Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités»





télécharger 269.55 Kb.
titreRésumé du livre «Congo, Mythes et réalités»
page1/9
date de publication23.10.2016
taille269.55 Kb.
typeRésumé
h.20-bal.com > documents > Résumé
  1   2   3   4   5   6   7   8   9
Résumé du livre « Congo, Mythes et réalités » pour le cours d’histoire politique contemporaine de la Belgique :
Cette étude couvre un siècle d’histoire(17février 1860-jusqu’à l’indépendance du Congo, le 30 juin 1960). Une des spécificités de l’histoire du Congo que nous pouvons d’hors et déjà mettre en avant est le contraste qu’il existe entre le début et la fin de l’histoire qui est narrée dans ce livre, entre phénomène individuel et phénomène de masse.


CHAPITRE 1 : La genèse d’une pensée coloniale : Léopold II et le modèle hollandais


Le premier grand discours de Léopold II remonte au 17 février 1860. Le thème abordé : la nécessité de promouvoir le commerce belge à l’étranger et l’exportation des produits belges. Le duc (donc Léopold II) préconise la création de comptoirs en Orient, d’une manière un peu voilée il aborda aussi la question des acquisition coloniales. Pour Léopold II, les comptoirs et les colonies sont ce qui ont contribuer à la grandeur passée ou présent des peuples. Le soir du discours le duc de Brabant et Gericke (ministre des Pays-Bas à Bruxelles) s’entretiennent. Cet entretien et le discours du même jour peuvent nous servir de point de départ de notre analyse.

Le duc est hanté par ses rêves coloniaux, il considère que l’exemple colonial de la Hollande est « le plus propre » à convaincre ses compatriotes, et à ses yeux l’élément essentiel est évidemment l’excédent colonial. Sa connaissance du système colonial hollandais (le batig slot) à cette époque, n’est encore qu’assez superficielle. Son enthousiasme va croître lorsque son information deviendra plus sérieuse. L’effort d’information systématique, l’étude au sens propre du mot n’est venue chez le duc qu’après qu’il a prit la décision d’agir. La progression de sa pensée pourrait se résumer ainsi, réflexion-puis- décision, enfin étude. L e duc va s’intéresser de très près au cas des Indes néerlandaises.

Le duc de Brabant va faire une lecture (en 1861) qui va le marquer profondément, à vie : il va lire Money, Java or how to manage a colony. Money était un avocat britannique de Calcutta qui, ayant eut l’occasion de visiter Java, s’était pris de la plus vive admiration pour le système colonial hollandais, qu’il jugeait infiniment supérieur au régime anglais de l’Inde. Money critique cependant certaines pratiques hollandaises- par exemple : il reprocha aux hollandais de ne pas suffisamment inculquer les valeurs européennes, par l’éducation et l’évangélisation aux indigènes de Java. L’éloge enflammée du « Cultuurstelsel »(c’est à dire un système des cultures qui oblige les paysans javanais à consacrer un cinquième de la terre et de leur travail aux cultures d’exportation (thé, café, épices, sucre, indigo) imposées par le gouvernement. Les produits ainsi obtenus sont la propriété de l’Etat) noyait les réserves qu’il avait prononcé ci dessus à l’encontre du système hollandais. Répétons le car ceci est capital, l’exemple de Java et des Indes néerlandaises est considéré par Léopold II comme la pièce essentielle de son arsenal.

Sa conviction de l’utilité des colonies est totale, sans réserve, et par conséquent sa méthode de démonstration consiste à accumuler en les acceptant tous indistinctement, tous les arguments que l’on peut invoquer en faveur des colonies. Ces arguments sont pratiquement tous d’ordre économique. On trouve cependant un argument d’un autre ordre : un grand effort commun entrepris outre-mer permettrait selon lui d’atténuer en Belgique les luttes intérieures qui déchirent le pays, « cicatrisé l’affreux cancer du libéral et du clérical ». (p.s : faire un lien avec le cours).

Selon le roi Léopold II les colonies offrent :

  • Un débouché aux produits de la métropole.

  • Favorisent les activités commerciales du pays.

  • Constituent pour la métropole un réservoir de matières premières.

  • Des emplois nombreux et lucratifs.




Au fur et à mesure que sa pensée coloniale se nourrit et s’épaissit, l’argument en faveur du revenu fourni par la colonie, donc du batig slot hollandais, devient de plus en plus l’élément central, dominant. Le batig slot constitue bien le roc auquel s’accroche la conviction du duc de Brabant.

Le duc est un original, il a fait le Congo uniquement, exclusivement en raison de ses idées, de sa doctrine. Il a poursuivi la réalisation d’une idée. Java lui a fourni ce qu’il considérait comme une véritable preuve de la vérité de ses idées. En Belgique même, il importe de le noter, les opinions sont en général favorables aux Indes Néerlandaises. Cependant quelques critiques s’élèvent notamment dans le journal libéral anversois le précurseur, on trouve neuf articles consacrés au « système colonial hollandais », l’auteur y dénonce les abus du kultuurstelsel, son caractère économiquement arriéré, plaide pour une politique de liberté du travail et de liberté de commerce aux Indes. Cela dit, même ceux qui dénoncent les abus dans le système colonial ne touchent pratiquement jamais à cet élément sacro-saint des finances du pays qu’est le batig slot(ici nous parlons de la hollande). En fait, le premier homme qui, sur le plan des principes , élèvera la voix pour contester le bien fondé du batig slot-et qui aura conscience d’être le premier à le faire- sera Robert Fruin dans son article du Gids de 1865, Nederland’s rechten en verplichtingen ten opzichte van Indië.

L’admiration du duc de Brabant pour les excédents coloniaux hollandais s’est épanouie à une époque où, répétons-le, il n’y avait pas encore sur ce point la moindre contestation. Pour exemple le gouvernement hollandais parvint à couvrir ses dépenses avec ses revenus ordinaires, mais encore il parvint à rembourser chaque année, une partie de ses dettes avec l’excédent de ses revenus…ce phénomène financier…est le produit de la prospérité des finances coloniales. Le nom de Java à l’époque évoque aussi, les controverses entre les partisans du travail libre et les défenseurs des cultures obligatoires. Le duc de Brabant note de son coté, en 1863, que la « sorte de travail forcé » qui existe à Java est le « seul moyen de civiliser et de moraliser ces peuples indolents (c’est à dire fainéants, nonchalant) et corrompus de l’Extrême Orient ». En 1859, le duc rechercha une participation belge à l’expédition anglo-française en Chine. Ses mots révèlent bien son intention : « on pourrait pousser une société belge ou franco-belge à s’établir en Chine et à y faire de l’exploration.

Il est un sentiment qui présent à tout moment, élève les propos du duc au dessus de leur prosaïsme cynique et leur donne une sorte d’inspiration : c’est l’ardeur patriotique dont ils sont tous imprégnés. Tout ce que le duc veut, il le veut en fonction de la grandeur et de la prospérité de son pays, c’est cette ambition patriotique qui, pour les collaborateurs du duc et pour la plupart de ses interlocuteurs belges, apparaît comme le caractère qui transcende tous les autres. La volonté coloniale du duc de Brabant peut donc se définir comme une volonté d’exploitation inspirée par l’amour de son pays. Le plus grand paradoxe que l’on peut déceler chez le roi Léopold II est le fait qu’il se fonde dans tous ses efforts sur l’intérêt économique, mais sans se livrer à une véritable analyse économique. Java illustre parfaitement ce paradoxe, une réussite coloniale de cet ordre tenait à une conjonction d’éléments particulièrement favorables qui ne se rencontre que rarement : ressources du sol, ressources en main-d’œuvre et aussi-facteur capital-conjoncture favorable pour la vente des produits. Le cas de Java donne à Léopold II une confiance aveugle, la démarche logique qu’il aurait fallu suivre avant toute acquisition coloniale eut été de procéder à une étude soigneuse à la fois de la production de la colonie envisagée, de ses potentialités de production, et aussi de l’état du marché pour ses produits. Dans l’aventure du Congo Léopold II s’est lancé sans aucune étude préalable (cela dit heureusement qu’il a trouvé au Congo une ressource dont la demande était élevé, sans le caoutchouc son entreprise aurait périclité). L’Amérique du Sud attira aussi son attention, l’expression « être à l’affût » sera l’une des expressions favorites du duc, le jeune Léopold concentra ses principaux efforts en Extrême-Orient et en Océanie. Selon lui « l’Océanie peut encore fournir à la création de plus d’une colonie comme celle de la hollande », une mission belge sera d’ailleurs envoyé pour prendre possession des Nouvelles-Hébrides. Le duc en 1862 fût attelé à un autre projet : l’acquisition de Sarawak (actuellement, l’État du Sarawak est un des deux États malaisiens situés sur l'île de Bornéo), le sultan blanc de Sarawak, désirait à l’époque trouver soit une protection européenne, soit même un acquéreur européen. L’île de Bornéo renferme des richesses minérales et particulièrement du fer et de la houille que les Hollandais ne savaient pas exploiter, cette possession leur fût ainsi plus onéreuse que fructueuse. Les Pays-Bas craignaient qu’une puissance redoutable comme la France ou l’Angleterre ne finisse par prendre pied à coté d’eux ; ils préféraient la Belgique. Leurs propres mots furent les suivants : « Nous n’en avons que trop (il est question ici des colonies hollandaises) et pourrions vous en céder une partie ; ce serait même nous rendre service ». Après cette déclaration du gouvernement hollandais, s’ensuivit une vive réaction populaire considérant la question de la vente de l’île de Bornéo comme relevant de l’honneur national. Léopold II attachait une grande importance à ce projet, face à la montée du patriotisme hollandais, le projet tomba à l’eau. Mais Léopold n’en resta pas là, il avait un autre fer au feu, la Chine le fascinait et plus particulièrement l’île de Formose. C’est ce projet relatif à Formose qui permet le mieux d’apercevoir ce qui va être un tournant essentiel dans sa politique. Avant son accession au trône, le grand rêve du duc de Brabant avait été d’entraîner son pays dans l’expansion coloniale. C’est la Belgique qu’il voulait convaincre de devenir un Etat colonisateur. Peu après son avènement, cependant le voile, pour lui se déchire : jamais, il le comprend, il ne réussira à mettre la Belgique en mouvement. L’indifférence et l’opposition sont trop fortes. S’il veut donner corps à son rêve colonial, il faut qu’il agisse lui même, en dehors de l’Etat. Pour Formose et pour la Chine, il reconnaît : « Directement, la Belgique ne peut rien tenter en Chine et au Japon à cause de son propre gouvernement, des dispositions de l’esprit public, et à cause de la jalousie des grandes puissances ».

« Mon rêve est de créer une société belge universelle ayant son siège à Bruxelles et qui deviendrait petit à petit pour la Chine ce que la Compagnie des Indes de Londres est devenue pour l’immense empire indoustanique ». Le tournant est pris : Le Roi a opté pour l’action indépendante, « mes idées sont complètement indépendantes de toute intervention du gouvernement belge ». Le Roi se convainc que lui-même et sa société seront bien mieux en mesure que n’importe quel Etat de tirer d’un territoire d’outre-mer les bénéfices qu’il est possible d’en tirer. « A part la Hollande, il n’y à guère de gouvernements qui sachent faire produire des colonies ». Nouveau type d’action donc, mais les régions dans lesquelles elles se déroulent, elles n’ont pas changer : on reste toujours dans le monde qui entoure Java.
Quelques dates et quelques faits :


  • 1869-1870 et 1873 à 1875 : tentative d’acquisition des Philippines.

  • Juillet 1875 : le Roi annonce à l’Angleterre qu’il est décidé, sauf objection anglaise, à coloniser la Nouvelle-Guinée, terre presque inconnue, l’Angleterre le décourage.

  • Automne de 1875 : le Roi se tourne vers le Tonkin, il cherche à obtenir une concession pour une société belge, il soumet sa proposition à plusieurs dirigeants français, le projet sera poursuivi pendant plusieurs années.

  • 1876 : le Roi s’intéresse de nouveau à Bornéo, mais cette fois à une partie de l’île demeurée politiquement libre, le ministre britannique des colonies le dissuade fortement de se lancer dans une telle aventure.


C’est devant l’échec de ses tentatives en Extrême-Orient que le Roi, en fin de compte va tenter sa chance en Afrique. Mais il n’a pas pour autant renoncé à l’Extrême-Orient, tout en étant installé au Congo, il reviendra à la Chine, aux Philippines, à Bornéo, aux îles du Pacifique.

Le souvenir de Java va marquer en fait profondément 2 traits essentiels de la politique du Roi au Congo :

  • L’établissement du régime domanial.

  • L’utilisation des bénéfices tirés de l’Afrique.

Il s’agit là de 2 clés de voûte de la politique de Léopold II, c’est à ce moment du développement de son œuvre que le modèle hollandais a eu en fait pour lui le plus d’importance.

Il y avait dans le régime instauré par Léopold II un trait fondamental, qui était peut-être le plus hardi de tous, dont il avait trouvé le modèle à Java : l’Etat se faisait le grand maître d’œuvre de la récolte et de la vente des produits (c’est ce qu’on appela le système van den Bosch). Les bénéfices au Congo ne furent pas immédiats, loin de là ; c’est à partir de 1895 précisément que les récoltes de caoutchouc vont profondément modifier la situation. Le caoutchouc va être une véritable manne, Léopold II maître absolu du Congo, disposera alors d’un excédent qui se chiffrera en millions. Que faire de ces sommes considérables ? Léopold II n’a aucun doute, elles doivent servir avant tout à la Belgique, à son pays pour lequel il a travaillé, et qui est déjà virtuellement, à ses yeux, la métropole du Congo. Sa grande pensée est d’embellir son pays, en se servant d’un instrument qu’il a créé tout spécialement à cet effet, la Fondation de la Couronne, il se lance dans les travaux publics et les constructions monumentales : Arcades du 50aire, musé de Tervuren, agrandissement du château de Laeken, Tour japonaise…Il agissait à l’encontre de toute la doctrine coloniale moderne, qui en était venue à proclamer de manière unanime, à la fin du XIXe siècle, que les finances coloniales devaient être administrées exclusivement dans l’intérêt des colonies elles-mêmes.


Chapitre II : Léopold II et la fondation de l’Etat indépendant du Congo




La création du Congo est l’aventure personnelle d’un homme, sans lui on ne voit pas comment le Congo serait apparu sur la carte de l’Afrique : on n’aperçoit pas, à cet Etat qu’il fonde à la fin du XIXe siècle, de quelconques soubassements, une quelconque base autochtone. Sans lui il n’y aurait eut aucune initiative belge en Afrique, au début le Roi eut toutes les peines du monde à trouver dans les milieux économiques belges quelques souscripteurs, de plus aux environs de 1860, le vent, spécialement chez les économistes, souffle nettement à l’anticolonialisme. Eliminons le facteur objectif qui pèsera sur la politique d’autres pays, et qui est le problème de l’émigration, en Belgique, il ne compte pas, « le Belge n’émigre point ». Est ce la situation économique générale du pays qui exige des initiatives coloniales ? Léopold II le pense avec ferveur, ce qu’il faut souligner est qu’il est le seul , pratiquement à défendre cette analyse. Dans les milieux dirigeants belges, on considère que le développement économique de la Belgique est parfaitement satisfaisant, et que les « aventures » d’outre-mer seraient plus dangereuses qu’utiles.

Tout part donc d’un homme, de lui seul- et tout part, chez cet homme de ses idées : de sa foi coloniale, absolue, inébranlable. Il y a peu de cas dans l’histoire, où une œuvre s’est bâtie ainsi entièrement à partir d’une idée. L’Association Internationale du Congo, l’AIC est un être purement fictif : ce n’est qu’un nom, derrière lequel il n’y a que le seul Léopold II

Quels sont les atouts de Léopold II ? voyons ceux qui ont été les siens dès le début de son aventure africaine : (ils s’élèvent aux nombre de 5)

  1   2   3   4   5   6   7   8   9

similaire:

Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités» icon«Il pleut des mains sur le Congo» : l’ethnocide colonial belge oublié....

Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités» iconL’Histoire du badminton est souvent l’affaire de mythes et de légendes....

Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités» iconCe soir : clôture du conclave de l’opposition congolaise
«Les ventes actuelles de Mino Congo [la Minoterie du Congo qui vend la farine de blé] et de la Midema [Minoterie de Matadi] sont...

Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités» iconRésumé Suite à diverses réalités sociodémographiques, le Québec doit...

Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités» iconLes expatriés dans l’État Indépendant du Congo. A. B. Ergo

Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités» iconAfrique du Sud : à l'heure du foot, quelles réalités politiques ?
«Afrique du Sud : à l'heure du foot, quelles réalités politiques ?», se rendre sur le site de l’émission

Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités» iconRésumé du livre : Une petite fille du nom de «Dorothée»
«Harry Potter» ou l’écrivain anglais Roald dahl ont fait l’objet, ont continué jusque dans les années 80

Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités» iconN° livre Nom de l'auteur prénom Titre du livre

Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités» iconThème 2 : realites et limites de la puissance de l’union europeenne

Résumé du livre «Congo, Mythes et réalités» iconMythes et paradoxes de l’histoire économique






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com