Femmes africaines et luttes plurielles Le site Terriennes





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Femmes africaines et luttes plurielles




Le site Terriennes


Un portail dédié aux femmes : leurs parcours, leurs combats, les idées reçues les concernant à travers des entretiens, des articles, des reportages, une frise historique, des slogans ironiques, des dessins humoristiques, etc. - www.tv5monde.com/terriennes.

Le parcours pédagogique (niveau B2)


L’objectif pédagogique : s’interroger sur le féminisme en Afrique et comprendre son évolution.

Ressources du site utilisées :

  • Le dossier : Le destin des « Mademoiselles frigidaires »

  • La vidéo : Motardes africaines ?

  • La frise historique

  • Les slogans en bandeau en haut des pages. Les bandeaux se succèdent de façon aléatoire.


Objectifs


Objectifs communicatifs :

  • Commenter une citation.

  • Comprendre globalement et en détail un article de presse et un reportage.

  • Comparer différentes formes de féminisme.

  • Imaginer un slogan.

  • Rédiger un portrait.

  • Donner son opinion et la justifier.


Objectif (socio-) linguistique :

  • Enrichir son vocabulaire sur le thème du reportage.


Objectifs (inter-) culturels :

  • Découvrir le féminisme dans un lieu donné.

  • En savoir plus sur l’Afrique et son histoire.



Liste des activités



B2 Africaines plurielles

B2 Des lignes qui bougent

B2 Deux roues pour changer le monde

B2 Une lutte, des luttes ?

B2 Et aujourd’hui ?

Africaines plurielles

L’historique interactif


Niveau : B2


En salle multimédia.

En bas de la page d’accueil du site « Terriennes », cliquez sur « l’historique interactif ».

À deux. Cliquez sur les dates suivantes : 1965 – 1985 – 2000 – 2003.

Présentez à la classe les lieux et événements correspondants. Quels sont les problèmes mentionnés ?

Quels sont les points communs entre toutes ces dates ?
Variante :

Faites l’activité 1 de la fiche apprenant. Justifiez votre choix.

Accepter toutes les réponses qui sont justifiées. Faire une correction commune à l’oral et donner les réponses de l’historique interactif.

Quels sont les points communs entre tous ces événements ?
Pistes de corrections / Corrigés :

1965 : Tunisie, réforme de la condition de la femme : égalité des salaires, scolarisation obligatoire pour les filles et les garçons de 6 à 12 ans.

1985 : Kenya, troisième Conférence mondiale des femmes de Nairobi, les féministes utilisent cette tribune pour dénoncer le modèle néocolonialiste dominant, qui ignore les besoins fondamentaux des femmes et des populations.

2000 : Première marche mondiale contre la violence faite aux femmes. 10 ans plus tard, cette marche convergera vers la République démocratique du Congo.

2003 : Égypte. La déclaration du Caire réclame l’élimination des mutilations génitales féminines et propose des normes législatives pour leur prévention.

Ces événements mentionnent les différences de salaires entre les hommes et les femmes, la scolarisation, la colonisation, la violence et les mutilations faites aux femmes.

Toutes les dates concernent des avancées sur le thème des droits des femmes et le continent africain.
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Des lignes qui bougent

L’article « Le destin des Mademoiselles frigidaires »


Niveau : B2


Sur www.tv5monde.com/terriennes, taper « demoiselles frigidaires » dans le moteur de recherche en haut à droite. Consulter le dossier Le destin des « Mademoiselles frigidaires ». Dans la rubrique « Photos d’archive » présente en bas de l’article, sélectionner des photos, au moins 4. Les extraire, les projeter ou les faire circuler dans la classe.

En petits groupes. Décrivez les photos. Identifiez-en l’époque, le lieu, le sujet.

Un article correspond à ces photos. En vous aidant de son titre : « Le destin des Mademoiselles frigidaires », faites des hypothèses sur son contenu.

Mise en commun à l’oral.

Indiquer aux apprenants le chemin pour découvrir sur Internet le dossier dans son ensemble (texte + photos) ou distribuer le texte sans oublier l’encart. Pour les aider à mieux situer l’article dans son contexte historique, inviter les apprenants, avant de faire l’activité, à lire l’encart explicatif sur l‘Afrique-occidentale Française, présent à droite de la page.

En petits groupes. Lisez rapidement cet article et expliquez-en le titre.
Pistes de corrections / Corrigés :

Ce titre fait allusion à l’un des surnoms donnés à des femmes africaines recrutées pour un programme de formation dans les années 60, en Afrique-Occidentale française, colonisée à l’époque par la France.
Faites l’activité 2 de la fiche apprenant.
Pistes de corrections / Corrigés :

a. Leur identité : Ce sont des femmes africaines, de l’AOF, qui ont été sélectionnées par l’État français pour suivre une formation pour devenir institutrices, infirmières, sages-femmes…

Leur nombre : Il y a eu environ 1000 femmes diplômées sur toute la période (dans les années 60).

Leur recrutement : Elles étaient d’abord recrutées parmi les métisses, dont le père était européen et la mère africaine, et les Euro-africaines issues de familles originaires du golfe de Guinée. Il y a eu aussi un recrutement forcé : l’administration coloniale demandait à des chefs de tribu de recruter des filles.

Leur quotidien, leurs conditions de vie : Elles vivaient à l’école en permanence pendant leur formation, la discipline était très stricte, puis elles pouvaient être envoyées dans tout le territoire, parfois loin de chez elles.

La façon dont elles ont été considérées à l’époque :

a. par les Africains : elles ont eu une image de femmes précieuses, occidentalisées, prétentieuses, superficielles, elles avaient globalement une mauvaise image. Elles se sont heurtées aux populations locales, elles dérangeaient beaucoup.

b. par les Français : elles pouvaient aussi subir le racisme des Blancs, car elles étaient considérées comme paresseuses et inférieures.

Leur rôle dans l’évolution de la société africaine : Elles ont fait changer les lignes : au sein du couple, puisqu’elles ont fait comprendre à leurs maris qu’elles pouvaient donner leur avis, mais aussi vis-à-vis de leurs propres filles qu’elles ont scolarisées pour leur donner la possibilité d’avoir un vrai métier. Elles ont été une génération charnière entre leurs mères analphabètes et leurs filles éduquées et émancipées.

L’objectif de l’État français dans cette opération : L’État français avait un double objectif : d’une part, équilibrer les relations dans les couples africains, car les hommes qui faisaient partie de l’élite africaine avaient été scolarisés et leurs femmes devaient être éduquées, elles aussi. Les colonisateurs redoutaient que cette différence provoque une forme de « divorce intellectuel ». D’autre part, l’État français pensait qu’en éduquant les filles, on pouvait leur transmettre des valeurs qu’elles transmettraient elles-mêmes à leurs enfants.
Noter la phrase suivante au tableau et amener les apprenants à la repérer dans l’article, dans le cinquième paragraphe : « Leur formation reposait sur une double injonction implicite ».

En petits groupes. Expliquez cette phrase en vous appuyant sur le contexte de l’article. 
Pistes de corrections / Corrigés :

« Leur formation reposait sur une double injonction implicite » : elles devaient à la fois être meilleures que leurs paires, devenir des Africaines évoluées, mais rester « à leur place », une place de colonisée.
En petits groupes. Discussion. Que pensez-vous du parcours de ces femmes : où le situez-vous « entre émancipation et stigmatisation » ?
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Deux roues pour changer le monde

La vidéo : Motardes africaines


Niveau : B2


Sur www.tv5monde.com/terriennes, en bas de la page d’accueil, dans la rubrique « Quand la télé parle des femmes… », rechercher la vidéo « Motardes africaines ». Montrer le début du reportage jusqu’à « … et on fait la fête » (1’30 environ). Préciser que l’émission date de 1986.

À deux. Présentez le sujet de ce reportage en une phrase (lieu, époque, action, but…). 
Pistes de corrections / Corrigés :

- Au Burkina Faso, en 1986, des femmes font une croisière à moto pour essayer de changer les mentalités.
Montrer la vidéo en entier.

À deux. Faites l’activité 3 de la fiche apprenant.

Pistes de corrections / Corrigés : Les constats :


  • Leurs problèmes, leurs luttes :
    L’impérialisme

    Les femmes battues

    Les femmes torturées

    • L’excision

    Leur rôle, leur quotidien :

    Les femmes s’occupent…

    Des enfants

    À 80% du travail agricole

    Des ressources alimentaires

    • De l’eau, du bois, etc.


Les espoirs :


Les revendications :

Un emploi et un salaire

Le partage des responsabilités

L’éducation

L’égalité avec les hommes

L’arrêt de l’excision



Les moyens utilisés pour changer les mentalités :

Une course de motos et mobylette

La semaine de la femme

La journée du marché obligatoire pour l’homme

La charte de la famille

Une émission télé


À deux. Par qui cette initiative est-elle soutenue et quel en est l’objectif final ?

En quoi vous semble-t-elle originale ?

Mise en commun à l’oral sous forme de discussions.
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Une lutte ou des luttes ?


Niveau : B2


En petits groupes. Faites l’activité 4 de la fiche apprenant.

Mise en commun.

Comparez les « motardes africaines » et les « demoiselles frigidaires ». S’agit-il de la même forme de féminisme selon vous ? Expliquez.
Faire observer le bandeau qui se trouve en haut de la page « Terriennes », au-dessus du dossier, et son principe. (La première phrase est détournée, les mots « femme » et « homme » sont inversés. La deuxième phrase, précédée de l’astérisque donne la « vraie » information.)

À deux. Faites l’activité 5 de la fiche apprenant.
Quel(s) autre(s) point(s) évoqué(s) dans les documents précédents vous semble(nt) important(s) ? Imaginez un bandeau sur ce modèle pour l’illustrer.
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Et aujourd’hui ?


Niveau : B2


Chercher l’article « Chefs d’entreprises et femmes d’influence : témoignage » : sur www.tv5monde.com/terriennes, taper « Africaines diplômées » dans l’onglet de recherche, cliquer sur le dossier intitulé « 18 femmes d'affaires africaines sur les bancs de l'ENA », puis sur le titre de l’article.

Chercher aussi la vidéo « Nigeria : 2e sommet économique des femmes d'affaires africaines » : taper à nouveau « Africaines diplômées » dans l’onglet de recherches, puis cliquer sur le titre de la vidéo.
Diviser la classe en deux groupes, un travaille sur l’article, l’autre sur la vidéo.

Groupe A : Lisez les témoignages. Qu’apprenez-vous sur la situation des femmes en Afrique aujourd’hui ? En avez-vous une image optimiste ? Expliquez.

Groupe B : Regardez la vidéo. Qu’apprenez-vous sur la situation des femmes en Afrique aujourd’hui ? En avez-vous une image optimiste ? Expliquez.

Mise en commun à l’oral. Chaque groupe présente à l’autre son travail. Noter au tableau les principales idées. Inciter les apprenants à échanger leurs opinions oralement pour mutualiser leurs représentations de la femme africaine d’aujourd’hui.
Proposer aux apprenants la déclaration suivante de Mawutoè d’Almeida, ancien ministre togolais et auteur d’un livre intitulé Redonnons le pouvoir aux femmes, lors d’un entretien destiné à parler des « valeurs de la femme africaine aujourd'hui et demain » : « Une dernière bombe arrive : la bombe F. La bombe Femme. Après la bombe H et la bombe A. Et cela va changer beaucoup de choses… »

En petits groupes. Appuyez-vous sur les deux documents et sur votre opinion personnelle pour commenter cette affirmation et prendre position.

Mise en commun sous forme de discussions.
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L’article : Le destin des « Mademoiselles frigidaires »

L’encart : Afrique-Occidentale française



Afrique-Occidentale française131650_vignette_07-aof-full

Entre 1895 et 1958, l’Afrique-Occidentale française (AOF) regroupe huit colonies françaises d'Afrique de l'Ouest, avec l'objectif de coordonner sous une même autorité la pénétration coloniale française sur le continent africain. Constituée en plusieurs étapes, elle réunit à terme la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan français (devenu Mali), la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Niger, la Haute-Volta (devenue Burkina Faso) et le Dahomey (devenu Bénin), soit près de 25 millions de personnes au moment de sa dissolution.
Au moment des indépendances, dans les années 60, elles ne sont pas plus de 1000 Africaines à avoir décroché un diplôme pour exercer les métiers d'institutrices, de sages-femmes ou d'infirmières. Des études supérieures qui leur servent de formidable tremplin, mais qui provoquent aussi un déracinement.


Dans
Africaines et Diplômées à l'époque coloniale, l'historienne Pascale Barthélémy raconte leur parcours, inconnu jusque-là. Entre émancipation et stigmatisation.
Qui sont ces "Mademoiselles frigidaires" dont vous retracez l'histoire ?

C'est l'un des nombreux sobriquets donnés aux premières femmes africaines qui ont été diplômées en Afrique-Occidentale française à l'époque coloniale. Après leurs années de formation pour devenir institutrices, infirmières ou sages-femmes, elles sont affectées sur l'ensemble du territoire de l'AOF, parfois très loin de leur région d'origine. Et là, elles se heurtent à la réaction des populations locales, masculine comme féminine. Elles dérangent beaucoup. Elles sont des représentantes de l'État colonial et gagnent leur vie. Elles sont considérées comme occidentalisées, prétentieuses et superficielles. On les surnomme les « femmes savantes », les « précieuses ridicules », les « marionnettes nègres » ou bien encore les « demoiselles frigidaires ».
Réservée tout particulièrement aux institutrices, cette expression fait référence à leur soi-disant goût du luxe, à l'idée qu'il leur fallait absolument un frigidaire pour survivre, sans parler de la connotation sexuelle qui sous-entend une forme de frigidité.
Pourquoi l'État français s'est-il préoccupé de l'instruction des Africaines en AOF ?

C'est une préoccupation qui remonte au début du XXe siècle. L'administration coloniale visait un double objectif. D'abord rétablir un équilibre au sein des couples africains. Il existait déjà une élite masculine africaine, scolarisée au cours de la seconde moitié du XIX siècle. Mais ces hommes se retrouvaient sans épouses éduquées. Les colonisateurs redoutaient une forme de divorce intellectuelle, ce qui aurait pu mettre en péril ce qu'on appelait à l'époque « l'œuvre civilisatrice » de la France. Il fallait donc éduquer filles noires pour qu'elles deviennent des épouses « évoluées » selon le terme de l'époque.
L'autre objectif reposait sur l'idée qu'en scolarisant les filles, on éduquait aussi de futures mères dans le respect des valeurs coloniales qu'elles transmettraient elles-mêmes à leurs enfants.
Comment ces jeunes Africaines étaient-elles recrutées ?

D'abord il n'a jamais été question d'instruire toutes les filles de l'Afrique-Occidentale française. Il y a eu environ 1000 femmes diplômées sur toute la période : 600 sages-femmes, 400 institutrices et quelques dizaines d'infirmières. Ce qui est vraiment très peu pour un territoire qui compte 20 millions d'habitants au moment des indépendances dans les années 60 et qui fait 8 fois la superficie de la France.
Le recrutement se fait d'abord parmi les métisses, issues de relations entre hommes européens et femmes africaines, et les Euros-Africaines qui viennent de familles métissées de longue date établies sur la côte du golfe de Guinée. Enfin, il y avait le recrutement forcé de base. L'administration coloniale demandait, de manière assez coercitive, à des chefs de tribus de recruter des filles dans son entourage ou au sein même de sa famille.
Vous parlez, dans votre ouvrage, de « dressage d'une minorité ». Quel était leur quotidien à l'école de médecine et à l'école normale de Rufisque au Sénégal ?

Comme elles étaient recrutées sur toute l'AOF, elles vivaient à l'école de manière quasiment permanente pendant quatre cinq ans. La discipline était extrêmement stricte....
Ont-elles subi une forme de racisme au cours de leurs études ?

Il y avait des relents de racisme, mais cela passait par des choses qui n'étaient pas assumées comme telles. Il faut se remettre dans le contexte de l'époque. Dans la tête du colonisateur, il y a une hiérarchie entre les peuples. Certaines Africaines m'ont dit qu'elles étaient traitées de sales nègres ou d'idiotes à l'école primaire. À l'école normale de Rufisque, le racisme passe, par exemple, par l'idée que les femmes africaines portent en elles une paresse congénitale. On leur fait faire de l'éducation physique, on leur donne de mauvais points quand elles marchent trop lentement dans la cour. Leur formation reposait sur une double injonction implicite : devenez des Africaines évoluées, mais ne franchissez pas certaines limites, restez à votre place, celle de colonisées et de femmes.
Ont-elles vécu leurs années de formation dans la douleur ?

Quand je les ai rencontrées pour recueillir leur témoignage, je m'attendais à plus de rancune ou d'amertume de leur part. Mais non pas du tout. Il faut dire qu'il y a l'effet de reconstruction du passé qui tend à embellir les années de jeunesse. Mais je pense que l'instruction dont elles ont bénéficié a été une telle ouverture pour ces femmes qu'elles y ont totalement adhéré. Contrairement aux garçons africains de l'École normale William Ponty qui, eux, étaient plus dans la contestation et la revendication.
Femmes pionnières, quelles normes ont-elles bouleversées ? Quelle a été leur révolution ?

Elles ne se revendiquent pas comme féministes, mais il est vrai qu'elles ont fait changer les lignes. Par exemple, au sein du couple, elles ont fait prévaloir la négociation en faisant comprendre à leur mari qu'elles avaient leur mot à dire. Avec parfois de grosses difficultés aboutissant au divorce. Et puis, elles ont elles-mêmes scolarisé leurs propres filles et les ont poussées à acquérir à leur tour un métier. De manière plus anecdotique, elles ont initié des comportements inédits. Elles ont été les premières à traverser les villages à bicyclette, à conduire leur voiture... Entre leur mère analphabète et leurs filles plus émancipées, elles ont été une génération charnière. Elles ont fait la bascule au moment des indépendances africaines.

www.tv5monde.com/terriennes

Entretien avec Pascale Barthélémy,

Propos recueillis par Camille Sarret,

16/06/2011

Transcription de la vidéo : Motardes africaines



Présentateur du JT

Ce soir à 22h10 dans le magazine « résistances », je vous invite à regarder une enquête de Dominique Torrès sur les femmes et l’Islam. Auparavant, un exemple : une situation originale au Burkina Faso, anciennement Haute-Volta, le gouvernement du capitaine Sankara veut émanciper la femme africaine, cela se fait à coup d’opérations publicitaires, mais aussi de mesures pour changer les mentalités.

Voix off

Une semaine de cross pour ce commando de choc et de charme, une soixantaine de femmes de la capitale Ouagadougou, en mobylettes et grosses cylindrées1, avec un seul but : permettre enfin l’essor2 de la femme africaine.

Première femme interviewée

On n’avait jamais vu, au Burkina Faso, des femmes faire une croisière de 2000 km à peu près.

Deuxième femme interviewée

Ce que les hommes peuvent faire, les femmes aussi peuvent le faire. C’est pour cela que nous avons organisé la croisière des femmes. Nous allons tenter de voir si nous pouvons suivre le même rythme que les hommes.

Voix off

Oui, le féminisme africain prend aujourd’hui les virages à toute vitesse. Pas simple, la tâche de ces dames bottées et casquées sous le soleil de plomb. D’abord braver les regards moqueurs, puis inciter, partout sur leur passage, les paysannes à revendiquer le partage des responsabilités. Il s’agit d’abord de s’imposer, puis de changer progressivement les mentalités. À chaque étape on s’arrête : palabres3 et discussions, et on fait la fête.

Femme

L’impérialisme… Les maris qui battent les femmes… Les maris qui torturent les femmes… (…)

Voix off

Depuis deux ans qu’il est au pouvoir, le fougueux capitaine Sankara n’a cessé d’exhorter les femmes à lutter pour l’égalité.

Le président Sankara

Ce qui veut dire que nous devons donner à chaque femme un emploi. Nous devons donner à chaque femme le moyen de gagner honnêtement et dignement sa vie.

Voix off

Quatorze heures de travail quotidien, une espérance de vie de 32 ans : la femme africaine fournit près de 80 % du travail agricole ainsi que la moitié des prestations nécessaires à l’alimentation. Ces femmes s’occupent tout à la fois des enfants, du ménage, du ramassage de bois, de l’eau à chercher à des kilomètres de distance, de la nourriture de la famille, du champ du mari et de leur champ personnel. Nous sommes bien loin de l’image d’Épinal* de la joie de vivre dans la brousse. Sans l’éducation des femmes, point de salut4. C’est en tout cas la conviction du gouvernement Sankara, qui multiplie les initiatives destinées à changer les mentalités sur des questions aussi variées que le salaire des femmes, et l’excision.

Joséphine Ouedraogo, ministre de l’essor familial et de la solidarité nationale

Avant d’appliquer, d’utiliser une méthode de coercition5, il faut sensibiliser, et c’est ce que nous sommes en train de faire. Et à partir d’un certain moment, plus personne ne s’étonnera qu’on attrape une exciseuse, qu’on lui fasse payer une amende ou qu’on l’enferme s’il le faut trois mois. Et c’est là où il y aura maintenant le recul, peut-être, de la pratique de l’excision6.


Voix off

Peu d’argent au Burkina Faso, mais des idées. Après « la semaine de la femme », « la journée du marché obligatoire pour l’homme », et la charte de la famille, la télévision locale lance « la colombe de la révolution ». Pourvu que le gouvernement ne les « laisse pas tomber* ».
Vocabulaire :

1 Des grosses cylindrées : s’emploie pour parler de grosses motos.

2 L’essor : le développement.

3 Des palabres : En Afrique, la palabre est une coutume de rencontre et de création ou de maintien de lien social.

4 Le salut : Fait d'être sauvé ou de se sauver d'un danger, délivrance, libération.

5 La coercition : l’action de contraindre, exercée sur quelqu'un, pour le forcer à agir ou à s'en abstenir.

6 L’excision : l'ablation d'une partie de tissu biologique. Le terme excision est communément utilisé pour désigner une mutilation génitale féminine.
Notes culturelles

* Une image d’Épinal est une estampe au sujet populaire et de couleurs vives, cette expression désigne généralement une image très répandue, simpliste.

* Cette expression évoque les paroles de la chanson entendue en fond dans le reportage : « Femme libérée », chantée par Cookie Dingler : « Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile, être une femme libérée, tu sais c’est pas si facile ». 

Transcription de la vidéo : Nigeria : 2e sommet économique des femmes d’affaires africaines
Voix off

Elles sont africaines et femmes d’affaires, un profil encore peu répandu. En Afrique subsaharienne seules 26 % des PME sont détenues par des femmes, pourtant l’Afrique repose largement sur leur travail. Les femmes africaines constituent près de 70 % de la force agricole du continent.

Cecilia Akintomide, vice-présidente de la banque africaine de développement

À chaque fois que l’on parle des problèmes liés aux femmes, et en rapport avec les perspectives économiques, les gens ne semblent pas faire le rapprochement, pourtant on parle de la moitié de la population africaine. Si vous voulez une véritable croissance, vous ne pouvez pas exclure la moitié de la population globale.

Voix off

Pour la ministre nigériane des Finances, le progrès de la situation économique des femmes va de pair avec des enjeux de santé et d’éducation. La coutume leur dénie un accès égal au crédit dans de nombreuses régions rurales, alors comment faire pour qu’elles puissent bénéficier, au même titre que les hommes, des produits et services financiers, voilà tout l’enjeu de cette réunion.

Ngozi Okonjo-Iweala, ministre nigériane des Finances

On s’est concertés avec la banque centrale pour trouver des solutions au financement des projets de femmes. Je ne parle pas juste de micro-crédit, mais aussi de moyens crédits. Nous avons beaucoup d’exemples de grosses réussites de femmes qui ont besoin d’aide pour progresser, et qui n’ont pas les moyens. Je rêve de créer une coopération entre la banque centrale et ces femmes.

Voix off

Dans le même temps, la communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest a signé vendredi un accord : il prévoit la création d’un fonds de garantie pour les femmes entrepreneurs en milieu rural, début d’une prise de conscience des efforts à faire pour impliquer davantage les femmes dans le développement économique de l’Afrique.
www.tv5monde.com/terriennes

Sujet de C. Abodati

16/07/2012

Fiche réalisée par Margot Bonvallet,

CAVILAM – Alliance française, Vichy – février 2013

Femmes africaines et luttes plurielles /


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