Vincent Broqua, upec et Christophe Lamiot-Enos, Université de Rouen





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Au-delà du modèle puritain ?

Le Voyage du Pèlerin comme intertexte de la fiction états-unienne

Claude Le Fustec, Université Rennes 2 et Anne Ullmo, Université Lille 3
Dans The Reign of Wonder (1965), Tony Tanner déclare: “it is hard to think of many major American novels which do not in some way incorporate in them the notion of a search, a quest, a more than physical journey.” Le rapport presque obsessionnel que l’imaginaire culturel états-unien semble entretenir avec l’allégorie de Bunyan, The Pilgrim’s Progress, semble confirmer l’analyse de Tanner. Du symbole identitaire que représentent les « Pères Pèlerins » aux récentes adaptations cinématographiques du voyage du pèlerin comme celle de Dany Carrales en 2008, l’imaginaire américain semble habité par l’allégorie de Bunyan. En littérature, les plus grands auteurs y ont eu recours, qu’il s’agisse de Hawthorne, dont la nouvelle « The Celestial Railroad » est une réécriture, ou de la célèbre épopée des fermiers migrants dans Les Raisins de la colère. Le voyage du pèlerin donne sa profondeur tragique à l’utopie d’un Gatsby et constitue le fondement des hallucinations du voyage beat, comme l’a lui-même reconnu Kerouac, et à sa suite Krakauer (Into the Wild, 1996).

Toutefois, modèle du voyage vers un nouveau monde, la quête du pèlerin est constamment ré-écrite, parodiée, subvertie. Souvent maléfique chez Hawthorne (« Ethan Brand »), vouée à l’échec chez Edith Wharton (The House of Mirth), elle se révèle illusoire pour Gatsby et que dire des délires mystico-alcoolisés de Salvatore Paradise ? Or l’allégorie puritaine, cette possession jugée désormais inutile par les fermiers migrants qui s’en défont avant leur départ pour la Californie dans le roman de Steinbeck, continue de structurer la littérature américaine, aussi bien postmoderne (The Crying of Lot 49, parodie de la quête religieuse selon Brian D. Ingraffia) que « minoritaire » (on songera notamment au roman A Mercy de Toni Morrison, paru en 2008).

Cet atelier aimerait inviter des communications examinant le rapport de la fiction états-unienne au modèle que semble donc constituer l’allégorie puritaine de Bunyan, depuis le 19è siècle jusqu’à nos jours. On pourra examiner le type d’intertextualité mise en jeu, reprise, simple parodie ou rapports symboliques plus complexes, se poser la question de ce que devient l’allégorie d’un point de vue formel ainsi que ce qu’il en est de la quête de sens, notamment dans les avatars les plus contemporains du Voyage du Pèlerin. On tentera ainsi éventuellement de poser la question de la spécificité d’une esthétique états-unienne modelée par un certain rapport à la transcendance.

Les propositions de communication (environ 200 mots) sont à envoyer à Claude Le Fustec (claude.le-fustec@orange.fr) et Anne Ullmo (anne.ullmo@free.fr) avant le 20 décembre 2013.
Revising the Puritan Model?

The Pilgrim’s Progress as the ur-text of US fiction
In The Reign of Wonder (1965), Tony Tanner stated: “it is hard to think of many major American novels which do not in some way incorporate in them the notion of a search, a quest, a more than physical journey.” This is clearly illustrated by the omnipresence of Bunyan’s Pilgrim’s Progress in US culture. From the voyage of the first settlers famously known as the “Pilgrim Fathers,” to contemporary versions of the English puritan allegory such as the 2008 film adaptation by Dany Carrales, Bunyan’s spiritual quest seems to have had a special appeal for US imagination. From the early days of US fiction, it has been rewritten, as in Hawthorne’s “The Celestial Railroad” or Steinbeck’s famous epic The Grapes of Wrath. Gatsby’s utopian and tragic quest is yet another one of its versions, while Bunyan’s allegory is the basis of the hallucinated beat trip, as Kerouac himself acknowledged, a model subsequently taken up by Krakauer (Into the Wild, 1996).

However, as the model of the quest for a new World, The Pilgrim’s Progress keeps being revised, parodied, subverted by US fiction. It often leads the pilgrim to evil rather than to the Celestial City in Hawthorne’s stories, is doomed to failure in Wharton’s House of Mirth, is exposed as illusory in The Great Gatsby and becomes equated with intoxication in Kerouac’s On the Road. Still, useless though it might seem to the migrants who leave it behind among the many belongings that they now deem worthless as they set out on their journey to California in The Grapes of Wrath, the puritan allegory remains an undisputable component of contemporary US fiction, whether postmodern (The Crying of Lot 49 is a parody of the religious quest according to Brian D. Ingraffia) or African American (as in Toni Morrison’s 2008 A Mercy).

This workshop would like to discuss this relationship between US fiction and Bunyan’s allegory as an uhr text of this fiction since the 19th century. Possible approaches might be the ways in which The Pilgrim’s Progress is being revised, parodied or echoed both from the point of view of its allegorical form and symbolic significance, and the consequences this has with regards to its quest for meaning. One central concern could be to try and examine the link between American fiction and its evolving concern for transcendence.

Abstracts (200 words) should be sent to Claude Le Fustec (claude.le-fustec@orange.fr) and Anne Ullmo (anne.ullmo@free.fr) before December 20, 2013.
D’un usage particulier du modèle : vices et vertus du plagiat dans la littérature américaine
Gérald Préher (Université Catholique de Lille) et Frédérique Spill (Université de Picardie Jules Vernes, Amiens).
Un modèle se définit communément comme une chose ou une personne qui, en vertu de ses caractéristiques et souvent de ses qualités, sert de référence à l’imitation ou à la reproduction. Nombreux sont les écrivains américains qui,ouvertement et sans afféterie, revendiquent leurs modèles. Longtemps empruntés au vieux continent (ainsi Shakespeare détient-il sans nul doute une position immuable à la tête du palmarès des modèles littéraires), ces modèles sont aussi bien susceptibles d’être engendrés par l’Amérique elle-même : parmi eux, William Faulkner a été—et il est probablement encore—un modèle écrasant, que Flannery O’Connor, se frayant une voie dans son sillage, comparait astucieusement à la locomotive vrombissante du Dixie Limited. Dans un article intitulé « Faulkner’s Enduring Dixie Limited », Thomas Inge fait porter l’ombre et l’influence de Faulkner, revendiquée par des auteurs aussi variés que Lillian Hellman, Richard Wright, Chester Himes, William Styron, Richard Ford, Cormac McCarthy, Toni Morrison et Ron Rash (pour n’en citer que quelques-uns), jusqu’à la Chine contemporaine : ainsi Mo Yan, détenteur du Prix Nobel de Littérature 2012, se réclame-t-il de Faulkner, Le Bruit et la fureur étant, de son propre aveu, l’un des romans qui ont le plus marqué son travail d’écrivain.

L’imitation, consciente ou non, d’un modèle est généralement suscitée par un fort sentiment d’admiration : or, de l’hommage au plagiat, la frontière est parfois poreuse et ténue – on pense au scandale qui a suivi la publication des nouvelles de Brad Vice qui avaient alors été retirées du commerce avant de reparaître dans une version expurgée en 2007. « Au sens moral, écrit Michel Schneider dans son remarquable essai intitulé Voleur de mots, le plagiat désigne un comportement réfléchi, visant à faire usage des efforts d’autrui et à s’approprier mensongèrement les résultats intellectuels de son travail. Le plagiat au sens strict se distingue de la cryptomnésie, oubli inconscient des sources, ou de l’influence involontaire, par le caractère conscient de l’emprunt et de l’effacement de ses sources » (38). Même s’il est souvent difficile d’en démontrer la preuve, le plagiat s’apparente donc à un délit de contrefaçon. Dans l’entretien que Vanessa Place a accordé à Marion Charret-Del Bove et Françoise Palleau-Papin pour Transatlantica (1, 2012), l’écrivaine explique avoir poussé les limites en publiant Gone With the Wind sous son propre nom, assumant pleinement son vol : « I also did a version of the book where I didn’t do anything to the text, it just had the entire book Gone With The Wind republished with my name on it. I keep trying to explain that I’m stealing it, I’m not parodying, I’m not rephrasing, I’m not adding artistic value, I’m just stealing ».

Mais est-il seulement possible pour un auteur de s’émanciper de tout modèle ? Une œuvre peut-elle prétendre faire table rase de celles qui la précèdent ? L’originalité absolue n’est-elle pas un fantasme ? Walter Benjamin ne dénonçait-il pas déjà le fétichisme de l’einmalig, ce qui ne se verra jamais qu’une fois ? De même, l’idée selon laquelle un auteur pourrait revendiquer l’autorité d’une ?uvre originale dont il serait également le propriétaire n’est-elle pas aujourd’hui désuète ? Un texte n’est-il pas inévitablement, comme Roland Barthes nous invite à le penser, constitué de citations « anonymes, irrepérables et cependant déjà lues : ?…? des citations sans guillemets » ? Plagier autrui n’est-ce pas, en dernière analyse, apprendre à être soi ? Tandis que Proust invitait les écrivains à « se purger du vice naturel d’idolâtrie et d’imitation » et à pasticher ouvertement les auteurs admirés pour « redescendre à n’être plus que ?soi? », l’un de ses fervents lecteurs estime que « ?l?e plagiat est l’occasion de penser cette nécessité d’en passer par les autres (images, miroirs, captures, défaites) pour devenir quelqu’un » (Schneider 84).En tant qu’imitation d’un modèle portée à son comble, le plagiat s’apparenterait-il donc à un processus identitaire ? Ferait-il partie intégrante de la recherche d’un style singulier ?

Le post-modernisme fait volontiers l’« apologie du plagiat », pour emprunter—plagier—le titre d’un ouvrage de Jean-Luc Hennig, le considérant comme une ressource de l’écriture. Tandis que, dans son article « The Ecstasy of Influence », Jonathan Lethem vante les beautés de la réutilisation d’une oeuvre confrontée à un nouveau destin—« the beauty of second use » (64)—,Jonathan Safran Foer fait sensation en découpant littéralement à l’intérieur d’un texte, Les Boutiques de cannelle (1934),pour en faire émerger une histoire inédite : « I took my favorite book, Bruno Schulz’s Street of Crocodiles, and by removing words carved out a new story ». Sous la forme de Tree of Codes (2010), le texte de Schulz, qui n’est alors plus tout à fait son texte mais un texte qui lui ressemble, connaît alors une seconde vie, près de soixante-dix ans après la mort de son auteur.L’idée très borgésienne d’une littérature universelle qui prendrait la forme d’une galerie des glaces où la notion d’auteur s’abolirait dans un interminable vertige sous-tend également The History of Love (2005), où Nicole Krauss poursuit une réflexion poétique sur la tentation d’usurper l’?uvre d’autrui et sur ses conséquences.Est-ce un hasard si son roman met également en scène un personnage qui, pour arrondir ses fins de mois, exerce les fonctions de modèle posant nu, tout rabougri qu’il est, sous le regard d’une classe de dessinateurs ? C’est cette réflexion sur les voies de frayage entre modèle et plagiat que nous vous invitons à explorer avec nous.
Les propositions sont à adresser à Gérald Préher (gerald.preher@gmail.com) et Frédérique Spill (frederique.spill@gmail.com) avant le 20 décembre 2013.
One Way of Using a Literary Model: Virtues and Vices of Plagiarism in American Literature
Many American writers have openly and unashamedly used literary models for their work. A literary model is usually defined as an author or text that is imitated or copied on account of its particular characteristics, most frequently its specific qualities. For a long time the models selected came from the Old Continent (Shakespeare must hold the all time record), but more recently models are just as likely to be found in the canon of American literature. William Faulkner, for example, has been and probably still is an overwhelming inspiration for many, so much so that Flannery O’Connor, seeking to find her own path in his shadow, would astutely compare him to the Dixie Limited, a chugging locomotive. In an article entitled “Faulkner’s Enduring Dixie Limited”, Thomas Inge charts the extent of Faulkner’s influence, claimed by such varied authors as Lillian Hellman, Richard Wright, Chester Himes, William Styron, Richard Ford, Cormac McCarthy, Toni Morrison and Ron Rash (to name but a few), reaching as far as contemporary China where Mo Yan, winner of the Nobel Prize for Literature in 2012, speaks of his debt to Faulkner; The Sound and the Fury being, on his own admission, one of the novels which has left the strongest impression on his own writing.

Imitating a model, consciously or not, is generally caused by a strong feeling of admiration. However, between homage and plagiarism the dividing line is sometimes very thin – the scandal following the publication of Brad Vice’s short stories, which were withdrawn from sale before being rereleased in a distinctly expurgated version in 2007, immediately comes to mind. In his remarkable essay Voleur des Mots (Word Thief), Michel Schneider writes: “From a moral point of view, plagiarism is a premeditated activity, aiming to make use of other people’s efforts and to appropriate the intellectual fruit of their labors. Plagiarism in the strictest sense of the word is not the same thing as cryptomnesia, where the writers is unaware he is copying the source texts, or involuntary influence, as it implies conscious borrowing of words whose source is deliberately not mentioned” (38). Even if it is often difficult to prove it, plagiarism is the same thing as forgery, which is a crime. In Marion Charret-Del Bove and Françoise Palleau-Papin’s interview with Vanessa Place, published in Transatlantica (1, 2012), the writer explains how she got as close as possible to the limit by publishing Gone With the Wind under her own name, openly admitting her theft: “I also did a version of the book where I didn’t do anything to the text, it just had the entire book Gone With The Wind republished with my name on it. I keep trying to explain that I’m stealing it, I’m not parodying, I’m not rephrasing, I’m not adding artistic value, I’m just stealing”.

But is it really possible for an author to be free of all literary models? Can a work ignore all those that have preceded it? Is absolute originality any more than a dream? Has not Walter Benjamin already denounced the fetishism inherent in the einmalig – that which is only seen one single time? Along the same lines, is not the idea that a writer, by claiming the authorship of an original work, also becomes its owner a little out-of-date? Is not a text, as Roland Barthes invites us to think, just a collection of quotations, “anonymous, unplaceable and yet words we have already read [...], quotations without inverted commas In the last resort, isn’t plagiarizing someone else a way to learn to be oneself? While Proust invited writers to “get rid of the natural vices of idolatry and imitation” and to write open pastiches of the authors they admired in order to “go back down to being just oneself”, one of his fervent readers considers that “plagiarism is an opportunity to think thorough the need we all have to go via other people (imagining, reflecting, capturing and failing to live up to them) in order to become somebody” (Schneider 84). As the supreme form of imitation, may we see plagiarism as similar to a process of finding one’s identity? Is it an integral part of the search for a style of one’s own?

Postmodernism is quite willing “To Justify Plagiarism”, to borrow – or plagiarize – the title of a book by Jean-Luc Hennig, considering it as just another resource for the writer. On the other hand, in his article “The Ecstasy of Influence”, Jonathan Lethem boasts of the beauties of reusing a work in order to give it a new destiny – “the beauty of second use” (64). Jonathan Safran Foer created a sensation by literally cutting out pieces of a text to create a new story: “I took my favorite book, Bruno Schulz’s Street of Crocodiles, and by removing words carved out a new story”. Published in this new form as Tree of Codes (2010), Schulz’s text, which is no longer quite his text, but a text that resembles it, gains a second life, more than seventy years after the death of its author. Borges’s idea of a universal literature that takes the form of a hall of mirrors where the idea of an author would be abolished in an endless spiral also forms the basis of The History of Love (2005), where Nicole Krauss reflects on the temptation to usurp the authorship of other people’s work and the consequences of such an action. Is it just chance if the novel also includes a character who, in order to balance his monthly budget, in spite of being hunched up, works as a nude model in front of a class full of art students? We invite participants to explore with us this shadow country between being inspired by a literary model and plagiarizing it.

Proposals should be sent to Frédérique Spill (frederique.spill@gmail.com) and Gérald Préher (gerald.preher@gmail.com), by December 20, 2013.
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