient jeté l’ancre à l’île aux Coudres et dont l’immobilité prolongée causait quelque surprise, étaient une avant-garde envoyée de Louisbourg, aux ordres de l’amiral Dureil, pour intercepter tout secours de France. Les trois escadres anglaises, dont l’amiral Saunders avait assigné le rendez-vous à Louisbourg, étaient entrées dans ce port en mai ; après avoir pris à bord d’autres troupes, elles avaient remis à la voile. L’armée de Wolfe consistait alors en huit régiments de ligne, deux bataillons de fusiliers du Royal-Américain, trois compagnies de chasseurs (rangers) des colonies, une brigade de soldats du génie, trois compagnies de grenadiers de Louisbourg et soldats de marine, ce qui faisait en tout huit mille six cent trente-cinq hommes.

Le général James Wolfe était un officier [de trente-deux ans,] plein de talents et d’énergie, qui tardait à se signaler par des actions d’éclat. Il avait eu un emploi assez considérable du duc de Bedford, lord lieutenant d’Irlande, mais il y avait renoncé pour aller à la guerre, abandonnant ainsi son avancement aux caprices de la fortune. « Elle a été peu favorable à ma famille, écrivait-il (21 janvier 1759), mais pour moi elle m’a souri quelquefois, et m’a fait participer à ses faveurs. Je m’en remets entièrement à elle. » Sa conduite au siège de Louisbourg attira l’attention et le fit choisir pour commander l’expédition de Québec. On lui donna des lieutenants animés de la même ambition que lui et que lui-même avait désignés. Les brigadiers Robert Monckton, George Townshend et James Murray, quoique tous les trois encore à la fleur de l’âge, avaient bien étudié la guerre et acquis l’expérience des combats. Wolfe était fils d’un ancien major général, qui avait servi avec distinction. Les trois autres appartenaient à la noblesse. Ils partirent remplis d’espérance. « Si le général Montcalm, s’écriait Wolfe, trompe encore cette fois nos efforts, il pourra passer pour un habile officier ; ou nos généraux sont plus mauvais que de coutume ; ou la colonie a des ressources que l’on ne connaît pas » (29 janvier).

La flotte anglaise, forte de [cent vingt-cinq vaisseaux, cent cinquante-deux embarcations légères et portant vingt-sept mille soldats et marins], remonta le Saint-Laurent, et atteignit l’île d’Orléans le 26 juin (1759). Chacun fut étonné dans le pays de l’heureuse fortune de cette flotte, qui avait su éviter tous les périls du fleuve. Le commandant d’une frégate française, Denis de Vitré, fait prisonnier pendant la guerre, avait dû lui servir de pilote, sous peine de mort, jusqu’à Québec, sa patrie, trahison dont il fut récompensé ensuite par une pension sur l’amirauté. L’armée anglaise effectua un débarquement le 27 juin dans l’île d’Orléans, évacuée de la veille par les habitants, et vint prendre position à son extrémité, en face de Québec et du camp de Beauport. L’amiral Saunders fit reconnaître la rade et le bassin de la ville. Le capitaine James Cook, qui s’est illustré depuis par ses voyages de découvertes, fut employé à ce service. Il est à noter que deux des plus célèbres navigateurs qui aient fait le tour du globe, Cook et Bougainville se trouvaient alors sous les murs de Québec.

Pendant ces reconnaissances, les Français avaient apprêté leurs machines incendiaires. Le 28 juin, par une nuit obscure et un vent favorable, sept gros brûlots furent dirigés contre la flotte groupée sous l’île d’Orléans ; mais le feu y ayant été mis beaucoup trop tôt, les Anglais purent les remorquer loin de leurs navires, jusque sur le rivage, où ils achevèrent de se consumer inutilement. Un mois après, on lança des radeaux enflammés ; ils ne réussirent pas mieux. De sorte que ces machines, qui, à la vérité, sont rarement dangereuses, mais auxquelles l’imagination populaire attribue toujours de grands effets, ne causèrent aucun mal à l’ennemi.

Le 27 juin, Wolfe avait adressé aux Canadiens une sommation arrogante, dont s’étaient indignés leur courage et leur fierté. Puis, ayant examiné la situation de Québec et de l’armée française, les difficultés de son entreprise lui parurent plus grandes qu’il ne l’avait supposé d’abord. D’un côté, une ville bâtie sur un rocher qui paraissait inaccessible ; de l’autre, une force nombreuse fortement retranchée pour en défendre l’approche. Il hésita, tâtonna jusque vers le moment où le général Amherst devait franchir le lac Champlain. Ces hésitations dévoilaient l’indécision de ses plans, et confirmèrent Montcalm dans la résolution de rester immobile dans son camp de Beauport. En attendant qu’il eût découvert quelque point vulnérable pour attaquer son adversaire, Wolfe donna l’ordre de bombarder la ville et de dévaster les campagnes. Il espérait obliger par ces destructions un grand nombre de Canadiens à s’éloigner pour aller mettre leurs familles et leurs effets en sûreté.

Le 29 juin, le brigadier Monckton, à la tête [de plus de deux mille soldats,] passa à la Pointe-Lévis. Le lendemain, il y prit position en face de la ville, après avoir délogé [une petite troupe de quarante Canadiens et sauvages, conduite par Étienne Charest, seigneur de Lauzon, et qui résista durant plusieurs heures.] C’était ce que Montcalm craignait le plus mais ne pouvait empêcher à cause de la nature des lieux. [De son côté, Wolfe parvenait à la Pointe-Lévis (2 juillet), où il faisait élever des batteries pointées vers Québec ; le 9, il avait établi un autre camp sur la rive gauche du Montmorency ; et il en dressa un troisième dans l’île d’Orléans].

N’osant point risquer un corps considérable au delà du fleuve, Montcalm envoya le major Dumas, avec quinze cents hommes, pour surprendre et détruire les retranchements et les batteries de Monckton. Dans la nuit du 12 au 13 juillet, Dumas traversa le fleuve au saut de la Chaudière, à une lieue et demie au-dessus de Québec et se mit en marche avec son monde sur deux colonnes ; mais dans l’obscurité une colonne devança l’autre en passant un bois, et celle qui se trouvait en arrière, entrevoyant tout à coup des troupes devant elle, les prit pour l’ennemi et tira dessus. La colonne, assaillie si brusquement par derrière, se crut coupée, riposta, tomba en désordre, et, saisie d’une terreur panique, prit la fuite, entraînant la seconde colonne après elle. Dès six heures du matin le détachement avait repassé le fleuve. On a appelé cette échauffourée « le coup des écoliers », parce que [trente élèves du Séminaire de Québec,] qui formaient partie du détachement, furent la cause première de la méprise.

Ce fut cette nuit-là même que la grosse artillerie de la Pointe-Lévis ouvrit le feu. On vit alors que les assiégeants ne reculeraient devant aucune mesure extrême, et que les plus cruelles pratiques de la guerre seraient suivies avec la dernière rigueur, car ce bombardement était inutile. Les premières bombes qui tombèrent sur la ville, dont chaque maison pouvait être vue de l’ennemi, firent prendre la fuite à beaucoup d’habitants ; ils se réfugièrent d’abord derrière le rempart du côté des faubourgs, et ensuite dans les campagnes. On retira les poudres des magasins, et la garnison s’organisa en corps de sapeurs-pompiers pour éteindre les incendies. Dans l’espace d’un mois les plus beaux édifices avec la cathédrale devinrent la proie des flammes. La basse ville fut entièrement consumée dans la nuit du 8 au 9 août. Québec n’était plus qu’un monceau de débris fumants, et quantité de citoyens riches auparavant se trouvèrent réduits à l’indigence. Plusieurs personnes aussi furent tuées. Le canon des remparts était inutile. La distance d’un mille un quart de volée par-dessus le fleuve était trop grande pour qu’il pût incommoder les batteries anglaises, invisibles à travers les bois et les broussailles qui les masquaient.

Après avoir battu la ville en ruine, Wolfe se jeta sur les campagnes. Il fit brûler toutes les paroisses, et couper les arbres fruitiers sur la côte de Beauport, depuis le sault Montmorency jusqu’au cap Tourmente, sur la rive gauche du Saint-Laurent. Il fit subir le même sort [aux villages de l’Ange-Gardien, Château-Richer, Sainte-Anne, Saint-Joachim] et aux établissements de la baie Saint-Paul, celui de la Malbaie, et l’île d’Orléans qui fut dévastée d’un bout à l’autre. Les paroisses sur la rive droite du fleuve, depuis Berthier jusqu’à la Rivière-du-Loup, au-dessous de Québec, espace de vingt-trois lieues, furent saccagées et incendiées à leur tour, ainsi que la Pointe-Lévis, Saint-Nicolas, etc. Wolfe choisissait la nuit pour commettre ces ravages, qu’il portait partout où il pouvait mettre le pied ; il faisait enlever les femmes et les enfants, les vivres et les bestiaux. Plus la saison avançait, plus il se livrait à cette guerre de brigandages, pour venger les échecs qu’il éprouvait et pour décourager la population. Un détachement de trois cents hommes, commandé par le capitaine Alexander Montgomery, exerça à Saint-Joachim, lieu voisin du cap Tourmente, les plus grandes cruautés ; les prisonniers furent massacrés de sang-froid avec une barbarie extrême. Du camp de Beauport on apercevait à la fois, les embrasements sur la côte de Beaupré, dans l’île d’Orléans et sur une partie de la rive droite du fleuve.

La dévastation des campagnes, où plus de quatorze cents maisons furent réduites en cendres, n’avançait pas cependant le but de la guerre. Les Français ne bougeaient point. Après tant de délais et tant de destructions, Wolfe prit le parti d’attaquer Montcalm. Dans ce dessein, il fit passer le gros de son armée, de l’île d’Orléans à l’Ange-Gardien et chercher des gués sur la rivière Montmorency, au-dessus de la chute. Mais Montcalm tenait fortement tous les points guéables. Frustré de ce côté, le général anglais tourna son attention vers le fleuve. Le 18 juillet, entre onze heures et minuit, profitant du vent, il mit à la voile, avec deux vaisseaux et cinq petits bâtiments ; malgré les boulets, il passa devant Québec en serrant le rivage de la Pointe-Lévis [et jeta l’ancre à l’Anse-des-Mères (près de Sillery).] Le 21, il examina la falaise, sur la rive gauche, jusqu’au cap Rouge et trouva que le débarquement y serait trop périlleux. Il n’osa point aller descendre au-dessus de la rivière du Cap-Rouge, on ne sait trop pour quelle raison ; car, s’il y eût atterri, Montcalm pouvait être obligé d’abandonner sa position. Alors Wolfe se disposa à attaquer le camp retranché ; il avait résolu de diriger tous ses efforts contre la gauche des Français, en l’attaquant en front par le fleuve Saint-Laurent et en flanc par la rivière Montmorency. [Au même moment un détachement commandé par le colonel Guy Carleton s’était avancé jusqu’à la Pointe-aux-Trembles et avait fait prisonnier une centaine de vieillards, de femmes et d’enfants].

Comme la rive gauche, à l’embouchure de la rivière Montmorency, est plus élevée que la droite, Wolfe décida d’augmenter les batteries qu’il y avait déjà et qui plongeaient sur les retranchements de Montcalm. Il y porta le nombre des canons et des mortiers ou obusiers à plus de soixante. Le 31 juillet, pendant la matinée, il fit échouer sur des roches à fleur d’eau deux transports, armés chacun de quatorze pièces de canon, l’un à droite et l’autre à gauche d’une petite redoute en terre que les Français avaient élevée sur le rivage ; placée au pied d’une route nommée Courville, elle défendait à la fois l’entrée de cette route, qui conduisait sur la hauteur occupée par l’armée, et le passage d’un gué qui est au bas de la chute. Le feu de ces transports, en se croisant sur la redoute, devait la réduire au silence et couvrir la marche des assaillants. Le fameux vaisseau le
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