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BIO

Léo Scheer
Présentation.

Entre le 29 mai 2008 et le 31 mars 2010, j’ai mis en ligne sur mon blog des Editions Léo Scheer des billets reprenant des fragments de souvenirs. J’ai appelé ça BIO, c’était à mes yeux, une façon « Internet » de parler de sa vie. Ce ne sont que des billets d’un blog et ils n’étaient écrits que dans la perspective des commentaires qui l’accompagnaient. Je les reprends ici comme m@nuscrit sachant que leur forme ne permet pas d’en faire un livre papier. Cela m’intéresse de voir concrètement comment cela se passe pour quelqu’un qui met un m@nuscrit en ligne. Et puis, c’est une façon d’avancer sur le chemin d’une connaissance réciproque avec les membres de m@n.
568. Bio. (1)

Par Léo Scheer, jeudi 29 mai 2008 :: #568 :: rss
Je suis né le 29 mai 1947 à Pocking en Bavière, dans le camp pour "personnes déplacées" géré par l' I.R.O. Mes parents, Myriam et Aaron étaient là, avec mon frère Henri, né en 1937. C'était le terme du parcours qui les avait conduit du ghetto de Cracovie où ils vivaient en 1939, à la déportation, puis la fuite à Kiev, l'autre déportation en Sibérie, l'Ouzbékistan à la fin de la guerre, le retour en Pologne et finalement le départ vers ce camps de réfugiés. Ils étaient les seuls survivants de leurs familles respectives, situation qui est aujourd'hui la mienne, je mesure à quel point elle était peu probable. Lorsque, quelques années plus tard, on leur dit qu'il fallait faire un dossier pour l' Etat Allemand qui avait décidé d'indemniser les victimes, l'avocat en charge leur expliqua qu'il valait mieux passer sous silence cette naissance qui pourrait sembler suspecte. Lorsque les experts venaient chez nous pour vérifier notre situation, on me cachait, il était clair que je n'aurais pas dû naître ce 29 mai.
http://www.leoscheer.com/blog/2008/05/29/568-bio-1
577. Bio (2)

Par Léo Scheer, jeudi 5 juin 2008 :: #577 :: rss
Le périple familial, commencé quatre siècles plus tôt à Córdoba, va s'interrompre à Paris, sur le chemin de l'Amérique. À cause d'un ami d'enfance de mon père, qui lui proposa de l'aider à s'y installer, je ne deviendrai jamais Président des États Unis; pour les natifs du 29 mai, ce sera John de Brookline. Jusqu'en 1958 nous habitions au 44 rue de la Folie Méricourt, dans le 11e. Une pièce au deuxième étage, et l'atelier de "confection pour dames" au 6e. Mes parents à la machine, Marthe la finisseuse, Sol au repassage. Personne ne parlait français; c'était le russe avec Sol, le polonais entre nous, et le Yiddish avec Marthe qui était mariée à un allemand. Il y avait un grand coffre en bois pour stocker les tissus. En rentrant de l'école, chaque jour, je grimpais dessus, et je leurs faisais la leçon. En échange, ils avaient fixé un tableau au mur pour mes cours de français, Sol m'apprit à jouer aux échecs et Marthe me laissait me blottir contre sa poitrine.
http://www.leoscheer.com/blog/2008/06/05/577-bio-2
584. Bio (3)

Par Léo Scheer, samedi 7 juin 2008 :: #584 :: rss
En 1955, à huit ans, j'entre au S.K.I.F. (Les Faucons Rouges), un mouvement révolutionnaire de jeunesse du Bund, affilié à la 4e Internationale. Réunions chaque jeudi au 110 rue Vieille du Temple, dans le 11e, pour "déconstruire" l'école. Les vacances scolaires se passent au Chateau de la Villette à Corvol l'Orgueilleux dans la Nièvre. L'uniforme : chemise bleue, foulard rouge, anneau de métal avec un faucon. Le matin, levée du drapeau rouge au chant de l'Internationale. Dans mon souvenir, nous sommes un trentaine de garçons et filles, la mixité est une des règles, mais l'objectif principal est de former des "cadres" pour la "révolution mondiale" rêvée par Trotsky. Régulièrement, le pouvoir est donné aux enfants qui décident de leur propre mode d'organisation. L'enjeu est de se faire désigner comme "chef". Chaque année, je me retrouve en compétition avec un autre petit garçon qui deviendra plus tard le "chef", pour de bon, de l'A.J.S. sous le nom de Charles Berg. Je découvre que je suis beaucoup plus intéressé par Marie-Berthe, une très jolie petite fille rousse dont je tombe amoureux, et je quitterai le S.K.I.F. à l'âge de 13 ans pour la Fédération Anarchiste dont les idées me conviennent mieux à l'époque. En plus, la rue Terneau où est vendu le Monde Libertaire et où se déroulent les réunions, est à deux pas du 44 rue de la Folie Méricourt.
http://www.leoscheer.com/blog/2008/06/07/584-bio-3
596. Bio (4)

Par Léo Scheer, samedi 14 juin 2008 :: #596 :: rss
En 1958, nous quittons la pièce, dans le 11e, où nous dormions tous les quatre, pour un appartement, 28 rue des Petites Écuries, dans le 10e. Il est assez grand pour y installer l'atelier et une chambre que je partage avec mon frère. Je suis au lycée Jacques Decour; sept années radieuses dans mon souvenir. Mon père avait quitté sa famille de rabbins à l'âge de 13 ans parce qu'il refusait de suivre cette tradition, il m'initia au métier de tailleur en espérant qu'elle ne me rattraperai pas. Plus j'avançais, plus il devenait clair que je ne serai ni rabbin ni tailleur. Lorsque, à cet âge symbolique, je refusais de faire ma Bar Mitzvah, derrière sa réprobation de façade, je sentis un certain soulagement. Il pouvait, dès lors, me transmettre de façon plus sereine, les récits Hassidiques qui avaient scandé son enfance.
http://www.leoscheer.com/blog/2008/06/14/596-bio-4
618. Bio (5)

Par Léo Scheer, samedi 5 juillet 2008 :: #618 :: rss
De 1958 à 1965, Lycée Jacques-Decour, (5e M1 1959) lieu de nombreuses manifestations contre la guerre d'Algérie. Quelques leaders s'affirment, comme Henri Weber, venu de l'Hachomer Hatzaïr. Son jeune frère, qui est dans ma classe, décide de partir vivre dans un Kibboutz en Israël. Durant ces sept années, je suis pris d'une frénésie d'apprentissage. J'essaye d'être "premier" dans toutes les disciplines, sous le regard amusé de mes parents. Je m'inscris à l'atelier de beaux-arts de l'Impasse Frochot, où l'on pouvait croire que les modèles de Toulouse-Lautrec avaient créé une charge héréditaire; je suis au Racing Club de France ou je me soumets à un entraînement intensif : (athlétisme, gymnastique, football, rugby); je crée avec des amis, fils de fourreurs du Faubourg Poissonnière, un groupe de rock; le dimanche après-midi, nous allons jouer Apache des Shadows au Golf Drouot. Je suis "guitare rythmique", j'ai abandonné le violon offert par mes parents, (mon unique regret). Dernier souvenir, ce 5 juillet de résultats du Bac, mon sujet à l'oral de philo : "Le rôle de l'abstraction dans l'art", un vrai coup de chance.
618. Bio (5)

Par Léo Scheer, samedi 5 juillet 2008 :: #618 :: rss
De 1958 à 1965, Lycée Jacques-Decour, (5e M1 1959) lieu de nombreuses manifestations contre la guerre d'Algérie. Quelques leaders s'affirment, comme Henri Weber, venu de l'Hachomer Hatzaïr. Son jeune frère, qui est dans ma classe, décide de partir vivre dans un Kibboutz en Israël. Durant ces sept années, je suis pris d'une frénésie d'apprentissage. J'essaye d'être "premier" dans toutes les disciplines, sous le regard amusé de mes parents. Je m'inscris à l'atelier de beaux-arts de l'Impasse Frochot, où l'on pouvait croire que les modèles de Toulouse-Lautrec avaient créé une charge héréditaire; je suis au Racing Club de France ou je me soumets à un entraînement intensif : (athlétisme, gymnastique, football, rugby); je crée avec des amis, fils de fourreurs du Faubourg Poissonnière, un groupe de rock; le dimanche après-midi, nous allons jouer Apache des Shadows au Golf Drouot. Je suis "guitare rythmique", j'ai abandonné le violon offert par mes parents, (mon unique regret). Dernier souvenir, ce 5 juillet de résultats du Bac, mon sujet à l'oral de philo : "Le rôle de l'abstraction dans l'art", un vrai coup de chance.
http://www.leoscheer.com/blog/2008/07/05/618-bio-5
645. bio (6)

Par Léo Scheer, dimanche 10 août 2008 :: #645 :: rss
Mon frère, Henri, est né en 1937 dans le ghetto de Cracovie en Pologne. Il était parvenu, après la guerre, a effacer toute trace apparente de ce qu'il avait vécu. Il avait repris l'atelier familial, était un des pionniers du Club Méditerranée (où, chaque été, il devenait G.O. de plongée sous-marine), passait ses journées à travailler, ses nuits en "boites" et vouait un véritable culte à son corps d'athlète.

Nous dormions dans la même chambre, il était, pour moi, comme un deuxième père. En 1965, à 28 ans, son enfance le rattrapa sous la forme d'une "rupture psychique". Il passa le reste de sa vie, jusqu'à sa mort en 1989, entre les hopitaux psychiatriques et la maison, à reconstituer un de ces corps qui avaient hanté son enfance. Une maladie que les "psys" ne parvenaient pas à cerner, même si son origine semblait évidente (ils m'avaient recommandé de lire Olivier Sacks).

Nous partageâmes cette chambre encore durant trois années. En mai 68, j'ai eu 21 ans (l'âge de la majorité à l'époque, qui permettait, dans certaines conditions, d'obtenir la nationalité française) je me suis marié le 13 juillet 1968 (on ne marie pas en France le 14 juillet), j'ai quitté la maison, mais je l'ai accompagné jusqu'au bout de son calvaire.
http://www.leoscheer.com/blog/2008/08/10/645-bio-6
734. Bio (7)

Par Léo Scheer, samedi 30 août 2008 :: #734 :: rss
Mai 68, je passe. Mariage le 13 juillet 1968 à la Mairie du 10 ème Arrondissement avec Elizabeth rencontrée trois ans plus tôt, fille unique d'une famille de Catalans originaires de Sabadell près de Barcelone. Son père avait rompu avec son milieu d'industriels pour s'engager dans les rangs du P.O.U.M pendant la guerre d'Espagne au cours de laquelle sa première femme fut tuée.
Au cours des trois années précédentes, en parallèle de mes études, je travaille à la SEMA-SOFRES, d'abord comme "enquéteur" sur le terrain, puis comme chargé d'études dans une tour du Boulevard Brune. Au moment où le mouvement étudiant se tourne vers les "travailleurs" je suis propulsé à la tête d'un mouvement de grêve avec occupation des locaux. Chargé des négociations avec la direction pour les augmentations de salaires, je parviens à obtenir une augmentation collective de 25%.
Le PDG me convoque dans son bureau, je pensais que c'était pour m'annoncer mon licenciement. En fait, il me propose de venir travailler avec lui au Commisariat du Plan où il dirige une Commission chargée de réfléchir à l'avenir de la France et à la réforme de l'Etat. Je lui dis qu'à 21ans et sans expérience, c'est peut être un peu court pour ce genre de poste. Il ne veut rien entendre, mais me demande quand même si je suis Français, condition nécessaire pour devenir fonctionnaire. Je lui montre alors fièrement la carte d'identité toute neuve que je viens d'obtenir par naturalisation.
Quelques mois plus tard, Chaban Delmas devient Premier Ministre et lance sa "Nouvelle Société" Nous nous retrouvons à la tête d'un budget considérable pour financer la recherche en sciences sociales et "éclairer" les Grands Corps de l'Etat sur ce qu'il convient de faire dans ce pays encore bouleversé par les "évènements".
http://www.leoscheer.com/blog/2008/08/30/734-bio-7
764. Bio.(8)

Par Léo Scheer, mercredi 10 septembre 2008 :: #764 :: rss
Pendant les 10 années des 70's je m'occupe du programme de recherche en sciences humaines financé et piloté par un comité interministériel composé du Commissariat au Plan, du Ministère de L'Équipement, de la DGRST, mais aussi de la Datar, de l'Intérieur et, bien sûr, de Matignon.
Ce domaine : CNRS, Université et Labos, est dominé, à l'époque, par deux courants : d'une part, des libéraux orientés vers les méthodes venues des USA...,de l'autre, des marxistes "orthodoxes" dans l'orbite du Parti Communiste. Héritage désuet de la guerre froide.
Nous parvenons à réorienter ces moyens vers ce qui nous semble être le plus intéressant et que les américains appèleront "French Théory" : Lyotard, Deleuze, Guattari, Foucault, Baudrillard, Derrida etc, développant des groupes de chercheurs qu'ils inspiraient, tel le CERFI.
Mon travail consiste alors à financer et à piloter ces recherches (où je me fais beaucoup de copains) et à faire remonter les résultats vers l'administration, en particulier vers les Grands Corps de l'Etat (où les copains sont plus rares).
J'ai le souvenir de séances de formation des Préfets, souvent bien plus âgés que moi, qui supportaient mal ce que j'avais à leur dire de leur avenir professionnel...
Cette action a donné d'excellents résultats du côté de la vie intellectuelle française, c'est une période florissante de la pensée, marquée par des livres importants, dont nous aidions la publication, (c'est ainsi que j'ai découvert le domaine de l'édition), mais assez médiocre dans celui de la transformation de l'Etat, de ses pratiques et de sa mentalité.

http://www.leoscheer.com/blog/2008/09/10/764-bio8
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