Atelier «intégration linguistique» 10 Atelier «intégration professionnelle»





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Restitution des ateliers

.IRestitution de l’atelier « intégration linguistique »

Frédéric VIEL, rapporteur, fait état de quatre présentations suivies d’échanges riches et intéressants. L’intégration linguistique est apparue comme la pierre angulaire de l’intégration des modèles allemand, suédois, autrichien et français, même si tous n’imposent pas un niveau de maîtrise identique pour l’obtention du visa. Ainsi, l’Allemagne impose la maîtrise B1 de l’allemand, l’Autriche le niveau A2, tandis que la France se base sur une attestation d’assiduité aux cours, alors que la Suède n’impose pas de prérequis.

De même, la prise en charge de cette formation va de la gratuité totale, comme en Suède où elle donne même lieu à des incitations financières, à un financement à la charge de l’apprenant comme en Allemagne, à hauteur de 50 %, où en Autriche, où il est remboursé en cas d’atteinte du niveau requis. L’ensemble des pays s’appuient sur des opérateurs privés pour proposer ces cours.

Quelles que soient les différentes modalités mises en œuvre, ces quatre pays ont tous structuré ces dispositifs de formation linguistique dans le courant des années 2000. En Allemagne, 65 000 cours ont été dispensés depuis 8 ans, 61 % des apprenants ayant obtenu le niveau B1 requis. La durée de ces parcours sont est différente, et varient logiquement en fonction du niveau d’exigence.

Jens REIMANN, qui a participé à cet atelier, précise que le niveau requis pour l’obtention du visa en Allemagne est bien A1, le niveau B1 étant simplement celui visé.

Marie-Hélène AMIEL annonce qu’une enquête longitudinale auprès des primo-arrivants a été réalisée en France et récemment publiée, portant sur l’évaluation de l’apprentissage de la langue dans le cadre du contrat d’accueil et d’intégration.

Une intervenante du monde associatif demande si les différents dispositifs européens prévoient un accompagnement des organismes souhaitant proposer des formations en langue, le label FLI étant mal perçu.

Frédéric VIEL précise que le label FLI est spécifiquement français. En tout état de cause, l’atelier a mis en évidence un financement de l’accompagnement des formateurs dans les pays étudiés.

Claire EXTRAMIANA souligne l’important travail conduit par le Conseil de l’Europe ayant abouti à la création d’un site sur les ressources, l’ILMA (Intégration Linguistique des Migrants Adultes).
.IIRestitution de l’atelier « intégration professionnelle »

Silver PRAMANN, rapporteur, fait état de la diversité des dispositifs présentés dans le cadre de cet atelier, qui contribuent à restaurer l’estime de soi des migrants, et favorise leur processus d’intégration. La Fondation Agir Contre l’Exclusion a notamment présenté certaines initiatives du secteur privé, consistant par exemple à proposer des kits de formation.

Le représentant d’UNIZO, fédération patronale flamande, a présenté la démarche Jobkaanal, consistant à collecter les offres d’emplois et les faire circuler auprès des personnes migrantes. Cette plateforme gratuite et sans obligation apporte une valeur ajoutée pour les entreprises, et favorise l’intégration des migrants.

En Italie, il est apparu que la crise économique a prioritairement impacté les populations de migrants, dont nombre ont perdu leur emploi. Un programme passerelle a été mis en place pour faire le lien entre les différentes institutions intervenant dans l’intégration professionnelle des migrants. Ainsi, cela consiste notamment à financer un portail internet recensant les offres d’emploi, ou présentant les programmes d’accès aux soins pour les primo-arrivants, notamment mineurs ou femmes. Ces programmes s’adressent cependant à des migrants en situation légale, et laissent sans réponse la question des nombreux migrants en situation illégale.

La dernière intervention présentait la situation au Québec, où les défis diffèrent de ceux de l’Europe. L’objectif est de permettre au migrant de devenir autonome le plus rapidement possible. Pour ce faire, le processus d’intégration est enclenché en amont de l’arrivée au Québec, en permettant de préparer le processus d’intégration, et notamment sur le marché du travail.

Le financement de ces différentes initiatives varie. Certaines sont prises en charge par l’Etat, d’autres par des fonds européens. Le secteur privé s’implique également dans certains cas de figure.

Une intervenante soulève la question de la reconnaissance des diplômes de pays tiers. En Allemagne, une nouvelle loi permet pour les migrants d’obtenir une reconnaissance partielle, assortie le cas échéant de formations complémentaires.

Au Royaume-Uni, Chris HEDGES explique qu’une association, NARIC, est spécifiquement chargée de la question de la reconnaissance et de l’équivalence des diplômes de pays tiers.

En la matière, une intervenante fait valoir qu’au niveau européen, les politiques varient largement d’un pays à l’autre. Une harmonisation apparaît nécessaire.

Patrick AUBERT, de la DAIC, explique qu’en France, l’équivalence s’apprécie non pas sur la nature du diplôme, mais sur son niveau. Il est encore plus difficile de reconnaître les qualifications obtenues dans le pays d’origine.

Régine GILLET-TCHOS observe que l’intégration professionnelle de certaines femmes est rendue difficile par des barrières culturelles imposées par leurs maris.
.IIIRestitution de l’atelier « rôle des autorités locales »

Antonio GARCIA GOMEZ, rapporteur, explique que cet atelier a permis de présenter les cas de deux Etats, l’Allemagne et le Luxembourg, et de deux villes que sont Paris et Milan. Au Luxembourg, l’intégration est apparentée depuis 2008 à un « parcours » reposant sur une responsabilité partagée. Ce plan d’intégration s’appuie sur une stratégie locale et une réflexion partagée sur la mise en place des plans communaux d’intégration. A l’avenir, le Luxembourg cherche à renforcer le rôle des acteurs locaux de l’intégration, à travers notamment l’élaboration du plan communal d’intégration.

Pour l’Allemagne, l’intégration relève de l’Etat et des municipalités. L’Etat se voit notamment confier le rôle de l’apprentissage linguistique. Plus localement, les bureaux destinés aux étrangers ont notamment pour rôle d’organiser l’intervention des associations de solidarité intervenant auprès des migrants, particulièrement auprès des jeunes adultes. Ce projet permet de mieux cerner et recenser les besoins des migrants dans leur processus d’intégration. En outre, il permet un traitement individualisé et direct. Les différentes autorités locales commencent à structurer une organisation en réseau pour adapter et optimiser leurs stratégies.

En Italie, les compétences relatives à l’intégration relèvent principalement de l’Etat, et notamment des ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur, du Travail et des Politiques Sociales et de l’Intégration. Toutefois, les conseils territoriaux permettent de déléguer aux collectivités locales certaines de ces compétences. Ainsi, elles peuvent dispenser certains services d’orientation légale, de formation linguistique ou professionnelle. Pour une ville telle que Milan, le Centre d’immigration joue un rôle de guichet unique, en cherchant à concentrer l’information utile aux migrants.

20 % de la population de Paris se compose de migrants. La politique d’intégration de la ville ne se limite pas aux primo-arrivants, ni même aux immigrés en situation régulière. Des services d’accueil ont été mis en place à destination des étudiants étrangers, ainsi qu’aux primo-arrivants émigrant pour des motifs économiques. La lutte contre l’exclusion passe aussi par la solidarité des Parisiens d’origine étrangère déjà intégrés. Les 45 foyers de travailleurs offrent 8500 lits aux migrants, de sorte que même si leur intégration se fait difficilement, ils ne soient pas contraints d’envisager trop rapidement un retour dans leur pays d’origine.

La collaboration entre les différents niveaux administratifs est une nécessité absolue pour garantir une intégration rapide. Du point de vue des migrants, l’accès à l’information constitue un autre enjeu. La multiplication des réseaux entre collectivités locales favoriserait également l’échange de bonnes pratiques.

Céline CHATEAU, modératrice de l’atelier, signale que le Comité des Régions a réalisé une étude sur les pratiques en matière d’intégration des migrants au niveau local et régional, qui vient d’être publiée et mise en ligne. Par ailleurs, elle insiste sur le rôle des élus locaux dans ces initiatives, qui n’existeraient pas sans leur volonté.

En complément de la restitution, Laure AMOYEL précise qu’au Luxembourg, les communes, l’Etat et la société civile forment la « tripartite » compétente pour l’accueil des migrants.

Clôture

Luc DEREPAS, France

Secrétaire Général à l’Immigration et à l’Intégration


Luc DEREPAS salue la richesse des échanges, dont il est possible de tirer trois enseignements majeurs.

En premier lieu, l’approche globale du primo-arrivant apparaît aujourd’hui comme une nécessité. Pour des raisons budgétaires et d’efficacité dans la réponse, il paraît souhaitable de développer et structurer une réponse centralisée aux primo-arrivants.

Deuxièmement, cette approche doit viser à leur donner les moyens de faire leur chemin dans la société qui les accueille, dans une logique d’offre de services. Charge au migrant de sélectionner les outils qui lui seront utiles dans son parcours d’intégration, ce qui permet également de le responsabiliser. Le parcours vers l’emploi apparaît comme consubstantiel au parcours d’intégration, et soulève en creux la question du ciblage des migrants.

Troisièmement, la nécessité d’un travail conjoint entre les différents acteurs a été mise en évidence. L’accueil des primo-arrivants est finalement conçu comme un service public depuis peu. L’ensemble des différents échelons doivent améliorer leur coopération.

L’intégration prend du temps ; il faut en laisser suffisamment aux migrants, les mécanismes cherchant à aller trop vite paraissant voués à l’échec.

Document rédigé par la société Ubiqus – Tél. 01 44 14 15 16 – www.ubiqus.fr – infofrance@ubiqus.com


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