Histoire de l’éducation physique et du sport de 1918 – 1945





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Histoire de l’éducation physique et du sport de 1918 à 1945 – Méthodologie de l’apprentissage

Histoire de l’éducation physique et du sport de 1918 – 1945




L’éducation physique poursuit son intégration dans le développement du système scolaire, la guerre des méthodes bat son plein. La formation des enseignants va être le principal point stratégique permettant d’une part aux enseignants de voir leur statut progressé, d’autre part aux principaux acteurs et courants d’affirmer la suprématie de leurs idées. L’influence militaire est en baisse et ce sont les médecins qui conquièrent une place prépondérante, ils vont bénéficier des situations d’après guerre. Dans ce passage “il n’y a pas succession, il y a conflit.” (Réf bibliographique n°27), il y a une guerre des méthodes. Au final, l’éducation physique se met au service de la santé et de la régénération de la population. On peut parler d’éclectisme médical sachant que l’éducation physique s’appuie sur un ensemble de méthodes mais que les références théoriques sont donnés par les médecins.

Le sport qui prend une place de plus en plus importante dans la société ne peut plus être ignoré de l’école.

I. D’un monopole à l’autre :

1. La fin d’un règne :


L’école de Joinville, après 1918, vit ses dernières heures de gloire. Après l’Armistice du 11 novembre 1918, l’école comme toute l’armée bénéficie du prestige de la victoire.

Entre 1919 et 1924, l’école de Joinville propose un programme pour l’ensemble de l’éducation physique nationale qui s’intitule projet de règlement général d’éducation physique, les deux premiers fascicules sont consacrés à l’éducation physique élémentaire et l’éducation physique secondaire.

En 1925, est publié le règlement général de l’éducation physique, on parle de “méthode française”. Il marque en quelque sorte la fin d’un règne. (Réf bibliographique n°15 /Citation n°18) Le projet de règlement général est un complément du manuel de 1907. (Document n°5)

La méthode française :

Après avoir été essentiellement amorosienne puis fortement influencé par la gymnastique suédoise (avant la guerre), l’école de Joinville donne sa place à l’hébertisme et au sport. La méthode française apparaît comme la volonté de concilier les différentes méthodes qui s’opposent. (Document n°5)

Malgré ces productions, les militaires sont en perte d’influence. Cela s’explique avec :

- Après la guerre, ce sont les médecins qui apparaissent comme les garants de la santé.

- Après la guerre, l’esprit de revanche n’a plus lieu d’être. La sphère politique réclame la séparation entre l’éducation physique scolaire et la préparation militaire.

- Le positivisme de l’époque qui privilégie la physiologie renforce l’idée d’un savoir médical de plus en plus efficace.

- La réflexion sur le surmenage scolaire est encore très présente.

- Arrivée au pouvoir du cartel des gauches avec son leader Herriot et à gauche la critique de la domination militaire est majoritaire. A gauche on conçoit l’éducation physique comme une hygiène en action.
Dans ce contexte la perte d’influence des militaires sera effective et institutionnelle en 1926, où seul l’instruction publique aura la charge de la formation physique dans les établissements scolaire (Document n°5)

2. Les médecins s’imposent :


Il faut tout d’abord considérer les conditions sanitaire et démographique désastreuses après la guerre (1 400 000 morts, 3 000 000 de blessés, 29% des soldats mobilisés morts au 1 août 1919, plus d’un million s’invalides, épidémie de grippe, déficit au niveau des naissances, les cas de tuberculose se multiplie, l’alcoolisme progresse) (Réf bibliographique n°28)

Ce contexte incite à une forte politique nataliste et renforce l’effort qui doit être fait en direction de la santé publique. A l’époque, les idées de force, d’hygiène et d’amélioration de la race sont les maîtres mots. Les médecins et les hygiénistes sont en position de force pour imposer leur point de vue.

Dr Tissie en 1919 écrit L’éducation physique et la race.

Dr Bellin Du Coteau, en 1920, écrit L’éducation physique obligation nationale.

Dr Latarjet, en 1934, écrit L’éducation physique, son rôle dans la formation de l’individu et l’amélioration de la race.
Le congrès de l’éducation physique de 1923 est dominé par les médecins qui au-delà de leur divergence de doctrine sont tous d’accord pour associer exercices physiques et santé. Les médecins dénoncent la notion de méthode comme système fermé et militent pour un éclectisme de méthode. A l’instar du Dr Boigey (manuel scientifique d’éducation physique), les connaissances physiologiques permettent de mettre en rapport les différents publiques (de l’enfant à l’âge adulte) avec les méthodes qui leur conviennent. Cette pensée est systématisée dans le traité d’éducation physique coordonné par le Dr Labbe en 1930, dans lequel le Dr Bellin Du Coteau précise “l’élève relève successivement : le procédé gymnique éducatif (méthode suédoise), de procédé modificateur ou correcteur (gymnastique française aux agrès associé au mouvement complet, continu), de procédé utilitaire (exercices athlétiques et sportifs) et du sport.” (Réf bibliographique n°29)

Ces institutions officielles mettent en avant l’objectif hygiénique, lutte contre le surmenage, il y a un effet compensatoire. Dans ces institutions, le plein air tient une grande place. Ce sont les exercices de respiration qui apparaissent bénéfique pour la santé.

La circulaire du 13 mars 1925 institue une demi-journée de plein air dans le secondaire. Ce texte de 1923 est proche des idées dictées par les médecins. Il introduit une certaine nouveauté en accordant une place particulière aux méthodes actives. Remise en cause de la pédagogie uniquement fondée sur l’autorité. Les méthodes actives, c’est donner d’avantage de crédit à l’activité de l’élève. Les méthodes actives commencent à faire référence à la psychologie de l’enfant (Citation n°18).

Malgré un discours qui évolue, la gymnastique de développement gage d’efficacité, de sérieux et de discipline reste privilégié.

La méthode française de 1925 qui est le règlement général d’éducation physique, produit par l’école de Joinville respect les principes médicaux (Document n°5). “L’éducation physique doit être gouvernée par les principes de la physiologie.” Dans ce projet on y retrouve les influences de Demeny et du Dr Boigey (médecin chef à Joinville). Au niveau de l’évaluation, jusqu’à 13 ans est proposé un examen physiologique pratiqué par un médecin, ainsi qu’un examen pratique.
Le rôle des médecins sera d’abord de surveiller la santé des pratiquants (principe du varf = Vitesse, Adresse, Résistance, Force) et de contrôler les effets de l’activité. Le diagnostic du médecin doit permettre de s’adapter aux caractéristiques des élèves. Dans ce cadre le professeur d’éducation physique devient l’exécutant des prescriptions médicales.
Ceci va être renforcé par le positionnement institutionnel des médecins au niveau de la formation des cadres.

Les médecins sont à l’origine du degré supérieur du caeg et ils en dispensent les cours.

A partir de 1927, sont créés les irep (Instituts Régionaux d’Education Physique). Les irep sont rattachés aux facultés de médecine. A la tête de certaines irep on retrouve le professeur Latarjet à Lyon et le professeur Chailley Bert à Paris. La volonté à travers l’irep est de passe à une formation plus ou moins empirique, effectuée sur un temps court, à une formation longue, scientifique et universitaire.

En 1931, le caeg devient le caep (Certificat d’Aptitude à l’Education Physique), avec une année d’étude et il fallait être en possession soit du brevet élémentaire, soit d’un diplôme de fin d’étude secondaire ou la première partie du baccalauréat.

En 1933, le caep devient capep (Certificat d’aptitude au Professorat d’Education Physique). Il faut deux années d’étude et il faut avoir le brevet supérieur ou le baccalauréat.

En 1935, est créé l’enep (Ecole Normale d’Education Physique) qui est rattaché à l’université de Paris et elle est dirigée par le professeur Chailley Bert. L’enep reste encore un lieu d’affirmation de l’influence médicale.

Le sous-secrétariat d’état à l’éducation physique est placé à deux reprises entre 1932 e 1934 sous la responsabilité médicale.

En 1934, l’éducation physique est rattachée au ministère de la santé public et cela jusqu’en 1937.
Dès 1918, se met en place un “ordre hygiénique” au sein de l’école (Réf bibliographique n°31). Le redressement du pays ne semble pouvoir se produire qu’avec l’aide de la médecine. La légitimité scolaire de l’éducation physique est renforcée, en effet en devenant sanitaire l’éducation physique justifie pleinement sa place à l’école. Elle montre qu’elle est utile (Réf bibliographique n°14).

3. Le développement des pratiques sportives dans la société et leur introduction dans l’école :

a. Le développement de la pratique sportive :

Voir document

b. L’introduction du sport à l’école :


Comment l’école prend elle en compte les pratiques sportives qui se généralisent ? Peut-elle continuer de les ignorer ?
Le sport rencontre beaucoup de détracteurs, que se soit des médecins, des politiques, des militaires, des pédagogues et des parents, beaucoup continus de dénoncer les dangers physiques notamment pour le cœur et l’organisme et les dangers sociaux et moraux du sport. En cela les dérives du sport professionnel n’arrange rien.

Par ailleurs le sport est perçu comme un jeu, comme une récréation trop énergétique, trop virulente et incontrôlée. Le sport est réservé aux plus âgés, aux plus forts et aux plus doués.

Tout cela est exprimé par les médecins pro-sportifs, comme Latarjet, Ruffier ou Boigey. Ils expriment que le sport n’est que le “couronnement de l’éducation physique.” L’enseignement sportif doit être sévèrement contrôlé par les médecins, réservé aux plus âgés. C’est uniquement à cette condition qu’il pourra être dosé et adapté et donc avoir un intérêt pédagogique.

Dans un premier temps, la méthode sportive n’est pas du tout rationnelle, c’est plutôt empirique ; Il faudra attendre le début des années 30 avec le docteur Belin du Cotteau et Boigey pour que l’enseignant sportif se rationalise. Belin du Cotteau propose les bases de la méthode sportive :

- “amélioration mécanique du geste”

- “amélioration physiologique”

Sur ces bases, une leçon type est proposée. On retiendra que cette leçon est basée sur l’éclectisme médical : 3 parties :

- La culture physique : 20 minutes de méthode suédoise ;

- La partie sportive : 20 minutes au saut, au lancer et aux courses.

- La partie gymnastique aux agrées : 20 minutes.

→ L’objectif est de dépasser le sport comme simple amusement ; l’apprentissage sur l’étude du geste technique et qui délaisse l’aspect compétitif → dégager, alléger de son aspect le plus dangereux (la compétition), cette éducation sportive parait pouvoir être adapté au plus jeune.

Il ne faut pas oublier que, rationnellement, les valeurs sur lesquels repose le sport sont profondément opposées à celle de l’école républicaine. Le culte du dépassement de soi, le culte de l’excès, la compétition, l’élitisme, l’individualisme et self gouvernement, idée que les élèves auto-gèrent, toutes ses valeurs s’accommodent mal d’une pédagogie traditionnelle qui instruit modèle, redresse, en plaçant l’élève et qui se veut rationnelle, progressive, dosé et qui privilégie le groupe par extension à la nation sur l’individu (Citation n°23).

Le sport n’est pourtant pas complètement absent de l’école. Il se développe un effet en dehors de la leçon à travers le sport scolaire dans un premier temps rattaché à l’U.S.F.S.A (union des sociétés françaises des sports athlétiques) à l’initiation des élèves.

En 1923 sont crées les comités sportifs d’Académie ; ceux-ci organisent les compétitions scolaires. Les C.S.A butent sur les installations (il y en peu) et sur le fait que si les enseignants veulent prendre la responsabilité d’une A.S, ils doivent le faire bénévolement → autres freins.

En 1923, les élèves sont plus livrés à eux même, et le sport scolaire dépend totalement du sport civil.

En 1931, c’est au niveau universitaire que cela progresse où l’on crée l’O.S.U (Office du Sport Universitaire).

L’objectif des O.S.U, c’est d’organisé un sport scolaire et universitaire autonome, un sport protégé des excès du sport civil, un sport “vrai”, un sport promouvant la véritable étique sportive, reposant sur l’amateurisme et le fair-play. Malgré la création de cette O.S.U, le sport scolaire et universitaire manque de cadre, il reste de faite contrôlé par les O.S.U et donc par le sport civil.
Conclusion de cette partie : (Réf bibliographique n°34 /Citation n°24).

4. Les pédagogues s’opposent à ce monopole et revendiquent leur autonomie.


G.Hebert sera le principal opposant à la main mise des médecins sur l’éducation physique. En 1927, il écrit un article intitulé “médecins, Halte là”.

Pour lui, le sous-titre résume sa position, l’éducation physique de la jeunesse est avant tout une “question pédagogique et non pas physiologique, encore moins médicale”. Donc Hebert refuse de voir l’éducation physique se transformé en thérapie sous prétexte de la rendre sérieuse et rationnelle. Pour lui, l’éducation physique ne peut pas être aux mains des médecins qui ne connaissent pas grand-chose à la pédagogie et psychologie infantile. C’est ce que prône Hebert, à savoir que le retour à la nature, la virilité et l’altruisme est incompatible avec la gymnastique contrôlée et mesurée, prescrite par les médecins. Hebert s’oppose aux médecins, au sport et aux médecins sportifs (Boigey etc.). Ce n’est pas le sport en tant que tel qu’il récuse mais ces abus de la spécialisation précoce, le spectacle et le professionnalisme. Sa position d’ Hebert qui revendique une identité pédagogique pour le “P” (Réf bibliographique n°31) sera reprise par Ernest Loisel, son message sera d’autant plus fort qu’il s’exprime de l’intérieur du système avec toute la légitimité requis.

- Il est agrégé de l’université, il est inspecteur de l’éducation national et nommé directeur de l’E.N.E.P en 1935, c’est le premier civil non-médecin à diriger une structure officielle de formation de l’éducation physique. Son bouquin “les bases psychologiques de l’éducation physique” écrit en 1935. (Citation n°25)

Avec Hebert et puis Loisel, ce ne sont plus les médecins qui posent les bases du savoir mais l’école elle-même par l’intermédiaire de l’un de ces cadres. Ici c’est Loisel. Et au nom des méthodes actives, Loisel adhère et fait la promotion de la méthode naturelle.




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