Cours de Sabine lardon, octobre 1996-février 1997





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CONCLUSION
Le stoïcisme est en accord avec les caractéristiques du baroque, parce que le baroque constate l’inconstance et la vanité de toutes choses terrestres, à commencer par l’homme, et va chercher une réponse à cela dans la quête de la constance et dans l’exaltation paradoxale de l’individu (paradoxale, car le héros baroque et le héros stoïcien sont conscients de leur misère, de la valeur de leur faiblesse, mais en même temps de leur volonté de résistance).


LA POÉSIE DANS LE PREMIER XVI° SIÈCLE


I - L’ÉCOLE LYONNAISE
1) Le milieu lyonnais.
Lyon est au XVI° siècle un carrefour économique et littéraire important. C’est la deuxième ville du royaume par sa superficie et sa population après Paris. Jean Lemaire de Belges appelle Lyon le « second œil de la France ».
D’un point de vue économique, le dynamisme de Lyon repose sur :

— une bourgeoisie active.

— une foire réputée.

— des activités bancaires, artisanales, commerciales et industrielles (Lyon est en particulier connue pour ses soieries, la seule industrie de luxe de la France).
Lyon constitue également un centre culturel important, ce qui est dû à plusieurs éléments :

— la création de salons et de cercles poétiques.

— sa situation géographique, qui en fait un carrefour entre l’Allemagne rhénane et l’Italie (la culture italienne va s’introduire en France en particulier par Lyon, où de nombreux italiens s’installent).

— l’influence de Marguerite de Navarre, la sœur de François Ier, qui fait à Lyon plusieurs séjours et encourage le développement culturel de la ville.

— le développement de l’imprimerie à partir de 1473. Beaucoup d’écrivains vont faire imprimer leurs œuvres à Lyon, ce qui leur permet en partie d’échapper à la censure de la Sorbonne et du Parlement.
Le milieu culturel lyonnais se caractérise par deux aspects importants :

— L’influence des femmes, qui peuvent aussi bien être des poètes (Pernette du Guillet, Louise Labé), des femmes savantes (Marguerite du Bourg, érudite en mathématiques et inspiratrice supposée du poète Pontus de Tyard) ou des femmes qui animent des cercles littéraires ; et bien sûr, Marguerite de Navarre.

— Une nouvelle conception de l’art et de l’écriture, qui se développe sur plusieurs points :

— la défense de la langue française, avec Étienne Dolet, qui s’installe à Lyon en 1536. Il va fixer les règles du français et du latin classique, et il va également fixer à l’écriture un but noble : procurer la gloire à l’auteur en assurant son passage à la postérité (un idéal hérité de l’Antiquité).

— une nouvelle conception du poète. À partir de l’École Lyonnaise et de la Pléiade, le poète devient indépendant, et recherche une gloire personnelle au lieu d’exalter la gloire de son maître. On va passer du poète courtisan au poète chef de file (Maurice Scève pour l’École Lyonnaise et Ronsard, « le prince des poètes », pour la Pléiade).

— une nouvelle conception de la poésie. La poésie du milieu lyonnais subit trois influences :

— influence antique, avec la poésie néo-latine (des auteurs réunis autour d’Étienne Dolet, qui écrivent en latin).

— influence du platonisme et du pétrarquisme.

— influence savante de la science des nombres. On va avoir une poésie qui joue sur les chiffres, le rythme et la géométrie.
2) Les auteurs du milieu lyonnais.
a) Maurice Scève (1500 ? - 1560 ?)

Maître incontesté de l’École Lyonnaise, il subit fortement l’influence du pétrarquisme. Il a identifié le tombeau de Laure (Dame de Pétrarque) près d’Avignon. Il a écrit deux recueils importants : la Délie (1544) et Le Microcosme en 1562.

La Délie. Le nom de ce recueil vient soit de l’anagramme de « l’idée », soit de l’île de Délos, où est née Diane dans la mythologie gréco-latine. Ce recueil difficile obéit à une composition mathématique autour du nombre 10. Les poèmes sont carrés (des dizains de décasyllabes), et souvent groupés par dix. On a d’abord une devise qui va fournir un thème d’un emblème (c’est-à-dire un poème centré sur une figure précise), suivie de neuf dizains, qui vont être autant de variations sur ce thème.
b) Pernette du Guillet.

Morte à 25 ans, on pense qu’elle aurait été l’inspiratrice de la Délie de Scève. Sa poésie est très spontanée, fraîche, sensuelle également. On retrouve dans un des poèmes le nom de Maurice Scève (« Ce vice mueras »).
c) Louise Labé.

Auteur important, mariée à un notable lyonnais. Elle tenait un salon où beaucoup de personnalités se réunissaient. Elle a laissé une œuvre pétrarquiste assez sensuelle (où elle inverse le schéma pétrarquiste !), inspirée de sa liaison avec le poète Olivier de Magny.
d) Antoine Héroët.

Il a écrit une œuvre fortement platonicienne. Deux titres à retenir : L’Androgyne de Platon (1536) et La parfaite amie (1540). Son œuvre a en partie contribué à la diffusion de l’idéal néoplatonicien en France.
e) Pontus de Tyard.

Il a appartenu à la fois à l’École Lyonnaise et à la Pléiade. Il a publié des œuvres à la fois littéraires et philosophiques, d’où une influence philosophique dans sa poésie amoureuse. Il publie Les Errances amoureuses en 1549.

II - LA PLÉIADE
1) La constitution du groupe.
En 1547 ont lieu deux rencontres préliminaires :

Du Bellay va tout d’abord rencontrer à Poitiers Jacques Peletier du Mans, ardent défenseur de la langue française qui va l’inciter à adapter en français deux formes poétiques venues d’Italie : l’ode (d’inspiration antique) et le sonnet (d’inspiration pétrarquiste).

Du Bellay va ensuite rencontrer Ronsard, qui est un ami de Jean-Antoine de Baïf (poète important du XVI° siècle), dont le précepteur est Jean Dorat.
Un groupe se constitue cette année-là, la « Brigade ».

En 1547, Jean Dorat est nommé principal du Collège Coqueret à Paris. Du Bellay, Peletier du Mans, Ronsard et Baïf vont le suivre, et suivre les cours du Collège Coqueret. Ils vont se lier à deux autres étudiants, Antoine Jodelle et Rémi Belleau, venus du Collège de Boncourt. Pierre de Ronsard, Joachim Du Bellay, Jean-Antoine de Baïf, Jacques Peletier du Mans, Antoine Jodelle et Rémi Belleau constituent le groupe que Ronsard va appeler « la Brigade » et dont le maître est Jean Dorat.
En 1556, Ronsard rebaptise ce groupe la Pléiade (allusion à une constellation d’étoiles regroupées autour d’un noyau central).

Avec le temps, le groupe s’élargit et attire d’autres personnalités : Pontus de Tyard et Olivier de Magny (venus de l’École Lyonnaise) ; Jacques Grévin, Jean de la Taille et Jean de la Péruse (venus du Collège de Boncourt) ; et Amadis Jamyn, page et disciple de Ronsard.
2) La formation donnée au Collège Coqueret.
Cette éducation met l’accent à la fois sur la culture gréco-latine et sur la culture italienne. Les élèves apprennent les langues (grec, latin, italien), et également à traduire, commenter et imiter les auteurs.

Les auteurs qui ont influencé la Pléiade sont : Pindare (un auteur grec dont Jean Dorat a traduit les odes), Horace, Virgile (poésie bucolique), et ceux que l’on appelle les poètes élégiaques (Catulle, Tibulle, Properce et Ovide), importants car la poésie amoureuse latine a influencé le pétrarquisme.
3) L’œuvre de la Pléiade.
a) La Défense et Illustration de la Langue Française (DILF).

Publiée en 1549, par Du Bellay ; mais elle est la synthèse de tout le groupe de la Brigade. Tous ont plus ou moins contribué à l’élaboration de la DILF.

C’est une réponse à l’Art Poétique de Thomas Sébillet (qui défend également la langue française, mais qui donne pour modèle des écrivains français comme Marot, alors que la DILF donne pour modèle des auteurs antiques).

La DILF est inspirée de l’œuvre de Peletier du Mans, qui en 1541 publie l’Art Poétique d’Horace, qui va susciter tout un débat (c’est un texte polémique, combatif).

La DILF se poursuit avec la publication en 1565 d’un Abrégé de l’Art Poétique, par Ronsard, et avec les préfaces de la Franciade (1572-1574), de Ronsard, qui complètent les idées de la DILF.
b) Les œuvres littéraires.

Les membres de la Pléiade vont mettre en application dans leurs œuvres littéraires les idées de la DILF :

— 1549-1550 : L’Olive, de Du Bellay, qui est en quelque sorte l’application directe de la DILF.

— 1550 : Les Odes, de Ronsard, avec une préface qui prolonge la DILF.

— 1552 : Les Amours, de Ronsard.

— 1552 : Les Amours de Méline, de J.-A. de Baïf.

— 1556 : Les Amours de Francine, idem.

— 1573 : Diverses Amours, idem.

— 1553 : Jodelle publie la première tragédie à l’antique en langue française, Cléopâtre captive, qui sera jouée devant la cour.

À partir de 1560, c’est le déclin et la dissolution du groupe de la Pléiade.

CONCLUSION
La Pléiade diffère de l’École Lyonnaise sur plusieurs points. D’abord, l’influence antique est beaucoup plus marquée dans la Pléiade, notamment avec des références mythologiques plus nombreuses. De plus, dans la Pléiade, l’influence platonicienne est atténuée et laisse place à une plus grande sensualité (thème du baiser et de la petite mort).

La Pléiade aura été un véritable mouvement littéraire, avec son lieu (le Collège Coqueret), son maître à penser (Jean Dorat), son chef de file (Ronsard) et son manifeste (la DILF). Il est à noter que Ronsard est un des rares écrivains à avoir été reconnu chef de file d’un mouvement de son vivant.


LA RÉFORME ET LE

PROTESTANTISME EN FRANCE


I - LE LUTHÉRANISME
La pré-réforme (le courant évangéliste) ne voulait pas de rupture avec l’Église catholique. Le luthéranisme, lui, a été un courant réformateur : il y a eu rupture avec Rome et passage au protestantisme.
Luther (1483-1546) est un moine allemand. Le 31 octobre 1517, il publie 95 thèses (propositions) dans lesquelles il énonce en particulier les idées suivantes :

— il dénonce le trafic des indulgences et déclare que le Pape ne peut remettre d’aucunes fautes (il ne peut pas absoudre les pêchés). Il conseille de donner l’argent aux pauvres, plutôt que d’acheter des indulgences.

— il insiste sur la corruption de l’homme depuis le pêché originel.

— il affirme que le salut ne se fait que par la foi, et non pas par les œuvres.

— il condamne la vénération des reliques.

— il prône un amour désintéressé de Dieu fondé sur les Évangiles.
À la suite de cette publication, il va y avoir une rupture avec Rome, et l’organisation de la réforme de l’Église allemande. Rome va tenter une certaine conciliation à la lecture des 95 thèses, et va demander à Luther de revenir sur sa déclaration à propos des indulgences. Luther va au contraire durcir sa position et dénoncer le pouvoir pontifical.

La rupture avec l’Église catholique se fait en 1521. Le luthéranisme va entrer en France, mais il ne va y trouver un écho que dans la mesure où il rejoint sur certains points l’évangélisme (le protestantisme français ne sera pas fondé sur le luthéranisme, mais sur le calvinisme).
Louis de Berquin est condamné en 1529 par la Sorbonne pour avoir traduit des œuvres de Luther, comme d’Érasme. C’est un des points communs entre le luthéranisme et l’évangélisme.

Mais le luthéranisme et l’évangélisme s’opposent ouvertement sur le problème du libre-arbitre (Érasme et Luther luttent par livres interposés). Érasme publie De Libero Arbitrio (« Du Libre-Arbitre »), qui soutient l’idée d’une certaine liberté humaine devant la grâce (en accord avec l’idéal humaniste de l’auteur). Luther, lui, publie De Servo Arbitrio (« Du Serf-Arbitre ») ; pour lui, l’homme est totalement soumis à la grâce de Dieu, qu’il ne peut influencer ni par ses choix, ni par ses actes.

Marot, qui est évangéliste, sera sommé par la Sorbonne d’abjurer l’erreur luthérienne.

La véritable Réforme en France sera calviniste...

II - LE CALVINISME
1) Calvin (1509-1564).
D’origine française, né à Noyon en Picardie, il a reçu une formation d’humaniste en apprenant le latin, le grec et l’hébreu. Il a été influencé par le courant novateur évangéliste, en particulier par Lefèvre d’Étaples.
Le développement de sa pensée réformée :

En 1536, il se réfugie à Bâle à la suite de poursuites occasionnées par un discours d’idées réformistes. Il y publie L’Institution de la religion chrétienne (en latin), véritable somme de sa pensée. Il adresse sa préface à François Ier, dont il sollicite l’appui. Il va devenir pasteur à Genève, où il va s’acquérir par ses sermons une autorité considérable.

En 1541, il constitue à Genève l’Église Nouvelle. A partir de cette date, il y a un double rayonnement du calvinisme :

— Genève devient le centre de rayonnement du calvinisme en Europe. Le Collège de Genève est l’un des premiers centres d’études bibliques en Europe.

— En 1541, les idées calvinistes sont introduites en France, avec la publication en français de L’Institution de la religion chrétienne.

De 1541 à 1550, la doctrine calviniste va se propager en France où elle va rallier ceux que la situation économique et politique mécontente (la classe industrielle et marchande, un grand nombre d’artisans et une partie de la noblesse, mécontentée par la centralisation du pouvoir royal).
Le durcissement des positions :

Calvin est quelqu’un de relativement intransigeant, assez rigide sur le plan religieux. Il va l’être sur le plan de la Réforme.

Dès 1544, Calvin durcit ses positions et dénonce les évangélistes trop modérés et doublés d’humanistes épicuriens, en particulier dans un texte, Excuses à Messieurs les Nicodémistes. Or, à cette date, les évangélistes sont privés de leur deux maîtres à penser, Érasme (mort en 1536) et Lefèvre d’Étaples (mort en 1537). Ils vont devoir choisir. Certains vont rallier la Réforme huguenote (et vont parfois devoir se réfugier à Genève), d’autres, comme Briçonnet, vont faire amende honorable et rentrer au sein du catholicisme. D’autres encore vont maintenir leur position évangéliste, en marge du catholicisme et du protestantisme.

2) La doctrine calviniste.
Calvin est pour une réforme totale du culte, débarrassé de toute trace de la liturgie traditionnelle qui subsistait encore chez Luther. Il ne reconnaît plus que deux sacrements : le baptême et l’eucharistie.

L’eucharistie est le point sur lequel le catholicisme et le protestantisme vont s’opposer le plus radicalement. La communion avec le Christ par le pain et le vin opposent les uns et les autres. En 1561, le colloque de Poissy pour une éventuelle entente est un échec. Pour les catholiques, il y a transsubstantiation (il y a transfert : le pain devient le corps du Christ et le vin le sang du Christ ; le Christ pénètre en nous). Pour les calvinistes, il n’y a pas transsubstantiation ; il n’y a pas d’incarnation réelle, juste une représentation.
Pour Calvin, le culte doit de plus être débarrassé de toute représentation de la divinité, afin d’éviter l’idolâtrie.
Le problème du libre-arbitre :

Pour Calvin, l’homme est irrémédiablement corrompu par le pêché originel. Même le juste ne saurait effacer sa faute pendant sa vie terrestre. Les calvinistes ont une vision duale de l’homme (le juste est attiré vers le ciel par son âme, mais ressent les tentations de sa chair).

Le salut se fait uniquement par la grâce, et non par les œuvres. Tout ce que l’homme peut faire est imparfait.

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