Chapitre 1 Eléments d’histoire sociale et intellectuelle de la communication politique





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Chapitre 1 – Eléments d’histoire sociale et intellectuelle de la communication politique

I) Aux origines. Les impensés de la discipline

« Classes laborieuses, classes dangereuses » : La propagande et la (peur de la) foule

Aux origines des travaux sur la communication politique, il y a une interrogation, ou plutôt une peur primordiale de la foule, des mouvements collectifs et des moyens de les circonvenir. Cette peur qui caractérise les élites politiques et intellectuelles de l’époque face aux révoltes populaires se traduit dans un certain nombre de travaux académiques qui vont connaître un succès foudroyant. Dans le climat idéologique du dernier quart du 19ème siècle, Gustave Le Bon va publier, en 1895, sa Psychologie des foules. La foule y est désignée comme « une réunion d’individus quelconques, quels que soient leur nationalité, leur profession ou leur sexe, quels que soient aussi les hasards qui les rassemblent ». Cette définition très large, qui englobe chez Le Bon aussi bien les sectes que les castes professionnelles. Ce qui fait l’unité de la foule comme catégorie d’analyse, ce sont les traits communs que prête l’auteur à la foule.

Erik Neveu résume ainsi le propos de Le Bon : « L’individu y perd son autonomie, y subit des processus de contagion des croyances et des comportements. Les traits de la foule sont la suggestibilité qui la livre au meneur, le faible contrôle des affects et des instincts qui la rend émotive, imprévisible, dangereuse. A travers des jeux d’association à la consommation d’alcool, à des métaphores féminines, la foule est aussi systématiquement identifiée à un potentiel de déferlement des instincts sexuels, de violence »1.
Bref chez Le Bon, la foule est ivre, hystérique, émotive. Elle fait peur. Mais Le Bon n’est pas seul. On retrouve ce même mode d’appréhension des phénomènes collectifs, chez Gabriel Tarde (qui publie en 1901 : L’opinion et la foule) mais aussi chez Taine. Dans le climat intellectuel et politique de l’époque, l’idée qui domine c’est que les mouvements sociaux sont liés à des phénomènes de contagion (au sens presque médical) des masses par des leaders.

Suzanna Barrows2, historienne américaine, a analysé ce développement d’une littérature de la peur de la foule comme le résultat d’un contexte de « panique morale » des élites sociales au lendemain de la Commune.

Ce type de discours, « fait système avec la dénonciation des ‘fléaux sociaux’ liés aux ‘classes dangereuses’ associés au crime, à l’alcoolisme, à la fréquentation des mauvais lieux »3.

Avec l’extension du suffrage universel et les revendications d’accès au droit de vote des femmes (mouvement des suffragettes) ce ne sont pas seulement les rassemblements dans la rue qui font peur mais l’avènement des masses à la politique, l’invasion du populaire dans la compétition politique qui était jusque là réservée à la bourgeoisie.

D’ailleurs, Gustave Le Bon est très clair sur ce point et sur l’intérêt qu’il y a, pour ceux qui sont à la tête de l’Etat, de maîtriser les foules : « L’avènement des classes populaires à la vie politique, leur transformation progressive en classes dirigeantes est un des traits les plus saillants de notre époque de transition [...]. La connaissance de la psychologie des foules constitue la ressource de l’homme d’Etat qui veut non les gouverner [...] mais tout au moins ne pas être gouverné par elles »4.
Le racisme social, l’ethnocentrisme de classe qui s’exprime dans cette littérature qui se pare des atours de sciences naissantes (criminologie, hygiénisme, psychologie) peut sembler étonnant voire choquant de nos jours. Néanmoins, cette manière d’appréhender les masses va profondément et durablement marquer le climat intellectuel. C’est cette manière de considérer l’avènement des masses en politique qui va influencer les premiers travaux portant explicitement sur la communication politique et les moyens de s’en servir afin de diriger les foules, devenues lexicalement l’« opinion publique ».
C’est ce que l’on verra dans un troisième temps. Auparavant, il faut s’interroger sur l’origine d’une conception du monde social qui sous-tend l’impératif de communication. En effet, d’où vient l’idée que, désormais, la communication joue un rôle primordial et fondamental dans la société ?
II) Les ferments idéologiques du « grand basculement » : Une « société de communication » ?

Si la communication va connaître un tel succès social et politique après-guerre, c’est, largement, parce que s’est imposée l’idée que la société avait connu une mutation globale. Que l’on était passé, pour faire vite, d’une société de consommation à une « société de communication ».

Mais qu’entend-on, ou plutôt, que fait-on entendre par « société de communication » ? Georges Ballandier5 exprime bien ce que le terme de « société de communication » recouvre lorsqu’il écrit que « cet ensemble de tentatives vise à définir, par une dominante, la mutation contemporaine. Ce qui est ainsi désigné, c’est la conjugaison de l’électronique, des médias audio-visuels et de l’information, et ses effets : un nouvel état (âge) du social et de la culture résultant d’une multiplication des réseaux, de leurs connexions, de leur ‘travail’ en association ».

Diable… Rien moins qu’un changement de société serait advenu qui modifierait les règles du jeu social et, par extension, politique. Plus rien ne serait comme avant du fait de dynamiques profondes liées à l’émergence de réseaux électroniques interconnectés, de la disponibilité de plus ne plus large et rapide de l’information.

Cependant, ce terme est au moins autant le fruit d’une évolution technique que de sa légitimation universitaire et profane. Les universitaires, français notamment, se sont en en effet saisis du mot et, comme de bien entendu, ont contribué à faire exister la chose. Comme le note Legavre6, « ils ont souvent pris pour donné un objet pré-construit par le langage commun, plus exactement une notion produite initialement par des universitaires, souvent anglo-saxons, qui ont redécoupés les champs académiques. Ils avaient intérêt à penser la société comme une société de communication puisqu’ils étaient eux-mêmes spécialisés en communication ». Bref en légitimant le mot, il justifiait dans le même mouvement leur « discipline », et leur existence même : les cours qu’ils donnent, les formations qu’ils gèrent, les étudiants qu’ils forment. Sans société de communication pas de professeurs en communication politique puisque nul n’aurait besoin des conseils d’un expert en communication politique…Comme le disent Erik Neveu et Rémy Rieffel7, une des particularités de ces formes de discours des sciences de la communication sur ce qui constitue leur objet, c’est d’avoir des effets de réalité, de s’incarner dans des modifications dans les modalités d’exercice du travail politique. D’ailleurs dans son livre sur la communication8, Erik Neveu parlera, à propos de ce mythe de la société de communication, d’une « illusion bien fondée », d’une « prophétie autocréatrice ». Merton9 a défini ainsi la prophétie autocréatrice : « la prédiction créatrice débute par une définition fausse de la situation, provoquant un comportement nouveau qui rend vraie la conception, fausse à l’origine ». Néanmoins, comme le souligne Neveu, « La prophétie autocréatrice ne peut fonctionner que si ce qu’elle annonce s’intègre à un espace des possibles sociaux, désigne des évolutions plausibles dans un état donné de l’équilibre des forces et des mouvements d’une société donnée »10.

Bref, plutôt que de prendre la « société de communication » comme une catégorie d’analyse, il faut la considérer comme un objet d’analyse à part entière. Il faut en retracer l’histoire sociale. C’est-à-dire autant l’histoire de l’idée et du mot que de ceux qui l’emploient et l’utilisent comme catégorie d’entendement du monde social et politique.


  1. La théorie cybernétique

Si le paradigme communicationnel va pouvoir émerger comme objet pertinent et légitime des sciences sociales c’est parce que ces origines sont, apparemment, solides. Plus solides en tout cas que ne le sont les sciences sociales.

Ce sont en effet les sciences dures qui vont poser les fondations fermes, et en tout cas socialement légitimes, de l’étude de la communication. L’intérêt pour la communication est en effet, à l’origine, affaire d’ingénieurs et de mathématiciens.

A la fin des années quarante apparaît une nouvelle discipline scientifique : la cybernétique : « science » ou « art » du pilotage, « science de la régulation », « science des messages ». Son fondateur est Norbert Wiener, professeur de mathématiques au MIT.

Au départ, la cybernétique sent la poudre. Elle provient des travaux de Wiener sur les tir des canons anti-aériens et son concept de « feedback » : étudier comment des processus circulaires où les informations sur l’action en cours nourrissent en retour le système et lui permettent, par ajustements, d’atteindre son but. Mais Wiener ne va pas s’arrêter au canons. Serge Proulx et Philippe Breton11 parle, à propos de Norbert Wiener, de son « utopie anthropologique ». Il va étendre son propos aux relations humaines.

Là encore, le contexte historique n’est pas indifférent à la production des idées. Lorsque Wiener écrit, on est au sortir de la guerre et de la découverte de la barbarie et des armes (réellement) de destruction massive.

Wiener avance un certain nombre de proposition concernant l’homme :

  • l’homme est un animal communicant, parlant (déjà présent chez Aristote) ;

  • « la nature des communautés sociales dépend, dans une large mesure, de leurs modes intrinsèques de communication »12. Par conséquent, la communication est ce qui permet d’expliquer une société.

  • L’homme fonctionne d’une manière parallèle aux machines de transmission : l’un comme l’autre dispose d’un appareil similaire qui rassemble l’information en provenance de l’extérieur, la rend utilisable pour son fonctionnement, une fois transformée et reconvertie ;

  • La société est menacée par l’ « entropie » que Wiener définit comme un « état de désordre » proche du « hasard », une perturbation généralisée ;

  • Les machines peuvent aider l’homme à combattre l’entropie, le désordre. Elles peuvent l’aider à traiter l’information.

Sa conclusion est redoutable : « La communication est le ciment de la société et ceux dont le travail consiste à maintenir libres les voies de la communication sont ceux-là mêmes dont dépend surtout la perpétuité ou bien la chute de notre société ». Bref ce qui importe désormais, si l’on suit Wiener, c’est la gestion de l’information, des canaux de sa transmission. Bref ce qui compte et qui est primordial, c’est la communication…

C’est également sur ces bases que va naître l’idée, qui va faire florès ne politique, de la nécessité de « transparence ». Comme le disent Armand et Michel Mattelard à propos des travaux de Wiener13 : « L’information doit pouvoir circuler. La société de l’information ne peut exister qu’à la condition d’un échange sans entraves. Elle est incompatible par définition avec l’embargo ou la pratique du secret, les inégalités d’accès à l’information et la transformation de cette dernière en marchandise ».


  1. Palo Alto

Ce qu’on désigne souvent comme l’école de « Palo  Alto », n’est pas une institution. Palo Alto, c’est une petite ville de la banlieue sud de San Francisco. D’ailleurs on qualifiait aussi ce groupe hétérogène de « collège invisible » du fait de son absence d’institutionnalisation. Hétérogène parce qu’il rassemble des personnalités aux profils très différents : anthropologues, linguistes, mathématiciens, sociologues ou psychiatres. Dans ce groupe on retrouve Gregory Bateson, Watzlawik, Erwing Goffman. Du beau monde en somme.

Ils vont directement s’inspirer de la théorie « rétroactive » de Wiener (par opposition au modèle linéaire, balistique de Shannon et Wiener : une source, un message, un encodeur, un canal, un décodeur, une destination).

Leur entreprise intellectuelle a pour but, explicite, de déposséder les sciences mathématiques de l’étude de la communication. Leurs modèles fondés sur l’étude des télécommunications n’a pas vocation à s’exporter sur la communication humaine. Yves Winkin14 résume leur propos ainsi : « Selon eux, la complexité de la moindre situation d’interaction est telle qu’il est vain de vouloir la réduire à deux ou plusieurs ‘variables’ travaillant de façon linéaire. C’est en termes de niveau de complexité, de contextes multiples et de systèmes circulaires qu’il faut concevoir la recherche en communication ».

Pour eux, ce qui importe, ce n’est pas tant le message échangé que la situation d’interaction où se produit la communication. D’ailleurs, ils s’intéressent au moins autant à la communication non-verbale. Pour Watzlawik, toute action humaine a une valeur communicative. La seule limite qu’il pose est une limite sociale. Pour lui la communication ne concerne que les êtres sociaux. Interrogé par Carol Wilder en 1977 pour un numéro du Journal of Communication il répond ainsi à la question « y-a-t’il un comportement que vous ne définiriez pas comme communication ? », « S’il n’y a personne autour, vous vous heurtez à la vieille question : ‘ l’arbre qui tombe fait-il un bruit si personne n’est là pour l’entendre ?’. Pour que la communication puisse avoir lieu, il faut qu’il y ait une autre personne ». La question de l’arbre qui tombe étant à peu près aussi vieille que sa variante : la lumière du frigo s’éteint-elle vraiment quand la porte se ferme ?

C’est donc une définition très large de la communication qu’ils retiennent. Ils vont lancer des chantiers de recherches innovants. A travers notamment la proxémique : à quelle distance doit on se trouver dans un ascenseur pour que la situation ne soit pas interprétée comme inconvenante. Ils s’intéressent aussi aux gestes ou aux accrocs du comportement et ce qu’ils révèlent de la situation : en demandant ainsi à leurs étudiants de se mettre en colère en ouvrant leurs cadeaux de noël et d’observer ensuite les réactions que cela provoque.

Pour les chercheurs de Palo Alto, la communication est donc constitutive de la vie en société. Elle est même à la base de l’essentiel de l’activité humaine.

Ce faisant, les membres du groupe de Palo Alto vont réintégrer la communication dans le giron des sciences sociales alors qu’elle est née, en tant qu’interrogation scientifique, du côté des sciences exactes.


  1. La crise de la société post-industrielle

Cependant, ce sont aussi des théories plus globales sur l’évolution de la société qui vont venir renforcer le paradigme communicationnel. L’idée, qui peut sembler surprenante dans la mesure où les termes ne semblent pas s’exclure l’un l’autre, que l’on serait passé d’une société de consommation à une société de communication va venir conforter le diagnostic. Le passage d’une société industrielle a une société post-industrielle a été théorisé par Daniel Bell, à la fin des années 50, dans son ouvrage :Vers la société post-industrielle (Laffont, 1973).

Pour Bell, la société post-industrielle est :

  • une société d’abondance (la pauvreté tend à disparaître) ;

  • une société du tertiaire (l’industrie est supplantée par les activités de service) ;

  • une société de l’urbanisation (la quasi-totalité de la population sera amenée, à terme, à habiter en ville) ;

  • une société marquée par un interventionnisme étatique croissant ;

  • de nouvelles valeurs émergent ou deviennent systématiques comme l’humanisme et la convivialité ;

  • c’est une société qui voit l’événement d’une nouvelle élite constituée du personnel scientifique, de techniciens très qualifiés, de professionnels de la culture et de cadre du secteur public et privé. Cette nouvelle élite supplante les hommes d’affaires et les industriels et leur fait perdre une part importante du pouvoir qu’ils avaient dans le cadre de la société industrielle.

Ce basculement implique, selon les termes de Bell, que « si la société industrielle est une société de biens, la société post-industrielle est une société d’information »15. D’où l’importance de savoir maîtriser l’information au moyen de la communication.

Bien entendu, ce pronostic d’une société d’abondance apaisée ne s’est pas réalisé. Cela ne va pas empêché le thème de la société « post-industrielle » de perdurer moyennant quelques aménagements. Comme le notent Armand et Michèle Mattelard, « du premier concept de ‘société post-industrielle’ il ne restera guère que l’idée de société tertiaire, qui se métamorphosera en société de l’information ou de la communication »16.

Cette futurologie enchantée a partie liée avec les communicants qui font leur beurre de ce thème de la « société de l’information » où les classes sociales (et les conflits qu’elles portent) auraient disparu, où le développement des moyens techniques de communication, rendrait l’échange potentiellement sans entraves.


  1. l’impératif de communication : « il faut com-mu-ni-quer ! »

Fort de ce constat, nombreux vont être ceux qui vont, au sens propre, vivre de cette révolution annoncée. Les universitaires spécialisés dans la communication politique comme les communicants vont trouver dans cette idéologie de la « société de communication » leur raison d’être. Ils ne vont cesser d’entretenir le mythe.

Parmi les promoteurs les plus efficaces (notamment parce qu’il se situe à la croisée des chemins universitaire et praticien), on trouve Jean-Marie Cotteret17 dont la démonstration semble implacable : « L’apparition de l’électronique a bouleversé les données du problème. Une société de communication supplante progressivement une société de non-information. Dès lors les fascinations du tube cathodique font autant sinon plus que l’élection pour légitimer le pouvoir. L’homme providentiel cède la place à l’homme cathodique. Il faudra s’en contenter. (…) Dans une démocratie communicationnelle, les institutions représentatives ne remplissent plus les fonctions qui lui étaient primitivement dévolues (mais beaucoup cherchent à) imposer les éléments d’une doctrine au détriment du dialogue, de la vraie communication ». Ce qui fait dire à Erik Neveu, qui aime la parodie, que, finalement, la communication politique c’est « la rhétorique plus l’électricité »18

L’argumentaire (rhétorique plus que théorique) est donc fort simple :

  1. une nouvelle société est là ;

  2. pour preuve les moyens de communication se sont développés ;

  3. c’est une chance ;

  4. à condition de savoir les utiliser et de ne pas tomber dans ses travers et ses excès.

D’autres auteurs français tels Lucien Sfez19, Dominique Wolton et Jean-Louis Missika20 ont une manière appréhender la question apparemment plus distanciée. Pour eux, le monde social n’aurait pas basculé d’une ère à une autre. Le monde aurait toujours été une « société de communication » simplement ses modalités seraient en train de changer (la communication électronique, médiatisée remplaçant l’échange). Bref le discours se fait moins enchanté mais aussi plus millénariste car l’avenir semble bien sombre.
Chez les communicants, on retrouve bien sûr ce discours qui parie sur un avenir où ceux qui seront tentés de ne pas utiliser la communication feront partie des perdants et des laissés pour compte de la société à venir.

Cet avenir est doté de quatre spécificités dans les écrits d’un publicitaire comme Thierry Saussez21 (vous savez celui qui passe trop de temps sous la lampe à bronzer) et qui est un des « héros » de la thèse de Legavre. D’un de ses entretiens avec JB Legavre et de son livre, voici ce qui ressort de sa vision de l’avenir :

  1. c’est un avenir prévisible : « On sait très bien qu’on vient d’une société qui ne communiquait pas assez et on va vers une société où il faudra communiquer » ;

  2. c’est un avenir meilleur : « La communication est une façon de traiter, un remède, les problèmes sur le fond puisque cela évite les petites questions et les faux problèmes » ;

  3. c’est un avenir auquel on ne peut échapper, qui est unidirectionnel : « Aucune carrière politique ne sera plus possible pour quiconque entend ignorer cette révolution. Le mariage entre communication et politique est irréversible. Ceux qui le refusent seront marginalisés (…) Sauf à revenir en arrière ou à changer de système politique, nous sommes condamnés à choisir la voie de l’approfondissement démocratique. C’est celle de la communication ».

  4. c’est un avenir maîtrisable car techniquement réalisable : « Imaginons dans deux législatures un candidat aux élections. Il commence sa journée en consultant l’agenda électronique. L’écran de l’ordinateur affiche la dernière mise au point du programme télématique. Il permet à chaque citoyen de consulter, sur son minitel, le programme électoral et de poser des questions par l’intermédiaire d’une messagerie (…) Durant les émissions politiques, les téléspectateurs pianotent sur leur clavier pour donner leur opinion. La démocratie électronique est instantanée. Bien des maires prennent, en quelques secondes, le pouls de la population ».

On est véritablement ici dans le cadre d’un discours performatif. Car sur la datation de l’avènement de la société de communication, les communicateurs sont plus flous… Cette société est « à venir » et alors il faut s’y préparer, ou elle est « déjà là » et ceux qui ne s’y soumettent pas seront exclus du nouveau jeu. Le flou qui entoure le terme, comme c’est toujours le cas en futurologie, entretient l’ambiguïté mais aussi l’angoisse, chez les politiques, de ne pas « en être ».

Du point de vue normatif, cette vision de la société et lourde d’oublis : oubli de la domination qui est au principe du politique, oubli de la compétence politique qui rend l’échange inégalitaire de même que l’accès au supposé échange (les administrés qui réagissent aux actions du marie), etc. Tout se passe comme si ces phénomènes politiques bien connus étaient, justement, l’affaire du passé. Celui de la société fermée, ou ne régnait pas la transparence et où les inégalités pouvaient perdurer.
III - Les pionniers américains

a) L’école de Chicago

Les premières études de communication modernes vont naître aux Etats-Unis dès les années 1910 autour de l’école de Chicago qui rassemble des sociologues (Park, Burgess) qui ont le projet scientifique de fonder une science sociale solidement fondée sur des bases empiriques et qui promouvront les études microsociologiques et l’enquête de terrain mêlant observation et entretiens.

La figure de proue de l’école, reste Robert Ezra Park, ancien journaliste et dont la thèse, présentée en 1903, portera sur « la foule et le public ». Néanmoins, les travaux de Chicago (et ceux de Park notamment) passeront essentiellement à la postérité pour leur étude des communautés urbaines et leurs travaux en sociologie de la ville. Cette sociologie a, par ailleurs, également une vocation sociale (voire politique) un certains nombre de collaborateurs de l’école étant des travailleurs sociaux et les études mettant en évidence les phénomènes de ségrégation urbaine et les problèmes rencontrés par les minorités immigrées dans les grandes villes américaines.

D’ailleurs leur intérêt pour la communication dans l’organisation de la communauté fait largement écho à leur réflexion sur le rôle de l’outil scientifique pour résoudre les grands déséquilibres sociaux. Ainsi Park, s’interroge en 192222, sur la fonction assimilatrice des journaux pour les populations immigrées qui apprennent à connaître le monde qu’ils viennent de gagner en lisant la presse (thème auquel s’intéressera également un sociologue américain de la presse : Michael Schudson dans son travail sur l’émergence du journalisme aux Etats-Unis : Discovering the news23). Park s’intéresse également dans ce cadre aux innombrables publications en langues étrangères, à la nature de l’information, la professionnalité du journalisme et ce qui le distingue de la propagande ou de l’information municipale.
Dans l’entre-deux-guerres, puis plus intensément encore, après la seconde Guerre mondiale, la sociologie américaine, et notamment les chercheurs qui vont se pencher sur les questions liées à la communication, à la propagande et à l’opinion publique, vont délaisser l’approche microsociologique et ethnographique de Chicago pour promouvoir une sociologie fondée sur les données quantitatives.
b) L’émergence de la « Mass Communication Research »

La Première Guerre Mondiale va profondément marquer la recherche sur la communication. Le « bourrage de crâne » et le ressentiment de la population à l’égard des autorités de leur censure et de leur propagande, va provoquer un intérêt et une réflexion renouvelée sur les problèmes que soulève la communication politique.

C’est une nouvelle fois aux Etats-Unis, que va naître le premier grand paradigme de la communication politique.
Lasswell et le modèle de la seringue hypodermique

En 1927, Harold D. Lasswell (1902-1978 ; politologue, il enseigne à Chicago) publie Propaganda Techniques in the World War directement inspiré par les moyens considérables mis en œuvre par les gouvernements pour canaliser, orienter, désinformer les opinions publiques tant ennemies qu’alliées. C’est ce qu’il appelle la « gestion publique des opinions ». A l’occasion de la Grande Guerre, en effet de nouvelles techniques vont être utilisées que permettent les innovations technologiques : télégraphe, téléphone, cinéma et radiocommunication.

Cependant, Lasswell ne diabolise pas la propagande, il en fait même un adjuvant de la démocratie. Pour lui, elle n’est pas plus morale ou plus immorale que « la manivelle de la pompe à eau ». A ses yeux, elle constitue le seul moyen de susciter l’adhésion des masses ; en outre elle lui semble plus économique que la violence ou la corruption en tant que techniques de gouvernement. Simple instrument, ses aspects néfastes ou bénéfiques ne dépendent que des usages que l’on en effet.

C’est donc une vision instrumentale qui accorde une toute puissance aux médias, tandis que l’opinion, cible de ces techniques de propagande, n’apparaît que comme un agrégat amorphe obéissant aux signaux qu’il reçoit sur un mode « stimulus-réponse ». C’est son fameux modèle de « l’aiguille hypodermique » qui désigne « l’effet ou l‘impact indifférencié sur les individus atomisés »24.

On retrouve là les théories psychologiques inspirées de la psychologie des foules chère à Gustave Le Bon mais aussi celles, plus contemporaines de Lasswell, du behaviorisme de John B. Watson et les travaux du russe Ivan P. Pavlov sur le conditionnement.

Dans cette acception, les humains réagiraient comme le font les rats aux signaux qu’on leur envoie. La communication (on parle davantage à l’époque de propagande) étant alors décrite comme l’art de manipuler ces signaux en fonction des effets désirés.

Ce penchant pour la psychologie se retrouve d’ailleurs dans son second ouvrage : Psychopathology and Politics (1930). Lasswell y analyse les personnalités des leaders réformateurs et révolutionnaires et fait du degré de rébellion contre le père, le facteur déterminant de leur positionnement politique contestataire.
Ces travaux pionniers sur la propagande et l’opinion publique vont rencontrer un environnement politique favorable. Avec le lancement du New Deal par Franklin Delano Roosevelt (à compter de son élection en 1932), naissent également les études d’opinion et sont lancées de vastes campagnes de communication pour obtenir le soutien de l’électorat aux réformes économiques et sociales.

Les sondages deviennent au milieu des années 30 un outil de la gestion des affaires publiques. Ils prennent également une place inédite dans la compétition électorale puisqu’en 1936, les enquêtes préélectorales de Gallup, Roper et Crossley parviennent à anticiper la réélection de Roosevelt.

C’est également dans ce contexte que s’institutionnalise un milieu de recherche américain sur les questions liées à l’opinion publique. En 1937 est en effet publié le premier numéro de Public Opinion Quaterly ; première revue universitaire consacrée aux communications de masse.
Le paradigme fonctionnaliste

Outre son modèle, célèbre, de la « seringue hypodermique », on lui doit une des formules les plus célèbres des théories de la communication : « Qui dit quoi par quel canal à qui et avec quel effet ? ». Elle date de 1948 et résume d’une phrase mnémotechnique le paradigme fonctionnaliste en sociologie des médias et de la communication. Avec cette définition de ce que doit être l’objet d’étude de la sociologie de la communication, Lasswell promeut un modèle de recherche qui fait système et organise la répartition et l’articulation des différents domaines de recherche pour dépasser la juxtaposition de recherches monographiques.

  • « Qui ? » renvoie à « l’analyse du contrôle » (du message)

  • « Quoi ? » renvoie à « l’analyse de contenu »

  • « Par quel canal ? » renvoie à « l’analyse des médias ou supports »

  • « A qui ? » à « l’analyse de l’audience »

  • « Avec quel effet ? » à « l’analyse des effets » des messages

Toutes ces voies de recherches n’ont pas été explorées avec la même intensité. Ce sont surtout les analyses de contenu et les analyses des effets qui vont se développer. Ce qui réduit singulièrement la complexité du modèle (déjà simple) et organise un raccourcissement de la chaîne explicative : on passe rapidement d’une explication des effets par les formes prises par le message.

Cela n’est pas sans effet sur le succès social et politique des études de communication. En définissant l’objet de ce type d’étude comme « la description objective, systématique et quantitative du contenu manifeste des communications », Berelson25 décrit, en 1952, un protocole d’enquête qui se prête bien à sa valorisation politique et marchande : loin des spéculations analytiques d’universitaires, les résultats engendrés par ce type d’études peuvent être synthétisés (car quantifiables) et semblent peu prêter à discussion (en ne s’intéressant qu’au contenu explicite des messages).

Comme le disent Armand et Michèle Mattelard26 : « L’attention aux effets des médias sur les récepteurs, l’évaluation constante, à des fins pratiques, des changements qui s’opèrent dans leurs connaissances, leurs comportements, leurs attitudes, leurs émotions, leurs opinions et leurs actes, sont soumises à l’exigence de résultats formulée par des commanditaires soucieux de chiffrer l’efficacité d’une campagne d’information gouvernementale, d’une campagne de publicité ou d’une opération de relations publiques des entreprises et, dans le contexte de l’entrée en guerre, des actions de propagande des armées ».
Un marché se crée donc des enquêtes d’opinions et de l’évaluation des campagnes de communication. Né au sein de l’université, il va rapidement la déborder pour se doter d’officines privées mobilisant les techniques des sciences sociales pour répondre à une demande diversifiée : monde politique, monde de l’entreprise. Sur ces bases peut naître le marketing politique, le conseil en communication, etc. dans la mesure où ils ont désormais des résultats à visée évaluative et prospective à leur vendre.
Cependant, qui dit paradigme fonctionnaliste, dit intérêt pour les fonctions des processus de communication. Lasswell en distingue trois (1948)27 :

  • « la surveillance de l’environnement, en révélant tout ce qui pourrait menacer ou affecter le système de valeurs d’une communauté ou des parties qui la composent » ;

  • « la mise en relation des composantes de la société pour produire une réponse à l’environnement » ;

  • « la transmission de l’héritage social » ;

A ces trois fonctions, Paul F. Lazarsfeld (1901-1976) et Robert K. Merton (1910-1995) en ajoutent une quatrième : celle d’entertainment.

Par ailleurs ils introduisent davantage de complexité dans le schéma fonctionnaliste en opérant la distinction entre les fonctions latentes (« qui ne sont ni voulues ni recherchées par en tant que telles »28 et les fonctions manifestes (« qui sont comprises et voulues par les participants du système »29) des processus de communication.
Ces deux auteurs et notamment Merton sont les porte-étendards du fonctionnalisme et d’une conception systémique du monde social formalisé autour des inputs et des outputs entre différents organes de la société (ouvrage de Merton en 1949 : Social Theory and Social Structure). Ils sont notamment obnubilés par une conception où chaque système doit, théoriquement, tendre à un équilibre, à la stabilité. Dans cette acception, les fonctions contribuent à l’adaptation ou à l’ajustement d’un système donné ; les dysfonctions, au contraire, introduisent du déséquilibre. Dans un système politique donné, la communication doit servir à atteindre un ajustement entre les demandes sociales et les politiques menées.

Pour François Bourricaud, introducteur du structuro fonctionnalisme en France, les avantages de ce type d’approches sont indéniables puisqu’elles permettent de « dépasser les limitations propres aux sciences sociales particulières et de saisir les phénomènes sociaux dans la totalité de leurs liaisons réciproques, une totalité qui ne soit plus présentée comme une addition d’aspects plus ou moins divers, mais comme un système de rapports définissant la structure de l’interaction sociale »30

Il y a bien entendu dans une telle conception du monde social une lourde charge normative, voire politique. Comme l’a finement noté Norbert Elias (197031) : « La notion de fonction repose sur un jugement de valeur sous-jacent aux explications de la notion et à son emploi. Le jugement de valeur consiste en ceci qu’on entend involontairement par fonction les activités d’une partie qui seraient ‘bonnes’ pour le tout, parce qu’elles contribuent au maintien et à l’intégrité d’un système social existant… De toute évidence, des articles de foi de type social se mêlent ici à l’analyse scientifique ».

Méfiance donc… Comme on va le voir, cette science sociale naissante est étroitement imbriquée dans une conception utilitariste, voire mercantile, de la recherche scientifique.
c) Le schisme de Columbia

Robert Merton et Paul Lazarsfeld, s’ils participent du même paradigme fonctionnaliste que Lasswell, ne vont pas moins introduire une rupture dans le débat théorique concernant l’étude des communications de masse. Enseignants de l’Université de Columbia tous les deux, Lazarsfeld est celui qui va le plus intensément s’impliquer dans ce domaine académique.

Psychologue de formation, arrivé d’Autriche aux Etats-Unis en 1935, il fonde en 1941 le Bureau of Applied Social Research à l’Université de Columbia. Dès 1938, il dirige une étude commandée par CBS, le Princeton Radio Project. C’est le début d’une longue série d’études quantitatives sur les audiences.

A l’occasion de ces recherches, Lazarsfeld et Frank Stanton (chargé de la recherche à CBS) vont inventer des procédés techniques d’analyse et d’enregistrement comme la profile machine (machine des profils) qui sert à enregistrer (à l’aide d’un boîtier doté de deux boutons : vert et rouge) les réactions (goût, dégoût, indifférence) d’auditeurs exposés à un programme radiophonique donné.
Outre que ce procédé donnera naissance aux techniques d’enregistrement de l’audimat quand il sera étendu à la télévision (après l’avoir été au cinéma : l’usage de panels étant courant à Hollywood pour organiser les coupes et les montages avant les sorties en salle), ce procédé est toujours utilisé en communication politique. Il est connu en France sous le terme de « médiascopie ». Il permet d’enregistrer les réactions (enregistré par le déplacement d’un curseur sur une échelle graduée) de téléspectateurs à un discours donné. Les résultats sont ensuite analysés en fonction des propriétés des participants en termes de « les électeurs de gauche ont été davantage attentifs et séduits à cette partie de l’intervention tandis que les électeurs de droite…etc. ».

Un exemple en est donné dans l’ouvrage de Jacques Gerstlé (La communication politique, p.61) à propos d’un discours de Jacques Chirac le 14 juillet 2001 ayant pour thème principal la « tolérance zéro ».
Avec Lazarsfeld et son goût pour les études répétées auprès des mêmes panels, on assiste à une véritable industrialisation de la recherche en sciences sociales. L’utopie de ces « number crunchers » étant de parvenir à une formalisation mathématique des faits sociaux. Il se distingue également du projet social et politique de l’école de Chicago et n’entend pas mettre la science sociale au service de la résolution des conflits et des problèmes sociaux. Il est davantage obsédé par l’opérationnalisation et la réponse « utile » aux commanditaires de ces études (les gestionnaires de médias). Il défend explicitement sa « recherche administrative » contre la « recherche critique » telle qu’elle est apparue à Chicago.


  • D’un point de vue méthodologique et théorique, c’est bien entendu problématique car tout ce qui n’est pas quantifiable disparaît de l’horizon de la recherche.

  • D’un point de vue politique cela l’est aussi puisque l’arrière-plan idéologique de ce type de positionnement scientifique est aussi que les sciences sociales n’ont pas à contribuer à l’amélioration de la société, la société américaine n’ayant pas à être parfaite. On retrouve donc chez cet immigré autrichien, et dans le contexte du Maccarthysme où toute remise en cause de la supériorité du modèle américain est suspecte, le messianisme politique caractéristique des Etats-Unis.


Cette « neutralisation » des sciences sociales va au-delà de Columbia et à Harvard Talcott Parsons (1902-1979) participe, à la fois, de la montée en puissance du paradigme fonctionnaliste dans la sociologie américaine (publication en 1937 de the Structure of Social Action) et de la « déconnexion » de la recherche des préoccupations sociales et politiques. Dorénavant, la sociologie se désengage de l’établissement de l’Etat-Providence. Néanmoins, Parsons va plus loin et, à la différence de Lazarsfeld, souhaite également dégagé la sociologie de ses commanditaires privés et de la logique d’expertise marchandée.

Néanmoins ce quantitativisme est aussi fondateur de la scientificité des sciences sociales.
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