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S2 « ce n’est pas ça », ce n’est pas la jouissance attendue : la jouissance phallique n’aboutit pas à la vérité, à la jouissance du corps de l’Autre la « vraie » jouissance (perdue)].
C’est une part importante de ce qui se confie dans le discours analytique, et il importe très précisément de souligner que

ce n’est pas son privilège. Il est clair que dans ce que j’ai appelé tout à l’heure le discours et en l’écrivant presque en un seul mot : le disque, le « disque-ourcourant », le disque aussi hors-champ, hors jeu de tout discours, à savoir le disque tout court.

Dans le disque qui est bien, après tout, l’angle sous lequel nous pouvons considérer tout un champ du langage, celui qui

en effet donne bien sa substance, son étoffe, à être considérer comme disque, à savoir que ça tourne, et que ça tourne très exactement pour rien, ce disque est exactement ce qui se trouve dans le champ, dans le champ d’où les discours se spécifient, le champ où tout ça se noie, où tout un chacun est capable - tout aussi capable - de s’en énoncer autant,

mais par un souci de ce que nous appellerons à très juste titre décence, le fait - mon Dieu ! - le moins possible.
Ce qui fait le fond de la vie en effet, c’est que tout ce qu’il en est des rapports des hommes et des femmes, ce qu’on appelle collectivité, « ça ne va pas ». « Ça ne va pas », et tout le monde en parle, et une grande partie de notre activité se passe à le dire.

Il n’empêche qu’il n’y a rien de sérieux si ce n’est ce qui s’ordonne d’une autre façon comme discours, jusques

et y compris ceci : que précisément ce rapport, ce rapport sexuel en tant qu’il « ne va pas », il va quand même,

grâce à un certain nombre de conventions, d’interdits, d’inhibitions, de toutes sortes de choses qui sont l’effet du langage, qui ne sont à prendre que de cette étoffe et de ce registre, et qui réduisent très précisément ceci, ce qui tout d’un coup nous fait revenir, nous fait revenir comme il convient, au champ du discours.
Il n’y a pas la moindre réalité pré-discursive, pour la bonne raison que ce qui fait collectivité, et que j’ai appelé en l’évocant à l’instant « les hommes, les femmes et les enfants », ça ne veut très exactement rien dire comme réalité pré-discursive :

les hommes, les femmes et les enfants, ce ne sont que des signifiants. Un homme ce n’est rien d’autre qu’un signifiant, une femme cherche un homme au titre de signifiant. Un homme cherche une femme au titre - ça va paraître curieux - au titre

de ce qui ne se situe que du discours, puisque si ce que j’avance est vrai, à savoir que la femme n’est « pas-toute », il y a toujours quelque chose qui chez elle échappe au discours. [« ce qui ne se situe que du discours » et ce « qui chez elle échappe au discours » :a]
Alors il s’agit de savoir dans tout cela ce qui dans un discours se produit de l’effet de l’écrit. Vous le savez, vous le savez peut-être, vous le savez en tout cas si vous avez lu ce que j’écris : le signifiant et le signifié, c’est pas seulement que la linguistique les ait distingués. Chose qui peut-être vous paraît aller de soi, mais justement c’est à considérer que les choses vont de soi, 

qu’on ne voit rien de ce qu’on a pourtant devant les yeux, et devant les yeux concernant justement l’écrit.
S’il y a quelque chose qui peut nous introduire à la dimension de l’écrit comme tel, c’est nous apercevoir que pas plus que le signifié - pas le signifiant - n’a à faire avec les oreilles, mais seulement avec la lecture, à savoir de ce qu’on entend de signifié.

Mais le signifié c’est justement pas ce qu’on entend. Ce qu’on entend c’est le signifiant. Et le signifié c’est l’effet du signifiant.
Il y a quelque chose qui n’est que l’effet du discours, l’effet du discours en tant que tel, c’est-à-dire de quelque chose qui fonctionne déjà comme lien. Eh bien c’est ce quelque chose qui au niveau d’un écrit, effet de discours scientifique [la linguistique S/s] :

  • du S, fait pour connoter la place du signifiant,

  • et du s dont se connote comme place le signifié,

cette fonction de place n’est créée que par le discours lui-même : « chacun à sa place » ça ne fonctionne que dans le discours.
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Eh bien entre les deux, il y a la barre [S1/S2]. Et ça n’a l’air de rien quand vous écrivez une barre, faut expliquer.

Ce mot « expliquer » a toute son importance parce que y’a rien moyen de comprendre à une barre, même quand

elle est réservée à signifier la négation. C’est très difficile de comprendre ce que ça veut dire, la négation. Si on y regarde d’un tout petit peu près, on s’apercevra en particulier que y’en a une très grande variété de négations, et qu’il est

tout à fait impossible de réunir toutes les négations sous le même concept, la négation de l’existence [/], ce n’est pas

du tout la même chose que la négation de la totalité [.], pour me limiter à l’usage que j’ai pu faire de la négation.
Mais il y autre chose qui est en tout cas encore plus certaine, c’est que le fait d’ajouter la barre à la notation S et s,

qui déjà se distinguent très suffisament, pourrait se soutenir d’être seulement marqué par la distance de l’écrit. Y ajouter

la barre a quelque chose de superflu, voire de futile, et qu’en tout cas, comme tout ce qui est de l’écrit, comme tout

ce qui est de l’écrit se supporte que de ceci : c’est que justement l’écrit ça n’est pas à comprendre [pas de sens].

C’est bien pour ça que vous n’êtes pas forcés de comprendre les miens. Si vous ne les comprenez pas c’est un bon signe, tant mieux, ça vous donnera justement l’occasion de les expliquer. [Rires] Eh ben la barre c’est pareil.

La barre, c’est très précisément le point où dans tout usage du langage, y’aura occasion à ce que se produise l’écrit.

Si dans SAUSSURE même : S c’est barre au-dessus de s, c’est grâce à ça que dans « L’instance de la lettre... » qui fait partie de mes Écrits j’ai pu démontrer - d’une façon qui s’écrit, rien de plus, n’est-ce pas - que rien ne se supporte des effets

dits « de l’inconscient », si grâce à cette barre - s’il n’y avait pas cette barre, rien ne pourrait en être expliqué - il y a du signifiant qui passe sous la barre. S’il n’y avait pas de barre vous ne pourriez pas voir qu’il y a du signifiant qui s’injecte dans le signifié [lapsus, oublis…].
Grâce à l’écrit se manifeste, se manifeste ceci qui n’est qu’effet de discours

car s’il n’y avait pas de discours analytique, vous continueriez à parler très exactement comme des étourneaux,

c’est-à-dire à dire ce que je qualifie du disque-ourcourant, c’est-à-dire de continuer le disque, le disque continuant ce quelque chose qui est le point le plus important que révèle le discours analytique seulement

…c’est à savoir ceci qui ne peut s’articuler que grâce à toute la construction du discours analytique : c’est que très précisément,

il n’y a pas... je reviens là-dessus puisque après tout c’est la formule que je vous serine, mais de vous la seriner, faut-il encore que je l’explique parce qu’elle ne se supporte que de l’écrit précisément, et de l’écrit en ceci :

« que le rapport sexuel ne peut pas s’écrire ». C’est ce que ça veut dire.
Ou plus exactement que tout ce qui est écrit est conditionné de façon telle que ça part du fait qu’il sera à jamais impossible d’écrire comme tel le rapport sexuel. Que l’écriture comme telle est possible, à savoir qu’il y a un certain effet du discours

qui s’appelle l’écriture. Voyez-vous, on peut à la rigueur écrire  « x R y » et dire : x c’est l’homme, y c’est la femme,

et R c’est le rapport sexuel [Rires]. Pourquoi pas ? Seulement voilà, c’est ce que je vous disais tout à l’heure : c’est une bêtise !

C’est une bêtise parce que ce qui se supporte sous la fonction de signifiants, de homme et de femme, ce ne sont que des signifiants,

ce ne sont que des signifiants tout à fait liés à cet usage courcourant du langage. Et s’il y a un discours qui vous le démontre, c’est que la femme ne sera jamais prise - c’est ce que le discours analytique met en jeu - que « quoad matrem », c’est-à-dire

que « la femme » n’entrera en fonction dans le rapport sexuel qu’en tant que « la mère ».
Ça c’est des vérités massives, et qui, quand nous y regarderons plus près, bien entendu nous mèneront plus loin.

Mais grâce à quoi ? Grâce à l’écriture qui d’ailleurs ne fera pas objection à cette première approximation, puisque justement c’est par là qu’elle montrera que c’est une suppléance de ce « pas-toute » sur quoi repose - quoi ? - la jouissance

de la femme. C’est à savoir que cette jouissance qu’elle n’est pas-toute, c’est-à-dire qui quelque part la fait absente d’elle-même, absente en tant que sujet, qu’elle y trouvera le bouchon de ce a que sera son enfant.Mais d’un autre côté, du côté de l’x,

à savoir de ce qui serait l’homme si ce rapport sexuel pouvait s’écrire d’une façon soutenable, soutenable dans un discours, vous verrez que l’homme n’est qu’un signifiant parce que là où il entre en jeu comme signifiant, il n’y entre que

quoad castrationem c’est-à-dire en tant qu’il a un rapport - un rapport quelquonque - avec la jouissance phallique.
De sorte que c’est à partir du moment où - du quelque part d’un discours qui aborde la question sérieusement :

le discours analytique - que c’est à partir du moment où ce qui est la condition de l’écrit, à savoir qu’il se soutienne d’un discours,

que tout se dérobera, et que le rapport sexuel, vous pourrez jamais l’écrire, naturellement dans la mesure où il s’agit

d’un vrai écrit, c’est-à-dire de l’écrit en tant que c’est ce qui du langage, se conditionne d’un discours.
La lettre, radicalement, est effet de discours. Ce qu’il y a de bien - n’est-ce pas, si vous me permettez - ce qu’il y a de bien

dans ce que je raconte, c’est que c’est toujours la même chose [Rires], c’est à savoir - non pas, bien sûr, que je me répète, c’est pas là la question - c’est que ce que j’ai dit antérieurement, la première fois, autant que je me souvienne, que j’ai parlé de la lettre, j’ai sorti ça je ne sais plus quand, maintenant je vais plus rechercher, je vous dis : j’ai horreur de me relire, mais il doit bien y avoir 15 ans, quelque part à Sainte-Anne [L’identification, séance du 20-12-1961], j’ai essayé de faire remarquer cette petite chose que tout le monde connaît bien sûr - que tout le monde connaît quand on lit un peu, ce qui n’arrive pas à tout le monde - qu’un nommé Sir FLINDERS PETRIE36 par exemple avait cru remarquer que les lettres de l’alphabet phénicien se trouvaient bien avant le temps de la Phénicie sur de menues poteries égyptiennes où elles servaient de marques de fabrique.

Ce qui veut dire, ce qui veut dire simplement ceci : que le marché - qui est typiquement un effet de discours - c’est là

que d’abord est sortie la lettre, avant que quiconque ait songé à user des lettres. Pour faire quoi ?

Quelque chose qui n’a rien à faire, qui n’a rien à faire avec la connotation du signifiant, mais qui l’élabore, qui le perfectionne.

Il faudrait bien sûr prendre les choses au niveau de l’histoire de chaque langue.
Parce qu’il est clair que la lettre chinoise,celle qui nous affole tellement que nous appelons ça - Dieu sait pourquoi -

d’un nom différent : de « caractère », à savoir que la lettre chinoise il est manifeste qu’elle est sortie du discours chinois

très ancien, d’une façon toute différente de la façon dont sont sorties nos lettres.
À savoir qu’en somme les lettres, les lettres qu’ici je sors, elles ont une valeur différente - différentes comme lettres,

parce qu’elles sortent du discours analytique - de ce qui peut sortir comme lettres par exemple de la théorie des ensembles,

à savoir l’usage qu’on en fait, et qui pourtant - c’est là l’intérêt - n’est pas sans avoir de rapport, un certain rapport

de convergence sur lequel j’aurai certainement, dans ce qui sera la suite, l’occasion d’apporter quelques développements.

La lettre en tant qu’effet : n’importe quel effet de discours a ceci de bon qu’il fait de la lettre.
Alors - mon Dieu - pour terminer, pour terminer aujourd’hui ce qui n’est qu’une amorce que j’aurai l’occasion

de développer, ce que je reprendrai à propos, en vous distinguant, discernant par exemple la différence qu’il y a :

  • de l’usage de la lettre dans l’algèbre,

  • ou de l’usage de la lettre dans la théorie des ensembles, parce que ceci nous intéresse directement.


Pour l’instant je veux simplement vous faire remarquer que : il se produit quand même quelque chose qui est corrélatif de l’émergence au monde, au monde c’est le cas de le dire, au monde en décomposition - Dieu merci - au monde

que nous voyons ne plus tenir, puisque même dans le discours scientifique il est clair qu’il n’y a pas le moindre monde,

à partir du moment où vous pouvez ajouter aux atomes un truc qui s’appelle le quark, et que vous trouvez que...

Est-ce que c’est là le vrai fil du discours scientifique ?
Vous devez quand même vous rendre compte qu’il s’agit d’autre chose : il s’agit de voir d’où on parle. Eh bien référez-vous quand même, parce que c’est un bonne lecture, il faut que vous vous mettiez tout de même à lire un peu des auteurs,

je ne dirai pas de votre temps - je ne vous dirai pas de lire Philippe SOLLERS, il est illisible, comme moi, oui -

lire JOYCE par exemple. Alors là vous verrez comment ça a commencé de se produire. Vous verrez que le langage

se perfectionne et sait jouer avec l’écriture. JOYCE, moi je veux bien que ça soit pas lisible. C’est certainement pas traductible en chinois ! Seulement JOYCE qu’est-ce c’est ? C’est exactement ce que je vous ai dit tout à l’heure :

c’est le signifiant qui vient truffer le signifié.
JOYCE c’est un long texte écrit - lisez « Finnegan’s Wake » - c’est un long texte écrit dont le sens provient de ceci :

c’est que c’est du fait que les signifiants s’emboîtent, se composent si vous voulez, pour faire image pour ceux qui n’ont même pas l’idée de ce que c’est, se télescopent. Que c’est avec ça que se produit quelque chose qui, comme signifié,

peut paraître énigmatique, mais qui est bien ce qu’il y a de plus proche de ce dont nous autres analystes,

grâce au discours analytique, nous savons le lire, qui est ce qu’il y a de plus proche du lapsus.

Et c’est au titre de lapsus que ça signifie quelque chose, c’est-à-dire que ça peut se lire d’une infinité de façons différentes.
Mais c’est justement pour ça que ça se lit mal, ou que ça se lit de travers, ou que ça ne se lit pas.

Mais cette dimension du « se lire », est-ce que ce n’est pas suffisant pour montrer que nous sommes dans le registre

du discours analytique ? Que ce dont il s’agit dans le discours analytique, c’est toujours : à ce qui s’énonce de signifiant,

que vous donniez une autre lecture que ce qu’il signifie.
Mais c’est là que commence la question, parce que, voyons, pour me faire comprendre je vais prendre une référence

dans ce que vous lisez dans le grand livre du monde. Par exemple vous voyez le vol d’une abeille. L’abeille vole, elle butine,

elle va de fleur en fleur. Ce que vous apprenez, c’est que elle va transporter au bout de ses pattes le pollen d’une fleur

sur le pistil, et du même coup aux œufs d’une autre fleur. Ça, c’est ce que vous lisez dans le vol de l’abeille,

ou n’importe quoi d’autre.
Vous voyez… je sais pas moi… quelque chose que vous appelez tout d’un coup, comme ça : un vol d’oiseau qui vole bas,

vous appelez ça un vol, c’est un groupe en réalité, un groupe à un certain niveau vous y lisez qu’il va faire de l’orage.

  • Mais est-ce qu’ils lisent ?

  • Est-ce que l’abeille lit qu’elle sert à la reproduction des plantes phanérogamiques ?

  • Est-ce que l’oiseau lit l’augure de la fortune, comme on disait autrefois, c’est-à-dire de la tempête ?

Toute la question est là. C’est pas exclu après tout, que l’hirondelle ne lise pas la tempête, mais c’est pas sûr non plus.
Ce qu’il y a dans votre discours analytique, c’est que le sujet de l’inconscient vous le supposez savoir lire. Et ça n’est rien d’autre, votre histoire de l’inconscient. Non seulement vous le supposez savoir lire, mais vous le supposez pouvoir apprendre à lire.

Seulement ce que vous lui apprenez à lire n’a alors absolument rien à faire, en aucun cas, avec ce que vous pouvez en écrire.
16 Janvier 1973 Table des séances

Qu’est-ce que je peux avoir à vous dire, Encore ? Depuis le temps que ça dure, et que ça n’a pas tous les effets que j’en voudrais. Et bien justement à cause de ça, ce que j’ai à dire ça ne manque pas. Néanmoins, comme on ne saurait tout dire,

et pour cause, j’en suis réduit à cet étroit cheminement qui fait qu’à chaque instant, il faut que je me garde

de re-glisser dans ce qui déjà se trouve fait, de ce qui s’est dit.
C’est pourquoi, aujourd’hui, je vais essayer une fois de plus de maintenir ce difficile frayage, puisque de par un titre,

nous avons du même coup un horizon étrange, d’être qualifié de cet « Encore ». Il faut que je donne aujourd’hui

le repérage d’un certain nombre de points qui seront cette année nos points d’orientation. Il y a quelque chose qui,

la dernière fois, s’est formulé : la fonction de l’écrit [Φ]. C’est un de nos points cette année, un de nos points-pôles.
Je voudrais vous rappeler pourtant que je pense, que la première fois que je vous ai parlé - si je ne me trompe - j’ai énoncé que :
« La jouissance - la jouissance de l’Autre, que j’ai dit symbolisé par le corps - n’est pas un signe de l’amour ».
Naturellement ça passe, ça passe parce que on sent que c’est du niveau de ce qui a fait le précédent dire37, ça ne fléchit pas. Pourtant il y a là-dedans des termes qui méritent bien d’être commentés :


  • « La jouissance » c’est bien ce que j’essaie de rendre présent par ce dire même. [le « dire que ça ne va pas », le « dire que non » à quoi aboutit chaque discours (H,U,M,A) dans son impuissance à rejoindre la vérité de « la jouissance du corps de l’Autre », renverse le discours « échoué » et passe au discours suivant : rotation d’un quart de tour et changement d’objet(a)]

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  • Ce « l’Autre », il est plus que jamais mis en question, il doit être de nouveau martelé, refrappé, pour qu’il prenne son plein sens, sa résonance complète : lieu d’une part, mais d’autre part avancé comme le terme qui se supporte, puisque c’est moi qui parle, qui ne puis parler que d’où je suis, identifié à ce que j’ai qualifié la dernière fois de pur signifiant [Φ]. « L’homme, une femme - ai-je dit - ce ne sont rien que signifiants », et c’est dès là qu’ils prennent comme tels - je veux dire en tant qu’incarnation distincte du sexe - qu’ils prennent leur fonction.


« L’Autre », dans mon langage ce ne peut donc être que l’autre sexe.

- Qu’est-ce qu’il en est de cet Autre ?

- Qu’est-ce qu’il en est de sa position au regard de ce autour de quoi se réalise le rapport sexuel ?

C’est à savoir une jouissance que le discours analytique a précipité, cette fonction du phallus dont, en somme,

l’énigme reste entière puisque il ne s’y articule que « d’effets d’absence ». Est-ce à dire pourtant qu’il s’agit là,

comme on a cru pouvoir trop vite le traduire, du signifiant de ce qui manque dans le signifiant ?
C’est bien là ce autour de quoi cette année devra mettre un point terme 38. C’est à savoir : du phallus dire quelle est

- dans le discours analytique - la fonction. Nous n’y arriverons pas tout droit. Mais à seule fin de déblayer, je dirai

que ce que la dernière fois j’ai ramené comme étant, comme accentuant, la fonction de la barre n’est pas sans rapport

avec le phallus. [la barre (Φ) entre S1 et Soù quelque chose se donne à voir sans être vu, se donne à savoir sans être su, quelque chose qui « cloche »

(cf. la clocherie) qui nécessite une lecture, un décryptage (littoral littéral, cf. Lituraterre) ]
Il nous reste, dans la deuxième partie de la phrase, liée à la première par un « n’est pas », « n’est pas le signe de l’amour » :

c’est bien en quoi aussi pointe notre horizon. Il nous faut cette année articuler ce dont il s’agit, qui est bien là comme

au pivot de tout ce qui s’est institué de l’expérience analytique : l’amour. [dans le discours A l’amour est le signe du basculement de discours

(« je te demande de refuser ce que je t’offre parce que ça n’est pas ça »)]
L’amour, il y a longtemps qu’on ne parle que de ça. Ai-je besoin d’accentuer qu’il est au centre, qu’il est au cœur,

très précisément du discours philosophique et que c’est là assurément ce qui doit nous mettre en garde.


  • Si le discours philosophique s’est entrevu comme ce qu’il est : cette variante du discours du maître...

  • Si la dernière fois j’ai pu dire de l’amour, en tant que ce qu’il vise c’est l’être, à savoir ce qui dans le langage se dérobe le plus, ce sur quoi j’ai insisté comme ce qui allait être, ou ce qui justement d’être, a fait surprise.

  • Si j’ai pu ajouter que cet être, nous devons nous interroger :

- s’il n’est pas si près de cet être du signifiant « m’être » : « m, apostrophe, e accent grave » [lapsus], - s’il n’est pas l’être au commandement,

- s’il n’y a pas là le plus étrange [être-ange ?] des leurres.
Est-ce que ce n’est pas aussi pour, avec le mot « signe », nous commander d’interroger ce en quoi le signe se distingue du signifiant ?

Voilà donc quelques points dont l’un est « la jouissance », dont l’autre est « l’Autre », le 3ème « le signe », le 4ème « l’amour ».
Quand nous lisons ou relisons ce qui s’est émis d’un temps où le discours de l’amour s’avouait être celui de l’être, quand nous ouvrons ce livre qui est celui de Richard de SAINT VICTOR 39 sur la trinité divine, c’est de l’être que nous partons. De l’être en tant qu’il est - pardonnez-moi ce glissement d’écrit - conçu comme l’êtrenel, comme l’éternel pour les sourds.

Et que de l’être, après cette élaboration, ce cheminement pourtant si tempéré chez ARISTOTE, et sous l’influence

sans doute de l’irruption de ce « je suis ce que je suis » qui est l’énoncé de la vérité judaïque, quand tout ceci vient à culminer dans cette idée - cette idée jusque là cernée, frôlée, approchée, approximative de l’être - vient à culminer dans ce violent arrachement à la fonction du temps, par l’énoncé de l’Éternel, il en résulte d’étranges conséquences.
C’est à savoir l’énonciation :


  • [1] qu’il y a l’être qui, éternel, l’est de lui-même [Dieu],

  • [2] qu’il y a l’être qui, éternel, ne l’est pas de lui-même [l’ange, etc.],

  • [3] qu’il y a l’être qui, éternel…[lapsus] qui non éternel, n’a pas cet être fragile, en quelque sorte précaire, voire inexistant, ne l’a pas de lui-même [l’homme],


...mais qui s’arrête à ce qui semble s’en imposer du fait des définitions logiques - si toutefois la négation suffisait dans cet ordre, d’une fonction univoque à assurer l’existence - qui s’arrête à ceci : que ce qui n’est pas éternel ne saurait en aucun cas - puisque des 4 subdivisions qui se produisent de cette alternance de « l’affirmation » et de « la négation » de « l’éternel » et du « de lui-même »



  • [4] y a-t-il - dit-il - un être qui non éternel, puisse être de lui-même [le signifiant] ?


Et assurément ceci paraît - au Richard de SAINT VICTOR en question - devoir être écarté.
Est-ce qu’il ne semble pas pourtant qu’il y a là précisément ce dont il s’agit concernant le signifiant, c’est à savoir

que le signifiant, aucun signifiant ne s’avance, ne se produit comme tel, comme éternel. C’est là sans doute ce que

- plutôt que de le qualifier d’« arbitraire » - SAUSSURE eût pu tenter de formuler. Le signifiant, disons : mieux eût valu l’avancer de la catégorie du contingent, en tout cas de ce qui n’est assurément pas éternel, de ce qui répudie la catégorie de l’éternel, mais qui pourtant singulièrement est de lui-même. Ainsi qu’il se propose à nous : ce signifiant de par lui-même a des effets.
Et pourtant, s’il y a quelque chose qui peut s’en avancer c’est sa participation - pour employer une approche platonicienne - c’est sa participation à ce rien, d’où effectivement c’est l’émergence même de l’idée créationniste

que de nous dire que quelque chose de tout à fait originel a été fait ex nihilo, c’est à savoir de rien.
Il semble bien - ne vous semble-t-il pas, n’y a-t-il pas quelque chose qui vous apparaisse, si tant est que la paresse qui est la vôtre puisse être réveillée par quelque apparition - c’est que la « Genèse » ne nous raconte rien d’autre que la création de rien,

en effet. De quoi ? De rien d’autre que de signifiants. Dès que cette création surgit, elle s’articule de la nomination de ce qui est.
Est-ce que ce n’est pas là la création dans son essence ? Est-ce que la création n’est-elle pas rien d’autre que le fait de ce qui était là, comme ARISTOTE ne peut assurément manquer de l’énoncer, c’est à savoir que s’il y a jamais eu quelque chose, c’était depuis toujours que c’était là ? N’est-ce pas dans l’idée créationniste - essentiellement de la création, et de la création

à partir de rien - du signifiant qu’il s’agit fondamentalement, qu’il s’agit d’une façon qui fonde ? N’est-ce pas là-même en quoi consiste ce que nous trouvons de ce qui, à se refléter dans une « conception du monde », s’est énoncé comme révolution copernicienne ?
Depuis longtemps, je mets en doute ce que FREUD là-dessus a cru pouvoir avancer. Comme si, de ce que lui a appris

le discours de l’hystérique - à savoir de cette autre substance qui toute entière tient en ceci : qu’il y a du signifiant et que c’est

de l’effet de ce signifiant qu’il s’agit dans ce discours de l’hystérique - qu’à le recueillir il a su faire tourner [cf. « ça tourne »]

de ce quart de tour qui en a fait le discours analytique.
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La notion même de quart de tour évoque la révolution, mais certes pas dans le sens où « révolution » est subversion.

Bien au contraire : ce qui tourne - c’est ce qu’on appelle « révolution » - est destiné de son énoncé même à évoquer le retour. Assurément nous n’y sommes point, à l’achèvement de ce retour, puisque c’est déjà de façon fort pénible

que ce quart de tour s’accomplit [la révolution freudienne].
Mais il n’est jamais trop d’évoquer d’abord que s’il y a eu quelque part révolution ce n’est certes pas au niveau de COPERNIC, qu’il avait été inutile d’évoquer des termes qui ne sont que d’érudition historique, c’est à savoir que depuis longtemps l’hypothèse avait été avancée : que le soleil était peut-être bien le centre autour duquel ça tournait. Mais qu’importe !
Ce qui importait à ces mathématiciens c’est assurément le départ - le départ de quoi ? - de ce qui tourne.

Ce que nous savons bien sûr, c’est que cette virée éternelle des étoiles de la dernière des sphères

celle à quoi Aristote suppose une autre encore, qui serait celle de l’immobile, cause première du mouvement de celles qui tournent

…si les étoiles tournent c’est bien assurément de ce que la terre, la terre tourne sur elle-même, et que c’est déjà merveille que de cette virée, de cette révolution, de ce tournage éternel de la sphère stellaire, il se soit trouvé des hommes pour forger,

pour forger ces autres sphères, où faire tourner - de ce mouvement oscillatoire qui est celui du système ptolémaïque -

les sphères des planètes, de celles qui tournant autour du soleil, se trouvent au regard de la terre dans cette position ambiguë d’aller et de venir en dents de crochet.
Est-ce que, à partir de là, avoir cogité le mouvement des sphères ce n’est pas tour de force extraordinaire, à quoi

après tout COPERNIC ne faisait que faire remarquer que peut-être ce mouvement des sphères intermédiaires

pouvait s’exprimer autrement, que la terre fut au centre ou non, n’était assurément pas ce qui lui importait le plus40.

La révolution copernicienne n’est nullement révolution, si ce n’est en fonction de ceci que le centre d’une sphère

peut être supposé - dans un discours qui n’est qu’un discours analogique - constituer le point maître. Le fait de changer

ce point maître - que ce soit la terre ou le soleil - n’a rien en soi qui subvertisse ce que le signifiant « centre » conserve de lui-même.
Ce signifiant garde tout son poids et il est tout à fait clair que loin que l’homme - ce qui se désigne de ce terme, ce qui est quoi ? ce qui fait signifié - que l’homme ait jamais été en quoi que ce soit ébranlé par le fait que la terre n’est pas au centre, il y a fort bien substitué le soleil. L’important c’est qu’il y ait un centre, et puisqu’il est bien sûr maintenant évident :

  • que le soleil n’est pas non plus un centre,

  • qu’il est en promenade à travers un espace dont le statut est de plus en plus précaire à établir,

  • que ce qui reste bien au centre c’est tout simplement cette bonne routine qui fait que le signifié garde en fin

de compte toujours le même sens, et que ce sens, il est donné par le sentiment que chacun a, de faire partie de son monde tout au moins, c’est-à-dire de sa petite famille, et de tout ce qui tourne autour.

Et que chacun, chacun de vous - je parle même pour les gauchistes - vous y êtes plus que vous ne croyez - et dans une mesure dont justement vous feriez bien de prendre l’empan - attachés à un certain nombre de préjugés qui vous font assiette et qui limitent la portée de vos insurrections, au terme le plus court,

à celui très précisément où cela ne vous apporte nulle gêne, et nommément pas dans une conception du monde qui reste, elle, toujours parfaitement sphérique, le signifié trouve son centre où que vous le portiez.
Ce n’est pas, jusqu’à nouvel ordre, le discours analytique, si difficile à soutenir dans son décentrement, qui a à faire encore son entrée dans la conscience commune, qui peut d’aucune façon subvertir quoi que ce soit.
Pourtant, si on me permet de me servir quand même de cette référence dite copernicienne, j’en accentuerai ce qu’elle a d’effectif ,de ceci que ce n’est pas du tout d’un changement de centre qu’il s’y agit. Que « ça tourne », ça continue à garder

toute sa valeur - si motivé, réduit que ce soit en fin de compte - à ce départ que la terre tourne, et que de ce fait

il nous semble que c’est la sphère céleste qui tourne. Elle continue bel et bien à tourner et elle a toutes sortes d’effets,

ce qui fait que quand même c’est bien par années que vous comptez votre âge.
La subversion, si elle a existé quelque part et à un moment, ça ne consiste pas du tout à avoir changé le point de virée

de ce qui tourne, c’est d’avoir substitué au « ça tourne », un « ça tombe » : « c cédille, a » : « ça tombe ». Le point vif,

comme quelques-uns quand même ont eu l’idée de s’en apercevoir, ça n’est ni COPERNIC, un peu plus KEPLER,

à cause du fait que ça ne tourne pas de la même façon, ça tourne en ellipse. Et déjà c’est plus énergique comme correctif

à cette fonction du « centre » : c’est elle qui est mise en question. Ce vers quoi « ça tombe » est en un point de l’ellipse

qui s’appelle le foyer [F1], et dans le point symétrique [F2], il n’y a rien. Ceci assurément est correctif tout à fait essentiel

à cette image du centre.

c:\users\alain\desktop\lacan séminaires\ressources\doc s20\48.jpg c:\users\alain\desktop\lacan séminaires\ressources\doc s20\aphélie_périhélie_terre_soleil.gif
Mais le « ça tombe » ne prend, si je puis m’exprimer ainsi, son poids - son poids de subversion - et justement en ceci que, que ce n’est pas seulement de changer le centre qui le fait « révolution » - puisque à conserver le centre, la révolution continue indéfiniment et justement pour revenir toujours sur elle-même [la répétition] - c’est que le « ça tombe » aboutit à quoi ?

Très exactement à ceci et rien de plus que : F = (G.mm’ )/d 2 (loi de la gravitation universelle de Newton)], la distance qui sépare

les deux masses exprimées par m et m’, et que ce qui s’exprime ainsi, à savoir une force, une force en tant que tout ce qui est masse est susceptible, au regard de cette force, de prendre une certaine accélération, que c’est tout entier dans cet écrit, dans ce qui se résume à ces cinq petites lettres écrites au creux de la main, avec un chiffre en plus comme puissance,

puissance au carré de la distance, et inversement proportionnel au carré de la distance.
C’est là, c’est dans cet effet d’écrit que consiste ce qu’on attribue donc indûment à COPERNIC, dans quelque chose qui justement nous arrache à la fonction comme telle - fonction imaginaire, fonction imaginaire et pourtant fondée dans le réel - de la révolution. [Lacan nous dit que cet effet du signifiant est ici effet d’écriture, que ce qui s’écrit dans « cinq petites lettres // avec un chiffre en plus » est le fondement de ce retour répétitif des astres, de « ce qui revient toujours à la même place » (sa définition du réel), de la répétition... De la même façon quatre petites lettres : α, β, γ, δ, sont au fondement par leur combinatoire, de l’inconscient structuré comme un langage, et d’une autre répétition (cf. « l’introduction » du séminaire sur La lettre volée)]

Ceci étant énoncé - rappel sans doute, mais aussi bien prélude - ce qu’il importe c’est de souligner que ce qui est produit, ce qui est produit comme tel dans l’articulation de ce nouveau discours qui émerge comme étant le discours de l’analyste,

le discours de l’analyse c’est ceci : c’est que le fondement, le départ, est pris dans l’effet comme tel de ce qu’il en est du signifiant.

[l’« ab-sens » : S1
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