Les technologies de l'information : rôle pédagogique et didactique dans l'enseignement de l'anglais





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date de publication01.11.2017
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CYBERLANGUES,

Les technologies de l'information : rôle pédagogique et didactique dans l'enseignement de l'anglais.
Tout d'abord, permettez – moi de me réjouir de vous voir sacrifier quelques jours de vos vacances pour vous réunir et travailler autour des TIC. Ayant moi -même à peine terminé ces vacances, je vous ferai part d'une de mes lectures de vacances. Il s'agit d'un extrait des Anti-mémoires, d'André Malraux, publiées en 1967. Nous sommes en 1946-7 (?), André Malraux, s'entretient avec Gaston Palewski, directeur du Cabinet du général.

" Je n'éprouvais nul désir de devenir député. Mais j'avais un dada : transformer l'enseignement par l'emploi généralisé des moyens audio-visuels. Seuls le cinéma et la radio étaient alors en cause ; on pressentait la télévision. Il s'agissait de diffuser les cours de maîtres choisis pour leurs qualités pédagogiques, pour apprendre à lire comme pour découvrir l'histoire de France. L'instituteur n'aurait plus pour fonction d'enseigner, mais d'aider les enfants à apprendre.

- En somme, dit Palewski, vous voulez faire enregistrer le cours d'Alain, et le diffuser dans tous les lycées ?

- Et remplacer le cours sur la Garonne par un film sur la Garonne.

- Mais c'est excellent ! Seulement je crains que vous ne connaissiez pas encore le Ministère de l'Education Nationale… "
C'était en 1946…

L'audio-visuel est par la suite entré dans les salles de classes, mais pour ce qui est de l'évaluation, il a fallu attendre 1995 pour que, non sans mal et grâce à son opiniâtreté, le Président de jury du Capes Interne, l'Inspecteur Général André Ménager, réussisse à enfin introduire le support vidéo aux épreuves orales du concours. Et encore fallait-il être prudent…On décida de fournir le script aux candidats avec le support.
Etant donné la polymorphie des TIC, je recourrai à ce terme de façon générique, impliquant par là les supports "numériques", sans trop m'aventurer dans une technicité que je n'ai pas, je parlerai donc essentiellement de ce que l'ordinateur –labo multimédia inclus- permet à ma connaissance de faire, sachant que je suis ici également pour apprendre beaucoup de vos pratiques et compétences.

Mon propos n'est pas de vous apporter des informations sur les nouvelles "nouvelles technologies", ce dont je serais incapable, mais de vous apporter un point de vue d'inspecteur, en termes de besoins dans les classes.
Or, c'est certainement là que nous sommes au cœur de la question. Soit nous partons des technologies et nous posons la question " Qu'en faire ?", nous assignons alors des buts à ces technologies.

Soit, nous partons de la discipline, la langue vivante, en nous posant la question : " Comment faire pour mieux faire apprendre ?"Nous définissons alors des moyens, que nous allons chercher éventuellement dans les nouvelles technologies.

Dans les années soixante, on se demandait comment faire entrer le son authentique dans la classe de langue : le magnétophone était de toute évidence l'outil adéquat. Par ailleurs, le professeur qui voulait faire lire autre chose que les vingt textes du manuel recopiait à la main les textes, qu'il reproduisait par le biais d'une machine à alcool. Certains d'entre nous avons encore le souvenir des versions anglaises consciencieusement recopiées de la main du professeur. Donc, nul ne s'est interrogé sur l'usage possible que l'on pourrait de la photocopieuse faire lorsque elle est arrivée dans les établissements !!!
Mais pour ce qui concerne, la dernière décennie, les technologies ont été créés à un rythme tellement soutenu, que l'on se pose la question de leur utilité et utilisation possibles.
Il me semble qu'en partant de l'état de la discipline pour chercher les outils pouvant être utiles, on aura une perspective plus claire.
Les besoins de la discipline : nos objectifs

Ils se déclinent à partir de besoins définis par


  • en priorité les programmes : les quatre compétences qui visent à faire de l'enseignement des langues vivantes un enseignement par et pour la communication, ancrée dans la réalité culturelle du pays de la langue étudiée.




  • un état des lieux : on pourrait à titre d'exemple évoquer la note de la DPE, parue en mars 2004 et nous classant derniers, en anglais, parmi les sept pays évalués, dont l'Espagne. La note met en évidence une baisse des performances des élèves par rapport à ceux de qui furent évalués en 1996. La baisse est nette en compréhension de l'oral, comme en production écrite. Compréhension écrite et compétences linguistiques sont à peu près stables ; cette note ne peut que nous inciter à nous interroger sur notre efficacité dans les classes et chercher en conséquence les moyens de nous améliorer.




  • En troisième lieu, les besoins de la discipline dépendent non seulement des objectifs fixés , mais également du contexte dans lesquels ces objectifs doivent être atteints. C'est-à-dire qu'entrent dans la définition des besoins, la réalité pédagogique, à savoir, du côté structurel : les horaires, la répartition des heures d'enseignement de langues vivantes, les effectifs, et du côté socio-pédagogique : les profils des élèves, l'hétérogénéité.


Quelles réponses peuvent alors apporter les TIC ?
En premier lieu, en termes pédagogiques proprement dits, les TIC permettent aux professeurs qui les utilisent de diversifier leurs approches d'apprentissages.

Elles favorisent également le travail inter - disciplinaire (au collège, notamment, langues/technologie, pour ne donner qu'un exemple ou encore l'acquisition du B2i.)

Les TIC favorisent également les échanges entre professeurs, vous en êtes un exemple, puisque les anglicistes ici adhèrent pour la plupart aux échanges en ligne e-teach, et la plupart consultez souvent le "Café Pédagogique". J'ai l'occasion de temps à autre de consulter ces échanges : on constate qu'ils sont vifs, rapides et qu'ils se multiplient. Les TIC permettent également de resserrer les liens entre professeurs et inspection.

Mais au-delà des ces expériences d'échanges, l'obsession de l'inspecteur –évaluateur reste la rentabilité pédagogique. Lorsque l'on me présente un projet TIC, il ne me suffit pas de savoir que les élèves sont lancés sur tel ou tel projet internet, ou projet de chat, encore faut-il s'assurer des réels bénéfices langagiers pour l'élève : le contre-exemple en est l'élève qui clique sur tout ou son contraire - je prends l'exemple observé d'élèves en laboratoire multi - média libre service, cliquant sur un exercice au hasard, l'abandonnant dès qu'ils se lassent ou rencontrent la difficulté pour aussitôt aller cliquer sur un autre…Quel sens cela a-t-il?
C'est la raison pour laquelle je voudrais introduire l'importance de l'analyse didactique dans les activités TIC.

Au préalable, je souhaite clarifier la distinction entre pédagogique et didactique.

- La didactique est l'analyse de la langue - cible, des difficultés d'apprentissage qu'elle présente et qui sont inhérentes à son fonctionnement interne, toutes choses étant égales par ailleurs, c'est-à-dire indépendamment des conditions structurelles d'acquisition.

L'analyse didactique portera sur ce qui mène un francophone à faire des erreurs, comparé à un élève japonais par exemple. Cette analyse didactique pourra comprendre l'analyse linguistique comparative, de la langue cible et de la langue 1 (soit langue de départ). Elle pourra comprendre également des données psycho - linguistiques : l'âge de l'élève, avec ou non maturité suffisante pour la conceptualisation de certains faits de langues "étranges", le fait que l'élève a été ou non déjà exposé à l'apprentissage de plusieurs autres langues, enfin des données plus directement psychologiques comme le fonctionnement de la mémoire.

- Le pédagogique est à l'inverse du "toutes choses étant égales par ailleurs": c'est le bon angle d'attaque que le professeur définit en fonction d'un type d'élèves définis, du contexte de sa classe. Il choisit le support, le contexte d'apprentissage qui lui convient. Ce choix devrait reposer sur une analyse didactique en profondeur, mais ce n'est pas assez souvent le cas.

En effet, on voit souvent des exercices qui sont on ne peut plus traditionnels, voire d'une pédagogie usée, datée, dans certains logiciels. Que vous fassiez faire un exercice au départ mal conçu sur papier ou sur ordinateur, le résultat sera le même, l'exercice reste mal conçu !

Pour simplifier, j'évoquerai le cas de quelques activités, à travers les traditionnelles quatre compétences ; je parlerai en premier des exercices grammaticaux, n'y voyez ni une hiérarchie en importance, ni un ordre chronologique de séquence pédagogique, mais simplement le souci d'isoler quelques remarques spécifiques à ces activités.

Mes exemples porteront surtout sur le collège, essentiellement parce que le niveau débutant/pré-intermédiaire, met bien en relief les points forts et les points faibles des TIC


  • Grammaire /ou compétence linguistique


Les exercices devront être contextualisés.

On ne peut faire une séquence d'apprentissage autour de la nourriture, par exemple, puis mettre les élèves devant un exercice décontextualisé, dont la première phrase parle du facteur, la deuxième du temps qu'il fait et la troisième de la nouvelle paire de jeans que l'on s'est acheté…Ce type d'exercices, conçu à la va-vite nuit à l'apprentissage, car l'absence de contexte ne permet pas l'accroche mémorielle ; on préférera des exercices faisant un tout, ayant un sens, sur un même thème…voire avec une petite histoire.

Les exercices peuvent viser l'acquisition d'automatismes : il en faut. Ils peuvent également viser la réflexion sur l'emploi des formes, ou mieux encore, par une véritable pratique raisonnée de la langue viser l'acquisition de nouvelles formes, dans un conetxte communicatif qui éclaire l'usage des formes à employer. Rien n'est pire que l'élève qui essaie toutes les solutions, sans se poser de questions, jusqu'à ce que cela marche !

On favorisera également les exercices qui procèdent par comparaison de paires minimales : l'exemple le plus courant étant prétérit/present perfect, forme V-ing et forme simple. On veillera alors à ce que l'élève comprenne toujours pourquoi il choisit une forme plutôt que l'autre.

  • Compréhension écrite : la lecture sur écran ne se prête pas à une lecture suivie, mais les activités de recherche sur internet, amènent peu à peu l'élève à s'entraîner au recueil, puis au tri d'informations, précieux pour son développement intellectuel. Est-il nécessaire de dire que le professeur a alors un rôle primordial à jouer ? Il est celui qui aide à ordonner, donner un sens aux informations recueillies de façon éparse par l'élève, il a un rôle pédagogique fort dans l'établissement d'un questionnement progressif de recherche. L'activité dite de "Treasure Hunt", que vous connaissez tous, en est un bon exemple. Au collège, eElle permet à l'élève de commencer à maîtriser de façon modeste l'accès à quelques informations fondamentales. On commence surtout par la définition de mots – clés culturels. Toujours à ce propos, on pourra s'interroger sur l'opportunité pédagogique du "lien" que l'on peut créer. Le lien permet un apport d'informations immédiat et ciblé. Mais n'empêche-t-on pas l'élève de chercher par lui – même ? Toutefois, en lui donnant la possibilité d'accéder rapidement à l'information requise, ne l'encourage –t'on pas d'une autre façon, en l'intéressant davantage ? Vous savez qu'il est quasiment impossible d'amener un élève à aller lui-même chercher une définition dans un dictionnaire… Est-ce qu'en l'empêchant d'accéder rapidement à l'information, via le lien, on le poussera à aller chercher par lui-même l'information ? J'en doute… Et on pourra préférer voir un élève motivé dans son travail car il a le sentiment d'avancer que de voir un élève qui piétine, se décourage et abandonne…

  • Production écrite

C'est certainement en production écrite, que l'apport de l'outil informatique est le plus riche. Il permet en effet , prenons l'exemple du labo multimédia, de travailler tour à tour individuellement, puis collectivement l'entraînement à l'expression écrite. Au lieu de faire travailler chaque élève ou groupe d'élèves à une activité d'écriture, puis de faire venir un élève au tableau pour recopier ce qu'il a écrit, (activité fastidieuse, peu productive), ou bien encore faire lire à voix haute ce que l'élève a écrit (autre source de difficultés, puisqu'il lira la plupart du temps de façon inintelligible !), on a la possibilité de faire apparaître pour tous sur l'écran du maître une production d'élèves, de la commenter, d'en garder un exemplaire corrigé pour chaque élève. Le professeur peut mieux aider individuellement également, puisqu'il peut, de sa console, "prendre la main" et aider un élève à se corriger en pointant du curseur le mot à corriger par exemple…cela avec une grande facilité de manipulation.

Les TIC nous permettent un travail plus propre, plus rapide, plus efficace, mais encore faut-il que le professeur ait mené une réflexion didactique et pédagogique sur l'entraînement à l'expression écrite : comment aider l'élève, incapable apparemment de rédiger un paragraphe, voire une phrase intelligible, à entrer dans la phrase, puis dans le paragraphe ? Comment aider un élève à mobiliser des formes et employer des passifs par exemple ailleurs que dans les exercices de grammaire, mais pour dire ce qu'il signifie lui, réellement ? Ce sont là des questions que l'on doit se poser, TIC ou pas, et si l'on emploie les TIC, préalablement au lancement de toute activité de ce type.

Autant dire que le professeur qui décide d'utiliser ces outils ne s'épargne pas le travail, ni devant élèves, ni dans ses préparations.

  • Compréhension orale : là encore, les TIC permettent de gagner en confort tant pour l'élève que pour le professeur : de meilleures conditions d'écoute, une manipulation qui devient immédiate, précise. La segmentation d'un extrait sonore se fait à la syllabe près. Mais encore faut-il analyser les difficultés de segmentation qu'un enregistrement peut présenter. Je donnerai un exemple entendu en classe : la phrase He's away for two days. Certains entendent/interprètent today, d'autres Tuesday, et un autre encore Thursday ! Autant dire que ce type de difficultés devrait être anticipé par le professeur et traité dans la façon dont il mène l'écoute. TIC ou non, c'est ce travail là qui est fondamental, et est la condition suffisante et nécessaire de l'apprentissage, les TIC restant un outil facilitateur, très appréciable mais facilitateur seulement. Par ailleurs, en ce qui concerne la prononciation, j'aimerais apprendre auprès de vous les activités qui ont été créées autour de la reconnaissance vocale.


En conclusion, je dirai que nous avons une grande curiosité pour les TIC, mais tout en gardant à l'esprit l'éthique de la rentabilité pédagogique. Nous comptons sur les TIC pour créer les outils d'un apprentissage progressif et programmé. Il nous faut sans cesse analyser les nouveautés à partir de nos besoins, sans nous laisser dépasser par la rapidité du développement.
C'est pourquoi j'espère apprendre auprès de vous si nous avons des outils, des rehcerhces en cours, des logiciels etc.. qui permettront de :


  • faire progresser la compréhension de l'oral dans les classes, affiner les capacités de discrimination auditive, améliorer la prononciation des élèves ;

  • pour les élèves, de mieux maîtriser l'emploi des formes ;

  • développer l'autonomie des élèves dans l'acte d'écriture, développer chez lui le goût d'écrire ;

  • développer l'autonomie des élèves dans la recherche d'informations…


Enfin, nous nous poserons la question de l'évaluation de ces progrès.

En perspective donc, beaucoup de travail !
Marie – France Chen Géré, IA-IPR d'anglais.

Mardi 24 août 2004, Orléans.

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