Annales Nathan «Parole publique, parole privée»





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date de publication29.10.2017
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Proposition de corrigé du sujet no9 des Annales Nathan « Parole publique, parole privée »

1. Identification des documents et première tentative de cerner la problématique

Le corpus se compose de quatre documents. Le document 1 est extrait d’un essai sociologique de 2010 sur le statut de l’amateur dans le monde numérique. Le deuxième document est un extrait d’article de presse de 2009 concernant l’intimité sur Internet. Le document 3 est un dessin de presse publié en 2007 sur la relation d’un couple à la confidentialité des informations dévoilées sur Internet. Le quatrième et dernier document est tiré d’un article de 2012 sur la préservation de la vie privée sur Internet. Les quatre documents du corpus sont donc contemporains les uns des autres et récents puisqu’ils datent tous de la période 2007-2012, ils évoquent tous le numérique et, plus précisément, les questions de vie privées sur Internet.

2. Tableau de synthèse




Doc. 1

Doc. 2

Doc. 3

Doc. 4




L’intime envahit la sphère publique mais, parallèlement, la portée de la parole publique se restreint

Sur les réseaux sociaux, c’est « l’extime » qui domine : un mélange d’intime et de public

La variété des supports numériques facilite l’expression des points de vue publics des amateurs mêlant émotion et compétences personnelles


Les internautes mettent de plus en plus d’informations personnelles en ligne mais on de plus en plus de mal à contrôler l’usage qui est fait de leur intimité

L’ « extimité » a toujours existé mais prend une dimension nouvelle sur les réseaux sociaux

Les jeunes prennent conscience des conséquences parfois graves d’une trop grande exposition de leur intimité sur Internet

Sur les réseaux sociaux, on peut révéler beaucoup d’informations sur soi mais aussi sur les autres

On n’est pas entièrement maître des informations qui circulent sur son compte sur Internet

Au sein d’un couple, la révélation d’informations sur Internet peut poser problème : le rapport à l’intimité est très personnel

Les internautes ont le sentiment d’être surveillés par le biais des réseaux sociaux

L’exploitation des données personnelles en ligne est devenue un véritable enjeu économique

Les internautes sont sensibles à la préservation de leur intimité mais l’exposent de plus en plus

L’injonction à s’exposer sur les réseaux sociaux est très forte

Les réseaux sociaux sont devenus incontournables

Les internautes acceptent l’exploitation de leurs données personnelles, par passivité et en échange de contreparties

2. bis Tableau de synthèse (les thèmes communs apparaissent en couleur)




Doc. 1

Doc. 2

Doc. 3

Doc. 4




L’intime n’a jamais été complètement séparé du public

L’intime envahit la sphère publique mais, parallèlement, la portée de la parole publique se restreint

Sur les réseaux sociaux, c’est « l’extime » qui domine : un mélange d’intime et de public

La variété des supports numériques facilite l’expression des points de vue publics des amateurs mêlant émotion et compétences personnelles


Les internautes mettent de plus en plus d’informations personnelles en ligne mais ont de plus en plus de mal à contrôler l’usage qui est fait de leur intimité

L’ « extimité » a toujours existé mais prend une dimension nouvelle sur les réseaux sociaux

Les jeunes prennent conscience des conséquences parfois graves d’une trop grande exposition de leur intimité sur Internet

On peut fréquenter les réseaux sociaux en couple

Sur les réseaux sociaux, on peut révéler beaucoup d’informations sur soi mais aussi sur les autres

On n’est pas entièrement maître des informations qui circulent sur son compte sur Internet

Au sein d’un couple, la révélation d’informations sur Internet peut poser problème : le rapport à l’intimité est très personnel

Les internautes ont le sentiment d’être surveillés par le biais des réseaux sociaux

L’exploitation des données personnelles en ligne est devenue un véritable enjeu économique

Les internautes sont sensibles à la préservation de leur intimité mais l’exposent de plus en plus

L’injonction à s’exposer sur les réseaux sociaux est très forte

Les réseaux sociaux sont devenus incontournables

Les internautes acceptent l’exploitation de leurs données personnelles, par passivité et en échange de contreparties


2. ter (dans la colonne de gauche, on désigne les thèmes relevés dans le tableau)




Doc. 1

Doc. 2

Doc. 3

Doc. 4

L’intimité et la publicité ont toujours été mêlées

Depuis l’apparition d’Internet, l’intime et le public se fondent dans l’extime

Internet permet aux amateurs de s’exprimer leur personnalité et d’accéder à des services gratuits

Mais l’expression de l’intimité peut conduire à l’exhibition, au détournement de données personnelles


L’intime n’a jamais été complètement séparé du public

L’intime envahit la sphère publique mais, parallèlement, la portée de la parole publique se restreint

Sur les réseaux sociaux, c’est « l’extime » qui domine : un mélange d’intime et de public

La variété des supports numériques facilite l’expression des points de vue publics des amateurs mêlant émotion et compétences personnelles


Les internautes mettent de plus en plus d’informations personnelles en ligne mais ont de plus en plus de mal à contrôler l’usage qui est fait de leur intimité

L’ « extimité » a toujours existé mais prend une dimension nouvelle sur les réseaux sociaux

Les jeunes prennent conscience des conséquences parfois graves d’une trop grande exposition de leur intimité sur Internet

On peut fréquenter les réseaux sociaux en couple

Sur les réseaux sociaux, on peut révéler beaucoup d’informations sur soi mais aussi sur les autres

On n’est pas entièrement maître des informations qui circulent sur son compte sur Internet

Au sein d’un couple, la révélation d’informations sur Internet peut poser problème : le rapport à l’intimité est très personnel

Les internautes ont le sentiment d’être surveillés par le biais des réseaux sociaux

L’exploitation des données personnelles en ligne est devenue un véritable enjeu économique

Les internautes sont sensibles à la préservation de leur intimité mais l’exposent de plus en plus

L’injonction à s’exposer sur les réseaux sociaux est très forte

Les réseaux sociaux sont devenus incontournables

Les internautes acceptent l’exploitation de leurs données personnelles, par passivité et en échange de contreparties


3. Précision de la problématique et plan

Problématique :

Dans quelle mesure Internet a-t-il changé la perception de ce qui relève de l’intimité ?

Plan :

I. L’extime, une conséquence des bouleversements liés à Internet

  1. L’intime et le public n’ont jamais été fondamentalement séparés

  2. Internet entraîne un mélange plus étroit de l’intime et du public : l’extime

II. Les motivations et les inquiétudes des internautes



  1. L’exposition de soi est sur Internet est devenue incontournable

  2. La trop grande diffusion des données personnelles suscite des dérives et des inquiétudes

Le développement d’Internet a entraîné des bouleversements considérables dans le domaine des technologies aussi bien que dans l’économie. Mais, en tant qu’outil de communication, Internet a aussi modifié la vie personnelle de ses utilisateurs, surtout depuis l’apparition des réseaux sociaux. C’est ce qui a conduit les journalistes et les sociologues à se pencher sur le sujet, en insistant particulièrement sur le rôle d’Internet dans l’intimité de la vie de ses usagers. Dans un dessin publié par Le Monde le 3 juin 2007, le dessinateur Pessin mettait en exergue les problèmes posés par la diffusion sur Internet d’informations personnelles. Le journaliste Philippe Lemoine se demandait quant à lui, en titre d’un article concernant les usagers des réseaux sociaux publié par Ouest-France le 6 février 2009, « Pourquoi étalent-ils leur intimité sur Internet ? ». Tout en soulignant les nombreux problèmes posés par la révélation d’une part d’intimité sur Internet, la journaliste Manon Quinti apportait certains éléments de réponse à cette question dans un article de L’Express du 26 mars 2012 intitulé « Vouloir protéger sa vie privée sur Internet, c’est ringard ». Un livre sociologique de Patrice Flichy, Le Sacre de l’amateur, sous-titré Sociologie des passions ordinaires à l’ère numérique, publié au Seuil, avait entretemps, en 2010, lui aussi contribué à éclaircir ce qui poussait les internautes à livrer autant de détails sur leur vie intime. Tous ces auteurs se demandent, en fait, dans quelle mesure Internet a modifié notre conception de l’intime. Ils tentent de répondre à cette question en recourant, plus ou moins explicitement, à la notion d’ « extime » et en étudiant par ailleurs les motivations et les inquiétudes des internautes concernant la diffusion de données personnelles les concernant.

Internet a-t-il marqué une césure dans l’histoire de notre conception de l’intimité ? Rien n’est moins sûr a priori. P. Flichy rappelle ainsi que le privé et le public n’ont jamais été très clairement distingués. D’après lui, le mélange des deux domaines remonte au moins au début du vingtième siècle, c’est-à-dire à l’invention des moyens de communication modernes de masse, permettant de diffuser des informations rapidement, y compris des informations personnelles concernant l’intimité des individus. Cité par P. Lemoine, le psychanalyste Serge Tisseron abonde dans le même sens : il affirme que le mélange des genres n’est pas lié à la diffusion d’Internet. Les couples eux-mêmes, comme celui que met en scène Pessin dans son dessin, n’ont pas toujours résisté à la tentation de révéler au public une partie de leur intimité. Est-ce à dire qu’Internet n’aurait pas eu la moindre conséquence dans le domaine de la vie intime de ses utilisateurs ?

C’est en fait loin d’être le cas. Avec ce nouveau média, le mélange de privé et de public est devenu de plus en plus étroit. Pessin le montre bien en évoquant un couple révélant sur Internet des informations sur son intimité. Les deux journalistes aboutissent eux aussi à la même conclusion. M. Quinti constate que les réseaux sociaux sont devenus incontournables et que l’exhibition de leur intimité est d’une grande banalité pour la plupart des internautes. P. Lemoine va dans le même sens : il explique que le mélange entre vie privée et vie publique a abouti à l’ « extime », un intime en fait tourné vers l’extérieur, montré plutôt que caché. Le concept d’extime a aussi été repris par P. Flichy dans son Sacre de l’amateur de 2010 pour décrire l’interpénétration entre ce qu’on montre et ce qu’on cache de sa vie sur les réseaux sociaux. Tous les auteurs qui se sont penchés sur le phénomène semblent donc d’accord : les usagers d’Internet révèlent une part toujours plus grande de leur intimité sur les réseaux sociaux. Reste à expliquer pourquoi et à étudier les conséquences de cette évolution.

Si les contemporains se livrent de plus en plus intimement sur Internet, c’est qu’ils y trouvent leur compte. M. Quinti souligne que la plupart des gens ont un rapport passif à Internet et se laissent entraîner, sans forcément s’en rendre compte, à fournir sur eux-mêmes de plus en plus de données, penchant naturel encouragé par l’omniprésence des réseaux sociaux. La journaliste reconnaît cependant que les internautes accèdent en contrepartie à des nombreux services gratuits sur Internet. Elle admet aussi que certains sites peuvent permettre à leurs utilisateurs de cultiver leurs hobbys, voire de s’ouvrir sur le monde. P. Flichy souligne, lui aussi, tout le bénéfice qu’un individu peut tirer d’une utilisation intelligente d’Internet. D’après le sociologue, si les gens se livrent autant sur Internet, c’est tout simplement parce qu’ils en retirent du plaisir : faire part de leur opinion personnelle, mais en se fondant sur une certaine expertise, agir en tant qu’amateurs éclairés leur apporte une grande satisfaction. L’extime ne se réduit donc pas, d’après Le Sacre de l’amateur à un désir d’exhibition mais peut s’expliquer par un désir de communiquer sur soi, mais avec les autres, dans un espace intermédiaire entre le privé et le public.

Le développement des sites Internet requérant une exposition toujours plus grande des participants n’a cependant pas que des conséquences positives. M. Quinty insiste sur le caractère parfois pesant de l’injonction à en raconter toujours plus sur soi-même. On en vient souvent à révéler sur ses proches des détails qu’ils préféreraient garder secret, comme le montre le dessin de Pessin dans lequel la femme a manifestement tendance à en dire sur son mari plus que ce que celui-ci serait prêt à accepter. Et l’on peut noter que la femme nie à son mari tout contrôle sur les informations qu’elle a l’intention de révéler le concernant. De fait, les internautes ont de plus en plus de mal à garder le contrôle des nombreuses données qu’ils acceptent de communiquer : P. Lemoine et M. Quinti sont d’accord à ce sujet. La journaliste de L’Express va plus loin : elle affirme que les usagers d’Internet n’ont pas seulement l’impression de perdre le contrôle sur la partie intime de leur vie qu’ils ont acceptée d’exposer, ils se sentent aussi surveillés. Les données personnelles mises en ligne peuvent en effet, d’après M. Quinti, faire l’objet d’un suivi à fin d’exploitation commerciale. Elles peuvent aussi, selon P. Lemoine, être utilisées par un employeur potentiel pour rejeter une candidature à un entretien d’embauche. Les deux journalistes soulignent cependant que les utilisateurs d’Internet sont de plus en plus méfiants et essayent sur Internet de préserver ce qui peut l’être de leur vie privée, à l’image du mari du couple dessiné par Pessin.

L’extime semble donc l’avoir définitivement emporté grâce aux réseaux sociaux, mettant fin à une séparation de toute façon artificielle entre le privé et le public. Mais l’excès d’exposition sur Internet pourrait paradoxalement susciter en retour à une plus grande mesure dans ce domaine.

La version ci-dessous de la rédaction fait apparaître en couleur les références aux différents documents. Il faut s’efforcer de citer, si possible, chaque document au moins une fois par partie, si ce n’est pas sous-partie.

Le développement d’Internet a entraîné des bouleversements considérables dans le domaine des technologies aussi bien que dans l’économie. Mais, en tant qu’outil de communication, Internet a aussi modifié la vie personnelle de ses utilisateurs, surtout depuis l’apparition des réseaux sociaux. C’est ce qui a conduit les journalistes et les sociologues à se pencher sur le sujet, en insistant particulièrement sur le rôle d’Internet dans l’intimité de la vie de ses usagers. Dans un dessin publié par Le Monde le 3 juin 2007, le dessinateur Pessin mettait en exergue les problèmes posés par la diffusion sur Internet d’informations personnelles. Le journaliste Philippe Lemoine se demandait quant à lui, en titre d’un article concernant les usagers des réseaux sociaux publié par Ouest-France le 6 février 2009, « Pourquoi étalent-ils leur intimité sur Internet ? ». Tout en soulignant les nombreux problèmes posés par la révélation d’une part d’intimité sur Internet, la journaliste Manon Quinti apportait certains éléments de réponse à cette question dans un article de L’Express du 26 mars 2012 intitulé « Vouloir protéger sa vie privée sur Internet, c’est ringard ». Un livre sociologique de Patrice Flichy, Le Sacre de l’amateur, sous-titré Sociologie des passions ordinaires à l’ère numérique, publié au Seuil, avait entretemps, en 2010, lui aussi contribué à éclaircir ce qui poussait les internautes à livrer autant de détails sur leur vie intime. Tous ces auteurs se demandent, en fait, dans quelle mesure Internet a modifié notre conception de l’intime. Ils tentent de répondre à cette question en recourant, plus ou moins explicitement, à la notion d’ « extime » et en étudiant par ailleurs les motivations et les inquiétudes des internautes concernant la diffusion de données personnelles les concernant.

Internet a-t-il marqué une césure dans l’histoire de notre conception de l’intimité ? Rien n’est moins sûr a priori. P. Flichy rappelle ainsi que le privé et le public n’ont jamais été très clairement distingués. D’après lui, le mélange des deux domaines remonte au moins au début du vingtième siècle, c’est-à-dire à l’invention des moyens de communication modernes de masse, permettant de diffuser des informations rapidement, y compris des informations personnelles concernant l’intimité des individus. Cité par P. Lemoine, le psychanalyste Serge Tisseron abonde dans le même sens : il affirme que le mélange des genres n’est pas lié à la diffusion d’Internet. Les couples eux-mêmes, comme celui que met en scène Pessin dans son dessin, n’ont pas toujours résisté à la tentation de révéler au public une partie de leur intimité. Est-ce à dire qu’Internet n’aurait pas eu la moindre conséquence dans le domaine de la vie intime de ses utilisateurs ?

C’est en fait loin d’être le cas. Avec ce nouveau média, le mélange de privé et de public est devenu de plus en plus étroit. Pessin le montre bien en évoquant un couple révélant sur Internet des informations sur son intimité. Les deux journalistes aboutissent eux aussi à la même conclusion. M. Quinti constate que les réseaux sociaux sont devenus incontournables et que l’exhibition de leur intimité est d’une grande banalité pour la plupart des internautes. P. Lemoine va dans le même sens : il explique que le mélange entre vie privée et vie publique a abouti à l’ « extime », un intime en fait tourné vers l’extérieur, montré plutôt que caché. Le concept d’extime a aussi été repris par P. Flichy dans son Sacre de l’amateur de 2010 pour décrire l’interpénétration entre ce qu’on montre et ce qu’on cache de sa vie sur les réseaux sociaux. Tous les auteurs qui se sont penchés sur le phénomène semblent donc d’accord : les usagers d’Internet révèlent une part toujours plus grande de leur intimité sur les réseaux sociaux. Reste à expliquer pourquoi et à étudier les conséquences de cette évolution.

Si les contemporains se livrent de plus en plus intimement sur Internet, c’est qu’ils y trouvent leur compte. M. Quinti souligne que la plupart des gens ont un rapport passif à Internet et se laissent entraîner, sans forcément s’en rendre compte, à fournir sur eux-mêmes de plus en plus de données, penchant naturel encouragé par l’omniprésence des réseaux sociaux. La journaliste reconnaît cependant que les internautes accèdent en contrepartie à des nombreux services gratuits sur Internet. Elle admet aussi que certains sites peuvent permettre à leurs utilisateurs de cultiver leurs hobbys, voire de s’ouvrir sur le monde. P. Flichy souligne, lui aussi, tout le bénéfice qu’un individu peut tirer d’une utilisation intelligente d’Internet. D’après le sociologue, si les gens se livrent autant sur Internet, c’est tout simplement parce qu’ils en retirent du plaisir : faire part de leur opinion personnelle, mais en se fondant sur une certaine expertise, agir en tant qu’amateurs éclairés leur apporte une grande satisfaction. L’extime ne se réduit donc pas, d’après Le Sacre de l’amateur à un désir d’exhibition mais peut s’expliquer par un désir de communiquer sur soi, mais avec les autres, dans un espace intermédiaire entre le privé et le public.

Le développement des sites Internet requérant une exposition toujours plus grande des participants n’a cependant pas que des conséquences positives. M. Quinty insiste sur le caractère parfois pesant de l’injonction à en raconter toujours plus sur soi-même. On en vient souvent à révéler sur ses proches des détails qu’ils préféreraient garder secret, comme le montre le dessin de Pessin dans lequel la femme a manifestement tendance à en dire sur son mari plus que ce que celui-ci serait prêt à accepter. Et l’on peut noter que la femme nie à son mari tout contrôle sur les informations qu’elle a l’intention de révéler le concernant. De fait, les internautes ont de plus en plus de mal à garder le contrôle des nombreuses données qu’ils acceptent de communiquer : P. Lemoine et M. Quinti sont d’accord à ce sujet. La journaliste de L’Express va plus loin : elle affirme que les usagers d’Internet n’ont pas seulement l’impression de perdre le contrôle sur la partie intime de leur vie qu’ils ont acceptée d’exposer, ils se sentent aussi surveillés. Les données personnelles mises en ligne peuvent en effet, d’après M. Quinti, faire l’objet d’un suivi à fin d’exploitation commerciale. Elles peuvent aussi, selon P. Lemoine, être utilisées par un employeur potentiel pour rejeter une candidature à un entretien d’embauche. Les deux journalistes soulignent cependant que les utilisateurs d’Internet sont de plus en plus méfiants et essayent sur Internet de préserver ce qui peut l’être de leur vie privée, à l’image du mari du couple dessiné par Pessin.

L’extime semble donc l’avoir définitivement emporté grâce aux réseaux sociaux, mettant fin à une séparation de toute façon artificielle entre le privé et le public. Mais l’excès d’exposition sur Internet pourrait paradoxalement susciter en retour à une plus grande mesure dans ce domaine.

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