Cours de burdi intro Introduction générale au cours «Questions d’Orient, questions d’Occident»





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D) 1906 : la révolution dans la Perse des Qajars
Le mouvement révolutionnaire part de Tabriz. Il englobe la totalité du peuple perse : intellectuels, ouvriers, clergé chiite. On converge vers la revendication d’une constitution, accompagnée d’une véritable dimension anti-impérialiste

Cette constitution est finalement concédée, ainsi que l’élection d’un parlement. La Constitution du 30 décembre 1906 est conforme à la sharia, elle affirme les principes de justice et d’égalité

Mais en 1908, cette expérience se conclut. Russes et Anglais, en effet, sont furieux, ainsi que les conservateurs perses : le « Majlis » est dissout.

Le facteur le plus déterminant a sans doute été la découverte du pétrole au Khouzistan, au sud-ouest du pays ; c’et la première fois qu’on trouve du pétrole dans la région. Les Anglais ne comptent pas laisser passer une telle occasion : ils créent immédiatement l’  « Anglo-Persian Oil Company ».
II- La révolution jeune-turque dans l’Empire ottoman d’Abdül-Hamid II (1908 )

A) Le nationalisme turc, des « Nouveaux Ottomans » ( 1876 ) aux « Jeunes Turcs » ( 1908)
Les « Nouveaux Ottomans » sont la génération constitutionnelle de 1876 ; ils constituent la première vague de nationalisme turc.

La relève est assurée par les « Jeunes Turcs ». Ces derniers s’organisent en un parti clandestin, le « Comité Union et Progrès », dans les années 1894-1895. Ils diffusent des idées nouvelles, parfois inspirées par les Lumières.

Ils construisent un espace imaginaire idéal pour le peuple turc : il s’agirait d’un grand Empire organisé autour de la notion de Panturquisme, défendant et valorisant les spécificités culturelles et ethniques turques. On parle aussi de « pantouranisme », le mythique « Empire de Touran » qui aurait regroupé tous les peuples turcs de la Chine aux Balkans. Mais surtout, il faudrait se débarrasser de tous les non turques, en commençant par la trop lourde présence arabe.

En réaction à la naissance de ce « Panturquisme » se constitue l’ « Ottomanisme ». Ce dernier propose de renforcer l’Empire ottoman, et ce par le biais de l’Islam : la religion musulmane doit être le principal critère d‘identification dans l’Empire.
B) La révolution jeune-turque de juillet 1908 et sa radicalisation idéologique pantouranienne ( 1911-1914 )
C’est un véritable coup d’Etat militaire qui est mené par les officiers Jeunes-Turcs en juillet 1908.

On décide de garder le Sultan ; mais au bout d’un an, ce dernier tente de mettre en place une contre-révolution et est donc destitué.

Les Jeunes-Turcs sont réformistes ; ils vont imposer le retour de la Constitution de 1876, établir les libertés fondamentales, ouvrir des négociations avec les nationalistes les plus radicaux.

A la tête du régime il y a un triumvirat de pan-touraniens radicaux :

-Enver Pacha, dit « Napoleonik », ministre de la guerre très germanophile et pantouranien,

-Talaat Pacha, ministre de l’Intérieur, véritable chef du parti Ittihad,

-Djemal Pacha, ministre de la Marine.

De 1911 à 1914, le régime va radicaliser sa position idéologique pantouranienne.

III- La guerre mondiale au Moyen-Orient et la révolution bolchévique dans le Caucase ( 1914-1920 )

Pendant la deuxième guerre mondiale, les détroits sont d’une énorme importance stratégique. Celui de Dardanelles, reliant les Balkans à la Turquie, va jouer un rôle déterminant.
A) La Guerre au Moyen-Orient
Dans la mer Egée, Français et Anglais cherchent à franchir les détroits. Mais aux Dardanelles, ils sont bloqués par Mustapha Kémal ; ce dernier en tire un énorme prestige, car il s’agit de l’unique victoire turque tout au long de la guerre.

Le Caucase constitue une autre zone névralgique : les Russes occupent une partie de l’Anatolie orientale, et sont bien accueillis par les populations arméniennes En réponse Talaat, ministre de l’Intérieur, décide de déporter les Arméniens vers la Syrie ; en réalité, c’est le début d’un véritable génocide.

De plus, entre 1915 et 1916, les Anglais activent la révolte des tribus arabes en Egypte, Palestine et Syrie avec le colonel Lawrence. Ce « coup de poignard dans le dos » engendre une longue série de défaites pour les Jeunes-Turcs et l’Empire Ottoman.

En outre, l’Empire ottoman a choisi le mauvais camp, celui de l’Allemagne, qui va perdre cette guerre. En effet, impossible d’envisager une alliance avec les Français, tout simplement car il y avait aussi les Russes.

Le 30 octobre 1918, armistice de Moudros : c’est une capitulation sans conditions, qui marque la fin de l’Empire ottoman.
B) Des accords secrets Sykes-Picot ( 1916-1917 ) au traité de San-Remo ( 1920 ) : l’impossible royaume arabe
Les Anglais, pour se faire des alliés, avaient promis aux Arabes dès 1916 qu’à la fin de la guerre aurait été créé un grand royaume arabe, avec à sa tête Ëherif Hussein.

Mais en même temps, la déclaration Balfour du 2 novembre 1917 semble poser un obstacle : elle affirme la création d’un foyer national pour le peuple juif en Palestine…

Pendant ce temps, des négociations secrètes se déroulent entre le britannique Sykes et le Français Picot : France et Royaume-Uni se partagent l’Empire ottoman ! La France obtient le Liban, la Syrie et le sud de la Turquie, tandis que la Grande-Bretagne réserve l’Egypte, l’Iran, l’Irak, la Jordanie.

En Russie, il y a la révolution bolchévique : pas question de donner des terres aux ex-alliés russes !

Le résultat est que le traité de San Remo de 1920, qui confirme ces accords secrets, représente pour les Arabes ce qu’est le traité de Versailles pour les Allemands… Toutes les promesses sont trahies, France et Grande-Bretagne se partagent toutes les richesses.
C) La révolution bolchévique dans le Caucase : d’éphémères indépendances ( 1918-1920 )
Avec les révolutions de février et d‘octobre 1917, l’Empire russe éclate.

3 Etats émergent – la Géorgie, l’Arménie et l’Adzerbaïdjan – et se fédèrent dans la Transcaucasie. Mais très vite, reprise en main et soviétisation par les Bolchéviks en 1920. Le même processus frappe la région du Turkestan.

A Bakou, en août 1920, Congrès des peuples de l’Orient, avec le célèbre discours de Zinoviev. Ce dernier appelle les Arabes à la Guerre Sainte contre les Britanniques et tous les peuples colonisés au soulèvement contre les grandes puissances impérialistes, ce qui entraîne une double conséquence :

-l’URSS se forge l’image d’ami des peuples opprimés.

-les Occidentaux commencent à craindre la révolution généralisée.

IV- Démembrement et résurgence de la Turquie ( 1918-1923 )

A) Des accord secrets Sykes-Picot ( 1916-1917 ) au traité de Sèvres ( 10 août 1920 ): la Turquie démantelée
Les accords secrets Sykes-Picot se révèlent inapplicables en 1919.

Le 10 août 1920 est signé le traité de Sèvres. Ce dernier, de fait, fait disparaître totalement la Turquie de la carte. Cette dernière est partagée entre Italie, France et Grèce. On envisage également la création d’une grande Arménie, ainsi que la mise en place d’une autonomie locale kurde. Ce traité est un véritable monument de diplomatie inapplicable !!!
B) Le sursaut national autour de Mustapha Kémal ( 1918-1922 )
Kémal passe des accords avec les Bolchéviks : il s’engage à ne pas s’intéresser à la Transcaucasie et à créer un Parti Communiste Turc, alors que les Russes lui promettent de lui fournir des armes.

Les Français, terrorisés, changent brusquement de politique : ils quittent la Turquie, préférant Kémal à la menace bolchévike. Les Anglais en font de même. Les Grecs, quant à eux, sont battus sur le terrain, ce qui prouve que Kémal a réussi à remettre en place une armée décente.

Ainsi un autre grand problème se crée : les grandes puissances abandonnent les minorités teles que les Arméniens du Caucase et de Cilicie, les Grecs d’Asie mineure et du Pont.
C) Le traité de Lausanne ( 24 juillet 1923 ) : la Turquie, premier Etat-nation d’après-guerre
Le traité de Sèvres va être annulé, permettant la résurgence de la Turquie.

Ceci enclenche d’impressionnantes vagues migratoires : beaucoup de Grecs quittent la Turquie pour se rapatrier, tandis que 500 000 Turcs reviennent de Grèce.

Le traité de Lausanne du 24 juillet 1923 constitue une véritable épuration ethnique !!! On veut construire une homogénéisation artificielle et radicale.

Le 1er novembre 1922 marque la fin officielle de l’Empire ottoman.

Le 29 octobre 1923 est créée la République de Turquie et Kémal, le futur Atatürk, est élu Président de la République.

Conclusion

En conclusion, le gâteau ottoman a été très difficile à digérer…
Séance 5
Chapitre 5 : La Guerre froide (GF) en Orient : le « Grand Jeu » soviéto-américain en Turquie et en Iran (1945-1953)
I / La Turquie, des visées soviétiques à l’adhésion à l’Otan (1941-1952) :

1-Le choix de la neutralité pdt la 2° guerre :

  • 1941 Traité de non agression avec Allemagne

  • mais fév 1945 Turquie rejoint les alliés (condit° pour entrée à ONU)


2- Les visées soviétiques sur les Détroits turcs (1943-47) :

  • 1920 traité d'amitié avec Urss pour 20 ans

  • Staline veut renégociation de la Convention de Montreux (1936; libre circulat° ds détroits mais contrôle turc) ; 1945 il déclare que Urss est en droit d'occuper le Nord-Est de la Turquie (Kans, Ardhan) + réclame le contrôle des détroits, veut installer une base militaire à Istanbul

  • Pas de soutien des Alliés (appel à ttes bonnes volontés en 46) jusqu'à l'entrée ds la GF : 12 mars 1947 (// doctrine Truman)  aide des US (// Grèce)


3- La Turquie, bastion occidental sur le flanc sud de l’URSS depuis 1947:

  • armée turque = une des armées les + nombreuses et mieux équipées de l'Otan ;

  • US installent des bases militaires (pour avion espion U2)

  • T adhère à ttes organisations internationales : OECE (ex-OCDE), Conseil de l'Europe (1949), ONU, OTAN (fév 1952)


 alignement de la Turquie sur po des US

II / L’Iran de Reza Shah, de la modernisation autoritaire aux tensions de la 2°guerre (1930s-1947) :


  1. La modernisation inachevée de Reza Shah Pahlevi (1925-1941) :

  • Des Quajars aux Pahlevi (1921-1925) : la prise du pvoir par Reza (changement de dynastie)

- Rhéza = éleveur d'âne illettré du Nd Iran mais géant  brigade d'élite du caucase  colonel !!!

- 1921 Ministre de la Guerre + 1923 1° Ministre

- 1925 Roi après coup d'Etat ; dynastie = lui et son fils Mohammed Réza, renversé par la Rév

  • Une tentative de modernisation autoritaire àp de 1934 :

Mesures (influence turque) : remplacement du fèz par képi+chapô ; 1935 changement Empire perse  Iran ; réforme du code civil (mais pb avec clergé chiite sur la Q des femmes) ; modèle fr pour enseignement ; tentative d'interdire la polygamie/ réglementer les mariages….

  • Les limites de la modernisation :

- statut des femmes ne s'améliore pas

- pas d'avancée de la laïcité // clergé chiite***

- pétrole dominé par GB

- luttes tribales


  1. Le choix allemand de Reza Shah, et l’occupation de l’Iran (août 1941) :

  • 1941 All attaque Urss et vont rapidement vers le Caucase avec pour objectif Bakou (pétrole) Iran devient un enjeu stratégique

  • Réza fait le choix de l'All // idéologie aryenne + rôle ds modernisation entre 2guerres (éco, financier et enseignement)

  • double réponse Urss/ GB  25 août 1941 Réza exilé  Iran coupée en 2 (zone Nord occupée par Urss/ zone Sud par GB) + Téhéran (USA)




  1. Les visées de Staline sur le Nord de l’Iran (1945-46) et sur le pétrole (1947) :

    • L’Azerbaïdjan iranien (Tabiz) : mvt de sécession // Staline veut le rattacher à l’Azerbaïdjan

    • La sécession de la rép kurde de Mahabad (janv 1946) par Mustafa Barzani (kurde irakien, réfugié à Bakou, général de l’Armée rouge)

    • Revendication sur pétrole rejetée par GB+majlis+gpe FN du Dr. Mossadegh

→→ menée territoriale vers le Sud + visée sur pétrole mais échec ; oct 46 armée iranienne entre ds zone d’occupat° sov avec le soutien de GB/US
→ Iran, état-tampon entre les 2 camps de la GF, sous influence US
III / L’Affaire Mossadegh, premier « coup tordu » de la CIA :
1- La nationalisation de l’Anglo-Iranian par le Dr. Mossadegh (1950-51) :

  • Système « normal » établi des royalties par Anglo-Iranian Oil Co // Arabie Saoudite + Venezuela négocie avec Co US fifty/fifty = « révolution » pour pays pétrolier

  • Dr. Mossadegh, 1° ministre (1951), nationalise la Co car GB refuse 50/50 → National Iranian Oil Compagny (NIOC)

  • GB organise le boycott de l’Iran → paralysie de l’industrie pétrolière + embargo ds le Golf

  • US soutien Iran (// « discours anticolonialiste »…) ds un 1° tps


2- Le complot du Shah et les « dirty tricks » de la CIA contre Mossadegh (1952-53) :

  • 1° coup d’Etat contre Mossadegh qui échoue

  • Organisation d’une fausse manifestation communiste pour arrestation de Moss sous le prétexte qu’il aurait basculé ds le camp des sov…

  • Retour du Shah, nationalisation pas remise en cause


→ Affaire Mossadegh = 1° symbole intervention de la CIA, bras armé de l’impérialisme US

En guise de conclusion / résumé :

GF = temps du changement d’influence au MO, de la GB (dominante entre 1880-1940) au USA, nouvelle puissance impérialiste au MO !!!
Cours 7
L’ÉGYPTE DE 1948 A 2002

DU "PHARE DE LA NATION ARABE " SOUS NASSER

AUX BLOCAGES POLITIQUES ET SOCIAUX SOUS MOUBARAK

 

Introduction : 14 mai 1948, proclamation de l’Etat d’Israël.

* Deux périodes :

- au lendemain de la première guerre mondiale : formation des états actuels.

- au lendemain de la seconde guerre mondiale : création d’Israël.

* Après le génocide juif : Une des formes de compensation est le passage d’une entité sioniste à un État juif. Par conséquent, une partie des pays européens soutient les revendications sionistes.

- Soutien à la demande sioniste vient des USA. (Truman doit son élection à l’électorat juif).

- UNSCOP = United Nation’s Special Comitee On Palestine.

But : partager la Palestine en deux États.

- Résolution 181 porte partage de la Palestine en deux États indépendants.

Statut international pour Jérusalem dès que la puissance mandataire aura quitté la Palestine.

56 votants : 33 pour (USA, Amérique latine, URSS, Europe occidentale),

13 contre (Pays arabes indépendants, pays d’Asie, Cuba et Grèce),

10 abstentions (dont la Grande-Bretagne).

- 14 mai 1948 : proclamation de État d’Israël par David BEN GOURION. Refus des pays arabes. Refus des Palestiniens de discuter avec l’ONU.

=> première guerre israélo-arabe du 15 mai 1948 à janvier 1949.

Israël possède une armée honorable => explique les combats.

Du côté israélien : guerre d’indépendance.

Du côté arabe : guerre de libération de la Palestine.

Du côté palestinien : la " Nabka ", la catastrophe.

Remarque : noms différents….

Les victimes sont les palestiniens. La résolution n’est pas mise en œuvre. Israël et les pays arabes ne sont pas pour un État palestinien.

Idée de mettre la main sur la Palestine :

-> État d’Israël : plus grand que prévu (deux tiers de la Palestine)

-> 800 000 à 90 000 palestiniens sont expulsés et vont donc se réfugier soit sur le territoire palestinien soit dans les pays voisins.(! Thèse israélienne : absorption des Palestiniens par les pays arabes pour laisser la place aux armées arabes. En fait politique d’expulsion.).

-> Création d’Israël : tremblement de terre au Moyen-Orient dont les palestiniens sont les premières victimes, mais qui sert aux États arabes pour légitimer l’absence de démocratie (sorte d’état d’urgence).

 

 

I. ÉGYPTE DE 1948 A 1981 : U N CADRAGE CHRONOLOGIQUE.

    1. L’Égypte de Nasser ou les désillusions de la " nation arabe ".

État puissant (démographiquement et historiquement) : " phare des nations arabes ".

a) Années 50 : Suez et l’illusion lyrique de la nation arabe.

- Monarchie corrompue - roi Farouk. Au niveau parlementaire :

Partie du Wafd : baisse de popularité : incapacité à faire partir la GB.

Montée en force des Frères musulmans.

- 1949 : armée égyptienne vaincue <- création d’Israël. Retour des Frères musulmans (= combattants volontaires en Israël).

=> tension entre Frères musulmans et Israël.

- 26 janvier 1952 : incendie du Caire.

Pillage et incendie de tous les symboles des puissances occidentales. Vise puissance mandataire et son soutien d’Israël.

* 23 juillet 1952 : la révolution des officiers libres. Neguib, Nasser, Sadate.

-renversent monarchie. Proclamation de la république (18 juin 1953).

Neguib est président, Nasser premier ministre.

Programme : indépendance nationale, lutte contre la corruption, réforme de l’armée.

- Question de qui a réellement le pouvoir :

-> les Frères musulmans (Sadate en fait partie).

-> en fait les " Officiers libres " s’opposent aux Frères musulmans.

- 1954 : Neguib est écarté du pouvoir( car il soutient les frères musulmans).

- octobre 1954 : Nasser détient le pouvoir. Nouvelle constitution. Parti unique : Union Nationale. Nasser élu président en juin 1956.

-Nasser = grande figure politique pendant vingt ans, de stature internationale (1955 : conférence de Bardung).

- Révolution : nationalisation du canal de Suez.

Références : France de Bonaparte, jeunes Turcs, Kemal.

Les Moukhabarat (faction de l’armée) écrasent les frères musulmans.

Le régime de Nasser est moins démocratique que la monarchie (Parti unique comme représentation politique).

* La nationalisation du canal et la crise de Suez.

- contexte de guerre froide. Rapprochement entre l’URSS et les nationalismes arabes (traités d’amitié, armes, …).

° Nasser participe à la conférence de 1955, il ne s’aligne pas.

° Conflit Israélo-arabe : " l’armistice n’est pas la paix ". Incidents et problèmes aux frontières : tension croissante avec les pays voisins.

° Décolonisation et sous-développement : Nasser ressort un vieux projet, un barrage sur le haut du Nil (régulation des crues et irrigation plus développement économique). Nasser s’adresse aux organisations internationales. USA et Grande-Bretagne acceptent de financer, à condition que Nasser signe un traité militaire anti-soviétique. URSS propose un prêt à long terme plus avantageux et sans conditions.

- Nationalisation de la Compagnie Franco-anglaise du Canal de Suez

26 juillet 1956 : grand discours de Nasser à Alexandrie en arabe dialectal. Au bout d’une heure, grand éclat de rire :" l’armée égyptienne est en train de prendre le contrôle du canal de Suez ".

Acte symboliquement fort. Fureur de la France et de l’Angleterre. Grand enthousiasme dans les pays arabes. Pose Nasser comme leader de la Nation arabe.

En France : on en veut à Nasser de nationaliser le canal et de soutenir les revendications nationales algériennes - " canaliser le colonel et coloniser le canal " (Le Canard Enchaîné).

Départ de la GB d’Israël et canal => peur d’une expansion aux pays voisins.

USA : pas fondamentalement hostiles à la nationalisation du canal. Jouent d’abord la carte de Nasser.

=> France et Angleterre montent une expédition : crise de Suez en octobre-novembre 1956 (avec israéliens). Attaque israélienne contre le canal. Les français et les anglais exigent le retrait des troupes du canal, une démilitarisation du canal. Le refus des égyptiens entraîne un débarquement franco-anglais pour la libération du canal.

En mai, attaque comme en octobre 1956 : les israéliens arrivent sur le canal. Français et anglais débarquent. L’armée égyptienne est battue.

Les États Unis exercent une pression pour le retrait de la France et de l’Angleterre. L’URSS menace d’utiliser l’arme nucléaire.

Le 6 novembre, la France et l’Angleterre signent un cessez-le-feu et leur retrait.

=> On considère que la nationalisation du canal était un "  chant du cygne " de la part de la France et de l’Angleterre, une dernière tentative pour reprendre pied au Moyen-Orient.

Nasser devient par cette affaire le héros du tiers-monde (triomphe politique), son prestige augmente énormément.

Au même moment, l’URSS écrase la révolution hongroise à Budapest, les armées occidentales étaient sur le canal. Problème de chronologie : simultanéité des évènements.

*Le Nasserisme. Discours du nationalisme arabe

Triomphant dans les années 50 et 60. La nation arabe existe : une unité qui va de pair avec l’anti-impérialisme et le socialisme. Il existe une vieille rivalité entre les différentes capitales arabes. Nasser voulant faire du Caire la capitale du monde arabe, donne le sentiment d’être plus fort que les autres. Idée :  " il n’y a que l’Egypte qui soit une nation, les autres sont des tribus avec des drapeaux ".

 

 

 

b) Années 60 : échec de la nation arabe et du socialisme arabe.

* L’échec de la République Arabe Unie avec la Syrie (1958-1961) :

Projet de peuple arabe uni : initiative syrienne, mainmise égyptienne, refus irakien.

1955 : pacte de Bagdad : traité politico-militaire antisoviétique (Turquie, Irak, Pakistan) => pression sur l’Egypte et la Syrie. La Syrie propose à Nasser de fusionner les deux pays. Annonce le 1er fév 1958 (Référendum avec 99% de oui) => RAU : République Arabe Unie avec deux provinces (Egypte et Syrie) et une seule nationalité (arabe).

En réalité, mainmise égyptienne, administration syrienne prise en main par les officiers égyptiens. Parti Union Nationale de la RAU (extension du Parti Egyptien) : parti unique. Etatisation des colonies.

Une fois réalisée, on tend la main à l’Irak (14 juillet 58, révolution des officiers libres irakiens). Or il y a concurrence des capitales du monde arabe => les Irakiens refusent mais se proposent d’envahir le Koweït. La RAU éclate en 61. Ras le bol syrien de l’Egypte + rumeur que l’Egypte va exporter ses paysans sans terre en Syrie => Damas annonce le fin de la RAU le 28 sept 61.

* Deux crises s’ajoutent à l’échec de la RAU : Koweït (61) et Yémen (62) :

Le Koweït est une vieille possession de la GB. En juin 61, la GB se retire. Le gouvernement issu de la révolution irakienne (Kassem) annonce son intention d’annexer le Koweït. La GB se réinstalle au Koweït pour sa protection au côté des troupes arabes (Syrie, Egypte…). Donc la revendication irakienne sur le Koweït est une constante.

Quelle unité de la nation arabe ? En fait il s’agit d’héritages des grands royaumes : ère égyptienne, ère syrienne, ère irakienne.

Guerre civile au Yémen en 62 qui balance entre monarchie conservatrice et république socialiste :

    • troupes royalistes : Arabie Saoudite, Jordanie (GB)

    • troupes républicaines : Egypte : va s’enliser au Yémen => crise du nationalisme arabe.

* Le Désastre de la Guerre des 6 jours (juin 67) :

Occupation par Israël de Gaza, Jérusalem Est et de la Cisjordanie.

  • Deuxième temps fort de la question palestinienne => réfugiés palestiniens

Nouvelle dimension :

- depuis juin 67, pas de modification territoriale.

    • incapacité militaire des Etats arabes alors qu’armés par l’URSS. Du coup , ils vont devoir renoncer au contrôle de la question palestinienne. Autonomisation politique des Palestiniens par rapport aux Etats arabes. Jusqu’en 64, l’OLP était égyptienne. En 1967, le Fatah de Yasser Arafat s’autonomise => il prend le contrôle de l’OLP, rends aux Palestiniens la maîtrise de leur histoire.

    • Défaite du nationalisme arabe : incapacité politique et militaire à avoir une action unifiée.

Après les funérailles grandioses de Nasser, le balancier politique se déplace vers les pays pétroliers qui seront les grandes puissances arabes des années 70 et 80.

2) L’Egypte de Sadate (1970-1981)

* Tournant stratégique : la paix avec Israël et le choix des USA.

Oct 73 : Guerre du Kippour (Israël) ou guerre du Ramadan (arabes). Initiative arabe. Défaite arabe.

Changement des données stratégiques au Moyen-Orient => l’Egypte change de camp + 1er choc pétrolier.

Anouar El Sadate succède à Nasser => renversement stratégique.

    • s’estime menacé par la gauche égyptienne (PC clandestin)

    • 3ème guerre israélo-arabe et défaite arabe => ne veut plus s’obstiner

  • élimine l’aile gauche du régime égyptien et alliance politico-militaire avec les Etats-Unis. Depuis, l’Egypte est liée aux Etats-Unis qui soutiennent l’Egypte financièrement => dépendance financière de l’Egypte par rapport aux USA encore aujourd’hui (cf guerre Irak).

  • Négociation avec Israël en 78. Traité de paix de Camp David (sous l’égide des USA). C’est donc l’Etat arabe le plus peuplé qui signe la paix. (=> critiques de Sadate)

* Une nouvelle politique économique : l’ " Intifah " (" ouverture ") :

Economie nassérienne : quasi étatisée (modèle soviétique, résultats catastrophiques).

=> ouverture économique au libéralisme : " Intifah "

résultats : ça a pas changé grand-chose pour la majorité de la population mais ça a permis à un groupe de privilégiés de s’enrichir considérablement (oligarchie liée au régime). Les passeports égyptiens sont délivrés plus facilement : beaucoup d’égyptiens émigrent vers les pays pétroliers voisins (soupape de sûreté : ils envoient une partie de leur salaire en Egypte).

* Retour des islamistes dans les champs politique et social :

Sadate cherche des appuis politiques. L’islamisme peut contrebalancer la gauche, il autorise les Frères Musulmans à ressurgir. Exemple : à l’université dans les années 70, s’affrontent le courant laïc de gauche nationaliste et les islamistes. Séparation hommes/femmes dans les amphis, port du foulard courant à l’université.

Ils gagnent du terrain avec des propositions concrètes (= action syndicale) : bourses, logement, vêtements propres, cours du soir, polycopiés…

C’est sur ces aides générales que les islamistes gagnent aux élections étudiantes.

Question : pourquoi les Frères Musulmans sont-ils soutenus par les Etats pétroliers ?

Ils justifient leur propagande islamiste en mettant en avant l’aide sociale : les Frères Musulmans travaillent dans les quartiers pauvres (différentes aides sociales, dispensaires…) avec un financement des Etats pétroliers (Arabie Soudite).

Conclusion : l’assassinat de Sadate le 6 octobre 81.

  • population hostile à la paix avec Israël

  • janvier / février 79 : révolution islamique en Iran. Les USA ont laissé tomber le Shah malade. Le Shah est accueilli en Egypte où il mourra. Sadate est mis au ban du monde islamique.

  • Durcissement de sa politique. Il emprisonne le " pape " des coptes d’Egypte, Chemouda III (chrétiens d’Egypte).

Le 6 octobre 81 lors des célébrations de l’anniversaire de son arrivée au pouvoir en 73, il est assassiné. Le commando islamiste espérait que l’exécution de " pharaon " allait signer la fin du régime et permettre l’avènement d’un régime islamiste mais c’est un échec, l’armée verrouille le pays.

Il n’y a personne aux funérailles de Sadate (différent de celles de Nasser), ça signe l’épuisement des discours nationalistes mythiques. Son bilan est plutôt négatif excepté la paix avec Israël.

II- L’Egypte de Moubarak (1981-2002) : le système politique et la société en crise.

Hosni Moubarak (né en 1928) est un militaire => confirme le fait que le nationalisme égyptien est militaire. Il sera élu et réélu (80 à 95 % des voix).

a) Un système politique largement bloqué : la démocratisation est-elle impossible ?

Moubarak fait du Parti National Démocrate (PND) le parti du président. Ce parti a toujours eu entre 2/3 et 3/4 des voix et des sièges au parlement : multipartisme bloqué, absence d’alternance politique.

Il existe pourtant toujours le Wafd, les Frères Musulmans ou le Parti Communiste Egyptien. Mais un système de quotas avec des sièges réservés assure au présidant la majorité des sièges. De plus les élections sont organisées par l’armée. Il existe aussi des sièges réservés aux minorités religieuses : coptes, juifs (plus maintenant)…

Il y a donc une absence de liberté d’expression.

Les régimes politiques arabes hésitent entre immobilismes devenus autoritaires (avec le soutien des USA et leurs dollars) et monarchies dynastiques.

b) Dans le conflit israélo-palestinien : diplomatie dépendante, soutien verbal officiel aux Palestiniens et exaspération populaire anti-américaine.

  • L’Egypte qui appartient à la ligue arabe (22 Etats + Palestiniens) se propose comme intermédiaire mais sa diplomatie n’a aucune autonomie (dépendance aux dollars US).

  • Le soutien verbal officiel aux Palestiniens est concrètement inefficace mais politique : la question palestinienne est une cause populaire et permet de surfer sur l’opinion publique.

  • Il y a une exaspération populaire anti-US (les régimes sont liés aux USA) mais en même temps il y a une fascination de la population pour les USA : contradiction permanente.

c) Répression et concessions : une pression islamiste constante et difficilement contenue.

* Une double pression : terrorisme et terrain politique et social.

  • attaques contre des touristes + commandant du 11 sept égyptien et bras droit de Ben Laden égyptien.

  • Dans la vie quotidienne : aide sociale. Leur présence se voit par la tenue des femmes (+ elles sont voilées, + le quartier est islamiste).

* Une double réponse du pouvoir : répression et concessions.

  • laisse partis islamistes se présenter aux élections + laisse faire des prêches radicaux + rafles d’homosexuels…

  • de temps en temps il y a des arrestations massives, des grands procès.

Il y a donc une ambiguïté permanente de la " lutte anti-terroriste " dans un contexte non démocratique.

* Peut-on être intellectuel en Egypte (et dans le monde arabe) ?

Non. Menaces, exécutions, censure (ouvrage le plus censuré : les Milles et une nuits)… Les tribunaux égyptiens contraignent même les couples d’universitaires à divorcer. Le prix Nobel de littérature en 1984, Naguib Mahfouz, a été attaqué par un islamiste en 1994. La plupart des grands écrivains sont interdits ou en exil (sauf au Liban).

* Des coptes dans une situation inconfortable.

Ils sont 10 millions en Egypte (sur 70millions). Il ont une Eglise autocéphale (ils ont leur propre pape), une action dans la vie sociale, culturelle, littéraire, une tradition d’investissement politique (surtout dans le Wafd) (Boutros Boutros Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU). Aujourd’hui la pression islamiste se fait sentir au quotidien, leur rendant la vie difficile : " guérilla au quotidien ". Persécutions officiellement dénoncée par le régime mais beaucoup émigrent : aujourd’hui Chicago est " la plus grande ville copte d’Egypte.
Seance 8
La Turquie post-kémaliste entre la démocratie et l’armée : la lancinante question de la démocratisation

(années 1940-2000)
I- Pluripartisme et interventions de l’armée : la lancinante question de la démocratisation (1945- années 1990)


  1. L’apparition d’une opposition légale (1945-1946)


La Turquie kémaliste = période d’un parti unique (le parti républicain du peuple = PRP). Fin 1947, la T a rallié l’ONU => pression américaine pour une démocratisation et un pluripartisme (autorisé par le président Inonu lors d’une réforme constitutionnelle)

Des partis se créent mais doivent respecter les principes kémalistes (les 6 flèches)


  1. Le parti démocrate au pouvoir (1950-1960)

Parti créé par des anciens cadres du PRP avec un programme + libéral en économie et en affaires sociales.


  1. Le changement politique : le PD au pouvoir en mai 1950

1950 = 1eres élections libres 53% et 420 sièges pour le PD ; Bayer président et Menderes Premier ministre


  1. La remise en cause du laïcisme et de la laïcité

Autorisation à l’appel à la prière en arabe, assouplissement du port du voile, tribunaux + tolérants en matières de polygamie et d’usages vestimentaires traditionnels. Mais pas de remise en cause de la laïcité même si ce sont les 1eres mesures du gvt


  1. Des interventions répétées de l’armée

(ce poids pol de l’armée et son intervention ds les grds débats pol = un obstacle à l’adhésion à l’UE)

La T n’est pas un régime militaire ; les militR interviennent le plus souvent sur le seul respect de la laïcité
A-Le coup militaire du 27 mai 1960 et la démocratisation

Le PD perd rapidement son fonctionnement démocratique et limite les droits de l’opposition

Le premier ministre fait de + en + référence à la religion et à l’islam

Coup d’état militaire qui renverse le gvt et installe les militaires au pouvoir pendant quelques mois.

Coup d’état qualifié de « progressiste » : une nouvelle constitution est installée en 1961

Période d’ouverture mais grde instabilité gvtale

  • 2° coup d’état militaire, à blanc en 1971 = « coup de poing sur la table »




  1. Le coup d’état militaire du 12 septembre 1980 et la répression

= « vrai coup d’état militaire »au pouvoir pendants 3 ans et s’accompagne d’une répression sévère (contre les extrémistes, contre les Kurdes, remise en vigueur lois laïcistes) ; dissolution de ts les partis

2 raisons :

  • pays s’enfonce ds une sorte de guerre civile (factions d’extrême gauche et d’extrême droite tentent de se tailler des fiefs politiques)

  • défendre la laïcité : place excessive de l’islam ds l’espace public

83-86 : apparition de nveaux partis qui respectent les principes de la République + nvelle constitution avec la supériorité de la Nation sur tout le reste


  1. Les étapes du retour des civils au pouvoir (1983-1989)


Ozal mène cette transition démocratique : donne un minimum d’expression aux Kurdes et affirme le destin européen de la Turquie



  1. L’impossible démocratisation ? Les années 1980- début des années 1990


(Période antérieure aux réformes en vue de l’adhésion à l’UE)

Depuis 1982, la Turquie est constitutionnellement une République laïque démocratique.


  1. La question de la place de l’armée et du Conseil national de sécurité

La place de l’armée est institutionnalisée par le CNS (= organisme qui réunit les chef d'état Major et représentants du gvt) mais les militaires st majoritR

Ce conseil a le pouvoir d’imposer le retrait d’un texte de loi


  1. La question des violations des droits de l’homme et de la torture

La T adhère à la convention européenne des droits de l’Homme

Mais la constitution de 1982 et les codes de justice prévoient des peines extravagantes pour le remise en cause des principes républicains) + pb de la torture dans les commissariats et les prisons.


  1. La « question kurde », politique et culturelle

Non reconnaissance en tant que grpe avec des spécificités culturelles


  1. La question chypriote et la partition de l'île depuis 1974

Île où la population est majoritairement grecque (2/3)

Jusqu’en 78, appartient à l’empire ottoman, puis sous les pouvoirs des Britanniques et enfin indépendance avec une constitution garantissant les droits des 2 parties

1974, coup d’état de l’extrême droite grecque qui prône le rattachement à la Grèce

l’armée turque débarque à Chypre pour protéger la minorité turque (en application du droit international) et occupe la nord de l'île

dictature d’extrême droite renversée au bout de qqes semaines, gvt démocratique rétabli mais l’armée turque ne se retire pas


  1. La reconnaissance du massacre/génocide des Arméniens en 1915

Génocide de la part des Jeunes Turcs ; refus de la part de la T contemporaine de reconnaissance officielle (demande arménienne depuis 1945)
Tableau sombre sur les difficultés à se démocratiser ms depuis les années 90 profonds changements (émergence d’une société civile face à un pouvoir politique et militaire)

  • T des années 2000 très éloignée de celles des années 1980


II- Laïcité et retour de l’islam à la fin du siècle
Q de la laïcité s'organise autour de 4 pôles

    • laïciste: parti de gauche et armée = noyau dur de la laïcité

    • partis conservateurs de droite avec une base électorale

    • confréries religieuses avec un rôle social et spirituel

    • partis islamistes (utilisation de l'islam à des fins politiques)


1- L'islamisme politique: la réislamisation par le haut
par le haut = par les partis politiques

un parti se réclamant de l'islam se développe sous différentes appellations (dues à des dissolutions successives)

objectif: faire tte sa place à l'islam dans la société turque et donc atténuer la laïcité

succès électoraux lors des municipales de 94 (remporte Istanbul (maire = Erdogan) et Ankara); améliorations de la gestion municipale => une des raisons de la popularité d'Erdogan (aujourd'hui président de la République)

aujourd'hui demande rapprochement et adhésion avec l'UE

=> islamisation par le haut n'a pas fonctionné, est devenu un parti comme un autre

2- La réislamisation fondamentale par le bas: mouvements religieux et confréries
se référer au chapitre introductif
rôle spirituel et d'assistance sociale

après l'interdiction par Moustafa Kemal, ces confréries existent mais n'interviennent pas dans le champ politique (cependant, quelques groupuscules terroristes existent)
3- Les confréries alévites: des chiites globalement laïques et de gauche
différentes du chiisme iranien (produit du chamanisme, de références chrétiennes et références islamiques non sunnites)

10 à 15 millions d'alévites

pas de prosélytisme => grpe fermé,culte pratiqué de manière non visible
Conclusion de la section II
au cours du XX°, laïcité a le plus souvent été imposée ou rétabli par la force; elle doit devenir réelle pour une adhésion à l'UE

l'islam étant contrôlé par l'état est plutôt tolérant

la ligne de clivage passe aujourd'hui entre les musulmans laïques et démocrates, et musulmans à tendance islamiste
III- La Turquie et la mémoire arménienne du génocide de 1915-1916
Le 18 janv 2001, reconnaissance française du génocide arménien de 1915
1- La définition juridique internationale du génocide de l'ONU (décembre 1948)
cf poly
2- Massacre ou génocide des Arméniens en 1915-1916?
A- Une décision de déportation par le triumvirat Jeune-turc

L'armée ottomane en difficulté dans le Caucase face aux trpes russes bien accueillies par les Arméniens (les Tsars soutiennent leurs revendications = moyen d'affaiblir l'empire ottoman)

le gvt turc décide de déporter les pop pour laisser place à l'armée

25 avril 1915 arrestations de notables turcs à Istanbul + déportation des pop de l'est de la Turquie, au N de la Syrie (avec surmortalité car régions traversées très rudes) + massacres massifs
B- Une déportation aboutissant à un génocide

officiellement déportation en dehors des zones de combat

multiples témoins neutres parlent de massacres massifs

auj. La définition international du génocide s'applique

1ères dénonciations par les Allemands
C- Une amorce de reconnaissance du génocide

procès devant tribunaux militaire mais la guerre de libération nationale relègue la question

la mémoire du génocide est alors portée par les Arméniens
3- Histoire et mémoire du génocide (1975-2001)
à partir de 1923 la mémoire du génocide est seulement privée

silence total et absolu dans la République turque

ressurgit brièvement en 1965 (50° anniversaire du 25 avril 1915) lors de cérémonies dans le monde avec le terme de génocide
A- L'émergence publique d'une mémoire du génocide depuis 1975

nombreuses manifestations; question posée sur la place publique internationale
B- La reconnaissance internationale du génocide dans les années 1980

reconnaissance par des gvts et instances internationales du terme de génocide arménien et demande à la Turquie à une reconnaissance officielle

mais les Turcs craignent qu'en cas de reconnaissance, les Arméniens (turcs et soviétiques) demandent leur indépendance.
4- Des positions turques constantes
les arguments turcs:

  • tradition de tolérance et d'accueil des minorités menacée (dont des Juifs en 1492, 1939-1941)

  • soulèvement et alliance avec l'ennemi (même si historiquement argument fondé ne justifie pas les massacres massifs)

  • déplacements dans des conditions difficiles (la mortalité naturelle ne suffit pas à expliquer cette mortalité)

  • atténuerait le génocide allemand

  • objectif démantèlement de la Turquie: nouvelles revendications territoriales


pour certains, la reconnaissance du génocide = condition négociations UE; pas de tx qui l'oblige même si le parlement européen a demandé en 1987 une reconnaissance turque
IV- La Turquie et la « question kurde »
Introduction: les Kurdes, un peuple divisé et sans état
Pendant l'empire ottoman, le lien se faisant sur une base religieuse (rappel: souverain de l'Empire = Calife)

20 à 25 millions de personnes à cheval sur plusieurs états (Turquie, Iran, Irak et Syrie)

Peuple divisé également en interne: langues, religions (majorité sunnite mais la minorité chiite reste non négligeable), organisation tribale
Le Kurdistan: région pauvre => exode rural (surtout dans l'ouest de la Turquie et à l'étranger) => envisager la question kurde dans un ensemble plus large que le Kurdistan

Pour les Turcs, = question d'une minorité culturelle dans un état centralisé jacobin

dans les autres état, agitation pour une autonomie voire un indépendance
1- Les Kurdes, « Turcs des montagnes » de l'Etat kémaliste
pendant la guerre de libération nationale, Moustafa Kemal s'était rallié aux Kurdes

lors de la proclamation de la République, retournement de l'attitude: uniquement reconnaissance de citoyens « turcs »

politique de turkification, négation de l'existence d'une minorité => toute manifestation de kurdisme tombe sur le coup de la répression pénale ou militaire

2- Un conflit régional: les impasses du séparatisme sanglant du PKK (1984-1999)
la dernière insurrection kurde commence en 1984 (jusqu'en 1999)

en 1970, création par Abdullah Ocalan du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)

guerrilla séparatiste dans l'est de la Turquie (avec des soutiens extérieurs de l'Irak (faire naître des troubles sur la frontière), Syrie, Grèce, pays soviétiques (affaiblir les piliers de l'OTAN))

guerrilla pendant 15 ans, 30 000 morts pris entre le PKK et l'armée turque

politique turque de vider les villages dans des camps de regroupement, quadrillage des campagnes) => paupérisation, émigration

en 1999, des soutiens lâchent le PKK
Conclusion: permanence d'une « question kurde » nationale et régionale
question complexe, son évolution résulte de 4 dynamiques:

  • les divisions internes et étatiques du mouvement national kurde

  • la politique des 3 états sur le sol desquels sont installés la majorité des Kurdes n'est pas linéaire

  • la politique de la communauté internationale qui a souvent instrumentalisé les Kurdes

  • avancées en Turquie dans les textes sous la pression de l'UE (il faut maintenant attendre une mise en oeuvre)

insurrection militaire n'apporte pas de réponse politiques

Kurdes favorables à l'adhésion à l'UE (espèrent ainsi démocratisation et solution à leur problème)
Cours9
Cours neuf burdi


L’Iran : de la « révolution Blanche » de mohammed-reza à la république islamique
Intro :

L’histoire du XX en Iran est une succession de crises identitaires nées de la confrontation avec la modernité occidentale : du constitutionalisme du début du siècle à la modernisation de Reza Sha 30s, de la révo blanche de mohammed-reza 60s à la révo islamique de 78 79. Les crises se succèdent en 41 50 53, elles traduisent la difficulté du pays à se moderniser.

En 79 s’établie la domination religieuse en réaction à la monarchie de 50 60.

Le plan :

  1. Monarchie absolue sous tutelle USA pour la modernisation autoritaire

  2. La monté des oppositions, surtout religieuses dans les années70 qui débouche sur une crise révolutionnaire en 78 79 et la proclamation de la république islamique.


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