La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ?





télécharger 4.62 Kb.
titreLa sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ?
date de publication04.11.2017
taille4.62 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > documents > Documentos
La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ?

Dans l'imaginaire collectif, la sorcellerie est associée à la figure féminine et à ce qu'il est habituel d'appeler les « temps obscurs du Moyen Âge, si bien que l'expression « chasse aux sorcières » pour désigner la répression de ce crime est devenue banale. Les bûchers auraient flambé en grand nombre sous la férule des inquisiteurs et des juges royaux. Pourtant la pratique de la sorcellerie, faite d'un savoir multiséculaire, est loin d'être réservée aux femmes. Les hommes peuvent aussi la transmettre, à commencer par les hommes d'armes. Les archives judiciaires des XIIIe-XVe siècles qui constituent les principales sources de cet exposé, montrent que des sorciers peuvent aussi être condamnés. Quant aux populations qui croient à la sorcellerie, elles regroupent aussi bien les hommes que les femmes, les élites que les gens du peuple. Juges et dénonciateurs ont-ils alors focalisé leur haine sur les femmes sorcières plutôt que sur les hommes ?

En fait, la figure de la femme sorcière est en grande partie une construction  littéraire liée à la vision que les historiens du XIXe siècle ont pu avoir du Moyen Âge, à commencer par Jules Michelet qui écrit son livre, La sorcière, en 1862, au moment où l'histoire de l'époque médiévale sort du silence dans lequel les siècles précédents l'avaient enfermée. Mais la figure de la femme sorcière a aussi un lourd passé car elle existe dès la fin du Moyen Âge. Le crime de sorcellerie, clairement défini par l'Eglise à partir du XIIe siècle, s'est peu à peu précisé, entre magie blanche et magie noire. Sa répression s'est aussi étendue aux pratiques populaires au cours des deux derniers siècles du Moyen Âge. Au milieu du XVe siècle, les poursuites judiciaires menées par les tribunaux ecclésiastiques et laïcs ainsi qu'un certain nombre de traités théoriques ont permis d'en préciser le contenu : sabbat, vols nocturnes, accouplements démoniaques, orgies, etc. La femme y tient désormais la première place en compagnie du diable qui, personnifié, devient son partenaire obligé. En même temps, la procédure judiciaire a évolué et les juges peuvent agir d'office et rechercher l'aveu pour punir les coupables de façon exemplaire. Tous les éléments sont donc présents pour que naissent à la fois la répression et le mythe de la femme-sorcière. Mais il reste à se demander si cette image a finalement influencé la pratique des juges médiévaux au point qu'on puisse parler, dès cette époque, de « chasse aux sorcières ».

similaire:

La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ? iconLes sociétés européennes au Moyen Âge
«Les pauvres des villes à la fin du Moyen Âge : histoire, historiographie et possibilités de relectures d’une question majeure un...

La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ? iconLa notion de matière littéraire au Moyen Âge
«Si Jean Bodel avait lu l’Estoire del Saint Graal, à quelle matière l’aurait-il rattachée ?»3, d’autant plus que la fin du Moyen...

La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ? iconLe moyen âge les rois de France au Moyen Âge (1/2)

La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ? iconLe moyen âge les rois de France au Moyen Âge (2/2)

La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ? iconChapitre 7 : Les transformations des pouvoirs à la fin du Moyen Age

La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ? iconChapitre 1 : la construction de la France au Moyen-âge : à l’intérieur des frontières de Verdun

La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ? iconDes sorciÈres À Chagey Jean Hennequin
«En 1616, un homme de Chagey et sa femme, condamnés pour sorcellerie, furent brûlés vifs à Héricourt.»

La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ? iconProductions Patrick Gaboriau (décembre 2004)
«La sorcellerie actuelle dans le Choletais», L'Histoire des faits de la Sorcellerie, Angers: Presses de l'Université d'Angers, 1984...

La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ? iconAu Moyen Age et sous les Habsbourg
...

La sorcellerie en France à la fin du Moyen Âge : un crime de femme ? iconLa medecine monastique dans l’occident medieval
«médecine monastique» comme une médecine pratiquée par des moines dans ou à partir d’un monastère. Elle eut son apogée du ixe siècle...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com