Leçon inaugurale de la Chaire «Grands enjeux stratégiques»





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1ère idée : les déchirements du Moyen-Orient, sans doute ne sont pas les nôtres, mais ils nous touchent de très près, et l’illusion selon laquelle une politique d’isolement nous permettrait d’échapper à notre géographie, à notre histoire et aux liens humains, matériels et immatériels qui nous unissent à cette région ne serait qu’illusion. A court terme, on peut, peut-être, parvenir à moins s’exposer, mais la crise des réfugiés, comme la mondialisation du terrorisme djihadiste ont montré l’inanité d’un quelconque « repli protecteur ». Cette leçon devrait être entendue partout en Europe.




  • 2ème idée : nous devons nous impliquer avec prudence et modestie, en soutenant nos partenaires de sécurité régionaux, et en favorisant systématiquement les réponses et les acteurs locaux, si imparfaits qu’ils soient parfois, et si tentante que paraisse l’idée d’un « plan » imposé de l’extérieur par l’entente des grandes puissances. Après 15 ans en Afghanistan, nous devrions savoir qu’on ne construit rien de durable sans l’aval et la participation active des sociétés locales. Nos militaires et diplomates créent les conditions permettant d’éteindre le conflit ouvert et d’en revenir à des oppositions politiques – mais ils ne peuvent pas tout.




  • 3e idée à laquelle je crois : nous devons agir en faisant preuve de « patience stratégique ». Cela veut dire trouver un juste milieu entre l’inertie naturelle des machines administratives (nationales et internationales) et l’impatience bien légitime des opinions publiques. « Patience stratégique » : en l’occurrence, l’adjectif importe autant que le substantif, car il s’agit bien d’établir une stratégie dans la durée, d’anticiper d’éventuels réactions adverses ou des développements négatifs. Pour le dire autrement, nous n’allons pas « résoudre » les problèmes de la région, mais nous pouvons aider à les circonscrire et ainsi permettre aux acteurs locaux de progressivement les résorber. Telle est ma conviction profonde.


J’y insiste, parce que ce à quoi nous assistons aujourd’hui au Moyen-Orient, c’est une tentative systématique de destruction des Etats. Au Liban, certains groupes armés sapent l’autorité d’un gouvernement affaibli, tandis que la vacance présidentielle accroît de jour en jour la paralysie du système institutionnel. En Irak, les milices confessionnelles concurrences les forces de sécurité de l’Etat. En Libye, le pouvoir central n’existe plus et nous cherchons à soutenir son retour sous la forme d’un gouvernement d’union nationale. Face à ce combat entre Etats et réseaux communautaires, tribaux, religieux, notre rôle ne doit pas et ne peut pas être d’intervenir partout. Mais nous pouvons assumer d’aider ceux de ces Etats qui cherchent à préserver leur stabilité et leurs institutions. Et dans mon champ de compétence, cela signifie apporter un appui dans le domaine de la sécurité. C’est ainsi que la France a triplé son aide, dans le domaine militaire, à la jeune démocratie tunisienne, attaquée de toutes parts ; nous agissons diplomatiquement en soutien d’un gouvernement d’union en Libye ; le DONAS permettra de renforcer la principale institution multiconfessionnelle du Liban qu’est son armée ; enfin, nous avons développé notre coopération avec les forces armées d’Irak depuis que le Premier ministre Abadi a affiché son intention de rompre avec les excès de son prédécesseur.
La montée en puissance des grands compétiteurs
Parallèlement aux déchirements tragiques du Moyen-Orient, il est une autre évolution déterminante, qui a aussi des implications majeures pour l’Europe : des puissances mondiales sont nées ou ont ressuscité au XXe siècle, en Chine, en Inde, sur le continent africain ou latino-américain, avec lesquelles nous partageons des valeurs mais qui sont également en rivalité avec nous ou entre elles sur la définition des normes internationales.
Pour notre réflexion présente, ou pour la réflexion future des personnalités qui seront amenées à me succéder, sans m’y attarder, je retiendrai un chiffre, parmi cent autres : en 2012, l’Asie a dépassé l’Europe en termes de dépenses militaires cumulées, c’est la première fois. En 2014, les dépenses militaires de l’Asie atteignaient déjà 344 milliards de dollars pour l’Asie, contre 286 milliards pour l’Europe. Voilà un élément de réflexion pour l’avenir.
Le difficile repositionnement des puissances dites occidentales
Et les crises révèlent une érosion de l’influence des acteurs dits occidentaux.
C’est le cas au Moyen-Orient, où les Etats-Unis notamment ne se réinvestissent que progressivement, via la lutte contre Daech, et s’efforcent de mobiliser, au sein de la coalition internationale, leurs alliés régionaux et européens, dans un contexte de montée en puissance d’acteurs de plus en plus sûrs d’eux-mêmes voire agressifs.
Il en va de même en Asie, où nous devons compter bien sûr avec la montée en puissance de la Chine, mais aussi avec l’affirmation croissante de puissances et d’organisation régionales de plein exercice. Nos partenaires asiatiques, avec lesquels se multiplient les relations stratégiques, sont attentifs à ne pas s’engager dans une dynamique crisogène avec Pékin. La Chine s’affirme quant à elle comme tenant de nombreux leviers en Asie du Sud et – on peut l’espérer de façon plus positive – en Corée du Nord.
L’insuffisante unité de l’Europe
Au sein de ce monde bouleversé, il y a l’Europe. Mais faute de pouvoir garantir aux Européens une réelle sécurité, le fonctionnement de l’Union européenne risque de briser un projet politique déjà soumis à rude épreuve. Robert Schuman écrivait que « Les Européens seront sauvés dans la mesure où ils seront conscients de leur solidarité devant un même danger ». Je crois qu’il faut le dire sans ciller : cette conscience n’existe actuellement pas. Dans l’immédiat, l’Europe a moins besoin d’une « armée fédérale » imaginaire, développée par certains comme une fuite en avant, que de solidarité concrète entre ses membres, y compris sur le plan militaire.
A l’extérieur, cette unité est également cruciale. Le chiffre global est peu connu : 7 millions d’Européens vivent au-delà de nos frontières. A ces concitoyens, nous n’avons pas le droit d’offrir une protection dispersée. L’Union, avec ses 28 Etats membres, n’est certes pas parfaite, mais elle offre des instruments essentiels pour répondre aux problèmes qui se posent actuellement : elle doit avoir la force, simplement, de les utiliser et de les améliorer.
Cette Union, c’est notre Union, elle repose sur la volonté politique collective. Il nous faut donc faire face collectivement, il nous faut unir nos efforts pour donner à l’Union européenne les moyens d’être à la hauteur de cette ambition mais aussi à la hauteur des menaces et des risques que j’ai évoqués tout à l’heure.
La remontée en demi-teinte des budgets de défense en Europe
Dans l’urgence, et au regard des impératifs de sécurité, l’Union européenne doit faire un saut qualitatif et quantitatif majeur, pour répondre aux nécessités. Pour cela, l’augmentation des dépenses de défense devrait être une claire priorité. Les Européens ont pensé, bien avant la crise économique et budgétaire, que la paix sur notre continent s’étendrait au reste du monde par une espèce de porosité vertueuse. Or, ce sont désormais de nos frontières que s’approchent les conflits. Il nous faut en tirer le plus rapidement possible la leçon.
Plusieurs Etats membres se sont déjà engagés en ce sens. Les Etats baltes, l’Estonie, la Pologne, la Roumanie ont accru significativement leurs budgets de défense ; la France a mis un terme aux réductions, de budget comme d’effectifs, et a consolidé tout ce qui devait l’être, j’y reviendrai ; le Royaume-Uni, après des coupes sévères, a engagé lui-même l’augmentation de ses crédits de défense et l’Allemagne suit la même voie. Je note d’ailleurs que cette évolution, pour certains, s’est faite dans le contexte d’une proximité directe avec l’agressivité de la Russie, dans le contexte de la crise russo-ukrainienne. D’autres cependant se sont engagés dans une difficile restructuration de leurs forces qui ne leur permet pas de participer à la remontée en puissance européenne.
Ainsi, malgré les augmentations budgétaires enregistrées dans 17 Etats européens et les décisions allemandes, britanniques et françaises de 2015, la remontée en puissance budgétaire européenne a certes inversé la tendance des années précédentes, mais elle reste très limitée (0,54 %). Elle ne permettra pas à une très large majorité d’Etats de rejoindre l’objectif fixé au Sommet de l’OTAN en 2014 des 2 % du PIB consacrés aux dépenses de défense à horizon 2025.
L’Europe face au risque de « régionalisation » des politiques de sécurité
Je souligne un dernier risque, celui de participer et de nourrir une vision divergente de nos intérêts de sécurité, entre Européens. Nous devons à cet égard éviter une « régionalisation » des politiques de sécurité. Tandis que certains Alliés ont le regard tourné vers l’Est, d’autres se concentrent au Sud, où l’instabilité et le terrorisme ne cessent de croître. C’est compréhensible. Mais dans cet environnement stratégique incertain et changeant, il est essentiel d’encourager une posture flexible, adaptée à toutes les menaces, quelle qu’en soit l’origine et quelle que soit leur nature.
La France, devant les menaces que j’ai décrites, dans le contexte que je viens de rappeler, est déterminée à poursuivre la mise en œuvre de l’approche « à 360 degrés » que nous avons retenue dans nos politiques de défense, comme dans les enceintes internationales où nous sommes présents. En 2016, cette exigence est pleinement confirmée, et son application constitue un enjeu majeur de cohésion et d’efficacité. Je continuerai, pour ma part, à convaincre mes partenaires de l’UE et de l’OTAN de la nécessité d’une prise en compte partagée de toutes les menaces. Ce sera notamment un des objectifs à atteindre ensemble dans la rédaction de la Stratégie globale de politique étrangère et de sécurité de l’UE comme lors du Sommet de l’OTAN à Varsovie au printemps prochain. 

 

  1. Nos réponses


Faire le constat des menaces et des bouleversements ne suffit pas. Il faut aussi proposer des réponses. A cet égard, je voudrais partager avec vous une conviction : ces réponses doivent être à la fois nationales et européennes. Autre conviction pour moi inébranlable : c’est aux Etats qu’il appartient en premier d’entretenir une défense forte, et c’est aux plus importants d’entre eux de montrer la voie en Europe.
Les réponses de la France
Validation de nos choix de 2008-13 et au-delà
Permettez-moi de le dire d’emblée : nous ne nous étions pas trompés. Les crises qui ont bouleversé l’actualité de ces derniers mois ont en effet confirmé totalement l’analyse stratégique du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013.
La typologie des « menaces de la force » et des « risques de la faiblesse », maximisés par la mondialisation, s’est avérée malheureusement très exacte. Même si leur soudaineté, leur intensité et surtout leur simultanéité ont pu nous prendre de court, les crises récentes ne constituent donc pas à proprement parler des surprises, et le modèle retenu pour notre système de défense les avait anticipées. En effet, la menace djihadiste dans ses récents développements a rappelé comment la faiblesse des Etats peut engendrer des menaces qui se nourrissent des effets de la mondialisation. Elle a aussi souligné l’imbrication croissante entre la défense à l’extérieur de nos frontières et la sécurité de nos concitoyens sur notre propre sol. Au même moment, la nouvelle stratégie russe, concrétisée par la crise ukrainienne, ravivait le spectre des menaces de la force, voire de la guerre entre Etats, aux portes mêmes de l’Europe.
Ces crises ont donc validé la consolidation des fonctions stratégiques, ainsi que le choix d’un modèle d’armée complet, choix qui est celui du Livre blanc puis de la loi de programmation militaire, maintenant actualisée. J’y insiste, parce que ce modèle complet fait aujourd’hui ses preuves face à la variété et à la multiplicité des menaces auxquelles nos armées se trouvent confrontées au Sahel, au Levant, sur le territoire national, mais aussi dans le cadre de notre contribution aux mesures d’assurance et de réactivité au profit de nos Alliés orientaux.
L’adaptation des budgets, des doctrines et des effectifs en 2015
En 2015, les contrats opérationnels fixés par le Livre blanc ont été atteints voire dépassés dans plusieurs domaines et des ajustements ont dû être faits, notamment lors de l’actualisation de la Loi de programmation militaire, en raison du très haut niveau d’engagement des forces françaises.
L’actualisation de 2015 consolide ainsi l’effort de défense de la France dans un contexte international dégradé et face à une menace terroriste militarisée croissante. L’actualisation, votée par le Parlement, tire les conséquences des crises récentes, notamment en renforçant les moyens de la cyberdéfense et de la fonction Renseignement, mais aussi en confortant nos capacités aéromobiles et de projection, pour agir sur des théâtres d’opération toujours plus étendus. Elle soulage également la charge de la déflation des effectifs, en particulier, pour renforcer de 11 000 hommes une force opérationnelle terrestre particulièrement sollicitée tant à l’extérieur que sur le territoire national.
A la suite des attentats du 13 novembre 2015, le Président de la République a conforté cette dynamique, en décidant d’annuler toutes les déflations qui étaient encore prévues jusqu’en 2019, soit 10 000 postes, et en consentant les efforts nécessaires qui y concourent. C’est un engagement majeur, à la mesure de la mobilisation sans précédent de nos armées, à la hauteur de la situation exceptionnelle à laquelle nous sommes confrontés.
Les réponses partagées
Bien sûr, la France n’agit pas isolément, et nombre de nos alliés et partenaires, notamment européens, commencent à vouloir prendre de plus grandes responsabilités dans le maintien de la sécurité.
Le développement de l’Europe de la Défense doit rester l’une de nos priorités politiques. Les instruments de l’Union ont prouvé une certaine efficacité opérationnelle dans des actions d’ampleur limitée, notamment en Afrique (missions de stabilisation, de formation et de conseil dans le cadre de la réforme des systèmes de sécurité). Mais les Etats membres de l’UE ont toujours des réserves à s’engager militairement dans le haut du spectre. La France doit donc à la fois montrer l’exemple et continuer de disposer d’une gamme complète et autonome de capacités, de manière à pouvoir agir seule et rapidement, le cas échéant. Notre autonomie de renseignement, de décision et d’action doit demeurer au centre de notre stratégie.
Pour autant, les mutualisations continueront à être recherchées de façon pragmatique chaque fois que les conditions seront réunies.
A cet égard, la décision du Président de la République de me demander de saisir nos partenaires européens au titre de l’article 42.7 du traité de l’Union européenne, a suscité un soutien unanime des Etats membres – acte politique inédit et de grande ampleur. C’est une marque concrète de solidarité, qui se décline dès à présent sur les différents théâtres de crise, au Levant et en Afrique. C’est également un encouragement pour tous ceux qui, comme nous, sont convaincus de la capacité des Européens à faire davantage sur la scène internationale. Mon engagement est de tout faire pour approfondir cette dynamique. La construction de l’Europe de la Défense se poursuit ainsi.
En Afrique, enfin, la France fait l’expérience d’un partenariat innovant, en rénovant son dispositif de coopération, mais surtout en favorisant l’appropriation par les Etats africains de leur propre sécurité, y compris à travers des initiatives de dialogue informel comme celle du Forum de Dakar qui a tenu sa deuxième édition en 2015. Le combat contre le terrorisme au Sahel a également contribué à l’émergence d’une nouvelle dynamique de partenariat spécifique autour du G5 Sahel qui regroupe les cinq Etats africains de la région (Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Niger et Tchad), avec le soutien de la France. Il faudra aller plus loin pour conforter la capacité de ces Etats, parmi les plus pauvres du monde, à assurer eux-mêmes leur sécurité intérieure face à la menace du terrorisme militarisé transnational que j’évoquais en commençant. Les attaques subies à Bamako il y a peu et à Ouagadougou ce week-end le démontrent, si cela était encore nécessaire. Ce nouveau type de partenariat transfrontalier à caractère opérationnel et pragmatique inaugure, je veux le croire, une véritable prise de conscience africaine de la nécessité de la coopération militaire et sécuritaire régionale pour contrer efficacement des menaces aussi graves.
*
Mesdames et Messieurs, chers étudiants,
La guerre change – non pas dans sa nature, immuable, d’affrontement collectif violent – mais dans son caractère, en perpétuelle mutation, dans ses moyens techniques, dans ses modalités tactiques. A certains moments de notre Histoire, l’apparence de la guerre se transforme ainsi plus qu’à d’autres époques, et de la même manière, le système international peut évoluer très brutalement. Nous en sommes là aujourd’hui. Comme j’ai essayé de vous l’expliquer, avec l’irruption du terrorisme militarisé mais aussi, à un autre niveau, avec l’émergence de nouvelles puissances et d’un nouveau milieu pour les armées, celui du cyberespace, nous sommes au cœur d’un grand bouleversement stratégique.
Cette analyse, que je tenais à partager avec vous, ne doit pas nous conduire au renoncement, bien au contraire. Que devons-nous faire ? Que pouvez-vous faire ? Je m’adresse ici plus particulièrement aux étudiants, car vous serez les témoins mais aussi les acteurs de ce monde nouveau, qui sera né de ces bouleversements, et en engendrera d’autres.
La réponse est complexe. Elle est de longue haleine. J’ai essayer d’en poser quelques jalons aujourd’hui, mais c’est une réflexion qui doit se poursuivre. C’est aussi, monsieur le président, le grand mérite de cette Chaire.
Je voudrais conclure en revenant à l’Histoire, qui nous enseigne justement la longue durée. La langue française a ici une belle expression, lorsqu’elle nous incite à nous « armer de patience ». Cela ne veut pas dire attendre passivement des jours meilleurs, mais bien les préparer, ardemment, en gardant les yeux ouverts sur tout ce qui les menace, nous menace.
Singulièrement en matière stratégique, l’action et la réflexion sont intimement mêlées. Dans le même temps que nos soldats sont déployés dans les rues de France, par exemple pour protéger les lieux de culte, les écoles, dans ce même temps, nous redéfinissons la doctrine d’emploi des forces armées sur le territoire national. Dans le même temps que nos aviateurs ou encore le groupe aéronaval frappent Daech en Syrie et en Irak, nous réfléchissons, ici, en Sorbonne, aux enjeux stratégiques d’un Moyen-Orient où se joue désormais une part importante de notre avenir commun.
L’Histoire nous parle au présent.
Souvenons-nous ainsi de Périclès, qui rappelait à ses concitoyens que les murs ne valent rien s’il n’est personne pour les défendre.
Souvenons-nous aussi de Verdun, dont nous célébrons cette année le centenaire. Quel meilleur exemple de patience dans l’épreuve, de détermination individuelle et collective, d’unité de la Nation ? 362 000 Français, 337 000 Allemands, ont laissé la vie dans ce qui reste à ce jour la plus meurtrière des batailles de notre Histoire.
Cent ans après, alors que l’Union européenne interroge sa politique de défense et de sécurité communes, la France et l’Allemagne, désormais unies par une solidarité indéfectible, viennent de réunir leurs industries de défense terrestres, avec le projet KANT, et mènent en parallèle plusieurs projets capacitaires ambitieux dans les drones en particulier. Leurs armées françaises et allemandes, surtout, se retrouvent au Sahel et au Levant, sous une même bannière, celle de la paix, de la stabilité, de la sécurité.
Verdun est donc aussi un puissant symbole de réconciliation. Honorer la mémoire de nos morts partagés, en cette année de centenaire, c’est transmettre un espoir intact aux générations qui viennent. C’est apporter la preuve, à tous ceux qui traversent des bouleversements graves, que la paix demeure gagnable, et que malgré tout le meilleur reste possible.
Je vous remercie.


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