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Salah-eddine ABBASSI

Doctorant, chercheur associé au groupe ERTA-TCRG.ORG.
(2013)


“La criminologie :
objets, objectifs
et moyens.”

Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, bénévole,

professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi

Courriel: jean-marie_tremblay@uqac.ca

Site web pédagogique : http://www.uqac.ca/jmt-sociologue/
Dans le cadre de: "Les classiques des sciences sociales"

Une bibliothèque numérique fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay,

professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi
Site web: http://classiques.uqac.ca/
Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque

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Site web: http://bibliotheque.uqac.ca/



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Jean-Marie Tremblay, sociologue

Fondateur et Président-directeur général,

LES CLASSIQUES DES SCIENCES SOCIALES.

Cette édition électronique a été réalisée par Jean-Marie Tremblay, bénévole, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi à partir de :

Salah-eddine ABBASSI
La criminologie : Objet, Objectifs et moyens.”
Texte d’une conférence donnée le 26 novembre 2013 Au Gai Moulin, à Paris.

[Autorisation formelle accordée par l’auteur le 26 février 2014 de diffuser, en accès libre et gratuit à tous, le texte de cette conférence dans Les Classiques des sciences sociales.]
Site web : www.abbassi-criminologie.com.

Polices de caractères utilisée :
Pour le texte: Times New Roman, 14 points.

Pour les notes de bas de page : Times New Roman, 12 points.
Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word 2008 pour Macintosh.
Mise en page sur papier format : LETTRE US, 8.5’’ x 11’’.
Édition numérique réalisée le 28 février 2014 à Chicoutimi, Ville de Saguenay, Québec.


Salah-eddine ABBASSI

Doctorant, chercheur associé au groupe ERTA-TCRG.ORG.
“La criminologie :
Objet, Objectifs et moyens.”

Texte d’une conférence donnée le 26 novembre 2013 Au Gai Moulin, à Paris.

Table des matières


Résumé
Pourquoi la criminologie ?
I. Qu’est-ce que la criminologie ? autrement dit ; qu’elle est la définition de la criminologie ?

II. Que signifier le crime ? Le crime comme objet de la criminologie

III. Histoire de la criminologie

IV. La Criminologie clinique et l’étude de carrières criminelles
Pourquoi nous ne voulons pas de la criminologie ?
[1]

Salah-eddine ABBASSI 1

Doctorant, chercheur associé au groupe ERTA-TCRG.ORG.
“La criminologie :
Objet, Objectifs et moyens.” 2
Texte d’une conférence donnée le 26 novembre 2013 Au Gai Moulin, à Paris.

« Les criminels aussi cherchent à savoir ce qu'ils sont. »

Janwillem van de Wetering

Extrait de la Mort du colporteur

Résumé :

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Qu'est-ce que la criminologie ? Pourquoi nous ne voulons pas de la criminologie ? Pourquoi cette exception française ?

Pour cette raison et autres, nous allons essayer de la définir cette science et aborder la question de la scientificité de la criminologie, après nous allons l'accompagner dans l'histoire pour arriver et élucider son influence actuelle et ses perspectives au niveau national et international.

Mots clés : Criminologie, crime, science criminelle, victimologie, Psychocriminologie, Profiler, Négociateur...

[2]

Pourquoi la criminologie ?

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Au préalable, j'attire votre attention sur le fait que nous allons parler d'un sujet qui « va nous amener à des confins, à des extrêmes auxquels j'en suis persuadé que chacun entre vous a été confrontés » 3, nous dit-il professeur Villerbu.

Ce sujet, nous allons l'aborder ensemble, loin de la façon cinématographique et médiatique basé sur les émotions et la fiction, mais plutôt sur des renseignements approfondies et intactes. Notre but ici ne sera pas destiné à critiquer ces croyances non fondées, mais sera plutôt de discuter de la « scientificité » de cette discipline mal connue malheureusement, et de prévenir des amalgames 4 constatés entre les disciplines et les méthodes de recherches.

Pour encore un très grand nombre de personnes, une part de mystère règne autour de cette science, dont on trouve des traces de ce mystère dans la littérature ou les romans policiers. La criminologie chez un certain public, est devenue comme un phénomène de mode suite aux effets secondaires des séries américaines qui envahissent notre petit écran, tels que : Esprit criminel, expert Miami et NCIS, etc… Pour cela, Michèle Agrapart-Delmas nous rappelle que « la réalité en la matière (c'est-à-dire la criminologie) est bien loin des fantasmes médiatiques ». 5

À cet égard, un conseiller référendaire à la cour de cassation nommé Lamanda, nous a signalé que « le crime nous menace directement. L’accroissement du niveau moyen de vie multiplie les risques d'être victime (...). Le crime tendrait presque à devenir une façon de s'exprimer (...). Le crime est moins compréhensible (...) Le crime n'est plus seulement aux marges de la société. Il est en son cœur » 6.

Il est Inutile de vous citer des statistiques de criminalité et se forcer à multiplier les exemples pour vous persuader de l'intérêt de la criminologie, il suffit pour nous, de nous interroger sur la raison de notre présence ce soir ? C'est parce que nous avons tous un point commun, c'est cette envie de comprendre l'acte criminel, pour bien vivre avec notre inquiétude à l'égard de la criminalité. Pour cette raison et d'autre, on trouve et c'est ce que nous allons voir ensemble, que la criminologie est le meilleur interlocuteur avec qui on peut trouver des [3] données et des réponses. Non seulement, il nous explique notre peur du crime 7, du criminel et de criminalité, mais aussi, il nous prévient de nous-même, à ce second moi qui sommeille en nous. Car il est prouvé que tout homme peut passer à l'acte criminel. Ce que nous a fait découvrir Pr Henri Brunswig, qui (nous dit) cite l'écrivain suisse Friedrich Durrenmatt : « Chacun de nous peut être cet homme, moitié Jekyll, moitié Hyde, qui rencontre son double. Aujourd'hui, c'est dans la double nature de l'homme que réside l'explication la plus probable. Si le diable n'est pas ailleurs, il est en nous. Un climat particulier, une situation extrême, une agression peuvent réveiller dans chacun des comportements violents, contraires à son éthique, qu'il aurait radicalement réprouvé dans son état normal... » 8. Cela avait été prouvé par la célèbre expérience du professeur Milgram publiée en 1968. 9

Qui parmi nous donc n'est pas concerné par l'objet d'étude de la criminologie, touché par la fraude fiscale ou les vols au préjudice de l'État, les escroqueries, les crimes organisés ou le terrorisme moderne etc., et la liste est très longue ?

La criminologie est là pour élucider, décrire. La criminologie est là pour expliquer de quoi le phénomène criminel est fait. Ce phénomène qui aujourd'hui est passé du stade artisanal traditionnel à un stade moderne. Il se déforme comme le virus du sida selon la mosaïque et les données sociales (soit des projets de loi ou les moyens de prévention pratiqués).

Partant de ce tableau général, nous allons accompagner la criminologie historiquement, on s'attaque à la définition de la criminologie et celle du criminologue. Tout au long de cette démarche, nous allons tenter d'explorer le premier objet de la criminologie qui est le crime et parcourir les grandes théories criminologiques. Tout cela sans oublier de parler brièvement de l'interaction de la criminologie avec les autres sciences et disciplines qui ont leur part contribué à la criminologie.

Et pour finir, nous tenterons d'explorer ensemble la situation actuelle de la criminologie, avec le regard des praticiens dans la matière.

[4]

1. Qu'est-ce que la criminologie ? autrement dit ; qu'elle est la définition 10 de la criminologie ?

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Malgré que la criminologie ait environ 124 ans d'existence 11, il faut savoir que la criminologie n'est pas un champ où règne le consensus. D'après les spécialistes en matière, cela fait partie de sa complexité. Le Pr Loïck M. Villerbu nous a épargné de perdre de l'énergie en nous donnant une définition globale bien précise qui est la suivante : « la criminologie c'était d'abord et tout simplement, l'étude de crime, de criminel et de la criminalité, dans un environnement donné, dans un système relationnel donné, dans un temps donné » 12. En ce qui nous concerne, en tant qu'intéressé par la criminologie, notre souci actuel ne sera pas de traiter le statut de la criminologie. Car « Malgré le passé qu'elle possède déjà, la criminologie pose encore une question qui ne reçoit pas toujours une réponse très nette : la criminologie est-elle une science véritable ou bien n'est-elle qu'un ensemble de propositions, plus ou moins cohérentes, et qui n'ont pas encore acquis un véritable statut scientifique, voir même qu'un simple mythe pseudo-scientifique ? » 13. La criminologie est-elle une science autonome ou une branche d'une autre science ? Est-elle une science fondamentale ou une science appliquée ?

Ce débat sur le statut 14, traduit par le débat très vif autour de la crise d'identité de la criminologie, sera peut-être envisageable pour une autre éventuelle rencontre.

Pour le moment, et après avoir fait un bref détour sur la notion de la criminologie, c'est le moment de s'interroger sur la notion de criminologue, donc :

Qu'est-ce qu'un criminologue ?

[5]

Le criminologue est la personne qui analyse la conduite du contrevenant (transgresseur, fautif) à partir des motifs et des circonstances et de la gravité des délits. Avec cela, le criminologue intervient pour prévenir la criminalité et favoriser l'intégration sociale de ses contrevenants » 15. Autre éclaircissement plutôt criminologique donné par Pr Denis SZABO, qui nous le rappelons est un des pionnier-fondateur et le premier directeur de l'école de criminologie de l'Université de Montréal, fondée en juin 1960, voit le criminologue « dont le rôle est d'expliquer et d'éclairer les déterminismes complexes du crime, mais aussi il est appelé à satisfaire la soif de l'être humain pour les mythes, les croyances, il est à ce titre un mystificateur, c'est-à-dire ; qu'il donne des réponses simples à toute question angoissante de celui qui agit dans le domaine du crime » 16. J'ajoute que le criminologue c'est une personne qui se met au service de la justice et de la science, sa capacité d'un savoir vivant qui risque de payer de sa propre personne.

Il faut préciser également que le criminologue est un professionnel qu'on trouve plutôt en Amérique du Nord 17, contrairement à l'Europe où la criminologie n'est souvent qu'un simple ajout de connaissances à des formations principales, en droit pénal ou en sociologie etc.. C'est le cas en France où la criminologie est apparue timidement sous l'étiquette de d'autres disciplines comme la psychologie ou la sociologie. Cela veut dire clairement que la profession d'un criminologue n'existe pas en France, ni la criminologie qui n'est pas encore reconnue comme discipline en tant que telle. C'est d'ailleurs cette exception française que nous allons aborder ensemble au cours de cette rencontre.

Pour votre information, dans les pays où il existe cette profession, les statistiques montre, que « 79% des criminologues travaillent dans des secteurs clinique (tout ce qui est évaluation et traitement) et que 21% d'entre eux assument des fonctions administratives ou de recherche » 18. Pour les postes administratifs, il s'agit d'organiser la vie des détenus (loisirs, formations, heures de visite, sanctions, et de planifier les tâches du personnel et d'assurer les relations publiques). La formation de criminologue le pousse à exercer ses fonctions de la manière la plus humaine possible.

Son travail techniquement est divisé en deux volets : le premier volet concerne la protection de la société contre les prédateurs criminels et le soutien apporté aux enquêteurs. Aussi l'évaluation du risque de récidive d'un criminel violent emprisonné et la planification d'un suivi sévère aux criminels dangereux en libération conditionnelle.

[6]

Dans Le deuxième volet, le criminologue veille au respect des droits des criminels et leurs insertions dans certains cas à la réhabilitation sociale. Il est en quelque sorte dans une position très sensible, pourquoi ? car comme le criminologue peut aider le criminel, il peut aussi priver ce dernier de sa liberté 19, son travail est mis en cause bien souvent par les médiats en particulier.

C'est à partir de cet éclaircissement conceptuel que l'on arrive à l'étape de s'interroger sur la notion d'un des principaux objets de la criminologie qui est le crime 20.

II. Que signifier le crime ?
Le crime comme objet de la criminologie


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Historiquement parlant, le crime existe même bien avant l'émergence des sciences humaines : « le crime est, dans l'une ou l'autre de ses phases, le thème principal de l'histoire et de la littérature. Le crime est aussi vieux et universel que l'humanité. On le trouve à chaque page de la Bible. Il est à la base de tous les grands poèmes épiques et les meilleurs romans et des opéras les plus illustres. Le crime fait partie de la vie quotidienne et il intervient directement ou indirectement dans la vie de tous les hommes » 21. Dans ce cadre historique, il est utile de signaler que « dans les sociétés premières l'acte du criminel est considéré comme la violation d'une règle religieuse, ou d'un précepte moral ou la transgression d'un interdit du groupe social » 22. Dans le temps, on ne parle pas de crime mais plutôt de faute et de châtiment par le droit de Dieu. Actuellement, certains pays tiennent à cette notion de crime archaïque malheureusement. Oui en 2009.

Comme il a été dit plus tôt, la criminologie est tout d'abord l'étude scientifique du crime. 23 Dès lors que « dans son sens étymologique, le mot crime ne désigne pas directement une action, un acte ou un comportement particulier, mais plutôt (il désigne) l'acte de juger un comportement dans le cadre d'un processus institutionnel de type judiciaire » 24. Cela reste jusqu'en 1859 où le sens étymologique du mot « crime » change sa signification avec les phrases célèbres d'un juriste italien nommé « Francesco Carrara qui soulignait qu'on ne doit pas concevoir « le crime comme une action, mais comme une infraction » 25. Le sens [7] étymologique du mot « crime » ne correspond pas à l'utilisation que le « criminologue » en a fait depuis qu'il emploie ce mot 26, jusqu'à la fin des années 1960.

Dans ce sens, l'examen de la littérature française consacrée à la définition de crime nous fait découvrir la perception de E. Durkheim (1895) sur ce sujet, qui nous dit : « nous appelons crime tout acte puni et nous faisons de crime ainsi défini l'objet d'une science spéciale appelée criminologie ». Là encore, il faut préciser que la culture d'une société (c'est elle qui) définit ce qui doit être ou non puni » 27. C'est pour cette raison que la définition de crime reste « relative au contexte normatif dans lequel il est posé » 28. Malgré de la relativité de la définition, le crime existe dans toutes les sociétés 29, seulement, il change de forme, les actes qui sont ainsi qualifiés ne sont pas partout les mêmes.

Il faut savoir que « la représentation sociale de l'infracteur change profondément à partir du 18e siècle avec le mouvement de relecture anthropologique entamée par Cesare BECCARIA (1738-1794) 30 avec son livre Délit et des peines (1764), qui rompt avec la lecture mythique du crime » 31, avec l'idée de contrat social de J.J. Rousseau 32. Il développe une théorie originale de la peine qui a changé les données des sciences autour du problème de l'infraction et de son auteur. Comme on peut s'en rendre compte, l'impact de la loi, de la réaction sociale, et l'époque sur la conception sur le couple acte-auteur « à la fois motive et subit les mouvances scientifiques » 33.

Par ailleurs, il faut savoir que les criminologues préfèrent utiliser le mot crime. Or les autres scientifiques « ne voient pas tous la notion du même œil. Certains adoptent le regard du sociologue, en font un sous-ensemble de la déviance 34, d'autres fondent leur analyse sur la [8] définition juridique de l'infraction. D'autres enfin, insatisfaits du relativisme de ces solutions, croient découvrir dans les faits sociaux une notion de crime fondée en raison et en justice » 35.

Dans cette perspective, après avoir parlé de la criminologie, de criminologue et de crime, c'est le moment d'enquêter sur la question de l'origine théorique de la criminologie. Quelle est donc son histoire ?

III. histoire de la criminologie

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L'interrogation sur l'origine de la criminologie et sa date d'anniversaire n'a pas cessé de faire couler de l'encre. Cette question est venue prendre une place dans le débat actuel. Car il ne s'agit pas d'un sujet d'intérêt pour l'histoire, mais plutôt d'un sujet d'actualité pour la recherche criminologique.

C'est dans cet esprit que notre travail donne la parole à des intervenants d'horizons divers qui se chargent de la question de l'histoire de la criminologie. Alvaro Pires, un criminologue canadien, s'attaque à son égard, à l'idée que l'histoire de la criminologie fait partie des centres d'intérêts des chercheurs criminologues. Aujourd'hui, il consacre tout un article 36 indispensable pour comprendre cette problématique, nous le prenons comme référence principale, pour détailler avec vous la question de l'histoire de la criminologie.

Pour ce faire, faut-il remonter au premier tiers du 19e siècle où des recherches statistiques et cartographiques 37 sur le crime firent leur apparition, celles de Guerry & Quételet. Ou plutôt commencer par la date de l'apparition du livre « Des délits et des peines » de Cesare Beccaria 38 publié en 1764 ? Ou autrement, débuter par l'invention du terme de criminologie en tant que tel le livre de Garofalo intitulé « criminologie » apparu en 1885 ?

Ce sont donc les trois positions qui s'affrontent pour répondre à la question autour de la datation de la naissance de la criminologie.

Nous voulons, au regard de cette problématique (qui est la date de naissance de la criminologie), attirer votre attention sur la période que les criminologues nomment la période pré-lombrosienne, là où on peut constater qu'il existe des théories françaises qui ont marqué la pensée criminologique.

[9]

À titre d'exemple, en 1827 on trouve André-Michel Guerry 39 (Tours 1802-Paris 1866). Statisticien français qui publie son livre intitulé « Essai sur la statistique morale de la France », son livre en déduit que c'est l'opportunité et non seulement le besoin qui régit le vol, en comparaison du crime contre la propriété entre les régions riches et les régions pauvres.

Juste après, très exactement, en 1829, Quetelet (1796-1874) 40, ce docteur en mathématique qui a examiné les influences climatiques sur le crime. C'est à lui qui revient le privilège de l'introduction de la dimension statistique en criminologie. Dans la même date en 1829, il publie dans son mémoire une partie intitulée 'Des crimes et des délits'.

Dans un avenir proche de cette date, exactement en 1857 41, le Dr B-A. MOREL, médecin-chercheur français lui aussi publie un livre intitulé « le traité des dégénérescences physique, intellectuelles et morales de l'espèce humaine ». Ce livre est considéré comme le premier ouvrage traitant directement la criminalité.

Encore dans cette période, la liste des chercheurs français dans ce domaine est loin d'être terminée. Nous avons cité dans la définition de la criminologie Durkheim et Beccaria, mais il y en a d'autres comme le médecin Philipe Pénal et le sociologue Jean-Gabriel de Tarde connu par son ouvrage intitulé Les Lois de l'imitation en 1890. Ce n’est ni le lieu, ni le moment pour tous les citer.

Toutefois, contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce qui est vraiment dommage, c'est que lorsqu'on parle des précurseurs de la criminologie, il est rare qu'on cite comme des noms français, car le plus souvent ce sont les leaders 42 de la positiviste italien qu'on cite les premiers !

En effet, le trio italien composé de Cesare Lombroso (1851-1914), forme avec Raffaelo Garofalo (1852-1934) et Enrico Ferri (1869-1979) un trio célèbre connu sous le nom de l'école positiviste 43 italienne, marque le point de départ de la criminologie scientifique.

Commençant par Cesare Lombroso, médecin militaire et professeur en médecine légale, connu par sa théorie Type criminel qui est devenue ultérieurement la théorie du criminel-né publié dans son ouvrage l'Uomo délinquante. Sa théorie s'inscrit principalement dans la perspective des théories de Darwin et Lamarck, et s'inspire des travaux psychiatriques de médecin français Philipe Pinel sur la notion de manie sans délire, et les travaux de Dr Morel [10] sur la notion de dégénérescence, nous rappelons que le Dr Pinel et le Dr Morel sont des médecins français aussi.

Lombroso définit l'homme criminel comme le déchet de la sélection humaine, comme une victime de l'hérédité, par conséquent, le criminel d'après lui est susceptible que sa peine soit adaptée à sa personne et non pas à son acte.

Il faut avouer que malgré les critiques de l'école de Lyon 44, Lombroso est à l'origine de l'examen médico-psychologique du criminel. Comme il a mis en place la première approche multidisciplinaire scientifique appliquée au crime, c'est à lui que revient le privilège de l'invention de la polygraphie, vulgairement appelée actuellement le détecteur de mensonge.

De son coté, Raffaelo Garofalo, « on attribue généralement à ce magistrat italien la paternité du terme Criminologie. En effet, il a publié en 1885 son ouvrage intitulé : la criminologie » 45. Il n'est pas loin des propos de son processeur, inspiré par la philosophie d'Auguste Comte (l'un des l'un des fondateurs de la sociologie en France). Garofalo défend l'idée que la société a le devoir de se défendre contre le crime. Selon lui, le criminel est un microbe qui menace la santé du corps social. Néanmoins, Garofalo distingue deux catégories de crime sur la base d'affects, ce sont les crimes naturels (desquels les affects sont prédominants) et les délits conventionnels (varient avec les lois du lieu où ils se produisent).

Les criminologues actuels attribuèrent à Garofalo le fait qu'il ait introduit la notion encore d'actualité : « États dangereux avec ses composants : la témibilité, l'adaptabilité, il était à l'origine de l'enquête de personnalité et de la criminologie clinique » 46.

Concernant Enrico Ferri, le dernier de ce trio, il été un professeur de droit et un avocat à Rome, connu par de son ouvrage « la sociologie criminelle », débute en 1905 inspiré par les travaux de Quetelet. Ferri distingue à son tour 5 classes de criminels 47. Il est le premier à soutenir que le crime est un acte complexe ayant des origines multiples, sociologiques voire géographiques mais aussi biologiques et psychologiques. Il obtient ce résultat après avoir théorisé une approche sociologique et fait un recours à la statistique. Suite à ses recherches, Ferri suggère l'individualisation des peines et la nécessité d'intervenir sur les conditions sociales des criminels pour prévenir le récidivisme, autrement dit créer des mesures de prévention avant le crime et inventer des programmes de rééducation après la passage à l'acte. Pour cela, certains le considèrent comme l'un des fondateurs de la criminologie moderne.

Ce qui résume les dogmes de cette école est le déterminisme absolu du comportement humain, elle estime que l'individu est entièrement sous contrôle de sa nature, ce qui [11] s’oppose bien évidemment à la notion de responsabilité individuelle, et le principe de libre arbitre qui possède l'homme et de prophylaxie 48 sociale que défend l'école classique, représentée par Cesare Beccaria « inventeur de la notion de responsabilité individuelle, de libre arbitre et de prophylaxie sociale » et Jeremy Bentham (1748-1832) inventeur du panoptique 49.

Historiquement, l'école classique est considérée comme la première école de criminologie 50, tandis que l'école positiviste est considérée comme le commencement officiel de la criminologie comme science du crime.

Comme on peut s'en rendre compte, la liste des précurseurs est bien longue, mais cela ne nous empêche pas de rendre hommage à quelques chercheurs qui ont laissé leurs traces dans le domaine de la criminologie. Citant Alexandre Lacassagne (1843-1924), pour qui le « côté biologique et côté social » sont « les deux aspects fondamentaux de la criminalité » et constituent à ce titre « les deux données essentielles de l'anthropologie criminelle ». Il retient deux principes fondamentaux : l'organicisme (l'incite à ne jamais isoler les individus de leurs milieu social) et les localisations (héritée de la phrénologie). Pour cela, les historiens attribuent à Alexandre Lacassagne la création de la théorie socio-phrénologique qui n'a pas eu de soutien, mais plutôt des critiques, notamment de la part du médecin et anthropologue français Paul Topinard 51 qui le critiqua fortement comme il avait fait avec l'école italienne en leur opposant une conception « zoologique » de l'anthropologie criminelle. Notons que l’absence de postérité théorique de Lacassagne dans la criminologie est liée à son positionnement théorique.

Toutefois, contrairement à ce qu'on pourrait penser de Karl Marx, il se trouve qu'il a marqué l'histoire de la criminologie lui aussi, car il a mis l'accent « sur les aspects économiques et socio-économique sous-jacent au phénomène de crime. Le criminel (pour lui) est un agent économique et un reflet du politique » 52. Sur le même regard économique, on croise le hollandais W. BONGER qui « insistera sur la détermination de la criminalité par l'économie » 53. Ce dernier a publié en 1905 son ouvrage « criminalité et conditions économique ». Notons que les œuvres de Karl Marx ont donné naissance à l'école socialiste.

[12]

À la fin, pour ne pas manquer d'indulgence envers la sociologie criminelle, nous rappelons que si nous avons cité Durkheim en France d'une part, nous devons souligner, d'autre part, la contribution de l'École de Chicago entre « 1900-1950 » à l'étude des milieux criminels 54 basée sur un concept central qui est la désorganisation sociale 55.

L'école de Chicago a repris en quelques sortes le flambeau de la sociologie criminelle. Elle avait pour objet d'étude la ville de Chicago. Fortement axée sur le travail de terrain, de type journalistique et anthropologique, cette école est célèbre par ces ouvres sur la question géographie criminelle.

La sociologie criminelle contemporaine est reconnaissante à l'École de Chicago, notamment pour ses travaux sur de géographie criminelle (zones urbaines criminelles, de leur genèse, de leur stabilité et de leur localisation). Parmi les héritiers de cette école contemporaine, soulignons Thorsten Sellin et la théorie des conflits de culture. Burgess. Trascher avec ses études sur les gangs délinquants et Pr Howard Saul Becker, l'auteur de Outsiders, l'ouvrage focalisé sur le monde des musiciens de jazz et sur les fumeurs de marijuana.

Conplétons ce tableau en citant deux piliers de la sociologie criminelle actuelle : le premier est Pr Philipe Robert 56 connu par ses recherches portant principalement sur la théorie sociologique du crime, la sociologie des normes et des déviances, la sociologie législative, l’histoire et la sociologie du crime, la sociologie de la justice, la mesure de la délinquance, la victimation et l'insécurité, l'analyse des politiques pénales, l'analyse des statistiques pénales, les bandes de jeunes, les coûts du crime...

Le deuxième est le Pr Michel Foucault. Il faut savoir que « L'importance de Michel Foucault en criminologie, depuis les quinze dernières années, est remarquable. Comme le souligne Stanley Cohen, traiter de la criminologie aujourd'hui sans évoquer Foucault, c'est comme parler de l'inconscient sans mentionner Freud (1985, p. 10). Avec la publication de son livre « Surveiller et punir : la naissance de la prison » (1975), Foucault a donné à la criminologie un nouveau mode de pensée et de nouveaux concepts qui, selon David Garland (1986, p. 866 ; 1990), ont radicalement changé le discours dans lequel la réforme pénale était typiquement pensée par la criminologie. » 57.

À cette étape et en guise de bilan historique, il nous paraît personnellement important, dans le sens où on a constaté que la criminologie est née en Europe 58, néanmoins elle s'est bien [13] développée en Amérique, comme on constate aussi, que l'école française 59 historiquement a été la première à poser les premières briques de la criminologie quoiqu’elle est la dernière actuellement au niveau de la reconnaissance de cette discipline, un paradoxe que nous allons essayer d'illustrer par des exemples concrets.

À cet égard, après avoir parlé de l'école italienne et ses inspirations françaises 60 pareillement ses perspectives anthropologiques et biologiques qui « gagne en vitalité et en ouverture, mais perd en cohérence et en intégration » 61, et l'approche sociologique de Durkheim et l'école de Chicago qui conçoit la criminalité comme la conséquence d'un défaut de l'organisation sociale, “c'est-à-dire que la désorganisation sociale cause de la criminalité. Nous rappelons que pour cette école, le délinquant 62 n'est pas déterminé dans son corps ni dans son âme mais bien en fonction de son inscription particulière dans le système social, dans la société.” Nous avons constaté que les causes psychologiques de la criminalité n'ont pas été l'objet d'étude ni par les positivistes ni par les sociologues. Il convient donc de s'intéresser à l'approche psychologique et plus précisément à la criminologie clinique qui s'intéresse au phénomène criminel, et qui a pour but de pouvoir faire une distinction entre certaines disciplines similaires d'une part, et d'autre part, anticiper des réponses à quelques questions non pas encore posées sur le profilage criminel et d'autres.

IV. La Criminologie clinique
et l'étude de carrières criminelles


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Il s'agit d'observer l'historique de la contribution de la psychologie en général au développement de la criminologie. Cette contribution se présente par une analyse des processus psychiques de l'individu délinquant, voire même plusieurs personnes en même temps, (à titre d'exemple l'agresseur et sa victime). Aussi de mettre en évidence le plus de données possibles sur la personnalité du criminel.

L'objectif donc est d'évaluer le sujet le plus objectivement possible, loin de la position du juge ou celle de la victime ou bien celle de la société, de plus de ça répond aux appels des actions de prévention, d'aide ou de traitement en faveur d'une réhabilitation sociale de délinquant.

[14]

Pour sa part, la psychopathologie partage avec la criminologie une réflexion sur plusieurs thèmes : comme le passage à l'acte, de la responsabilité et de la culpabilité, la punition et la réparation, la thérapeutique, l'aveu, etc. Sa contribution « se révèle non seulement utile en matière de compréhension du fait criminel, mais contribue également avec la prise en charge thérapeutique, à la réadaptation sociale et à la lutte contre la récidive (...) pour la psychopathologie l'acte incriminant est pensé en terme de transgression 63 plutôt que de délit et la considération de sa matérialité n'est que secondaire par rapport à celle de sa signification ». 64 Transgression et délit ne sont pas synonymes, rappelons-nous que tout délit suppose une transgression mais toute transgression n'est pas un délit.

Cette contribution a des origines lointaines. On aperçoit Lombroso qui avait souligné la nécessité d'un examen médico-psychologique du délinquant et Garofalo qui accentué la nécessité de l'enquête sociale sur le délinquant.

Aujourd'hui, le regard de psycho-criminologue se distingue par sa particularité, il cherche à « retrouver le sujet dans son propre discours et sa vérité à lui, pourtant au centre de ce qui intéresse la psychopathologie. À partir de là, nous accorderons moins d'importance à ce qui cause le crime qu'à ce qu'il révèle ». 65

Dans ce cadre-là, le psycho-criminologue est en mesure de déterminer de quels troubles souffre 66 le sujet, ainsi que d'évaluer sa dangerosité 67, voire même analyser sa personnalité afin de pouvoir prévoir ce qu'elle peut faire, dire ou seulement penser. Cette démarche qui nous concédera comme un bien fait pour celui-ci (le délinquant) comme pour la société.

À cet égard, la criminologie francophone connut un regard psychologique plus particulier du criminel. C'est avec la naissance de l'école psycho-morale que nous connaissons aujourd'hui la criminologie clinique comme une branche de la criminologie appliquée. « Elle se constitue comme une approche de fait criminel partant du sujet auteur et acteur 68 du crime ». 69 Pour Maurice CUSSON, la criminologie clinique est « l'étude des carrières criminelles. Dans ce courant, on se propose d'étudier en priorité le délinquant en tant qu'individu et le développement de son comportement délictueux depuis ses origines jusqu'au moment où il abandonne sa carrière criminelle » 70. Elle étudie sous leurs aspects [15] médicaux, psychologiques et sociaux, grâce à la coopération poly disciplinaire de spécialistes, est dite "clinique". Cette première approche offre un intérêt essentiel pour la recherche fondamentale en criminologie. Elle permet la reconstitution de l'interaction particulière à chaque délinquant observé. Elle a aussi une grande utilité pratique : elle individualise, autant qu'il se peut en l'état de nos connaissances, ses méthodes de traitement destinées à réduire au minimum les chances de récidive du malfaiteur considéré.

Pour information, l'école psycho-morale est fondée par le psycho-criminologue et médecin anthropologue belge nommé Dr Etienne de Greeff (1898-1961), qui a travaillé comme criminologue clinicien pendant plusieurs années dans le milieu pénitencier. Ce milieu dont on estime actuellement que les malades mentaux représentent 30% de la population carcérale ! De Greeff dira qu'il ne faut plus considérer le délinquant comme une personne qui se laisse aller mais comme une personne qui trouve dans ce comportement son meilleur équilibre, c'est d'ailleurs ce qui est grave. Les études de de Greeff ont influencé considérablement la criminologie dans son époque, Jean Pinatel 71 (1913-1999), un des disciples de De Greeff, montre qu'« il n'ya pas de différence de nature, mais de degré entre les criminels et les autres » 72. Il s'intéresse par la suite à l'examen médico-psychologique 73 qui est pour lui la clé de voûte de la criminologie et la base pour le traitement du délinquant en vue de sa réinsertion sociale. Il élabore sa théorie de noyau central de la personnalité criminelle 74 et contribue par la suite au développement de la criminologie clinique. Cette théorie, malgré les critiques, reste reconnue comme l'une des premières théories à soutenir que certains traits de personnalité facilitent le passage à l'acte délinquant.

L'évolution de cette approche aujourd'hui fait que, malgré que les enquêteurs des affaires criminelles bénéficient des moyens de haute technologie, ils font appel dans certains cas à la compétence des criminologues et de psycho-criminologues pour élucider ce qui est impalpable comme le psychisme et le ressenti et la personnalité de criminelle par une analyse comportementale.

Cette tâche, confiée au criminologue, est mal perçu dans l'imaginaire collectif car le criminologue, pour l'opinion publique non avertie, est souvent le profiler qui poursuit des tueurs [16] en série 75. En réalité, notamment pour les criminologues qui travaillent pour des organismes de l'ordre public, à titre d'exemple, il est rare qu'ils seront amenés à dresser le profil psycho-comportemental d'un criminel non identifié et essaient de mettre au point des stratégies et recommandations dans la conduite des enquêtes. Cette tâche n'est donc que très occasionnelle 76 en raison de la rareté de ce genre de tueurs en série.

De ce fait, Il convient de faire la distinction entre la profession de criminologue est celle de profiler. Le profilage criminel 77 dénommé aujourd'hui analyse comportementale 78 est un outil complémentaire d'investigation criminelle. Cette méthode repose sur l'étude du dossier d'enquête, l'étude du mode opératoire, l'examen de la scène de crime, l'évaluation des motivations de l'auteur, l'étude victimologique (connaissance des résultats médico-légaux et de la biographique complète de la victime) afin d'élaborer un profil psychologique et comportemental du criminel comme il peut conseiller des stratégies aux enquêteurs pour les interrogatoires non réussis. Il s'agit d'une méthode consistant à intégrer les sciences humaines dans des enquêtes criminelles non élucidées, pour des faits multiples ou uniques, sans mobiles apparents ou évidents. Les sciences concernées sont essentiellement : la psychologie, la psychiatrie, la victimologie et plus généralement la criminologie.

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Autre profession qui fait partie des centres d'intérêts de la criminologie et ressemble dans pas mal de points au profiler, c'est la profession de négociateur de crise 79.

En France, nous avons un Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale GIGN (connu lors de son intervention pour libérer les otages dans les aéroports de Marseille) et pour la police nous avons le RAID - Recherche Assistance Intervention Dissuasion (ex. Prise d'otage de Neuilly-sur-Seine dans une classe maternelle, mai 1993). Dans les deux groupes d'interventions, le négociateur fait partie du groupe d'intervention. Or en Amérique, les négociateurs sont indépendants de ces groupes d'interventions.

La différence principale entre ces trois professions, c'est que le criminologue. qu'il soit clinicien 80, analyste ou chercheur, est celui qui fournit les théories et des modèles élaborés pour que les profilers et les négociateurs les utilisent dans leurs démarches.

Malgré l'intérêt scientifique de la criminologie, il s’avère qu'il n'existe pas encore en France 81, malgré les appels des différents spécialiste confrontés aux problèmes de délinquance, de marginalité, de déviance, malgré le besoin croissant, de formation universitaire approfondie et spécialisée.

Car la criminalité, comme nous avons mentionné bien avant, est passée d’un stade artisanal à un stade moderne. Il n y pas que le nombre de la criminalité qui change, mais c'est sa nature aussi. La criminalité prend des formes déférentes, sort de criminalité transnationale. « Une société sans crimes relève de l'utopie (...), c'est un fait social que la criminalité suit l'évolution des sociétés » 82.

La criminologie aujourd'hui « multiplie ses recherches, échanges d'informations, rencontres d'expert, colloques divers et rapprochement avec les acteurs de la police et de la justice pénale. Enrichir des acquis des sciences sociales, factions est plus que jamais nécessaire pour expliquer les transformations actuelles de la délinquance dans les diverse parties du monde ainsi que ses tendance futurs » 83. C'est là que réside sa capacité heuristique et l'inquiétude dérangeante qu'elle porte.
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