Est-ce un pléonasme ? L’altruisme semble être une partie indissociable des religions. IL renvoie à l’idée de justice





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date de publication05.11.2017
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Religion et humanitaire

Sylvie Brunel

Est-ce un pléonasme ? L’altruisme semble être une partie indissociable des religions. Il renvoie à l’idée de justice.
1. Un survol historique des rapports entre religions et humanitaire : l’altruisme au service de visées géopolitiques.

Attitude ambiguë : l’altruisme n’est jamais séparé de la volonté de convertir et d’étendre sa sphère d’influence religieuse (sans remonter aux croisades, ne serait-ce qu’au xvie siècle, avec l’élan missionnaire aux Amériques). Ce n’est qu’au xviiie siècle que les Lumières font la part entre philanthropie (universelle, détachée du sentiment religieux) et charité (liée à une pratique religieuse).

Au xixe siècle, avec la colonisation, on trouve sur le terrain des mouvements missionnaires catholiques et protestants (adventistes), en concurrence entre eux, mais aussi avec le positivisme laïc (soigner, éduquer, apporter la civilisation…). Se crée l’image du bon missionnaire, vivant et souffrant au plus près des populations, mais par ailleurs persuadant ces populations de la supériorité du christianisme. Pour les liens entre colonisation et élan missionnaire (les « 3 M » : le marchand, le militaire et le missionnaire), voir aussi le dernier numéro de l’Histoire, octobre 2005, pp.80 et suivantes.
2. Les ONG religieuses

Ce sont des ONG émanant directement d’une organisation religieuse ou revendiquant un discours religieux. D’origine principalement américaine, elles sont apparues à la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour aider les populations européennes, par exemple CARE créée en 1946. Elles se réorientent vers le Tiers Monde lors de la décolonisation, toujours avec le même mode de fonctionnement : présence active sur le terrain, au milieu des populations, et « témoignage » religieux. Elles représentent alors 90% de l’aide humanitaire.

Les années 80 sont marquées par l’irruption des « French doctors » (autour de MSF, en particulier) qui misent sur le tapage médiatique et l’assistance directe aux victimes depuis l’extérieur.

Les années 90 sont un tournant, avec le développement de la mondialisation et le recul de l’Etat. C’est le retour en force des ONG religieuses, associant action de terrain et témoignage engagé (« advocacy »). Les budgets sont énormes (des milliards de $), et les ONG innombrables, protestantes surtout (Caritas, World Council of Churches…), mais aussi juives et musulmanes. Le comportement des ONG catholiques serait plus proches des ONG laïques.

De plus en plus se pose la question du prosélytisme de ces ONG auprès de population en désarroi :

  • au Soudan, les populations noires chrétiennes sont regroupées dans des camps près de Khartoum ; elles reçoivent l’aide d’ONG islamiques… conditionnée par la conversion.

  • [intervention d’une personne dans le public] dans le sud de la Thaïlande après le tsunami, il y a eu des échauffourées entre ONG laïques et ONG évangéliques qui creusent des puits et fournissent l’eau en échange de la conversion.

  • au sud Soudan, l’ONG Christian Solidarity cautionne et alimente la pratique de l’esclavage en rachetant des esclaves.

  • après le tsunami, la Scientologie est très présente en Asie du Sud Est, ses membres reconnaissables à une tenue particulière (jaune) proposent les idées et pratiques de la secte sous couvert d’assistance psychologique.



Pourquoi ce retour en force ?

Il y a le développement d’internet qui permet la diffusion de mots d’ordre planétaires et le travail en réseaux.

La fin (relative) du soutien aux dictatures dans les années 90 a placé les populations (africaines principalement) en position d’otage des différents clans en lutte pour le pouvoir et n’hésitant pas à vivre du chantage humanitaire. NB : la « lutte contre le terrorisme » réclamant des Etats plus stables, cette situation va peut-être s’inverser.

Enfin et surtout, la fin du communisme a consacré la victoire du libéralisme : le FMI et la Banque mondiale et leurs Plans d’Ajustement Structurels provoquent le recul de l’Etat et l’effondrement de la protection sociale. Dès lors, la charité religieuse privée vient combler le vide. Parallèlement, l’Aide Publique au Développement ne cesse de baisser au profit d’une vision compassionnelle de l’assistance aux pauvres. En Afrique Sahélienne, la « Crise de la Dette » a laissé les écoles publiques sans moyens : les écoles coraniques se développent. Mais attention, il n’y a pas simple concomitance entre désagrégation de l’Etat et développement de la charité religieuse, il s’agit d’une volonté délibérée (revendiquée par le FMI) de remplacement, dans un contexte de mondialisation libérale, de la protection sociale publique par la charité privée. Cela permet de réduire l’Etat d’une part, et d’autre part les ONG religieuses n’ont aucun projet de contestation sociale (dans la lutte contre le SIDA, elles prônent l’abstinence...) : elles gèrent avec compassion le monde tel qu’il est, avec des pauvres et des riches. Elles culpabilisent le riche pour qu’il donne, et elles culpabilisent le pauvre en lui faisant comprendre qu’il est responsable de sa pauvreté et de ce qu’on est obligé de faire pour lui. On inculque ainsi aux pauvres l’acceptation de l’ordre social inégalitaire et sans remettre en cause la pauvreté, on la tient à distance : c’est « l’humanitaire de l’endiguement », on tient les pauvres à distance, tout permettant aux riches de se donner un bonne conscience morale en faisant l’aumône.

De fait les ONG deviennent de nouveaux acteurs majeurs de la diplomatie. Elles offrent des projets humanitaires différents voire concurrents, et sont massivement soutenues par les Etats (en plus de leurs sources de financement privées) : on en vient à parler d ’ « ONG gouvernementales » (GONGO en anglais : GOuvernemental Non Gouvernemental Organizations), tant les liens avec les donateurs institutionnels sont forts (l’Etat américain, notamment). L’ONG World Vision International, par exemple, est soutenue par des fonds fédéraux américains, travaille sur le terrain avec les militaires américains et s’appuie localement sur un réseau d’églises.

On assiste même sur le terrain à un retour des « 3M » de la colonisation : le Marchand (notamment l’entreprise pétrolière), le Militaire (Irak, Afghanistan…) et le Missionnaire de l’humanitaire, auxquels il faut souvent ajouter le Mercenaire. Il y a de plus en plus consanguinité entre les milieux financiers, religieux et politiques.

Enfin, on peut s’interroger sur la volonté de reconquête religieuse, voire de nouvelle croisade qui pourrait être partagée par ces ONG et certains pouvoirs politiques.
Si on définit le développement par l’existence d’un Etat organisé + un cadre institutionnel stable + une population dynamique + un espoir d’avenir, les ONG religieuses rendent ce développement impossible en accompagnant (ou hâtant) la désagrégation de l’Etat, en culpabilisant les populations et en considérant l’urgence comme supérieure à l’avenir. Elles entérinent un processus de désécularisation des Etats, avec renforcement des communautarismes : l’humanitaire accompagne alors le recul de l’Humanisme.

Notes : Marc Parvérie, collège G. Faidit, Uzerche.

Religions, démocraties et totalitarisme en Asie
Catherine Clémentin-Ojha (spécialiste de l’Inde), Alain Forest (bouddhisme en Asie du Sud-Est), Marc Gaborieau (islam asiatique), Gérard Toffin (monde indien et Népal), Cai Chongguo (philosophe chinois dissident, auteur de Chine, l’envers de la puissance, éd. Mango).
1. Les relations traditionnelles entre religion et politique en Asie

* En Inde : relation héritée du passé, multiforme, reposant sur plusieurs traditions, mais la matrice hindoue est prédominante.

Le seul mode de gouvernement possible dans la tradition hindoue est la monarchie. Elle est indispensable au maintien de la société en équilibre avec l’univers (le darma). Son rôle est le maintien de l’ordre et de la hiérarchie sociale (système des castes en particulier) et garantie que chaque élément garde la place qui est la sienne.

Mais le roi n’a pas de pouvoir absolu dans les faits. Il construit sa souveraineté dans un contexte religieux hindou et a donc besoin des brahmanes qui jouent un rôle essentiel. Dans le couple roi-brahmane, le brahmane énonce le darma (ordre global), et le roi le fait accomplir. Ce qui implique le respect de la très grande diversité des pratiques religieuses (régionales, locales…) placées sous le patronage royal.
* le bouddhisme en Birmanie et Cambodge : l’Asie du Sud-Est a d’abord été hindouisée, il y a donc une base commune avec la pensée indienne. Le bouddhisme devient dominant à partir du xie siècle et est lié à un grand mouvement de recherche spirituelle : le bouddhisme c’est la possibilité de devenir moine. Les moines se retirent pour une durée déterminée en communauté et suivent 227 règles pour vivre de pure méditation et de non-violence. Un souverain est nécessaire pour protéger la religion, contrôler la discipline des moines et veiller à la conservation exacte des écritures. Il nomme les chefs de communautés.

Rapidement la religion s’organise autour du souverain, ce qui crée un embryon de conscience nationale (donc liée à la religion).

Mais les moines ont un poids politique important, dans la mesure où ils peuvent exciter « l’opinion publique ». Ils peuvent faire pression sur le roi, voire se révolter. Au xixe siècle, une révolte contre le colonisateur anglais en Birmanie a eu pour cause le refus du capitaine-général de choisir un nouveau chef pour une communauté monastique ; or c’était son rôle en tant que nouvelle autorité souveraine, il y avait donc rupture du rôle du monarque et les moines se sont dès lors sentis habilités à se révolter pour restaurer la pureté de la religion face à un pouvoir royal incapable.
* l’islam : il ne faut pas négliger son poids démographique (au moins 600 millions de musulmans au Pakistan, Inde, Bangladesh, Indonésie… c’est à dire plus que dans les pays arabes) et historiques : l’islam s’est développé par :

  • des réseaux marchands dès le premier siècle de l’Hégire en Asie du Sud-Est, Indonésie et Chine. Création de sultanats marchands à partir du xiiie siècle, ce qui a permis l’islamisation du monde malais.

  • la conquête du sous-continent indien à partir du xie siècle avec la création de l’empire moghol au xvie siècle : l’islam y est politiquement dominant, mais pas exclusif, et même minoritaire (jamais plus de 20% de la population des empires musulmans en Inde).

L’islam médiéval est très hiérarchisé (il ne faut pas opposer égalitarisme musulman et système des castes), et on y trouve la même complémentarité du politique et du religieux (et non confusion) : le roi détient le pouvoir politique, mais il est conseillé par les oulémas et détient un charisme reposant sur la mystique soufie. Ce pouvoir équilibré permet le maintien de l’ordre et de la hiérarchie sociale.
* En Chine : rôle moins important de la religion (taoïsme et bouddhisme confondus). Il y a une présence évidente de la religion dans la vie quotidienne (temples, associations, rites familiaux…), et elle imprègne toute la culture chinoise des lettrés (art, littérature, culture, gastronomie, arts martiaux…). Mais les institutions et la politique sont menées en fonction de la tradition et du pragmatisme, plus que par la religion. En fait le rôle de l’empereur se limite aux impôts et à la criminalité : c’est là que s’exerce sa puissance absolue. La vie économique est très largement libre et privée, ainsi que l’école, la littérature… Pour le paysan chinois « l’empereur est loin et le Ciel est très haut ». Il ne faut pas s’imaginer comme on le fait souvent une domination quasi-totalitaire du « fils du Ciel » sur son peuple. Quant au communisme, ce n’est qu’un produit d’importation occidental, un sous produit de l’industrialisation. Il n’a pas de bases dans la pensée chinoise.
2. L’évolution actuelle
* Népal : dernière monarchie hindoue, dans un pays composé de 95% d’hindouistes, jamais islamisé, jamais colonisé. Forte influence cependant du tantrisme : le souverain est en contact direct avec les divinités tutélaires. Ainsi les brahmanes, théoriquement prédominants se retrouvent « court-circuités » par cette relation directe.

En 1947, cette monarchie de droit divin a été maintenue, mais en 1990, le Népal a adopté un système parlementaire basé sur la souveraineté populaire, mais avec un roi nécessairement hindou.

L’insurrection maoïste qui couvre les 2/3 des zones rurales n’a pas de continuité idéologique avec les pratiques traditionnelles : les fêtes sont supprimées, les intouchables et les minorités sont avantagés (ce qui du point de vue de l’hindouisme est une remise en cause de l’ordre de la société), la religion est considérée comme un obstacle à la démocratie.
* Inde : l’hindouisme monolithique est une invention récente. La démocratie est une idée importée, mais la tradition hindouiste est pluraliste et ouverte. Il y a opposition aujourd’hui entre 2 hindouismes : l’un ouvert et pluraliste qui accepte et revendique la démocratie, l’autre qui se referme sur une religion rêvée, figée et intolérante.
* Chine : à la fin du xixe siècle, la Chine s’aperçoit qu’elle n’est qu’un pays parmi d’autres, et qui plus est, un pays faible. C’est impossible à admettre, l’action est nécessaire. Le destin de la Nation devient alors supérieur à l’intérêt individuel.

Depuis 10 ans, on assiste à un retour en force de la religion, avec le développement du christianisme et un sentiment nostalgique amenant un renouvellement de la religion populaire. Surtout, la politique de privatisation (destruction du système de soins gratuits…) crée un besoin de sentiment collectif dans une société atomisée. La pratique religieuse, traditionnelle ou proposée clé en main par des sectes (Pha lung gong) :

  • donne un cadre

  • permet de préserver la santé (en l’absence de sécurité sociale) : yoga…

  • donne une morale face au capitalisme effréné.


Notes : Marc Parvérie, collège G. Faidit, Uzerche


Les minorités religieuses entre identité et intégration

dans la France moderne et contemporaine
Henri Zuber (Président de l’Association des Archivistes de France, www.archivistes.org) , Thierry Wanegffelen (université de Clermont-Ferrand, spécialiste du protestantisme),

Contribution de Alain Boyer, sous-préfet, spécialiste du droit des cultes.
1. Les Réformés avant 1789 (Th. Wanegffelen)

C’est la société ambiante qui décide quelles sources garder. Les minorités sont confrontés à une double contrainte : la nécessité de l’intégration (sinon c’est l’exclusion) et la volonté d’affirmation (sinon c’est la disparition dans la Nation française assimilatrice).

Les Réformés sont un cas d’école. Dans une société où le pluralisme est impensable (vieille image de la société comme un corps), l’irruption du protestantisme au xvie siècle est brutale : entre 1555 et 1562, partout se constituent des églises réformées sur le modèle genevois et on estime à 10% le nombre des Français qui optent pour la Réforme (1/3 de la Noblesse). C’est en choc, et la guerre civile éclate.

* la documentation est pour l’essentiel indirecte :

  • Registres de délibérations consulaires (séries B) et rôles des hérétiques.

  • Correspondances des commissaires royaux, puis intendants (série C).

  • Registres d’abjuration (archives de l’Eglise catholique, série G).

* il existe des archives directes :

  • Registres de séance des consistoires (regroupant les pasteurs et les Anciens, qui ont un grand rôle dans l’ecclésiologie réformée).

  • Les décisions des consistoires remontent aux « colloques » (regroupement de 6-7 églises), puis aux synodes régionaux et nationaux : à chaque niveau des actes sont produits.

Problème de la clandestinité entre 1685 et 1787 : il y a des registres clandestins dits « du désert », mais aussi les rôles de nouveaux convertis tenus par les prêtres et les registres des non-catholiques tenus lors de réhabilitation pour des mariages et des naissances.
=> très grande dispersion des archives. Il faut aussi chercher dans les fonds manuscrits des bibliothèques. Il existe aussi 7 registres conservés à la Bibliothèque Universitaire de Genève, contenant l’ensemble de la correspondance des églises de France avec celle de Genève. Il y a encore les archives hollandaises (Pays Bas, Afrique du Sud)…

L’histoire du protestantisme reste ainsi largement à écrire !
2. Le protestantisme aux xixe et xxe siècles (H. Zuber)

En 1802, réformés et luthériens reconnus par le régime concordataire. 80 à 100 consistoires sont créés (disparition des synodes). Leurs archives auraient du être considérées comme publique et versées systématiquement aux archives départementales, ce qui n’est pas le cas.

Dans un contexte de division (entre libéraux et évangéliques), il n’y a pas eu de politique de conservation des archives. Il y a dès lors une grande dispersion des fonds. Par ailleurs des pans entiers ont disparu (toutes les archives du Sud Ouest, notamment).
3. Les archives du judaïsme (H. Zuber)

Ce n’est que dans les années 1950 qu’a eu lieu une prise de conscience de la nécessité de conserver des archives du judaïsme : création de la Commission française des archives juives (conservation sous la cote F19 aux Archives Nationales).

Il existe aussi des fonds de consistoires parfois déposés aux archives départementales.

Par ailleurs, chaque institution conservant ses propres archives, il y a une grande dispersion des fonds.
4. L’islam (texte envoyé par A. Boyer)

On en est uniquement aux balbutiements de la recherche concernant l’islam de/en France. Prise de conscience très récente de la place de l’islam comme deuxième religion du pays (vrai depuis 1950, conscient depuis 1980). D’autre part l’islamologie s’est peu intéressée à la France. Il y a donc un manque qualitatif et quantitatif des sources, ainsi qu’une grande dispersion, due notamment à l’absence d’autorité unique : chaque pays d’origine à ses propres sources, et il existe des monographies sur telle ou telle communauté. On attend une histoire des musulmans en France du viiie au xxe siècle, par Mohammed Arkoun.

Il n’existe pas de fonds d’archives consacrées spécifiquement aux musulmans. On a avant tout des sources extérieures, principalement policières. Cela est du :

  • à l’absence de continuité historique de la présence musulmane en France.

  • à l’altérité que représente l’islam dans un pays longtemps vécu comme chrétien.

  • aux relations conflictuelles entre populations musulmanes et Etat (guerre d’Algérie).

  • à l’histoire du colonialisme : au moment des indépendances, il y a eu partage des archives. Les archives de gestion ont été cédées aux pays indépendants, les archives de souveraineté ont été gardées (Centre des Archives de l’Outre-Mer à Aix en Provence).

  • aux divisions internes : il existe 1200 associations gérant les lieux de culte. En 2003, lors de l’élection du CFCM et des CRCM, des archives des procédures électorales ont été conservées en préfectures de région et au ministère de l’intérieur.

  • au faible intérêt pour l’étude de la vie religieuse en France (sociologie).

=> on a surtout des archives externes (policières), conservées en fonction de l’intérêt policier (indépendantisme algérien, terrorisme…).

Les archives propres sont peu importantes, difficiles d’accès (diversité des langues), et rarement versées aux archives publiques (les archives de la mosquée de Paris sont considérées comme des archives familiales des différents recteurs !). On peut cependant se servir aussi de sources imprimées, enregistrement de prêches, émissions de France 2 et de Daniel Mermet…

La prise de conscience de l’intérêt de conserver les archives est très récent.


NB : depuis 1905, les archives religieuses sont considérées comme privées. Il n’est pas obligatoire de les verser aux archives départementales.


Notes : Marc Parvérie, collège G. Faidit, Uzerche.

Atelier multimédia

Politique et religion dans la Rome antique : les pouvoirs des empereurs romains

Mélanie Girault – Jacques Chevtchenko
La Rome antique est abordée au collège en classe de 6ème, dans la quatrième partie du programme (9 à 10 heures) : « l’empire est étudié au moment de son apogée (iie siècle ap.J.C.) en insistant sur le rôle de l’empereur et l’adaptation des institutions de la cité ». Le cours sur les pouvoirs de l’empereur romain, bien que souvent difficile à mettre en œuvre, est donc central dans cette approche.
1. Une « sitographie » organisée est tout d’abord présentée. Elle est accessible sur le site http://chj.free.fr/rome/sito.htm De nombreux sites sont très intéressants et très utiles pour les préparations de cours, voire pour une exploitation en classe ; on notera en particulier des banques d’images, et un site sur la colonne trajane « déroulée » et étudiée image par image…
2. Une séquence de cours sur les pouvoirs de l’empereur est présentée. Elle est accessible sur le site : http://chj.free.fr/rome/__index0.htm

Il s’agit d’étudier la titulature impériale telle qu’elle apparaît sur un aureus de Trajan. L’exercice est bien connu, il est présent dans de nombreux manuels. Il s’agit là de mettre les élèves en activité : guidés par un questionnaire à remplir, ils doivent rechercher sur le site mis à leur disposition les différents aspects du pouvoir impérial (anciens et nouveaux, civils, militaires et religieux…). Le support principal de la recherche est une animation gif faisant apparaître successivement les différents éléments de la titulature ; en cliquant sur un élément de son choix, l’élève ouvre une page d’explications. Les auteurs ont fait le choix d’un site à l’arborescence pas forcément très simple, induisant une navigation intuitive et désordonnée de la part des élèves. Ils ont volontairement écarté une structure linéaire et très directive (telle qu’on aurait pu l’imaginer avec une animation PowerPoint), afin de forcer la curiosité et l’autonomie de l’élève dans sa recherche… au risque peut-être de le perdre ?

L’ensemble est assez réussi et semble assez convainquant.
3. Une discussion entre les participants (tous utilisateurs des TIC depuis des années, voire formateurs IUFM) a permis un échange intéressant sur la pertinence et les limites des outils multimédia.

La question fondamentale reste pour tous : les TIC apportent-elles une réelle plus-value pédagogique ou ne sont-elles qu’un simple changement de support ? Nous avons tous essayé différentes approches multimédia (un travail sur l’organisation spatiale des Etats Unis a été présentée par un participant) dont le bilan a dans l’ensemble été positif, mais de là à parler de réelle plus-value par rapport au support papier… personne n’a été vraiment affirmatif. Le multimédia permet de varier les pratiques pédagogiques, notamment en changeant de support, c’est bien, mais cela n’en fait pas pour autant la panacée universelle à tous les problèmes pédagogiques. Une remarque clé a probablement été faite : il ne faut pas se demander quel cours est transposable sur support multimédia (c’est ce que l’on fait souvent : c’est généralement une activité que l’on aime bien et réussit bien que l’on cherche à rendre encore plus pertinente ou attractive en changeant de support), mais plutôt quel est le cours que je n’arrive pas à faire passer ? Alors, peut-être le multimédia peut-il apporter une solution.

Ce n’est pas une solution miracle pour les élèves en difficulté, qui au contraire cumulent la difficulté d’accès à l’écrit avec la difficulté d’utilisation de l’informatique. Avec des élèves en autonomie, le fossé s’agrandit entre ceux qui savent (ceux qui sont équipé chez eux) et ceux qui butent sur cet obstacle supplémentaire. Un point très positif est que la mise en autonomie (mais elle n’est pas liée au multimédia en tant que tel) oblige les élèves passifs à travailler .

Nous avons aussi remarqué que l’emploi trop répété du multimédia finit par lasser, comme le reste, les élèves (« encore en salle informatique ! »).

La forte hétérogénéité des classes oblige à réaliser des questionnaires différents ou de longueur variable. L’intervenante penchait pour un questionnaire commun permet d’atteindre les objectifs fondamentaux du cours, suivi de questions d’approfondissements ou de recherches pour ceux qui vont plus vite. On peut imaginer aussi des questionnaires différents en fonction du niveau des élèves, ou un seul questionnaire avec un système d’entraide des élèves (les plus rapides venant encadrer les plus lents)…

Les problèmes matériels ont aussi été évoqués et peuvent se résumer en une seule remarque : tout le temps que l’enseignant passe à être technicien est perdu pour son rôle pédagogique. Or, même en imaginant la situation idéale où la salle est libre, le nombre de poste suffisant, le matériel en état (tout en même temps !), le temps passé à venir dépanner les élèves (non respect des consignes, mauvaise manipulation…) est loin d’être marginal !
Notes : Marc Parvérie, Collège G. Faidit, Uzerche

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