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Zatopek N° 2 – Avril 2007

Propos recueillis par Gilles Goetghebuer
INTERVIEW EXCLUSIVE

Quand Philippe croise Benny
L’entraînement croisé est un concept à la mode qui consiste à tirer profit d’une activité sportive, ici, le cyclisme, dans le cadre très différent de la course à pied. La théorie est séduisante. Mais est-ce que cela fonctionne? Nous avons demandé leur avis à deux des plus grands athlètes belges du moment: le cycliste wallon Philippe Gilbert et le duathlète flamand Benny Vansteelant.

Fiche technique

Nom: Philippe Gilbert

Age: 24 ans

Equipe: La Française des Jeux

Palmarès: GP de Fourmies 2006, GP de Wallonie 2006, Het Volk 2006, Polynormande 2005, Trophée des Grimpeurs 2005, Tour du Haut-Var 2005
Fiche technique

Nom: Benny Vansteelant

Age: 30 ans

Palmarès: 9 fois champion du monde, 4 fois champion d’Europe, 10 courses internationales remportées en 2006, 24 Powerman gagnés depuis 2000.
- Beaucoup de coureurs cyclistes ont fait aussi de la course à pied. Parfois même, ils ont obtenu de bons résultats dans cette discipline. Frank Vandenbroucke, par exemple, a été champion de Belgique de cross chez les pupilles avant de passer au vélo.

Est-ce également votre cas?

Philippe: Non, je n’ai jamais couru en compétition. Sauf au niveau scolaire. Je tournais pas mal à l’époque. Sans forcer, je m’apercevais que je lâchais facilement les autres. Je dois détenir encore le record du circuit de cross de l’Athénée de La Reid où nous emmenait le professeur de gym. Mais mon palmarès s’arrête là.
Benny: J’ai débuté moi aussi par les cross scolaires vers l’âge de dix ans. Tout de suite, je me suis fait repérer par l’entraîneur du club d’athlétisme. J’ai débuté en dilettante. J’étais petit pour mon âge. A 14 ans, je pesais à peine 35 kilos. Je n’ai gagné des centimètres qu’à l’adolescence et, à ce moment-là, j’étais tout le temps blessé. Finalement, je n’ai pris véritablement le sport au sérieux qu’à partir de 18 ans.
- Qu’est-ce qui motive votre amour du vélo?
Philippe: J’ai toujours aimé ce sport. Lorsque j’étais gosse, je faisais un peu de foot comme les autres. Mais c’est le vélo qui me fascinait vraiment. Puis j’en avais besoin physiquement. A l’école, on n’avait que deux heures de gym par semaine. Beaucoup trop peu pour un gars comme moi qui cherchait toutes les occasions de se dépenser. J’ai commencé le cyclisme à 14 ans. Cela m’a tout de suite comblé. Après cela, je n’ai plus jamais essayé d’autres disciplines.

Benny: Comme Philippe, j’avais le virus dès le départ, c’est-à-dire depuis tout petit! Un jour, ma mère a voulu me récompenser pour mes bons résultats à l’école primaire. Elle m’a offert un compteur kilométrique pour mon vélo. Mais attention, avec interdiction formelle de rouler sur la route! Je pouvais seulement faire le tour de la maison. Cela faisait 40 mètres à tout casser. Le soir, mon père est venu jeter un coup d’œil sur le cadeau. J’avais fait 35 kilomètres!
- Vous pensez que vous auriez pu faire carrière dans le vélo?

Benny: Un jour, le directeur sportif Michel Pollentier m’a confié que si je m’étais concentré là-dessus, j’aurais pu faire carrière chez les pros. J’imagine qu’il sait de quoi il parle (*). Il y a beaucoup de bons coureurs dans la région. Mon voisin s’appelle Klaas Vantornout. Il compte parmi les meilleurs cyclocrossmen de Belgique. Johan Museeuw habite aussi à une quinzaine de bornes. Des groupes se forment régulièrement pour les entraînements. Il m’arrive de les rejoindre occasionnellement. J’ai aussi quelquefois participé à des compétitions en catégorie espoirs. Pour durcir la séance, j’avais l’habitude de sauter sur tout ce qui bougeait. Cela me pompait pas mal d’énergie mais au bout du compte, je figurais toujours dans la bonne échappée. Puis je préférais rouler devant un petit groupe plutôt qu’au cœur d’un peloton de 200 coureurs où l’on risque sans cesse de chuter. Cela m’est arrivé une fois. Deux côtes cassées! Depuis lors, je préfère les longues sorties derrière la mobylette de mon père.
- Et vous, Philippe, auriez-vous été un bon athlète?
Philippe: Je ne sais pas. A vrai dire, je ne me sens pas tellement attiré par les courses dans les stades ou même sur route. La course en montagne, cela me plairait plus. Je sais que le Suisse Mauro Gianetti se préparait comme cela, à son époque. A la fin de ma carrière, je me verrais bien essayer. Pour l’expérience, je tenterais peut-être un marathon. Beaucoup d’anciens coureurs cyclistes s’y sont mis récemment (**). Je ne sais pas si je ferais aussi bien qu’eux. Mais je devrais me débrouiller quand même. Avec une VO2 max proche de 80 ml d’O2/min.kg, cela aide!
Benny: Un jour je me suis rendu au centre d’entraînement de l’équipe cycliste Mapei en Italie. Sur base des résultats de ma VO2 max , les chercheurs avaient prédit que je pourrais boucler un marathon en 2h12’. A l’époque, j’atteignais 82 ml d’O2/kg.min. Je ne sais pas s’ils ont raison. En revanche, je sais que lors de l’épreuve entre Ostende et Bruges, je tournais en un peu moins de trois minutes au kilomètre, soit un chrono de 46’04“ sur 10 miles.
- Lorsque vous passez un test d’effort, vous obtenez de meilleurs résultats sur vélo ou sur tapis roulant?

Benny: Bonne question. En règle générale, on monte un peu plus haut lorsqu’on court que lorsqu’on pédale. Les masses musculaires en jeu sont plus importantes. D’un autre côté, il faut tenir compte des habitudes. Pour Philippe, par exemple, la mesure de VO2 max sera probablement supérieure lors d’un effort à vélo. Chez moi, j’arrive exactement au même résultat. Cela montre que j’ai vraiment le profil-type pour le duathlon.
- Les cyclistes intègrent-ils parfois des séances de course à pied dans leur entraînement?

Philippe: Bien sûr. En hiver, par exemple, il arrive que les jours soient trop courts ou que la météo ne permette pas d’organiser de longues sorties. La course à pied constitue alors une alternative. C’est aussi une bonne solution pour tous ceux qui veulent maigrir. Au début de la saison, Frédéric Grappe, notre entraîneur à la Française des Jeux, conseillait le jogging à tous ceux qui éprouvaient quelques difficultés pour revenir au poids de forme après l’hiver. Il leur disait de courir à jeun le matin avant le petit-déjeuner. Cela permet de brûler rapidement un maximum de calories. Avec une heure à vélo, vous n’êtes nulle part, mais après une heure de course à pied, vous avez déjà fait quelque chose!
- Le poids constitue souvent une obsession chez les cyclistes. On se souvient que Johan Museeuw se permettait un paquet de frites par an et seulement à condition de gagner le Tour des Flandres...

Philippe: Bon, il y a toujours de la marge entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Mais, de fait, le poids, c’est capital pour nous. On doit tout le temps veiller à ne pas grossir sinon le verdict tombe immédiatement. Un kilo de plus ou de moins, cela fait une différence à la fin de l’épreuve. J’imagine que Benny connaît bien lui aussi la difficulté d’être à la fois en forme, de ne pas tomber malade et de garder un maximum de légèreté.
Benny: Bien sûr. Et pour bien connaître les deux activités, je vous dirais que le poids est encore plus pénalisant à pied qu’à vélo. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne fais pas de musculation. Cela m’aiderait sans doute à vélo. Mais je risquerais de prendre de la masse, ce qui me pénaliserait pour la course. D’ailleurs, je suis sûr que si demain j’arrêtais le vélo, je perdrais deux kilos et je serais plus performant à pied. Seulement, j’ai besoin de ces muscles lorsque je suis à vélo. Dans le duathlon, tout est affaire de compromis.

- Est-ce que votre poids subit de fortes variations saisonnières?

Philippe: Un peu. Mais il faut éviter de trop faire le yoyo. Du coup, on doit tout le temps réfléchir à son alimentation en fonction des entraînements et du calendrier. En général, j’arrête la saison vers la mi-octobre. Je prends trois semaines de repos où je relâche un peu. Puis, à la mi-novembre je repars pour une nouvelle période de préparation au rythme de 25 à 30 heures en selle par semaine.
Benny: Pour moi, c’est un peu pareil. Les trois premiers mois de l’année servent de préparation. Parfois, je participe à des petites compétitions à pied ou à vélo. Sans prétention. Les choses sérieuses commencent à la fin du mois de mars. En général, j’ai trois objectifs dans la saison: les deux Championnats du Monde et le "Powerman de Zofingen".
- Le principe de l’entraînement croisé consiste à tirer profit d’un type d’effort dans une autre discipline. Pensez-vous qu’un coureur puisse améliorer ses chronos après une période intensive d’entraînement à vélo?

Philippe: Je ne sais pas. J’ai tout de même l’impression qu’il vaut mieux s’entraîner dans la discipline qu’on pratique. Personnellement, si j’ai le choix, je prendrai toujours le vélo…
Benny: Parfois, on n’a pas le choix, justement. Alors là, je vois deux cas de figure. Le premier, c’est celui d’un coureur qui ne peut pas rouler à vélo mais qui peut courir. C’est plutôt rare. Sauf en cas de blessure à la selle. Le second cas est plus fréquent. On ne peut pas courir à cause d’une douleur articulaire au pied, au genou ou la hanche. Mais cela n’empêche pas de rouler à vélo. Cela m’est arrivé personnellement, une année. C’était au mois de février, juste avant le début de la saison. Je m’étais fait une tendinite au tendon d’Achille et on m’avait recommandé cinq semaines sans courir. Alors, pour ne pas accumuler trop de retard dans ma préparation, j’avais fait un énorme travail à vélo, espérant que cela compenserait les lacunes en course.
- Et cela a marché?

Benny: Oui et non. Disons que le transfert d’aptitude s’effectue jusqu’à une intensité d’effort qui se situe environ 10 pulsations/minute en dessous du seuil. Dans mon cas, cela signifiait que je me sentais bien tant que je courais à des niveaux proches de mon maximum. Je pouvais faire dix bornes en 31’30 sans trop de problème. Mais si je voulais atteindre mon niveau habituel de performance, soit une minute de moins, alors là, je coinçais complètement. Il me manquait l’entraînement spécifique.
- Quels conseils donneriez-vous à un marathonien pour bénéficier tout de même des avantages de l’entraînement croisé?

Benny: Le vélo peut certainement trouver place en début de saison. Là, cela vaut la peine. On augmente la charge de travail. Sans risque de se blesser. Il faut seulement respecter certaines règles, par exemple ne pas utiliser de gros braquets de manière à ne pas gagner trop de masse musculaire au niveau des jambes. Personnellement, je roule toujours avec un œil sur le compteur de puissance (***). Je tourne très vite les jambes pour ne pas dépasser 300 watts, par exemple.
- A l’inverse, qu’est-ce qu’un cycliste peut tirer de la course à pied?

Philippe: Là aussi, il faut l’envisager comme un travail d’avant-saison. Personnellement, je ne cours presque jamais. En revanche, je participe à la saison de cyclo-cross. Histoire de m’entretenir physiquement. En plus, cela m’amuse. Mais je ne force jamais. J’aurais trop peur de me blesser. D’ailleurs, quand je sens que je tire un peu trop sur la machine, je m’arrête aussitôt. C’est très exigeant comme discipline. Aux derniers championnats de Belgique par exemple, il y avait environ 1000 mètres de course à chaque tour de circuit. Au bout du compte, cela fait tout de même une dizaine de bornes à courir en portant son vélo. Le lendemain, on a horriblement mal aux jambes!

- Ce ne sont pas les mêmes muscles qui travaillent qu’à vélo?

Philippe: Si. Mais ils ne travaillent pas de la même façon. En course à pied, le mouvement impose une série de contractions excentriques c’est-à-dire que le muscle se contracte tout en s’étirant. Or, ces sollicitations sont nettement plus dures pour la fibre musculaire qui se déchire parfois. Les jours suivants, bonjour les courbatures. A vélo, les contractions excentriques n’existent pas et il faut vraiment aller très loin dans ses réserves pour ressentir les mêmes symptômes.
Benny: Les courbatures, c’est vraiment le gros problème que pose l’entraînement croisé dans le sens course à pied vers le vélo. Sur le plan cardiovasculaire, on peut bénéficier de gros transferts. Mais il faut tenir compte de la casse au niveau cellulaire. Du coup, je conseillerais plutôt la course à pied à des coureurs légers, du genre grimpeur. Puis, il ne faut pas qu’ils partent pour des séances trop longues ou trop rapides. Ils doivent choisir des sols souples et relativement plats. Et surtout, éviter de courir en descente.
- Pour terminer, je vous ai préparé une question vache à tous les deux. D’abord, Philippe: n’auriez-vous pas préféré faire carrière dans un sport un peu moins décrié que le cyclisme? Lorsqu’on parle de vélo désormais, c’est presque toujours lié au dopage?

Philippe: Non, je ne regrette pas. Le dopage n’est pas tabou dans le vélo. Et tant mieux. Je me sens davantage protégé dans ce milieu que dans d’autres sports où il règne beaucoup plus d’hypocrisie. Puis, je suis heureux de faire partie d’une équipe comme la Française des Jeux qui se positionne aussi clairement sur le sujet.
- Question vache pour vous, Benny: ne regrettez-vous pas de ne pas avoir opté pour une discipline plus populaire: le triathlon par exemple?

Benny: Ah non, surtout pas. Je déteste la natation. C’est simple, je n’aime pas la piscine, je n’aime pas le chlore, je n’aime pas avoir froid, je n’aime pas me lever aux aurores pour m’entraîner avant l’heure officielle d’ouverture des bassins. Moi, il me faut de l’espace pour vivre. Il me faut des paysages. Je m’ennuierais à mourir en comptant les carreaux de faïence au fond de l’eau. D’ailleurs, vous remarquerez que beaucoup de nageurs, même au plus haut niveau, ressentent le même ras-le-bol. Quand ils arrêtent leur carrière, ils ne nagent plus du tout. Or, c’est plutôt rare d’assister à ce type de réaction chez des anciens coureurs ou des cyclistes.
- Le cyclisme alors?

Benny: Là, je suis moins catégorique. Mais cela rejoint un peu la question vache que vous avez posée à Philippe. Je connais assez bien le monde du vélo… C’est aussi la raison pour laquelle, je ne rêve pas d’en faire partie. Je préfère le duathlon!
(*) Michel Pollentier comptait parmi les meilleurs coureurs belges dans les années 70. Il aurait probablement remporté le Tour de France de 1978 s’il n’avait été disqualifié pour tricherie au contrôle antidopage. Pour produire une urine différente de la sienne, il avait eu recours à un stratagème assez banal à l’époque avec un tuyau en caoutchouc prolongé d’une petite poire dissimulée sous l’aisselle.
(**) Nous avons retrouvé quelques chronos intéressants: Wilfried Peeters (42 ans) 3h57’25’’ au Marathon de New York en 2006, Laurent Jalabert (38 ans) 2h55’15’’ au Marathon de New York en 2005, Lance Armstrong (35 ans) 2h59’36’’ au Marathon de New York en 2006.
(***) Benny Van Steelant fait référence aux systèmes qui tiennent compte des forces qui s’exercent sur le pédalier pour transcrire les données de l’effort en une mesure de puissance (formulée en watts).

Duathlon: le mode d’emploi

On connaissait le décathlon, l’heptathlon, le pentathlon, le triathlon et même le biathlon. Voici le duathlon où il s’agit d’associer trois efforts consécutifs en course à pied, en cyclisme et puis de nouveau en course à pied. La discipline est née, il y a une quinzaine d’années, comme une excellente façon de se préparer au triathlon. Elle fut adoptée ensuite par tous ceux qui se sentaient attirés par les épreuves combinées mais que la natation rebutait. Puis les organisations se sont multipliées, notamment dans les régions dépourvues de plans d’eau nécessaires à l’organisation d’un triathlon. Lentement, on a assisté ainsi à une prise d’autonomie. Certes, le duathlon et le triathlon dépendent toujours des mêmes fédérations. Mais le premier est désormais une discipline à part entière avec ses champions et ses grands rendez-vous du calendrier national et international. Les épreuves se divisent en deux grandes familles: les courtes distances (10 km – 40 km – 5 km) et les longues distances (10 km – 60 km – 10 km). Là-dessus viennent se greffer des courses hybrides comme le redoutable Powerman de Zofingen (Suisse) soit 10 bornes de course à pied, suivies de 150 km à vélo (3 boucles de 50 km comprenant chaque fois deux franchissements de cols) et enfin 30 km de course à pied.
Le Powerman compte parmi les compétitions sportives les plus exigeantes au monde. Le triathlète américain Mark Allen (6 fois vainqueur de l’Ironman d’Hawaï) l’a même décrit comme l’expérience la plus terrible de sa carrière! L’alternance des efforts en selle et sur le bitume exige effectivement une parfaite gestion de l’effort. Sur les courtes distances, les aspects stratégiques se révèlent souvent déterminants. Surtout depuis l’adoption du drafting. Comme en triathlon, les fédérations ont modifié l’ancienne réglementation qui interdisait de rouler en peloton ou simplement dans le sillage d’un autre cycliste. Il faut donc beaucoup calculer pour tenir compte à la fois des écarts consentis dans les différents secteurs du parcours et de l’épuisement des réserves énergétiques. A découvrir!


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