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Questions de différence.

par  Christine Planté

Pour décrire les positions en présence dans les différents travaux concernant la place des femmes et les rapports sociaux entre les sexes, on a l'habitude de recourir aux termes, supposés antinomiques, d'égalité et de différence, ou encore on parle d'un féminisme égalitaire et d'un féminisme identitaire [1]. Le premier, héritier des Lumières, revendiquerait l'application à toutes et à tous des droits des individu(e)s né(e)s libres et égaux/ ales, ce qui suppose de démontrer que les femmes sont bien des individus, des êtres humains, autant que les hommes, et que la différence des sexes, les comportements sexuels tels qu'ils sont connus, sont impensables indépendamment de leur construction sociale, historique et culturelle. Le deuxième, tenant la différence pour acquise, dénonce son occultation, ses travestissements ou utilisations par une société phallocentrique, cherche à en changer le sens et la valeur, et la place au fondement d'une réflexion théorique, politique et éthique.

Cette simple tentative de définition rend patent le caractère approximatif et insatisfaisant de ces termes, et de la bicatégorisation elle-même. Quoique dénuée d'intention polémique, elle aura sans doute déjà rencontré le scepticisme ou l'irritation de plus d'un(e) lecteur/ lectrice. Les désaccords formulables à son encontre sont de différents ordres ; ils peuvent concerner la définition de chacun des pôles, leur articulation, le principe même de cette bipolarité (les deux termes sont-ils exclusifs l'un de l'autre, et imposent-ils un choix ?), sa capacité à rendre compte de l'empirique des positions individuelles, des mouvements, des oeuvres des un(e)s et des autres, ou encore son efficacité politique ou théorique. Toutes questions pertinentes, qui devraient donc rendre obsolète une description ou une analyse en ces termes, auxquels nous avons pourtant grande difficulté à nous arracher. Parce qu'ils témoignent d'un héritage historique, et d'une tradition de luttes et de réflexions, serais-je d'abord tentée de dire. Mais il faut aussi examiner l'hypothèse avancée par Joan Scott qu'ils témoigneraient surtout d'une tradition antiféministe qui contraint les femmes à un choix dont les termes sont fallacieux et piégés. Venant s'inscrire, pour des raisons historiques, dans cette opposition binaire, et acceptant d'identifier leur position et le sens de leur combat ou de leur critique à l'un des termes du choix contre l'autre, les féministes auraient alors toujours déjà perdu d'avance. J'essaierai ici de montrer pourquoi il me paraît pourtant difficile, aujourd'hui, de renoncer à une poursuite du débat en ces termes - l'opposition égalité/ différence n'étant pas seulement un des masques (ou la dernière machine de guerre) d'un dualisme métaphysique à déconstruire - avant de proposer un retour critique sur cette opposition, à laquelle on doit tenter non de substituer, mais de surimposer, d'autres systèmes de différences, qui peuvent en modifier le sens et le fonctionnement.

 

Apparent triomphe de la différence


A défaut de validité scientifique et de justesse descriptive, ces termes renvoient à des enjeux politiques et théoriques fondamentaux dont la discussion me paraît inévitable. La récurrence du terme de différence(s) dans nombre de manifestations récentes [2] semble marquer une tendance à privilégier aujourd'hui, en France, les analyses en termes de différence sur les analyses affichant une problématique de l'égalité. Il ne faut pas pour autant voir là un triomphe des courants identitaires « de la différence » : poser la question des rapports de sexe en ces termes est loin de signifier nécessairement qu'on milite pour l'affirmation de la différence et sa valorisation, mais indique souvent qu'on désire aborder les problèmes d'un point de vue plus scientifique que politique. Réfléchir en termes de différence(s), c'est alors s'intéresser au deux, au rapport, à une interaction, et refuser par là les problématiques du féminin. Mais c'est aussi, de fait, s'inscrire en rupture avec les réflexions des années 70 dans lesquelles le primat d'un point de vue égalitaire, plus directement politique - voire militant -, se marquait dans l'utilisation beaucoup plus fréquente du terme féminisme.

 
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