Cours 1 : introduction





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II-                  Le traitement médiatique des malaises sociaux

Le traitement des événements est différent selon les journaux. Les journalistes, productions, publications, l’ensemble est soumis à des contraintes et conditions de fonctionnement commune qui pèsent sur ce qu’il est possible de faire dans un article ou un reportage diffusé à grande échelle.

Patrick Champagne a étudié les conditions de fonctionnement en s’intéressant aux émeutes d’octobre 1990 à Bon en Vlain (banlieue lyonnaise). « La construction médiatique des malaises sociaux », 1991. S’adresse aux apprentis journalistes. Le traitement est emblématique, mise en avant du champ journalistique principal producteur de discours sur les problèmes des banlieues. Travailler sur les conditions de travail des journalistes et sur la ville en menant des interviews. Mise en regard des erreurs, exagération des discours journalistiques qui pèsent sur le fond de l’information.

a)      Rappel des événements

Octobre 1990, au cours d’un contrôle de police à Lyon, une moto est renversée, le passager arrière est tué dans sa chute. 100 jeunes se rassemblent et visent la police comme responsable du drame, bavure pour eux. Le soir même trois voitures sont brulées dans le quartier. Les médias locaux écoutent les fréquences de police, et font la Une des médias nationaux. Des jeunes lancent des pierres contre le comiceria, une voiture est envoyée dans un centre commercial, vol de marchandises.

b)      Un discours qui mise sur l’exceptionnel et dramatisation de l’événement

Champagne compare la presse locale et la presse nationale et remarque que la presse nationale exagère la gravité des faits. Local : vol de marchandise se déroule bien ; Nationale : ambiance d’émeute.

En analysant les différents articles publiés, on voit que les médias construisent le problème des banlieues. Les informations transmises n’ont pas grand rapport avec la réalité des faits. C’est la construction qui rend l’événement exceptionnel. Les médias sont en concurrence entre eux et doivent dramatiser l’événement pour le rendre exceptionnel et accrocher le public.

Les journalistes racontent comment leur rédaction les poussait à faire des directs après quelques jours alors que c’était fini rien que pour rentabiliser le matériel engagé. Choix d’une approche spectaculaire des quartiers : distance social, différence qui va attirer l’attention du public.

Muchielli note que la présence des journalistes peut elle-même provoquer des événements pour être diffusés par la suite. Ex : un journaliste raconte que certains journalistes attendaient l’événement.

 

c)       Expliquer sociologiquement les discours journalistiques, quelques particularités du champ journalistique

  1. Le milieu journalistique et le système

Spécificité générale du champ journalistique. Quête logique de la recherche du profit, de l’exceptionnel pour une nouveauté qui attira le public.

La notion de champs est une notion proposée par Pierre Bourdieu, c’est un espace de lutte, de concurrence autour d’un capital, d’un enjeu spécifique propre à une sphère, à un domaine. Le champ journalistique est constitué principalement par la télévision, qui devient le média de référence : importance des images qui aident à toucher l’affecte du public, les sujets sont plus rapides, la télévision devient un dominant qui oblige les autres médias à suivre une ligne directrice, effet circulatoire des événements, les sujets se chassent entre eux, un fait doit être présenté comme nouveau. Sociologie du travail des journalistes, moins de spécialisation, transformation du champ journalistique.

Le milieu journalistique fait système : on peut parler d’une unification du traitement, différences tout de même : différences de cursus et formation des journalistes eux-mêmes, différences entre journaux de province et nationaux, différences entre types de médias. On n’a pas un seul champ mais une diversité de champs. Il y a concurrence entre différent niveau. Le paysage journaliste peut être fait de différentes visions.

Comment certaines conditions de travail et modes de fonctionnement du champ pèsent sur la production de la majorité de ses membres ? Le journalisme d’information est un secteur d’activité qui fait système. La presse est le plus lu par la presse elle-même, les journalistes se regardent entre eux, un journal est d’abord lu par ses concurrents pour voir comment ils ont traité le sujets. Permet de ne pas être en retard sur l’information, pour ne pas faire de ratage.

  1. L’effet de domination de la télévision

Dû à sa grande diffusion, touche une grande partie de la population. Elle joue un rôle important dans la diffusion d’une représentation dominante d’un événement : elle agit sur les téléspectateurs avec une force dramatique des images et sur les journalistes des autres médias (la presse écrite doit se positionner sur la Une du 20h). Sur les grandes tendances, la télévision donne le la sur les informations à traité. Elle n’est plus méprisée par la presse écrite, elle possède ses propres journalistes, ce n’est plus un média de reprise. Avec l’arrivée de chaîne privée, la télé est devenue une puissance économique, elle vole des clients à la presse écrite, publicitaire. Exerce une domination symbolique dans le milieu, aspiration des journalistes vers la télé pour leur carrière.

Les effets de cette domination sur le traitement de l’information : privilégier les sujets sur lequel on a l’image (ex : la transformation du système d’enseignement est difficilement mis en image et va juste être évoqué ; le problème des banlieues : focalise et diffuse la violence urbaine au détriment de la misère sociale, il est plus difficile de mettre en image de manière dynamique des facteurs sociaux qui permettrait de rendre compte de cette violence). Tendance de se focaliser sur l’exceptionnel.

 

  1. Transformations structurelles du champ journalistique

Effets d’accélération du travail médiatique, toujours allé plus vite pour ne pas être dépassé par ses concurrents. Le développement de la technologie qui favorise les directe mais pas les temps de l’analyse. Dans les médias intellectuels, peu de spécialisation des journalistes, journalistes polyvalents différent d’un journaliste de presse écrite.

 

d)      Sortir de la logique journalistique

Il faut reconstruire l’histoire de Vaux en Velin. En 1921, village avec 1600 habitants, implantation d’une usine de fibre artificielle en 1925, accroissement de la population. Entre 53 et 59, construction de premiers logements sociaux pour familles en difficultés. En 64 : création d’une ZUP. Entre 71 et 83, création de 9000 logement sociaux.

  1. La propriété structurale aux grands ensembles

Habitats de construction récente essentiellement collectifs, population très jeune, famille nombreuses, beaucoup de famille étrangère, mobilité résidentielle forte, taux de chômage élevé. La résignation de la population moins intégré et qui accepte plus facilement le chômage n’est pas la résignation de leur enfants qui eux vivent mal d’être au chômage alors qu’ils se sentent intégré. Le chômage qui les frappe plus que les autres jeunes français apparait comme une injustice.

  1. Une jeunesse spécifique

Caractérisé par une sous qualification car  échec scolaire, pour des raisons culturel et social. Les embauches sont difficile du parfois à des phénomènes de racisme. Alimentation des stigmates associés à cette jeunesse, comme les saccages de locaux mis à leur disposition.

  1. Politique de logement

Le marché immobilier et la filière d’attribution des logements sociaux ont contribué à concentrer les familles en difficulté et d’origine immigrée, concentration spatiale qui alimente encore plus les réactions racistes. Concentrations des services sociaux, développement d’une économie souterraine, source d’insécurité pour les populations voisines. L’espace se prête bien au développement des trafics, coupé du centre-ville, à l’écart des voies de circulation.

  1. Développement des circuits de la grande distribution et de la publicité

Bien de consommation inaccessible, lors de vol on voit que les supermarchés et les voitures sont les premières cibles. Aspiration contrarié par les médias, précarité de la population. Frustration qui pèse fortement, à des aspirations de bien, mais aussi sentiment d’injustice.

Les violences spectaculaires qui font la Une des médias cachent les petites violences ordinaires qui s’exercent en permanence sur tous y compris sur les jeunes délinquants qui en sont aussi victimes. La violence est une réponse aux violences répétées plus invisible qui s’exerce dans le champ scolaire, marché du travail, affectivo sexuelle. La situation des banlieues est un processus dont la logique n’est pas dans la cité elle-même mais dans la politique. Effet de territoire, la situation de ces banlieues doit ces formes particulières à la superposition dans un même espace de ces mécanismes négatives. A la différence du point de vue journalistique qui limite à un type de vie urbaine, le sociologue cherche un point de vue plus large.

COURS 4 : POLITIQUE DE LA VILLE ET CONSTRUCTION ETATIQUE DES « TERRITOIRES A PROBLEMES »

Les communes peuvent être hiérarchisées selon leur degré de richesse ou d’intégration dans la structure urbaine. La hiérarchie spatiale recouvre assez bien la hiérarchie sociale. Elle existe d’un point de vue objectif (niveau de vie, taux de chômage), mais également dans les représentations communes dans tel ou tel quartier, tel ou tel zone. L’espace est traversé par des représentations sociales visibles dans les médias. Stigmatisation de ces zones. Difficultés spécifiques avec les politiques de logement et les conditions économiques. Le problème des banlieues est à la croisé des questions urbaines et sociales. Produit des transformations économique, construit urbain qui est la conséquence des politiques urbaines. C’est un construit social.

Comment a été produit cet espace ? Condition de production de cet espace spécifique.

I-                    Généalogie d’une nouvelle politique

C’est dans le contexte des violences urbaines de l’été 81 qu’émerge un ensemble de dispositifs qu’on appelle la politique de la ville avec une logique initial : logique d’intervention étatique qui se proposait de pallier aux insuffisances du système de protection sociale plus classique. De nombreux rapport sur les quartiers, insertions des jeunes, prévention de la délinquance qui conduisent à une transformation des politiques sociales traditionnelles au profit d’approche plus globale, transversale, plus proche des populations. La politique sociale traditionnelles est centralisée et sectorisée, sur des populations spécifiques d’ayant droit qui doivent répondre à des conditions définit par la loi. Ambition de jouer simultanément sur les différentes dimensions de la vie quotidienne de la population et sur un territoire délimité. Mettre en place des partenariats locaux avec un principe de contrat qui implique la participation des populations concernée. Politique multidimensionnel : réhabilitation, action social et culturel, école, emploi, insertion professionnelle, prévention de la délinquance et sécurité. Politique urbaine et sociale. Dispositifs : création de ZEP en 1981, création des missions locales pour l’emploi en 1981, l’opération pour le développement sociale des quartiers contrat de ville 94, création de ZUS en 96. La politique de la ville ne concerne pas toutes les villes et pas toute une ville. C’est une spécificité française. Création d’une délégation interministérielle à la ville en 88 et en 91 un ministère de la ville.

Deux grands principes :

-          Une modernisation des services publics, allé vers plus de proximité, coordonné au mieux l’action sur un territoire, la ville s’impose comme un espace pertinent de mise en œuvre de l’action public

-          La définition de population cible en rupture avec les catégories traditionnelle de l’action sociale, sur la base du lieu d’habitation que l’on identifie les vrais désavantagés. Mis en place d’une discrimination positive pour favorisé les populations de territoires défavorisés.

L’intervention de l’état change de philosophie, on passe du traitement de famille à problème à un traitement de territoire à problème. Reflète une transformation dont l’état définit son action sociale. En se centrant sur territoire mobilisé plutôt que sur des individus à indemniser, l’état participe à la construction de territoire a problème l’action de l’état comme les médias, participe à la création du problème des banlieues en imposant des catégories d’analyse des façon de voir les choses qui transparaissent à travers les dispositifs mis en place pour répondre au problème des banlieues

II-                  Un bilan mitigé

Les zones urbaines sensibles cumulent aujourd’hui les difficultés. Le bilan de 25 ans de politique de la ville est assez difficile à établir, car on a vue apparaitre une inflation de procédure et de dispositif qui rendent difficile l’évaluation globale de cette politique. Dispositif pas mis en œuvre de façon homogène selon les contextes locaux. Manque de cohérence et d’harmonisation. Une politique qui n’a pas réellement agit sur la cause de la ségrégation, dû à la faiblesse des moyens consacré à la lutte contre la ségrégation, moyen très limité par rapport aux ambitions (moins de 1% du budget de l’état), il y a un effet conjoncturel dû aux élections qui renvoi la politique de la ville. Les zones urbaines sensibles sont des entités administrative définit pour être la cibles de la politique de la ville. Elles sont caractérisées dans la loi du 14 novembre 1996, relative au pacte de relance pour la ville, ces ZUS sont caractérisé par la présence de grands ensembles ou de quartier d’habitat dégradé et par un déséquilibre entre emploi et habitats. En 2009, 751 ZUS et 717 en métropole, regroupe 4,46 millions d’habitant, soit environ 7,6% de la population. Ces zones sont la cible privilégiée de la politique de la ville.

Les effets positifs : les ZUS sont bien occupé en services publique mais moins en service marchands. Elles cumulent les principaux indicateurs de difficultés sociales. Elles se démarquent des agglomérations dont elles dépendent. L’observatoire national des ZUS, qui souligne que les écarts ne cessent de se creuser entre ZUS et agglomération dont elles dépendent. Au niveau démographique, la part des moins de 25 ans y est plus importante, les couples sans enfants y sont moins nombreux qu’ailleurs, à l’inverse les familles nombreuses ou monoparentales y sont plus nombreuses qu’ailleurs et les individus sont 3 fois souvent de nationalité étrangère. Au niveau de l’emploi, le chômage a augmenté. Entre 90 et 99, le taux de chômage est passé de 18,9 à 25,4% alors que sur la même période sur la France le taux est passé de 10,8 à 12,8%. Le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans en dehors de ces quartiers en 99 est de 24,5%, or dans les ZUS, il est de 40%. Taux en constante augmentation, en 90 28,5%, en 99 de 24,5%, en 2005 45% pour hommes et 38% femmes. Il y a aussi une proportion d’emploi précaire important : en 99, 20,1% des emplois pas en CDI et dans le reste du pays 12,1%.

La scolarité : 39% des habitants des ZUS n’ont aucun diplôme à l’issue de leur étude, les non ZUS, 21,2%. Seulement 3,9% obtiennent un diplôme universitaire. Globalement les études sur la politique ZEP montrent que leurs effets ne sont pas significatifs.

Si on regarde les PCS, on voit qu’il y a une forte concentration d’employé, ouvrier qualifié ou non, 56,3%. Grande précarité financière, revenu moyen est de 918 euros par mois (1200 euros personne hors ZUS), les personnes vivant en ZUS perçoivent plus fréquemment allocation familiale et aides au logement 59%, 3 fois plus souvent bénéficiaire du RMI, 1 ménage sur 5 se situe en dessous du seuil de pauvreté contre 1 sur 10 sur le reste de la France, en 2009, 44% des jeunes de moins de 18 ans vivaient en dessous du seuil de pauvreté.

En 2003, loi de programmation pour la ville et rénovation urbaine qui engage la politique de la ville vers une politique de peuplement, il ne s’agit plus seulement de rénover les quartiers mais de veiller à un véritable renouvellement urbain à l’échelle de la ville. Opération de démolition de logement et de nouvelles constructions, mixités sociales mis au cœur qui visent un idéale de brassage des populations, or 9 ans après on constate que la loi RSU, il ne semble pas qu’il y a eu un changement radical dans la composition sociale de ses communes.
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