Leçon 1 16 Novembre l966





télécharger 1.83 Mb.
titreLeçon 1 16 Novembre l966
page1/63
date de publication02.11.2017
taille1.83 Mb.
typeLeçon
h.20-bal.com > documents > Leçon
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   63


LACAN

Logique

Du Fantasme

l966-67

Ce document de travail a pour sources principales :

Logique du fantasme, sténotypie au format p.d.f., disponible sur le site de l’E.L.P.

Logique du fantasme, document internet au format « Word 97 » sans indication d’origine.

Logique du fantasme, reprographie au format « thèse » datée de 1981.
Le texte de ce séminaire nécessite l’installation de la police de caractères spécifique, dite « Lacan », disponible ici :

http://fr.ffonts.net/LACAN.font.download (placer le fichier Lacan.ttf dans le répertoire c:\windows\fonts)

Les références bibliographiques privilégient les éditions les plus récentes. Les schémas sont refaits.

N.B.  Ce qui s’inscrit entre crochets droits [ ] n’est pas de Jacques LACAN.

(Contact)
Table des séances



Leçon 1 16 Novembre l966

Leçon 2 23 Novembre l966

Leçon 3 30 Novembre l966
Leçon 4 07 Décembre l966

Leçon 5 14 Décembre l966

Leçon 6 21 Décembre l966
Leçon 7 11 Janvier 1967

Leçon 8 l8 Janvier 1967

Leçon 9 25 Janvier 1967
Leçon 10 01 Février 1967

Leçon 11 15 Février 1967

Leçon 12 22 Février 1967

Leçon 13 01 Mars 1967

Leçon 14 08 Mars 1967

Leçon 15 15 Mars 1967
Leçon 16 12 Avril 1967

Leçon 17 19 Avril 1967

Leçon 18 26 Avril 1967
Leçon 19 10 Mai 1967

Leçon 20 24 Mai 1967

Leçon 21 31 Mai 1967
Leçon 22 07 Juin 1967

Leçon 23 14 Juin 1967

Leçon 24 21 Juin 1967





16 Novembre 1966 Table des séances

Je vais aujourd’hui jeter quelques points qui participeront plutôt de la promesse.
Logique du fantasme ai-je intitulé, cette année, ce que je compte pouvoir vous présenter de ce qui s’impose, au point où nous en sommes, d’un certain chemin. Chemin qui implique - je le rappellerai avec force aujourd’hui - cette sorte de retour bien spécial que nous avons vu déjà l’année dernière inscrit dans la structure et qui est proprement, dans tout ce que découvre la pensée freudienne,

fondamental. Ce retour s’appelle « répétition ».
Répéter ce n’est pas retrouver la même chose, comme nous l’articulerons tout à l’heure et contrairement à ce qu’on croit,

ce n’est pas forcément répéter indéfiniment. Nous reviendrons donc à des thèmes que j’ai d’une certaine façon déjà situés depuis longtemps. C’est bien aussi, parce que nous sommes au temps de ce retour et de sa fonction, que j’ai cru ne pas pouvoir plus tarder à vous livrer réuni ce que jusqu’ici j’avais cru nécessaire comme pointage minimum de ce parcours, à savoir ce volume [Écrits, Seuil, 1966] que vous vous trouvez déjà avoir à votre portée.
Ce rapport à l’écrit, qu’après tout, d’une certaine façon, je m’efforçais jusqu’à présent sinon d’éviter, tout au moins de retarder,

c’est parce que cette année il nous sera sans doute possible d’en approfondir la fonction, que là encore, j’ai cru pouvoir franchir ce pas.
Ces quelques points d’indication que je vais aujourd’hui énoncer devant vous, je les ai choisis cinq.
Le premier consistant à vous rappeler le point où nous en sommes concernant l’articulation logique du fantasme,

ce qui sera à proprement parler cette année, mon texte.
Le second, au rappel du rapport de cette structure du fantasme, que je vous aurai d’abord rappelée, à la structure, comme telle, du signifiant.
Le troisième, à quelque chose d’essentiel et de vraiment fondamental qu’il convient de rappeler, concernant ce que nous pouvons, ce que nous devons appeler cette année, si nous mettons au premier plan ce que j’ai appelé la logique en question, une remarque essentielle concernant l’Univers du discours.
Le quatrième point : quelque indication relative à sa relation à l’écriture comme telle.
Enfin , je terminerai sur le rappel de ce que nous indique FREUD d’une façon articulée, concernant ce qu’il en est du rapport de la pensée au langage et à l’inconscient.

Logique du fantasme donc, nous partirons de l’écriture que j’en ai déjà formée, à savoir de la formule : (SÊa)

S barré, poinçon, petit(a), ceci entre parenthèses.
Je rappelle ce que signifie le S : le S barré représente, tient lieu dans cette formule de ce dont il retourne concernant la division du sujet, qui se trouve au principe de toute la découverte freudienne et qui consiste en ceci que le sujet est, pour une part, barré de ce qui

le constitue proprement en tant que fonction de l’inconscient.
Cette formule établit quelque chose qui est un lien, une connexion entre ce sujet en tant qu’ainsi constitué et quelque chose d’autre qui s’appelle petit(a). Petit(a) est un objet dont ce que j’appel­le cette année « faire la logique du fantasme », consistera à déterminer

le statut : le statut, précisément dans un rapport qui est un rapport logique à proprement parler.
Chose étrange sans doute et sur quoi vous me per­mettrez de ne pas m’étendre : je veux dire que ce que suggère de rapport

à la fantasia, à l’imagination, le terme de fantasme, je ne me plairai pas, même un instant, à en marquer le contraste avec le terme

de logique dont j’entends le structurer.
C’est sans doute que le fantas­me, tel que nous prétendons en instaurer le statut, n’est pas si foncièrement, si radicalement antinomique qu’on peut au premier abord le penser, à cette caractérisation lo­gique qui, à proprement parler, le dédaigne.
Aussi bien le trait imaginaire de ce qu’on appelle l’objet(a), vous apparaîtra-t-il mieux encore, à mesure que nous mar­querons ce qui

permet de le caractériser comme valeur logique, être beaucoup moins apparenté, il me semble, au premier abord, avec le domaine

de ce qui est, à proprement parler l’imaginaire. L’imaginaire bien plutôt s’y accroche, l’entoure, s’y accumule. L’objet(a) est d’un autre statut.
Assurément il est sou­haitable que ceux qui m’écoutent cette année, en aient eu l’année dernière l’occasion d’en prendre quelque appréhension, quelque idée. Bien-sûr cet objet(a) n’est point quelque chose qui, encore si aisé­ment¡K

pour tous et spécialement pour ceux pour qui c’est le centre de leur expérience : les psychanalys­tes

¡Kait encore, si je puis dire assez de familiarité, pour que ce soit, je dirais sans crain­te, voire sans angoisse, qu’il leur soit présentifié.
« Qu’avez-vous donc fait ? - me disait l’un d’entre eux - qu’aviez-vous besoin d’inventer cet objet petit(a) ? »
Je pense, à la vérité, qu’à prendre les choses d’un horizon un peu plus ample, il était grand temps. Car sans cet objet petit(a)¡K

dont les incidences - me semble-t-il - se sont faites pour les gens de notre gé­nération assez largement sentir

¡Kil me semble que beau­coup de ce qui s’est fait comme analyses, tant de la subjectivité que de l’histoire et de son interprétation et nommément de ce que nous avons vécu comme histoire contemporaine et très précisément de ce que nous avons assez grossièrement baptisé du terme le plus impropre sous le nom de « totalitarisme ».
Chacun, qui après l’a­voir comprise, pourra s’employer à y appliquer la fonc­tion de la catégorie de l’objet petit(a), verra peut-être s’éclairer de quoi il retournait dans ce sur quoi nous manquons encore, d’une manière surprenante, d’interprétations satisfaisantes.
Le sujet barré, dans son rapport avec cet objet petit(a), est joint dans cette formule écrite au tableau (SÊa) par ce quelque chose, qui se présente comme un losange, que j’ai appelé tout à l’heure le poinçon, et qui, à la vérité, est un signe forgé tout exprès pour conjoindre en lui ce qui peut s’en isoler, selon que vous le sépa­rez d’un trait vertical ou d’un trait horizontal.
Séparé par un trait vertical :


il représente un double rapport qui peut se lire au premier abord comme plus grand (>) ou plus petit (<) :

S plus petit ou ¨C aussi bien ¨C plus grand que grand A. [lapsus de Lacan, en fait : (a)]

S inclus ou aussi bien exclu de grand A [lapsus réitéré].
Qu’est-ce à dire ? Sinon que ce qui se suggère au premier plan de cette conjonction, c’est quelque chose qui logique­ment s’appelle

la relation d’inclusion ou encore d’implication, à condition que nous la fassions réversible et qui s’articule¡K

je vais vite sans doute, mais nous aurons tout le temps de nous étendre et de reprendre ces choses :

aujourd’hui je vous l’in­dique, il suffit que nous posions quelques jalons suggestifs

¡Kcette relation qui s’articule de l’articu­lation logique, qui s’appelle : « si et si seulement ».
S barré dans ce sens, à savoir : le poinçon étant divi­sé par la barre verticale, c’est le sujet barré à ce rapport de « si et si seulement »

avec le petit(a) : (SÊa)
Ceci nous arrête : il existe donc un sujet¡K Voilà ce que logiquement nous sommes forcés d’écrire au principe d’une telle formule.

Quelque chose, là, à nous se propose qui est la division de l’existence de fait et de l’existence logique.

L’existence de fait bien sûr nous reporte à l’existence d’|êtres| - entre deux barres le mot êtres - êtres - ou pas - parlants.

Ceux-ci sont en général vi­vants. Je dis « en général », parce que ce n’est pas du tout forcé : nous avons Le convive de pierre

qui n’exis­te pas seulement dans la scène où MOZART l’anime, il se promène parmi nous tout à fait couramment !

L’existence logique est autre chose et comme telle, a son statut : il y a du sujet à partir du moment où nous faisons de la logique,

c’est à dire où nous avons à ma­nier des signifiants.
Ce qu’il en est de l’existence de fait, à savoir que quelque chose résulte de ce qu’il y a du sujet au niveau des êtres qui parlent, c’est quelque chose qui, comme toute existence de fait, nécessite que soit éta­blie déjà une certaine articulation. Or, rien ne prou­ve que

cette articulation se fasse en prise directe, que ce soit directement du fait qu’il y a des êtres vivants ou autres qui parlent,

qu’ils soient pour autant et d’une façon immédiate, déterminés comme sujets.
Le « si et si seulement » est là pour nous le rappeler. Je vous redis ici des articulations par lesquelles nous au­rons à repasser,

mais elles sont en elles-mêmes assez inhabituelles, assez peu frayées, pour que je croie de­voir vous indiquer la ligne générale

de mon dessein dans ce que j’ai à expliquer devant vous.
Petit(a), résulte d’une opération de structure logique, elle, effectuée non pas in vivo, non pas même sur le vivant, non pas à proprement parler [sur le corps] au sens confus que garde pour nous le terme de « corps »¡K

ça n’est pas né­cessairement la « livre de chair »1, encore que cela puisse l’être

et qu’après tout, quand ça l’est, ça n’arrange pas si mal les choses

¡Kmais enfin, il appert que dans cette entité si peu appréhendée du « corps », il y a quelque chose qui se prête à cette opération

de structure logique, qu’il nous reste à déterminer. Vous savez : le sein, le scybale, le regard, la voix, ces pièces détachables

et pour­tant entièrement reliées au corps, voilà ce dont il s’agit dans l’objet petit(a).
Pour faire du (a), donc, limitons-nous, puisque nous nous obligerons à quelque rigueur logique, à signaler ici, qu’il faut du « prêt à le fournir » : ça peut, momentanément, nous suffire. Et ça n’arrange rien ! Ça n’arran­ge rien pour ce en quoi nous avons à nous avancer :

pour faire du fantasme, il faut du « prêt à le porter ».
Vous me permettrez ici, d’articuler quelques thè­ses sous leur forme la plus provocante, puisque aussi bien ce dont il s’agit

c’est de décoller ce domaine des champs de capture qui le font invinciblement revenir aux illusions les plus fondamentales :

ce qu’on appel­le l’expérience psychologique. Ce que je vais avancer c’est très précisément ce qu’étaiera, ce que fondera,

ce dont montrera la consistance, tout ce que je vais cette année, pour vous, dérouler.
Dérouler, je l’ai déjà dit, il y a longtemps que c’est fait. Dans la quatrième année de mon séminaire, j’ai traité La relation d’objet :

déjà concernant l’objet petit(a) tout est dit quant à la structure du rapport du petit(a) à l’Autre, tout à fait spécialement et très suffisam­ment amorcée dans l’indication que c’est de l’imaginaire de la mère que va dépendre la structure subjective de l’enfant. Assurément, ce qu’il s’agit ici pour nous d’indi­quer, c’est en quoi ce rapport s’articule en termes pro­prement logiques, c’est à dire relevant radicalement de la fonction du signifiant.
Mais il est à noter que pour qui résumait alors ce que je pouvais indiquer dans ce sens, la moindre faute¡K

je veux dire : défaut concer­nant l’appartenance de chacun des termes de ces trois fonctions qui alors pouvaient

se désigner comme sujet, objet - au sens d’objet d’amour - et de l’au-delà de celui­-ci, notre actuel objet(a)

¡Kla moindre faute, à savoir la référence à « l’imagination du sujet », pouvait obscurcir la relation qu’il s’agissait là d’esquisser.
Ne pas si­tuer au champ de l’Autre comme tel, la fonction de l’ob­jet(a) [amène un tel à écrire ?] par exemple, que dans le statut

du pervers, c’est à la fois la fonction, pour lui, du phallus et la théorie sadique du coït qui sont les dé­terminants.

Alors qu’il n’en est rien, que c’est au niveau de la mère que ces deux incidences fonctionnent.
J’avance donc, dans ce qu’il s’agit ici d’énoncer : pour faire du fantasme, il faut du « prêt à porter ». Qu’est-ce que porte, qu’est-ce qui porte le fantasme ? Ce qui porte le fan­tasme a deux noms, ceux qui concernent une seule et même subs­tance, si vous voulez bien - ce terme ¨C

le réduire à cette fonction de la surface telle que je l’ai, l’année der­nière, articulée¡K

cette surface primordiale qu’il nous faut pour faire fonctionner notre articulation logique, vous en connaissez déjà quelques formes : ce sont des surfaces fermées, elles participent de la bulle à ceci près qu’elles ne sont pas sphériques.

Appelons-les « la bulle » et nous verrons ce qui motive, ce à quoi s’attache, l’existence de bulles dans le réel

¡Kcette surface que j’appelle bulle a proprement deux noms : le désir et la réalité.
Il est bien inutile de se fatiguer à articuler « la réalité du désir » parce que primordialement le désir et la réalité ont un rapport de texture

sans coupure, ils n’ont donc pas besoin de couture, ils n’ont pas besoin d’être recousus. Il n’y a pas plus de « réalité du désir » qu’il n’est juste de dire « l’envers de l’endroit » : il y a une seule et même étoffe qui a un envers et un en­droit.
Encore cette étoffe est-elle tissée de telle sor­te qu’on passe, sans s’en apercevoir, puisqu’elle est sans coupure et sans couture,

de l’une à l’autre de ses faces et c’est pour cela que j’ai fait devant vous tellement état d’une structure comme celle dite

du plan projectif, imagé au tableau dans ce qu’on appelle la mitre ou le cross-cap. Qu’on passe d’une face à l’autre sans s’en apercevoir,

ceci dit bien qu’il n’y en a qu’une - j’entends : qu’une face.

Il n’en reste pas moins, comme dans les surfaces que je viens d’évoquer, dont une for­me parcellaire est la bande de Mœbius :

il y a un endroit et un envers. Ceci est nécessaire à poser, d’une façon originelle, pour rappeler comment se fonde cette distinction

de l’endroit et de l’envers en tant que déjà là avant toute coupure.
Il est clair que qui - comme les animalcules dont font état les mathémati­ciens
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   63

similaire:

Leçon 1 16 Novembre l966 iconLeçon 1 18 novembre 1959 Leçon 2 25 novembre 1959
«Éthique», vous verrez pourquoi, ce n’est pas par plaisir d’utiliser un terme plus rare, plus savant

Leçon 1 16 Novembre l966 iconLeçon 1 16 Novembre 55

Leçon 1 16 Novembre l966 iconLeçon 1 12 Novembre 58

Leçon 1 16 Novembre l966 iconLeçon 1 06 Novembre 1957

Leçon 1 16 Novembre l966 iconLeçon 1 l4 Novembre l962 *
«encore mieux» puisque récemment IL a pu m’apparaître, à propos de ce qui s’est dit du fantasme à une des réunions

Leçon 1 16 Novembre l966 iconLeçon 9 10 mai 1972 Leçon 10 17 mai 1972 01 Juin 1972 Le savoir du...
«les internes des asiles», ce sont maintenant «des hôpitaux psychiatriques», sans compter le reste

Leçon 1 16 Novembre l966 iconAtelier de travail plu salle du Conseil 11 novembre, 11 h Commémorations...

Leçon 1 16 Novembre l966 iconLeçon 14 21 Mai 1974 Leçon 15 11 Juin 1974 13 Novembre 1973 Table...
«la passe» : je croyais que c’était passé. Seulement voilà, cette créance : «je croyais que c’était passé» cette créance m’a donné...

Leçon 1 16 Novembre l966 iconLeçon 1 15 novembre
«Ça fait», ça ne suffit pas. C’est essentiel, c’est au point central, c’est la vue poétique à proprement parler de la chose. La...

Leçon 1 16 Novembre l966 iconLeçon sur les valeurs du présent (leçon distribuée le 14. 11 et mise...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com