Interview sportif





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Interview sportif

  • Quel âge avez-vous ?

33 ans

  • De quelle région es-tu originaire ?

De la région parisienne, plus particulièrement, Plaisir (78) mais mes vrais origines se trouvent en Bretagne à l’île de Groix et en Normandie du côté de St James.

  • Quelle est votre profession ?

Je suis actuellement sapeur pompier de Paris, détaché dans les services de la caserne de Voluceau (78) et également pompier volontaire dans la ville de Plaisir (78)

  • A quel âge avez-vous commencé le sport ?

J’ai toujours eu le sport en moi et l’ai toujours pratiqué plus ou moins. Je n’ai jamais excellé dans ce domaine, mais m’y suis toujours amusé. Je m’y suis véritablement mis intensivement quand j’ai postulé pour les pompiers de Paris en 2003. Pour la première fois je me suis mis à courir régulièrement.

  • Quelles sont vos qualités sportives ?

Il y en a qu’une seule, qui en résume deux. Mon mental, à m’interdire l’abandon et à m’interdire les excuses.

  • Et votre plus gros défaut sportif ?

Ma nature physiologique. Je suis un gros dormeur et un bon vivant. Pour être en forme, il me faut un minimum 10 heures de sommeil par nuit. Ce n’est pas du tout concevable et en adéquation avec la pratique de l’Ultra. Encore une fois, le mental doit compenser ce manque de sommeil. C’est très difficile et pénible à la fois.

  • Quel est votre sport préféré ?

Incontestablement le football (l’OM), suivi des sports de combats

  • Rien à voir avec l’Ultra distance ?

Non du tout ! J’ai pratiqué pendant plus 8 ans le football mais les compétitions collectives ont finient par me lasser ! Je voulais vraiment découvrir le sport individuel. J’ai moi-même un côté solitaire et individuel dans ma nature. Dans le sport individuel, tu gagnes, c’est pour toi et si tu perds, c’est pour toi aussi ! Fini les excuses des sports collectifs, c’est de la fautes de un tel ou un tel, non le sport individuel, il n’y a pas d’échappatoire…enfin si, il reste l’arbitre avec qui j’ai connu des mésaventures en combat de boxe où je me suis fais voler des combats sur décision absurde, mais bon, c’est le sport !

  • Comment êtes-vous arrivé à l’Ultra et quel a été le déclic ?

Je portais ça en moi depuis mon jeune âge, sauf que je n’avais pas de connaissance suffisante pour me motiver à me lancer. Le déclic est venu lors de ma première mutation professionnelle chez les pompiers de Paris à 26 ans. Je suis arrivé au CFC (Centre des formations des cadres), où une équipe de Trail c’était mise en place. Quelques mois avant le Trail des « templiers », un des inscrits a eu un empêchement et m’a donné son dossard. Sans le savoir, ça été le début d’une grande aventure ! Enfin j’allais pouvoir m’exprimer sur 68 km. Un grand moment, avec pour chrono 9h23, une 2ème place du groupe pompiers et 384ème/2222 « finisher ». Correct pour un premier Trail longue distance.

  • Pourquoi avoir choisi l’Ultra distance ?

L’Ultra est arrivé dans ma vie, à un moment où je me cherchais beaucoup. Il est arrivé par défit, je voulais me prouver que j’étais capable de me dépasser dans la vie. Je voulais voir aussi ce que j’étais capable de faire, jusqu’où mentalement je pouvais aller. C’est un très bon moyen de progresser sur soi, mais ne perdez pas de vu, que le bonheur doit être associé à ce type de compétition ou type de défit, car sans le plaisir, vous irez au carton !

  • Comment abordez-vous un Ultra ?

Sereinement ! Je n’ai pas de pression ni d’appréhension particulière. Le plaisir est là et c’est bien ça l’essentiel ! Je sais que la souffrance m’accompagnera pendant la course, je sais aussi qu’il y aura de grands moments d’émotions. C’est une remise en question permanente avec moi-même et avec cette envie permanence de vouloir me dépasser.

  • Vous pratiquez également les sports de combats en dehors de l’Ultra distance ?

Oui et cela depuis 2003, lorsque j’ai décidé de me remettre au sport pour mon concourt des pompiers de Paris. J’ai commencé par le Full contact et le kick boxing pendant 5 ans. J’y ai enchainé les combats et ensuite, ne retrouvant pas de club près de chez moi en région parisienne, mélangé à un planning professionnel ultra chargé je n’avais plus le temps de m’entrainer. J’ai basculé en karaté contact avec les pompiers et j’ai repris les combats. Par la suite j’ai repris l’entrainement en boxe Thaïlandaise et aussi les combats. Par manque de temps et aussi par intéressement à d’autre discipline sportive comme l’Ultra triathlon, il met de plus en plus difficile de consacrer du temps à la boxe et aux combats.

  • Avez-vous mis un terme au combat de boxe ?

Absolument pas ! Je manque cruellement de temps et c’est un sport contrairement à la course à pied ou au triathlon où il faut être deux pour le pratiquer et aussi avoir un niveau identique pour progresser. Outre ce facteur, je n’ai jamais retrouvé le club de mes débuts à Perpignan auquel j’étais très attaché, humainement parlant. Cela dit, ça ne m’empêche pas d’y avoir encore de beaux objectifs en tête. Un jour…si le facteur famille ou professionnel me le permet, mais j’y crois et ma motivation est intacte.

  • Vous avez l’air d’être nostalgique par rapport à ce sport ?

Oui très nostalgique. C’est plus qu’un sport que j’ai découvert, c’est une façon d’être, un comportement. J’ai construis ma vie, mes objectifs et mon quotidien sur les mêmes principes qu’un combat. Me refuser à abandonner et toujours me relever, même dans les moments les plus difficiles, tel un boxeur qui va au sol lors d’un combat et qui doit se relever pour continuer d’avancer. Outre les valeurs que m’a appris cette discipline, j’ai rencontré un entraineur. Le premier à avoir su me transmettre l’amour de sa discipline avec de vraies valeurs humaines. J’y avais fondé de très gros objectifs dans ce sport, malheureusement je n’ai pu les réaliser à cause d’un déménagement et des contraintes professionnelles. Le fait d’avoir du me séparer de mon entraineur, seul personne en qui j’avais confiance, à bouleversé mes projets.


  • Quels sont les souvenirs qui vous ont marqué dans se sport ?


Le côté humain et le côté humble des boxeurs essentiellement.

Il y en a eu plusieurs. La connaissance d’un grand entraineur, Anthony Elkaim, qui m’a transporté dans son sport. Aussi la boxe est arrivée dans ma vie pendant une longue période de chômage et d’interrogations sur moi. J’ai pu en profiter pour suivre certains boxeurs professionnels du club à travers toutes le France et leur servir de sparing spartner pendant les entrainements. Découvrir les galas les plus prestigieux en étant à leurs côtés. Outre ce monde de la boxe, sportivement parlant, le combat qui m’a le plus marqué autant physiquement, qu’émotionnellement parlant, à été mon combat face à Karim Gajji en final des championnats de France de karaté contact. Affronter un très grand de ce monde de la boxe, restera un grand souvenir.


  • Quand avez vous commencé le triathlon ?


En 2011 où j’ai commencé mon tout premier triathlon par l’Ironman de Nice. Mon plus beau souvenir sportif !


  • Commencer directement par un Ironman n’est pas commun ?


Non du tout. Avec du recul et connaissant le niveau que j’avais en 2011 en natation notamment et aussi en vélo, je me dis, que quelque part j’ai été assez culoté de m’y inscrire. Surtout que l’inscription n’est pas donnée et qu’à cette époque je ne roulais pas sur l’or. Mais bon, cette confiance qui m’a toujours animé, a fait que j’ai réussi, à passer ce cap et à passer outre les critiques et la négativité de certain à me voir échec. J’ai eu raison de ma confiance car elle m’a permis par la suite de découvrir bien plus grand qu’un Ironman.


  • Combien d’heures par semaine consacres-tu à l’entrainement ?


Je n’ai pas de programme sportif. C’est aléatoire ! Ma profession et mes activités extra professionnelles ne me permettent pas de m’établir un planning d’entrainement. Je peux passer plusieurs semaines sans pratiquer quoi que ce soit, comme je peux aussi enchainer des heures et des heures d’entrainement et cela à répétition. S’il le faut, je suis capable de m’entrainer des nuits entières. Ma motivation à m’entrainer viendra par la compétition. Généralement je m’inscris d’abord à des compétitions et ensuite je m’entraine pour. La compétition est ma carotte pour avancer et progresser.


  • En termes de nutrition, comment procédez-vous lors de vos compétitions ?


La grande question qui intrigue beaucoup de personnes ! Autant je peux avoir un gros mental dans l’effort, mais concernant la nutrition c’est « 0 » sur toute la ligne ! Je n’ai pas de programme nutritionnel, ni avant une compétition et ni pendant. A mes débuts en Trail, je faisais comme tout le monde avec ces fameuses boissons énergétiques ou autres barres. Mais le constat, ne s’est pas fait attendre, je n’arrivais pas à les digérer et j’ai dû me rabattre, sur ce que j’appelle du naturel…saucisson, barre de céréales, noix de cajou ou autres barres chocolatées. Pour les boissons c’est de l’eau naturelle avec des sirops, un point c’est tout. Et jusqu’à présent cela me va très bien. Le sport, comme pour la nutrition, il me faut prendre du plaisir, sinon ça ne fonctionne pas. Pour la petite histoire, il m’arrive même, quand la compétition le permet de prendre des hamburgers avec moi. C’est important de manger gras pendant des courses d’Ultra, le corps a besoin de ça !


  • Que vous manque-t-il aujourd’hui pour faire un podium dans une compétition majeure ?

En faire un objectif !

Pleure à l’entrainement et tu riras en combat ! Moi je ris à l’entrainement ! Plus sérieusement, même si cela reflète mon comportement, il me manque du temps pour m’y investir. Je pense également, ne pas avoir assez confiance en moi en ce domaine du podium. Une personne pour m’y accompagner me serais d’une grande aide. L’Ultra et plus généralement la compétition à haut niveau ne s’improvise pas ! Travail, travail et travail !

  • Le sport c’est votre drogue ?

Non du tout, juste un moment de plaisir, que je m’efforce à partager. Ce n’est pas mon métier et je ne suis pas rémunéré pour cela. C’est un amusement, un défit permanent pour apprendre à me dépasser. En 2012, par manque de motivation et de temps, j’avais totalement arrêté de m’entrainer mais n’avais pas arrêté la compétition pour autant, car j’avais besoin de cet amusement.

  • Quels sont vos meilleurs souvenirs sportifs ?

De très loin, l’Ironman de Nice en 2011 et le restera pendant encore très longtemps et ne sera peut être jamais égalé sportivement parlant. Partir de « 0 » dans une compétition, ne pas savoir nager, ou tout juste lamentablement la brasse, ne pas aimer la pratique du vélo et commencer ça préparation vélo et natation tout juste 4 mois avant la compétition, n’avoir jamais pratiqué un seul triathlon, me donnais perdant par presque tout mes proches. Sauf par moi ! Moi je savais, j’avais confiance en moi. C’est à ce moment là que je me suis réellement découvert un mental et j’ai appris énormément sur moi. A ce super souvenir, s’en suivra mon autre souvenir d’être devenu « finisher » du triple Ironman de Lensahn en 2014, 3 fois la distance Ironman (11.4 km de natation, 540 km de vélo puis 12126.6 km de course à pied). La aussi, beaucoup de gens me voyant perdant par mon manque de niveau à enchainer ces 3 disciplines sportives (natation, vélo et course à pied) avec d’aussi longues distances. Peut importe, dans ma tête j’étais programmé à le réussir. S’en suivra un mois plus tard, mon ascension du Mt Blanc en solitaire. Ma toute première ascension en montagne. Un grand moment de peur et de solitude, mélangé à des émotions de joie et de bonheur, qui m’ont transporté jusqu’à 4810 mètres. Une grande remise en question avec moi-même pour trouver les solutions à arriver au sommet. Là, encore une fois, personne pour vous rassurer ou vous guider, c’est à vous de vous débrouiller seul et c’est ainsi que mentalement on progresse et qui me sert de moteur dans mon quotidien. A refaire.

  • Le triple Ironman puis l’ascension du Mt Blanc. Qu’est-ce qui vous anime dans ces défis ?

Pour le triple Ironman de Lensahn, je voulais simplement redécouvrir les sensations et émotion que j’avais pu avoir en 2011 lors de mon Ironman de Nice. Je ne voulais pas forcément faire directement un triple Ironman mais plutôt un double. Un triple me paraissait énorme par rapport à mon niveau sportif, mais après avoir passé des heures et des heures sur internet à essayer de trouver un double, j’ai dû me contraindre à m’inscrire au triple Ironman de Lensahn, car c’est bien le seul que j’ai trouvé et qui n’était pas trop loin de la France. De là, à commencer une préparation mental pour me convaincre, moi seul, que je pourrai y arriver. Et j’en suis devenu finisher !

Pour le Mt Blanc, j’avais prévu de la faire en 2015. Seul soucis, je n’aime pas attendre et remettre au lendemain ce que je pourrai faire de suite. Nous étions encore en été et j’ai pris la décision d’y aller avec ma novice attitude deux mois plus tard. Durant ces 2 mois, je me suis plus ou moins renseigné sur le matériel et autre tracé et à cœur vaillant j’ai pris mes responsabilités d’y aller en solo. Je ne voulais absolument pas prendre de guide pour me retrouver seul à résoudre les différents problèmes que je j’aurai pu rencontrer pendant l’ascension. Je voulais apprendre de moi-même. Cependant j’aurai aimé partager cette aventure, et entrainer une autre personne dans ma confiance mais cela me semblais trop dangereux et on me l’aurait surement reproché. Au final, j’y suis arrivé sans trop de difficulté. Encore une fois j’ai beaucoup appris sur moi-même et ne regrette en rien cette ascension. A refaire mais cette fois ci en là partageant avec trop gens.

  • Quelle a été votre compétition la plus difficile ?

Incontestablement le prestigieux Ultra Trail « Tor des géants » en 2011, 330 km de montagne avec au menu 24.000m de dénivelé positif ! Vous vous rendez compte, 3 fois la hauteur de l’Everest ou bien deux fois la distance de l’UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc) ou encore deux fois la distance « Diagonale des fou » à la Réunion. Une course où j’ai d’avantage souffert mentalement que physiquement, essentiellement à cause de mon manque de sommeil. J’ai dormi 12 heures en 6 jours.

  • Envisagez-vous une reconversion dans le sport ?

Pas dans l’immédiat. Je veux d’abord me faire ma propre expérience et dans plusieurs domaines sportifs. Accumuler un maximum d’expérience en compétition et aussi de maturité. Ensuite on verra, mais une reconversion en préparateur mental sera une évidence dans la continuité de mon expérience sportive. Le côté business n’est pas à exclure non plus !

  • Quels sont vos futurs objectifs en Ultra distance ?

J’attends impatiemment de découvrir le domaine de l’Ultra natation en mer. Me réinvestir dans l’Ultra Trail afin de connaitre d’autres terrains que celui de la montagne, tel que le marathon des sables ou encore la prestigieuse 4D dans le désert ou encore le marathon des glaces.

  • Quels sont vos futurs projets dans le sport ?

Remettre au goût du jour un semi-marathon dans la ville de Plaisir(78). Il est inconcevable pour moi, qu’une ville de plus de 35.000 habitants comme celle de Plaisir, ne possède pas son propre semi-marathon ! Il a déjà excité dans les années 90, alors pourquoi ne pas le remettre au goût du jour ! J’ai bien d’autres projets sportifs et économiques pour cette ville, mais il se trouve encore en état d’embryon. A suivre…

  • Quels sont vos objectifs pour 2015 ?

Faire une grosse saison au championnat du monde d’Ultra triathlon et si ma motivation et mon planning me le permettent, pourquoi pas me caler un Ultra Trail et un ou deux gala de boxe. Mais attention, je ne néglige pas mon corps, lui seul m’en donnera le feu vert !

  • Un titre mondial en Ultra triathlon est-il envisageable ?

(Rire)… « Nous vivons une vie, nous en rêvons une autre, mais celle que nous rêvons est la vraie »

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