Igor Stravinsky





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Igor Stravinsky


Igor Stravinsky est un compositeur et chef d’orchestre russe. Il est né à Orianenbaum le 17/06/1882 et mort à New York le 06/04/1971. Il est naturalisé français en 1934 puis américain en 1945. Il est un des plus grands compositeurs du XXème siècle et son ballet Le Sacre du printemps a marqué un tournant dans l’histoire de la musique en provocant un scandale mémorable.

Sa vie peut se découper en trois grandes parties : sa formation et la période russe, puis la période néoclassique puis celle dite américaine.

D’abord, il débute l’étude du piano à l’âge de 9 ans. Son père est chanteur au théâtre Mariinsky et il grandit dans une famille où il reçoit peu d’amour et d’encouragements. Curieusement, il montre moins de talent pour le piano que pour l’improvisation. Au lieu de travailler ses exercices, il préfère inventer ses musiques où il progresse techniquement tout en cherchant des idées musicales nouvelles. Son père l’oblige à suivre des études de droits, croyant peu aux qualités de son fils. Il commence alors à écrire de la musique et travaille le contrepoint (qui est l’art de la phrase et de combiner les lignes entre elles) et l’harmonie (qui est la science des accords). Son père meurt et il peut alors mener la vie qui lui plait : il passe son temps dans les théâtres, à écouter de la musique, voir des opéras et absorber la culture avec avidité. C’est alors qu’il rencontre en 1902 Nicolaï Rimski-Korsakov. Il est le plus grand compositeur russe, un immense pédagogue et surtout le meilleur orchestrateur de son époque. Avec lui, Stravinsky va donc apprendre tous les secrets de l’orchestre, comment utiliser les instruments, les mélanger pour obtenir des sonorités inouïes. Il apprend aussi les formes classiques du passé. En 1906 il épouse sa cousine, Catherine Nossenko et 4 enfants vont naître de cette union. Pendant cette période d’apprentissage, il va faire jouer Feu d’artifice et ce sera un moment important : Serge de Diaghilev était dans la salle…

Diaghilev remarque tout de suite le talent de Stravinsky, il lui demande d’orchestrer des pièces et de composer des musiques de ballet. En 1910 le public acclamera L’Oiseau de feu puis vient Petrouchka en 1911 où on sent déjà un changement dans son écriture. Le rythme devient plus difficile et complexe et son écriture devient plus dissonante et plus moderne. Mais c’est sans aucun doute le Sacre du printemps qui propulse notre compositeur au sommet de la célébrité et qui fait vaciller toute l’Europe par la richesse harmonique de sa partition, sa brutalité, sa hardiesse et l’utilisation d’un rythme envoûtant, célébrant les forces de la terre dans une Russie primitive.

Ce coup de théâtre va changer le cours de l’histoire de la musique mais aussi la carrière de Stravinsky. Les œuvres se succèdent : Le Chant du rossignol 1917, Pulcinella 1920, Les Noces 1917. Il entre ainsi dans une phase que l’on nomme néoclassique car il revient à des formes plus classiques, des harmonies moins osées et des formes ressemblant à celles du passé. Il vit alors une période précaire à cause de la guerre et du ralentissement des activités des Ballets russes et souffre de deuils dans sa famille. Il part alors vivre en Suisse, puis revient en France, au pays basque et à Nice.

En 1940, il se réfugie aux Etats-Unis où il deviendra un grand professeur, dirigera des orchestres et continuera sa carrière de compositeur, explorant tous les styles, faisant des expériences très variées de composition, très modernes, que l’on appelle de la musique sérielle. Ces dernières œuvres cependant seront empruntes d’une grande ferveur chrétienne, parfois austères et dépouillées.

Maintenant pour bien comprendre l’importance du Sacre du printemps il est important de parler des Ballets Russes, de Diaghilev et Nijinski. Puis dans un second temps, j’évoquerai le contexte de la création du Sacre.

Serge de Diaghilev est un organisateur de spectacles, critique d’art, protecteur des artistes et mécène russe. Il est né à Selichtchi en Russie le 31/03/1872 et meurt à Venise le 19/08/1929. Il est d’origine aristocratique et étudie le droit à Saint Petersbourg en même temps que la musique et le chant au conservatoire de cette ville. Il obtient un diplôme de musicologie et abandonne ses études de composition découragé par Rimski-Korsakov. Il va alors côtoyer les plus grands artistes de son époque : on peut citer les peintres Benois, Somov et Bakst mais aussi des hommes de lettres, par exemple Filosofov. Il absorbe toute la culture russe, comprend, analyse, apprend tout ce qu’il peut savoir dans tous les domaines. Il devient en 1899 l’assistant du directeur des Théâtres Impériaux, le prince Wolkonsky, poste très important au cœur des décisions culturelles de son pays.

Il fonde aussi un journal des arts : Mir Iskousstva où il va faire la promotion des artistes russes et grâce auquel il va devenir un personnage incontournable, respecté et estimé. Son ambition est grande. Il sent que l’époque est dangereuse en Russie. Il organise des expositions, des concerts qu’il exporte en Europe et surtout à Paris. Paris ! La ville lumière, centre de la création artistique, où vivent tous les grands compositeurs, les peintres, les écrivains et poètes, Eiffel, le métropolitain, bref là où il pourra trouver un public avide d’orientalisme et curieux de découvrir une culture russe peu diffusée et surtout méconnue.

Il fonde alors les Ballets Russes, sorte de troupe immense, composée des meilleurs danseurs de l’époque, dont le fabuleux Nijinski et la divine Pavlova, mais aussi des meilleurs chorégraphes (comme Fokine, Massine, Balanchine), de peintres (Bakst, Cocteau, Picasso, Benois) et des plus grands musiciens (Stravinsky, Debussy, Ravel, Satie, De Falla, Strauss, Prokofiev et Poulenc). Il fera connaître au public parisien médusé Boris Goudounov, opéra de Moussorgski qui déchaînera une véritable passion pour la musique slave. En 1911, toute la troupe sera à Paris et il décide alors de couper les ponts avec l’Empire et tous ces artistes vont s’installer à Paris.

On a du mal à imaginer cette troupe composée des plus grands artistes de l’époque et l’importance de ces spectacles : un vent nouveau, un véritable creuset de modernité et d’invention. Une tempête qui va courber le cours de l’histoire de l’Europe.

Tout cet exposé peut à présent s’achever par une évocation du plus grand danseur de cette époque et qui, encore à présent, est resté un nom légendaire. Vaslav Nijinski est né à Kiev le 12/03/1889 et meurt à Londres le 08/04/1950. Il reste dans les mémoires pour sa virtuosité technique, capable des plus grandes prouesses et notamment pour la grandeur de ses sauts. On raconte qu’il sautait si haut et qu’il maîtrisait tellement le relâchement de son corps, qu’on avait l’impression qu’il flottait dans l’air, comme s’il maîtrisait l’apesanteur. Il retombait ensuite avec la grâce d’un chat, sans un bruit et sans le moindre effort visible. Après ses études à Saint Petersbourg, il rencontre Diaghilev en 1908 et se lie à lui, devenant sa plus grande vedette jusqu’en 1913.

Il est si réputé que le public accourt pour assister à ses spectacles. Il profite ainsi de son succès pour laisser libre cours à son originalité (tenues très osées voire à la limite de la nudité, très choquant à l’époque), inventer de nouvelles postures (les pieds rentrés, « en dedans », les genoux pliés), donner aux hommes un rôle plus important dans le ballet au détriment des femmes. On se souvient encore du scandale de la création du prélude à l’après midi d’un faune de Claude Debussy. Il danse sur scène, avec une tenue moulant son corps où il fera des sous-entendus sexuels très nets.

Malgré un caractère très exubérant, il est un travailleur acharné et adopte un système de notation des gestes et des pas de danse. On connaît ainsi toutes ses chorégraphies et on peut reconstituer tous ses spectacles, même à notre époque. Cruellement, sa carrière s’arrête rapidement. Il se brouille avec Diaghilev puis sa santé décline et il sombre peu à peu dans une folie mystique.

On se souvient encore de sa célèbre phrase quand on le félicitait pour son courage face au travail : « quand je ne danse pas un jour, je le sens. Quand je ne danse pas deux jours, c’est mon public qui le voit ». Bel exemple à méditer !

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