I l’œuvre de la monarchie de Juillet a L’action de Louis Philippe et du comte Rambuteau





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Le Paris de Rambuteau

I) L’œuvre de la monarchie de Juillet



a) L’action de Louis Philippe et du comte Rambuteau


L’œuvre de la monarchie de Juillet dépasse de beaucoup celle de la Restauration Dans la première moitié du XIX eme siècle, les trois préfets de la Seine qui précédèrent Haussmann (le comte Frochot sous Napoléon Ier (1800 – 1812), le comte Chabrol de Volvic sous la Restauration (1812 – 1830), le comte de Rambuteau sous Louis Philippe (1833 – 1848) lui ouvrirent la voie en aménageant l’enclos du temple et le cimetière du Père Lachaise, en nivelant et en plantant les grands boulevards, en rétablissant les statues royales sur leurs piédestaux et en multipliant les fontaines publiques dans une ville dont le mal récurent était précisément le manque d’eau.

Le préfet Frochot songeait à faire du parc Monceau, dont le duc d’Orléans avait été dépossédé, un pendant du père Lachaise, mais uniquement réservé à la sépulture des grands hommes. Le gouvernement jugea cependant que les caveaux du Panthéon leur suffiraient et qu’un cimetière des gloires nationales s’avérerait être superflu. Lorsque Louis Philippe fut devenu rois des Français, Paris n’avait subi que peu de modifications depuis l’époque de louis XIV. En 1832, une épidémie de choléra causa le décès de 18000 personnes à Paris en l’espace de trois mois. La panique qui en résulta amena le roi à donner au préfet de la Seine des pouvoirs étendus. Le comte de Rambuteau joua auprès de Louis Philippe le même rôle que celui du baron Haussmann auprès de Napoléon III. Il s’appliqua d’abord à la modernisation des hôpitaux et fit entreprendre la construction de l’hôpital Lariboisière. Pour faciliter la circulation des piétons, il créa les trottoirs ; à son arrivée, il n’y en avait que 16 kilomètres, il en fit construire 240.1 Il fit aussi planter les arbres sur les boulevards et les quais, ordonna l’asphaltage de quelques rues. L’architecte Jacques Ignace Hitorff fut chargé de l’urbanisation de la Place de la Concorde, de la Place de l’Etoile et des Champs Elysées.

Sur le terrain herbeux de la place de la concorde, Hitorff fit poser des pavés, installa deux fontaines à vasques, dessina des candélabres et le piédestal de l’obélisque de Louxor, ramené d’Egypte et qui sera solennellement inauguré en 1836. Cette même année, était inauguré l’Arc de Triomphe de l’Etoile. Hitorff transforma ce qui était encore un bourbier désert, les Champs Elysées, en un remarquable ensemble de promenades et de loisirs. Les allées sont macadamisées et dotées de lampadaires qui en assurent l’éclairage2. Dans ce grand espace vert, Hitorff construisit le cirque d’Eté ; un Panorama, remarquable petit bâtiment circulaire qui fut transformé d’abord en patinoire puis en théâtre, et qui montrait en « enveloppant » les spectateurs la bataille de la Moskova ; le restaurant Ledoyen, le café des Ambassadeurs, l’Alcazar d’été

Rambuteau était beaucoup plus sensible qu’Haussmann à l » art urbain ». Visconti était le grand ordonnateur des fontaines publiques : fontaines de la place Saint – Sulpice, du jardin de l’Archevêché, du square Louvois, et celle de Molière près de la rue Richelieu. Le programme du comte de Rambuteau, gendre du comte de Narbonne, tenait dans la formule : donner aux Parisiens de l’eau, de l’air, de l’ombre.3L’eau était la principale préoccupation du comte de Rambuteau, bourguignon hydrophile dont le nom rimait avec eau, ce qui fit l’affaire des chansonniers.

« Vive le comte de Rambuteau

Pour les bornes et pour les fontaines !

Vive le comte de Rambuteau !

Grâce à lui nous aurons de l’eau »4

On peut citer l’aménagement du faubourg Saint Martin composé d’un double alignement de 28 fontaines alternant avec 30 vespasiennes dont l’effet décoratif suscita un enthousiasme général. Ces fontaines comportent 6 colonnes composites ornées de chapiteaux dorés et de chimères coiffées d’un dôme surmonté d’un thuriféraire, les fontaines représentant des tritons et des naïades dans un grand coquillage. Il fut comparé par un journaliste enthousiaste à la voie Appienne. Il ne subsiste malheureusement aucun vestige de cette magnifique installation à laquelle nous trouverions sans doute un charme pittoresque. Les « impératifs de la circulation » ont tout balayé.5

L’eau manquait à Paris, et les chétifs robinets des fontaines fournissaient aux porteurs d’eau tout juste de quoi remplir leurs récipients. Ceci était une vieille tradition en France, puisque Léonard de Vinci note dans son codex Atlanticus que la ville d’Amboise, près de laquelle il habitait au manoir du Clos Lucé, possédait du temps de François Ier une fontaine royale sans eau (una fonte reale sanza aqua).La verdure tenait aussi à cœur au préfet Rambuteau qui, à ce qu’on en disait « Rambuteau aime mieux se faire arracher une dent que de laisser arracher un arbre ». Ses plantations le long des avenues transformées en allées ombreuses étaient destinées à remplacer les jardins détruits. L’accroissement rapide de la population qui, de 1800 à 1859, avait doublé, passant alors de cinq cent mille habitants à plus d’un million, posait de tels problèmes de circulation et d’hygiène, dans un tissu urbain encore largement médiéval, qu’il était devenu essentiel de trouver une solution. Même si Balzac aimait les « culs de sac profonds et silencieux qui sont la vraie poésie de Paris », il faut tout de même reconnaître que le Paris de la Comédie Humaine en était trop bien pourvu.

Rambuteau fut également à l’origine de la construction de trois ponts : ses Saint Pères, du Carrousel et de Bercy. Avant Rambuteau, Paris n’avait que deux mairies d’arrondissement, celles du VIII eme et du IX eme arrondissement ; il en fit construire cinq autres. Il fit aussi construire la prison de Mazas et l’asile d’aliénés de Charenton, l’église Sainte Clothilde qui fut le prototype de l’ »architecture gothique moderne ». Il œuvra à la construction des gares de Strasbourg et de Lyon (l’ère des chemins de fer débute sous le règne de Louis Philippe et les gares témoignent, de par leurs proportions monumentales, de l’importance que commence à prendre le chemin de fer). Même le projet d’aménagement des Halles, toujours attribué à Haussmann, est à porter au crédit de Rambuteau. Ce projet d’agrandissement des anciennes Halles, présenté par Baltard et Callet, fut en effet adopté en 1845. Louis Philippe fit également achever l’église de la Madeleine, ériger la colonne de Juillet. Il fit aussi agrandir le Palais de Justice, restaurer Notre Dame par Viollet le Duc, et la Sainte Chapelle (dans le cadre des grandes restaurations entreprises par Viollet le Duc, on peut aussi citer en dehors de Paris, la restauration du château de Pierrefonds et la cité médiévale de Carcassonne). Le terrain du panthéon est cédé par l’Etat à la ville de Paris, charge à elle d’y élever un bâtiment dont la façade ferait pendant à celle de l’Ecole de Droit. Ce sera la future mairie du Veme arrondissement, située place du Panthéon.

Le fer et le verre vont permettre de réaliser des bâtiments très vastes et très lumineux : en 1844 Sainte Geneviève et, dix ans plus tard, la Bibliothèque Nationale. Englobant les villages suburbains, de Montmartre à Belleville, d’Auteuil à Vaugirard, la nouvelle enceinte fortifiée de Thiers (commencée en 1840 et détruite en 1918) détermine l’extension du grand Paris de Napoléon III ; elle ne coïncide pas avec les limites administratives de Paris. Longue de 36 kilomètres, flanquée de 94 bastions, elle se situe à une distance moyenne de deux kilomètres de l’enceinte fiscale des Fermiers Généraux et porte la surface protégée à 7500 hectares, incluant les sommets de toutes les hauteurs périphériques, notamment Montmartre, les Buttes Chaumont. Les collines moins accentuées de Montempoivre et d’Auteuil ou de Passy, englobant tout ou partie des communes limitrophes qui ont connu, après l’édification du mur fiscal, une notable extension. Elle est précédée d’une zone non constructible de deux cent cinquante mètres en avant de l’enceinte.

Les lotissements sont construits en grand nombre à cette époque et leur construction connaît une importante croissance : cent dix nouvelles rues sont ouvertes entre 1830 et 1848 et les percées de la rue Rambuteau ou de la rue du Pont Louis Philippe témoignent déjà du souci de trancher dans le vieux tissu urbain parisien. La loi permettant l’expropriation pour cause d’intérêt public (1841) est l’instrument qui va permettre de remodeler le vieux Paris. En revanche les dispositions obligeant les propriétaires à reconstruire en retrait de l’alignement de la rue pour élargir le tracé des voies anciennes n’atteignent pas leur but ; aucune rue « frappée d’alignement » ne fut intégralement rebâtie sur le nouveau tracé : seuls quelques immeubles en retrait témoignent de la tentative d’élargissement alors qu’un groupe de maisons anciennes résiste à l’alignement. Certains architectes voyers, tel Louis Visconti, en charge du III eme arrondissement à partir de 1830, jouent un rôle important pour éviter la cacophonie des initiatives individuelles.

Le programme de l’immeuble de rapport, que l‘on appelle aussi « maison à loyer » commence à occuper une place importante dans l’activité des architectes et à supplanter l’hôtel particulier dans l’intérêt du public. Indice d’un transfert sur le programme des immeubles de rapport, les immeubles signés font leur apparition en 1828 – 1830 et se multiplient ensuite à partir des années 1839 - 18406. Si les styles classiques et néo – classique perdurent avant de se fondre dans un éclectisme généralisé, le goût romantique, qui triomphe en littérature, entraîne l’apparition d’un nouveau répertoire ornemental, plus pittoresque, inspiré par la Renaissance française. Sans exactitude archéologique, les ornements Louis XII ou François Ier où se mélangent parfois des éléments plus exotiques, viennent se greffer sur les ordonnances classiques, un peu comme le répertoire Rocaille dans la première moitié du XVIII eme siècle. Une nouvelle ordonnance inspirée des palais vénitiens connaît une fortune qui perdure jusqu’au Second Empire : trois baies rapprochées forment un motif se détachant fortement au sein d’une façade à cinq ou sept travées, les fenêtres latérales étant séparées par de plus larges trumeaux. Le triplet central, correspondant au salon, constitué d’arcades en plein cintre comme dans le modèle vénitien, de fenêtres rectangulaires plus traditionnelles, de style classique ou bien néo – Renaissance, plus rarement néo – gothique ou orientalisant, ouvre sur un balcon parfois répété aux autre étages sous le balcon filant de l’attique.
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