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S2 qui relève de la linguisterie]
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J’y reprends, j’y pars de la phrase que j’ai, l’année dernière, à plusieurs reprises écrite au tableau21 sans jamais lui donner de développement, parce que j’ai trouvé que j’avais mieux à faire c’est-à-dire à entendre quelqu’un qui après avoir bien voulu prendre la parole ici, nommément ce RÉCANATI que vous avez entendu une fois de plus la dernière fois, et grâce à quoi je peux relever la légitimité du titre de séminaire, grâce à lui donc je n’ai pas donné suite à ceci que :
« le dire est justement ce qui reste oublié derrière ce qui est dit dans ce qu’on entend ».
C’est pourtant aux conséquences du dit que se juge le dire [le direle ditl’entendu : l’univocité du sens qui masque le dire].

Mais ce qu’on en fait du dire, reste ouvert : on peut faire des tas de choses avec les meubles à partir du moment,

par exemple, où on a « essuyé » un siège ou un bombardement [nombreuses équivoques]. Il y a un texte de RIMBAUD

dont j’ai fait état, je pense l’année dernière [séminaire : L’acte analytique, séance du 10-01-1968]. J’ai pas été rechercher,

j’ai pas été rechercher où il se trouve textuellement, et puis c’est parce que j’étais pressé ce matin…

c’est ce matin que j’y ai repensé, je crois quand même que c’est l’année dernière.
Un coup de ton doigt sur le tambour décharge tous les sons et commence la nouvelle harmonie.

Un pas de toi, c’est la levée des nouveaux hommes et leur en-marche.

Ta tête se détourne : le nouvel amour !

Ta tête se retourne, - le nouvel amour !

« Change nos lots, crible les fléaux, à commencer par le temps », te chantent ces enfants.

« Élève n’importe où la substance de nos fortunes et de nos vœux » on t’en prie.

Arrivée de toujours, qui t’en iras partout.
C’est ce texte qui s’appelle « À une raison » qui se scande de cette réplique qui en termine chaque verset : un nouvel amour. Et puisque je suis censé la dernière fois avoir parlé de l’amour, pourquoi pas le reprendre à ce niveau. Pour ceux qui savent, qui ont déjà là-dessus un petit peu entendu quelque chose, je le reprendrai au niveau de ce texte, et toujours sur ce point de marquer la distance de la linguistique à la linguisterie.
L’amour c’est - chez RIMBAUD, dans ce texte - le signe, le signe pointé comme tel de ce qu’on change de raison [de discours],

c’est bien pourquoi c’est à cette raison qu’il s’adresse « À une raison » : on a changé de discours. Je pense que quand même

- quoiqu’il y en ait qui s’en aillent dans les couloirs en demandant qu’on leur explique ce que c’est que les quatre discours 22

je pense que - comme ça : au collectif - je peux me référer à ceci que j’en ai articulé quatre et que je n’ai pas besoin

de vous en refaire la liste. Je veux vous faire remarquer que ces quatre discours ne sont à prendre en aucun cas comme une suite d’émergences historiques, qu’il y en ait eu un qui soit venu depuis plus longtemps que les autres, n’est pas là ce qui importe.

[l’amour est le signe du changement de discours : « un nouvel amour »un autre signifiant. Dans les 4 discours l’impuissance du « Plus-de-jouir » à atteindre la Vérité déclenche une rupture, un saut (quart de tour anti-horaire), un renversement du discours précédentune autre « raison » un autre signifiant vient occuper la place,

par exemple le renversement du discours Hystérique aboutit au discours du Maître : le S1 prend la place du S.]
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En disant que l’amour c’est le signe de ce qu’on change de discours, je dis proprement ceci que le dernier à prendre ce déploiement

qui m’a permis de les faire quatre - mais ils n’existent quatre que sur le fondement de ce discours psychanalytique

que j’articule de quatre places, et sur chacune de la prise de quelque effet de signifiant stipulé comme tel -

ce discours psychanalytique, y’en a toujours quelque émergence à chaque passage d’un discours à un autre.
Ça vaut la peine d’être retenu, non pas pour faire de l’histoire puisqu’il ne s’agit de ça en aucun cas, mais pour si on se trouve par exemple placé dans une condition historique, si l’on repère, si l’on s’avance, mais c’est libre qu’on considère que la fondation de l’université au temps de CHARLEMAGNE c’était le passage d’un discours du Maître à l’orée d’un autre discours.
Simplement à retenir qu’à appliquer ces catégories, qui ne sont elles-mêmes structurées que de l’existence - qui est un terme, mais qui n’a rien de terminal - du discours psychanalytique, il faudrait seulement dresser l’oreille à la mise à l’épreuve de cette vérité qu’il y a émergence du discours analytique à chaque « passage », de ce que le discours analytique permet de pointer

comme franchissement d’un discours à un autre.

[chacun des discours H,U,M commence par soutenir la possibilité d’un rapport sexuel (jouissance phallique) pour aboutir à l’aporie, à l’impuissance du « Plus-de-jouir »

à atteindre la Vérité (la jouissance du corps de l’Autre). Le discours A interroge la jouissance de l’Autre (a ? S S1 S2), il y a donc « émergence » du discours A

(et demande d’amour) chaque fois qu’un des discours vient buter sur « la faille », sur l’impuissance du « Plus-de-jouir » à réaliser la jouissance du corps de l’Autre. ]

La dernière fois j’ai dit que « La jouissance de l’Autre - je vous passe la suite, vous pouvez la reprendre - n’est pas le signe

de l’amour ». Et ici je dis que « l’amour est un signe ». L’amour tient-il dans le fait que ce qui apparaît ce n’est rien d’autre,

ce n’est rien de plus que le signe ? C’est ici que La logique de Port-Royal - l’autre jour évoquée [cf. exposé de François Récanati ] - viendrait nous prêter aide. Le signe - avance-t-elle cette logique, et on s’émerveille toujours de ces dires qui prennent

un poids quelquefois bien longtemps après - le signe c’est ce qui ne se définit que de la disjonction de deux substances qui n’auraient aucune partie commune, ce que de nos jours nous appelons « intersection ». Ceci va nous conduire à des réponses, tout à l’heure.

[il y a hétérogénéité des deux substances : substance potentielle (matérielle) ≠ substance de l’extension (prédicative). Cf. supra « l’étroit chemin » que Lacan fraye

(littoral entre deux espaces hétérogènes)]
Ce qui n’est pas signe de l’amour - je le reprends donc de la dernière fois - ce que j’ai énoncé de la jouissance de l’Autre,

ce que je viens de rappeler à l’instant en commentant : « du corps qui le symbolise », la jouissance de l’Autre - avec le grand A que j’ai souligné en cette occasion - c’est proprement celle de « l’Autre sexe », et je commentais : « du corps qui le symbolise ».
Changement de discours : assurément c’est là qu’il est étonnant que ce que j’articule à partir du discours psychanalytique,

eh bien ça bouge, ça noue, ça se traverse... Personne n’accuse le coup ! [C’est à partir du discours A que l’on peut « pointer » ce renversement d’un discours dans un autre, et le mouvement qui en résulte (« ça bouge » dit Lacan) - la « ronde des discours » - n’est perçu que par le « bouclage » que permet le discours A]

J’ai beau dire que cette notion de « discours » est à prendre comme lien social, comme tel fondé sur le langage et différenciant ses fonctions à propos de cet usage du langage [comme lien social], il semble donc comme tel n’être pas sans rapport avec ce qui dans la linguistique se spécifie comme grammaire - rien ne semble s’en modifier : cet usage instituant, nul ne le soulève,

du moins à ce qui apparaît. [la linguisterie se fonde du S1 (le signifiant de la jouissance, comme singulier (odd), coupé du savoir la bêtise) conduit à la notion

de discours à prendre comme lien social chaque type de discours, chaque « raison » fonde, structure, institue, met en forme (information) un lien social, comme une grammaire

(cf. structuré comme un langage) La linguistique se fonde du signifiant comme support du trait distinctif (phonème), et du signifié comme « message » sous réserve de conformité

de la chaîne signifiante au code du langage (d’où la grammaire) théorie (scientifique : mathématique, génétique…) de l’information]
Peut-être ça pose la question de savoir ce qu’il en est de la notion d’information. Est-ce qu’à prendre le langage dans la linguisterie

la notion qui semble promue comme appareil aisé, propice à faire fonctionner le langage dans la linguistique d’une façon pas bête, celle qui impliquait codes et messages, transmission, sujet donc, et aussi bien espace, distance

…est-ce que malgré le succès foudroyant de cette fonction d’information, succès tel qu’on peut dire que la science toute entière vient à s’en infiltrer…

nous en sommes au niveau de l’information moléculaire, du gène et des enroulements des nucléoprotéines autour des tiges d’ADN, elles-mêmes enroulées l’une autour de l’autre, et tout cela est lié par des liens hormonaux, ce sont messages qui s’envoient, qui s’enregistrent. Qu’est-ce à dire, puisqu’aussi bien le succès

de cette formule prend sa source incontestable dans une linguistique qui n’est pas seulement immanente mais bel et bien formulée. Bref la notion qui va à s’étendre jusqu’aux fondements mêmes de la pensée scientifique, à s’articuler comme néguentropique

…est-ce qu’il y a là quelque chose qui ne peut pas nous faire poser question, si c’est bien ce que d’ailleurs, de ma linguisterie, je recueille - et légitimement - quand je me sers de la fonction du signifiant ? Qu’est-ce que le signifiant ?
Le signifiant tel que je l’hérite d’une tradition linguistique qui - il importe de le remarquer - n’est pas spécifiquement saussurienne 23,

elle remonte bien plus haut - ce n’est pas moi qui l’ai découvert 24 - jusqu’aux Stoïciens25, elle se reflète chez Saint-Augustin 26.

Elle est à structurer en termes topologiques.

En ce qui concerne le langage, le signifiant est d’abord qu’il a effet de signifié, qu’il importe de ne pas élider qu’entre les deux

il y a ce qui s’écrit comme une barre, qu’il y a quelque chose « de barre » à franchir. Il est clair que cette façon de topologiser

ce qu’il en est du langage est illustrée, certes sous la forme la plus admirable, par la phonologie, au sens où elle incarne

du phonème ce qu’il en est du signifiant, mais que le signifiant d’aucune façon ne peut se limiter à ce support phonématique.
Qu’est-ce qu’un signifiant ? Il faut déjà que je m’arrête à poser la question sous cette forme : « un » mis avant le terme,

est en usage d’article indéterminé, c’est-à-dire que déjà il suppose que le signifiant peut être collectivisé, qu’on peut en faire une collection, c’est-à-dire en parler comme de quelque chose qui se totalise. [l’essence du signifiant linguistique étant d’être « pure différence » d’avec tous les autres, il n’y a aucun prédicat qui permette de tous les réunir en une collection]
Puisque le linguiste sûrement aurait de la peine, me semble-t-il à expliquer, parce qu’il n’a pas de prédicat pour la fonder cette collection, pour la fonder sur un « le », comme JAKOBSON l’a fait remarquer très nommément hier : ce n’est pas

le mot qui peut le fonder ce signifiant, le mot n’a d’autre point où se faire collection que le dictionnaire, où il peut être rangé.
Pour vous faire sentir que « le » signifiant dans l’occasion, comme très proprement de sa réflexion sémantique JAKOBSON le faisait remarquer, pour vous le faire sentir, je ne parlerai pas de la fameuse « phrase », qui pourtant est bien là aussi l’unité signifiante, et qu’à l’occasion on essaiera dans ses représentants typiques de collecter comme il se fait à l’occasion pour une même langue, je parlerai plutôt du « proverbe » auquel je ne peux pas dire qu’un certain petit article de PAULHAN 27qui m’est tombé récemment sous la main, ne m’ait pas fait m’intéresser d’autant plus vivement

que PAULHAN semble avoir remarqué dans cette sorte de dialogue tellement ambigu, qui est celui qui se fait

de l’étranger avec une certaine « aire de compétence linguistique » comme on dit - s’est aperçu en d’autres termes qu’avec

ses Malgaches le proverbe avait un poids qui lui a semblé jouer un rôle tout à fait spécifique.
Qu’il l’ait découvert à cette occasion ne m’empêchera pas de ne pas aller plus loin, mais de faire remarquer que

dans les marges de la fonction proverbiale il y a des choses, à la limite et qui vont montrer comme cette signifiance

est quelque chose qui s’éventaille  - si vous me permettez ce terme - du proverbe à la locution. Ce que je vais vous demander... ou vous chercherez dans le dictionnaire l’expression « à tire-larigot ». Faites-le, vous m’en direz des nouvelles !

Et puis dans l’interprétation, la construction, la fabulation : on va jusqu’à inventer un Monsieur, juste pour l’occasion, qui se serait appelé LARIGOT, c’est à force de lui tirer la jambe aussi qu’on aurait fini par créer « à tire-larigot ».

Qu’est-ce que ça veut dire « à tire-larigot » ? Il y en a bien d’autres locutions aussi extravagantes qui ne veulent dire

rien d’autre que ça : la submersion du désir, c’est le sens d’« à tire-larigot » - par quoi ? - par le tonneau percé - de quoi ? - mais de la signifiance elle-même, « à tire-larigot » : un bock de signifiance. Alors qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que c’est

que cette signifiance ? [ni la phrase, ni le mot, ni le proverbe, ni la locution…]
Au niveau où nous sommes, c’est ce qui a des effets de signifié. Mais n’oublions pas qu’au départ si l’on s’est attaché

- et tellement - à l’élément signifiant, au phonème, c’était pour bien marquer que cette distance, qu’on a à tort qualifiée

de fondement de l’arbitraire, c’est comme s’exprime - probablement contre son cœur - SAUSSURE. Il avait affaire

- comme ça arrive n’est-ce pas ? [sic] - à des imbéciles, il pensait bien autre chose, bien plus près du texte du Cratyle 28 quand on voit ce qu’il a dans ses tiroirs : des histoires d’anagrammes 29. Ce qui passe pour de l’arbitraire c’est que les effets

de signifié, eux, sont bien plus difficiles à soupeser, c’est vrai qu’ils ont l’air de n’avoir rien à faire avec ce qui les cause. Mais s’ils n’ont rien à faire avec ce qui les cause c’est parce qu’on s’attend à ce que ce qui les cause ait un certain rapport avec du réel. Je parle : avec du réel sérieux. Ce qu’on appelle du réel sérieux, il faut bien sûr en mettre un coup pour l’approcher, pour s’apercevoir que le sérieux ça ne peut être que le sériel, il faut un peu avoir suivi mes séminaires30.
En attendant, ce qu’on veut dire par là c’est que les référents, les choses, à quoi ça sert - ce signifié - à en approcher…

Eh ben justement elles restent approximatives, elles restent macroscopiques par exemple. C’est pourtant pas ça qui est important, c’est pas que ce soit imaginaire, parce qu’après tout ça suffirait déjà très bien si le signifiant nous permettait

de pointer cette image qu’il nous faut pour être heureux. Seulement c’est pas le cas.
C’est dans cette approche que le signifié a pour propriété, sauf introduction du sériel, du sérieux, mais ça ne s’obtient qu’après un très long temps d’extraction du langage de ce quelque chose qui y est pris, et dont nous - au point où j’en suis de mon exposé - nous n’avons qu’une idée lointaine, ne serait-ce qu’à propos de ce « un » indéterminé,

et de ce « le » dont nous ne savons pas - à propos du signifiant - comment faire fonctionner pour qu’il le collectivise.

À la vérité il faut renverser : au lieu d’un signifiant qu’on interroge, interroger le signifiant « un ». Mais nous n’en sommes pas encore là.

Au niveau de la distinction signifiant-signifié, ce qui caractérise le signifié - quant à ce qui est là pourtant comme tiers indispensable, à savoir le référent - c’est proprement que le signifié le rate. C’est que le collimateur ne fonctionne pas.

Le comble du comble c’est qu’on arrive quand même à s’en servir en passant par d’autres trucs ![le signifié ne permet pas d’accéder au réel, sinon par la série qui ne l’approche (cf. série de fibonacci) « qu’après un très long temps d’extraction » et de façon « approximative » le collimateur ne fonctionne pas]
En attendant, en attendant pour caractériser la fonction du signifiant, pour le collectiviser d’une façon qui aussi bien ressemble à une prédication, eh bien nous avons quelque chose qui est ce d’où je suis parti aujourd’hui, puisque RÉCANATI - toujours de la logique de Port-Royal - vous a parlé des adjectifs substantivés :

  • de la rondeur qu’on extrait du rond,

  • pourquoi pas de la justice du juste,

  • et de la prudence de quelques autres formes substantives.


C’est bien tout de même ce qui va nous permettre d’avancer notre bêtise [avancer S1 dans la ronde des discours], pour trancher que

peut-être bien n’est-elle pas - comme on le croit - une catégorie sémantique, mais un mode de collectiviser le signifiant. Pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Le signifiant c’est bête !
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Il me semble que c’est de nature à engendrer un sourire, un sourire bête naturellement !

Mais un sourire bête comme chacun sait, y’a qu’à aller dans les cathédrales, un sourire bête c’est un sourire d’ange.

C’est même là la seule justification - vous savez - de la semonce pascalienne 31, c’est sa seule justification.

Si l’ange a un sourire si bête c’est parce qu’il nage dans le signifiant suprême, se retrouver un peu au sec ça lui ferait du bien, peut-être qu’il ne sourirait plus.
C’est pas que je ne croie pas aux anges, chacun le sait : j’y crois inextrayablement et même inexteilhardement [cf. séance du 07-04-1965].

C’est simplement que je ne crois pas, par contre, qu’il apporte le moindre message [ Ἄγγελος (angelos : messager)], et c’est - sur ce point-là, au niveau du signifiant n’est-ce pas - en quoi, en quoi il est vraiment signifiant justement. [S1 le signifiant « bête » mais fondamental,

est coupé du savoirasémantique, il n’est porteur d’aucun message, d’aucun signifié, d’aucun sens, et c’est là dans les « non-sens » du symptôme, du lapsus, du rêve...

qu’« il est vraiment signifiant »]
Alors il s’agirait quand même de savoir où tout ça nous mène, et de nous poser la question de savoir pourquoi

nous mettons tant d’accent sur cette fonction du signifiant [le S1 « bête »]. Il s’agirait de la fonder, parce que quand même,

c’est le fondement du symbolique - nous le maintenons - quelles que soient ses dimensions qui ne nous permettent d’évoquer que le discours analytique. [ce S1 signifiant « bête » n’est plus celui de la linguistique mais bien celui de la linguisterie, des bêtises de la jouissance,

de ce qui « ne se peut dire » au fondement même du symbolique comme trace, écriture d’une expérience de jouissance]
J’aurais pu aborder les choses d’une autre façon, j’aurais pu vous dire comment on fait pour venir me demander une analyse

par exemple. Je voudrais pas toucher à cette fraîcheur, il y en a qui se reconnaîtraient, et Dieu sait ce qu’ils penseraient, ce qu’ils s’imagineraient de ce que je pense. Peut-être qu’ils croiraient que je les crois bêtes, ce qui est vraiment la dernière idée qui pourrait me venir dans un tel cas, il n’est pas question - mais pas du tout ! - de la bêtise de tel ou tel.
La question est de ce que le discours analytique introduit un adjectif substantivé : la bêtise, en tant qu’elle est une dimension en exercice, du signifiant. Là, il faut y regarder plus près. [la logique de Port-Royal (cf. supra l’exposé de F. Récanati) distinguait la substance potentielle et la substance prédicative (adjectif substantivé)] Car après tout dès qu’on substantive [un adjectif] c’est pour supposer une substance [potentielle, sub-posée, subjectum : ὑποχείμενον (upokeimenon)], et les substances - mon Dieu - de nos jours, nous n’en n’avons pas à la pelle : d’abord « la substance pensante » et « la substance étendue ». [ces deux substances de Descartes sont voisines de la substance potentielle et la substance prédicative

de la logique de Port-Royal (à Port-Royal on défend Descartes et on s’inspire d’Aristote)]
Il conviendrait peut-être d’interroger à partir de là, où peut bien se caser de « la dimension substantielle », qui justement, quelque distante qu’elle soit de nous, et jusqu’à maintenant ne nous faisant que signe, quel peut bien être ce à quoi

nous pourrions accrocher cette substance en exercice, cette dimension - qu’il faudrait écrire : d.i.t., trait d’union, mansion -

à quoi la fonction du langage est d’abord ce qui y veille, avant tout usage meilleur et plus rigoureux. [lalangue comme un langage]

[cette troisième dimension de la substance (dit-mension ou dit-mention voire dit-mansion : la résidence du dit, lieu du savoir de l’Autre, de la vérité et de la jouissance)

révèle occasionnellement la jouissance qui s’y exerce dans un « dire » dont l’écriture reste à déchiffrer]
D’abord « la substance pensante » on peut quand même dire que nous l’avons sensiblement modifiée. Depuis ce « je pense » qui se supposant lui-même, en déduit l’existence, nous avons eu un pas à faire et ce pas est très proprement celui de l’inconscient.
Si j’en suis aujourd’hui à traîner dans l’ornière : « l’inconscient comme structuré par un langage », eh bien tout de même

qu’on le sache, c’est que ça change totalement la fonction du sujet comme existant : le sujet n’est pas celui qui pense,

le sujet est proprement celui que nous engageons - à quoi ? - non pas,comme nous le lui disons comme ça pour le charmer, « à tout dire »...
Je sais qu’il est tard et parce que je ne veux pas fatiguer celui dont je me considère en l’occasion comme l’hôte,

à savoir JAKOBSON, je sais que je n’arriverai pas aujourd’hui à dépasser un certain champ. Néanmoins si je parle du

« pas tout » - ce qui tracasse beaucoup de monde - si je l’ai mis au premier plan pour être la visée de cette année

de mon discours, c’est bien là l’occasion de l’appliquer : on ne peut « pas tout » dire, mais qu’on puisse dire des bêtises, tout est là.
C’est avec ça que nous allons faire l’analyse et que nous entrons dans le nouveau sujet qui est celui de l’inconscient.

C’est justement dans la mesure où il veut bien ne plus penser, le bonhomme, qu’on en saura peut-être un petit peu plus long et qu’on tirera quelques conséquences des dits, des dits justement dont on ne peut pas se dédire, c’est ça qui est

la règle du jeu. [au-delà du discours courant : l’irruption d’un « dire », d’un Autre discours] De là surgit un dire qui ne va pas toujours jusqu’à pouvoir ex-sister au dit, à cause justement de ce qui vient au dit comme conséquence, et que c’est là l’épreuve où

un certain réel dans l’analyse de quiconque - si bête [singulier, odd…] soit-il - peut être atteint. [cf. L’étourdit : « Qu’on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend » : les conséquences du « dit » (ce qu’on entend : le sens univoque) masquent le « dire »]
Statut du « dire » : il faut que je laisse tout ça de côté pour aujourd’hui. Mais quand même je peux bien vous dire

que ce qu’il va y avoir cette année de plus emmerdant c’est qu’il va bien tout de même falloir soumettre à cette épreuve un certain nombre de dires de la tradition philosophique. Ce que je regrette beaucoup c’est que PARMÉNIDE32,

je parle de PARMÉNIDE : de ce que nous en avons encore de ses dires, enfin de ce que la tradition philosophique

en extrait, de ce d’où part par exemple mon maître KOJÈVE : c’est la pure position de l’être. [au discours philosophique sur l’être,

tel que le reprend Kojève : « l’être est, le non être n’est pas », Lacan oppose un être fondé sur rien (zéro) qui ex-siste et qui fonde la série par la nomination : le zéro porte un nom comme « 1 », premier élément, puis le 1 porte un nom comme « 2 », etc. (cf. la fondation par Frege des entiers naturels) ]
Heureusement, heureusement que PARMÉNIDE a écrit, a écrit en réalité des poèmes. Il s’y confirme justement ce en quoi il me semble que le témoignage du linguiste ici fait prime. C’est que justement à employer ces appareils, ces appareils

qui ressemblent beaucoup à ce que je vais - juste à la fin - pouvoir pointer, à savoir l’articulation mathématique :


  • l’alternance après la succession,

  • l’encadrement après l’alternance.


Enfin c’est bien parce qu’il était poète que PARMÉNIDE dit en somme ce qu’il a à nous dire, de la façon la moins bête.

Mais autrement « que l’être soit » et « que le non-être ne soit pas », je ne sais pas ce que ça vous dit à vous, mais moi je trouve ça bête.

Il faut pas croire que ça m’amuse de le dire. C’est fatigant parce que quand même nous aurons cette année besoin de l’être, de quelque chose que - Dieu merci - j’ai déjà avancé : le signifiant « Un », pour lequel je vous ai, l’année dernière, suffisamment semble-t-il, frayé la voie à dire : y’a d’l’Un. C’est de là que ça part le sérieux, si bête que ça en ait l’air ça aussi.
Nous aurons donc tout de même quelques références à prendre, et à prendre au minimum - de la tradition philosophique. Ce qui nous intéresse c’est où nous en sommes. Et où nous en sommes avec « la substance pensante » et à son complément

la fameuse « substance étendue » dont on ne se débarrasse pas non plus si aisément, puisque c’est là l’espace moderne.
Substance contre ce pur espace si je puis dire, ce « pur espace » comme on dit ça : on peut le dire comme on dit « pur esprit », et on ne peut pas dire que ce soit prometteur. Ce pur espace se fonde sur la notion de parties à condition d’y ajouter ceci :

que toutes sont externes : partes, extra partes, c’est à ça que nous avons affaire. On est arrivé même avec ça à s’en tirer,

c’est-à-dire à en extraire quelques petites choses, mais il a fallu faire de sérieux pas. [« partes, extra partes » topologie]
Pour situer, avant de vous quitter, mon signifiant, je vous propose, je vous propose de soupeser ce qui, la dernière fois, s’inscrit au début de ma première phrase qui comporte le jouir d’un corps - d’un corps qui « l’Autre, le symbolise » -

et comporte peut-être quelque chose de nature à faire mettre au point une autre forme de substance : la substance jouissante.
Est-ce que ce n’est pas là ce que suppose proprement - et justement sous tout ce qui s’y signifie [discours A : abandon du sens (S1
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