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Histoire 1ères générales Thème 5 : Les Français et la République

Question : La République, trois républiques



Sauf mention contraire, tous les documents cités proviennent du manuel d'Histoire 1e Hachette Istra, sous la direction de Pascal Zachary, 2011
Introduction : Depuis la Révolution française, nombreux sont les hommes politiques français à la recherche d'un système politique stable, pérenne, capable d'être accepté par la plus grande majorité des Français. Cette recherche explique la multitude de régimes que connaît le pays à partir de 1789 : monarchies, empires, républiques, tous plus ou moins libéraux et/ou autoritaires, se succèdent jusqu'à la chute du Second Empire, le 4 septembre 1870. Est alors fait le choix d'un nouveau régime, républicain, qui apparaît pourtant très contesté, non seulement à cause de l'opposition nette d'une partie de la classe politique monarchiste ou bonapartiste, mais aussi à cause de la division entre les républicains eux-mêmes. Les premières années de la IIIe République sont donc des années de questionnement et de combat pour les républicains, qui doivent définir ce qu'est pour eux la République afin d'assurer le fonctionnement de ses institutions et d'éviter qu'elle ne disparaisse.

Progressivement, une idée clé se met en place : en France, seule la République peut incarner la démocratie (définir ici les deux termes pour montrer qu'ils ne se recoupent pas, ceux-ci servent de fil conducteur à l'ensemble de la leçon). La victoire de la République est donc aussi celle de la démocratie, ce qui explique que, depuis 1870, ce système politique n'a véritablement été remis en cause qu'une seule fois, entre 1940 et 1944. Cependant, la République n'est pas figée : trois systèmes successifs (IIIe, IVe et Ve Républiques) ont été appliqués en France en un siècle et demi, ce qui montre bien l'importance des débats politiques, encore présents aujourd'hui, autour des valeurs de la République et de la démocratie.
Problématique : Comment la naissance de trois républiques différentes montre-t-elle la vitalité et les débats traversant l'idée de République en France depuis 1880 ?

I/ La IIIe République et l'enracinement de la culture républicaine dans les années 1880-1890

A/ Les valeurs de la République et leur diffusion

B/ Les valeurs de la République face à l'affaire Dreyfus
II/ Remises en cause et refondation de la République lors de la Seconde Guerre mondiale 1940-1946

A/ Le régime de Vichy, un système antirépublicain et antidémocratique

B/ La Résistance : réaffirmation et victoire de l'idéal républicain
III/ Stabiliser la République, les institutions de la Ve République

A/Entre crise et renouveau républicain : 1958 et la naissance de la Ve République

B/ Une présidentialisation accrue, la réforme de 1962




I/ La IIIe République et l'enracinement de la culture républicaine dans les années 1880-1890
Même si la IIIe République naît officiellement le 4 septembre 1870, elle ne fonctionne pas réellement avant 1875. Les années 1880-1890 apparaissent en fait comme une véritable période de consolidation des institutions et des valeurs de la République qui se construisent progressivement.

A/ Les valeurs de la République et leur diffusion
Vers 1880, la République n'est pas acceptée par tous en France : des monarchistes favorables au retour d'un roi, les royalistes, ou d'un empereur, les bonapartistes, espèrent toujours un changement de système politique, même s'ils jouent le jeu républicain et participent aux élections. Leur influence est importante, que ce soit géographiquement (notamment dans le grand Ouest) ou politiquement (entre 1875 et 1879, le président de la République Mac-Mahon est monarchiste).

Parallèlement, si les républicains sont majoritaires, ils sont divisés en de nombreuses familles qui s'opposent souvent (socialistes, radicaux, républicains modérés,...) car ils ne partagent pas forcément la même vision de la République. Pourtant, ils ont en commun un certain nombre de valeurs qui s'opposent à celle des royalistes ou bonapartistes.


Etude de documents - "Discours de Léon Gambetta, 9 octobre 1877", in V. Duclert, La République imaginée (1870-1914), Belin, 2010, p. 150-151 (voir annexes) et "L'instruction civique", in Manuel Histoire 1e Nathan (Le Quintrec), doc. 5 p. 305 (voir annexes)
Définissez les valeurs défendues par les républicains et montrez qu'elles sont concrètement mises en œuvre.
Plusieurs idées sont ici à mettre en avant par les élèves :

  • le suffrage universel (masculin) qui donne la souveraineté au peuple (et non à un roi ou à un empereur) et qui est ici la composante principale de la démocratie ;

  • l'égalité civile ;

  • la diffusion du débat politique dans toute la société ;

  • tous ces éléments entraînent une forte stabilité politique et empêchent un retour à d'autres régimes.


Traduction concrète : égalité civile par exemple présente à la fois dans le service militaire obligatoire et commun et dans l'accès à l'école gratuite et obligatoire ; aspect nationaliste (défense de la Patrie), en partie revanchard, de la République, ainsi que sa glorification constante = République et patrie sont confondues.







Dans les années 1880, les républicains s'emploient alors à diffuser leurs valeurs à l'ensemble de la société française : pour eux, la République doit permettre d'implanter la démocratie sur tout le territoire français.

Une véritable culture républicaine se met donc en place dans les années 1880 : elle combine des lieux (mairie, école), des symboles (Marianne, le drapeau tricolore), des gestes (chanter la Marseillaise), des fêtes (la célébration du 14 juillet) visant à enraciner les valeurs et le système républicain en France.

Celui-ci s'impose donc rapidement, entraînant un déclin réel des mouvements monarchistes au début des années 1890.
B/ Les valeurs de la République face à l'affaire Dreyfus
Cependant, à partir de 1894, les valeurs républicaines sont remises en cause par l'Affaire Dreyfus. (Rappeler les grandes étapes de l'Affaire, par exemple à partir d'une chronologie comme le document 1 p. 328 in Manuel Histoire 1e Hachette Education).


Etude de documents - "Une de la Libre Parole du 10 novembre 1894", doc. 3 p.328 et"Les dreyfusards ", selon O. Mirbeau le 23 octobre 1898, doc. 6 p.329

Analysez les deux documents afin de montrer que l’affaire Dreyfus constitue une remise en cause forte des valeurs de la République que celle-ci parvient cependant à surmonter.

Il s'agit de montrer la virulence de l'antisémitisme porté par une partie de l'opinion publique (la plupart des antidreyfusards partagent ce rejet), remettant en cause les valeurs universalistes de la République. On attend des élèves qu'ils repèrent :

  • le vocabulaire employé : Judas (contraire aux valeurs laïques évoquées précédemment par les républicains), traître, La France aux Français.

  • la revendication de l'antisémitisme (livres de Drumont à gauche).

  • Caricature du juif apatride et germanophile.

  • Composition générale : Drumont jetant Dreyfus aux égouts ce qui permet de laver l'honneur bafoué de l'armée et entraîne une aube nouvelle.


O. Mirbeau, lui, réaffirme avec force les valeurs de la République : liberté (4 mentions), démocratie, égalité et surtout fraternité permettant de dépasser les distinctions sociales derrière la bannière républicaine.


Remises en cause par les antidreyfusards, les valeurs républicaines sont réaffirmées par les dreyfusards, qui représentent en fait toutes les tendances au sein des républicains : ceux-ci réussissent, malgré leur diversité politique, à créer un front uni. La création au plus fort de la crise, en 1898, de la Ligue des droits de l’homme et du citoyen participe de ce renforcement en inscrivant clairement la République dans son héritage révolutionnaire. La victoire finale des dreyfusards en 1906 permet finalement un renforcement de la République, car la réhabilitation de Dreyfus est une victoire des valeurs démocratiques et non des valeurs réactionnaires portées par les antidreyfusards.
Transition : Ainsi, l'affaire Dreyfus et la réhabilitation du capitaine marquent une victoire des valeurs républicaines en France. Celles-ci sont à nouveau mises en danger par la guerre en 1914, mais la résistance des institutions montre que démocratie et culture républicaine sont alors bien ancrées dans la vie politique française. De plus face aux troubles qui agitent l'Europe de l'entre-deux-guerres la République fait face. La France, contrairement à certains de ses voisins tels l'Italie, l'Allemagne ou l'Espagne, ne bascule pas dans un régime autoritaire. La démocratie, difficilement, se maintient, preuve de l'imprégnation de la culture républicaine.

II/ Remises en cause et refondation de la République lors de la Seconde Guerre mondiale
Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939 donne l'occasion aux ennemis de la République d'abattre celle-ci en profitant de la victoire allemande de juin 1940. Malgré le choc de cette défaite initiale, progressivement la Résistance s'organise pour la défense de la patrie et, le plus souvent, des idéaux républicains.
A/ Le régime de Vichy, un système antirépublicain et antidémocratique.
Lorsque la guerre est déclarée en septembre 1939 le gouvernement comme l'état-major font le choix de l'attentisme. En mai 1940 Hitler déclenche la blitzkrieg et en quelques semaines c'est la déroute d'une armée dont les chefs n'ont, le plus souvent, rien compris aux nouvelles stratégies militaires à l'œuvre. Le 22 juin est ratifié l'armistice réclamé cinq jours plus tôt par le nouveau chef du gouvernement, le Maréchal Pétain. qui obtient, légalement, les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940 par un vote du Parlement. C'est la fin de la IIIe République, le nouveau régime mis en place est autoritaire et personnel articulé autour du nouveau chef de l'Etat français, Pétain, qui entame une politique de collaboration active avec l'Allemagne nazie avec l'appui notamment de personnages tels Pierre Laval.

Pétain prétend régénérer la France en instaurant ce que l'on nomme la Révolution nationale.


Etude de document - "Affiche de propagande par R. Vachet", document 1 p. 330
Analysez le document pour montrer quels sont les responsables de la défaite désignés par le régime de Vichy et dégagez les caractères essentiels de celui-ci montrant sa nature antirépublicaine.
Présentation par le professeur : insister sur nature (affiche de propagande) et rappeler qu'il ne s'agit pas d'une affiche officielle, contrairement à ce qui est parfois sous-entendu dans certains manuels, mais qu'elle transmet l'idéologie de Vichy et peut servir à mettre en avant le caractère antidémocratique du régime.

Objectif de l'affiche : désigner les coupables de la défaite par un amalgame permanent. Tout ce qui est rejeté par Vichy, au nom de la "révolution nationale" est présenté de manière anarchique et branlante : les ouvriers sont associés au pastis, à l'alcoolisme et la paresse, les juifs au capitalisme, à la spéculation et l'avarice, de même que la franc-maçonnerie. On retrouve ainsi les clichés racistes, antisémites de l'extrême droite du côté gauche du tableau. A l'inverse les valeurs mises en avant par Vichy sont présentées à droite et de manière très lisible : l'armée et l'Eglise doivent former les piliers de la révolution nationale, de même que les paysans ("la terre, elle ne ment pas"), les artisans et les familles nombreuses.
La défaite est présentée aux Français comme l'aboutissement de la décadence de la France sous la IIIe République et au-delà depuis la Révolution française, dont Vichy entend saper les fondements, cf. la substitution à la devise Liberté, Egalité, Fraternité, celle de travail, famille, patrie. Il s'agit pour Vichy de remettre de l'ordre dans le pays par la révolution nationale et de transformer la société en inculquant aux Français les "vraies valeurs" :

  • Le travail : Les grèves et syndicats sont interdits et on insiste sur la notion de discipline dans le travail : travail manuel ("artisanat") et travail de la terre ("paysannerie") sont glorifiés.

  • La famille : Elle tient une place importante et est placée au centre. Elle est considérée par Pétain comme la cellule de base de la nouvelle France. Il faut favoriser les familles nombreuses (avantages financiers). Le père y tient le rôle de chef et la femme est glorifiée dans son rôle de mère au foyer. La jeunesse doit être éduquée dans une École libérée des influences des instituteurs républicains (épuration dans l'enseignement) et est encadrée dans des organisations de jeunesse (scoutisme, compagnons de France,...)

  • La patrie : le patriotisme ne peut s'étendre sans les vertus que sont la discipline, l'ordre. La Légion des Combattants (créée en août 1940 par Vallat et composée des Anciens combattants) prétend diffuser ses valeurs.

 



Obsédés par la volonté d’écarter ce qu’ils appellent l’« anti-France » et, pour certains, par la volonté de servir le Reich, le gouvernement de Vichy met en place une répression systématique dans la zone qu'il contrôle, répression qui s’accroît à mesure que le régime s’avère incapable de répondre aux attentes quotidiennes des Français et qu’une partie croissante de ceux-ci bascule dans l’attentisme, l’indifférence voire, pour une minorité, dans l’hostilité revendiqué. La popularité du régime est rapidement affectée, mais c’est l’occupation de la zone sud en novembre 1942 par l'Allemagne, puis la mise en place du STO en janvier 1943 qui accélèrent la désaffection et permettent parallèlement la montée de la Résistance contre l’Allemagne et les collaborateurs.
B/La Résistance : réaffirmation et victoire de l'idéal républicain.
En 1940, les Français sont dans leur grande majorité totalement abasourdis par l'ampleur de la défaite initiale et l'idée de continuer le combat contre l'Allemagne est extrêmement minoritaire. L'appel à la continuation des combats par de Gaulle le 18 juin 1940 n'obtient d'ailleurs qu'un écho très limité.

Pourtant devant le durcissement et l'échec de Vichy, l'entrée en guerre de l'URSS puis des États-Unis en 1941 et les premières victoires alliées en 1942-1943, une partie des Français s'engage activement dans la Résistance. Dans la clandestinité des maquis ou à l'extérieur de la métropole dans les FFL, un ensemble de mouvements extrêmement disparates (politiquement et sociologiquement) tente de relever le pays au nom de valeurs communes : la défense de la patrie et, le plus souvent, de la République.
Dès 1941, de Gaulle tente de renforcer la coopération avec les différents groupes opérant en France. C’est cependant le parachutage de Jean Moulin en janvier 1942 qui marque le réel début de l’unification des groupes combattants et des mouvements. C’est une tâche extrêmement complexe tant les divergences, voire les oppositions politiques et parfois les ambitions personnelles sont intenses. Il parvient à unifier les trois principaux mouvements de la zone sud : Combat, Libération-Sud et franc-tireur dans les Mouvements Unis de Résistance qui se dotent d’une structure militaire commune, l’Armée Secrète (90 000 hommes), commandée depuis Londres. La mission de Moulin est élargie en février 1943 date à laquelle il est chargé de mettre sur pied une instance politique : le Conseil National de la Résistance.


Etude de documents - "Extraits du programme du CNR" et "Ordonnance du 4 octobre 1945 créant la Sécurité sociale", document 2 et 4 p. 343
Montrez que le programme du CNR et son application à la Libération s'inscrivent dans l'affirmation et l'approfondissement des valeurs républicaines.


  • rétablissement du suffrage universel ;

  • réaffirmation des valeurs de liberté et d'égalité, des libertés et droits individuels (presse, association, ..), solidarité et fraternité ;

  • mise en place d'une démocratie économique et sociale incarnée notamment par la Sécurité sociale (créer de la confiance, baliser les parcours professionnels, éviter les déboires que les dysfonctionnements des années 1930 avaient entraînés) et le principe des nationalisations ;

  • Vichy : repoussoir absolu par la négation des valeurs républicaines qu'il a incarné.





La création du Conseil National de la Résistance, dont la portée va largement au-delà de la lutte armée, correspond à la volonté de rebâtir la France sur des bases démocratiques et républicaines réaffirmées et renouvelées. Mais cela permet également de faire de de Gaulle le fédérateur de toutes les résistances et accroît sa légitimité auprès des Français comme des Alliés. C'est d'autant plus vrai que la Résistance, intérieure -les FFI- comme extérieure -les FFL-, participe grandement à la Libération du territoire national et à la défaite de l'Allemagne nazie.
Le rétablissement de la légalité républicaine s'opère difficilement et progressivement dès l'été 1944. Le GPRF, créé par de Gaulle le 3 juin 1944, s'appuie sur les principaux partis politiques issus de la Résistance : SFIO, PCF et MRP. Ces forces politiques sont marquées par une très forte dimension sociale qui atteste de la domination des idées de gauche au sortir de la Seconde Guerre mondiale : les forces du Tripartisme représentent alors près de 75% des électeurs et plus des 3/4 des sièges à l'Assemblée. La droite classique s'est effondrée (à peine 15 % de l'électorat), discréditée par une trop grande proximité avec le régime de Vichy. Les tensions sont cependant importantes entre les forces politiques dominantes et notamment entre de Gaulle et le Tripartisme qui s'opposent sur la nature de la future République, ce qui entraîne la démission de de Gaulle le 20 janvier 1946. Finalement le 13 octobre 1946, à la suite d'interminables débats, les Français approuvent, de justesse, par référendum, la création de la IVe République. Cela permet de clore l'incertitude institutionnelle qui régnait depuis plus de deux ans.
Transition : La IVe République prolonge l'action du GPRF en menant à bien la reconstruction du pays. Elle opère des choix décisifs pour le positionnement de la France en Europe et dans le monde : choix de l'alliance avec les Etats-Unis dès 1947 dans le contexte de guerre froide, rôle moteur dans les premières étapes de la construction européenne 1952 (CECA et CEE en 1957). Cependant, la très forte instabilité gouvernementale et son incapacité à résoudre les problèmes de la décolonisation, notamment en Algérie, amènent à son échec définitif en 1958.
III/ Stabiliser la République, les institutions de la Ve République 1958-1962
En 1958, l'idée républicaine a fait la preuve de sa capacité à fédérer les Français, mais l'impuissance de la IVe République à se doter d'un gouvernement capable de faire face aux problèmes majeurs du pays entraîne une crise qui menace les fondements institutionnels.
A/ De la crise au renouveau républicain mai-octobre 1958.
Présenter les caractéristiques de la crise de mai par un récit magistral ou l’appui d’une vidéo : (Archives INA) : 03 min : http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/epoques/video/CAA88018517/le-13-mai-1958.fr.html
La crise du 13 mai 1958 entraîne le retour de de Gaulle au pouvoir qui souhaite doter la France d'une nouvelle constitution. Contrairement à la tradition républicaine, aucune Assemblée constituante n'est élue. De Gaulle charge un groupe de juristes et de représentants des partis politiques, sous la direction de Michel Debré, de rédiger un projet de constitution (en s'appuyant sur les idées politiques exprimées notamment dans le discours de Bayeux du 16 juin 1946). Le projet est mené à bien rapidement à l'été 1958 mais il entraîne de fortes critiques. Certains hommes politiques voient dans cette pratique un risque de dérive antirépublicaine et antidémocratique. Pour contrer ces critiques le général de Gaulle présente aux Français le projet de Constitution le 4 septembre 1958 :

Étude d'un document - "Discours de de Gaulle le 4 septembre 1958, place de la République."
Vidéo (Archives INA) Les Actualités Françaises - 10/09/1958 - 02min53s :

http://www.ina.fr/politique/allocutions-discours/video/AFE85007994/de-gaulle-presente-la-constitution-place-de-la-republique.fr.html
Relevez les caractéristiques essentielles de la constitution nouvelle telle qu'ici présentée.
On attend notamment les idées suivantes : légalité de la Constitution ; soumission au peuple ; chef de l'Etat =arbitre national élu par les élus, fort, détenteur de l’exécutif, garant des institutions ; un gouvernement stable ; Parlement représentatif ; volonté d'un nouvel équilibre entre pouvoirs exécutif et législatif contre l'immobilisme ; indépendance du gouvernement vis à vis des partis politiques (exécutif n’émane pas du législatif) ; travail sur les symboles (date, lieu, mise en scène)



Le projet est soumis par référendum au peuple qui l’approuve massivement le 28 septembre 1958 (80 %, aucun département n'a voté oui à moins de 60 %). Cette rapidité et l’importance du soutien populaire tranchent totalement avec les conditions de mise en place de la IVe, elles confèrent dès le début une importante légitimité aux nouvelles institutions. De Gaulle est élu président de la République, le premier de la Ve, le 21 décembre 1958 par 80 000 élus. Il a une lecture très présidentialiste de la constitution, encore accrue par l'adoption d'une réforme fondamentale en 1962.
B/ Une présidentialisation accrue, la réforme d'octobre 1962.


Étude de documents - " Extrait de la déclaration de de Gaulle du 4 octobre 1962"et "Discours de G. Monnerville du 9 octobre 1962", documents 4 p. 337 et 1 p. 345
Montrez que ces deux documents présentent deux visions différentes de la République.


  • Identification du projet, arguments et moyens utilisés pour défendre le projet : élection président de la République au suffrage universel direct, adresse directe au peuple, dramatisation, jeu sur charisme personnel, insistance sur dimension démocratique.

  • Principales craintes et critiques (contre l'élection du président de la République au suufrage universel direct) : personnalisation excessive, confusion des pouvoirs, fin de l'équilibre recherché par 1958, risque de tyrannie et abolition de la démocratie.






Le projet gaullien d'élection au suffrage universel direct heurte les pratiques instituées depuis les débuts de la IIIe République, marqués par le souvenir de 1848 et 1851. L'opposition au projet est extrêmement fort et le gouvernement est confronté à une motion de censure votée, le 4 octobre, par l'Assemblée nationale qui amène le président de la République à la dissoudre (art.12), et à convoquer non seulement le référendum mais, dans la foulée, de nouvelles élections législatives. La réforme est finalement adoptée par les Français le 28 octobre. Le résultat est largement favorable au président de la République, 62 % de oui, et la nouvelle Assemblée élue les 18 et 25 novembre voit une domination renforcée de la majorité présidentielle. (UNR-UDT)


Document à commenter avec les élèves : décryptage du schéma institutionnel axé autour des pouvoirs du président : art. 8, 11, 12 et 16 notamment. Document 2 p. 345

La réforme du 28 octobre est un tournant majeur car elle fait, encore plus qu'auparavant, du président de la République la clé de voûte des institutions et de la vie politique françaises. Cela renforce la dénonciation d’une "République monarchique". L'élection présidentielle devient l'élection phare autour de laquelle s'organise toute la vie politique nationale.
Conclusion : La Ve République présente un visage institutionnel original, hérité cependant de plus d'un siècle de débats et confrontations politiques. Ce n'est ni vraiment un régime présidentiel, ni un régime parlementaire, mais la pratique du chef de l'Etat induit une oscillation entre ces deux aspects (régime semi-présidentiel) dans un cadre républicain et démocratique. D'autres réformes constitutionnelles ont été votées depuis 1962 dont la plus récente en juillet 2008, signe que les débats sont toujours d'actualité.

Annexes

"Comment ne voyez-vous pas qu'avec le suffrage universel, si on le laisse librement fonctionner, si on respecte, quand il s'est prononcé, son indépendance et l'autorité de ses décisions, - comment ne voyez-vous pas, dis-je, que vous avez là un moyen de terminer pacifiquement tous les conflits, de dénouer toutes les crises, et que, si le suffrage universel fonctionne dans la plénitude de sa souveraineté, il n'y a plus de révolution possible, parce qu'il n'y a plus de révolution à tenter, plus de coup d'État à redouter quand la France a parlé? («Très bien ! Très bien ! » — Applaudissements.) [...]

C'est que, pour notre société, arrachée pour toujours - entendez-le bien - au sol de l'ancien régime, pour notre société passionnément égalitaire et démocratique, pour notre société qu'on ne fera pas renoncer aux conquêtes de 1789, sanctionnées par la Révolution française, il n'y a pas véritablement, il ne peut plus y avoir de stabilité, d'ordre, de prospérité, de légalité, de pouvoir fort et respecté, de lois majestueusement établies, en dehors de ce suffrage universel dont quelques esprits timides ont l'horreur et la terreur, et, sans pouvoir y réussir, cherchent à restreindre l'efficacité souveraine et la force toute-puissante. [...]

C'est grâce au fonctionnement du suffrage universel, qui permet aux plus humbles, aux plus modestes dans la famille française, de se pénétrer des questions, de s'en enquérir, de les discuter, de devenir véritablement une partie prenante, une partie solidaire dans la société moderne; c'est parce que ce suffrage fournit l'occasion, une excitation à s'occuper de politique, que tous les conservateurs de la République devraient y tenir comme à un instrument de liberté, de progrès, d'apaisement, de concorde. C'est le suffrage universel qui réunit et qui groupe les forces du peuple tout entier, sans distinction de classes ni de nuances dans les opinions."
Discours de Léon Gambetta, 9 octobre 1877, in V. Duclert, La République imaginée (1870-1914), Belin, 2010, p. 150-151.




Chaque chapitre de ce manuel d'instruction civique présente une leçon qui se termine par un résumé des notions essentielles à retenir.

I. Les pouvoirs publics : [...]

Les principes du gouvernement républicain ne sont autres que les principes de 1789, formulés par l'Assemblée constituante dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. [...]

IX. La force publique, l'armée : [...] Résumé :

  1. La force publique se compose de l'armée, de la gendarmerie et de la police.

  2. L'armée de terre est composée de tous les Français valides de 20 à 45 ans. [...]

5. Tout citoyen doit être un bon soldat, soumis à la discipline et fidèle à son drapeau. [...]

X. L'instruction publique : [...]

L'enseignement est, dans les écoles publiques, gratuit, obligatoire et laïque. Le mot laïque s'applique à la fois aux programmes et au personnel. [...] Nous devons principalement le bienfait de l'instruction primaire à la République qui a ouvert les écoles jusque dans les plus petits hameaux. Fréquentons assidûment l'école : elle fera de nous d'honnêtes gens et de bons citoyens. [...]
Charles Dupuy, L'Année du certificat d'études, livret d'instruction civique, Armand Colin, Paris, 1892, in Manuel Histoire 1e Nathan (Le Quintrec), doc. 5 p. 305.





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