Leçon 14 21 Mai 1974 Leçon 15 11 Juin 1974 13 Novembre 1973 Table des matières Je recommence ! Je recommence, puisque j’avais cru pouvoir finir. Je recommence même, parce que j’avais cru pouvoir finir. C’est ce que j’appelle ailleurs «la passe»





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LACAN
Les non-dupes errent

1973-74



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Les références bibliographiques privilégient les éditions les plus récentes. Les schémas sont refaits.

N.B.  Ce qui s’inscrit entre crochets droits [ ] n’est pas de Jacques LACAN.

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Table des matiÈres




Leçon 1 13 Novembre 1973

Leçon 2 20 Novembre 1973

Leçon 3 11 Décembre 1973

Leçon 4 18 Décembre 1973

Leçon 5 08 Janvier 1974

Leçon 6 15 Janvier 1974

Leçon 7 12 Février 1974

Leçon 8 19 Février 1974

Leçon 9 12 Mars 1974

Leçon 10 19 Mars 1974

Leçon 11 09 Avril 1974

Leçon 12 23 Avril 1974

Leçon 13 14 Mai 1974

Leçon 14 21 Mai 1974

Leçon 15 11 Juin 1974


13 Novembre 1973 Table des matières

Je recommence ! Je recommence, puisque j’avais cru pouvoir finir. Je recommence même, parce que j’avais cru pouvoir finir.

C’est ce que j’appelle ailleurs « la passe » : je croyais que c’était passé. Seulement voilà, cette créance : « je croyais que c’était passé » cette créance m’a donné l’occasion de m’apercevoir de quelque chose. C’est même comme ça - ce que j’appelle « la passe » -

ça donne l’occasion tout d’un coup de voir un certain relief, un relief de ce que j’ai fait jusqu’ici.
Et c’est ce relief qu’exprime exactement mon titre de cette année, celui que vous avez pu lire, j’espère, sur l’affiche, et qui s’écrit : Les non-dupes errent. Ça sonne drôlement, hein ? C’est un petit air de ma façon. Ou pour dire mieux les choses, une petite « erre », e, deux r, e. Vous savez peut-être ce que ça veut dire, une erre ? C’est quelque chose comme la lancée.

La lancée de quelque chose, quand s’arrête ce qui la propulse et continue de courir encore.
Il n’en reste pas moins que ça sonne strictement de la même façon que Les Noms du Père, à savoir ce dont j’ai promis

de ne parler plus jamais. Voilà ! Ceci en fonction de certaines gens que j’ai pas plus à qualifier, qui au nom de FREUD,

m’ont justement fait suspendre ce que je projetais d’énoncer des Noms du Père. Ouais…
Évidemment, c’est pour ne leur donner en aucun cas le réconfort de ce que j’aurais pu leur apporter certains de ces noms

qu’ils ignorent parce qu’ils les refoulent. Ça aurait pu leur servir. Et c’est à quoi je ne tenais pas précisément.

De toute façon, je sais qu’ils ne les trouveront pas tout seuls, qu’ils ne les trouveront pas, tels qu’ils sont partis sur l’erre

- e, deux r, e - sur l’erre de FREUD, c’est-à-dire sur la façon dont sont constituées les sociétés psychanalytiques. Voilà.
Alors, Les non-dupes errent et Les Noms du Père consonent si bien, qui consonent d’autant mieux que contrairement, comme ça,

à un penchant qu’ont les personnes qui se croient lettrées à faire des liaisons même quand il s’agit d’un « s »,

on ne dit pas « les non-dupes z’errent », on ne dit pas non plus « les cerises z’ont bon goût », on dit : « les cerises ont bon goût »

et « les non-dupes errent ». Ça consonne.
Ça, c’est les richesses de la langue. Et j’irai même plus loin : c’est une richesse que n’ont pas toutes les langues, mais c’est bien pour ça qu’elles sont variées. Mais ce que j’avance de ces rencontres qu’on qualifie du mot d’esprit, peut-être que j’arriverai

avant la fin de cette année à vous faire sentir, à vous faire sentir un peu mieux ce que c’est que le mot d’esprit.
Et je vais même tout de suite en avancer quelque chose.

Dans ces deux termes mis en mots, des Noms du Père et des non-dupes qui errent, c’est le même savoir.

Dans les deux. C’est le même savoir au sens où l’inconscient c’est un savoir dont le sujet peut se déchiffrer.

C’est la définition du sujet, qu’ici je donne, du sujet tel que le constitue l’inconscient.
Il le déchiffre, celui qui d’être parlant est en position de procéder à cette opération, qui y est même jusqu’à un certain point forcé, jusqu’à ce qu’il atteigne un sens. Et c’est là qu’il s’arrête, parce que… parce qu’il faut bien s’arrêter. On ne demande que ça, même !

On ne demande que ça parce qu’on n’a pas le temps. Alors il s’arrête à un sens, mais le sens auquel on doit s’arrêter,

dans les deux cas, quoique ça soit le même savoir, ce n’est pas le même sens. Ce qui est curieux.
Et qui nous fait toucher du doigt tout de suite que ce n’est pas le même sens, seulement pour des raisons d’orthographe.

Ce qui nous laisse soupçonner quelque chose. Quelque chose dont vous pouvez voir, en fait, l’indication dans ce que j’ai,

dans quelques-uns de mes séminaires précédents, marqué des rapports de l’écrit au langage.
Ne vous étonnez pas trop, enfin, qu’ici je laisse la chose à l’état d’énigme, puisque l’ énigme, c’est le comble du sens.

Et ne croyez pas même, qu’à l’occasion, il ne reste pas là…

à propos de ce rapprochement, de cette identité phonématique, des Noms du Père et des non-dupes errent

…ne croyez pas qu’il n’y ait pas d’énigme pour moi-même, mais c’est bien de ça qu’il s’agit. C’est bien de ça qu’il s’agit, et de ceci :

qu’il n’y a aucun inconvénient à ce que j’imagine comprendre. Ça éclaire le sujet au sens où je l’ai dit tout à l’heure, et ça vous donne du travail. Faut bien le dire, pour moi, il n’y a rien de tuant comme de vous donner du travail… mais enfin, c’est mon rôle!
Le travail, tout le monde sait d’où ça vient, dans la langue, dans la langue où je vous jaspine. Vous avez peut-être entendu parler de ça : ça vient de tripalium, qui est un instrument de torture, et qui était fait de trois pieux. Au Concile d’Auxerre on a dit

qu’il ne convenait pas aux prêtres ni aux diacres, d’être à côté de cet instrument au moyen de quoi torquentur rei,

sont tourmentés les coupables. Ça ne convient pas que le prêtre ni que le diacre soient là, ça les ferait peut-être bander.
Il est en effet bien clair que le travail - tel que nous le connaissons par l’inconscient - c’est ce qui fait des rapports,

des rapports à ce savoir dont nous sommes tourmentés, c’est ce qui fait de ces rapports la jouissance.

Donc j’ai dit : pas d’objection à ce que j’imagine. Je n’ai pas dit «  je m’imagine ». C’est vous qui vous imaginez comprendre.

C’est-à-dire que dans ce « vous vous », vous imaginez que c’est vous qui comprenez, mais moi j’ai pas dit que c’était moi,

j’ai dit j’imagine. Quant à ce que vous vous imaginiez, j’essaye de tempérer la chose. Je fais tout ce que je peux, en tout cas,

pour vous en empêcher. Parce qu’il ne faut pas comprendre trop vite, comme je l’ai souvent souligné.
Ce que j’ai avancé, pourtant, avec ce « j’imagine », à propos du sens, c’est une remarque qui sera celle que j’avance cette année : c’est que l’imaginaire

quoi que vous en ayez entendu, parce que vous vous imaginez comprendre

…c’est que l’imaginaire, c’est une dit-mansion - comme vous savez que je l’écris - aussi importante que les autres.
Ça se voit très bien dans la science mathématique.

Je veux dire dans celle qui est enseignable parce qu’elle concerne le réel que véhicule le symbolique.

Qui ne le véhicule d’ailleurs que de ce qui constitue le symbolique ce soit toujours chiffré.
L’imaginaire c’est ce qui arrête le déchiffrage, c’est le sens. Comme je vous l’ai dit, il faut bien s’arrêter quelque part,

et même le plus tôt qu’on peut. L’imaginaire, c’est toujours une intuition de ce qui est à symboliser : comme je viens de le dire,

quelque chose à mâcher, à penser, comme on dit. Et pour tout dire, une vague jouissance.
Le branlage humain est plus varié qu’on ne croit, quoiqu’il soit limité par quelque chose qui tient au corps, au corps humain,

à savoir ce qui, dans l’état actuel des choses - mais justement c’est pas fini, il peut peut-être venir autre chose - dans l’état actuel des choses, assure la dominance de l’οψις [opsis]1, dans le peu que nous en savons, de ce corps, c’est-à-dire l’anatomie.
Cette dominance de l’οψις [opsis], c’est ce qui fait que… c’est ce qui fait quand même qu’il y a toujours de l’intuition dans

ce dont part le mathématicien. Je vous ferai peut-être cette année sentir le nœud - c’est bien le cas de le dire - le nœud de l’affaire,

à propos de ce qu’ils appellent - je parle des mathématiciens, je n’en suis pas, je le regrette - de ce qu’ils appellent « l’espace vectoriel ».
C’est très joli de voir comment cette affaire, qui est peut-être, enfin…

certains d’entre vous doivent en avoir entendu vaguement parler, je peux leur affirmer en tout cas

…que c’est vraiment le dernier grand pas de la mathématique. Ça part comme ça d’une intuition philosopharde l’Ausdehnungslehre : la math - Lehre c’est ce qui s’enseigne - la math de l’extension, qu’il appelle ça, GRASSMANN.
Et puis il sort de là l’espace vectoriel et le calcul du même nom, n’est-ce pas, c’est-à-dire quelque chose de tout à fait mathématiquement enseignable si je puis dire, de strictement symbolisé, et qui, à la limite, enfin, peut… peut fonctionner dans… par une machine, hein ? Elle, elle n’a rien à y comprendre.
Pourquoi faut-il revenir à comprendre…

on reparlera de l’espace vectoriel, laissez-moi simplement me contenter aujourd’hui d’une annonce

…pourquoi faut-il revenir à comprendre, c’est-à-dire à imaginer, pour savoir où appliquer l’appareil ?
More geometrico, la géométrie…

enfin, la plus bête de la terre, celle qu’on vous a enseignée au lycée, celle qui procède du découpage à la scie de l’espace : vous sciez l’espace en deux, puis après ça l’ombre de sciage vous la coupez par une ligne, et après ça vous marquez un point… bon !

C’est quand même amusant que More geometrico ait paru comme ça pendant des siècles être le modèle de la logique,

je veux dire que c’est ce que SPINOZA écrit en tête de l’Éthique. Ouais…
Enfin, c’était comme ça avant que la logique en ait pris quand même certaines leçons, des leçons telles qu’on en est quand même arrivé à vider l’intuition - n’est-ce pas ? - et que, actuellement, c’est quand même à l’extrême dans un livre de mathématiques,

de ces mathématiques modernes que l’on sait exécrables, aux dires de certains, on peut se passer pendant beaucoup de chapitres de la moindre figure. Mais quand même, et c’est bien là l’étrange, on y vient, on finit toujours par y venir.
Alors j’avance ceci pour vous cette année : on y vient toujours, ce n’est pas parce que la géométrie se fait dans l’espace, l’intuitif…

n’est-ce pas, la géométrie des Grecs, enfin, dont on peut dire que c’était pas mal, mais enfin que ça cassait pas les manivelles

…c’est pour une autre raison qu’on y vient.
Singulièrement, je vous la dirai : c’est qu’il y a trois dimensions de l’espace habité par le parlant, et que ces trois dit-mansions

telles que je les écris

…s’appellent le Symbolique, l’Imaginaire et le Réel. C’est pas tout à fait comme les coordonnées cartésiennes !
C’est pas parce qu’il y en a trois…

ne vous y trompez pas, les coordonnées cartésiennes relèvent de la vieille géométrie

…c’est parce que… c’est parce que c’est un espace

le mien, tel que je le définis de ces trois dit-mansions

c’est un espace dont les points se déterminent tout autrement.
Et c’est ce que j’ai essayé - comme ça dépassait peut-être mes moyens, c’est peut-être ça qui m’a donné l’idée de laisser tomber

la chose - c’est une géométrie où les points - pour ceux qui étaient là, j’espère, l’année dernière - dont les points se déterminent du coinçage de ce dont vous vous souvenez peut-être, que j’ai appelé mes ronds de ficelle.

Parce que il y a peut-être un autre moyen de faire un point que de commencer par scier l’espace, puis ensuite déchirer la page, puis avec la ligne qui, on ne sait pas d’où, flotte entre les deux, casser cette ligne, et dire :

« c’est ça le point », c’est-à-dire nulle part, c’est-à-dire rien.
C’est peut-être s’apercevoir que rien qu’à en prendre trois de ces ronds de ficelle, tel que je vous l’ai expliqué, quand ils sont trois, bien que si vous en coupiez un, les deux autres ne sont pas liés, ils peuvent, rien que d’être trois…

avant ce trois les deux restant séparés

…rien que d’être trois, se coincer de façon à être inséparables.

D’où le coinçage, le coinçage qui se définit… quelque chose comme ça :
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à savoir, que si vous tirez quelque part sur un quelconque de ces ronds de ficelle, vous voyez qu’il y a un point, un point qui est quelque part par là où les trois se coincent. C’est un petit peu différent de tout ce qu’on a élucubré jusqu’ici more geometrico,

car ça exige qu’il y ait trois ronds, trois ronds de ficelle…

quelque chose d’autrement consistant que ce vide avec lequel on opère sur l’espace

…il en faut trois, toujours, en tout cas, pour déterminer un point.
Je vous réexpliquerai ça mieux encore, c’est-à-dire en long et en large, mais je vous fais remarquer que ça part,

ça part cette notion, d’une autre façon d’en opérer avec l’espace…

avec l’espace que nous habitons réellement, si l’inconscient existe

…je pars d’une autre façon de considérer l’espace, et qu’en qualifiant ces trois dimensions…

en les épinglant des termes mêmes que j’ai paru jusqu’ici fortement différencier

…des termes de Symbolique, d’Imaginaire et de Réel, ce que je suis en train d’avancer, c’est qu’on peut les faire strictement équivalents.
C’est une question que se pose FREUD à la fin de La science des rêves, à l’avant-dernière page, il se pose la question

de ce en quoi ce qu’il appelle…

et on voit bien qu’il ne l’appelle plus avec tellement de certitude, qu’il ne l’épingle plus de quelque chose qui la séparerait

…ce qu’il appelle réalité, qu’il qualifie de « psychique » : qu’est-ce que ça peut avoir à faire avec le réel ?
Alors là, il vacille, il vacille encore un peu, et il s’accroche à la réalité matérielle, mais qu’est-ce que ça veut dire « la réalité matérielle » dans ses rapports avec la « réalité psychique » ?
Nous allons donc… nous allons donc essayer de les distinguer, de garder encore une ombre de distinction entre ces trois catégories, tout en marquant ce que je mets à l’ordre du jour, à savoir de bien marquer que, comme dimensions de notre espace…

notre espace habité en tant qu’êtres parlants

…ces trois catégories sont strictement équivalentes. On a déjà pour ça le truc - hein ? - : on les désigne par des lettres.

C’est là le frayage tout à fait nouveau de l’algèbre, et vous voyez là l’importance de l’écrit.
Si j’écris : R.I.S., Réel, Imaginaire, Symbolique, ou mieux : Réel, Symbolique, Imaginaire

vous verrez tout à l’heure pourquoi je corrige

…vous les écrivez en lettres majuscules, vous ne pouvez pas faire autrement, et ils restent pour vous comme ça, adhérant

en quelque sorte à la chose - simplement question d’écriture - que c’est tout à fait hétérogène, vous allez continuer comme ça parce que vous avez toujours compris - vous avez toujours compris, mais à tort ! - que le progrès, le pas en avant c’était d’avoir marqué l’importance écrasante du Symbolique au regard de ce malheureux Imaginaire par lequel j’ai commencé,

j’ai commencé en tirant dessus à balles, enfin, sous le prétexte du narcissisme.
Seulement figurez-vous que l’image du miroir, c’est tout à fait réel qu’elle soit inversée. Et que même avec un nœud,

surtout avec un nœud, et malgré l’apparence, car vous vous imaginez peut-être qu’il y a des nœuds dont l’image dans le miroir peut être superposée au nœud lui-même, il n’en est rien !
L’espace - j’entends l’espace, comme ça, intuitif, géométrique - est orientable. Il n’y a rien de plus spéculaire qu’un nœud.
Et c’est bien pour ça que c’est tout autre chose si ce même R.S.I. vous prenez le parti de les écrire – vous voyez là où gît l’astuce - de les écrire a,b,c,. Là tout le monde sent que, tout au moins ça les rapproche - hein ? - un a vaut un b, un b vaut un c,

et ça tourne en rond, comme ça. C’est même là-dessus qu’est fondée la combinatoire.

C’est là-dessus qu’est fondée la combinatoire et c’est pour ça que quand vous mettez les trois lettres à la suite,

eh ben, il n’y a pas plus de six façons de les ordonner. C’est-à-dire, selon la loi factorielle qui préside au truc, c’est 1 x 2 x 3 :

ça fait 6, hein ? Dès que vous en avez quatre, il y a vingt quatre façons de les ordonner.
Seulement, si pour vous soumettre à une conception de l’espace où le point se définit de la façon que je viens de montrer,

par le coinçage - pardonnez-moi aujourd’hui de ne pas écrire bien tout ça, en figures, au tableau, je le ferai dans la suite -

vous vous apercevez que c’est pas en raison, comme ça, d’une scansion qui va du meilleur au pire, du Réel à l’Imaginaire,

en mettant au milieu le Symbolique, c’est pas en raison d’une préférence quelconque, que vous devez vous apercevoir que,

à prendre les choses par le coinçage, autrement dit par le nœud borroméen :


  • un rond de ficelle est le Réel,




  • un rond de ficelle est le Symbolique,




  • un rond de ficelle est l’Imaginaire,


…eh ben ne croyez pas que toutes les façons de faire ce nœud soient les mêmes. Il y a un nœud lévogyre et un nœud dextrogyre.
Et ceci même, même si vous avez écrit les trois dimensions de l’espace, que je définis comme étant l’espace par l’être parlant habité, même si vous n’avez défini ces dimensions par des petites lettres, même si ces dimensions vous les définissez par petit a,b,c, que vous n’y mettiez aucun accent de contenu diversement préférentiel, vous vous apercevez que, si vous écrivez a, b, c,

il y a une première série, et malgré vous, vous la qualifierez de « la bonne », la série que j’appelle lévogyre, qui sera :

a,b,c, puis b,c,a, puis c,a,b, c’est-à-dire qu’il y a la série - la série lévogyre - qui laisse toujours un certain ordre, qui est justement l’ordre a, b, c, c’est le même qui est conservé dans b, c, a. Et que petit c vienne en tête n’a aucune importance.
Il vous est licite d’imaginer - puisque c’est le grand I que j’ai épinglé du petit c - d’imaginer la réalité du Symbolique.

Ce qu’il suffit, c’est que le Réel, lui, reste avant. Et ne croyez pas pour autant que cet avant du Réel par rapport au Symbolique,

ça soit à soi tout seul une garantie quelconque de quoi que ce soit, parce que si vous retranscrivez le a, b, c de la première formule, vous aurez R.S.I, à savoir : ce qui réalise le Symbolique de l’Imaginaire.
Eh bien, ce qui réalise le Symbolique de l’Imaginaire, qu’est-ce que c’est d’autre que la religion ? Rata pour moi !

Ce qui réalise, en termes propres, le Symbolique de l’Imaginaire, c’est bien ce qui fait que la religion n’est pas près de finir.
Et ça nous met, nous analystes, du même côté, du côté lévogyre, par quoi imaginant ce qu’il s’agit de faire, imaginant le Réel du Symbolique, notre premier pas, fait depuis longtemps, c’est la mathématique, et le dernier c’est ce à quoi nous conduit

la considération de l’inconscient, pour autant que c’est de là que se fraye - je le professe depuis toujours - c’est de là que se fraye la linguistique. C’est-à-dire que c’est à étendre le procédé mathématique qui consiste à s’apercevoir de ce qu’il y a de Réel

dans le Symbolique, que c’est par là qu’est pour nous dessiné un nouveau passage.
L’Imaginaire n’a donc pas à être placé à un quelconque rang. C’est l’ordre qui importe, et dans l’autre ordre : dextrogyre, curieusement, vous avez la formule a, c, b, moyennant quoi c’est au second temps que c vient en tête, mais b est avant a, et au troisième temps, c’est b, a, c, c’est-à-dire trois termes dont nous verrons que, s’ils ne comptent pas pour peu dans le discours,

ça n’en est pas moins là d’où sortent quelques structurations distinctes, qui sont justement toutes celles dont se supportent d’autres discours, ceux seulement que les discours lévogyres permettent, de par l’espace qu’ils déterminent, de démontrer,

non pas certes comme n’ayant eu un temps leur efficacité, mais comme à proprement parler mis en cause par les autres discours.
Et je ne fais preuve là d’aucune partialité, puisque je nous mets du même côté où la religion fonctionne.
Je n’en dirai pas plus aujourd’hui. Mais ce que j’avance est ceci : si dans la langue, la structure, il faut l’imaginer,

est-ce que ce n’est pas là ce que j’avance par la formule : les non-dupes errent ? Comme ça n’est pas immédiatement accessible,

je vais essayer de vous le montrer.
Il y a quelque chose dans l’idée de la duperie, c’est qu’elle a un support : c’est la dupe. Il y a quelque chose d’absolument magnifique dans cette histoire de la dupe, c’est que la dupe - si je puis et si vous me le permettez - la dupe est considérée comme stupide.
On se demande vraiment pourquoi. Si la dupe est vraiment ce qu’on nous dit…

je parle étymologiquement, ça n’a aucune importance

…si la dupe c’est cet oiseau qu’on appelle la huppe…

la huppe parce qu’elle est huppée, naturellement rien ne justifie que huppée ça se dise la huppe,

il n’en reste pas moins que c’est comme ça qu’elle est appréciée dans le dictionnaire

la dupe, c’est l’oiseau, paraît-il, qu’on prend au piège, justement de ce qu’elle soit stupide.
On ne voit absolument pas pourquoi une huppe serait plus stupide qu’un autre oiseau, mais la chose qui me paraît remarquable, c’est l’accent que met le dictionnaire pour préciser qu’elle est du féminin : la dupe est « la ».
Il y a quelque part un machin que j’ai relevé - que j’ai relevé dans le Littré - que ce soit une faute,

que LA FONTAINE ait fait « la dupe » masculin. Il a osé écrire quelque part2 :
« Du fil et du soufflet pourtant embarrassé, Un des dupes un jour alla trouver un sage. »
« Ceci est tout à fait fautif, marque bien LITTRÉ, on ne dit pas un dupe, pas plus qu’on ne peut dire un linotte pour qualifier un étourdi. »
Voilà une forte raison. L’intéressant, c’est de savoir de quel genre est le non-dupe. Vous voyez ? Je dis tout de suite : le non-dupe.

Est-ce que c’est parce que, ce qui est pointé du « non », c’est neutre ? Je n’en trancherai pas. Mais il y a une chose

en tout cas claire, c’est que le pluriel - d’être non marqué - fait vaciller complètement cette référence féminine.
Et il y a quelque chose, enfin, qui est encore plus drôle, que j’ai…

je ne peux pas dire que je l’ai trouvé dans CHAMFORT

…je l’ai trouvé aussi dans le dictionnaire, dans un autre, cette citation de CHAMFORT, parce que je passe pas mon temps à lire CHAMFORT, mais c’est quand même pas mal, enfin, que ce soit au mot « dupe » que j’ai relevé ceci :
« Une des meilleures raison - écrit CHAMFORT - qu’on puisse avoir de ne se marier jamais - ah ! - c’est qu’on n’est pas tout à fait la dupe

d’une femme tant qu’elle n’est pas la vôtre ». La vôtre ! Votre femme, ou votre dupe ? [Rires]
Ça, c’est quelque chose tout de même, qui paraît, enfin, éclairant, hein ? Le mariage comme duperie réciproque.

C’est bien en quoi je pense que le mariage c’est l’amour : les sentiments sont toujours réciproques, ai-je dit.
Alors, si le mariage l’est à ce point-là - c’est pas sûr, hein ! - enfin, si je me laissais un peu aller à la glissade, je dirais que…

c’est ce que veut dire CHAMFORT aussi, sans doute

…une femme ne se trompe jamais. Dans le mariage, en tout cas. C’est en quoi la fonction de l’épouse n’a rien d’humain. [Rires]

Nous approfondirons ça une autre fois. [Rires]
J’ai parlé de non-dupe, et je semble l’avoir marqué, enfin, d’une irrémédiable faiblesse, en disant que ça erre.

Seulement, il faudrait bien savoir ce que ça veut dire « ça erre ». Je vous ai déjà tout à l’heure un petit peu indiqué qu’errer

enfin, vous allez quand même vous reporter au dictionnaire BLOCH et von WARTBURG, parce que

je ne vais pas passer mon temps à vous faire de l’étymologie, n’est-ce pas, sachez simplement que,

il y a quelque chose que l’étymologie - ce qui veut dire simplement pointer l’usage au cours des temps - que l’étymologie rend parfaitement manifeste, n’est-ce pas, c’est que, exactement comme dans mon titre

les Non-dupes errent
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Leçon 14 21 Mai 1974 Leçon 15 11 Juin 1974 13 Novembre 1973 Table des matières Je recommence ! Je recommence, puisque j’avais cru pouvoir finir. Je recommence même, parce que j’avais cru pouvoir finir. C’est ce que j’appelle ailleurs «la passe» iconLeçon 1 18 novembre 1959 Leçon 2 25 novembre 1959
«Éthique», vous verrez pourquoi, ce n’est pas par plaisir d’utiliser un terme plus rare, plus savant

Leçon 14 21 Mai 1974 Leçon 15 11 Juin 1974 13 Novembre 1973 Table des matières Je recommence ! Je recommence, puisque j’avais cru pouvoir finir. Je recommence même, parce que j’avais cru pouvoir finir. C’est ce que j’appelle ailleurs «la passe» iconLeçon 1 l4 Novembre l962 *
«encore mieux» puisque récemment IL a pu m’apparaître, à propos de ce qui s’est dit du fantasme à une des réunions

Leçon 14 21 Mai 1974 Leçon 15 11 Juin 1974 13 Novembre 1973 Table des matières Je recommence ! Je recommence, puisque j’avais cru pouvoir finir. Je recommence même, parce que j’avais cru pouvoir finir. C’est ce que j’appelle ailleurs «la passe» iconLeçon ou moralité. IL s’agit donc de séduire un public par le pouvoir...
«sérieuse». Dans «Le Pouvoir des Fables», La Fontaine montre un orateur qui échoue à capter l’attention du peuple auquel IL s’adresse....

Leçon 14 21 Mai 1974 Leçon 15 11 Juin 1974 13 Novembre 1973 Table des matières Je recommence ! Je recommence, puisque j’avais cru pouvoir finir. Je recommence même, parce que j’avais cru pouvoir finir. C’est ce que j’appelle ailleurs «la passe» iconLe laboratoire de la liberté (B)
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Leçon 14 21 Mai 1974 Leçon 15 11 Juin 1974 13 Novembre 1973 Table des matières Je recommence ! Je recommence, puisque j’avais cru pouvoir finir. Je recommence même, parce que j’avais cru pouvoir finir. C’est ce que j’appelle ailleurs «la passe» iconCode noir : pour en finir avec la dictature du «sala-molinsisme»
«s’en aller». Faute de pouvoir faire entendre raison à cet obscurantisme haineux, IL s’est adressé au mir-france (Mouvement international...

Leçon 14 21 Mai 1974 Leçon 15 11 Juin 1974 13 Novembre 1973 Table des matières Je recommence ! Je recommence, puisque j’avais cru pouvoir finir. Je recommence même, parce que j’avais cru pouvoir finir. C’est ce que j’appelle ailleurs «la passe» iconLeçon 1 15 novembre
«Ça fait», ça ne suffit pas. C’est essentiel, c’est au point central, c’est la vue poétique à proprement parler de la chose. La...






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