Résumé Le film comme média alternatif facilite l’acte pédagogique en classe de français langue étrangère et rend le cours plus attrayant aux yeux des apprenants.





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PUPN, 059b (2014), V. MBANCI BOPE


L’USAGE DU FILM COMME MEDIA ALTERNATIF DANS L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS
Victor MBANCI BOPE*
Résumé
Le film comme média alternatif facilite l’acte pédagogique en classe de français langue étrangère et rend le cours plus attrayant aux yeux des apprenants. De la richesse du film, on peut beaucoup apprendre, acquérir des compétences de communication authentiques et l’enseignant averti peut en profiter pour déclencher telle ou telle autre leçon d’une classe de français. L’utilisation du film dans l’enseignement du français permet de varier les supports pédagogiques pour que les savoirs acquis viennent en aide aux apprenants dans différents domaines de leurs vies.
INTRODUCTION
Ce monde étant dynamique, nous assistons à des découvertes dans tous les domaines de la vie humaine. Ces avancées qui élargissent nos horizons n’épargnent pas non plus le système éducatif. En France par exemple, avec le cours appelé « Education cinématographique » et pour initier les élèves aux techniques du 7ème art, un film est au programme des classes de première. Cette œuvre est visionnée en classe par vidéocassette ou CD-Rom, analysée et expliquée avec tout le langage technique du cinéma. « L’objectif est de compléter la formation artistique des élèves car le film représente souvent l’adaptation d’un roman ou d’une nouvelle littéraire » (Oumar SANKHARE, s.a: 49).
Avec toutes les innovations, l’enseignement sera informatisé partout. Cependant, nous observons dans nos milieux éducatifs une certaine ignorance, une méfiance ou une résistance face aux nouvelles technologies dans l’enseignement en général et celui du français langue étrangère en particulier ; mais cette situation devra être dépassée dans l’avenir, avec l’intégration et le développement de la nouvelle technologie de l’information et de la communication. Il existe de grands espaces vierges et une vaste « terre incognito » à découvrir et à explorer pour les chercheurs et enseignants de français langue étrangère ou seconde.
L’enseignement est un processus de transmission des connaissances (savoir, savoir-faire et savoir-être) qui implique non seulement l’enseignant et les apprenants comme deux acteurs principaux, mais aussi d’autres éléments, comme par exemple : le syllabus, la méthode et la technique d’enseignement, le manuel ou le média. Ce dernier peut jouer un rôle pertinent dans l’enseignement des langues.
Selon Cuq (2003 :163), « les rapports entre les médias et la didactique des langues sont constants et nombreux : tout d’abord parce que les médias peuvent servir à diffuser des contenus d’apprentissage de la langue, ensuite parce que les médias sont souvent abordés en tant que tels dans des enseignements pour développer chez les apprenants une compétence médiatique ».
Cette étude n’est pas un cours de didactique spéciale, mais elle a comme visée de faire voir aux enseignants de langue l’apport de l’utilisation du film dans l’enseignement du français sans oublier la richesse du film pour des objectifs de communication réelle dans la classe ; proposer des pistes méthodologiques pour cet enseignement qui nous paraît capital.

Pour mener à bon port cette étude, nous la structurons de la manière ci-après :

  1. Définition des concepts

  2. Domaines d’application des médias

2.1. Rôle des médias

  1. Catégorisation du média

  2. Le film dans l’enseignement du français

4.1. A qui s’adresse le film?; dans quel but ?

4.2. Choix du film

4.3. Le film et la linguistique énonciative

4.4. Etapes d’une exploitation pédagogique d’un film


  1. Définition de concepts


a) Document authentique et classe de langue
Le document authentique est un document écrit, audio ou audiovisuel destiné au départ à des locuteurs natifs mais que l’enseignant collecte pour l’utiliser dans des activités qu’il va proposer en classe. Ce document est dit authentique parce qu’il n’a pas été conçu à des fins pédagogiques mais à des fins communicatives. Il est présenté aux apprenants tel qu’il est, c’est-à-dire dans son état original. Si une quelconque modification est apportée à ce document telle que la suppression d’un ou de plusieurs paragraphes pour diminuer le taux d’informations ou bien l’ajout de connecteurs entre les phrases pour en faciliter par ex. la déduction, il ne s’agit plus alors de document authentique mais de document didactisé. Ainsi, le document authentique se différencie du document pédagogique ou fabriqué « créé de toutes pièces  pour la classe par un concepteur de méthodes ou par un enseignant » (Robert, 2002 :14) selon des critères linguistiques et pédagogiques.
Pourquoi utiliser des documents authentiques en classe de langue ? Il y a plusieurs raisons qui incitent à faire usage de documents authentiques en classe de langue, parmi lesquelles :

  • Offrir du français véritable ;

  • L’absence de certains manuels correspondant à la particularité linguistique ;

  • Compléter la leçon avec un document présentant une situation de communication réelle tout en répondant aux objectifs de la leçon ;

  • ‘’Pour ne pas limiter les apprenants seulement aux productions en français de leur [enseignant] » (DELHAYE, 2003) ;

  • ‘’Pour permettre à l’apprenant de se livrer à une « consommation » sociale du document et non à une consommation scolaire : comprendre un document, c’est comprendre les intentions qui ont présidé à sa composition, réagir comme on l’aurait fait dans la réalité par un comportement qui répond justement à ces intentions » (idem) ;

  • « Pour contribuer à l’autonomisation de l’apprenant dans son apprentissage, en l’habituant à se livrer avec la moindre assistance possible à des activités de décodage, de repérage, de compréhension sur des documents semblables à ceux auxquels il sera confronté plus tard, hors encadrement scolaire » (ibid.). Et donc pour l’entraîner à « apprendre à apprendre ».


En ce qui concerne les choix d’un document authentique à exploiter en classe, il est recommandé que le document (cf. BERARD, 1991 ; Barrière, 2003 ; Cuq&Gruca, 2003 ; Lemeunier-Quéré, 2006) :

  • Corresponde au niveau des apprenants car autrement l’exploitation peut se transformer en explication de texte ;

  • Puisse faire travailler la culture de la langue cible sans pour autant choquer l’apprenant ; car parfois ce qui peut paraître banal ou normal pour une culture ne peut l’être pour une autre. Il revient à l’enseignant de savoir choisir le document approprié : son contenu, ses images, le message véhiculé, etc. ;

  • Soit varié : c’est-à-dire choisir des documents présentant divers registres de langue (familier – courant – soutenu) ;

  • Soit en rapport avec les aptitudes qu’on cherche à développer : ce qui est en relation avec l’analyse des besoins ;

  • Ait recours à des situations de communications variées où l’on questionne pour s’informer, où l’on donne des ordres, des conseils, où l’on argumente, on exprime son point de vue ;

  • Soit adapté à l’âge et aux centres d’intérêts des apprenants ;

  • Etc.


Les documents authentiques on peut les trouver ailleurs ou sur internet en d’accès, car, à ne pas oublier que cet outil « est une source intarissable de documents authentiques variés, accessibles dans le monde entier… » (Cord, 2000 :240) : il offre aussi bien des documents authentiques sonores qu’écrits.
Les documents authentiques sont importants dans l’enseignement du français dans diverses leçons dudit cours. Parlons par ex. de l’exploitation des films français dans l’enseignement des compétences orales en français langue étrangère :

Dans l’enseignement des langues étrangères, les textes littéraires, considérés comme des produits langagiers et culturels, constituent un des supports fréquemment utilisés. Comparée à la fréquence des textes littéraires, l’analyse des extraits de film pour des objectifs pédagogiques reste un procédé assez rare. Pourtant, le cinéma fait sans aucun doute partie de la vie culturelle de la plupart de nos apprenants qui parlent et discutent souvent de leurs films préférés.
Force est de constater que le développement rapide des nouvelles technologies a considérablement facilité l’accès aux films. A la suite de la vidéo, les supports numériques comme les DVD, les VCD,… et l’internet offrent de nombreux avantages dont la didactique des langues doit tirer profit.
En tant que documents authentiques et audio-visuels, les films français contribueraient d’une part à motiver les apprenants grâce à des informations visuelles et d’autre part à faire découvrir la culture française avec différentes scènes représentant diverses situations de communication. ‘’Prendre appui sur le cinéma, sur les images, sur une ambiance et une en situation, et sur le plaisir que l’ensemble procure, a pour premier effet de susciter un changement dans la représentation de l’apprentissage que se font les étudiants’’ (Henry, 2002 :54).
L’insertion des films français dans l’enseignement du FLE permettrait également aux apprenants d’(e) :

  • Entrer en contact avec des accents différents du français. Rappelons que les séquences filmiques qui contiennent des exemples de discours avec des accents différents permettent de se familiariser avec ceux-ci ;

  • Prendre conscience de différents registres de langue. Car les films présentent des personnages qui s’expriment dans le registre de langue qui leur est familier et qui changent de registre suivant la situation de communication ;

  • Prendre conscience des aspects prosodiques de la langue et des spécificités propres à la langue parlée. En effet, le cinéma permet de représenter des conversations avec des rythmes et des intonations variés. Il aide à enrichir le vocabulaire à travers les décors, les lieux, les costumes vus dans le film ;

  • Entrer en contact avec des échanges langagiers, accompagnés des éléments para-verbaux et non verbaux (avec les mimiques et les gestes qui les accompagnent) et les costumes et décors présentés dans la scène ;

  • Identifier les éléments de la situation de communication dans laquelle se réalise un échange donné. Ainsi, l’image permet de compléter les données linguistiques par les données visuelles ;

  • Mettre en œuvre ses compétences stratégiques. Car le film tolère l’ambigüité jusqu’à un certain point. Si l’apprenant ne comprend pas tous les mots dans un dialogue, il pourra se référer soit à des gestes et mimiques des interlocuteurs, soit à des actions ultérieures afin de suivre le récit. Ainsi, comme dans un vrai échange langagier, ce dernier aura recours à des stratégies de compensation pour résoudre un problème de compréhension.


Tout ce qui précède prouve à suffisance que l’exploitation des films français ou des documents authentiques dans l’enseignement du français a un apport considérable pour communiquer et qu’aucun enseignant de langue ne peut mettre en doute ; c’est dans cet esprit que DECOPPERT (2007), qui a expérimenté la fusion du multimédia dans l’apprentissage du français, emploie une méthode communicative, et pense que : « cette approche met en avant l’utilisation des documents authentiques, afin d’aider l’apprenant à rapidement pouvoir communiquer le plus naturellement possible dans la langue cible » (http//www.lefrançaisfacile.com/ consulté le 12 Avril 2011).
b) Média
En principe, on nomme média un moyen de diffusion d’informations (comme la presse, la radio, la télévision) utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une information vers un grand nombre d’individus sans possibilité de personnalisation du message. C’est la raison pour laquelle on parle également de média de masse (« mass-média » en Anglais). Ce dernier se distingue des autres moyens de communication par :

  • La puissance, la portée, la diversité des modes de transmission utilisées (presse, affiche, radio, télévision, cinéma) ;

  • Les caractéristiques que ces modes de transmission peuvent donner aux messages ;

  • La particularité des rapports entre émetteur et récepteur celui-ci est constitué par un public potentiel vaste, anonyme, hétérogène, plus ou moins éloigné de la source d’émission, et qui n’a pas de possibilité d’action en retour immédiate sur l’émetteur. (Gallison et Coste, 1976 :330).


Puisque le média est considéré comme moyen de communication, on peut distinguer principalement deux grandes formes de cette communication humaine : la communication directe ou interpersonnelle et la communication médiatisée. Celle-ci fait appel à un support technique comme la télévision ou l’affiche.

La notion de média implique donc une technologie d’amplification des messages et une grande diffusion.
c) Média d’enseignement
« Le média d’enseignement est donc tout support (comme la presse, la radio, la télévision, le film, et maintenant l’internet), authentiques ou conçus à des fins didactiques, et servant à l’enseignement (de la langue) ou à l’auto-apprentissage ». (Cuq, 2003 : 162).
Le média dans l’enseignement est un moyen de diffusion naturel (comme le langage, l’écriture, l’affiche) ou technique (comme la radio, la télévision, le cinéma,…), permettant la communication, soit de façon unilatérale (transmission d’un message), soit de façon multilatérale (échange d’informations) (www.wikipédia.fr)
d) Le film
« Un film, par métonymie, est l’œuvre culturelle qui est enregistrée sur une pellicule photographique et qui est au centre de l’art cinématographique » (www.wikipedia.fr). C’est aussi une œuvre composée d’images en mouvement accompagnées d’une bande sonore.
2. Domaines d’application des médias
L’étude du média de masse intéresse à la fois :

  • La linguistique, qui analyse la spécificité de différents types de messages ;

  • La psychologie sociale, qui examine : les effets de ces types de messages sur le comportement de l’individu et du groupe ;

Le rôle des motivations dans le décodage (propagande, publicité,…) ;

  • La sociologie qui décrit leur fonction, leur fonctionnement et leurs incidences dans la société ;

  • La didactique des langues, qui s’interroge sur l’interaction entre l’information scolaire (enseignement) et l’information extra-scolaire (milieu socio familial, le média de masse) ;

Les possibilités d’utilisation du média de masse comme moyens d’enseignement de masse (cours de langue télévisé pour des milliers d’apprenants) ou comme fournisseurs de matériaux linguistiques habituellement employés : des textes, des affiches, du journal parlé.
2.1. Rôle des médias
La consommation médiatique a un effet positif d’ouverture au monde et d’apports de connaissance. Le média répond à la fonction de détente, d’information et de compréhension de la société. Le rôle premier des médias est et reste effectivement de transmettre de l’information et de représenter un miroir des activités et des modèles culturels en place.
Les médias peuvent rendre de nobles services à l’enseignement du français. Les documents authentiques par exemple, conçus pour les francophones par les francophones pour répondre à une fonction de communication, sont importants en classe de langue ; car, leur usage correspond à un enseignement plus sensible aux motivations et aux besoins de l’apprenant et à un enseignement surtout soucieux de voir l’apprenant adopter une attitude plus active et plus créative.
Véhiculant une communication réelle (ou naturelle), les documents authentiques ont les capacités de concrétiser l’un des plus grands objectifs de l’enseignement du Français Langue Etrangère (FLE) qui est justement l’apprentissage d’une communication réelle (DELHAYE, 2003 : 27).
« Par rapport à l’enseignement-apprentissage, le média joue un rôle important dans le processus de distribution / récepteur des connaissances (unidirectionnelle) » (Pothier M., 2003 :20).
3. Catégorisations du média
Il existe actuellement de différentes catégorisations du média ; ce sont :

  • La presse écrite où les professionnels appliquent des techniques d’écriture journalistique, ici nous avons la diffusion de l’information écrite, ce qui englobe notamment les journaux quotidiens, les publications périodiques et les organismes professionnels liés à la diffusion de l’information.

  • La radio où le journaliste utilise l’écriture radio, il diffuse des informations notamment vers un nombre élevé d’auditeurs « en utilisant les ondes hertziennes ».

  • La télévision par la diffusion de montages vidéo commentés, qui permettent de mieux comprendre les différents éléments de situations de communication présentés.

  • Le film ou le cinéma, au document sonore de la radio, le film ajoute sa dimension visuelle qui permet de restituer la réalité.

  • L’internet est un puits de ressources, on y trouve une grande quantité des documents authentiques de toutes sortes (les articles journalistiques, les bandes dessinées, les textes juridiques, etc.).


4. Le film dans l’enseignement du français
Le film peut être considéré comme un des médias alternatifs que l’enseignant peut utiliser au cours de l’enseignement du français dans la classe du français langue étrangère.

Parce qu’il nous raconte des histoires avec des images où les objets et les personnages sont animés d’une vie propre et interagissent entre eux, mais aussi entre eux et nous spectateurs. Par l’histoire qu’il nous raconte, par les personnages qui sont joués nous éprouvons des émotions qui nous font réagir et bien souvent nous amènent au langage. Nous avons tous déjà éprouvé le besoin de parler après avoir vu un film dramatique ou de répéter les répliques d’un film comique. De plus, le film est bien souvent associé à un phénomène social (on se rend au cinéma ou on regarde un film avec des amis ou en famille).
4.1. A qui s’adresse le film ? ; Dans quel but ?
Le film comme tout média s’adresse au spectateur. Le film immerge le spectateur dans la parole à travers le dialogue.

Comme nous venons de le souligner, le film s’adresse de manière détournée au spectateur afin de :

  • Lui faire comprendre une situation

  • Donner une consistance psychologique aux personnages

  • Donner un rythme et un ton au film.


4.2. Choix du film
Par le film que l’on visionne pour le plaisir, pour passer le temps, élargir l’horizon etc., un enseignant de langue pourrait donc chercher à en tirer profit. Pourtant, l’enseignant ne peut pas donner tous les films à ses apprenants, il lui faut alors choisir et sélectionner quel film convient à l’objectif d’enseignement-apprentissage déterminé.
L’évolution des jeunes et de leur tolérance face à l’image audiovisuelle est dépendante d’un nombre considérable de facteurs. Nous pensons dès lors que c’est à l’enseignant et pédagogue, connaissant ses élèves et leurs particularités, que revient la responsabilité de décider de l’opportunité de diffuser tel film plutôt que l’autre en classe. C’est pourquoi nous lui recommandons de visionner le film chez lui avant de l’apporter à l’école.
Cependant, « il s’avère intéressant que celui-ci sache d’emblée que, selon les âges, tel film peut être plus déstabilisant que l’autre, en tenant aussi compte de la thématique linguistique » (Thompson K. et D. Bordwell, 2002 :25).
4.3. Le film et la linguistique énonciative
Le film répond aux normes de communication linguistique.
Lorsque nous faisons référence au schéma de communication linguistique élaboré par Jakobson, nous constatons que le film suit un système presqu’identique à celui défini par celui-ci :

  • Un destinateur (émetteur : le film) : celui qui communique un message.

  • Un destinataire (récepteur : le spectateur) ;: celui à qui le message est destiné

  • Un énoncé : c’est-à-dire que le film raconte quelque chose

  • Un canal : la voie par laquelle passe le message

  • Un code : c’est précisément la langue à travers laquelle le message est transmis au récepteur.

  • L’existence d’une communication créée entre le destinataire et le destinateur.


Le film répond aussi à ces fonctions de la communication linguistique :

  • Expressive : elle traduit les idées, les sentiments de l’émetteur ;

  • Impressive : elle motive, interpelle, sollicite le destinataire

  • Référentielle : elle énonce, rapporte, décrit une situation, un fait réel ou imaginaire.

  • Phatique : elle assure le contact, immédiat ou différé

  • Poétique : elle donne une dimension esthétique ou ludique à l’organisation du message.

  • Métalinguistique : elle consiste à utiliser un langage pour expliquer ce même langage ou un autre langage. On l’appelle parfois « traduction » (www.wikipedia.fr).


Le film n’est pas seulement un objet à produire des émotions et de la parole, il produit également du sens. Bien souvent, il est marqué par l’influence d’une époque, d’un courant de pensée, d’un contexte social (www.wikipédia.....).
4.4. Etapes d’une exploitation pédagogique d’un film
Tina Van Arkel du Pays-Bas propose trois grandes étapes d’exploitation pédagogique d’un film à savoir :


  1. Introduire et sensibiliser.


A cette première étape, l’enseignant place la séquence qu’il a choisie dans son contexte pour que les apprenants connaissent les rapports des personnages et fassent des hypothèses sur les actions de la scène. Il peut aussi introduire le sujet par un remue-méninge afin d’éveiller la curiosité chez les apprenants de façon à créer une communication réelle dans la classe.

A cette étape, l’enseignant peut commencer par visionner le début du film et inviter les apprenants à faire des hypothèses sur les personnages, l’espace et l’histoire et les rendre attentifs aux images et orienter leur entrée dans le film.


  1. Découvrir, référer et identifier l’information.


A cette deuxième étape, Arkel propose de faire un travail sur le canal sonore. L’enseignant présente la scène sans le son et fait repérer l’action centrale et les images illustratives. Après, il écrit au tableau les observations des apprenants et le verbal qu’ils ont produits. L’enseignant invite ensuite les apprenants à donner leur commentaire. Ils peuvent aussi parler d’une expérience semblable de leur propre vie.
Cette activité permet à l’enseignant de créer une interactivité à condition qu’il ne se préoccupe pas trop des fautes grammaticales parce que cela pourra bloquer les échanges. Il est préférable qu’il prenne notes des erreurs commises et en discuter à un autre moment de la classe.
A l’étape du canal sonore, on peut visionner la scène intégrale : l’image et le son, et faire le repérage verbal qui d’habitude est difficile de capter au premier visionnage.


  1. Faire des activités d’expression (habilité et éléments de langue) sous forme de jeux de rôle, dramatisation, rédaction d’une séquence du film etc. (Arkel, FDL n°341).


A cette troisième étape, dans la mise en commun, l’enseignant peut classer deux colonnes de liste de mots ou phases ; la première contient les mots/phrases que les apprenants arrivent à capter et la deuxième ceux (les mots) du film avant le visionnage intégral du film. A la fin, l’enseignant peut aussi distribuer la transcription du film et repérer les passages non saisis à l’écoute.
Une autre piste méthodologique est proposée par Thierry Lancien de l’Institut des Sciences de l’Information et de la communication (ISIC) de l’Université de Bordeaux. Il propose de commencer par :

  • Visionner le film sur DVD ;

  • Accompagner le visionnage ;

  • Compléter dans les activités de la compréhension orale.

L’expression orale et l’expression écrite.
Pour la préparation au visionnage, il utilise les affiches, photos, bandes annonces concernant le film. A partir de ceux-ci, il fait décrire les personnages, les lieux, les époques etc. A la deuxième étape, on entre dans les chapitrages, les séquences du film, à partir de leur titre, les apprenants pourront faire des hypothèses sur ce qui va donner dans les chapitres.

« Après le visionnage du film dans son intégralité, il sera aussi possible, grâce au chapitrage, de choisir un chapitre et de faire raconter ce qu’il y a avant et après celui-ci » (Lancien FDM 341).
Pour finir, Lancien propose la dernière étape avec comme objectif de compléter les activités en utilisant les chapitrages pour reconstituer ensemble ou en petits groupes l’ensemble de la narration du film. Ici chaque groupe est responsable d’un chapitre.

Les films peuvent donc être visionnés de deux façons : soit l’enseignant décide de ne pas faire des coupures lors du visionnement, et les apprenants voient le film dans son intégralité ; soit l’enseignant décide de segmenter le film, à des moments stratégiques, donnant la possibilité à l’enseignant d’enchaîner sur une activité.
Dans les deux cas, le film donne lieu à une tâche concrète demandée aux apprenants : - réaliser des coupures lors du visionnement peut donner l’occasion au professeur de vérifier la compréhension, par un questionnaire à choix multiple qu’il fait suivre d’une correction immédiate et justificative, ou d’une série de questions ouvertes à l’oral orchestrées par l’enseignant lui-même(http://www.prof-fle.com/prof_fle/ressources_pedagogiques/video.php) consulté le 15 mars 2012 ; – Par contre, s’il décide de ne pas réaliser de coupures, on peut imaginer un tout autre travail lié davantage à l’expression écrite : il peut être demandé aux apprenants de :

  • Faire un résumé de l’histoire,

  • Débattre sur le thème du film (le sujet étant donné par le professeur),

  • D’imaginer une suite au film,

  • D’imaginer la vie d’un des personnages, comme suite au film,

  • Composer un scénario sur la même trame,…


Un passage de film peut être choisi pour une activité grammaticale (http://www.prof-fle.com//prof_fle/download/video.pdf consulté le 15 mars 2012) : dans certains films, il y a lieu de choisir des extraits qui exploitent plus spécialement un point grammatical précis. Si le passage contient suffisamment d’occurrences du point grammatical à traiter, on pourra organiser autour du point de grammaire une conceptualisation grammaticale. Par ex., sur l’injonction, sur l’utilisation du subjonctif, sur l’impératif,… ce sont des points grammaticaux que les élèves savent généralement utiliser mais sur lesquels ils font encore des erreurs. Ainsi, le film dans l’enseignement du français nous offre beaucoup d’avantages : - Améliorer la compréhension et la compétence d’expression orale (acquérir les techniques et les stratégies indispensables à la pratique du langage et pouvoir élaborer son propre discours en langue cible, et développer de nouvelles compétences.
Ainsi, ce qui devrait primer dans l’acte didactique aujourd’hui, dès les premiers stades de l’apprentissage, c’est l’exposition multicanale de l’élève au message authentique oral de la langue cible. Le développement de la compétence communicative de l’apprenant ne peut que passer par sa confrontation à la parole sociale du natif dans ses conditions de production et dans des situations de communication totales (Arghyroudi, 2001 :41). Un moyen comme la vidéo aide au développement parallèle des compétences linguistique et pragmatique.
CONCLUSION
Les progrès en matières d’image et de son permettent l’apprentissage par le sens. Des petits films et enregistrements sont montrés, des magnétophones sont utilisés. Cela permet d’améliorer la compréhension, de faciliter la mémorisation des dialogues et de rendre le tout plus vivant.
Regarder un film de façon active, c’est être conscient de ce que l’on voit, entend ou lit. Les aptitudes ou les compétences sociolinguistiques et socioculturelles peuvent s’acquérir à partir de films ; les trois compétences fondamentales à maîtriser en français (lire, écrire, parler-écouter) peuvent s’exercer sur un support cinématographique.
Les rapports entre les médias et la didactique des langues sont constants et nombreux ; disons que les médias peuvent servir à diffuser des contenus d’apprentissage de la langue et les médias dans l’enseignement peuvent développer chez les apprenants une compétence médiatique ; sans toutefois oublier que l’unique but de l’apprentissage d’une langue étrangère est la communication et non plus la réussite à un examen.
Un film est constitué d’une succession de séquences qui représentent des sous-unités du récit. Chaque séquence peut à priori être utilisée comme point de départ pour entrer dans le film. La diversité des approches pédagogiques permet de travailler soit avec le film dans son intégralité, soit à partir d’une séquence avant le visionnage du film entier, les effets de surprise et l’intérêt des élèves sont conservés.

L’utilisation de la vidéo en classe de français langue étrangère facilite l’acte pédagogique, et rend le cours plus attrayant aux yeux des apprenants, souvent habitué à des supports plus classiques. Il s’agit également d’avoir une vision plus claire de l’univers francophone, qu’ils commencent à appréhender. La vidéo se place parmi les nombreux supports possibles, permettant de varier nos approches en tant qu’enseignant de langue.
Par son authenticité, un film conçu pour le public natif permettrait d’éveiller l’intérêt des apprenants et leur montre la langue française authentique. Les propositions d’exploitations de films dans la classe du FLE peuvent aider les enseignants dans la préparation de ce cours et au lieu de visionner les films pour le plaisir ou pour passer le temps ; nous pouvons profiter de la richesse d’un film à tous les moments de la classe et pour des objectifs de communication réelle dans la classe. Car ‘’apprendre en s’amusant’’ a toujours motivé les apprenants de langue étrangère, puisque le plaisir et le divertissement contribuent à diminuer, à éloigner au maximum le stress et l’angoisse provoqués par les conditions d’enseignement/apprentissage d’une langue étrangère.
L’utilisation du film permet de varier les supports pédagogiques ; et d’acquérir des compétences de communication authentiques ; car il ne faut pas oublier que les savoirs, savoir-faire et savoir-être acquis dans une classe de langue étrangère, ne seront utiles que s’ils peuvent être transférés aux situations de communication authentiques, que s’ils viennent en aide aux apprenants dans différents domaines de leurs vies.
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  21. Tangliante Christine. (1994). La classe de Langue. Paris : CLE International.

  22. Thompson K. & Bordwell D. (2002). « L’art du film, une introduction ». De Boeck Université.

  23. http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dia.

  24. http://www.google.fr/Media

  25. http://www.lefrançaisfacile.com/

  26. http://www.prof-fle.com/prof_fle/ressources_pedagogiques/video.php

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** Assistant à l’ISTA / Domiongo Kasaï- Occidentale – R.D.Congo.

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