8. Transcription de l’entretien p. 14 à 17





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Invité : Thomas Snégaroff

15/09/12


Niveau supérieur / C1

Public : diplomates, journalistes, personnes intéressées par la politique américaine et européenne.

Thèmes de l’émission : Les présidents américains
Compétences :       
1. Situer les présidents américains.
2. Repérer des informations précises dans l’émission.
3. Identifier les types de discours.
4.
Décrire l’attitude d’un orateur.


Objectifs communicatifs :
1. S’exprimer sur le mensonge en politique.
2. Rédiger un article sur un dirigeant politique.
3. Rendre un récit vivant avec des anecdotes.

Objectifs linguistiques :
1. Revoir, approfondir et employer les temps de l’indicatif.
2. Revoir, approfondir et employer le discours indirect libre et la concordance des temps.

Objectifs interculturels :
1. Les présidents américains.
2. Les mimiques des politiques.
3. Le mensonge en politique.

Sommaire de la fiche 

1. Mise en route p. 2
2. Compréhension de l’entretien p. 3 à 5
3. Analyse du discours / rapporter des propos p. 5 à 9
4. Production orale / Dossier sur la gestuelle et l’image en politique p. 9 et 10

5. Production écrite et orale p. 10 et 11

6. Ressources de Courrier International p. 12

7. Liens pour aller plus loin p. 12 à 13

8. Transcription de l’entretien p. 14 à 17

9. Remue-méninges sur les présidents américains et leur mandat p. 18 et 19

10. Questions de compréhension orale p. 20 et 21

11. Activité 1 sur le choix des temps p. 22

12. Activité 2 sur le discours indirect p. 23 et 24

13. Activité 3 sur les anecdotes p. 25

14. Production orale sur la gestuelle p. 26

15. Production écrite et orale sur le mensonge et l’image en politique p. 27
1. Mise en route
Cette étape de mise en route vise à introduire les présidents américains cités dans le reportage ainsi que d’autres présidents américains connus afin d’aider, lors de la compréhension, à les situer dans le temps et dans le contexte économique, historique et social.

Répartir la classe en petits groupes et distribuer d’une part, la liste des présidents et des contextes, et de l’autre, le tableau à remplir contenant les dates (pages 18-19).

Réalisez l’activité de mise en route.

Corriger oralement en laissant les apprenants ajouter des informations qu’ils désireraient partager avec le groupe.
Pistes de corrections / Corrigés :

Président

Dates

Parti politique

Contexte

George Washington

1789-1797

Pas de parti politique

Première présidence de l’histoire des États-Unis.

Thomas Jefferson

1801-1809

républicain

Acquisition de la Louisiane française par les États-Unis.

Abraham Lincoln

1861-1865

républicain

Émancipation de tous les Noirs d’Amérique.

Theodore Roosevelt

1901-1909

républicain

Une campagne antitrust est menée.

Franklin D. Roosevelt

1933-1945

démocrate

Renforcement du pouvoir du président et du gouvernement fédéral.

Attaque de Pearl Harbor.

Dwight Eisenhower

1953-1961

républicain

Guerre froide.

John F. Kennedy

1961-1963

démocrate

La plus longue phase de prospérité des États-Unis.

Débarquement de la baie des Cochons.

Traité d’interdiction des essais nucléaires entre les USA et l’URSS.

Lyndon Johnson

1963-1969

démocrate

Guerre du Vietnam.

Richard Nixon

1969-1974

républicain

Fin de la guerre du Vietnam.

Scandale du Watergate.

James Carter

1977-1981

démocrate

Accords sur le canal du Panama.

Invasion soviétique de l’Afghanistan.

Enlèvement de soldats américains à Téhéran.

Ronald Reagan

1981-1989

républicain

Période de prospérité.

Négociation avec Mikhaïl Gorbatchev.

Bill Clinton

1993-2001

démocrate

Prospérité économique.

Investissement dans la résolution du conflit entre Israël et Palestine.

Barack Obama

2009-2013

démocrate

Crise économique sévère.

Conflits en Irak et en Afghanistan.

2. Compréhension de l’entretien
Cette étape permet aux apprenants de repérer des informations précises dans l’émission et d’effectuer également le repérage lexical de certaines expressions.

Distribuer les questions (cf. p. 20-21). Laisser le temps aux apprenants de lire les questions. Diffuser l’émission.

Prenez des notes et répondez aux questions.

Faire comparer avec un(e) autre apprenant(e). Rediffuser l’émission si nécessaire puis corriger, à l’oral.
L’invité :

Historien spécialiste en géopolitique et expert sur les États-Unis. Thomas Snégaroff enseigne à Sciences Po. Il anime un blog et est chroniqueur sur TV5MONDE pour l’émission l’Histoire en marche. Il anime également un autre blog pour Rue89. De plus, il intervient très souvent à la télévision sur les questions relatives aux États-Unis. Il a écrit plusieurs ouvrages (cartographies et livres).
Pistes de correction / Corrigés :

Les questions :

1) Qui est Thomas Snégaroff ?

Il est historien, professeur à Sciences-Po à Paris, spécialiste de l’Europe et avec le temps, Thomas Snégaroff  est devenu spécialiste des États-Unis.
2) Pourquoi le journaliste Paul Germain sert-il un steak à son invité ?

Il lui sert un steak, car Thomas Snégaroff est spécialiste des États-Unis auxquels il a consacré plusieurs livres et que les Américains apprécient ce plat. Par ailleurs, le steak est un plat viril. Or, dans son dernier livre intitulé « L’Amérique dans la peau » il explique que depuis toujours, pour devenir président des États-Unis, il faut incarner une image virile.
3) Quel rapport y a-t-il entre la taille d’un steak et la capacité à gouverner des présidents américains ?

Manger d’énormes morceaux de viande est un signe de virilité. Pour insister sur ce fait, il raconte l’anecdote avec Lyndon Johnson qui mangeait des steaks en forme de Texas et de taille gigantesque, car ingérer le territoire et ingérer la nourriture c’est un peu la même chose. Manger des steaks, c’est également montrer sa capacité à être un pionnier, réinventer en permanence l’histoire de l’Amérique, de la frontière à conquérir. C’est également maîtriser la nature.
4) Selon l’invité, une femme a-t-elle autant de chances de devenir présidente des États-Unis qu’un homme ? Pourquoi ?

Il est difficilement concevable d’imaginer une femme à la tête des États-Unis, car une femme n’est pas assez forte pour incarner la nation américaine.
5) Quelle expression utilisée par l’invité signifie mettre en avant une facette, un aspect, se servir d’un atout auprès des électeurs ?

Jouer la carte de.
6) À quel jeu de force Paul Germain compare-t-il les élections américaines ? Pourquoi ?

Il les compare à un bras de fer entre les candidats à la Maison-Blanche dans la mesure où c’est un jeu viril.

7) Quelle idée veut-il mettre en avant quand il mentionne Ben Laden et Kadhafi ?

Le fait que les rapports de force évoluent et ressemblent de moins en moins à un bras de fer. En effet, les ennemis sont désormais les Chinois qui sont également des partenaires.

8) En quoi le président Roosevelt a-t-il été une figure forte de l’Amérique ?

Roosevelt était handicapé. Il a joué doublement de son corps : d’abord, en disant aux Américains : « J’ai réussi moi-même à me sauver de la maladie, je vais sauver l’Amérique ». Il a alors été perçu comme le docteur de l’Amérique. Il a toujours montré qu’il était capable d’avancer, en masquant son handicap.

9) Quelle différence concernant les gouvernants américains et européens René Zayan met-il en exergue ?

Il dit que les grands présidents américains ont su rallier le peuple en période de crise malgré le clivage entre les partis politiques. Il pense à Roosevelt et notamment à Ronald Reagan dont la communication était basée sur l’assurance, la jovialité, la sociabilité, mais aussi l’empathie : comprendre les problèmes du peuple et faire comprendre les intérêts de l’Amérique. Au contraire, les dirigeants de l’Union européenne souffrent d’un manque de charisme. Ils ne sont pas perçus comme de vrais leaders, ne sont pas convaincants, et ne sont pas suivis.

10) Comment Thomas Snégaroff explique-t-il cette différence ?

La grande différence entre les dirigeants européens et des États-Unis c’est que le président américain est le seul à incarner l’unité de la nation. Aussi son corps et le corps de l’Amérique ne font qu’un et fusionnent. Alors qu’en Europe avec le corps de Van Rompuy, le corps de Barroso, le corps de chaque président et chaque premier ministre des 27 États membres et les présidents des assemblées nationales, il se crée une distance entre le dirigeant et le peuple qu’il est censé incarner.
11) Que signifie à votre avis l’expression « figure cardinale » ici ?

Une figure cardinale c’est une figure essentielle, celle du président des États unis ici, figure dans laquelle les Américains veulent s’identifier.
12) Quel type d’outil politique le corps représente-t-il ? Expliquez.

Le corps est un outil de persuasion. Snégaroff prend l’exemple de François Mitterrand en 1981 qui avait beaucoup travaillé sur sa gestuelle et son corps. Puis, il cite l’exemple de François Hollande qui a compris, à un moment donné, que pour être président, il fallait davantage cliver et son amaigrissement physique signifiait, selon lui, cette capacité à cliver.

13) Quel est le mythe américain en matière de politique ? Quel paradoxe met-il en avant ?

Ce mythe, c’est le fait que n’importe qui peut devenir président des États-Unis et que tout est possible en Amérique. Pourtant, paradoxalement, les Américains ne veulent pas que n’importe qui soit président. Ils veulent qu’il y ait un retour de sacralité, une fois arrivé à la Maison-Blanche.
14) Quel a été le principal atout de François Hollande ? Quelles pourraient être les limites de cette image ?

François Hollande incarne l’homme ordinaire, l’homme normal. Mais il est possible qu’à un moment donné, les Français ne veuillent plus forcément d’un président normal. Ils voudront quelqu’un d’anormal, qui resacralise la fonction et qui incarne quelque chose de plus qu’un homme ordinaire.
15) Quel type de président a été Carter et quelle erreur a-t-il commise ?

C’était un président ordinaire. Mais un jour il a demandé de l’aide aux Américains : « Aidez-moi face à la crise, je ne sais plus comment faire ». Or, un homme viril, un homme fort ne demande pas d’aide, il guide. C’est la raison pour laquelle il a échoué face à Ronald Reagan en 1980.
16) Quelle différence peut-on observer entre les électeurs américains et européens ?

Un électeur américain cherche à s’identifier dans la personne qu’il va amener à la Maison-Blanche, ce qui n’est apparemment pas le cas des électeurs européens.
17) Comment l’invité résume-t-il la différence de politique entre Europe et États-Unis ?

Aux États-Unis, le clivage entre les partis, en l’occurrence les républicains et démocrates, est beaucoup moins important qu’en Europe. En Europe, les lignes de force sont beaucoup plus marquées avec une politique qui repose davantage sur les idées que sur les images. Aux États-Unis, il y a un socle de valeurs communes, un socle de mythes aussi, d’illusions communes et le président doit justement être le meilleur. Et celui qui arrivera à mettre ces valeurs communes, ces mythes en mots, à les mettre en corps, gagnera les élections.
Sciences Po

Anciennement l’École libre des sciences politiques, Sciences Po se compose de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP Paris) et la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) regroupant une bibliothèque, des presses, et des centres de recherche. Il existe un réseau d’IEP dans plusieurs villes françaises.
Oussama Ben Laden

Chef du réseau Al-Qaïda qui a revendiqué les tristement célèbres attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Il a été tué par l’armée américaine en 2011.
Kadhafi

Il fut à la tête du régime totalitaire en Libye entre 1969 et 2011.


Van Rompuy

Homme politique belge, président du Conseil européen depuis 2009.
José Manuel Durao Barroso

Homme politique portugais, président de la Commission européenne depuis 2004.
François Hollande

Homme politique français, président de la République depuis mai 2012. Il a notamment été premier secrétaire du Parti socialiste de 1997 à 2008.
François Mitterrand

Homme politique français, socialiste, président de la République de 1981 à 1995.


Parti républicain

Un des deux grands partis américains avec le démocrate. C’est un parti de droite. Le dernier président républicain était George W. Bush de 2001 à 2009.


Parti démocrate

Parti opposé au Parti républicain, il a été fondé par le célèbre Thomas Jefferson. L’actuel président des États-Unis, Barack Obama est démocrate.

3. Analyse du discours / rapporter des propos
L’étape 3 permet de travailler les particularités du discours et d’approfondir certains éléments culturels mentionnés dans l’émission. Plusieurs éléments peuvent en effet être pris en compte, seulement soulignés par l’enseignant ou faire partie d’une étude plus poussée en classe suivant les objectifs poursuivis et le temps dont l’enseignant dispose.

Activité 1 : L’utilisation des temps

Activité 2 : Le discours indirect libre

Activité 3 : Les anecdotes
Activité 1 – L’utilisation des temps

Cette activité vise à introduire le dossier sur les temps du récit. Cette activité permettra aux apprenants de saisir les nuances entre l’utilisation des différents temps. Le choix des temps influence la perception que l’on peut avoir du récit et, dès lors, son écoute.

Distribuer les activités page 22. Lancer l’activité 1 A.

Lisez les extraits ci-dessous et caractérisez les différentes parties de discours dans chaque extrait en expliquant si c’est descriptif, narratif, explicatif ou argumentatif.

Laisser un temps aux apprenants pour réfléchir puis mettre en commun.

Lancer l’activité 1 B.

Dans chaque extrait, soulignez les temps utilisés et justifiez leur emploi. Analysez ensuite l’impact de l’utilisation de ce temps sur l’interlocuteur ou sur le téléspectateur.

Mettre en commun. Insister sur les différents temps utilisés et faire une révision des temps du passé si nécessaire.

Lancer l’activité 1 C.

Que pensez-vous de ce choix des temps par l’invité ? Selon vous, quelle stratégie adopte-t-il ?

Mettre en commun en comparant les opinions de chacun.
Pistes de corrections / Corrigés :

1 A) Extrait 1

Thomas Snégaroff

(narratif) Oui, il était handicapé, mais personne le savait ! Il voulait surtout pas que ça se sache ! /(explicatif) Et il avait attrapé la polio en 1921 et il a joué doublement de son corps : d’abord, en disant aux Américains en 1932 - alors que l’Amérique était en crise depuis 29 - en leur disant : (argumentatif) « J’ai réussi moi-même à me sauver de la maladie, je vais sauver l’Amérique ». Et… le malade devient le docteur de l’Amérique.


Paul Germain

Hmm, hmm.
Thomas Snégaroff

(narratif) Donc c’est une idée extrêmement importante et puis ensuite, donc ce triomphe de la volonté, et puis après dans sa rhétorique, il n’a de cesse de montrer qu’il est capable d’avancer, / (explicatif) d’où masquer aussi son handicap : il marche avec des béquilles en permanence, des attelles dans son pantalon de la couleur de ses chaussures pour qu’on ne voie pas qu’il a des attelles. Donc le mensonge peut-être aussi… fait partie aussi de la présidence.


Extrait 2

Paul Germain

Carter, il a fait quoi comme gaffe euh… par exemple ?


Thomas Snégaroff

(narratif) Oh, il en a fait plusieurs ! Mais par exemple, lui… c’est pas vraiment une gaffe, mais son caractère le plus normal, alors il portait son sac lui-même, et cetera, mais aussi et surtout, un jour il a demandé de l’aide aux Américains, c’est ce « malaise speech » où il demande aux Américains : « Aidez-moi face à la crise, je ne sais plus comment faire ». / (explicatif) Et ça, les Américains, on en revient à notre steak et à la virilité, un homme viril, un homme fort ne demande pas de l’aide, il guide. Et ça a été dramatique, et il a échoué face à, justement, Ronald Reagan en 1980.


1 B) Il commence par utiliser l’imparfait pour raconter une histoire, des habitudes passées des présidents américains. Ensuite, il raconte un événement précis en utilisant le passé composé, ce sont davantage des faits qui sont relatés. Il utilise aussi le présent pour raconter des habitudes passées et enfin, il fait le lien avec son argumentation ou propose une conclusion en utilisant le présent. Dans le deuxième extrait, il réutilise le passé composé pour donner la chute de l’histoire.
Analyse : Lorsque l’invité utilise l’imparfait, la personne qui l’écoute a l’impression d’écouter une histoire et fait fonctionner son imagination. L’imparfait s’inscrit dans le temps, ce qui donne une impression de durée.

Lorsque l’invité utilise le passé composé, la personne qui écoute peut imaginer concrètement la scène, cela lui semble réel, car il est perçu dans sa globalité. Le passé composé renvoie à des faits ponctuels, des événements.

Lorsqu’il utilise le présent, la personne qui écoute a l’impression que la scène se déroule devant lui, pendant que l’invité parle. Cela peut avoir un effet très théâtral selon l’intonation utilisée.


1 C) - Le fait de varier l’utilisation des temps apporte un aspect vivant au récit. Toutefois, les parties racontées à l’imparfait sont très courtes. Or, ce sont elles qui permettent « d’entrer dans l’histoire ». L’intervenant semble vouloir aller vite vers une conclusion, vers un lien avec la thèse de son livre.

- C’est peut-être également dû au format de l’émission (environ 7 mn) qui ne lui permet pas de développer ses propos.
Activité 2 – Le discours indirect libre

Cette activité a pour objectif de travailler l’utilisation du discours indirect passé et du discours indirect libre. L’invité rapporte les propos de tierces personnes dans son intervention en utilisant différentes techniques.

Distribuer l’activité 2 pages 23-24, lancer l’activité 2A et laisser un temps de réflexion aux apprenants.

Dans l’émission, l’invité rapporte les propos de trois présidents différents. De qui s’agit-il ? Notez les propos rapportés puis identifiez les deux types de discours utilisés.

Mettre en commun.

Lancer l’activité 2B. Regrouper les apprenants en binômes et les laisser réfléchir aux transformations.

Observez l’extrait, puis expliquez l’emploi des temps soulignés. Complétez ensuite le tableau.

Mettre en commun. Réexpliquer si nécessaire les transformations qu’implique le discours indirect passé.

Lancer l’activité 2C. Distribuer la transcription. Demander aux apprenants de transformer l’intervention de R. Zayan au discours indirect passé. Faire un remue-méninges sur les verbes introducteurs et leurs nuances si nécessaire.

Réalisez l’activité 2C.

Mettre en commun.

Lancer l’activité 2D. Répartir les apprenants en groupes de 3. Leur expliquer qu’il s’agit ici de comprendre les particularités du discours indirect libre puis de rapporter des paroles en utilisant ce type de discours.

Faire réaliser les 3 exercices de l’activité 2D l’un après l’autre et mettre en commun après chacun de ces exercices.
Pistes de corrections / Corrigés :

2 A) L’invité rapporte les propos de :

1. Roosevelt - page 15 : En leur (aux Américains) disant : « J’ai réussi moi-même à me sauver de la maladie, je vais sauver l’Amérique. ».

2. Hollande - page 16 : François Hollande c’est le plus net. Il a tout de même dit qu’il avait maigri parce que quand il était à la tête du Parti socialiste, sa rondeur était parfaite pour incarner la synthèse au sein du parti, mais qu’il avait compris que pour être président, il fallait davantage cliver et cette maigreur, cet amaigrissement physique signifiait, selon lui, cette capacité à cliver.

3. Carter - page 17 : Un jour il a demandé de l’aide aux Américains, c’est ce « malaise speech » où il demande aux Américains : « Aidez-moi face à la crise, je ne sais plus comment faire. »
Il y a ici deux manières différentes de rapporter des propos :

- Le discours direct qui consiste à rapporter les paroles de quelqu’un en les citant textuellement (le verbe introducteur est suivi de deux points puis de la phrase prononcée entre guillemets).

Exemple des propos rapportés de Roosevelt et de Carter.

- Le discours indirect qui consiste à rapporter les paroles de quelqu’un en les introduisant par un verbe. Ce verbe peut être au présent « il annonce que », « il dit que », « il déclare que », etc. ou au passé « il a annoncé que », « il a dit que », « il a déclaré que », etc. Dans ce second cas, certains temps du discours doivent être modifiés comme dans l’exemple 2 ici, celui des propos que l’invité rapporte au sujet de F. Hollande.


2 B) « il avait maigri » – « il avait compris que » (Discours indirect au passé) : au discours direct, le verbe est au passé composé ; au discours indirect passé, c’est le plus-que-parfait qui est utilisé.

« il était » – « sa rondeur était » (Discours indirect au passé) : au discours direct le verbe est à l’imparfait ; au discours indirect passé, le temps ne change pas : l’imparfait est donc utilisé.

« il fallait » et « cet amaigrissement signifiait » (Discours indirect au passé) : au discours direct le verbe est au présent ; au discours indirect passé, c’est l’imparfait qui est utilisé.
Le président a annoncé...

« Je suis candidat aux élections. »

qu’il était candidat.

« J’ai été candidat. »

qu’il avait été candidat.

« J’étais candidat. »

qu’il était candidat.

« J’avais été candidat. »

qu’il avait été candidat.

« Je serai candidat. »

qu’il serait candidat.

« Je serais candidat. »

qu’il serait candidat.

Discours direct

Discours indirect

2 C) Monsieur Zayan a fait remarquer que les grands présidents américains avaient su rallier le peuple en période de crise malgré le clivage entre les démocrates et les républicains. Il a précisé qu’il pensait à Roosevelt et au président Ronald Reagan surtout. Il a rappelé que sa communication était basée sur l’assurance, la jovialité, la sociabilité : large sourire, rire, et surtout l’empathie : comprendre les problèmes du peuple et faire comprendre les intérêts de l’Amérique. Il a expliqué qu’il était représentatif. Il a ajouté que, au contraire, les dirigeants de l’Union européenne souffraient d’un manque de charisme. Il a affirmé que c’était reconnu et déploré. Il a avancé qu’ils étaient pas perçus comme des vrais leaders, qu’ils étaient pas convaincants, qu’ils étaient pas suivis. Il a finalement demandé à T. Snégaroff s’il pensait que la communication politique était plus importante aux États-Unis d’Amérique qu’elle ne l’était dans l’Union européenne.
2 D) Exercice 1 :

Dans le premier extrait, on peut observer pour chaque phrase la présence d’un verbe introducteur suivi de la conjonction « que » : F. Hollande a avoué que / il avait compris que. Il s’agit donc ici d’un discours indirect (au passé).

Dans le second extrait, les conjonctions « que » ont disparu tout comme les verbes introducteurs : il s’agit du discours indirect libre.

Le discours indirect libre est un choix de la part du narrateur : il permet d’intégrer dans la narration les paroles de quelqu’un. Les propos sont alors rapportés sans verbe déclaratif ni conjonction. C’est une forme littéraire. Exemple : « Il se confessa le premier : il avait volé le commerçant à plusieurs reprises ».

On remarque que le discours indirect libre allège le style. Les voix du personnage et celle du narrateur s'enchevêtrent, de sorte qu'il est plus difficile de distinguer si c'est le narrateur ou le personnage qui parle.

Exercice 2 :

Heureux d’avoir gagné les élections, le président félicita son équipe de campagne : ils avaient vraiment bien travaillé, surtout son fils qui s’était chargé de mobiliser les jeunes socialistes. Il était fier de lui. Il était ravi des résultats. Il se rendit sur le plateau de télévision et remercia ses électeurs. Mais des invités, déçus du résultat, s’indignèrent. À l’inverse, d’autres se réjouirent : ils allaient enfin voir les choses changer. Le président sortant annonça son retrait de la vie politique. On lui proposa d’être président d’un nouveau parti, mais il refusa : il était désemparé par sa défaite.

Exercice 3 :

Le président a essayé de convaincre ses électeurs de lui faire confiance pour un second mandat : le chômage continuait de monter et seul un président expérimenté pouvait sortir le pays de cette crise. Il continuerait sans relâche à faire de son mieux pour offrir un avenir plus sûr à leurs enfants.

Peu après son discours, les sympathisants adverses se sont indignés. Leur président avait été à la source de cette crise. Ils en avaient marre d’entendre ces promesses sans lendemain. Ils voteraient pour l’autre candidat.

Activité 3 – Les anecdotes

Cette activité a pour objectif de faire prendre conscience de l’importance des anecdotes pour rendre vivante une intervention. (En effet, l’intervenant parle de son livre, mais n’en donne que très peu de détails. Les quelques anecdotes qu’il raconte donnent envie d’en savoir plus, mais sont trop rares pour donner réellement envie de lire le livre. À plusieurs reprises pourtant le présentateur pose des questions encourageant le récit d’anecdotes.)

Mettre les apprenants en sous-groupes de trois ou quatre et leur distribuer la liste de questions (cf. p. 25). Leur demander d’y répondre ensemble, oralement, en comparant leurs réponses.

Mettre en commun les conclusions de chaque groupe.

L’activité 3B consiste à entraîner les apprenants à raconter une anecdote et à utiliser le discours indirect libre. Laisser les apprenants préparer la réponse individuellement puis proposer à ceux qui le désirent de raconter l’anecdote à la classe.

Réalisez l’activité 3B.

Suite aux anecdotes des apprenants, faire remarquer l’utilisation des temps.
       

Pistes de corrections / Corrigés :

3 A) 1. L’émission vous a-t-elle donné envie de lire le livre de l’invité ? Pourquoi ?

Oui, je pense que je vais lire ce livre parce qu’il s’agit d’un sujet original qui lie l’histoire politique à la psychologie sociale.

Non, je trouve qu’il parle trop de la même chose, j’ai l’impression que ce livre ne va rien m’apprendre.  


2. Qu’est-ce qui vous a intéressés dans son intervention ? Qu’avez-vous appris ?

J’ai trouvé intéressant le parallèle qu’il fait entre le corps et la politique. J’ai découvert des pans de la vie des présidents américains que je ne connaissais pas.


3. Pourquoi, selon vous, le journaliste pose trois questions d’affilée sur le président Carter ?

Le journaliste semble vouloir entendre une anecdote sur la vie de Carter, mais l’invité ne la raconte pas et se répète un petit peu. Le journaliste insiste donc, car il sait que ce type d’anecdotes peut intéresser les téléspectateurs.


4. Pensez-vous qu’il raconte suffisamment d’anecdotes ?

Je trouve qu’il n’en raconte pas assez ! C’est justement ce qui est intéressant. On voudrait en savoir plus sur la vie de ces personnalités et sur les aspects qui n’ont pas toujours été dévoilés au grand public.


5. Qu’apportent ces anecdotes au discours de l’invité ?

Elles permettent d’illustrer le livre, de donner envie de le lire. Elles permettent également d’illustrer ses propos et de diversifier un discours qui tourne autour du même sujet.


6. Que pensez-vous de l’utilisation d’anecdotes dans un discours en général ?

Les anecdotes rendent un récit vivant et passionnant. Cela donne un aspect concret à un discours. On a alors envie de connaître la suite de l’histoire, d’en savoir plus. Ils tiennent le téléspectateur en haleine.
3 B) Exemple : La compagne du président a envoyé un SMS contre sa rivale, l’ex-femme du président, lors des élections législatives. La presse attendait une réaction officielle de l’Élysée. François Hollande était partagé : il ne savait que faire. Devait-il soutenir Ségolène Royal ? Cela risquait de lui coûter cher. Mais son absence de réaction ne serait pas tolérée par les Français. Ils l’avaient choisi pour en finir avec le mélange des genres instauré par le président sortant, parce qu’ils souhaitaient redonner à la fonction présidentielle un peu de hauteur. Etc.

4. Production orale / Dossier sur la gestuelle et l’image en politique

Cette activité va permettre de décrire les attitudes et expressions utilisées par les politiques afin de transmettre certains sentiments. L’observation de l’intervention de René Zayan va servir de point de départ à cette activité.

Distribuer la feuille d’activités 4 A,B,C disponible page 26.

Diffuser l’intervention de René Zayan.

Réalisez l’activité 4A.

Corriger oralement.

Répartir le groupe en binômes et faire réfléchir les apprenants sur les attitudes et mimiques que l’on prend selon l’émotion ressentie.

Réalisez l’activité 4B.

Corriger oralement.

Passer ensuite à l’activité 4C. Pour lancer les discussions, l’enseignant peut mettre en relief les différences entre les politiciens et leurs attitudes avec les photos officielles, par exemple, des deux derniers présidents français.

Réalisez l’activité 4C.

Corriger les erreurs si nécessaire directement ou en prenant des notes pour une correction ultérieure.
Pistes de correction / Corrigés :

A) - L’assurance : recul du corps, ouverture du visage, sourire, regard large

- La jovialité, la sociabilité : large sourire, rire

- L’empathie : regard sérieux, sourcils froncés, rapprochement du corps vers l’autre, les mains vers l’autre
B) - L’assurance : regard assuré, franc et direct, sourire assumé, etc.

- La jovialité, la sociabilité : sourire franc, regard rieur et aimable, regard bienveillant, pommettes hautes, mains ouvertes, etc.

- L’empathie : petit sourire, regard droit dans les yeux, mains proches du visage, visage légèrement de côté, etc.

- La colère : bouche ouverte, sourcils froncés, lèvres pincées, visage contracté, regard menaçant, regard glacial, rougeur, bouche tombante, corps tendu, épaules tombantes, etc.

- Le dédain : regard méprisant, regard arrogant, regard descendant, regard sévère, lèvres pincées, corps tourné sur le côté, etc.

- La nervosité : tension du visage et du corps, lèvres mordillées, lèvres tendues, bouche fermée, regard fuyant, tics, clignements des paupières, mouvement des mains, ongles rongés, etc.
C) Nicolas Sarkozy a l’habitude de rouler les épaules, c’est un signe positif associé à une volonté de performance, cela peut aussi être un défi personnel. Il grimace souvent (sa lèvre supérieure se relève) ce qui peut être interprété comme un signe de mépris et d’agressivité, tout comme le doigt levé et tendu.

Il cligne des yeux de façon normale, il n’est donc pas stressé. Il lève les sourcils, ce qui est un signe d’intérêt, mais comme ces derniers restent en l’air, cela semble un peu exagéré.

5. Production écrite et orale
A) Production orale

Cette activité permettra aux apprenants d’échanger oralement sur le mensonge en politique et de réemployer ce faisant les temps du passé et les anecdotes ainsi que le discours indirect libre. Il est possible de former des petits groupes ou de rester en grand groupe, selon la répartition de la classe. Distribuer le petit questionnaire (cf. p.27) ou poser oralement les questions.

Réalisez l’activité 5A.

Prendre des notes soit pendant la discussion du grand groupe, soit en passant dans les petits groupes pour une correction ultérieure.
Pistes de correction / Corrigés :

1) Pourquoi un politique ment-il ?

Un politique ment parce qu’il y est obligé. Avec la crise financière et économique environnante, que peuvent dire les dirigeants politiques à part des déclarations mensongères ? On se rappelle tous certainement de la campagne de B. Obama pour obtenir le poste à la Maison-Blanche. Ce serait une renaissance. Or la récession est là, le taux de chômage atteint 8 %. Etc.


2) Quels sont les différents types de mensonges classiques en politique ?

Selon moi, le plus classique est la langue de bois : je vous donne quelques exemples cités dans les journaux : utiliser le mot « désinformation » au lieu de « mensonge » justement, ou alors « contrevérité ».
Les fausses promesses sont les mensonges les plus classiques surtout en période électorale.
Mentir pour cacher une liaison : rappelez-vous Clinton et la stagiaire ! Ne prétendait-il pas ne pas avoir trompé sa femme ? Etc.


3) Quelle(s) anecdote(s) concernant le mensonge en politique a/ont marqué votre pays ou vous ont particulièrement marqués ?

Je me souviens d’une visite dans une usine où les employés venus saluer le président, qui était à l’époque Sarkozy, avaient été choisis en fonction de leur taille pour ne pas le dépasser ! C’est un joli petit mensonge !
Et puis, il y a eu la maladie de Pompidou, celle de Mitterrand et de ses bulletins de santé falsifiés. Moi j’ai toujours été étonné par la tolérance des Français face aux secrets de leurs dirigeants. L’exemple de Mitterrand est assez incroyable ! La catastrophe nucléaire de Tchernobyl a été un mensonge d’État énorme ! Les autorités ont dit que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière et beaucoup de gens l’ont cru. Etc.

4) Quelles ont été les réactions quand la vérité a été découverte ?

En France, les gens ont assez bien réagi quand ils ont appris que Mitterrand avait une fille cachée. L’annonce de son cancer a été tardive et les gens ne se sont pas vraiment sentis trahis. Par contre, quand ils ont su des années après qu’on leur avait menti au sujet de Tchernobyl, là, il y a eu un sentiment d’amertume. Etc.


B) Production écrite

Avec cette activité, les apprenants vont s’improviser journalistes afin de rédiger un article sur l’image du dirigeant actuel de leur pays en y incluant des conseils de « relooking » pour améliorer cette dernière. Pour ce faire, ils utiliseront le travail fait dans l’activité 4 ainsi que les temps du passé, et du présent, et incluront des anecdotes.
Cette activité peut être réalisée seul ou en binômes.

L’article devra comprendre 250 mots et le temps imparti sera d’environ 45 minutes.

Ramasser les écrits en vue d’une correction personnalisée. Une lecture des articles rédigés pourra être envisagée si le temps le permet.


Pistes de correction / Corrigés :

François Hollande a fait l’objet de nombreuses analyses ces derniers temps. La réussite exige en effet une conséquente rançon. Revenons cependant sur ce président de gauche qui a d’abord été premier secrétaire du Parti et qui, à ce moment-là, avait une tout autre image. Il représentait l’homme du consensus, le rassembleur sans réelle autorité, un peu mou. Son physique reflétait alors ce rôle dans ses rondeurs, sa bonhomie. Il a dû faire un lourd travail pour changer cette perception sans pour autant tenter d’effacer ses « faiblesses ». Il sera le « président normal » et rejoint dans ce sens le positionnement choisi par Mitterrand. De plus, on l’a vu user (et abuser ?) de la gestuelle de Mitterrand, recopiant ses attitudes d’orateur : mains ouvertes ou croisées devant le buste selon la déclaration ; ainsi que ses tenues vestimentaires : costumes et écharpe rouge par exemple. Il a ainsi gagné en stature, en confiance. De plus, il a su, à plusieurs reprises, notamment dans le célèbre face à face télévisé qui l’a opposé à Sarkozy, montré qu’il savait en découdre : regard perçant, visage contracté, air de mépris et déclarations puissantes.

Depuis sa prise de fonction cependant, il est à noter une petite tendance à reprendre le poids qu’il avait si laborieusement perdu. Ce qui ne serait pas une bonne chose pour son image, car on pourrait penser qu’il se sent installé et confortable dans son poste. Etc.

6. Ressources complémentaires de Courrier International
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