Une réception posthume difficile pour un nom de plus en plus inconnu





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Déchiffrer l’énigme Marcel Jousse (1886-1961)

au regard de l’éclipse de Pierre Janet (1859-1947)


Lorsque l’on s’intéresse à la vie et aux recherches du professeur Marcel Jousse (1886-1961), s.j., professeur d’anthropologie linguistique à l’Ecole d’anthropologie de Paris de 1933 à 1951, le chemin apparaît vite d’accès difficile, d’autant plus si la rigueur est de mise.. Tout se passe comme dans une ascension d’un haut sommet où l’on serait toujours confronté à des parois lisses, empêchant toute prise et donc toute montée réelle. Certes de loin le sommet est admirable, mais pour le voir d’un peu plus près la montée s’avère redoutable. Dans cette perspective, Jousse apparaît plus comme un bel aérolithe qui vient d’on ne sait où et dont on se sait trop que faire que comme un chercheur dans l’histoire. Un travail de mise en perspective est pourtant incontournable si nous voulons parler de lui intelligiblement ailleurs que dans un petit cercle d’initiés.
Une réception posthume difficile pour un nom de plus en plus inconnu

Le professeur Marcel Jousse est aujourd’hui pour la majeure partie de la population française, y compris universitaire, un illustre inconnu. Pourtant il se présentait lui-même comme « le créateur d'une science neuve1 » et certains l’ont estimé comme une figure importante du XXème un « Copernic de la mécanique humaine2 » mais qui a été « trop en avance sur son temps3 ». La réception posthume de Jousse apparaît comme une tentative de prolongation sans réel courant majeur impulsé. Nous pourrions reprendre les propos de Henri Meschnonnic dans son ouvrage Critique du rythme pour résumer la situation actuelle en ces termes : « Autour de Jousse se sont produits une adoration et un silence. Le culte de quelques disciples n’a pas eu , comme pour Gustave Guillaume, une expansion suffisante pour dominer l’étouffement 4». On pourrait donc croire que l’affaire est enterrée à quelques exceptions près et qu’il n’y a plus d’intérêt majeur à porter aux recherches de Marcel Jousse. Bien entendu, ce n’est pas là notre point de vue mais, c’est en prenant réellement acte de cette réception posthume difficile que nous souhaiterions démarrer notre parcours.
Adoration pour quelques uns, silence pour les autres, nous sommes en face de deux attitudes extérieures. Mais à l’intérieur même du camp de l’« adoration », le paradoxe se poursuit. Même parmi les enthousiastes de Jousse, nombreux sont ceux qui pressentent quelque chose de fort mais qui s’avouent incapables d’y entrer. Une enquête menée auprès d’un certain nombre d’universitaires actuels confirme cette perspective ambiguë. Ainsi, Philippe Descola, Professeur au Collège de France, Directeur du Laboratoire d'Anthropologie sociale, répondait à un de mes courriers électroniques au sujet de Jousse en ces termes : «  Je ne connais Marcel Jousse que par son livre pionnier sur l'anthropologie du geste. Je ne suis pas de la génération qui aurait pu le connaître (j'ai débuté mes études d'ethnologie dans les année 70) et je suis autant surpris que vous par le silence qui règne autour de lui, vu l'originalité de son travail. C'est donc une bonne idée de lui consacrer une étude. » Par ailleurs, Marc Jeannerod, ancien directeur de l’Institut des Sciences Cognitives de Lyon, me précisait dans une lettre de réponse « Marcel Jousse m’a toujours semblé intéressant bien que malheureusement impénétrable ». La dualité est toujours là, mais cette fois-ci à l’intérieur même des personnes, intérêt potentiel d’une part et étonnement de réserve d’autre part. Nous partons conscients d’une réception posthume difficile qui a une composante d’« attraction répulsive ».
Un chercheur en sciences humaines mais inclassable

Nous pourrions nous intéresser aux caractéristiques de la réception posthume pour expliquer ces faits, c’est ce qui pourrait faire l’objet d’une autre étude. Mais ce n’est pas le choix que nous retiendrons ici car ces raisons internes ne nous semblent pas suffisantes en elles-mêmes pour expliquer l’ambiguïté et par ailleurs nous souhaitons éviter par principe de refermer Jousse dans le monde qui s’intéresse à Jousse.

Le contexte et le sujet lui-même ne portent-ils pas déjà les éléments de l’ambiguïté ultérieure ? Nous pourrions nous intéresser alors à la réception contemporaine de Jousse qui nécessiterait par ailleurs un long travail de recherches. Aussi nous allons prendre ici notre premier détour et remonter en amont de la réception posthume au positionnement Jousse dans les découpages des disciplines universitaires. Il nous semble que le phénomène paradoxal est déjà enclenché lorsque l’on tente de répondre à la simple question « qu’était Marcel Jousse ? » La réponse à cette question de fond se révèle plus difficile qu’il n’y paraît, surtout si un souci rigoureux de fidélité veut qu’on ne le mette pas ailleurs que là où il était réellement. Aussi laisserons-nous à Jousse la parole pour se placer.
« Je ne suis ni un philosophe, ni un théologien, j’étudie la mécanique humaine, j’en explore les profondeurs. Je recherche les lois fondamentales du composé humain. 5. » disait Jousse. Il reste un chercheur centré sur les sciences humaines mais lesquelles compte-tenu de notre position de début de XXIème siècle : sociologie, psychologie, anthropologie, linguistique, pédagogie ?

« Je ne suis pas un pédagogue. Je suis un anthropologiste et c’est pour cela que les pédagogues sont sous ma mouvance6.» affirmera-t-il d’une part. « Je ne suis pas un Linguiste. Je suis un anthropologiste qui est obligé d'avoir une spécification. L'Anthropologie linguistique devrait en réalité s'appeler Anthropologie mimismologique7 » dira-t-il d’autre part.

Ainsi les choses sont étonnement croisées. Il n’est pas linguiste mais ses premiers écrits sont des études de psychologie linguistique et sa chaire sera une chaire d’anthropologie linguistique. Il n’est pas pédagogue, mais il s’intéressera aux bases d’une nouvelle pédagogie « selon la méthode anthropologique ». Ses cours en Sorbonne porteront la mention de « psychologie du geste » alors qu’il nommera ses recherches « anthropologie du geste et du rythme ». Il se dira aussi « disciple très profond, quoique très éclectique, de l'école sociologique française avec Lévy-Bruhl et Marcel Mauss8». Le maillage est serré et ne nous aide pas beaucoup, chaque information est toujours à nuancer et amène ailleurs, sans doute notre angle d’attaque n’est-il pas le bon.

Jousse lui-même fera cette constatation : « J'ai le grand avantage d'être toujours placé hors des compartiments plastiqués et pour me classer, ce n'est pas commode. Autant le dire, je suis un homme inqualifiable. Il faut cependant me qualifier. Alors, on a fait de moi tout ! sauf ce que je suis. Je suis un Anthropologiste du Geste, logique, vivant.9 » Ce qu’il dit être un avantage est bien dans notre perspective le noeud du problème.
Essayons néanmoins de partir de cette désignation que lui-même utilise d’« anthropologiste ». Ce terme n’est plus utilisé aujourd’hui, s’il l’a jamais été, et il apparaît comme un anglicisme. On le transforme facilement d’ailleurs en anthropologue. Jousse devient un anthropologue français. C’est ainsi que le désignera l’Encyclopédie Yahoo sur Internet. Mais lorsqu’on consulte le dictionnaire d’anthropologie et d’ethnologie de chez Colin le Bonte-Izard, comme les dictionnaires d’anthropologie de la Maison des Sciences de l’Homme, il n’y a pas de rubrique pour Marcel Jousse.

Pourtant Pierre Bonte, l’un des deux auteurs du dictionnaire cité questionné sur sa connaissance de Jousse répondait à un courrier électronique « Bien que ma formation s’inscrive une ou deux décennies avant celle de Descola10, et que j’ai bénéficié des enseignements de Leroi-Gourhan à l’Institut d’ethnologie, ma réponse sera à peu près identique. Une connaissance d’estime beaucoup plus que textuelle, et qui remonte à une trentaine d’année. Je serais d’autant plus intéressé par votre projet que les thèmes abordés par Jousse à l’intersection de l’anthropologie, de la linguistique et de la technologie, à vrai dire dans ce qu’on appelle actuellement (effet de mode ?) le cognitif correspondent à mes préoccupations actuelles. Les clefs sont souvent dans la relecture inspirée de préoccupations nouvelles de nos prédécesseurs ». Il ne relie pas Jousse à une perspective historique mais il en souligne son intérêt actuel. C’est dire combien le problème est ardu, soit nous ne sommes pas conforme à Jousse en essayant de le placer sur l’échiquier, soit en le plaçant dans une discipline Jousse se trouve évacué de la trame de l’histoire. Le problème étant insoluble par ce biais, nous allons donc sortir du cadre disciplinaire.

Méthodologiste, d’une méthode proche de celle de Pierre Janet.

Dans les dernières années de son enseignement, Marcel Jousse se présente ainsi « Car je le répète à ceux qui sont en face de moi, je n’apporte rien, je ne fais que de vous donner une méthodologie pour vous-mêmes. Vous n’êtes pas moi. Vous n’avez pas ce que j’ai reçu. Vous êtes allés à travers le monde comme moi, et vous avez intussusceptionné des choses tout à fait intéressantes, mais différentes des miennes. De là pourquoi ce que je vous donne, c’est simplement la méthodologie d’un méthodologiste.11» C’est donc par ce biais que nous allons poursuivre notre recherche. Mais là nous n’attaquerons pas frontalement, c’est à dire que nous ne rechercherons pas dans Jousse sa méthodologie, ce qui pourrait donner lieu à étude fort intéressante ultérieurement. Nous préfèrerons une tangente que nous propose Jousse lui-même pour ne pas rester centré sur Jousse, là encore par principe. Et cette tangente, c’est la parenté de méthode que Jousse souligne entre la sienne et celle du docteur Pierre Janet. « J’ai eu, dès mon premier contact avec celui que j’avais choisi, le docteur Pierre Janet, la sensation absolue que je me trouvais devant un homme qui savait manier une méthode expérimentale c’est-à-dire chosale, faite des choses et non pas des mots. Vous dire que mon oeuvre est la continuation de celle des paysans, c’est vous dire qu’elle est la continuation de celle du docteur Pierre Janet.12»

De l’énigme Marcel Jousse à l’éclipse de Pierre Janet

Nous passons donc de la question « Marcel Jousse, qui est-ce ? » à celle de « Pierre Janet, qui est-ce ? ». Au contraire de Marcel Jousse, Pierre Janet a une rubrique dans les noms propres du Larousse illustré, « Janet (Pierre) médecin et psychologue français (Paris 1859 – id 1947). Fondateur de la psychologie clinique, il fit appel au concept de tension pour rendre compte des conduites pathologiques. (Névroses et idées fixes, 1898 ; De l’angoisse à l’extase, 1927-28) » Nous ajouterons deux précisions complémentaires tirées de sources consultées par la suite qui auraient pu de prime abord nous décourager. L’article sur Pierre Janet dans l’Encyclopédia Universalis n’est pas tendre : « Pierre Janet, engoncé dès le début dans le discours universitaire et académique et n’ayant pas le courage de le dénoncer, sacrifie l’originalité de ses recherches à une psychopathologie « rationnelle », très conservatrice, et finalement à un système institutionnel de savoir et de pouvoir dont il ne se plaint que dans ses confidences ». Serge Nicolas dans une Histoire de la psychologie a un propos plus pondéré « Les conceptions de Janet, écarté de la Salpêtrière et privé de laboratoire, n’auront pas l’écho espéré à cause du manque de considération des milieux scientifiques et à cause surtout de la montée de la psychanalyse freudienne. L’œuvre de Janet sera éclipsée par celle de Freud.13 »

Le diagnostic porté sur Janet, qu’il soit négatif ou plus favorable, le cantonne à la psycho-pathologie. Le lien avec Jousse n’est guère perceptible.

Nous pourrions nous arrêter à ce diagnostic finalement peu encourageant où Jousse se place dans la lignée d’un homme qu’une certaine histoire relègue au passé de la psycho-pathologie. Mais là encore nous ferons confiance à Jousse pour ouvrir une enquête plus approfondie sur Pierre Janet.
Interroger l’histoire des sciences humaines en France

Cette enquête nous la commencerons par une interrogation sur l’histoire des sciences humaines en France au siècle dernier. L’objectif est dans un premier temps de rassembler des éléments convergents qui permettent une lecture plausible et cohérente de l’articulation entre Marcel Jousse, Pierre Janet et la situation actuelle. Nous allons d’abord faire un premier mouvement de remonter à partir de la situation actuelle.

Pour démarrer cette relecture interrogative sur l’histoire des sciences humaines en France, un large extrait tiré d’un article sur « les origines de la psychologie universitaire en France 14» de Laurent Mucchielli nous dresse un tableau qui permet de relier le panorama actuel avec celui du début du siècle qui nous intéresse :

« D'un côté, la psychologie dite expérimentale - que, depuis toujours, ses représentants désignent souvent eux-mêmes comme la (seule) " psychologie scientifique " - a longtemps reconnu son origine française dans l'oeuvre d'Henri Piéron (1881-1964). De fait, la précocité de ses travaux tout autant que sa longévité et son poids institutionnel à partir des années 1920 ont largement contribué à la reconnaissance de ce statut par ses successeurs directs. En 1981, à l'occasion du centenaire de la naissance de Piéron, son principal héritier écrivait ainsi que Ribot, Janet et Binet ont certes " éveillé la pensée française à la nouvelle psychologie ", mais que " aucun n'a vraiment cherché à instaurer en France une psychologie objective ", ce rôle décisif revenant au seul Piéron. Récemment, le centenaire de l' Année psychologique a cependant été l'occasion pour les expérimentalistes de redécouvrir pleinement Alfred Binet et d'en faire le fondateur de cette " psychologie scientifique " à laquelle Piéron donnera surtout ses assises institutionnelles. Dans cet ouvrage, P. Fraisse établit la généalogie de cette psychologie scientifique à travers les trois directeurs successifs de la revue l' Année psychologique Binet, Piéron et... Fraisse. Belle entreprise d'auto-institution.

De l'autre côté, la psychologie dite clinique ou pathologique a été tellement marquée par l'empreinte psychanalytique à partir des années 1930, et de façon pratiquement exclusive dans les années soixante et soixante-dix, qu'elle tend souvent à s'y identifier et donc à faire de Sigmund Freud (1856-1939) son unique père fondateur. Ce faisant, elle a réussi à occulter progressivement la tradition française représentée notamment dès la fin des années 1880 par des hommes aussi importants que Hippolyte Bernheim (1837-1919) et Pierre Janet (1859-1947).

L'un des résultats de cette scission particulièrement profonde au sein de la discipline est le commun oubli d'un homme qui a beaucoup contribué au développement de ces deux branches classiques qu'il concevait comme dépendantes et complémentaires, à tel point qu'il apparaît comme le principal artisan de la psychologie universitaire en France : Théodule Ribot (1839-1916) (5). » C'est à replacer ce maillon initial dans l'histoire de la psychologie que ce travail est consacré. » Le questionnement est bien là analogue au nôtre, à savoir de remonter avant le cadre actuel, même s’il s’agit dans le cas de Laurent Mucchielli plus spécialement de l’aspect universitaire. Il pointe Théodule Ribot mais par ricochet, Pierre Janet puisqu’il est le successeur de Ribot au Collège de France. Pierre Janet est aussi le nom propre (que nous avons souligné) qui apparaît en commun dans les deux branches décrites. Pierre Janet dans cette perspective sort du réduit psycho-pathologique et se voit aussi rattaché à l’autre branche. Janet aurait une place en amont des coupures actuelles.

Aurions-nous un document d’époque, qui irait aussi dans ce sens ? Nous laisserons à Jean Piaget, signant l’adresse du Bureau international d’Education pour le Centenaire de Théodule Ribot et du jubilé de la psychologie scientifique française en 1939, le privilège de nous indiquer ce que Pierre Janet ajoute à la psycho-pathologie. « (…) Les travaux de Théodule Ribot et de son successeur Pierre Janet, ceux d’Alfred Binet et de son successeur, Henri Piéron, ne sont pas seulement une gloire pour la psychologie française. Les résultats acquis ainsi que l’esprit et les méthodes représentés par ces maîtres sont plus vivants que jamais, malgré le désarroi du monde contemporain et tous les chercheurs ainsi que tous les éducateurs en sont redevables de près ou de loin. La méthode pathologique inaugurée par Ribot s’est doublée avec Pierre Janet, d’une analyse génétique dont tous les psychologues de l’enfance sont aujourd’hui tributaires. (...)»Tous les psychologues de l’enfant seraient tributaires de Janet, voilà un indice à ne pas négliger et un centre d’intérêt commun avec les recherches de Jousse.
Le deuxième mouvement est un mouvement de redescente cette fois-ci à partir du début du siècle.

Dans son livre, l’impossible rencontre15, Annick Ohayon nous permettra de faire ce chemin inverse. Pour sa thèse, elle a mené une enquête sur les relations de la psychologie et de la psychanalyse dans l’entre-deux guerres. Elle écrira au début de son chapitre intitulé « Ni chef d’école, ni patron, et pourtant « le » psychologue français : Pierre Janet (1859-1947) » : « Si l'on considère la psychologie française dans les années vingt, Pierre Janet en est incontestablement le personnage central. Il est l'héritier légitime des deux grands de l'école psychopathologique française : Jean-Martin Charcot et Théodule Ribot. Le premier, alors qu'il était au faîte de sa gloire, a fait créer pour lui un laboratoire de psychologie à la Salpêtrière. Le second l'a pressé de le suppléer dans ses cours au Collège de France. Janet lui a succédé sur sa chaire en 1902.

Ainsi, juste après la Grande Guerre, Janet est, avec Bergson, le psychologue français le plus célèbre dans le monde. Ils ne sont nullement concurrents, puisque Bergson incarne la psychologie philosophique et Janet la psychopathologie ; ils sont au contraire très proches tous deux enseignent au Collège de France, tous deux ont une renommée internationale, un succès mondain. De ce point de vue et à ce moment, Piéron, à leurs côtés, n'est encore qu'un béjaune.

Il est frappant aussi de remarquer la similitude de leurs destins. Après la Seconde Guerre mondiale, leur oeuvre va subir un discrédit relatif, comme si leurs psychologies respectives, finalement plutôt optimistes et volontaristes, n'étaient plus en phase avec le nouveau monde, sans illusions, lucide et désespéré, qui prend forme à la Libération. Cependant, le sort de l'œuvre de Janet n'est pas tout à fait identique à celui que subira celle de Bergson. La psychologie janétienne, relayée par celle de Lagache, restera la référence majeure, en France du moins, jusqu'à la fin des années soixante : que ce soit comme théorie générale - la psychologie de la conduite - ou comme contribution à l'édifice de la psychopathologie - la psychasthénie. Ce n'est finalement qu'après 1963 et la montée puissance de la psychanalyse telle que l'incarnera Jacques Lacan, que l'oeuvre de Janet apparaîtra comme désuète et étriquée, tandis que la pensée bergsonienne, après avoir été supplantée par la vague existentialiste, fait l'objet actuellement d'un regain d'intérêt16»
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