Michèle Bourton, ancien professeur dans l'Éducation nationale, a créé sa propre pédagogie dans un établissement privé sur la commune de Caumont-sur-Durance. Une école pas comme les autres aux méthodes surprenantes





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Un enseignement unique en France au collège candide

Mercredi 06/05/2015 à 05H50 Avignon

Michèle Bourton, ancien professeur dans l'Éducation nationale, a créé sa propre pédagogie dans un établissement privé sur la commune de Caumont-sur-Durance. Une école pas comme les autres aux méthodes surprenantes.

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un enseignement unique en france au collège candide - 1

Michèle Bourton, ancien professeur d'histoire-géographie, a créé un enseignement unique en France dans son établissement de Caumont-sur-Durance. PHOTOS CYRIL HIÉLY

un enseignement unique en france au collège candide - 2

Après le cours, l'après-midi ou le lendemain, les élèves ont une heure et demie de devoir sur le cours précisément. Car il n'y a pas de devoir à la maison.
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Voltaire disait : "il faut cultiver son jardin". Cette maxime morale tirée de "Candide ou L'Optimisme", l'une des œuvres majeures du philosophe du XVIIIe siècle, a inspiré une femme au parcours atypique et à la vie marquée de blessures. Michèle Bourton, ancien professeur d'Histoire-Géographie, a puisé dans son passé douloureux la force et le désir d'offrir un avenir heureux aux jeunes, en créant un enseignement unique en France.

C'est dans la commune de Caumont-sur-Durance qu'il y a maintenant deux ans, un établissement scolaire atypique a ouvert ses portes. Là-bas, les élèves tutoient les professeurs, tout en conservant la notion de respect, ne prennent pas de notes mais connaissent leurs cours sur le bout des doigts. Quatre jours par semaine, de 8 h 55 à 16 h 05, ils rejoignent les bancs de cette école privée où l'on pratique même la "ronronthérapie" et où l'on entretient le culte du rire. Mais il ne faut pas s'y méprendre : la pédagogie "Candide" développée par Michèle Bourton, déposée et protégée, ce n'est pas de la rigolade. C'est même très sérieux.

C'est un jour, en rentrant d'un conseil de classe, où l'on ne faisait que peu d'état du cas de certains élèves, que Michèle Bourton - qui a toujours tendu la main à ses élèves - a décidé de tout plaquer pour faire à sa manière. "J'étais dans ma voiture et je pleurais. On réglait le sort des élèves en deux minutes. Ce n'était pas ma conception de l'enseignement. J'ai dit, "ça suffit, je ne veux plus participer à ça, j'ai fait prof pour aider les élèves, avec une vocation".

C'est sur ce constat que Michèle Bourton a élaboré son propre établissement, qui réunit collège et lycée. "J'ai créé d'abord les statuts, l'association loi 1901, en décembre 2012", avec à sa tête son "père de cœur", Jean Frison, son pilier, celui qui lui a donné ce goût d'apprendre. "Et c'est en lisant des devoirs sur Voltaire que le nom de l'établissement s'est imposé de lui-même..."

"Ma salle de classe était encore une grange"

Le collège Candide ouvre ses portes le 1er septembre 2013, d'abord à Pernes-les-Fontaines, avant d'investir une grande demeure à Caumont-sur-Durance. Une maison qui n'avait rien d'une école et qu'il a fallu repenser, retaper, pour accueillir la trentaine d'élèves de l'époque. "Mon but, ce n'est pas forcément de dire que cela ressemble à une école, mais je veux un lieu confortable pour les élèves et je sais que les enfants se plaisent ici. Et ça, c'est capital".

La transformation n'a pas été une mince affaire, d'autant que profs et élèves sont arrivés avec cartables, cahiers et crayons dans un lieu non aménagé. "Mais on n'a peur de rien", se souvient Michèle Bourton.

Et dès le premier jour de classe, elle reçoit une petite visite surprise. "Des inspecteurs de l'Inspection académique sont venus voir les conditions de travail des élèves. Lors de leur passage, nous n'avions pas de toilettes pour personnes à mobilité réduite et ma salle de classe, c'était encore une grange, avec même le râtelier à foin. On leur a expliqué ce que l'on voulait faire, raconte la directrice. On m'a dit : "vous avez trois semaines pour faire les travaux et on vous donnera l'autorisation d'ouverture".

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Tous, parents y compris, mettent les bouchées doubles. Et Michèle Bourton a le feu vert de l'Inspection académique. «Elle nous a envoyés notre numéro d'établissement national. Nous sommes connus et inspectés par l'Éducation nationale, mais nous ne sommes pas sous contrat et il est hors de question que nous y soyons un jour !"

La pédagogie Candide a fait ses preuves. Et ce d'autant plus qu'elle permet à l'enfant de s'épanouir en dehors de sa scolarité. "Un enfant apprend mieux lorsqu'il n'est pas coincé, et ça va lui permettre de vivre une enfance familiale plus heureuse au lieu de faire des devoirs jusqu'à 22 heures ou tout le week-end. Pour moi, un enfant doit vivre heureux, vivre pleinement son enfance, doit être heureux de venir à l'école et heureux d'apprendre. Ce sont nos citoyens de demain et il faut qu'ils soient bien dans leur peau. Ils s'ennuient pendant les vacances et viennent en courant à Candide".

C'est une réalité, car lorsqu'on demande à ces élèves ce qui fait la particularité de cette école, on nous rétorque sans une once d'hésitation : "Candide, c'est le paradis de l'école".
"Ni collé ni puni, on préfère parler, ça marche mieux"

Le rêve absolu de Michèle Bourton "serait de construire Candide, avec autour des bâtiments pour les familles qui le souhaitent, avec deux ânes qui se promènent et des chèvres. Une ferme pédagogique... Mais il ne faut pas rêver", sourit-elle. Dans l'immédiat, la directrice planche sur un projet à L'Isle-sur-la-Sorgue. "Des parents d'élèves devraient nous louer un immense entrepôt qui était à l'époque une entreprise de fabrication artisanale de meubles. On peut y faire toutes les salles possibles pour séparer les sections Tle, L, ES, S. On attend le feu vert du maire. C'est juste une bâtisse avec des murs nus, on va devoir tout recommencer à zéro mais ce n'est pas grave, car on sait pourquoi on le fait." Michèle Bourton souhaiterait ouvrir en septembre prochain. 300 m² sont déjà aux normes ERP (Etablissements recevant du public). Le loyer devrait s'élever à 1 500€, "le montant du prêt remboursé par les propriétaires à la banque".

Aujourd'hui, Candide compte une quarantaine d'élèves, du CE2 jusqu'à la Seconde qui viennent d'Avignon, Apt, Cavaillon, Sarrians, Saint-Rémy-de-Provence et même de Montpellier, en famille d'accueil.

Le recrutement des enseignants

Les enseignants, 9 au total, ont été scrupuleusement sélectionnés par la directrice. Ils disposent tous "des diplômes nécessaires" mais pas forcément dans le domaine de l'enseignement. C'est ainsi que Michèle Bourton a recruté Céline, orthophoniste et titulaire d'un Bac+4, comme professeur de Français au collège Candide. Sa connaissance de la langue et du langage dans son ancien métier constitue un atout : "Dans la rééducation, on touche à l'orthographe, à la grammaire, relate-t-elle. Je connaissais les programmes scolaires et ça m'apporte énormément pour pouvoir aider les élèves, leur donner quelques petites astuces pour apprendre plus facilement les mots. Repérer aussi certaines difficultés et expliquer aussi à l'équipe pourquoi tel enfant est en difficulté". Ainsi, elle a permis de mettre à jour un trouble neurovisuel chez un élève. "On a essayé de voir comment la noter au plus juste», poursuit Michèle Bourton. C'est précieux, ça nous aide énormément."

Mais ce qui prime pour la directrice, "ce sont les qualités humaines indispensables d'écoute, d'aide et de compréhension afin d'enseigner selon la méthode Candide que j'ai créée. Ça n'a pas marché du premier coup, on s'est séparé de trois enseignants."

Un soin absolu des devoirs

La pédagogie Candide, "c'est précisément tout ce que j'ai refusé dans d'autres systèmes». Les cours durent trois quarts d'heure, "car nous-mêmes savons qu'au bout de ce laps de temps, on commence à danser sur nos chaises en réunion". Les enfants ne prennent aucune note, ferment même souvent leur livre. "Il faut que je leur raconte une histoire, que je les intéresse. Mais après le cours, l'après-midi ou le lendemain parfois, ils ont une heure et demie de devoir, sur le cours précisément, ici, car il n'y a pas de devoir à la maison. Ils ont droit à tous leurs documents, et d'ailleurs même avec ils ne vont pas y chercher les réponses, car ils ont été attentifs. Nous sommes là en cas de questions, on aide mais on les mène petit à petit vers l'autonomie".

Michèle Bourton exige une propreté et un soin absolu des devoirs, "car c'est la moitié du travail. Ils découvrent même la satisfaction du travail bien fait. C'est comme ça pour tous les cours."

Des parents aussi impliqués que les élèves

L'établissement suit rigoureusement les programmes de l'Éducation nationale, c'est pourquoi il ne se revendique pas école alternative. "L'enfant n'est pas en marge. Les élèves qui viennent chez nous sont là pour apprendre !" Et pas le temps de rêvasser. Dix par classe, «ils ne peuvent pas nous échapper". À Candide, on n'est ni collé ni puni. "Je préfère discuter avec un élève, ça marche mieux". Les parents sont partie prenante. "Sinon on n'accepte pas l'enfant. Ils doivent être impliqués aussi. La sélection ne se fait pas par rapport au niveau scolaire, mais au niveau de motivation des enfants et parents", d'autant qu'ils versent 3 900 euros à l'année ou lissés sur l'année.

La "ronronthérapie"

La pédagogie Candide, c'est aussi la ronronthérapie, car Michèle Bourton est "amoureuse des félins. Ça permet de calmer le stress." Deux chats viennent aussi en classe avec les élèves, se couchent sur les bureaux, ronronnent dans les cartables... "Ça apaise vraiment les enfants hyperactifs."

Entretenir la bonne humeur et la confiance en soi

Le système des notes vise à encourager les élèves. "Nous ne surnotons pas mais nous notons la motivation et l'effort à comprendre. Les notes vont de 0 à 20, mais forcément les élèves ont des bonnes notes, car ils sont contents d'apprendre ici. Une élève est passée du niveau CM2 à 3e. On ne l'a pas lâchée, et les parents nous disent "merci", parce que non seulement ils voient leurs enfants progresser à vitesse grand V, mais ils sont mieux chez eux aussi, dans leurs relations, parce qu'ils peuvent en profiter".

En effet, à Candide, avec quatre jours de cours par semaine et une cloche qui sonne à 16h05,"ça laisse tout le temps au développement personnel de l'enfant dans des activités sportives, artistiques ou culturelles. C'est pourquoi il n'y a pas de cours de sports à Candide. Je ne vois pas l'utilité de leur imposer ça alors que c'est bien mieux de pratiquer un sport que l'on a choisi."

Les résultats

Les élèves sont présentés au Brevet et au Bac en candidat libre. "Ils sont convoqués comme n'importe quel enfant du public mais passent deux épreuves de plus, SVT et Physique-chimie, qu'on enseigne ici, en plus des quatre matières principales (histoire-Géo, Maths, Français, Anglais). Mais ils n'ont pas Histoire de l'art et c'est bien dommage". L'année dernière sur les trois candidats présentés au Brevet, les trois ont été reçus.

Narjasse Kerboua

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