Quelles differences culturelles ?





télécharger 157.86 Kb.
titreQuelles differences culturelles ?
page1/4
date de publication31.10.2017
taille157.86 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > documents > Documentos
  1   2   3   4
GESTES EDUCATIFS QUOTIDIENS :

QUELLES DIFFERENCES CULTURELLES ?

Françoise CARRAUD

Chargée d'études à l'INRP – Centre Alain Savary

Tout d’abord quelques mots pour me présenter et dire à quel titre je parle ici.

Je suis actuellement chargée d’études au centre Alain Savary de l’INRP qui est un centre de ressources sur les pratiques éducatives et sociales en milieux difficiles . J’ai été pendant une vingtaine d’années institutrice, principalement en maternelle et en zone d’éducation prioritaire ; j’ai également été, pendant quelques années, formatrice à l’IUFM de Lyon et particulièrement chargée du CASNAV de l’académie de Lyon.

J’ai étudié les questions de représentation, de conception de l’enfance (cela a été le sujet de ma thèse) et je suis particulièrement les travaux sur la sociologie de l’enfance.

Au CASNAV, j’ai travaillé sur la scolarisation des élèves nouvellement arrivés en France, les ENAF comme l’on dit actuellement.

Et, au centre Alain Savary, je travaille sur la problématique des apprentissages scolaires des enfants de milieux sociaux défavorisés, fragiles, précaires ou précarisés.

C’est au titre de ces différentes expériences professionnelles, et personnelles aussi, que je viens partager avec vous quelques réflexions sur le travail avec des enfants et des familles venus d’ailleurs.



  1. Les difficultés de l’éducation à plusieurs


Aujourd’hui, dans notre société, les enfants très jeunes sont souvent accueillis, pris en charge, élevés, éduqués à la fois dans leurs familles et dans des institutions ; ceci pour des durées variables (de une à deux heures par jour à huit, dix ou douze heures voire plus, de manière régulière ou occasionnelle) dans des cadres tout aussi variables (crèches, écoles, centres de loisirs, et bien d’autres).

Quelles que soient les situations, on a pris l’habitude de parler de coéducation ce qui signifie que l’éducation est partagée entre la famille et des professionnels. Certains chercheurs dans ce domaine (Paul Durning par exemple) ont fait des typologies des différentes formes que peut prendre cette coéducation, ce n’est pas directement notre sujet aujourd’hui.

Ce qui nous importe surtout de prendre en compte c'est l’importance du lien entre les professionnels de ces différents lieux d’accueil et les familles des enfants. Pendant longtemps la priorité a été d’offrir aux enfants un cadre sain, les familles étaient ignorées, évitées, tenues à distance, on cherchait même plutôt à protéger les enfants des carences parentales. Actuellement on parle de coopération, de partenariat, et c’est loin d’être simple !

En effet, coopération ou partenariat supposent des intérêts communs, une égalité de statut, un partage des tâches… et ce n’est pas si facile.
Des images réciproques plutôt négatives
Les difficultés viennent particulièrement des images réciproques plutôt négatives : celles des

professionnels sur les familles mais aussi celles des familles sur les professionnels ; il semble

bien que, de part et d’autre, les stéréotypes, les préjugés sont très présents.

Certains travaux de recherche ont montré les décalages dans le vécu des relations entre les

familles et les professionnels :

- les professionnels disent leur difficulté à se faire admettre par les familles, ils dénoncent l’absence ou la négligence des parents,

- tandis que les familles reprochent le manque d’écoute, de tolérance, de reconnaissance.

Les perceptions sont différentes, les priorités aussi. Les parents ont l’impression que les professionnels ne respectent pas leurs valeurs qu’ils cherchent à leur imposer leurs propres valeurs tandis que les professionnels trouvent qu’il est effectivement difficile de s’entendre sur ce qui leur semble des évidences, en particulier les besoins physiologiques des enfants (sur l’alimentation, la propreté, le sommeil ou l’habillement).
Des malentendus

D’une manière plus large on peut dire que nombre de malentendus (ou différends comme le

dit Pierre Périer un sociologue qui travaille sur les relations entre l’école et les familles populaires) sont aussi en partie liés à la conception que l’on a de l’enfance, aux différentes représentations et aux divergences concernant la meilleure manière de s’occuper des enfants.

Il y a des conflits de valeurs et des rivalités qui sont plus ou moins conscients, clairs, explicites. Il me semble qu’une journée comme celle-ci peut permettre de les mettre à jour pour mieux les penser.

Quelles sont ces différences de représentations, ces sources de malentendus, de conflits ?
 J’ai choisi de les aborder ici . partir des pratiques quotidiennes, des gestes éducatifs

quotidiens :
des gestes qui, le plus souvent mettent en jeu le corps de l’enfant et, par là même, le

corps de l’adulte,

des gestes qui paraissent ordinaires, évidents et même « naturels », qui sont souvent

supposés être partagés par tous,

– alors que, même s’ils semblent tout à fait anodins, ce sont des gestes «  culturels » c’est-à-

dire appris, acquis socialement. Dans ce sens, ces gestes quotidiens sont bien des

«  construits sociaux », des actes qui mettent en jeu de multiples et contradictoires

représentations de l’enfant, de l’enfance, de l’adulte, des représentations de la société, des relations sociales, des représentations du monde, des normes, des valeurs, des idéologies… avec beaucoup d’ambivalences et de contradictions on le verra.
Enfants et familles venus d’ailleurs
Le titre de cette journée parle d’enfants et de familles venus d’ailleurs ; et l’on pense bien

sûr à des ailleurs géographiques, aux familles migrantes qui arrivent, qui sont arrivées depuis

plus ou moins longtemps (quand considèrent-elles qu’elles sont arrivées ? quand le pensons-

nous ? en finit-on un jour d’arriver ?), qui arrivent de pays plus ou moins lointains.

Mais les ailleurs ne sont pas que géographiques, ils peuvent être historiques et sociaux, nous

y reviendrons ; les déplacements se font aussi dans des espaces symboliques, les plus

grandes distances ne se mesurent pas en kilomètres, des voyages immobiles peuvent aussi

nous mener loin…

Ce sont ces questions que je voudrais approfondir ici avec vous : comment penser les différentes manières de s’occuper des enfants ? Que ces différences soient apparentes, silencieuses ou conflictuelles…

On parle souvent de différences culturelles : qu’est-ce que cela signifie ? Pourquoi ce mot de culture ? Quel sens lui donne-t-on ?

Il s’agit de prendre un peu de temps pour penser ces questions pour réfléchir, pour comprendre bien sûr mais aussi pour agir, car c’est aussi dans l’action quotidienne qu’elles se posent avec le plus d’insistance.


  1. Quelques exemples de malentendus


Je prendrai quelques exemples qui renvoient à mon expérience d’enseignante en maternelle, vous en avez sûrement beaucoup d’autres.
 D’abord, la propreté: pour être admis à l’école maternelle il faut être propre c’est-à-dire avoir une maîtrise de ses sphincters et une autonomie pour aller aux toilettes, il faut accepter d’y aller avec les autres, aux moments inscrits dans l’emploi du temps, il faut savoir demander à y aller quand on en ressent le besoin. Tous ceux qui ont travaillé en école maternelle savent à quel point cela peut faire conflit : certaines familles pouvant affirmer que leur enfant est propre à la maison quand l’enseignant estime qu’il ne l’est pas à l’école et ne peut pas encore être scolarisé. A quel moment la répétition des «  accidents » signifie que l’enfant n’est pas «  propre », pas «  autonome » et ne peut encore fréquenter l’école ?

Ces situations renvoient à de multiples questions dont celles liées à la manière dont se fait l’apprentissage de la propreté dans les familles : à quel âge ? Selon quelles modalités ? Quels principes ? Quelles exigences, quelles tolérances ?
 Il y a aussi les questions d’hygiène et les maladies : les enfants que l’on trouve sales, qui

sentent « mauvais », des odeurs de sueur, d’urine, de cigarette… les vêtements qui ne sont guère lavés ; les enfants que l’on trouve peu soignés avec des petits bobos infectés, des rhumes pas traités ou au contraire ceux que l’on estime trop couvés : qui sentent le sirop, le suppositoire, à qui les parents donnent trop facilement des médicaments sans pour autant consulter un médecin ; ceux qui viennent en classe avec de la fièvre ou la diarrhée ou ceux qui restent à la maison parce qu’il fait trop froid dehors ou qu’il pleut, et parce que leurs parents estiment que les enseignants ne font pas assez attention, les laissent dehors malgré le froid, ne surveillent pas si les bonnets, gants et écharpes sont noués. Les critiques se font de part et d’autre, chacun étant persuadé de faire pour le mieux, dans l’intérêt de l’enfant.

Ici aussi ces situations renvoient à de plus larges problèmes et sont en lien avec l’idée que l’on se fait de l’enfant, de sa fragilité et de sa force, et aussi aux principes d’hygiène qui véhiculent beaucoup de représentations de toutes sortes. L’hygiène est un sujet passionnant, nous y reviendrons.
Les vêtements : les enfants que l’on juge mal habillés avec des tenues peu confortables, pas pratiques (qui ne permettent pas une autonomie dans l’habillage et le déshabillage), les blousons impossibles à fermer, les chaussures trop grandes ou trop petites, avec trop de lacets… les vêtements pas adaptés au temps, à la saison, aux activités ; trop chers, trop fragiles et précieux ou au contraire de mauvaise qualité, pas de la bonne taille, ou dans lesquels l’enfant semble ridicule… les familles qui font toujours des «  histoires » parce que l’enfant s’est sali, a fait un accroc, a perdu son bonnet, ses gants, son blouson…

Cette question des vêtements comme les précédentes renvoie aussi aux habitudes sociales, aux différentes conceptions de l’enfant : de sa fragilité, de son autonomie, de sa ressemblance avec l’adulte ou de sa spécificité. Sans oublier le contexte économique, les ressources financières des familles, le marché du vêtement, etc.
 Il y a aussi – le sommeil : c’est aussi un problème majeur è l’école maternelle et un fréquent sujet de discussion. Les professionnels jugent souvent que les enfants ont des horaires de vie décalés (par rapport à nos propres normes) : ils se couchent souvent trop tard, mais parfois trop tôt (je me souviens d’élèves qui étaient au lit à 17 heures en rentrant de l’école). Je pense à toutes les querelles autour de la sieste : les parents refusant que les enfants dorment à l’école, les enseignants estimant que c’est essentiel pour le

développement des enfants ; la durée de la sieste ; les conditions de couchage : l’obscurité totale ou pas, le silence ou une musique, l’acceptation ou le refus des doudous, des sucettes et autres tétines.

Il y a tantôt beaucoup de différences, tantôt de fortes similitudes avec ce qui se passe dans les familles où les manières de coucher les enfants, de les endormir, obéissent à des règles, des habitudes très variables.
 Je finirai par – l’alimentation : la question du goûter est souvent centrale dans les écoles. On la résout de manière différente, goûters individuels ou collectifs. S’y jouent des questions de goûts, de préférences, d’habitudes, d’interdits alimentaires. Il y a aussi les allergies, la lutte contre l’obésité, les recommandations médicales, les prescriptions diététiques (5 fruits et légumes par jour) ; les enfants qui ne mangent pas assez ou trop ou mal, pas équilibré, pas sain ; des parents trop pauvres ou jugés négligents («  qui ne prennent pas le temps de se lever pour préparer le petit-déjeuner », «  trop faibles pour imposer un peu de tout aux enfants ») ou considérés comme incompétents (« ceux qui ne savent pas gérer leur budget, choisir les bons produits », « ceux qui achètent trop de bonbons, de glaces, de sodas, de hamburgers… alors que les légumes ce n’est pas plus cher et tellement meilleur »!).

Les jugements peuvent être rapides de part et d’autre, les reproches sévères, les questions pas si faciles.

Un de mes élèves arrivait presque tous les matins avec un biberon de café au lait qu’il était censé boire dans sa poussette avant d’arriver en classe. Je me souviens aussi de ceux qui avaient toujours d’énormes paquets de chips pour leur goûter ou de très gros sandwiches garnis de riz ou des morceaux de poulet avec des os, etc.


  1. Comment penser les différences éducatives ?


Tous ces exemples et il y en aurait beaucoup d’autres, renvoient à des différences éducatives, à des divergences plus ou moins fortes entre les familles et les professionnels.

Des différences culturelles ?
S’agit-il de différences culturelles ? Dans ce contexte quel sens donne-t-on à ce mot de culture et au terme interculturel ?

De mani.re schématique on peut dégager deux positions contraires qui opposent tant les chercheurs que les praticiens ou professionnels, avec toutes les positions intermédiaires ou ambivalentes :
– Soit on pense qu’il y a des cultures différentes, spares et que l’on peut comparer ces cultures, voire dans certains cas les hiérarchiser ; on peut alors survaloriser les différences culturelles et craindre les contacts, les mélanges susceptibles de « détruire » l’originalité des cultures.

– Soit on pense qu’il n’y a que des mélanges, des contacts, des circulations, des « branchements » écrit Jean-Loup Amselle, anthropologue, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest, qui refuse même le terme de métissage qui suppose des origines pures qui se seraient à un certain moment mêlées alors que, selon lui, aucun groupe humain n’a jamais vécu de façon isolée, coupé des autres groupes (le refus de contact étant lui-même une forme de contact !)

Dans le premier cas on pense pouvoir définir une culture comme un ensemble de traits spécifiques, comme un système ayant des frontières nettes, certains l’envisagent alors comme un « patrimoine »,  « un héritage d’objets, de modes de pensée et de comportements qui donnent son identité  à un groupe humain et à ses membres ».

Dans le second cas on pense que la culture n’est pas la cause d’une identité collective mais sa conséquence, son produit, elle n’est pas un système clos, une tradition à conserver mais une construction sociale en constant renouvellement. (Référence à Denys Cuche, à Jean-Loup Amselle)
Différentes disciplines pour penser l’enfance
Actuellement la question de l’enfance est pensée en termes médicaux et psychologiques, ce sont les disciplines majeures à l’heure actuelle, dominantes dirons-nous. Mais il y a d’autres disciplines qui donnent des éclairages tout à fait passionnants, concernant les enfants venus d’ailleurs. On pense à l’ethnologie et l’anthropologie mais il ne faut pas oublier l’histoire, histoire des mentalités, l’histoire du corps et des pratiques corporelles, la sociologie aussi, la sociologie de l’enfance étant un champ disciplinaire qui se développe de manière intéressante ces dernières années.

C’est pourquoi je voudrais envisager l’enfance et les gestes éducatifs quotidiens, gestes de maternage ou de puériculture à la lumière de quelques-unes de ces disciplines.
Médicalisation
En Europe, la pédiatrie a commencé à se structurer à la fin du XVIIIe siècle et surtout après 1880 et les découvertes de Pasteur. Elle s’est constituée contre les pratiques populaires des campagnes, en les critiquant et en les rejetant. Il y a eu une véritable médicalisation de l’enfance et l’imposition progressive de règles d’hygiène et de maternage. Ces règles se sont imposées différemment selon les groupes et classes sociales. Les classes sociales moyennes et supérieures, plus proches du monde médical ont plus volontiers accepté les normes édictées par ce corps médical.

Les classes sociales moyennes et supérieures ont accepté ces nouvelles normes, elles ont adopté les nouvelles pratiques, elles les ont intégrées, intériorisées de manière assez rapide, ce qui a contribué à les distinguer des autres classes sociales. Luc Boltanski, sociologue, élève de Bourdieu, l’a très bien montré, de manière très détaillée dans un livre qui a fait date : Prime éducation et morale de classe.
Psychologisation
En plus de ce phénomène de médicalisation est apparu, dans les années cinquante-soixante, ce que l’on peut appeler la psychologisation de l’enfance. En effet, c’est à partir de cette date que les savoirs de la psychologie et de la psychanalyse se sont diffusés dans une certaine couche de la population.

A une diffusion par les livres et un certain discours spécialisé s’est ajoutée toute une vulgarisation par la presse (avec des revues spécialisées), la radio, la télévision…

Les dimensions psychologiques et affectives du développement de l’enfant ont pris une place essentielle, démesurée même. L’enfant est devenu un sujet, une « personne », et même un sujet hyper-compétent, hyper-performant (on démontre et on valorise ses compétences sensorielles, relationnelles, affectives, cognitives, etc.). Beaucoup d’auteurs ont mis en évidence cette nouvelle «  passion de l’enfant » comme le dit Laurence Gavarini, une sociologue. Elle souligne même comment cette vision de l’enfant en a fait une « victime potentielle », victime des adultes et de leurs mauvais agissements. Gérard Neyrand sociologue et psychologue, le rappelle aussi dans différents livres et articles. J’ai moi-même travaillé sur des revues portant sur l’enfance (Parents et l’Enfant d’Abord !), en en étudiant le contenu sur cinq années, j’ai pu montrer comment une certaine vulgate

psychanalytique avait fait du temps de l’enfance non seulement le temps de tous les possibles mais celui d’un véritable achèvement, l’enfant devenant un modèle voire un éducateur pour l’adulte lui-même. On y reviendra.
  1   2   3   4

similaire:

Quelles differences culturelles ? iconLe modèle européen en 2003 caractéristiques et problèmes
«Euro» ? Quelles différences avec celles de l’ue ? A partir de l’analyse des pièces et des billets, quelles sont les valeurs qui...

Quelles differences culturelles ? iconQuelles sont les différences entre les monarchies anglaise et française ?

Quelles differences culturelles ? icon2 Pacs / Mariage : quelles différences ?
...

Quelles differences culturelles ? icon«Notre Francophonie» : Quelles forces, quelles faiblesses ?
«Retrouvez tous les dossiers» puis taper le mot «Francophonie» dans la zone de recherche. Sélectionner l’émission : «Notre Francophonie...

Quelles differences culturelles ? icon1. Quelles sont les différences entre les enfants et les grandes...
«D» si vous êtes D’accord avec la phrase et «P» si vous n’êtes Pas d’accord. Puis, écrivez de l’évidence du texte pour appuyer votre...

Quelles differences culturelles ? iconRapport de jury capeps ecrit 1 2004 s ujet : «Les enjeux éducatifs...
«Les enjeux éducatifs du sport scolaire et des associations sportives depuis le début des années soixante. Quelles évolutions, quelles...

Quelles differences culturelles ? iconFestival Zanzan "Cinéma et arts des différences"

Quelles differences culturelles ? iconSensibilisation À la culture
«favorise la prise de conscience de certaines différences et développe curiosité et envie de communiquer.»3

Quelles differences culturelles ? iconNotes culturelles

Quelles differences culturelles ? iconBibliographie Politiques culturelles (Terminale Spécialité)






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com