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ça ne s’inscrit que quand c’est autre chose qui est donné. Et si tant est que c’est d’existence ponctuelle qu’il s’agit, l’existence de quelque chose ne s’inscrit qu’au moment où elle décline justement, du moment où c’est d’une autre existence qu’il est question. Cette disjonction, c’est à peu près ce qui passe entre l’être et l’être prédiqué, et j’espère avoir

le temps d’arriver jusqu’à la logique de Port-Royal qui était théoriquement le noyau de mon exposé, mais c’est douteux.
Vous vous souvenez que la dernière fois, LACAN a caractérisé l’être comme étant « section de prédicat ».

Et c’est à proprement parler de cela qu’il est question. Et tout de suite je vais donner quelques réflexions sur ne fut-ce que cette formule « section de prédicat » qui fait sentir immédiatement la récurrence où se construit ce qui justement

est supposé supporter tout prédicat, c’est-à-dire l’être, ce qui supporte les prédicats avant, ça se donne après les prédicats.
Et d’une certaine manière, s’il y a « section de prédicat » pour trouver l’être, ça veut dire que ce qui supporte les prédicats,

c’est ce qui n’est pas dans les prédicats. C’est justement ce qui est absent des prédicats, ce qui est absent dans la prédication.

C’est donc l’absence d’être, d’une certaine manière, qui porte les prédicats, ce qui implique aussi et de façon un peu indirecte que les prédicats ne sont eux-mêmes prédicats que de cette absence. Que le prédicat puisse être coupé,

c’est comme si en quelque sorte il y avait déjà une partition élémentaire, comme si une ligne était donnée en pointillé, une frontière et qu’il suffit de découper comme dans certains emballages.
LACAN
Articulez bien la notion de « section de prédicat » puisque c’est ce que vous avez accroché dans ce que j’ai laissé,

et j’ai juste presque achoppé là-dessus.
François RÉCANATI
La « section de prédicat », c’est proprement le noyau de mon exposé. On peut imaginer ça comme une vibration,

c’est-à-dire que c’est à partir d’une espèce de halo que je vais essayer, en faisant le tour véritablement, de cerner ce noyau

qui va apparaître dans tous les exemples que je vais donner. Section de prédicat c’est donc comme si ça pouvait être coupé. Je n’insiste pas là-dessus, sinon qu’il est évident que ce n’est pas d’avoir coupé la coupure qu’on va retrouver l’insécable, et que la frontière, une fois qu’on a tailladé dedans, elle insiste d’autant plus qu’elle se manifeste comme trou.

Disons que la section, pour prendre les sens qui viennent, c’est aussi bien faire 2 de ce qui était Un, et si je signale ce sens qui n’est pas ce qui se reçoit ici, c’est parce que c’est celui que GRODDECK donne à un de ses concepts,

qui s’appelle justement la « sexion », c’est-à-dire que ça n’est pas sans intéresser le sexe, d’une certaine manière.

Et ça c’est la manière pour GRODDECK de faire référence à PLATON, et quand je dis PLATON il ne s’agit pas

du « Parménide » mais du « Banquet ».
Vous vous souvenez que dans le discours d’ARISTOPHANE est soulevé le problème de ce mythe de l’androgyne originaire qui aurait été coupé en deux. Ç’aurait été ça, la « sexion » avec un x. Or, ce sur quoi je voudrais insister,

c’est sur quelque chose qui ressort très bien du Banquet, non pas spécifiquement du discours d’ARISTOPHANE

mais un peu de tous les discours, même ceux qui sont supposés contradictoires, et je vais ne prendre que deux exemples :

le discours de DIOTIME d’une part, celui d’ARISTOPHANE de l’autre.
Et le Banquet ça porte sur l’amour. L’amour, dit DIOTIME, c’est ce qui, partout où il y a du 2, fait office de frontière,

de milieu, d’intermédiaire, c’est-à-dire d’interprétant.
Quand je dis « interprétant », c’est parce qu’on peut très bien traduire comme ça le mot que PLATON emploie,

qui est un mot dérivé de Μαντιχή [mantiké], qui veut dire l’interprétation et PLATON dit que ce mot vient

de Μανιχή [maniké] qui veut dire le délire. C’est ce qui fait office d’interprétant.
Mais le seul intérêt de cette formule - parce que somme toute, personne dans l’assemblée du Banquet ne la conteste -

c’est ce qui permet de s’ensuivre ceci : que l’amour en aucun cas ne saurait être beau parce que ce qui se pose comme objet de l’amour, ce qui comme série tombe sous le coup de l’amour, l’amour étant comme une marque qui fait défiler, qui instaure une espèce de couloir où une série d’objets va passer, les objets qu’il a marqués - l’amour ne peut pas être beau parce que ses objets sont beaux, et il est dit qu’en aucun cas, ce qui est l’agent d’une série, l’instance même

de la série ou le terme ultime de série, ce qui chapeaute une série ne peut avoir les mêmes caractères que les objets

qui sont dans cette sériation, c’est-à-dire que les objets de l’amour sont beaux, l’amour ne peut pas être beau.

C’est là à proprement parler un caractère de cette instance de sériation, un caractère de l’interprétant que personne, parmi les polémistes présents dans l’assemblée du Banquet, ne remet en question.
Et on peut voir assez facilement le rapport qu’il y a avec ARISTOPHANE, même si ça paraît plus lointain,

c’est que quand il dit qu’à l’origine, les hommes avaient quatre jambes, quatre bras, deux visages et deux sexes,

ils devenaient un peu trop arrogants parce qu’ils n’avaient plus vraiment de désir, il ne leur manquait pas grand-chose,

alors ZEUS a décidé de les couper en deux pour qu’ils deviennent humiliés.
Mais ce qu’a dit ZEUS c’est que ça ne compte pas une coupure s’il n’y a pas des effets de coupure, c’est-à-dire que si

la coupure est ponctuelle et qu’après ça continue comme avant, ça ne sert à rien. Alors ce qu’il a voulu c’est que ça reste, qu’il y ait un effet, et pour cela il a tourné les visages, qui étaient alors comme les sexes dans le dos - et l’endroit de la coupure, c’était proprement le ventre puisqu’il y a le nombril qui est l’indice de la coupure - il a décidé de tourner

les visages du côté du nombril, pour que les hommes s’en souviennent de cette coupure. Et puis pendant qu’il y était,

il a tourné les sexes également, pour qu’ils puissent essayer de se recoller et que ça les occupe.
Mais l’important - et ce pourquoi j’ai déroulé tout ça en rapport avec le discours de DIOTIME - c’est que le résultat

de toute cette opération, qui peut apparaître dérisoire, c’est simplement que l’homme, on lui a tourné le visage,

il ne peut plus regarder derrière lui, il ne voit plus qu’en avant, il voit seulement ce qui le précède. Est-ce qu’on voit bien que c’est précisément également ce que dit DIOTIME, c’est-à-dire que c’est ça la fin de tout, c’est-à-dire la fin du tout

en tant qu’à toute série, il manquera le terme ultime de la sériation, le point de vue : ce d’où la sériation se construit.
LACAN – C’est bien ce que je disais tout à l’heure : qu’il ne voit pas l’encore.
François RÉCANATI
Ce que je viens là d’isoler à partir de deux discours, on va le retrouver comme deux points très liés à propos des ordinaux.

Ce qui fait l’ordinal - on vous l’a déjà dit - c’est quelque chose de l’ordre d’un nom de nom, et on va voir plus précisément de quoi il retourne, en ce sens que l’ordinal c’est un nom, mais si c’est un nom, la fonction de ce mot c’est de nommer quelque chose qui n’est pas justement son propre nom.
C’est en quelque sorte le nom 2nd de ce qui précède, du nom qui précède et qui - comme nom lui-même - est bien un nom, mais ne sert qu’à nommer quelque chose qui précède etc. Voilà le rapport avec ARISTOPHANE. Je n’insiste pas.

Il y a un problème qui va se poser tout de suite, et je tâcherai de l’aborder, c’est que le 1er ordinal, lui n’est pas vraiment

un nom de nom, parce qu’il n’y a pas de nom qui le précède, si tant est qu’il soit le 1er. C’est pourquoi j’ai écrit à côté

le « nom du nom » parce que c’est ça le 1er ordinal.

Et je dirai même : si c’est cela qui se passe au début, c’est à cause de ça qu’après il y a du nom de nom, parce que justement, dès lors qu’on donne un nom à ce qui n’en a pas, c’est dans l’identification justement quelque chose comme le déclin

de l’identité en ce sens qu’on en dit un peu plus, et que ce plus qu’on dit, il va falloir lui-même non pas tant le résorber mais l’identifier, lui donner un nom, et à partir de là c’est le décalage infini.
Nommer, en général, c’est faire le point de ce qui précède dans la série. Mais le point en tant que lui-même fonctionne comme nom, précède quelque chose à venir également, et ce quelque chose à venir, si on le considère absolument,

ce qui est toujours à venir ce sera ce qu’on pourrait appeler l’« encore », qui lui, ne précède rien qui ne soit lui-même,

c’est-à-dire ne détient pas de nom, innommable de ce fait. On voit que de ce point de vue là, ce que j’appelle l’encore,

c’est l’index de l’infini. Et d’autre part on peut dire que l’infini est déjà là : il est donné dès le départ dans l’homonymie du nom et du non. C’est-à-dire que le nom, c’est quelque chose comme la propagation du non plus radical qui, avant toute nomination, dans l’instant de toute nomination, se donne comme quelque chose d’infini. On voit donc quelque chose

se détacher comme deux bornes, le non d’une part et l’encore, et l’ordination c’est ce qui passe entre les deux.
C’est-à-dire que ce qui va m’intéresser - et on peut voir le rapport de ceci avec la section de prédicat c’est-à-dire avec cette expression et cette récurrence - c’est le rapport entre les deux. Le système de la nomination en général, vous voyez à peu près comment on peut l’appréhender : c’est l’enrobage d’un impossible de départ, enrobage qui justement dans ce rapport à l’impossible, ne se soutient que de l’encore comme indice de cette transcendance de l’impossible par rapport à tout enrobage.
Et si l’impossible c’est ce qui dit non - ce qui n’est pas évident et je regrette de n’avoir pas le temps de développer ce point -

il faudra l’entendre à peu près comme une dénégation radicale, en tant que la dénégation c’est quelque chose qui est déjà infini.

C’est-à-dire qu’en tant que c’est déjà infini, la dénégation se moque pas mal de ce qui arrive en quelque sorte derrière elle, ce qu’elle supporte, c’est-à-dire tout le jeu de prédication, tout le jeu d’objectivation prédicative qui prend la dénégation par exemple pour la nier, en disant non ou en disant oui, ça ne donne jamais de oui, la dénégation reste intacte, avec des petits jeux qui se passent sur son corps, pourrait-on dire. Et alors ce n’est même pas, pour l’infini de la dénégation, une chatouille.
Alors ceci nous amène à penser - c’est une parenthèse - que même si ce que j’ai appelé « la manipulation logique sur fond d’infini », ça devient infini à son tour, ça ne veut pas dire qu’on va guérir l’infini à coup d’infini et que ça va donner

tout d’un coup du fini, ou quelque chose comme du oui. Au contraire, ça va devenir pire en ce sens que ce qui

dans la nomination peut devenir infini, ce n’est pas la même chose que ce qui est déjà là comme infini dans ce que j’appelle cette dénégation initiale, en ce sens que ce qui dans la manipulation logique vient comme infini c’est la nomination de l’infini, et que ce qui est déjà là comme dénégation infinie, c’est ce qui infinitise toute nomination, c’est l’infini de la nomination.
Ce qui fait que la nomination de l’infini, elle sera une nomination comme les autres, c’est-à-dire qu’elle sera aussi bien sujette à cette infinitisation qui est déjà là, qui part d’une source qui est au début. C’est-à-dire que ça ne va rien changer

et qu’on peut poser quelque chose comme oméga, le plus petit ordinal infini, ça ne va pas s’arrêter là, ça continue

dans l’ensemble des parties d’oméga, dans les alephs etc.
Dès lors que l’infini est donné dans cette position là, il faut que l’infini lui-même soit infini, c’est-à-dire qu’on continue ces passages d’infini à l’infini, etc., qu’on continue « encore ». Comme si ce qui veut s’atteindre dans cette histoire,

c’est précisément l’encore lui-même. L’encore a donné comme la limite de l’extension de ce non radical dont j’ai parlé,

et je vais maintenant parler du rapport entre le non radical et l’encore, puisque c’est à ça que va m’introduire rétroactivement ce sur quoi je vais revenir, c’est-à-dire la « section de prédicat ». La « section de prédicat », on le voit immédiatement,

c’est à la fois ce qu’il y a après toute prédication, c’est-à-dire une fois qu’on peut dire « il n’y en a plus, des prédicats »

et c’est aussi bien ce qui, avant toute prédication, la supporte.
Mais ce qu’il faut comprendre c’est que cet avant et cet après c’est la même chose, c’est-à-dire que c’est ce qui constitue,

ce qui soutient la prédication comme l’enrobage d’une impossibilité, cette impossibilité qu’il faut comprendre comme l’impossibilité même de la prédication, c’est-à-dire l’impossibilité de fournir tous les prédicats, de les mettre ensemble, sans qu’au-moins un se détache comme représentant dans l’impossibilité, dans l’existence l’impossibilité ou si l’on veut l’encore.
Plus précisément quant aux ordinaux, l’ordinal nomme le nom de celui qui le précède. Cela veut dire deux choses : qu’un ordinal ne se nomme pas lui-même mais est nommé par son successeur, et qu’à chaque ordinal appartient la sommation mécanique de tous ceux qui le précèdent. Puisqu’un ordinal nomme son précédent, son précédent nomme son précédent etc., c’est-à-dire qu’il y a, accrochée à chaque ordinal, la série de tous les ordinaux qui l’ont précédé.
Or, déjà ces deux points impliquent une discordance essentielle entre le nom et le nom de nom, et c’est ce que j’appellerai un effet d’écrasement. Ce qui vient identifier le zéro par exemple, dans une définition du zéro, comme quelque chose comme l’élément unique de l’ensemble identique à zéro, ou pour l’ensemble vide on peut très bien dire :

ce qui est élément unique de l’ensemble de ses parties, ou simplement cet ensemble de ses parties dont il est l’élément qu’il vient identifier proprement, ceci se donne comme prédicat du zéro. Or, on voit bien que dans ce prédicat,

il y a quelque chose en plus qui est donné, en plus que l’ensemble vide, en plus que le zéro, et c’est tellement tangible.
La preuve en est que justement le 0 et le 1 qui n’est censé être autre que l’identification du 0, ça fait justement 2.

On voit qu’on change de niveau, que ça n’a aucun rapport, que ça ne se situe pas – il y a un décalage, on passe d’un niveau à un niveau supérieur. Mais ce qui est remarquable, c’est que ce 0 et ce 1 qui n’ont rien à voir, qui ne se situent pas au même niveau, on les met ensemble comme les éléments de ce nouvel ensemble constitué par l’ordinal 2.
0 et 1 ça fait 2 justement au sens où le 0 et le 1 sont en quelque sorte nivelés, mis sur un même plan dans le 2. Et pour

le 2 lui-même, l’opération va se répéter dans ce passage du 2 au 3 etc. Le representamen
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