Dans la littérature naturaliste (Goncourt, Huysmans, Maupassant, Zola)





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« Comment vivre ensemble » : Communautés de lecteurs

dans la littérature naturaliste (Goncourt, Huysmans, Maupassant, Zola)

Lors du cours intitulé Comment vivre ensemble qu’il tient au Collège de France en 1976-1977, Roland Barthes, par le joli d’idiorrythmie, désigne le fait que chaque individu d’une communauté religieuse, même en y étant intégré, peut vivre à son propre rythme. L’idiorrythmie suppose ainsi une tension entre l’individu et la communauté, entre la solitude et la sociabilité. Barthes définit de la sorte les idiorrythmiques lors de la séance du 9 février 1977 : « groupement peu nombreux et souple de quelques sujets qui essaient de vivre ensemble (non loin les uns des autres), en préservant chacun son rhuthmos. Question : pourquoi se groupent-ils1 ? ». La raison du regroupement des idiorrythmiques, Barthes l’appelle la Cause, avec un C majuscule, le Télos – et cette question de la Cause, je l’interrogerai à travers quelques récits, romans et nouvelles, de la deuxième moitié du xixe siècle. On se souvient que Barthes, dans son cours, mobilise l’exemple de Pot-Bouille et qu’il s’intéresse évidemment, plus largement, à la forme romanesque : les tâtonnements de sa pensée, dit-il au début du cours2, sont passés par des romans. Et « les romans sont des simulations, c’est-à-dire des expérimentations fictives sur un modèle3 » – cette notion de simulation apparaît d’ailleurs dans le sous-titre donné au cours, Simulations romanesques de quelques espaces quotidiens.

C’est ainsi à quelques simulations ou modèles romanesques idiorrythmiques de lecture – et d’écriture – que je vais m’intéresser. Mais pourquoi la deuxième moitié du xixe siècle ? Pour approfondir l’exemple de Pot-Bouille d’une part, et d’autre part parce que le xixe siècle est un siècle important, charnière, a-t-on l’habitude de dire, dans la pratique de la lecture. À l’époque la lecture se démocratise, plus encore qu’au siècle précédent, grâce à la presse populaire, le roman-feuilleton, l’école, l’urbanisation, la multiplication des cabinets de lectures, etc. C’est au xixe siècle véritablement que l’équilibre entre lecture privée et lecture collective bascule en faveur de la première, la lecture pour soi4 ; mais, dans les traditions des siècles précédents, elle se fait aussi à plusieurs dans la rue ou au café, dans des lieux de sociabilité, autour de celui qui sait lire ou qui possède le livre. En certains endroits du tissu social – et du tissu romanesque qui en rend compte – la lecture continue à se faire à plusieurs. C’est donc aussi ce moment de transition, entre lecture privée et lecture collective, qui correspond aux deux pôles de l’idiorrythmie, l’individu et la communauté, que je voulais mettre en lumière.

J’essaierai ainsi de montrer de quelle façon, dans quelques romans et nouvelles de cette seconde moitié du xixe siècle, la communauté des lecteurs exemplifie la communauté sociale, de quelle façon elle se fait et se défait, et quels modèles de communautés, justement, propose le récit à travers la question de la lecture. Cette question, je l’appréhenderai essentiellement à travers des récits « naturalistes » ; l’observation du peuple urbain du xixe siècle, contraint de cohabiter dans un espace restreint, à la fois intime (la chambre, l’immeuble) et social (la ville), constitue une entrée privilégiée dans la notion de Vivre-Ensemble.

Je m’attacherai, pour Maupassant, à Bel Ami (1885) et à quelques nouvelles. Pour Zola, j’irai voir essentiellement du côté de Pot-Bouille (1882) et de Son Excellence Eugène Rougon (1876) ; pour les frères Goncourt, ce sera la première version de Charles Demailly, intitulée Les Hommes de lettres, qui paraît en 1860, et Renée Mauperin (1864) ; et enfin il sera question du roman de Huysmans intitulé Là-Bas (1891). Huysmans a été naturaliste ; il ne l’est plus au moment de Là-Bas, ou il a tenté de se défaire de l’étiquette, dans un mouvement qui est aussi celui d’une idiorrythmie. Ces romans, choisis autant pour la façon dont ils représentent la lecture et son rapport à la communauté que, de façon subjective ou contingente, au fil des lectures5, sont aussi liés, sur une période d’un peu plus de vingt ans, par la contemporanéité : car « le Vivre-Ensemble est aussi temporel », rappelle Barthes à l’ouverture de son cours. Et Zola (1840-1902), les Goncourt (1822-1896 ; 1830-1870), Huysmans (1848-1907), furent des contemporains.

Il s’agira d’envisager d’abord la lecture comme expérience de sociabilité, avant d’évoquer certains problèmes que pose son idiorythmie. Il apparaîtra ensuite que la communauté des littérateurs parvient à esquisser un possible Vivre-Ensemble, que j’essaierai de saisir dans le modèle idiorrythmique que constitue, dans le roman, la causerie.
***
1. La lecture, une expérience de sociabilité

La lecture est généralement conçue comme une expérience solitaire, qui rendrait, après son expérience, le lecteur à la communauté. Mais c’est aussi, dans les romans naturalistes, une expérience de sociabilité, qui permet l’observation privilégiée des lecteurs ou auditeurs.

1.1. Une lecture partagée

Il s’agit là des lectures partagées, au même instant d’un même texte, par les personnages, et les lectures de groupe se font dans un espace commun de sociabilité. Dans L’Assommoir par exemple, Zola met en scène les ouvriers qui se réfugient au cabaret et ouvrent, dans le cabinet de lecture, le journal en groupe :
On tournait trop à la tristesse dans la rue, il y avait une boue à ne pas flanquer un sergent de ville à la porte. Lantier poussa les camarades dans le cabinet, un coin étroit occupé par une seule table, et qu’une cloison aux vitres dépolies séparait de la salle commune. Lui, d’ordinaire, se piquait le nez dans les cabinets, parce que c’était plus convenable. Est-ce que les camarades n’étaient pas bien là ? On se serait cru chez soi, on y aurait fait dodo sans se gêner. Il demanda le journal, l’étala tout grand, le parcourut, les sourcils froncés. Coupeau et Mes-Bottes avaient commencé un piquet. Deux litres et cinq verres traînaient sur la table. […]

On vida les verres. Lantier se mit à lire tout haut :

« “Un crime épouvantable vient de jeter l’effroi dans la commune de Gaillon (Seine-et-Marne). Un fils a tué son père à coups de bêche, pour lui voler trente sous”… »

Tous poussèrent un cri d’horreur. En voilà un, par exemple, qu’ils seraient allés voir raccourcir avec plaisir ! Non, la guillotine, ce n’était pas assez ; il aurait fallu le couper en petits morceaux. Une histoire d’infanticide les révolta également ; mais le chapelier, très moral, excusa la femme en mettant tous les torts du côté de son séducteur ; car, enfin, si une crapule d’homme n’avait pas fait un gosse à cette malheureuse ; elle n’aurait pas pu en jeter un dans les lieux d’aisances. Mais ce qui les enthousiasma, ce furent les exploits du marquis de T… sortant d’un bal à deux heures du matin et se défendant contre trois mauvaises gouapes, boulevard des Invalides ; sans même retirer ses gants, il s’était débarrassé des deux premiers scélérats avec des coups de tête dans le ventre, et avait conduit le troisième au poste, par une oreille. Hein ? quelle poigne ! C’était embêtant qu’il fût noble6.
Lieu public mais comme rendu privé par la communauté – « On se serait cru chez soi » –, le cabaret accueille la lecture comme une simple activité parmi d’autres ; elle est mise sur le même plan que le jeu de cartes et la boisson. La lecture lie de la sorte, à un endroit commun, les membres d’une même classe ; on voit bien le dégoût instinctif suscité chez les ouvriers par la mention du noble et les réactions à ce qu’ils lisent sont communes : « Tous poussèrent un cri d’horreur ». Les discours, le récit, le journal, se trouvent ainsi mêlés dans ce passage, qui croise les voix des différents locuteurs et scripteurs.

Il y a des points communs dans cette scène et cette autre, tirée de La Fin de Lucie Pellegrin (1880), de Paul Alexis, l’un des disciples de Zola – elle se passe également dans un débit de boissons : « Marie la frisée, qui avait pris le Rappel, cherchait des assassinats et des suicides au milieu de la prose des derniers romantiques. Les deux Adèle jouaient au tourniquet des petits verres que, toujours quittes à la fin, elles ne consommaient jamais7. » Même lieu de sociabilité, mêmes activités concurrentes ou plutôt concomitantes à la lecture. Seuls changent les protagonistes, ouvriers ici, filles de joie là. Il s’agit dans les deux cas d’échapper aux heures instituées de la journée, au foyer familial, à son immeuble ou aux contraintes professionnelles, en formant un petit comité qui se retrouve de façon éphémère dans un lieu de passage.

Il est des cas, bien plus nombreux, où la lecture ne se fait pas à plusieurs – en tout cas pas en même temps – mais provoque ensuite les discussions, comme dans l’extrait de L’Assommoir.
1.2. La lecture permettant la sociabilité

C’est le cas de la lecture solitaire qui permet ensuite de s’intégrer à un groupe, de trouver un écho chez les autres. La temporalité en est différente, car elle n’agrège pas directement les intéressés : elle ne les réunit que lorsqu’elle est devenue un sujet de conversation au sein d’une communauté. Le Vivre-Ensemble, suggère Barthes à la fin de son cours, repose en effet sur une distance entre les membres de la communauté, distance qui s’annule le soir venu, quand on doit prier ensemble dans le cas des sociétés religieuses, ou quand on se réunit pour souper : « Vivre-Ensemble : seulement peut-être pour affronter ensemble la tristesse du soir. Être des étrangers, c’est inévitable, nécessaire, [désirable,] sauf quand le soir tombe8. »

Dans Pot-Bouille, alors qu’Octave mange chez les Pichon avec les parents Vuillaume, il est ainsi question de romans. La mère Vuillaume n’en lit pas, mais Marie aimerait bien en avoir davantage : « Alors, Marie parla doucement de sa solitude9. » La solitude est la raison pour laquelle elle lit ; le livre l’en distrait, et permet ensuite d’exercer une forme de sociabilité. Dans Au Bonheur des dames, les ouvrières et les employées du grand magasin « causent » de même à table du contenu du journal – dont elles ont auparavant eu connaissance :
Alors, Clara, tout en mangeant sa raie sans dégoût, avec une insouciance de fille nourrie autrefois de lard rance, causa d’un drame affreux, dont le récit emplissait les journaux.

– Vous avez lu, cet homme qui a guillotiné sa maîtresse d’un coup de rasoir ?

– Dame ! fit remarquer une petite lingère, de visage doux et délicat, il l’avait trouvée avec un autre. C’est bien fait.

Mais Pauline se récria. Comment ! parce qu’on n’aimera plus un monsieur, il lui sera permis de vous trancher la gorge ! Ah ! non, par exemple ! Et, s’interrompant, se tournant vers le garçon de service :

– Pierre, je ne puis pas avaler le bœuf, vous savez… Dites donc qu’on me fasse un petit supplément, une omelette, hein ! et moelleuse, s’il est possible !

Pour attendre, comme elle avait toujours des gourmandises dans les poches, elle en sortit des pastilles de chocolat, qu’elle se mit à croquer avec son pain.

– Certainement, ce n’est pas drôle, un homme pareil, reprit Clara. Et il y en a des jaloux ! L’autre jour encore, c’était un ouvrier qui jetait sa femme dans un puits10 !
Dans la société bourgeoise, c’est le salon plus que le débit de boissons ou la table du repas qui devient le lieu du Vivre-Ensemble ; mais la lecture reste une manière de lier connaissance ou de trouver matière à discussion. Voyons par exemple le salon des Duveyrier dans Pot-Bouille :
– Avez-vous lu ce nouveau roman ? demanda Léon, en train de feuilleter un exemplaire de la Revue des Deux Mondes, traînant sur une table. Il est bien écrit ; mais encore un adultère, ça finit vraiment par être fastidieux !

Et la conversation tomba sur la morale. Il y avait des femmes très honnêtes, dit Campardon. Tous approuvèrent11. (p. 151)
Le discours direct permet l’amorce de la conversation ; le reste suit, de façon elliptique. Dans Là-Bas, de Huysmans, c’est de même le salon de Chantelouve qui a permis la rencontre du héros Durtal et de son ami des Hermies :
Il l’avait connu dans une maison des plus étranges, chez Chantelouve, l’historien catholique, qui se vantait de recevoir à sa table tous les mondes. Et, en effet, c’était une fois par semaine, l’hiver, dans son salon de la rue de Bagneux, le plus bizarre ramas de gens : des cuistres de sacristie et des poètes de caboulots, des journalistes et des actrices, des partisans de la cause de Naundorff et des placiers en sciences louches12.
Ce « bizarre ramas de gens » forme une communauté idiorrythmique : chacun vit seul avec sa bizarrerie et se retrouve certains soirs chez Chantelouve – pour parler souvent de littérature. Chantelouve évoque par exemple avec Durtal le livre que ce dernier en train d’écrire sur Gilles de Rais : « Oui, je connais la matière ; j’ai lu, dans le temps, un livre qui m’a semblé bien fait sur Gilles de Rais ; c’était un volume de l’abbé Bossard13. » C’est le même rassemblement autour de la lecture que l’on trouve dans Les Hommes de lettres des frères Goncourt – les personnages se retrouvent au café Riche le soir : « Imaginez la salle de conférences du monde des lettres. On voyait là des réalistes, des feuilletonistes, des vaudevillistes, tous les échantillons du grand ordre de la plume14. » Comme chez Huysmans, le disparate règne dans l’énumération, que l’on retrouve d’un texte à l’autre, et qui souligne bien la tension du Vivre-Ensemble entre solitude et communauté.

La lecture qui rassemble certains membres d’une communauté ne le fait cependant parfois que de façon très superficielle – et il s’agit alors moins d’un Vivre-Ensemble que de ce qu’on pourrait appeler un Vivre-À-Côté.
1.3. Discuter littérature, un Vivre-À-Côté ?

Chantelouve, dans Là-Bas, esquive le sujet de la conversation en parlant littérature : « – Et il coupa la conversation, en parlant d’un livre sur la Fronde qu’il venait de lire. / Durtal comprit que Chantelouve se refusait à parler de ses relations avec le chanoine Docre15. » La sociabilité permise par la lecture n’est en pareil cas qu’une sociabilité par défaut. Il faut surtout lire ce passage de Renée Mauperin, des Goncourt, où la conversation dans le salon de Mme Davarande est un véritable dialogue de sourds, accepté comme tel :
Le bavardage recommença :

« – Avez-vous lu ce roman… ce roman ?

– Dans le Constitutionnel.

– Non.

– De… Ah ! je ne sais plus le nom… Ça s’appelle… Attendez…

– On ne parle que de ça…

– Lisez-le…

– Mon mari me le prendra au Cercle…

– Cette pièce, est-ce amusant ?

– Je n’aime que les drames.

– Y allons-nous ?

– Prenons une loge.

– Vendredi ?

– Non, samedi.

– Si nous soupions après ?

– C’est cela.

– Aux Provençaux ?

– Ton mari viendra-t-il ?

– Oh ! il fait ce qu’on fait, lui… »

On se parlait, on se répondait, on ne s’écoutait pas. Toutes caquetaient ensemble. Les mots, les questions, les voix se croisaient dans le babillage : c’était le ramage d’une volière16.
Dans ces discussions mondaines où la lecture n’est qu’un vernis comme un autre, on ne vit pas ensemble puisqu’on parle tous ensemble. La parole qui essaie de s’imposer, qui n’entend pas celle des autres, qui s’y confronte ou qui s’y heurte dessine ici une communauté de lecteurs incapables de s’entendre.
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