Nous vous remercions vivement de vos vœux et vous souhaitons également à vous et à votre chère Famille une Bonne Année 2014 pleine de Joie, Bonheur & Santé





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DE FIL EN AIGUILLE A BATONS ROMPUS

JANVIER 2014

Reçu le 17 novembre 2013 de Isaac & Irène SCHALOM cette belle pensée :
Family isn't always blood. It's the people in your life who want you in theirs; The ones who accept you for what you are. The ones who would do anything to see you smile; And who love you no matter what.

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COMMENT ALLEZ-VOUS ?

Albert Pardo

A partir d’un certain âge, on commence à subir des maux plus ou moins douloureux et, parfois, très douloureux. Alors, il y a ceux qui se plaignent, d’autres qui râlent et, les moins nombreux, les stoïques, qui gardent leur souffrance pour eux.

L’expérience m’a appris ceci : Lorsque quelqu’un me demande « comment vas-tu », je dis toujours « ça va très bien, merci » même si je me tords de douleur…Pourquoi ? Parce que si le demandeur est un être cher, membre de la famille ou un bon ami, si je dis que ça va mal, cela lui fera de la peine sans qu’il puisse me soulager. Sans compter que le fait de ressasser mes douleurs cela me déprime. Et si le demandeur est un faux ami qui me veut du mal, il exultera en lui-même de me voir souffrir… Alors qu’en disant que je vais très bien, d’une part ça le fait râler et de l’autre, à force de le répéter, je me sens mieux…

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Reçu le 25 décembre 2013 de Madame Erella AZRIEL :


POUR LES FERUS DE LA LANGUE FRANÇAISE :
QUELQUES "ASTUCES" QUE VOUS NE CONNAISSIEZ PEUT-ETRE PAS.

Le plus long mot palindrome de la langue française est« ressasser». C'est-à-dire qu’il se lit dans les deux sens.

« Institutionnalisation » est le plus long lipogramme en « e ». C'est-à-dire qu'il ne comporte aucun « e ».

L'anagramme de « guérison » est « soigneur » C'est-à-dire que le mot comprend les mêmes lettres.« Endolori » est l'anagramme de son antonyme « indolore », ce qui est paradoxal. «Squelette» est le seul mot masculin qui se finit en «ette ». « Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave. Il a aussi une touche de clavier à lui tout seul !

Le mot « simple » ne rime avec aucun autre mot. Tout comme « triomphe », « quatorze », « quinze », « pauvre », « meurtre , « monstre », « belge », « goinfre » ou « larve ».

« Délice », « amour » et « orgue » ont la particularité d'être de genre masculin et deviennent féminin à la forme plurielle. Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l'amour au pluriel. C'est ainsi! « Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x] ,

« oiseau » est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles. Eh oui !







 











  


  


 
 
 
 




 
 


 


 

 

 




Reçu le 26 Septembre 2013 de Solange et Marcello VAÏS :
C'est une très belle histoire, elle vaut la peine dêtre lue.

  

Un jour, une prof demande à ses élèves de noter le nom de tous les élèves de la classe sur une feuille et de laisser un peu de place à côté de chaque nom.







Puis, elle leur dit de penser à ce qu'ils pouvaient dire de plus gentil au  sujet de chaque camarade et de le noter à côté de chacun des noms. Cela prit toute une heure jusqu'à ce que tous aient fini et avant de quitter la salle de classe, les élèves remirent leur copie à la prof.  
Le week-end, la prof écrivit le nom de chaque élève sur une feuille et à  côté toutes les remarques gentilles que les autres avaient écrit au sujet de chacun.  
Le lundi, elle donna à chaque élève sa liste.  
Peu de temps après, tous souriaient.  
« Vraiment? » entendait-on chuchoter... 
« Je ne savais pas que j'avais de l'importance pour quelqu'un! 
Je ne savais pas que les autres m'aimaient tant était les commentaires que l'on entendait dans la salle de classe.  
Personne ne parla plus jamais de cette liste. La prof ne savait pas si les élèves en avaient parlé entre eux ou avec leurs parents, mais cela n'avait  pas d'importance. L'exercice avait rempli sa fonction. Les élèves étaient satisfaits d'eux-mêmes et des autres.  
Quelques années plus tard, un élève tomba, mort au Vietnam et la prof alla à l'enterrement de cet élève.  
L'église était comble. Beaucoup d'amis étaient là. L'un après l'autre, ils s'approchèrent du cercueil pour lui adresser un dernier adieu. La prof alla en dernier et elle trembla devant le cercueil. Un des soldats présents lui demanda Est-ce que vous étiez la prof de maths de Marc.  Elle hocha la tête et dit : oui. Alors, il lui dit : » Marc a souvent parlé de vous. »  
Après l'enterrement, la plupart des amis de Marc s'étaient réunis.  
Les parents de Marc étaient aussi là et ils attendaient impatiemment de pouvoir parler à la prof.  
« Nous voulions vous montrer quelque chose. » dit le père de Marc et il sortit son portefeuille de sa poche. « On a trouvé cela quand Marc est tombé à la guerre.  Nous pensions que vous le reconnaîtriez. » Il sortit du portefeuille un papier très usé qui avait dû être recollé, déplié et replié très souvent.  
Sans le regarder, la prof savait que c'était l'une des feuilles de la fameuse liste des élèves contenant beaucoup de gentilles remarques écrites à l'époque par les camarades de classe au sujet de Marc.  
« Nous aimerions vous remercier pour ce que vous avez fait. » Dit la mère  de Marc « Comme vous pouvez le constater, Marc a beaucoup apprécié ce geste.  
Tous les anciens élèves se réunirent autour de la prof.  
Charlie sourit et dit : » J'ai encore ma liste. Elle se trouve dans le premier tiroir de mon bureau. »  
La femme de Chuck dit : « Chuck m'a prié de la coller dans notre album de mariage. »  
« Moi aussi, j'ai encore la mienne, » dit Marilyn « Elle est dans mon journal intime »  
Puis, Vicky, une autre élève, prit son agenda et montra sa liste tout usée aux autres personnes présentes. » Je l'ai toujours avec moi, » dit Vicky et elle ajouta : » nous l'avons tous gardée. »  
La prof était si émue qu'elle dut s'asseoir et elle pleura.  
Elle pleurait pour Marc et pour tous ses amis qui ne le reverraient plus  jamais.  
Dans le quotidien avec les autres, nous oublions trop souvent que toute vie s'arrête un jour et que nous ne savons pas quand ce jour arrivera.  
C'est pourquoi il est important de dire aux personnes, que l'on aime et qui nous sont importantes, qu'elles sont particulières et importantes.  Dis le leur avant qu'il ne soit trop tard.  
Tu peux aussi le faire en continuant d'envoyer cette histoire. Si tu ne le fais pas, tu vas rater une occasion de faire quelque chose de bien.  
Si tu as reçu ce courriel, c'est que quelqu'un pense à toi et que tu as de l'importance pour au moins une personne.  

Si tu es trop occupé, et ne peux pas t'accorder quelques minutes pour l'envoyer, c'est dommage.  

Pense que tu récoltes ce que tu sèmes. Ce que l'on apporte dans la vie des autres, on le reçoit aussi dans sa propre vie en retour.  
Ce jour doit être un jour béni et quelque chose d'aussi important que tu l'es. Ne te pose pas de question, joues-y tout simplement!  
Envoie ce message à dix personnes, et aussi à celle qui te l'a envoyé.

    Bonne journée! 

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Reçu le 24 octobre 2013 de Madame Lily KHODARA et de Madame Germaine LEVY:
INVITATION DE LA FOLIE !

(fable de Jean de la Fontaine)
La Folie décida d'inviter ses amis pour prendre un café chez elle.Tous les invités y allèrent.

Après le café la Folie proposa :
- On joue à cache-cache ?
- Cache-cache ? C'est quoi, ça ? demanda la Curiosité.
 - Cache-cache est un jeu.

Je compte jusqu'à cent et vous vous cachez. Quand j'ai fini de compter … je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain à compter.
Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.
-1, 2, 3… La Folie commença à compter.
 L'Empressement se cacha le premier, n'importe où.
La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d'arbre.
La Joie courut au milieu du jardin.
La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d'endroit approprié pour se cacher.
L'Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière un rocher.
 La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient.
 Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie était déjà à 99.
CENT ! cria la Folie, je vais commencer à chercher ...
La première à être trouvée fut la Curiosité, car elle n'avait pu s'empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier découvert.
En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d'une clôture ne sachant pas de quel côté il serait mieux caché.
Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité ...
Quand ils étaient tous réunis, la Curiosité demanda : - Où est l'Amour ? Personne ne l'avait vu.
La Folie commença à le chercher. Elle chercha au-dessus d'une montagne, dans les rivières au pied des rochers. Mais elle ne trouvait pas l'Amour.
Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, prit un bout de bois et commença à chercher parmi les branches, lorsque soudain elle entendit un cri :

c'était l'Amour, qui criait parce qu'une épine lui avait crevé un œil.
La Folie ne savait pas quoi faire. Elle s'excusa, implora l'Amour pour avoir son pardon et alla jusqu'à lui promettre de le suivre pour toujours.
L'Amour accepta les excuses.
Aujourd'hui, l'Amour est aveugle et la Folie l'accompagne toujours ... ... ...


Joli, n’est-ce pas ! ?

 

 

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TEMOIGNAGES & SOUVENIRS

JANVIER 2014
Reçu le 7 décembre 2013 de Monsieur David YADID :
MON EXODE D’EGYPTE A L’AGE DE 9 ANS

David YADID





En haut moi à l'Ecole Lucien de Hirsh à Paris.
Première ligne: Maman enceinte de moi, Papa, mes sœurs Ginette et Ada à Alexandrie; Maman, moi bébé, Ada et Ginette; les mêmes avec Papa; Ginette en habit scout de la Maccabi et moi;

Seconde ligne: ma mère, Ada, mon père, Ginette et moi; Ginette et moi à Alexandrie. mon père ma sœur Ginette et moi au balcon du 38 Rue Rodier Paris 9; la Nona Regina Cohen-Hemsi née à Smyrne en Turquie.
Quand je devais envoyer une carte postale et que je disais à maman que je ne savais pas quoi écrire, elle me répondait: « Commence déjà par inscrire l’adresse ». Je ne sais par quel mystère, cela déclenchait ensuite en moi des tas d’idées.

Donc, commençons par l’adresse.

Nous habitions Rue Amir El Kadadar au premier étage, juste au-dessus d’une imprimerie dont j’entends encore les rotatives, et pas très loin du grand musée du Caire où j’allais parfois traîner, sans me souvenir comment je faisais pour entrer, sans payer bien sûr.

Mes premiers souvenirs sont ceux de maman dans la cuisine, préparant de l’eau de rose avec un alambic ou faisant bouillir de grandes dattes noires délicieuses qui fondaient dans la bouche. Elle refusait de jouer avec moi et finalement je jouais tout seul avec mes doigts transformés en un bateau imaginaire (mais prémonitoire!), qui voguait sur la mer d’Alexandrie vers laquelle nous partions tous les étés, pour échapper à la chaleur du Caire.

Quand nous arrivions là-bas avec mes deux sœurs, ma mère et mon père (parfois la Nona Régina nous accompagnait), nous montions une rue dont le sommet se terminait dans le ciel. Alors, brusquement l’odeur de la mer et de ses varechs iodés me prenaient tout entier dans un délice de plaisir et de promesses enchantées, de sable jaune et chaud et de baignades trépidantes.

La Nona Régina était ma grand-mère maternelle. Je la vois encore sur le quai, le jour de notre grand départ, nous disant au revoir de sa main tendue, et moi sanglotant tout seul près d’un jeune couple que je ne connaissais pas, mais qui essayait de me consoler. J’avais neuf ans, je sentais que quelque chose de grave se passait, mais je ne me rendais pas compte à quel point cet évènement allait bouleverser ma vie.

Je devais avoir trois ans quand un matin, sur un balcon en face de notre maison, à gauche du bâtiment qui deviendrait plus tard propriété de la « Maccabi » (un mouvement sioniste scout), des Italiens avaient hissé un drapeau. Je trouvais cela réjouissant à la grande désapprobation de mes parents, inquiets et angoissés par l’avancée des troupes de Rommel. Cette angoisse, que je percevais souvent car elle est restée gravée dans mon cœur, étreignait maman et passait directement comme un fluide dans mon petit corps sensible. Je l'ai perçue quand des affiches antisémites étaient placardées partout sur les murs. L’une d’elles représentait une main tatouée d’une Maguen David, contrainte de lâcher, par la force d’une poigne « salvatrice », un long et hideux couteau pointu d’où coulaient des gouttes de sang bien rouges. Je l’ai perçue aussi quand nous parvenait la rumeur et le grondement menaçant et sourd, d’une foule énorme de manifestants. Et aussi le soir où nous étions au cinéma appelé Rio, et qu’un égyptien employé de ce cinéma est venu nous prévenir qu’il fallait fuir. Maman m’a pris dans ses bras et a couru avec mes sœurs effrayées jusqu’à notre maison, qui heureusement n’était pas très loin.

Ce cinéma en plein air m’évoque d’immenses crêpes poudrées de sucre blanc dont je n’ai jamais retrouvé le goût. Je me souviens également des films en arabe pendant lesquels j’attendais impatiemment que les longues litanies d’une chanteuse éplorée s’arrêtent pour que l’action reprenne ; ainsi que des films américains pleins d’actions pendant lesquels je harcelais mes sœurs pour qu’elles me traduisent les dialogues. Malheureusement, mon père avait décidé de m’envoyer à l'Ecole des Frères où l’enseignement se faisait en Français, alors que mes sœurs, que je voulais absolument rejoindre, étaient à l’Alvernia, une école anglaise tenue par des religieuses chrétiennes. Afin de retrouver mes sœurs dans cette école, je suis devenu célèbre dans la famille quand pour prouver mes grandes capacités, j’ai annoncé à la Mère supérieure que j’étais maintenant assez « haut » pour tirer la chasse d’eau des toilettes!

Je n’ai jamais compris pourquoi nous atterrissions tous dans des écoles religieuses catholiques, alors que mon père était un Juif fervent qui mettait les tefillins tous les matins, et faisait la prière tourné vers le ciel devant une grande fenêtre donnant sur une cour. Pourquoi, alors que je le demandais, n’avais-je pu suivre des cours d’hébreu comme mes voisins et amis Sami et Berti ?

Sami et Berti… Avec eux nous faisions dans la rue des parties de gendarmes et voleurs échevelées durant lesquelles on se donnait totalement, courant dans tous les sens malgré la chaleur. Il y avait aussi mon amie Joyce Alouane, avec ses grands yeux bleus et ses longs cheveux blonds et lisses. Sa famille venait du Liban. Nous faisions de grandes parties de Monopoly, de dames, d’échecs ... On disait que l’on se marierait quand on serait grand. Une fois, elle m’a demandé de l’attendre en bas d’une maison pour cinq minutes. En fait, elle se rendait à un cours de piano, mais j'ai quand même attendu son retour. Fallait-il que je tienne à elle! Un autre de mes compagnons de jeux était Mabrouk. Quand j’étais trop dans ses jambes, maman me disait : « Va jouer avec Mabrouk!». Il s'agissait d'un petit garçon que son père avait laissé dans notre famille, car il ne pouvait plus le nourrir, bien que son nom signifie en arabe à la fois: bravo, félicitations, quelle chance tu as !  

Plus tard, à Paris, quand nous étions au 38 rue Rodier dans le neuvième arrondissement, je pensais avoir retrouvé des amis. Nos voisins s’appelaient Pierre et Jean et étaient tout comme moi élèves de l’école de la rue Milton. Un soir après l’école, je jouais aux gendarmes et aux voleurs avec eux, comme avec Samy, Berti et Mabrouk. Je me donnais à fond comme si j’étais à nouveau au Caire, quand brusquement ils sont partis en disant qu’ils ne voulaient pas jouer avec un étranger.

Déjà dans ma première école en France, celle de la rue de la Victoire, j’avais éclaté une fois en sanglots en pleine classe, car un enfant m’avait traité méchamment d’Egyptien. Les Egyptiens eux, nous traitaient de sales Français… Nous étions Français depuis des générations et le Français était la seule langue que je parlais couramment. Heureusement, la maîtresse a aussitôt pris ma défense, et je me suis ainsi senti officiellement soutenu et accueilli dans mon nouveau pays. Qu’est devenue cette maîtresse ? Sait-elle que ce jour- là elle a sauvé un petit enfant de la désespérance et lui a donné, avec son école de la république, un cadeau magnifique qui s’appelle la France?

Ce pays, je me l’imaginais déjà depuis l’Egypte, car mon père m’avait finalement inscrit au Lycée Français du Caire. En effet, mes résultats étaient catastrophiques dans cette école de frères si étouffante et si sévère, où l’on donnait des coups de règle sur la paume de nos petites mains et même sur le dos des mains si la punition était plus sévère. Bien au contraire, un vent de liberté soufflait au Lycée Français. Nous avions une maîtresse qui nous parlait souvent de la France. Elle nous disait qu’il y avait des arbres tellement grands et nombreux qu’ils pouvaient cacher le ciel ; elle nous parlait de forêts et de prairies vertes, de fleurs et de champignons. J’étais fasciné, moi qui ne connaissais que des palmiers ou dattiers épars, et pensais que seul le vent du désert était capable de nous cacher le ciel en nous entourant d’un nuage de poussière orange ou jaune, suspendu et oppressant. J’avais finalement retenu de tout cela que Paris était une grande colline toute couverte d’herbe verte avec des fleurs et des oiseaux inconnus chez nous, tout cela bien sûr sous un ciel bien bleu.

Quel fut mon étonnement quand débarquant du train à Paris, serrant surtout bien fort la main de Maman, je m’aperçus qu’il y avait peu d’herbe et plutôt de grands immeubles bien tristes, car aussi gris que le ciel. Le chauffeur de taxi méfiant, demanda à maman si elle avait  « 20 balles ». Ne comprenant pas, elle lui fit répéter plusieurs fois puis finit par dire : « quel dommage que nous ayons laissé toutes nos balles en Egypte… Nous avions plein de balles là-bas !».

Dès les premiers jours de notre arrivée, Maman avait acheté un chapeau vert avec une petite plume de faisan, qui avait pour objectif de lui donner une touche d’élégance parisienne, mais qui lui servait surtout de parapluie. Je me souviens encore du jour où en passant sur un pont, un bon coup de vent l’envoya voguer comme un petit bateau sur la Seine. Nous l’avons longtemps suivi de nos yeux nostalgiques… Lui aussi voguait vers une destination inconnue.

Mon père a hésité quelque temps entre deux options: rester en France ou partir en Israël. Finalement, après avoir pris conseil auprès des organisations sionistes, mes parents ont conclu qu'ils étaient trop vieux et ma soeur Ginette et moi trop jeunes pour être utiles dans ce jeune pays en pleine construction. Seule Andrée (devenue Ada) qui avait seize ans, pourrait s'épanouir et être utile là-bas. Ada a alors suivi une courte formation en France dans une Hakchara avec un groupe de jeunes, du même exode, tous enthousiastes. Puis, malgré l'appréhension et même l'inquiétude de notre famille, elle est partie pleine d'allégresse avec ce groupe, pour rejoindre la terre promise.

A Paris, nous habitions à quatre une minuscule chambre de bonne mansardée au sixième et dernier étage d’un bel immeuble de la rue de Trévise dans le neuvième. Comme avec nos bagages il n’y avait de la place que pour un seul lit à une place, nous y dormions à quatre dans le sens de la largeur, nos jambes posées sur nos valises. Le soir, quand le vasistas de notre plafond pentu ne nous éclairait plus, nous allumions des bougies, lassés d’entendre la gardienne hurler du rez-de-chaussée qu’il fallait arrêter d’utiliser la minuterie.

Ruiné et chassé par les nouvelles lois égyptiennes, mon père qui était négociant en farine et avait plusieurs employés, a réussi au bout de quelque temps à récupérer une petite partie de sa fortune. Cela lui a finalement permis d’acheter un modeste appartement agrémenté d'un balcon au quatrième étage du trente-huit rue Rodier. Maman a commencé à faire de la couture pour les grossistes du Sentier et papa est devenu représentant de commerce. Il montait chaque jour les étages des immeubles, faisant du porte à porte pour faire déguster et vendre du vin d’Algérie (de Mascara entre autres). Quand papa a eu ses problèmes de santé, maman est devenue poinçonneuse de tickets dans le métro parisien. Elle travaillait une semaine très tard le soir et la suivante très tôt le matin, une fois pour fermer les grilles du métro et l'autre fois pour les ouvrir. J’entends encore sa respiration haletante, le matin à l’aube. Elle soufflait ainsi pour se donner de l’énergie, afin d’atteindre à pied la station parfois lointaine qu’elle devait ouvrir. Malgré sa fatigue, elle m’aidait le soir à faire mes devoirs entre deux tickets à poinçonner quand j’allais la retrouver à la station.

Fortunée Hemsi, ma mère, était née d’une famille sépharade cultivée, descendant des Juifs chassés d’Espagne par Isabelle la Catholique. Elle parlait couramment le ladino et échangeait souvent dans cette langue avec sa famille. Elle aimait la poésie et le piano, mais elle n’a pu en jouer à nouveau que bien plus tard, quand ses 3 enfants (ma sœur Ginette née au Caire comme moi et mon petit frère Claude né à Paris) ont moins été à sa charge.

Aujourd’hui encore, je fais régulièrement des rêves de départ et d’abandon. Il s’appelait le « Pace », ce bateau qui nous a définitivement déracinés et nous a débarqués à Marseille; c’était un bateau italien tout blanc qui sentait par endroit le mazout. Cette odeur combinée au roulis de la mer quand il y avait de la houle, nous rendait malade. Néanmoins, je me souviens de bons moments. J’entends encore une voix émanant d’un haut-parleur grésillant, hurler: « Ké touti les passiagiéri montez sur le pont ». On nous distribuait alors de délicieux gâteaux et parfois d’énormes prunes rouges bien juteuses jusque-là inconnues de nous. Je suivais des parties d’échecs et j’observais la mer, ses dauphins et ses poissons volants.

Arrivés à Marseille, nous avons eu «la chance» d’être parqués dans une grande résidence en dur et pas sous des tentes comme beaucoup d’autres. Je me suis rappelé de cela récemment quand j’ai appris que l’un de mes étudiants s’appelait Zéboulon. Cela m’a ému, car c’était le nom de notre camp et toute cette période a brusquement rejailli dans ma mémoire. Un matin très tôt, alors que ma mère et ma sœur dormaient encore, mon père m’a réveillé et habillé. Il m’a emmené dans un autobus où se trouvaient d’autres enfants. Je me suis senti tout seul, oppressé, pour la première fois abandonné de ma famille. Cet autobus partait pour le château de Vouzon près d’Orléans. Il faisait de plus en plus froid et à un arrêt dans un café, j’ai posé mes mains sur un Godin au charbon surchauffé. La brûlure m’a appris d’un seul coup que j’étais dans un pays où l’on se chauffait et qu’il fallait de plus utiliser ce genre d’appareil sans les toucher!

Arrivé à Vouzon, j’étais bien sûr très triste et j’envoyais dans une orthographe approximative, de longues lettres larmoyantes à ma mère. Ces lettres étaient toutes censurées. On m’a accordé un régime de faveur, car je pouvais passer de longues heures en compagnie de la directrice qui faisait de son mieux pour me consoler, mais ne pouvait endiguer le chagrin d’un enfant qui venait à la fois de perdre son pays, son foyer, ses amis, et perdait maintenant sa famille. En Egypte, j’étais comme dans un cocon de soie. On m’appelait le roi David et on me chantait: « David Melekh Israel, Hai, Hai Vékayam,… ». J’étais le plus jeune, un petit garçon adoré de toute la famille: maman, mes sœurs, la Nona, mon père (plus distant mais fier de moi). J’étais aussi entouré des amis de l’école ainsi que des enfants de mon voisinage: Sami, Berti, Joyce, Mabrouk et tous les autres. Ce cocon perdu, je me retrouvais seul dans ce château de Vouzon, sans espoir, sans personne pour me consoler.

A ces malheurs devait s’ajouter un sentiment d’amertume d’être un étranger parmi des étrangers. Des adultes qui nous encadraient et des enfants rescapés des camps de la mort, nous côtoyaient. Il devait y avoir du ressentiment par rapport à des privilégiés comme nous qui n’avions pas connu ces camps nazi et pire encore, qui ne savions compatir à leurs malheurs, trop imprégnés que nous étions de notre propre désastre. Nous n’avions donc aucune compassion pour eux et eux, encore moins pour nous. Ils se montraient même parfois agressifs à notre égard. Dès mon arrivée, j’ai assisté à une bagarre entre un enfant plus âgé que moi, émigré d’un pays arabe, contre d’autres enfants rescapés des camps.

Un jour un miracle s’est produit. Ma mère et ma sœur aînée Andrée (Ada), sont apparues au château de Vouzon. Lors d’une promenade dans le parc, elles décidèrent de m'emmener. Sans rien demander à personne, abandonnant toutes mes petites affaires, nous avons pris la fuite vers Paris.

Ce sentiment de non reconnaissance de notre souffrance, nous l’avons aussi subi à notre arrivée à Paris. Nous avions des tickets nous permettant d’aller manger dans des cantines casher où l’on rencontrait ces Juifs des camps de la mort qui se sentaient insultés par des gens comme nous. Nous étions tellement différents à cause de notre accent, de nos vêtements et du fait que nous soyons centrés sur notre drame jugé si dérisoire par rapport à ce qu'ils avaient eu à subir.

J’ai trouvé aussi peu d’empathie envers ma souffrance Avenue Secrétan, à l’Ecole Lucien de Hirsh. Beaucoup d’enfants rescapés des camps me côtoyaient et les évènements terribles qu’ils avaient subis, faisaient paraitre dérisoire mon propre malheur. Nous avions une gentille surveillante avec un numéro tatoué sur le bras, qui ne faisait pas de différence entre nous. Elle était très chaleureuse, tout comme la directrice Mme Picard que j’aimais bien. Néanmoins au fond de moi, demeurait une vague d’amertume qui freinait mon épanouissement. Moi aussi j’avais vécu un drame, moi aussi je méritais d’être compris, soulagé et aimé pour mon déracinement. Quand j’étais plaint et choyé, c’était en tant que Juif pour le malheur de la Shoah, mais aussi grand eût-il été, ce malheur n’était pas le mien.

Récemment encore, cette absence de reconnaissance de la souffrance des Juifs chassés des pays arabes, m’est remontée à la mémoire. Après avoir fait un don à la fondation COJASOR qui s’occupe des Juifs démunis, j'ai reçu les remerciements du président de cet organisme ainsi qu’une lettre d’information sur ses activités. A la lecture de cette lettre, le sentiment amer de la méconnaissance du déracinement des Juifs des pays arabes m’a à nouveau envahi, car s’il était bien question de l’aide aux Juifs de la Shoah, rien n’était indiqué nous concernant. Les Juifs rescapés des camps étaient bien identifiés comme une population particulière mais pas ceux déracinés des pays arabes. Pourquoi cette ignorance? Je me souviens du jour où ayant finalement quitté l’Egypte pour nous rejoindre, la Nona est arrivée au pied de notre immeuble parisien. J’ai descendu quatre à quatre les marches des étages pour sauter dans ses bras. C’était une femme grande, très belle et toujours habillée avec chic. Elle avait le goût du luxe, au contraire de Maman qui a toujours vécu très modestement même à la fin quand elle n’était plus pauvre et que nous avions tous bien réussi. La Nona m’emmenait au café de la Paix dans le quartier de l’Opéra où je me sentais tout intimidé et n'osais regarder autour de moi, car il fallait très bien se tenir pour lui faire plaisir. Derrière cette façade, il y a avait une femme devenue très pauvre qui justement allait pointer au COJASOR comme beaucoup de Juifs expulsés des pays arabes.

Après l’école maternelle de la rue de la Victoire puis la préparation à la 6° rue Milton, on m’a tout d’abord placé dans un internat au Lycée de Meaux avec ma grande sœur Ginette, car je bénéficiais comme elle d’une bourse. J’ai détesté cet internat où je vivais loin de mes parents que je ne pouvais voir que les week-ends quand je n’étais pas collé. L’année suivante, j’ai été inscrit au Lycée Michelet à Paris. Cette expérience a été encore plus désastreuse : dès le premier soir j’ai compris qu’il fallait cacher ma quéquette, ayant vu un enfant se faire tabasser dans la cour de l’école tout simplement parce qu’il était Juif. Le même soir, je me souviens de la gêne que j’ai ressentie, en voyant mon père à une fenêtre éclairée de la cour du lycée, coudre des étiquettes à mon nom sur mes vêtements.

Après deux mois passés dans ce lycée, je suis revenu dans l’école de la rue Milton et j’y suis resté de la cinquième à la troisième. Quand pour diverses raisons je ne voulais pas aller à l’école, maman me disait d’aller au grenier en cachette de mon père. J’arrivais ensuite à l’école muni d’une lettre signée de maman. Celle-ci déclenchait toujours à mon grand désappointement, l’hilarité de l’enseignant. En effet, ma mère lui demandait de m’excuser car j’avais été « indisposé »! Il m’a fallu du temps pour comprendre de quoi il s’agissait.

Comme j’avais de bonnes notes (surtout en mathématiques), j’ai pu ensuite facilement intégrer le Lycée Jacques Decour, proche de la rue Milton.

Rue Rodier, il n’y avait pas de chauffage dans notre appartement ; la salle de bain c’était la cuisine et nous partagions les toilettes avec les voisins du même palier. J’étais très admiratif des jeunes Français du second ; je pouvais les apercevoir sur leur balcon depuis notre dernier étage (sans ascenseur bien sûr). Ils me paraissaient tellement supérieurs, si bien intégrés et détendus dans cette société si ardue à comprendre et à pénétrer pour moi. La famille s’agrandissait de temps à autre avec d’autres réfugiés qui ne savaient pas où aller et venaient pour quelques temps s’entasser dans notre petit trois pièces. Nous avons mis du temps pour apprendre à nous protéger du froid. Papa mettait du papier journal entre mon pull et ma chemise, et je craignais toujours que les autres enfants s’en aperçoivent et se moquent de moi. De toute façon jusqu’en Cinquième, je me distinguais des autres ne serait-ce que par mon accent : celui des Français d’Egypte. J’étais pour certains « l’Egyptien », et cela me mettait en rage. Un jour, alors que nous étions en rang pour entrer en classe, j’ai donné une gifle à un garçon plus grand et plus fort que moi qui me traitait « d’Egyptien », ce que je trouvais à l’époque si injurieux. Mal m’en a pris, car j’ai reçu une volée de coups de poings pendant que comme d'habitude, les autres élèves nous entouraient et excitaient le combat. On s’est retrouvés tous les deux chez le directeur une fois que le sang eut cessé de couler de mon nez. Il nous a expliqué qu’il ne fallait pas se battre, sans chercher à comprendre ce qui se passait dans mon cerveau en tempête. Une autre fois, une insulte sur un mur de l’école à mon égard m’a fait convoquer chez le même directeur pour me signifier clairement qu'il fallait dire à mes amis d’arrêter! Je me suis rendu compte alors que la logique n’atteignait pas forcément les grands personnages…

Néanmoins à mesure que le niveau des classes s’élevait et que mon accent disparaissait, je me sentais de mieux en mieux intégré et je n’ai plus rencontré dans ma vie courante ce genre de problèmes.

A quatorze ans, j’entrais dans le mouvement de jeunesse juive, Hachomer Hatzair qui m’a orienté vers un sionisme laic complétement engagé à gauche avec un côté scout. On nous transmettait toutes sortes de connaissances qui éveillaient mon esprit à la philosophie, au marxisme, aux découvertes de la science, à l’origine de la vie et même à la psychanalyse. Alors que depuis mon arrivée en France j’avais appris avec le temps à me battre comme un loup solitaire, Hachomer me redonna le goût du collectif et de l’idéal humain. En colonie le matin, on montait le drapeau d’Israël et on chantait l'hymne Hatikva. Il y avait de nombreux tioulim (excursions) pendant lesquelles nous marchions des kilomètres, sans boire, avec un sac à dos souvent lourd. On dansait et chantait beaucoup au son de l’accordéon parfois autour d’un grand feu, et je devenais un Juif de Pologne ou d’Europe centrale sans m’en rendre compte. Mon identité sépharade n’était même pas imaginée par les membres du groupe, et elle était oubliée par moi-même et d’autres amis qui eux venaient d’Afrique du nord. J’avais deux bons amis dans ce groupe, Hubert et Gérard Benhamou (ce dernier voulait devenir journaliste). Ensemble nous faisions des quêtes pour le Keren Kayemeth Leisrael (KKL). Une fois, nous sommes entrés dans une boutique qui portait un nom à consonance allemande, résonnant comme un nom Juif pour nous venant de pays arabes. L'homme à qui nous nous sommes adressés a été bien étonné de notre requête car il était vraiment allemand, mais il a tout de même donné son obole !

En première, j’adhérais aux jeunesses communistes puis au parti communiste, le seul à défendre vraiment les pauvres. J'y ai trouvé une seconde famille et des idées de solidarité universelle que je savourais avec plaisir, car elles faisaient table rase de tous mes problèmes d’intégration et d’identité nationale. Les hommes sont tous égaux dans la fraternité contre l’exploitation de l’homme par l’homme et je devenais tout simplement un camarade parmi les autres.

J’allais vendre l’Humanité tous les dimanches matins en haut de la rue des Martyrs. J'ai fait connaissance là-bas, d'un brocanteur Juif rescapé des camps d’extermination. Il m’a expliqué comment un jour, dans la file où il se trouvait avec son frère lors de sa déportation, il avait été dirigé vers la gauche et son frère vers la droite. Il ne l'avait jamais revu.

Lors d’une manifestation contre Israël, le sentiment du Juif déraciné d’un pays arabe a vibré amèrement en moi et j’ai quitté définitivement le Parti.

Très tôt, je me suis réfugié dans la lecture grâce à la bibliothèque nationale de la rue Drouot où je pouvais facilement arriver depuis la rue Rodier. J'y ai découvert de nombreux auteurs dont les œuvres me fascinaient : Alexandre Dumas, Zola, Jules Verne, Stendhal, Steinbeck, Malaparte, Hemingway, Politzer,…

Assez brillant jusqu’en troisième à l’école communale de la rue Milton, j’étais devenu plutôt moyen ou même faible pendant mes deux dernières années au lycée Jacques Decour. Il est vrai qu'il n'était pas facile de travailler dans notre petit appartement du 38 rue Rodier, dans le bruit et sans chauffage. J’ai essayé de trouver une classe ouverte dans mon Lycée, mais je m’en suis fait chasser par un surveillant incompréhensif. Miracle ! J’ai eu mes deux bacs du premier coup, mais j’ai ensuite beaucoup peiné en prépa de grande école et aussi pendant mes premières années à la faculté. Mes résultats ont commencé à s’améliorer quand j’ai obtenu une chambre dans une résidence universitaire rue de la Victoire ainsi qu’une petite bourse.

Je militais pour le parti dès le lycée Jacques Decour. Cette activité me prenait tellement de temps que mon père a demandé à parler à mon professeur d’histoire M. Barbut, qui était communiste et député, afin qu’il me conseille de me consacrer à mes études. Il pensait que j'aurais ensuite toute la vie pour militer. A ma grande surprise, Barbut est effectivement venu me voir pour me répéter ces paroles. Cependant, je ne peinais pas à l’école seulement pour cette raison, mais surtout parce qu’apprendre par cœur des connaissances livresques en grande quantité m’empêchait de rêver, d'inventer, de créer et nuisait à mon besoin constant de m’évader et de laisser voguer mon imagination. En Egypte, on m’appelait souvent le « penseur » car j’étais souvent perdu dans mes pensées. Mon imagination s'éveillait à tout moment, devant les manifestations de la vie : une mouche, une fourmi, le vent… Ce n’est qu’en fin d’études, quand j’ai pu enfin commencer à laisser voguer en toute liberté mes pensées, que je me suis révélé et que j’ai pu inventer et travailler dur dans le plus beau des métiers: chercheur. J’étais sans cesse à la frontière de l’inconnu, tout en étant utile aux autres!

Mes publications m’ont rapidement apporté une réputation nationale puis internationale. Je suis devenu chercheur dans un institut de recherche renommé et j'ai réussi à obtenir de grands projets européens, décuplant ainsi les possibilités de développement dans les voies de recherche que j'avais ouvertes. Je suis ensuite devenu professeur dans une grande université parisienne.

Après avoir milité pour le sionisme au Hachomer puis au parti, toute ma ferveur militante s’est transformée en un don total à la recherche, à la science, dans ce merveilleux métier où chacun s’efforce d’apporter une petite poussière d’étoiles pour toujours agrandir le savoir humain.

Dans ma maison adossée à la forêt de Montmorency pas très loin de celle où a vécu quelque temps J.J. Rousseau et où je vis heureux avec ma chère Myriam, je vois Paris et je peux imaginer ce petit grenier de la rue de Trévise où nous avons vécu. Je me souviens de mon père Nessim Yadid, et de l’énergie qu’il a su nous insuffler pour que nous poursuivions nos études jusqu’au bout malgré les difficultés auxquelles il avait été confronté en repartant vaillamment de zéro. Je suis surtout reconnaissant à ma mère, Fortunée Hemsi-Cohen Yadid, pour son amour infini qui a été notre force. Elle a vécu pauvre à Paris, consentant à tous les sacrifices avec abnégation. Elle a consacré son énergie et le peu d’argent qu’elle gagnait à nous nourrir, nous habiller, nous choyer et nous éduquer. La famille s’est agrandie avec mes enfants chéris, Marguerite et Julien puis mon petit-fils Matéo. Je leur ai déjà raconté tout cela, mais un jour leurs enfants et petits enfants pourront ainsi lire et connaître un peu l’histoire de mon exode. Mon petit frère Claude, médecin radiologue à Angoulême est le père de Laura et Ilan. Ma sœur Ginette, chimiste puis enseignante, habite à Eaubonne. Elle a repris le flambeau de la tradition. Elle a eu Yves et Sylvie puis trois petits-enfants. C’est Sylvie qui m’a gentiment aidé à mettre en forme mon Français égyptien. Ety et Jo mes demi-frères ainés vivent en France depuis notre exode. Ety a eu trois enfants, Jo deux filles: Diane avec ses 5 enfants et Eva et ses quatre enfants. Tous maintenant installés en Israël. Ety a eu trois enfants dont un vivant au Brésil. Notre sœur aînée israélienne Andrée (Ada à Haïfa), écrivain, poète et sociologue au Technion, connaît le succès avec ses nombreuses publications. Elle a une grande et belle famille de ses enfants Ariel et Talia, qui ont eu trois enfants chacun et l’ont rendue arrière-grand-mère déjà 6 fois. Ada est une grande militante pour la paix, elle est l’initiatrice de ce récit et je milite avec elle pour la reconnaissance de cet exode des Juifs des pays arabes, malheureusement très ignoré en France et partout dans le monde, y compris en Israël !

Reçu de (par ordre d’arrivée) : Jacques SUSSMANN, Magdi MORCOS, César et Clemy PINTO, Lily KHODARA, Germaine LEVY, Albert Soued, Joe CHALOM ,
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