Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance





télécharger 42.72 Kb.
titreExaminons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance
date de publication05.11.2017
taille42.72 Kb.
typeExam
h.20-bal.com > documents > Exam


A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS




ORDO AB CHAOS ; DEUS MEUMQUE JUS


Au nom et sous la juridiction du Suprême conseil pour la France des souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33° et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

    
RESPECTABLE LOGE PERFECTION

NICAEA LUMEN N° 987

ORIENT DE NICE
    

TRAVAIL DE CONFERENCE


SUBSTANCE ET PREMIER MOTEUR CHEZ ARISTOTE


10 – 12 – 02 Jean Pierre POUYSSEGUR 14°




« L’injustice la plus courante que l‘on commet à l’égard de la pensée spéculatrice consiste à la rendre unilatérale, c’est à dire à ne révéler qu’une des propositions dont elle se compose. »
HEGEL, Science de la logique



SUBSTANCE ET PREMIER MOTEUR CHEZ ARISTOTE


Après quelques mots sur Aristote philosophe bien connu des maçons, nous exposerons son point de vue sur la substance, première catégorie de l’Etre.

Ensuite nous examinerons sa conception «  du mouvement » à travers la notion de premier moteur.


Aristote, élève de Platon, macédonien 384 à 322 avant J.C fût le précepteur d’Alexandre le Grand à Athènes, où il fonde sa propre école de philosophie - le lycée-

Ce grand philosophe, solitaire, consacre son temps à l’étude, la réflexion et à ses élèves.
Si Aristote a laissé assez peu d’écrits, ses élèves rédigèrent « ses leçons », ses cours et d’innombrables philosophes et autres professeurs émérites ont disserté et rapporté sur sa puissante et profonde pensée.
La physique - organom -, la logique, la métaphysique, la politique, l’éthique…
Dans la métaphysique, Aristote se sépare de Platon, dont il critique la théorie des idées, qui, selon lui, n’est d ‘aucun recours pour expliquer la science des choses et des êtres, ni pour expliquer leur existence.
Sa métaphysique aura été la première systématisation dans l’histoire de la pensée occidentale de la théorie de l’Etre, de ses catégories, de ses modalités et de ses applications concrètes.
Sa conception du mouvement, de l’Etre immobile – DIEU- de la forme et de la matière, de la puissance et de l’acte ainsi que des différentes causes, fera de cette métaphysique la source même de toutes les questions futures.


  

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe – la substance -

LA SUBSTANCE qui est pour Aristote la première catégorie de l’Etre.

Cette notion est développée dans la métaphysique et dans le livre Z "zeta", 
Aristote part de l’idée suivante : en regardant le monde autour de lui il voit des choses, par exemple des pierres, des fleurs, des animaux, des hommes…

Il constate alors que toute chose a en elle-même une certaine autonomie.
Il appellera donc la substance ce qui porte en soi-même la raison de son existence.

Une pierre est une substance, un animal est une substance car ils portent en eux-mêmes la raison de leur existence.

Mais lorsque nous regardons chacun de ces existants, nous pouvons nous rendre compte qu’il y a quelque chose qui change, qui les différencie ; la couleur change, la taille, le poids, la forme… Ces éléments qui changent Aristote les appelle des accidents. Accidents qui inhèrent sur la substance.
Ce sont donc les accidents qui donnent une manière d’être, une existence concrète, particulière et spécifique à la substance.
Tout ce qui existe est substantiel – substance ; matière, forme, accident ; tout cela en acte et en devenir.

Nous retiendrons donc cette idée que le substantiel est ce qui trouve en lui-même la raison de son existence.

Aristote emploie un terme précis pour définir cette idée, cette notion – « l’Essence ».

Ce qui fait que les choses sont ce qu’elles sont c’est l’Essence…
Il n’est donc pas possible de parler de la Substance sans parler de l’Essence, puisque la substance est la réalisation concrète de l’Essence.

Il y a par exemple, l’essence homme ; en disant cela nous sommes dans l’abstrait et non dans le concret. La réalisation concrète de l’essence, c’est la substance et cette substance, montre Aristote, est toujours réalisé concrètement dans les accidents ; poids, taille, manière d’être, de parler….
Voyons, maintenant de façon plus précise, ce qu’Aristote entend par Essence.

Essence vient du mot « esse » qui signifie être et « essentia » qui signifie essence des choses.

Pour Aristote, l’Essence est donc la notion abstraite concernant un existant. Réalisée concrètement, cette essence est une substance.
Alors voyons ce qui fait que les choses passent de l’essence à l’existence.

Et bien, c’est là qu’intervient une quatrième notion importante du système aristotélicien ; la Quiddité.

La Quiddité c’est ce qui fait que les choses sont concrètement.

QUIDDITE : vient du mot latin « quidditas », quid, quoi ?… c’est quoi ça ? s’interroge le philosophe…

Autrement dit ; c’est ce qui fait qu’une chose est ce qu’elle est.

La Quiddité c’est l’acte, le mouvement par lequel l’essence devient un existant concret.

C’est le quoi de la chose réalisée concrètement.
Et en disant : c’est l’acte par lequel une chose devient concrètement,

Aristote emploie le cinquième concept important de sa théorie : l’acte et la puissance.

C’est l’entéléchie, le déploiement de l’essence, du possible au réel – la réalisation parvenue à son point de perfection -

Autrement dit, l’acte c’est le mouvement par lequel la quiddité se donne une réalisation concrète.

Donc l’acte c’est ce mouvement et si nous parlons de mouvement, nous constatons qu’il y a comme une sorte d’état passif, de point fixe avant le mouvement. C’est cela qu’Aristote nomme la puissance- « potentia »- qui parvient à la réalité par la forme, - « energia »-
Voilà mis en place les notions fondamentales du système Aristotélicien à propos de l’être.

Nous avons la Substance, qui en est la première catégorie.

A travers la substance nous avons parlé d’accident. Ceci nous a amené à percevoir ce qu’est l’essence qui exprime l’être en nous montrant ce qu’est la quiddité ; le quoi de la chose, ce qui la caractérise dans son particulier.

Cette quiddité nous a conduit à l’acte qui est le mouvement interne vers et dans la réalisation concrète ; ceci en nous permettant de comprendre ce qu’est la puissance, qui est l’orientation, le sens vers un plus être, vers un devenir, vers une réalisation, une concrétude.

  

Nous avons vu que la Substance, première catégorie de l’Etre, est la notion fondamentale dans la métaphysique aristotélicienne. Catégorie par laquelle le philosophe essaie de saisir et de montrer ce que sont les choses dans leur concrétude, dans leur réalité.

Toute chose qui subsiste par elle-même est une substance. Pour Aristote, il y a donc une échelle des substances. Plus l’être concret, dont nous parlons est enfoncé dans la matérialité, moins il est spirituel, et par là même son autonomie diminue.
Cette échelle des substances va de la matérialité pure, la pierre, le bois, à la spiritualité pure, jusqu’à la plus dégagée de la matière – jusqu’à DIEU….-

SECOND CONCEPT qui nous occupe ce soir, la notion de moteur.

Pour éclaircir ce concept capital chez Aristote, nous verrons :

  • D'abord la notion de moteur.

  • Ensuite, le premier moteur.

  • Enfin le moteur initial immobile.



NOTION DE MOTEUR


Comment dans un premier temps situer cette notion de moteur par rapport à ce que nous venons de dire sur la substance ?
La substance est ce qui se tient par soi-même.
Ce qui comporte une certaine autonomie, ce qui est "dessous" le concret, devant lequel nous nous trouvons lorsque nous parlons d'une pierre, d'une fleur, d'un homme…

C'est ce qui fait que la chose est ce qu'elle est !
Par ailleurs nous avons vu qu'il y a une architectonique, une échelle, une graduation des substances. Ces substances qui sont en elles-mêmes le principe de leur autonomie doivent s'expliquer dans leur origine.
Alors se pose la question d’où viennent-elles ?

Prenons un exemple, un animal qui est là devant nous, qui est une substance réalisée concrètement, ne s'explique dans son être ici et maintenant que parce qu'il a des parents qui l'ont mis au monde et ainsi de suite.

Autrement dit, il y a dans le monde des substances en mouvement.
Tout bouge, tout meurt, tout ce qui est mû l'est par quelque chose.
Pour Aristote chaque acte, mouvement, développement a besoin d'un moteur qui puisse le mettre en marche - cause efficiente -

Aristote est là devant le cosmos, devant la totalité ; comment tout cela tient-il ensemble ?

Il y a cohérence du tout, mais tout est en mouvement…
Il essaie de comprendre, d'expliciter le pourquoi des choses, la cause des choses.

Il souligne l'importance de la notion de cause et il en dresse le tableau.

Il montre que ces causes sont nécessaires pour expliquer la constitution d'un être et le changement constant au sein de la nature.

La cause, c'est ce dont une chose « est faite » et qui demeure de manière immanente. – dans la Substance comme dans l’Essence-


Il démontre alors quatre causes :



  • La cause matérielle : materia prima point commun à toutes choses mais qui diffère selon les choses.

Une maison en bois, pierre, brique, ciment…


  • La cause formelle : matière + forme + accident = réalisation.

Son tracé, son plan.


  • La cause efficiente : chaque développement a besoin d'un mouvement pour la mise en action, le moteur.

Action des maçons, des charpentiers…


  • La cause finale : rien n'arrive sans but, sans objectif.

Pour protéger des intempéries.

Cette cohérence du tout est contenue et expliquée par le cosmos.
Le cosmos est, en quelque sorte, une plénitude, une harmonie de dynamisme vers un plus être, vers une plus grande réalisation, vers une totalité toujours en mouvement constant, et en devenir.
Donc pour ce mouvement, il y a nécessité de postuler, à l’origine, l’existence d’un premier moteur ; cause efficiente du développement des êtres, du monde.

LE PREMIER MOTEUR
Pour pouvoir exister il doit posséder en lui-même son auto-mouvement, son propre mouvement.

Donc le premier moteur « est doué» d’un moteur qui est le sien.

Autrement dit, le mouvement lui-même, du fait qu’il y a mouvement dans les choses , montre que les choses ne sont pas dans une perfection totale. Elles sont en route vers un « plus être ».

Aristote nous montre et postule que le premier moteur est dans un état de perfection total. Donc ce premier mouvement est lui-même immobile.
La mobilité démontre ou elle peut être le signe que la perfection n’est pas réalisée.

Donc Aristote conclut que le premier moteur lui-même est immobile, tout en étant le premier moteur ; celui qui donne «  la chiquenaude », l’élan initial….
Les substances dans leur Etre limité ne s’expliquent que parce qu’il y a à l’origine un premier mouvement :un premier moteur.

Elles se mettent en route vers un devenir, donc en mouvement les unes, les autres ; mais leur fondement est un premier moteur immobile.
LE MOTEUR IMMOBILE
Ce premier moteur, s’il est immobile doit être donc d’éternité. Car le temps est ce qui affecte les choses, le temps est un accident des choses. Comme l’espace est aussi un accident qui affecte les choses. Donc le premier moteur doit être parfait dans son immobilité.

Donc il est en dehors du temps ; il est éternel.

D’ou l’éternité du premier moteur.
Enfin nous pouvons dire que le premier moteur est, en même temps, non seulement immobile, non seulement éternel ; mais il est en même-temps simple.
Qu’est-ce que la simplicité du premier moteur ?
Aristote nous montre que les substances concrètes – maison, arbre, homme – ont des accidents qui sont la caractéristique du multiple.
Une substance simple, quelconque est naturellement multiple compte-tenu de ses accidents.

Seul Dieu du fait qu’il est en dehors du temps, de l’espace et qu’il est éternel, n’a pas d’accident.
Il est en dehors de toute étendue. Il est, lui, dans une simplicité absolue.

  


  

La Physique aristotélicienne se caractérise par l’étude du monde en mouvement qui se déploie :

  • de la pure matière pour la limite inférieure

  • vers la pure forme comme limite supérieure.


Aristote met en relation forme et pensée, son Dieu qui est pur esprit est à soi-même l’objet de sa pensée, ou la pensée de la pensée.
Si le monde dans son perpétuel changement a besoin du mouvement et si l’impulsion première du mouvement ne peut pas remonter à l’infini ; il doit bien y avoir, une première mise en mouvement qui soit, elle-même, immobile douée d’éternité et simple.

Ce moteur immobile est le Dieu Aristotelicien



J’ai dit.
  



  • BIBLIOGRAPHIE


    • Aristote, la Physique, V-VIII, tomme second, Henri CARTERON, collection Universités de France, Ed. Les Belles Lettres, Paris 1986.


    • Aristote, La Métaphysique, Tome 1, J. TRICOT, Bibliothèque des Textes Philosophiques, Librairie Philosophique J. VRIN, Paris 1986.


    • Le problème de l’être chez Aristote, Pierre AUBENQUE, PUF, Paris 1962.


    • Atlas de la philosophie, Peter KUNZMANN, Franz-Peter BURKARD, Franz WIEDMANN, Le livre de poche, 1999.


    • Encyclopédie Universalis, Volume 2, Aristote.


    • Que la source de la pensée se situe en autrui, Bernard GUILLEMIN, Salix N° 14.


similaire:

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance icon«Renouvelons aussi toute vieille pensée». Ce sont ces mots, empruntés à une ode de Du Bellay [1]
«vieille pensée» des troubadours que renouvelle Hugo, par la forme qu’il lui donne, suivant là une tendance amorcée dès le xviiie...

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance iconFormation de sensibilisation à la radicalisation
«Entr’autres», spécialiste de l’Islam, présente d’abord un tableau sémantique, étymologique et historique du rapport de la laïcité...

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance iconI l’ancien monde
«état-diversité» et un «mouvement-diversification», IL est donc nécessaire de penser ces deux concepts conjointement pour comprendre...

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance iconLa civilisation des mœurs ~
«cultivé» se rapporte d’abord en premier lieu à la manière de l’homme de se présenter et de se comportement, IL désigne aussi sa...

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance iconI. action d'une pensée sur une autre penséE

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance iconRéflexions sur le caractère de quelques princes et sur quelques événements de leur vie
«premier jet» (expression elle-même contestable, à une époque où la composition est d’abord en grande partie mentale), ont disparu,...

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance iconEssais/nouvelles/poésie «Mes intimes convictions»
Un ouvrage, au premier abord déroutant, tant par les sujets abordés (les premiers dieux du ciel, la symbolique des nombres : 3, 7,...

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance iconEtudes, diplômes et collaborations institutionnelles internationales
«Ordolibéralisme, ordolibéraux, pensée ordolibérale au cœur de l’Allemagne en crise. Contexte et aspects historiques, politiques...

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance iconIl faut cependant l’avouer, le terme même de «miséricorde» déroute...
«deuxième dimanche de Pâques prendra le nom de Dimanche de la Miséricorde Divine»

Examinons d’abord le premier de ces concepts centraux de la pensée du philosophe la substance iconMonsieur le Premier ministre
«un pacte multiséculaire» elle le doit d'abord à son armée. L'armée française n'est pas séparée du reste de la Nation française car...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com