Discours prononce par





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Certains ont également exprimé l’opinion que nos difficultés peuvent être résolues simplement par une plus grande collaboration réalisée au moyen d’une association coopérative, sur le plan de nos relations intra-territoriales. Cette façon de considérer nos problèmes consiste à nier la juste conception de leurs rapports intérieurs et réciproques. Elle consiste à dénier toutefois dans un avenir ouvert à la progression africaine dans l’indépendance africaine. Elle trahit le sentiment qu’une solution ne peut être trouvée que dans la continuation d’une confiance envers les sources extérieures, au moyen d’accords bilatéraux qui organisent une assistance, sous une forme économique et diverses autres formes.

Un fait est certain bien que nous ayons collaboré et que nous nous soyons associés dans divers secteurs d’entreprises communes même avant l’ère coloniale, cela ne nous a pas donné l’identité continentale et la force politique et économique qui pourraient nous aider à résoudre efficacement les problèmes complexes que doit affronter l’Afrique aujourd’hui. S’il s’agit de l’assistance extérieure, une Afrique unie se trouverait dans une position beaucoup plus favorable pour l’attirer. Il existe aussi dans un arrangement de cette nature, ce nouvel avantage qui impose davantage encore cette voie, que l’assistance affluera de toutes parts vers une Afrique unie parce que nos possibilités de marchandage seront infiniment plus fortes. Nous cesserons de dépendre plus longtemps d’une aide accompagnée de conditions restrictives. Le monde entier sera à notre disposition.
Qu’attendons-nous maintenant en Afrique ? Attendons-nous des chartes conçues à l’exemple de celle des Nations-Unies ? Attendons-nous un type d’Organisation réalisé sur le modèle des Nations-Unies dont les décisions sont fondées sur des résolutions dont l’expérience nous apprend qu’elles ont été parfois tenues pour nulles et non avenues par des Etats Membres ? Doit-il s’agir d’une organisation à l’intérieur de laquelle des groupes se constitueront et des pressions s’exerceront conformément aux intérêts des différents groupes ? Ou bien, a-t-on l’intention que l’Afrique se transforme en une organisation assez lâche d’Etats sur le modèle des Etats américains , où ceux qui seront les plus faibles risquent d’être à la merci, sur le plan politique ou économique, des plus forts ou des plus puissants, et où tous les Etats seront à la merci de quelques puissantes nations ou de quelques groupes de nations étrangères est-ce une association de cette nature que nous voulons réaliser Excellences, permettez-moi de vous poser une question : Est-ce un cadre ? Un arrangement qui à l’avenir pourrait permettre par exemple au Ghana, au Nigéria, au Soudan, au Libéria, à l’Egypte ou à l’Ethiopie d’employer la pression que confère une puissance économique ou une puissance politique supérieure, pour imposer, par exemple, au Burundi, au Togo ou au Nyassaland, une direction de leurs échanges commerciaux vers le Mozambique ou Madagascar ?
Nous voulons tous une Afrique unie, et non seulement dans le concept qu’indique ce terme d’unité, mais encore par notre désir d’aller de l’avant tous ensemble en résolvant tous les problèmes qui ne peuvent l’être que sur une base continentale.
Quand le premier congrès des Etats-Unis s’est réuni, il y a plusieurs années à Philadelphie, l’un des délégués fit vibrer la première corde d’unité en déclarant qu’ils se réunissaient dans « l’état de nature ». En d’autres termes, il ne se trouvait pas à Philadelphie en qualité de Virginiens ou de Pennsylvaniens, mais bien d’Américains représentaient à cette époque une nouvelle et étrange expérience. Puis-je me permettre d’attester également aujourd’hui, Excellences, que nous ne sommes pas réunis en qualité de Ghanéens, de Guinéens, d’Egyptiens, d’Algériens, de Marocains, de Maliens, de Libériens, de Congolais ou de Nigériens, mais en qualité d’Africains. Ce sont des Africains qui se trouvent réunis dans le ferme propos de rester rassemblés jusqu’à ce qu’ils aient décidé entre eux quelles sont les garanties qu’un nouvel accord de gouvernement continental peut leur assurer actuellement et dans l’avenir.
Si nous réussissons à mettre sur pied une nouvelle série de principes comme base d’une nouvelle charte ou d’un statut portant création de l’unité continentale de l’Afrique et d’un progrès social et politique pour nos peuples, alors, à mon avis, notre conférence doit sonner la fin de nos divers groupes et blocs régionaux. Mais si nous échouons et si nous laissons s’écouler cette noble et historique occasion qui nous est offerte, nous déclencherons alors un renforcement de dissension et de division que le peuple africain ne nous pardonnera jamais. Nous serions condamnés par les forces et les mouvements populaires et progressistes qui existent à l’intérieur de l’Afrique. Aussi, suis-je certain que nous n’allons pas décevoir ces espérances.
Excellences, si j’ai parlé un peu longuement, c’est parce qu’il est nécessaire que nous expliquions la situation réelle, non seulement à chacun de ceux qui sont présents ici, mais aussi aux peuples qui nous ont confiés le sort et la destinée de l’Afrique. Nous ne devons donc pas partir d’ici tant que nous n’aurons pas mis sur place tout un mécanisme efficace pour la réalisation de l’Unité africaine. A cette fin, je propose à votre examen les mesures suivantes :

Comme première démarche, une déclaration des principes qui nous unissent et qui nous lient, à laquelle nous devrons tous adhérer fidèlement et loyalement et qui posera les fondations de l’Unité. Nous devons également une déclaration officielle, aux termes de laquelle les Etats indépendants d’Afrique décident eux-mêmes et dès maintenant la création d’une Union des Etats africains.
Une seconde mesure, également urgente, pour la réalisation de l’unification de l’Afrique, c’est la création, dès maintenant, d’un comité panafricain des ministres des affaires étrangères, avant que nous partions de cette Conférence, une date devra être fixée avant la réunion de ce comité.
Ce comité  doit créer au nom des Chefs de nos gouvernements, un organe permanent de fonctionnaires et d’experts chargés de mettre en œuvre l’organisation qui doit assurer le fonctionnement du gouvernement d’union africaine. Cet organisme de fonctionnaires et d’experts doit être composé de deux meilleurs cerveaux de chaque Etat africain indépendant. Les diverses chartes des groupements actuels et les autres documents pertinents pourront être présentés à ces fonctionnaires et experts. Un présidium composé de Chefs de gouvernement des Etats africains indépendants devra alors être convoqué pour adopter une Constitution et d’autres recommandations qui déclencheront le lancement du gouvernement de l’union de l’Afrique.
Nous devons également nous prononcer sur le choix de l’emplacement où travaillera cet organe de fonctionnaires et d’experts, qui constituera le nouveau siège central, ou la capitale de notre Gouvernement d’union. Les suggestions les plus équitables pourraient portées sur une cité centrale, soit à Bangui, dans la République du Centre Afrique, soit à Léopoldville, au Congo. Nos collègues peuvent avoir d’autres propositions. Quoi qu’il en soit, ce Comité des ministres des Affaires étrangères, de fonctionnaires et d’experts doit pouvoir créer :


  1. une commission chargée d’élaborer une Constitution pour un gouvernement d’union des Etats africains ;



  1. une commission chargée d’élaborer un plan d’envergure continentale qui organiserait un programme économique et industriel unifié et commun pour l’Afrique ; ce programme doit comporter des propositions sur la création :



  1. d’un marché commun pour l’Afrique ;

  2. d’une monnaie africaine ;

  3. d’une zone monétaire africaine ;

  4. d’une Banque centrale africaine ;

  5. d’un système continental de télécommunications ;



  1. Une commission chargée d’élaborer un plan détaillé de politique extérieure et de diplomatie commune ;



  1. Une commission chargée de présenter des plans de systèmes communs de défense ;



  1. Une commission chargée de présenter les propositions de création d’une citoyenneté africaine commune.

Ces commissions feront rapport au Comité des ministres des Affaires étrangères qui, à son tour, soumettra dans les six mois, leurs recommandations au présidium. Celui-ci, réuni en conférence au Siège de l’union étudiera et approuvera les recommandations du Comité des ministres des Affaires étrangères.
Afin d’assurer les fonds immédiatement nécessaires pour les travaux des fonctionnaires et experts permanents du Siège de l’Union, je suggère qu’un comité spécial soit constitué pour mettre au point un projet de budget.
Excellences, au moyen de ces mesures, je considère que nous serons irrévocablement engagés sur la voie qui nous permettra de créer un Gouvernement d’Union pour l’Afrique. Seule une Afrique unie, dotée d’une direction politique centrale pourra donner avec succès un appui matériel et moral effectif à nos combattants de la libération qui luttent dans la Rhodésie du Sud, et l’Angola, le Mozambique, l’Afrique du Sud-ouest, le Betchouanaland, le Swaziland, le Bassoutoland, la Guinée portugaise, etc., etc. et naturellement l’Afrique du Sud. L’Afrique tout entière doit être libérée maintenant. Il est donc impérieux pour nous de créer ici même et dès maintenant un Bureau de libération au service des combattants africains.
Son principal objectif, auquel doivent souscrire tous les gouvernements, sera d’accélérer l’émancipation du reste de l’Afrique qui se trouve encore soumise à la domination et à l’oppression coloniale et raciste. Nous devons assumer en commun la responsabilité d’aider et de financer ce bureau. Lors de leurs accès à l’indépendance, ces territoires viendront automatiquement rejoindre l’union d’Etats africains et renforcer ainsi la structure de ……… L’Afrique. Nous partirons d’ici en ayant jeté les fondements de notre Unité.
Excellences, rien ne saurait convenir davantage que la naissance de l’unification de l’Afrique sur le sol de l’Etat qui s’est dressé pendant des siècles comme le symbole de l’indépendance africaine.
Revenons à nos peuples d’Afrique, non pas les mains vides ou chargées de résolutions claironnantes, mais avec le ferme espoir et la certitude absolue qu’enfin l’Unité africaine est devenue une réalité. Nous entreprendrons alors la marche triomphale vers le Royaume de la personnalité africaine, et vers un continent de prospérité, de progrès, d’égalité, de justice, d’activité et de bonheur. Ce sera là notre victoire, réalisée au sein d’un gouvernement continental d’une Union d’Etats africains. Cette victoire donnera à notre voix une force plus grande dans les affaires mondiales et nous permettra de peser plus fortement du côté de la paix dans le plateau de la balance.
Le monde a besoin d’une paix où il pourra bénéficier au maximum des bienfaits de la science et de la technique. Un grand nombre de maux dont souffre actuellement le monde réside dans l’insécurité et la peur engendrées par la menace de guerre nucléaire. Les nouvelles nations ont, tout particulièrement besoin de la paix pour leur frayer un chemin dans une vie de bien-être économique et social dans une atmosphère de sécurité et de stabilité qui permettra des ………. morales, culturelles et spirituelles.
Si nous pouvons en Afrique donner l’exemple d’un continent uni et une politique et une résolution commune, nous aurons apporté la paix à laquelle aspirent aujourd’hui tous les hommes et les femmes, la plus belle contribution qui soit en notre possession qui dissipera immédiatement et à jamais l’ombre croissante de destruction globale qui menace l’humanité.
L’AFRIQUE DOIT S’UNIR.
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