Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres





télécharger 245.03 Kb.
titreAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
page2/5
date de publication16.10.2016
taille245.03 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > documents > Documentos
1   2   3   4   5
Lesley est une sorcière’’

(1954)
Article
Commentaire
Odieux, rancunier, envieux, Romain Gary s'y montre sous son plus terrible jour, cachant son extrême fragilité sous une autodérision jouissive. Il y écrivait hypocritement : «Si j'ai accepté de raconter mes expériences, c'est uniquement pour donner à mes jeunes confrères un exemple de modestie et d'effacement et pour montrer les efforts qu'un vrai écrivain doit parfois accomplir pour soustraire son oeuvre et sa personne aux sollicitations multiples de la fortune et de la célébrité.»

_________________________________________________________________________________
En 1955, Romain Gary fut nommé à Londres.

En 1956, alors qu'il se trouvait en Bolivie où il exerçait à La Paz les fonctions de chargé d’affaires, il publia :

_________________________________________________________________________________
Les racines du ciel

(1956)
Roman
Morel, un ancien prisonnier français interné dans les camps du IIIe Reich, part vivre en Afrique Équatoriale Française et, croyant qu’on peut encore sauver quelque chose après l’inhumanité des camps, veut sauver les éléphants du Tchad contre les chasseurs et les braconniers. Il devient un héros de la protection des animaux, C’est un amoureux de la nature certes, mais aussi et surtout un défenseur de cette part de merveilleux qui est dans la nature et dans l'Homme.
Commentaire
C’est un roman d’aventures vécues dans le somptureux décor de la nature africaine. Cette fresque de la vie coloniale en Afrique Équatoriale française, romanesque à souhaits et belle comme du Hemingway, est décrite successivement par les voix des différents protagonistes. Ce sont peut-être des «épaves», mais habitées d'un ardent besoin d'amitié, de fraternité. Gary prenait la défense des éléphants qu'on massacrait depuis des siècles en Afrique, posant le problème de la relation entre l'être humain et la nature, mais toujours avec humour et avec une acuité étonnante.

Le sujet fit sensation ; ce fut une révélation, car c’était la première fois que l'on écrivait au sujet de l'écologie. Mais cela fit rire aussi : on avait bien d'autres préoccupations en 1956 ! Ce Gary était vraiment un rêveur. Aussi, dans une série de textes, véritables coups de gueule, s'attacha-t-il à expliquer son livre, à le défendre, à exposer sa vision de l'écologie avec des arguments qui font aujourd'hui partie intégrante du discours écologiste. «Quoi que l'homme fasse contre la nature et ses chances de survie, c'est contre lui et son futur qu'il le fait», nota-t-il en 1974.

Le roman obtint le prix Goncourt.

_________________________________________________________________________________
En février 1956, Romain Gary fut nommé consul général de France à Los Angeles, ce qui lui permit de participer à la vie d’Hollywood où il avait une maison, où il conduisait une Buick décapotable.

En 1958, il suivit le tournage des "Racines du ciel " en Afrique.

Sous le pseudonyme de Fosco Sinibaldi, il publia :

_________________________________________________________________________________
‘’L'homme à la colombe’’

(1958)
Roman
L'O.N.U. est en émoi. Un fantôme portant une colombe hante les couloirs de l'Organisation à New York. On découvre qu'il s'agit d'un jeune cow-boy du Texas, venu faire des études supérieures, au grand dam de son père. Dévoué avec passion à l'idéal des Nations Unies, le jeune homme loge avec sa colombe dans un réduit secret du building, et observe cette conscience du monde. Il s'aperçoit vite que l'O.N.U. est une machine qu'aucun moteur n'entraîne et, déçu, conçoit un complot qui doit ridiculiser l'institution. Finalement démasqué comme imposteur, il connaît le destin tragique du héros extravagant d'un mythe des temps modernes.
Commentaire
Romain Gary ne pouvait publier sous son nom ce roman satirique sur l'O.N.U. car il occupait des fonctions diplomatiques. Il inaugura ainsi la pratique du pseudonyme, qui lui fut par la suite si favorable.

_________________________________________________________________________________
À Noël 1959, au consulat français de Los Angeles, Romain Gary rencontra la célèbre actrice américaine Jean Seberg qui venait de tourner ‘’À bout de souffle’’. Elle était de vingt ans sa cadette et était mariée à un Français. Mais il tomba amoureux d’elle qui, ayant un problème avec les hommes, lui demandait des câlins toute la journée, l’empêchait de travailler et sortait avec d’autres. D’autre part, elle ne comprenait rien à la complexité politique mais voulait s’engager. D’abord, il n’eut pas l’intention de quitter Lesley Blanch, qui était aussi son agente, pour cette jeune fille. Mais, au printemps de 1960, ils s'installèrent à Paris dans un appartement de l’île Saint-Louis.

_________________________________________________________________________________
La promesse de l'aube

(1960)
Roman

Les deux pieds dans le sable de Big Sur, le narrateur raconte son histoire et celle de sa mère, la célèbre plage américaine devenant le théâtre de toute une vie, d'un pan entier du XXe siècle. Il fait le récit d'une enfance russe, polonaise, puis française, et, surtout, le portrait d'une mère qui est tout un personnage : femme extravertie et parfois même exaltée, pleine d’humour, passionnée et flamboyante, idéaliste et exigeante, elle adorait son fils unique auquel elle était complètement dévouée, auquel elle avait fait le don absolu de sa vie. Son éducatrice et son initiatrice, cette femme assez extraordinaire qui avait beaucoup lu, qui connaissait tous les auteurs importants, mère très présente à son enfant, mère généreuse, excessive, projeta sur lui des rêves d'avenir, ayant une telle foi en lui qu'elle était persuadée qu'il ne pouvait être un homme banal, voulant qu'il ait une réussite totale. Alors qu’il était encore tout petit, pressentant tous les talents dont les fées l’avaient comblé au berceau, ayant en lui une foi démesurée, débordante, elle avait décidé qu'il deviendrait célèbre. Qu’il devînt un héros de la littérature ou de la politique, qu'il fût président de la république, artiste célèbre, amant remarquable ou penseur définitif, peu importait à cette femme volontaire et brillante, pourvu qu'il soit connu et reconnu pour le génie qu'elle devinait en lui. Et, pour créer ce grand homme dont elle rêvait, elle se sentait disposée à tous les sacrifices, craignant que puisse le perdre le fait qu’il est juif. Il lui a alors fait cette « promesse de l’aube », d'être l'homme qu'elle espérait : héroïque, généreux et triomphant. Il est littéralement né de son regard amoureux. Cependant, si, au début, il est l'enfant soumis, plus tard il se rebelle, la trouve un peu encombrante. Et elle vieillit, devient fragile comme l'enfant qu'il était, et il doit alors la protéger. Mais, grâce à sa force, à sa confiance indéfectible, elle l’empêcha de désespérer, même dans les moments les plus difficiles et le hissa à un haut rang.

Commentaire
Ce roman écrit pour sublimer sa mère en personnage, bâti sur des excès de rêve et d'amour, est une autobiographie à peine déguisée faite des souvenirs de jeunesse du jeune Romain Gary. Il alla au plus près de sa vérité en explorant sa relation puissante et complexe avec sa mère, en lui rendant un vibrant hommage. En faisant ce portrait avec son grand talent, il a rempli une dette morale, a éternisé sa mère pour laquelle il avait une grande affection : quand il parlait de ‘’La promesse de l'aube’’, il disait : « C'est notre livre.» Pour lui, comme l’écrivit Myriam Anissimov dans sa biographie de Gary : « Aimer sa mère, c’était l’inventer ». Cette femme est la mère folle, la mère grandiose, la mère sublime, la mère aimante et envahissante, une figure maternelle plus grande que nature. Cependant, cette femme extravagante et ambitieuse, cette mythomane qui a été la femme la plus importante de sa vie, ne réussit pas à le castrer : elle a été pour lui un catalyseur; plus « propulseuse » que castratrice. Elle lui a insufflé la quête incessante d’un dépassement de soi. Elle fut la source de sa créativité, de ce qu'il est devenu. On pourrait presque dire qu'il a vécu à travers le regard de sa mère.

Il a aussi ainsi rendu un hommage à toutes les mères. Il s’y est montré attaché à des valeurs féminines : ouverture, détermination, tendresse, car, au centre de l'oeuvre, s’expriment une protestation contre toute forme d'injustice et un plaidoyer pour la dignité humaine.

C'est une oeuvre sur la transmission, sur la stimulation qui permet à un individu d'aller au bout de ses rêves, qui nous apprend beaucoup sur l'éducation des enfants : comment leur enseigner, les éveiller, les allumer, les enflammer et leur permettre de déployer leurs ailes. On constate que le fait d'avoir une mère admiratrice est extraordinaire pour un enfant. Pourtant, inversement, cet adolescent beau, doué, trop aimé, allait ne jamais parvenir à se croire à la hauteur des ambitions qu'on avait eues pour lui. Sa mère voulait qu'il soit un grand écrivain français? Il allait donc s'y reprendre plusieurs fois, sous plusieurs noms. Mais il subit aussi les conséquences de ce lien fervent : « Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours. Après cela, chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. »

On y goûte donc aussi la force particulière de son humour, le fameux humour juif qui est à la base de l'amalgame unique de tragique et d'espoir qui caractérise le roman. Il peut y avoir de la tristesse ou de la mélancolie, mais jamais de désespoir ou d'apitoiement.

Ayant une façon singulière d'exprimer les choses, il construisit l'œuvre sur deux niveaux, intimement liés l'un à l'autre : d’une part, la description, la narration de ce parcours, de cette quête laborieuse d'une mère et de son fils ; d'autre part, la « mise en scène », avec dialogues, de certains moments de ce voyage, de certaines rencontres marquantes.

C’est le livre qui l'a fait accéder à la notoriété internationale.

Il a été adapté au cinéma par Jules Dassin, avec Melina Mercouri, Didier Haudepin (Romain adolescent)

En 2005, à Montréal, le roman a été adapté au théâtre par André Mélançon, avec Andrée Lachapelle et Patrick Goyette. Pour le metteur en scène, le travail le plus long a été d'effectuer un tri parmi l'abondante matière du roman. «J'ai conservé tout ce qui me semblait pertinent à l'adaptation théâtrale. Tout au cours de ce travail qui a nécessité plus de deux ans, j'ai écrit cinq versions théâtralisées de l'oeuvre, expliqua-t-il. Le plus gros défi était de trouver comment intégrer des tableaux théâtraux à la narration que l'on trouve dans le roman. Mon impératif principal demeurait le respect de l'écriture de l'auteur. Je ne voulais ni récrire ni trahir ; c'est pourquoi je me suis refusé à prendre des passages narratifs pour les dialoguer. J'ai plutôt conservé un narrateur-raconteur comme personnage et j'ai écrit seulement quelques pentures [charnières] entre deux tableaux. Pour l'aider à raconter les épisodes de sa vie tout en maintenant clairement le fil de l'histoire, des acteurs vont surgir et personnifier des gens. Ils prennent alors le relais du narrateur. »

_________________________________________________________________________________
En mai 1961, à l'âge de quarante-sept ans, Romain Gary quitta la carrière diplomatique. À chaque mission, il se lassait un peu plus. Même s’il déclara : «Je peux - c'est peut-être l'apport cartésien français, une volonté de rigueur - longtemps incarner un personnage. Comme lorsque j'ai "joué" à être diplomate. Je le faisais avec beaucoup de conscience.», le «métèque» fraîchement naturalisé et qui était entré dans la carrière diplomatique sans passer par la voie officielle et les concours n’entrait pas bien dans le moule, finissait par sortir de la langue de bois officielle. Ses mérites professionnels n’étaient pas reconnus par la hiérarchie d'un Quai d'Orsay qui se méfiait de ce diplomate juif et mélancolique, et cela entraîna des fâcheries avec Couve de Murville.

Enfin, il voulut plaire enfin à Jean Seberg. Ils s’installèrent au second étage du 108 rue du Bac.

Il fit avec elle un voyage de six semaines en Extrême-Orient. En octobre, il la rejoignit à Rome sur le tournage de "Congo vivo".

Il allait pendant dix ans parcourir le monde pour des publications américaines.

_________________________________________________________________________________
Gloire à nos illustres pionniers

(1962)
Recueil de nouvelles de 266 pages

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
"Les oiseaux vont mourir au Pérou"
Nouvelle
Adriana, une jeune femme fort sensuelle, mariée à un homme riche et d'un certain âge, souffre d'une nymphomanie galopante conditionnée par une incessante et douloureuse frigidité. Lors du carnaval, elle se donne a quelques individus sur la plage. Puis elle se réfugie dans une maison close avant de rencontrer un semblant de compréhension et de tendresse auprès du propriétaire d'un café. Mais le mari et son chauffeur / garde du corps retrouvent sa trace.
Commentaire
Romain Gary allait adapter sa nouvelle au cinéma.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Le luth’’
Nouvelle

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

‘’Le mur’’
Nouvelle

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Commentaire sur le recueil
Romain Gary a indiqué : «J'ai trouvé le titre de ce recueil de nouvelles dans les “Promenades sentimentales au clair de lune” de Sacha Tsipotchkine : ‘’L'homme, un jour, il se fera [...] Pour l'instant, l'homme n'est qu'un pionnier de lui-même [...] Gloire à nos illustres pionniers !’’ Il n'y a pas eu préméditation de ma part : en écrivant ces récits, je croyais me livrer seulement au plaisir de conter. Ce fut en relisant le recueil que je m'aperçus de son unité d'inspiration : mes démons familiers m'ont une fois de plus empêché de partir en vacances. Mes airs amusés et ironiques ne tromperont personne : le phénomène humain continue à m'effarer et à me faire hésiter entre l'espoir de quelque révolution biologique et de quelque révolution tout court, sans oublier évidemment l'illusion très littéraire de Kafka, lorsqu'il affirme que “le pouvoir des cris est si grand qu'il brisera un jour les rigueurs décrétées contre l'homme”. Voilà où j'en suis. Et dire que mon intention était entièrement louable et que je croyais vraiment faire plaisir au lecteur, le distraire agréablement, sans aucune arrière-pensée. Enfin, ce sera pour une autre fois

_________________________________________________________________________________
En avril et mai 1963, Romain Gary accompagna Jean Seberg sur la Côte Est des États-Unis pour le tournage de ‘’Lilith’’, le dernier film de Robert Rossen.

Lesley Blanch ayant accepté le divorce, en octobre, ils se marièrent en Corse où, le 26 octobre, naquit Alexandre Gary, dit Diego par la gouvernante espagnole qui l'a élevé.

_________________________________________________________________________________
1   2   3   4   5

similaire:

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres, qui sont commentées

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
«deux sœurs pleines d’esprit et de grâces, qu’il appelait ses premières danseuses» : les demoiselles Le Douairin, Louise et Zoé

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
Fille de paysans, elle avait été si bonne écolière que ses parents l'avaient laissée aller jusqu'au brevet supérieur

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
«n’écrire que ce l’on a risqué», ne rien écrire que sa vie ne garantisse ou qu’il ait eu l’occasion de vérifier à ses dépens






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com