Histoire – Terminales es et L





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Histoire – Terminales ES et L

Thème 1 : le rapport des sociétés à leur passé

Question 2 - Les mémoires : lecture historique

Problématiques :

Comment se construisent et se transmettent les mémoires et comment interviennent-elles dans le champ de l’Histoire ?

Comment se sont élaborées et transformées les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France ?

Pages du manuel : 78 à 103.

Mots-clés : Personnalités :

Amnésie K. Barbie H. Rousso

Anamnèse R. Bousquet J. Semprun

Collaboration J. Chirac P. Touvier

Déportation Ch. De Gaulle S. Veil

Génocide R. Faurisson

Histoire B. & S. Klarsfeld

Holocauste C. Lanzmann

Mémoire P. Levi

Négationnisme (révisionnisme) A. Malraux

Pétainiste/Maréchaliste F. Mitterrand

Refoulement J. Moulin

Repentance M. Ophüls

Résistance M. Papon

Résistancialisme R. Paxton

Résistantialisme P. Pétain

Shoah (catastrophe en hébreu) G. Pompidou

Syndrome de Vichy A. Resnais

Chronologie :

25 août 1944 : Discours du Général de Gaulle à 1990 : Loi Gayssot (la négation des crimes contre

l’hôtel de Ville de Paris. L’humanité est un délit).

Juillet/Août 1945 : Procès de P. Pétain 1993 : Décret instaurant une journée nationale

1946 : La Bataille du Rail de R. Clément. Commémorative (16 juillet) des persécutions

1953 : Destruction du Vel’ d’hiv’ à Paris. racistes et antisémites commises sous l’autorité

1956 : Nuit et brouillard d’A. Resnais. du gouvernement de l’Etat français -40/44.

1960 : Inauguration du Mémorial de la France 1994 : Procès Touvier.

combattante sur le Mont Valérien. Une Jeunesse française de P. Péan.

1964 : Transfert des cendres de J. Moulin au Panthéon 16 juillet 1995 : Discours de J. Chirac reconnaissant les

(discours d’A. Malraux). crimes de l’Etat français durant l’Occupation.

1969 : L’Armée des ombres de J-P. Melville. 1997 : Procès Papon.

Le Chagrin et la pitié de M. Ophüls. 2000 : Création de la Fondation pour la mémoire de la

1973 : La France de Vichy de R. Paxton. Shoah.

1985 : Shoah de C. Lanzmann. 2005 : Ouverture du Mémorial de la Shoah dans le

1987 : Procès Barbie. quartier du Marais, à Paris.

1990 : Le Syndrome de Vichy d’H. Rousso.

PLAN DU COURS ET DOCUMENTS REFERENTS

  1. La mémoire et l’Histoire (lire les pages 78/79 du manuel)

  1. Mnémosyne et Clio, deux fonctions différentes voire opposées

Document 1

  1. La mémoire, objet d’Histoire (doc. bas de la page 78)



  1. L’historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France (sujet d’étude)

  1. La pluralité des mémoires de la Seconde Guerre mondiale

  1. La mémoire des acteurs et témoins de la guerre

Documents 2, 3, 4, 5, 6 et 7.

  1. Une mémoire savante, celle des historiens

Documents 8 et 9.

  1. La mémoire officielle

Documents 10 et 11.

  1. L’anti-mémoire : le négationnisme

Document 12

  1. Les temporalités de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale

  1. Le temps du refoulement et de l’amnésie (1945/1969)

Documents 13 et 14 + fiche sur « Nuit et Brouillard ».

  1. Obsession, anamnèse et retour du refoulé (1969/1995)

Documents 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22.

  1. Repentance et éloignement (depuis 1995)

Documents 23 et 24.

Sujet d’étude : Nuit et Brouillard (voir p. 100/101 du manuel).

  1. La mémoire et l’Histoire (p. 78/79 du manuel)

  1. Mnémosyne et Clio, deux fonctions différentes voire opposées

La mythologie nous dit que Mnémosyne, déesse de la Mémoire, mit au monde les neufs muses (dont le père est Zeus) parmi lesquelles Clio, dont on disait qu’elle annonçait aux mortels ce qui fut et ce qui sera. L’Histoire est donc la fille de la Mémoire ! Pourtant, tout les oppose…

1.

« La mémoire est la vie, toujours portée par des groupes vivants, et à ce titre, elle est en évolution permanente, ouverte à la dialectique du souvenir et de l’amnésie, inconsciente de ses déformations successives, vulnérable à toutes les utilisations et manipulations. L’Histoire est la reconstruction toujours problématique et incomplète de ce qui n’est plus. Si la mémoire est un phénomène toujours actuel, un lien vécu au présent éternel, l’Histoire est une représentation du passé. Elle ne s’attache qu’aux continuités temporelles, aux évolutions ».

Pierre Nora, Les Lieux de mémoires, Gallimard, Paris, 1989.

« L’Histoire est une pensée du passé et non une remémoration ; elle périodise et met à distance, universalise, alors que la mémoire sacralise le passé, le limite à un groupe ou à un individu en refusant chronologie et continuité ».

Jean-Pierre Rioux, Pour une Histoire culturelle, Seuil, Paris, 1997.

Qui concerne la mémoire ? Sur quoi repose-t-elle ? Quelles sont les limites de la mémoire ? Pourquoi ?

Qu’est-ce que l’Histoire ? Par qui et comment se construit-elle ?

Histoire et mémoire sont deux représentations différentes mais complémentaires du passé :

La mémoire concerne donc les témoins, les contemporains et leurs enfants. Elle est sujette à des choix, à des oublis, des déformations, volontaires ou non. La mémoire maintient le lien fusionnel avec le passé de façon à ce que celui-ci demeure dans le présent ; elle est « un long dialogue avec la mort » selon l’historien Pierre Laborie. La mémoire est un lien affectif avec le passé. C’est en cela que le témoignage prend tout son sens ; le survivant doit être témoin au plein sens du terme : une personne pouvant attester d’un fait en vertu d’une connaissance directe.

  1. La mémoire, objet d’Histoire (doc. bas de la page 78)

Quelles évolutions historiographiques évoque Jacques Le Goff ? Quelles limites souligne-t-il ?

Au moins autant qu’une tentative de reconstruction du passé, l’Histoire est devenue une interrogation sur le présent à partir des traces du passé. Ainsi, la mémoire du passé est bien souvent la clé qui permet de comprendre les comportements du présent. L’historien est à la fois celui qui met à distance les « objets chauds », les fait entrer dans le passé, mais également le passeur de mémoire qui, en mettant l’accent sur tel ou tel aspect, crée des images, des façons de percevoir le passé qui deviendront à leur tour des moteurs du devenir historique. Selon la formule de l’historien Roger Chartier, il crée « une forme de présence du passé dans le présent qui est un élément essentiel de la construction de notre être collectif ». La mémoire est un matériau essentiel de l’Histoire (témoignages…).

  1. L’historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale en France (sujet d’étude)

Dans toutes les sociétés occidentales, depuis les années 70, les questions de mémoire sont omniprésentes, reflet sans doute d’une interrogation existentielle sur l’identité, individuelle ou collective. La France n’échappe pas à la règle : elle est même saisie d’une frénésie commémorative ! Le phénomène est particulièrement net en ce qui concerne la Seconde Guerre mondiale : la France est le pays qui a le plus de commémorations officielles d’événements liés à cette guerre. Quelques exemples :

  • 27 janvier : Libération d’Auschwitz et commémoration de la libération des Camps.

  • 26 avril : Journée de la Déportation.

  • 8 mai : Capitulation allemande.

  • 18 juin : Appel du Général de Gaulle.

  • 16 juillet : Rafle du Vel d’Hiv.

  • A ces commémorations, il faut ajouter les cérémonies locales (libération de chaque commune, lieux de combats…) et les cérémonies ponctuelles, exceptionnelles (6 juin 2004).



  1. La pluralité des mémoires de la Seconde Guerre mondiale

  1. La mémoire des acteurs et témoins de la guerre

Il s’agit de ceux qui ont participé au conflit, l’ont vécu et subi. Leurs mémoires sont nécessairement engagées, souvent militantes, forcément sélectives.

Les soldats de 1940 : Habituellement, l’après-guerre est l’occasion d’une héroïsation des combattants. Mais ici, l’image de la débâcle, celle de la pagaille et de la désorganisation collent à la peau de ces anciens combattants. Ils n’eurent jamais droit aux honneurs nationaux, ni au prestige social que reçurent leurs prédécesseurs de 14/18. La seule part d’héroïsme qui leur fut concédée fut celle des évadés, et encore pas toujours sur un mode valorisant (Cf : La Vache et le prisonnier – 1959 ou La Cuisine au beurre – 1963).

2.


La vache et le prisonnier

Film français d’Henri Verneuil - 1959
En 1943, Charles Bailly (Fernandel), prisonnier de guerre de la Seconde Guerre mondiale en Allemagne, décide de s'évader de la ferme où il est employé. Sa ruse, grossière et folle en apparence, consiste à traverser le pays, la vache Marguerite en laisse et un seau de lait dans l'autre main. Ainsi va commencer cette odyssée pour l'homme et la bête, image de paix dans un pays déchiré par les haines et la violence. Après s'être séparé de l'animal, non sans lui avoir promis de ne plus jamais « manger de veau », il se dissimule sous un train pour franchir la frontière germano-française.

Alors qu'il se retrouve à la gare de Lunéville, il prend la fuite devant deux policiers français et saute dans un train en partance pour... l'Allemagne ! Ce n'est que deux ans plus tard que cet anti-héros reviendra, « comme tout le monde », de captivité.
http://images.fan-de-cinema.com/affiches/comedie/la_vache_et_le_prisonnier,0.jpg

Les requis du STO : Une partie d’entre eux revendique le statut de déporté du travail mais les déportés des camps aussi bien que les résistants le leur refusent, arguant du fait qu’un requis est un non-réfractaire qui aurait fui son devoir. D’où des frictions et des luttes entre associations représentatives des deux groupes.

Les Pétainistes et Maréchalistes : Cette mémoire s’organise dès 1945 avec la déclaration lue par Pétain devant la Haute Cour de Justice. Elle développe tous les thèmes qui seront ceux de la défense de Vichy et de son œuvre : le bouclier, le double jeu, la nécessaire continuité de l’Etat… Cette mémoire se consacre à une cause principale : la réhabilitation de Philippe Pétain. Enterré à Port-Joinville sur l’île d’Yeu depuis 1951, certains demandent le transfert de ses cendres à Douaumont. Toutefois, cette mémoire s’efface peu à peu et se marginalise. En témoigne l’émoi provoqué par le fleurissement de la tombe de Pétain par Mitterrand à la fin des années 80.

3.

Le résistantialisme selon un partisan du Maréchal Pétain

« Comment ont-ils accaparé le pouvoir ? On s’en est pris d’abord aux hommes de la IIIème République. Après les hommes politiques, on s’en est pris aux fonctionnaires, aux officiers, aux chefs d’entreprise, qu’on soupçonnait de tiédeur envers le régime nouveau. Sous couleur d’épuration, on les a déférés à des Comités de partisans. Après une parodie d’enquête et de justice, on les a révoqués ou mis à la retraite d’office, et ainsi on a décapité nos administrations, notre armée, notre marine, nos entreprises. Dans le même temps, pour anesthésier le pays et le mettre dans l’impossibilité de réagir, on a créé un régime de terreur. Des citoyens ont été les uns exécutés sommairement, les autres arrêtés et mis de longs mois dans des camps d’internement ou dans des prisons. Lorsque cette préparation préalable eut été achevée, le climat fut jugé favorable pour établir le nouveau régime qu’on préméditait ».

Discours de Lucien Lamoureux, ancien membre du Conseil national de Vichy, 14 mars 1948.

Quel contexte l’auteur évoque-t-il ici ? Qui sont les « ils » et « on » ?

Quelle opinion traduit ce texte ? Comment ?

Les déportés : En 1945, leur retour suscite l’émotion. Pendant plusieurs années, les témoignages se multiplient. Pourtant, si le message est largement émis, il est relativement peu perçu. La société française du moment semble peu préparée à comprendre vraiment et les déportés ne parviennent pas à faire saisir leur expérience de l’indicible (Cf : Le Non de klara de Soazig Aaron, Pocket, Paris, 2004).

4.

« Et nous sommes tous morts. Morts pour rien. Nous avons souffert pour rien, absolument rien. Tout gratuit. Rien, rien qui puisse servir… Je suis partie avec un corps acceptable, un visage également, des cheveux blonds et des yeux gris. Je reviens avec un visage ravagé, des cheveux gris, un corps que je n’ose pas regarder et qui n’est pas regardable. Tout cela pour rien, rien, rien… Oui, il y aura encore des gens très savants, mais notre savoir extrême, notre savoir des extrêmes, ne sera d’aucun secours ; c’est un savoir sans continuité parce qu’il est en bascule, un savoir intransmissible, et qu’est-ce qu’un savoir qu’on ne peut transmettre ? C’est rien… Un savoir qui ne sert à personne, c’est rien. Là non plus, ce savoir n’a pas de nom… »

Soazig Aaron, Le Non de Klara (roman), Pocket, Paris, 2004.

Quel avis a l’auteur sur son expérience et sa propre mémoire ? Pourquoi ?

Le cas des déportés raciaux n’est pas pris en compte dans sa spécificité. Seule est exaltée la déportation politique, outil essentiel du mythe résistancialiste. Les accusés de la Haute Cour de 1945 sont jugés pour trahison et non pour crimes raciaux. La distinction entre camps de concentration et camps d’extermination n’est pas faite, pas plus que n’est prise en compte dans sa réalité la participation française à la déportation. Indice de cette difficulté : on détruit en 1953 le Vel’ d’Hiv’, rue Nélaton dans le XVème arrondissement de Paris, sans que cela provoque de troubles de conscience.

5.

Du refoulement au dévoilement

« En 1945, les camps d’extermination nazis apparaissent comme un des aspects tragiques d’une guerre qui avait laissé un immense cortège de ruines, de souffrances et de morts, en frappant les populations civiles de plusieurs continents sans distinctions. Dans la plupart des cas, les chambres à gaz étaient perçues comme un aspect secondaire, sans qualité, de la violence nazie, dans le contexte d’une guerre chargée en horreurs. Le contraste avec la situation actuelle est saisissant. L’Holocauste est universellement reconnu comme un des épisodes les plus tragiques de l’Histoire de l’humanité, il a acquis le statut de paradigme de la violence du XXème siècle, sinon, tout court, de la modernité. Au-delà de la recherche historique, la mémoire de l’Holocauste est véhiculée par une masse considérable d’ouvrages de littérature et de témoignage, par des films de fiction qui s’adressent à un très large public, ou encore par des pièces de théâtre et des émissions télévisées. Tous les pays concernés par le génocide juif adoptent leur politique de la mémoire en entretenant des sites où se trouvaient des camps de transit, de concentration et d’extermination, en instituant des jours de commémoration, en créant des monuments et des musées ».

Enzo Traverso, La Mémoire de la Shoah, in Le Nouvel Observateur N°53, décembre 2003.

Quelle évolution des mémoires note l’auteur ? Comment cela s’est-il traduit ?

Il faut attendre les années 70 pour que s’opère un renversement de mémoire spectaculaire, avec le renouveau de la mémoire juive, dont on peut fixer le point de départ au procès Eichmann en 1961, puis à la guerre des Six jours en 1967. Les actions et les travaux des époux Klarsfeld y jouent, en France, un rôle décisif. La spécificité du génocide est mise en exergue ainsi que les responsabilités de Vichy. En 1985, le film de Claude Lanzmann impose en France le terme Shoah. Des associations (Fils et filles de déportés juifs de France, Amicale des anciens d’Auschwitz…) multiplie les cérémonies, commémorations, débats et témoignages.
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