Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière…





télécharger 44.94 Kb.
titreDans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière…
date de publication20.05.2017
taille44.94 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > documents > Documentos
CONFERENCE CHANTEE AVEC MICKEY DE MICKEY 3D
LA ROCHELLE, FRANCOFOLIES, VENDREDI 11 JUILLET 2008
« GAINSBOURG ACTE I (1959 – 1979) »

00 - trois décennies en cinq chansons


Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière…



Evidemment, Serge Gainsbourg le mérite, et ce n’est pas du tout un hasard si beaucoup de choses continuent à se passer autour de lui, des hommages, des événements, comme ces deux expositions qui vont avoir lieu à la fin de l‘été, l’une à la Cité de La Musique à Paris qui sera plutôt axée sur le côté mode, urbain, et cosmopolite de Gainsbourg, et l’autre à la Maison Folie de Lille, ce bel endroit qui est en fait une ancienne brasserie et où on va célébrer le cinquantième anniversaire de la parution de Du chant à la une !, le premier 33 tours 25 cm de Gainsbourg en septembre 1958.
Et à cet égard, le choix des chansons de Mickey est révélateur : cinq chansons de Gainsbourg qui couvrent trois décennies, les années cinquante, soixante et soixante-dix, et qui sont autant de balises dans une œuvre dont on connaît la densité hors du commun.

__________________________________________________________
01 - De l’art du « medley »
Mickey, tu as choisi de démarrer par un petit « medley », deux chansons enchaînées qui sont Quand tu t’y mets et Le claqueur de doigts. Elles datent respectivement de 1962 et de 1959, et on y revient tout de suite après. Mickey, c’est à toi…

MICKEY CHANTE « QUAND TU T’Y METS » / « LE CLAQUEUR DE DOIGTS »



Quand tu t’y mets est extrait du quatrième 33 tours 25 cm de Serge Gainsbourg. Il est intitulé tout simplement N° 4 et on y trouve huit titres :

Black Trombone, Baudelaire, Intoxicated man, Les cigarillos, Requiem pour un twisteur, Les goémons, Ce grand méchant vous, et donc

Quand tu t’y mets.
Quant au Claqueur de doigts, il est extrait et même il ouvre le second 33 tours 25 cm de Gainsbourg, N° 2, où on trouve également huit titres, comme c’était l’habitude à l’époque : Le claqueur de doigts donc, La nuit d’octobre, Adieu, créature !, L’anthracite, Mambo miam-miam, Indifférente, Jeunes femmes et vieux messieurs, et L’amour à la papa.
N° 4 date de 1962 et N° 2 de 1959. Sur Quand tu t’y mets, un titre court qui dure moins de deux minutes et qui fait partie de sa collection de chansons jazz de ces années-là, Gainsbourg a une voix de crooner avec un timbre presque langoureux. Il s’en sert à merveille pour faire passer son texte à l’ambiance érotique sous-jacente…
Dans Le claqueur de doigts, on retrouve ce format de chanson jazz, et on peut d’ailleurs se dire que Gainsbourg est un successeur logique de l’autre monument de la chanson, Charles Trenet. Dans la première moitié du vingtième siècle, Trenet a inventé la chanson swing en s’inspirant des nouveaux rythmes qui venaient de l’autre côté de l’Atlantique. Dans la seconde moitié de ce même vingtième siècle, Gainsbourg a poursuivi cette démarche en y mêlant d’autres formes musicales, du be-bop au latin jazz en passant par tous ces rythmes qui étaient à la mode à l’époque et que l’on appelait les « musiques typiques », comme le mambo ou le cha-cha.


02 - La discothèque de Gainsbourg



Déjà à ce moment, tous les éléments qui vont sous-tendre l’œuvre de Gainsbourg sont présents. On y retrouve l’extrême intérêt qu’il porte à la musique et à l’art en général depuis son enfance, et qui est peut-être la seule vraie passion de sa vie.
Pour l’événement de la Maison Folie à Lille, Sébastien Merlet, qui est le commissaire de l’exposition, a imaginé, en se servant de plusieurs indices et témoignages, la discothèque de Gainsbourg telle qu’elle était au tout début des années soixante. On y trouve par exemple :
- des disques de jazz comme Music from the connection, ce LP Blue Note de 1960 par le quartette de Freddie Redd avec le saxophoniste Jackie McLean. Tout au long de sa carrière, Gainsbourg citera Jackie McLean comme son saxophoniste de jazz préféré et cet album précisément comme l'un de ses disques de chevet.
- des disques de musiques du monde – on ne l’appelait pas encore comme cela à l’époque – comme Drums of passion (1959) du percussionniste nigérian Babatunde Olatunji qui va fortement inspirer son propre album Gainsbourg Percussions en 1964.

- des disques de chanson comme les Chansons possibles et impossibles de Boris Vian, un 25cm Philips paru en 1956. Ce recueil, qui contient notamment Les arts ménagers et Je bois, est très probablement le disque qui a fait naître la vocation d'auteur-compositeur-interprète de Serge Gainsbourg.
- des disques de blues comme At home with Screamin’ Jay de Screamin’ Jay Hawkins. Il date de 1958 et c’est le premier album, avec notamment le tube I put a spell on you, d’un artiste majeur de la scène blues-rock des années cinquante et soixante. Il représente aussi une source d’inspiration avérée pour Gainsbourg, et pour l’anecdote c’est d’ailleurs Boris Vian qui en avait organisé l’importation en France puisqu’il était alors directeur artistique chez Fontana…
- des disques de grande variété américaine comme Fever de Peggy Lee, un 45 tours paru en 1958 chez Capitol et dont la trame rythmique fournit la base du Claqueur de doigts.
- des disques de musique « typique » comme le 30 cm de Celia Cruz intitulé La reine des rythmes tropicaux paru en 1957. On aperçoit ce disque posé sur le piano de Gainsbourg à son domicile sur une photo datant de 1962…
- des disques de musique classique comme les Préludes et les Impromptus de Chopin interprétés par Alfred Cortot dans une belle édition La Voix De Son Maître publiée en 1958. Pour mémoire, Gainsbourg considérait Cortot comme « le plus grand décrypteur de Frédéric Chopin » et il avait lui-même adapté en 1968 le Prélude n°4 opus 28 pour Jane B., ce titre en forme de carte d’identité offert à Jane Birkin, paru au verso du 45 tours sulfureux Je t’aime, moi non plus.
- et puis des disques inattendus comme ce Kol Nidre du chanteur américain Johnny Mathis, un EP Fontana de 1958 qui regroupe des chansons traditionnelles juives, et que l’on voit aussi sur son piano chez lui sur une photo datant de quelques années plus tard…
- des disques qui seront les premières références de Serge Gainsbourg en matière de rock’n’roll. Citons The Big Beat (1957) de Johnnie Ray que l’on surnomme «  le chanteur sourd » et Hollywood In Rhythm du grand arrangeur Ray Conniff (1958), un autre disque visible sur son piano sur une photo du début des années soixante.
- des disques de « chanson historique » comme ceux de Marie Dubas, celle qui a créé Mon légionnaire bien avant qu’Edith Piaf ne le chante.
- et aussi Art Tatum en piano solo que Gainsbourg adulait, Dizzy Gillespie qu’il citait comme son premier grand choc en matière de jazz, l’Orchestre Lutèce en train de jouer Sur un marché persan d’ Albert Ketèlbey et qui deviendra le thème original de My lady heroine, et encore des disques d’Eddy Cochran, de Buddy Holly, de Thelonious Monk, de Stan Kenton, d’Arnold Schönberg, de Bartok, la liste est longue…

_______________________________________________________
03 - Ses modes d’écriture…
Du jazz dans la compo…

On peut faire aussi remonter à ces années-là sa façon de composer qui est héritée à la fois de sa formation classique, de ses années de piano-bar et de son intérêt pour le jazz. Et là, il faut dire un mot du jazz qui est occupe un rôle central dans ces premières années.
Lucien Gainsbourg pianiste de bar jouait La complainte de la butte de Cora Vaucaire, J’ai mal à la tête de Georges Ulmer, et Comme un p’tit coquelicot de Mouloudji, mais aussi My funny Valentine le standard de Rodgers & Hart popularisé par Chet Baker. Il est vrai que le jazz des chansons de Gainsbourg de ces années sonne très classique aujourd’hui mais à l’époque il est moderne. Le centre de gravité en est le pianiste et arrangeur Alain Goraguer, avec une formule imparable de trio piano / contrebasse / batterie, où se mêlent parfois des éclats de cuivres, un peu comme dans la tradition de la grande variété américaine.
Il y a une « école » Goraguer, et Go go Goraguer, un 25 cm Philips de 1957, en est le disque de référence. Autour de l’arrangeur et chef d’orchestre qui accompagne Gainsbourg sur ses premiers enregistrements, on croise de brillants instrumentistes comme le batteur Christian Garros et le vibraphoniste Michel Hausser. Goraguer avait même repris du Gainsbourg dans un super 45 tours paru en 59 et qui était un peu le petit frère du Chant à la une ! puisqu’on y retrouvait des versions de Du jazz dans le ravin et du Poinçonneur des Lilas.
Tous ces musiciens sont des sortes d’aristocrates du jazz qui savent à la fois garder le tempo de cette musique et la faire avancer. Gainsbourg en est bien conscient et il sait en profiter. Dans Le claqueur de doigts, le batteur crée un rythme métronomique qui irrigue tout le morceau et qui lui donne un côté très accrocheur. On entend littéralement les claquements de doigts du héros de la chanson, on ne sait pas d’ailleurs s’il s’agit d’un métronome ou des deux baguettes qui seraient frappées l’une contre l’autre.

De l’art du verbe



Une autre fondation de la carrière de Gainsbourg déjà présente à ses débuts est son mode d’écriture, à travers un art du verbe qui est hérité de la poésie et de la littérature classiques et qui forme un véritable « swing » des mots. On y trouve notamment des néologismes, des contraintes phonétiques imposées, et des rejets à la ligne qui sont très étudiés.
Tout comme on a imaginé sa discothèque, il est passionnant d’arpenter la bibliothèque de Gainsbourg, comme on pourra le faire à l’exposition de La Maison Folie à Lille. On y trouvera par exemple les Sonnets pour Hélène de Ronsard, Les nuits d’Alfred de Musset, Piquillo de Gérard de Nerval, Toute la lyre de Victor Hugo, Mes heures perdues de Félix Arvers, Les fleurs du mal et Les paradis artificiels de Baudelaire, des poésies de Catule, les Contes de Perrault et ceux des frères Grimm, Une vieille maîtresse de Barbey d’Aurevilly, Madame Bovary de Gustave Flaubert, Le rouge et le noir de Stendhal, Adolphe de Benjamin Constant, les Contes fantastiques d’Edgard Poe, L’amour fou d’André Breton, Jésus Christ rastaquouère de Francis Picabia, La nausée de Jean-Paul Sartre, Lolita de Vladimir Nabokov, le Don Quichotte de Cervantes, Les petites filles modèles et d’autres ouvrages de la Comtesse de Ségur, et des livres de Sade, de Raymond Queneau… On pourrait en ajouter bien d’autres, et un jeu intéressant serait de mettre un titre de Gainsbourg en regard de chacun d’eux…
De la « schizophrénie »
Sa « schizophrénie créative » est elle aussi présente dès ses débuts. On la retrouve dans ses différentes identités : le petit Lulu, Lucien Guinzburg qui est son vrai nom, Julien Grix son premier pseudonyme d’auteur-compositeur, Serge Gainsbourg son patronyme de scène, jusqu’à Gainsbarre plus tard.
On la retrouve aussi dans ses différentes identités artistiques : le pianiste, l’auteur-compositeur pour d’autres, le chanteur qui est aussi auteur-compositeur pour lui, le compositeur de musiques de films puisqu’il compose déjà la musique de L’eau à la bouche en 1959 et que Strip Tease suivra en 1963, sans oublier l’acteur ; en 1959 il a déjà joué dans deux films, Voulez-vous danser avec moi ? de Michel Boisrond – sur le tournage duquel il rencontre Bigitte Bardot –, et La révolte des esclaves de Nunzio Malasomma dans lequel il tient un petit rôle.


De la misanthropie



Est présente également une certaine misanthropie. Gainsbourg répondait au Quotidien de Paris en octobre 1981 : « J’étais timide et laid. Je suis très tôt devenu misanthrope… peut-être parce que les autres me rejetaient. Je me souviens d’une surprise-party, je devais avoir dix-sept ans, et dès mon arrivée, dès que je me suis assis dans un coin, l’ambiance est tombée. Les gens ont arrêté de rire et de danser. J’ai foutu en l’air comme ça des tas de booms parce qu’ils sentaient tous que j’étais là et que je les jugeais… » 
Il ajoutait : « Ma timidité a duré très longtemps. Et puis un jour vers mes trente ans, sur ma barque, ma petite coquille de noix, j’ai mis un mouchoir sur lequel j’avais pleuré tant d’années et alors le vent s’est mis a souffler… »

Individualisme et érotisme



Autre fondation, son esthétique de l’individualisme. A la même époque il parlait au Soir de Bruxelles : « J’ai été individualiste de par ma naissance dans un pays étranger, à l’école parce que c’était difficile, ensuite au lycée à cause de mon physique ingrat, en architecture, dans l’armée, ce régime féodal et carcéral, comme peintre velléitaire, comme pianiste de bar conscient de jouer pour les riches… Peu à peu ça s’est dessiné. Et puis j’ai été aussi blessé par les femmes. »
Il faut insister sur cette conscience de sa laideur. Il en est très lucide et paradoxalement elle va l’aider à s’affirmer. En parlant de Philippe Clay, l’un de ses premiers interprètes, Gainsbourg disait : « C’est drôle, nous avions la même gueule. Aussi laids ! Mais moi en plus, je suis un personnage. Je le sais. »

Un autre élément fondamental est cet érotisme précieux qu’il glisse dans ses chansons et qu’il cultive même en guise de chansons d’amour. Sans aucun doute, il s’agit dans une version contemporaine de l’héritage d’un certain esprit libertin.

_________________________________________________________

04 - Chansons à l’air du temps



Enfin, sa « philosophie de l’immédiateté ». Elle provient de sa réflexion sur sa propre condition humaine et elle est à la source du modèle épicurien qui en résulte. On y trouve aussi en filigrane une lucidité omniprésente, ainsi qu’une conséquence inattendue : Gainsbourg s’inscrit sans conviction dans la société de consommation mais il s’y sent parfaitement à l’aise pour écrire des chansons qui seront « jetables », comme tout autre produit.
Dans Le claqueur de doigts, le juke-box vient rejoindre d’autres objets symboliques de l’époque comme Le talkie-walkie de 1963, la Jaguar du Jazz dans le ravin de 1958, et L’appareil à sous de 1963. Gainsbourg est de son temps, il capture l’air du temps pour le recycler dans ses chansons avec son art de l’écriture.
Mickey, tu as choisi pour la suite de cette conférence une belle ballade à double sens, Marilou sous la neige.

MICKEY CHANTE « MARILOU SOUS LA NEIGE »



Au niveau de la musique, on change d’univers. On est en 1976, à la fin de la « période anglaise » de Gainsbourg. Il est accompagné par un orchestre de rock, des parfums de jerk flottent, le son est sophistiqué et efficace, un orgue met son grain de sel, les arrangements sont signés par Alan Hawkshaw, l’un de ces Anglais esthètes qui ont contribué à forger le son de cette époque.
Au niveau du texte, Gainsbourg est en train de créer un nouveau langage. Il invente le style du « talk over » et injecte dans sa langue des anglicismes, des onomatopées, et des références à la bande dessinée. Ce mode d’écriture possède aussi un côté mécanique, et à cet égard il faut se rappeler que Gainsbourg considérait la chanson comme un « divertissement » et qu’en conséquence il ne voulait pas consacrer trop de temps à son écriture.

__________________________________________________________

05 - De la femme idéale



Marilou est l’un de ces modèles qui ponctuent la géographie féminine de Gainsbourg. Orthographiée d’abord Marilu, elle fait son apparition sur le super 45 tours de 1966 Qui est ‘’in’’ qui est ‘’out’’, aux côtés de Docteur Jeckyll et Mister Hyde et de Shu ba du ba loo ba, et elle clôt le vinyle 30 cm Initials B.B. de 1968 où elle côtoie, dans la logique des douze chansons qui sont le format obligé d’album de l’époque : Initials B.B., Comic strip, Bloody Jack, Dr. Jekyll & Mr Hyde, Torrey canyon, Shu ba du ba loo ba, Ford Mustang, Bonnie & Clyde, Black and white, Qui est “in” qui est “out” et Hold up.
On la retrouve donc en personnage central de l’album L’homme à tête de chou de 1976, un album étrange et à part dans la production de Gainsbourg, qui est à mi-chemin entre l’autoportrait onirique et le chef d’œuvre de poésie pop.
Au fil des chansons du disque, Marilou y a des yeux de braise (L’homme à tête de chou), elle incarne une shampooineuse sensuelle chez Max coiffeur pour hommes, elle y danse le reggae (Marilou reggae) en prophétisant la prochaine tendance musicale de Gainsbourg, elle est objet de fantasmes dans Transit à Marilou, elle est sarcastique dans Premiers symptômes, elle est la diva de Ma Lou Marilou, et enfin elle se fait assassiner à la neige carbonique dans Meurtre à l’extincteur, juste après ces Variations sur Marilou, un long morceau de bravoure de 7 minutes et 36 secondes qui est une ode moderne au plaisir solitaire féminin, et certainement l’un des « points G » de l’écriture libertine de Gainsbourg. Et Marilou sous la neige arrive juste après, telle une ballade aux parfums post-romantiques qui va conclure et exorciser tout ce qui a précédé.
Marilou est une de ces femmes idéales qui ponctuent l’univers féminin de Serge Gainsbourg. Rappelons-nous de Joanna dans le 33 tours Gainsbourg Percussions de 1964, de la Pauvre Lola de 1965 qui se transformera en Lola rastaquouère dans Aux armes et caetera en 1979, de la sublime Manon en 1968 pour la bande originale de Manon 68. Souvenons-nous d’Elisa dans le 33 tours Jane Birkin – Serge Gainsbourg de 1969… l’année érotique, de Melody Nelson bien sûr dans l’album fétiche de 1971, de Pamela Popo dans le 33 tours Vu de l’extérieur en 1973, de Tata teutonne dans l’album Rock around the bunker en 1975. Pensons à Johnny Jane l’androgyne dans La ballade de Johnny Jane au cœur de la bande originale de Je t’aime… moi non plus en 1976, à My lady Heroïne dans un 45 tours de 1977, à sa propre fille Charlotte dans Shush shush Charlotte, dans l’album Mauvaises nouvelles des étoiles le deuxième album reggae de 1981, à Lemon incest aussi en 1984 dans Love on the beat, enfin à Samantha en 1987 dans You’re under arrest.
Nous pourrions allonger la liste avec certains morceaux que Gainsbourg a écrit pour certaines de ses interprètes comme Norman Jean Baker en hommage à Marilyn Monroe pour Jane Birkin en 1983, et bien sûr à toutes ses interprètes elles-mêmes, de Michèle Arnaud qui est une de celles qui l’a découvert à ses débuts jusqu’à Bambou qui fut son ultime bouée de sauvetage, en passant par sa muse Jane Birkin, son amante absolue Brigitte Bardot, et toutes les autres, en vrac et dans le désordre : Juliette Gréco, Hélène Martin, Petula Clark, Catherine Deneuve, Simone Bartel, Pia Colombo, Catherine Sauvage, France Gall, Isabelle Adjani, la liste n’est pas close bien sûr…

__________________________________________________________

06 - Chansons d’autres…



Nous arrivons maintenant à Vieille canaille

MICKEY CHANTE « VIEILLE CANAILLE »



Vieille canaille est une rareté dans l’œuvre de Gainsbourg. Il faut savoir que Gainsbourg a très rarement adapté des chansons écrites et composées par d’autres, comme il l’a fait avec Mon légionnaire de Raymond Asso et Marguerite Monnot dans You’re under arrest en 1987, et il ne l’a d’ailleurs quasiment jamais fait à partir de morceaux anglais ou américains.
Vieille canaille est une adaptation d’un standard américain, You Rascal You, qui a été écrit et composé par Sam Theard et qui a été créé par Louis Armstrong en 1932. C’est la chanson d’un film d’animation où l’héroïne était le personnage de Betty Boop. Mais même s’il n’est pas de lui, le morceau lui va comme un gant, avec cette dose d’ironie qui lui fournit l’un de ces masques qu’il affectionne. Ce n’est d’ailleurs pas Gainsbourg qui en a écrit le texte français mais Jacques Plante, un parolier - et d’ailleurs aussi compositeur - qui a beaucoup écrit, par exemple pour Lucky Blondo, Sheila, Petula Clark et Claude François.
Il existe plusieurs versions de Vieille canaille, en studio et en public. Gainsbourg l’enregistre en duo avec Eddy Mitchell en 1986, ils la chantent même ensemble à la télévision. Mais la version studio originale de se trouve sur l’album de 1979 Aux armes et caetera, un disque qui est intéressant à plus d’un titre. D’abord c’est le premier album reggae de Gainsbourg. Ensuite on y trouve une autre reprise qui n’est autre que La Marseillaise de Rouget de Lisle dont on se souvient que Gainsbourg avait acheté à l’hôtel Drouot le manuscrit. Enfin, on y retrouve le personnage de Marilou qui réapparaît dans un Marilou reggae dub au texte hautement érotique.
Et voici la dernière chanson choisie par Mickey : Les goémons.

MICKEY CHANTE « LES GOÉMONS »



Les goémons sont un deuxième extrait de N° 4, c’est même le titre qui ouvre son quatrième 25 cm. La chanson sera reprise la même année par Catherine Sauvage, l’une des interprètes régulières de Gainsbourg à cette période et qui reste d’ailleurs une icône très sous-estimée et méconnue de cette époque.
Gainsbourg y a une voix de crooner et le titre possède un côté austère, avec une ambiance noire, presque macabre. Le tempo est lent, nous sommes dans le monde de la poésie symboliste, et l’atmosphère marine de la chanson est même renforcée par les cris des goémons à la fin…




similaire:

Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière… iconPour de plus amples informations, veuillez contacter
«Cette extension inclut également des fonctionnalités qui permettront à chacun de se plonger immédiatement au cœur de l’action, qu’on...

Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière… iconEmmanuel Ricard
«pas !» se parle, c’est le temps des premières fois : première affirmation, premier refus, première confrontation, première séparation,...

Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière… iconL’interview de l’artiste (niveaux B1 et B2)
«No Parano», sorti en 2011, Juliette travaille pour la première fois avec le violoncelliste Vincent Ségal qui l'accompagne dans les...

Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière… iconRecherche se concrétise au fur et à mesure grâce aux inspirations de cette poétique de
«les lauriers». C’est aussi dans une lettre à Montesquiou de mars 1905 que Proust cite pour la première fois une œuvre de Nerval,...

Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière… iconFranz Kafka «Rapport pour une Académie»
«devenu» homme, qui, pour s’en sortir, a trouvé une issue, non pas la liberté, «bien souvent source d’illusion parmi les hommes»...

Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière… iconLe club de judo fait la fête et remets des ceintures Une nouvelle...
«Je suis satisfait de cette saison car ils ont confirmé les espoirs que j’avais en eux», déclare le professeur. Chaque judoka s’est...

Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière… iconC’est en 2009, lorsque je songeais, pour la première fois sérieusement,...
«Grâce leur soit rendue», que j’avais en friche depuis déjà trois ans. Je me suis donc rendue au Chili en décembre 2010 pour un voyage...

Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière… icon«Journée internationale de la femme» (8 mars)
«Journée internationale des femmes» est lancée pour la première fois en 1910 par Clara Zetkin, journaliste Allemande représentante...

Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière… iconLa publicité est née avec la Révolution industrielle. Le 16 juin...
«Dubo, Dubon, Dubonnet». Les publicités de cette époque vous semblent puériles. On les appelait à l’époque des réclames !

Dans l’histoire déjà riche des conférences chantées du Hall de la Chanson, cette conférence est vraiment une première. Car c’est la première fois que l‘on revient sur un artiste, pour plonger un peu plus dans sa carrière… iconLa recherche historique concernant les Roms/Tsiganes a connu de solides...
«l'indifférence collective», disponible lui aussi sur ce site, Emmanuel Filhol signale l'occultation de ces évènements dans les manuels...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com