Hommage à Charles de testa





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date de publication20.05.2017
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Hommage à Charles de TESTA

Monsieur le Maire,

Monsieur le Conseiller Général,

Mesdames et Messieurs les membres du conseil municipal,

Mesdames et Messieurs les représentants des familles de Compagnons de la Libération,

Mesdames et Messieurs les représentants des associations,

Mesdames et Messieurs les membres des équipes enseignantes des écoles de la commune, et tous les enfants présents parmi nous aujourd’hui,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Nous rendons un hommage particulier, aujourd’hui, Charles de TESTA, Compagnon de la Libération, inhumé dans votre ville.

Je veux vous remercier très chaleureusement, Monsieur le Maire, ainsi que les membres de votre conseil municipal et les membres de votre service communication, qui avez tout fait pour que cette journée exceptionnelle soit une réussite.

Monsieur le Maire, dès la réception de ma lettre, vous et votre conseil municipal avez compris l’importance de parler de cet homme courageux, Charles de TESTA, de son parcours et, à travers lui, des 54000 Français Libres.

La plaque inaugurée à sa mémoire il y a quelques instants, la réalisation d’une affiche d’information annonçant à la population de votre ville la cérémonie d’hommage d’aujourd’hui et votre projet de publier sa biographie issue de l’Ordre de la libération dans un prochain bulletin municipal, concrétisent votre volonté.

De son côté, la Fondation de la France Libre veut faire connaître les unités combattantes Françaises Libres au sein desquelles ces hommes ont combattu au cours de la 2ème guerre mondiale car, par exemple, si la 2ème DB est très connue parce qu’elle a libéré Paris et Strasbourg, la 1ère DFL, à laquelle a appartenu Charles de TESTA, l’est beaucoup moins alors qu’elle a combattu, entre autre, à Bir-Hakeim, Monte-Cassino, a participé à la libération de Rome et a libéré Marseille puis Lyon au sein de la 1ère armée française.

Nous voulons enfin faire connaître l’Ordre de la libération.

Le Général de GAULLE a signé le 16 novembre 1940 à Brazzaville, capitale de la France Libre naissante, l'Ordonnance n° 7, créant l'Ordre de la Libération.

  • 18 unités combattantes,

  • 5 villes (Paris, Grenoble, l’Île de Sein, Nantes et Vassieux en Vercors),

  • 6 femmes et 1032 hommes ont reçu cette prestigieuse décoration et portent ainsi le titre de « Compagnon de la Libération ».

Aujourd’hui, 41 d’entre eux sont encore en vie. Je forme le vœu qu’à l’occasion du départ du dernier d’entre eux, qui doit être enterré, normalement, au Mont Valérien, la France lui rende un aussi bel hommage que celui qu’elle a rendu au dernier des poilus de la 1ère guerre mondiale, Monsieur Lazare PONTICELLI.

Vous pourrez découvrir ici une exposition sur la 1ère Division Française Libre. Cette exposition a été réalisée par Laurent LALOUP, adhérent de notre « Fondation de la France Libre », qui est présent parmi nous. Vous pourrez voir également des panneaux présentant « l’Ordre de la Libération » et les 12 Compagnons de la Libération nés ou bien inhumés dans 10 autres communes du Loiret. Chacun d’eux a été ou sera honoré cette année, dans chaque ville ou village concerné, au cours de 11 journées. La première de ces cérémonies a eu lieu le 8 mai dernier à Boigny sur Bionne. La dernière aura lieu le 27 novembre à Conflans sur Loing. Plusieurs familles de ces Compagnons nous font l’honneur d’être présentes à Malesherbes aujourd’hui pour entourer la famille de Charles de TESTA.

Vous pourrez également voir des films qui vous présenteront :

  • la France Libre,

  • l’histoire de cette glorieuse 1ère DFL,

  • l’histoire de l’Ordre de la Libération et de ces « 1061 Compagnons ».

Le thème du Concours National de la Résistance et de la Déportation 2010 pour les collèges et lycées est : « L’Appel du 18 juin 1940 et son impact jusqu’en 1945 ». Aussi nous avons décidé d’emmener les lauréats du Loiret, le samedi 23 octobre prochain, à Colombey les Deux Eglises en Haute-Marne pour visiter le nouvel historial Charles de GAULLE, inauguré il y a 18 mois, et la maison du Général, La Boisserie.

Notre pays a commémoré hier le 70ème anniversaire de l’Appel lancé depuis Londres à la radio anglaise, la BBC, par le Général de GAULLE.

Cet Appel était destiné à tous ceux qui voulaient continuer la lutte. Ils pensaient, eux aussi, comme le Général de GAULLE l’expliquait alors, que la France avait le devoir de continuer la lutte et des moyens pour le faire grâce aux vastes territoires qu’elle possédait dans ses colonies réparties dans différentes parties du monde, et notamment en Afrique.

Cet Appel était également une réponse au discours d’abandon, prononcé la veille, le 17 juin 1940, à la radio française par le Maréchal Pétain.

Il est absolument nécessaire, pour comprendre l’Appel du 18 juin, de revenir sur ce que l’on appelle la « Campagne de France ».

Le 10 mai 1940, l’Allemagne nazie attaque la Hollande, la Belgique et la France. Les stratèges militaires français et les dirigeants de la 3ème république, horrifiés par les pertes subies au cours de la 1ère guerre mondiale, ont voulu établir un mur entre la France et l’Allemagne. Cette ligne qui porte le nom de son initiateur, le député André MAGINOT, est censée mettre les hommes à l’abri. Malheureusement, elle ne couvre pas la frontière Belge, pays neutre qu’hiltler n’aura aucun scrupule à envahir. Son armée entre en France dans la région de Sedan, là où il n’y a plus de ligne Maginot.

S’ensuivent alors 44 jours de combats acharnés.

Dans son discours radiodiffusé, Pétain s’adressant particulièrement aux combattants leur dit :

« Cest le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat ».

Cette phrase malheureuse, prononcée cinq jours avant la signature de l’armistice, le 22 juin 1940, dans la clairière de Rethondes, dans le wagon où avait été signée la capitulation allemande de la 1ère guerre mondiale, le 11 novembre 1918, a immédiatement des conséquences dramatiques car beaucoup de combattants se sont dit alors, c’est fini ! Ils ont cessé le combat et des centaines de milliers d’entre eux ont été, au cours de ces cinq jours, faits prisonniers.

Il a été souvent dit et écrit que cette armée s’est mal battue. Que l’on se souvienne de la tactique utilisée par les allemands : « BLITZKRIEG » ou « guerre éclair » associant blindés et avions pour percer le front. Le peu d’unités spécifiquement blindées créées en France ont alors pu démontrer leur capacité. N’oublions jamais les batailles de STONNE ou de MONTCORNET au cours desquelles les chars français ont été, un temps, victorieux. Mais pour le reste de l’armée, confrontée aux moyens modernes de combat et à la tactique des Allemands, ce fut une épreuve terrible. Cette tactique prônée inlassablement en France au cours des années d’avant guerre par le Colonel De GAULLE, avait pourtant fait ses preuves en Pologne, huit mois plus tôt, mais sans faire jaillir le moindre doute dans l’esprit des grands chefs militaires français. Ces chefs dépassés et certains des trop nombreux gouvernements de la 3ème république qui ont dirigé notre pays entre les deux guerres mondiales, portent en fait la lourde responsabilité de cette défaite.

Les conséquences immédiates ont été dramatiques pour ceux que je n’hésite pas à qualifier de « glorieux combattants de 40 » :

En 44 jours, la France a eu à déplorer 100 000 tués, 250 000 blessés et 21000 morts civils pour une population de 40 millions d’habitants contre 65 millions aujourd’hui.

1 800 000 officiers, sous-officiers et soldats se sont retrouvés prisonniers en Allemagne dans 75 sinistres Oflag et Stalag. Une forte majorité d’entre eux y a passé 5 dures et longues années. 39 000 sont morts au cours de cette captivité loin de leur Patrie et 5200 ont été portés disparus. Dans ce plus grand drame National de notre histoire, combien de familles françaises ont été concernées par ces morts ou ces prisonniers, oubliés aujourd’hui par notre histoire nationale ? Peut-être toutes les familles de France si chacun de nous prend le temps de se renseigner ?

Pour ceux qui pensent que pour les allemands cette Campagne fut une partie de plaisir, comme la propagande nazie a essayé de le faire croire, ils ont eu à déplorer 54 700 morts, 111 000 blessés, 18 400 disparus ou, pour un temps, prisonniers. Ces chiffres, terribles aussi du côté allemand, démontrent à eux seuls que les combattants français, quand ils l’ont pu, se sont magnifiquement battus.

Au cours de cette campagne de France, l’Appel du 18 juin 1940 est la date fondatrice de la « FRANCE LIBRE ».

Le 9 juillet 1940, la Croix de Lorraine devient le signe de ralliement de l'ensemble des Forces Françaises Libres.

Le général de Gaulle s’adressant aux premiers Français Libres qui l’ont rallié leur disait :

« Pour le service de la France, je vous demanderai votre sang ou votre vie, mais, en retour, ne me demandez rien, car je ne vous donnerai rien. »

Des territoires français à travers le monde rallient bientôt le général de Gaulle. Après ces premiers ralliements, le général déclare :

« Dans cette guerre mondiale et totale, dans cette guerre où tout compte, l'Empire français est un faisceau de forces capital ».

Le 28 juin 1940, Winston CHURCHILL, Premier ministre britannique, reconnaît le général de Gaulle comme « chef de tous les Français libres, où qu’ils se trouvent, qui se rallient à lui pour la défense de la cause alliée ».

Le 2 août 1940, le général De Gaulle est condamné à mort par le tribunal militaire permanent de Clermont-Ferrand pour « atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat et désertion à l'étranger en temps de guerre ». Beaucoup d’autres Français Libres seront, eux aussi, condamnés à mort par le gouvernement de Vichy.

Déserteur ! Charles De GAULLE, lui qui, le premier, a continué la lutte et a permis par le combat des français Libres et des résistants de l’intérieur de conduire la France à la victoire. Notre pays avait la 4ème armée du monde en 1945 avec 500 000 hommes sous les drapeaux. Ce fait permettra, entre autre à notre pays, d’obtenir à l’ONU, créée le 25 juin 1945, un des cinq sièges permanents au Conseil de Sécurité.

Cette puissance retrouvée lui permettra également d’être représentée :

- à Berlin, le 8 mai 1945, par le général Jean de LATTRE de TASSIGNY, lors de la signature de la capitulation allemande à la stupéfaction du maréchal allemand Keitel qui déclara alors: « comment, même les Français sont là » !

- et à Tokyo, le 2 septembre 1945, par le général Philippe LECLERC de HAUTECLOQUE, lors de la signature de la capitulation japonaise à bord du cuirassé américain USS MISSOURI.

Ces 54000 Français Libres sont, comme les combattants de 40 et ceux venus des colonies et à qui nous devons tant, les glorieux oubliés de notre histoire récente.

Le Général de GAULLE, dans un discours prononcé à Londres le 15 novembre 1941 devant les Français de Grande Bretagne, décrivait ainsi les Français Libres :

« Nous sommes des Français de toutes origines, de toutes conditions, de toutes opinions, qui avons décidé de nous unir dans la lutte pour notre pays. Tous l’ont fait volontairement, purement, simplement. Car c’est à l’appel de la France que nous avons obéi. Au moment où tout paraissait crouler dans le désastre et dans le désespoir, il s’agissait de savoir si ce grand et noble pays livré à l’ennemi par la plus atroce trahison de l’histoire, trouverait parmi ses enfants des hommes assez résolus pour ramasser son drapeau. Il s’agissait de savoir enfin si, dans la nuit de la servitude, la nation ne verrait plus briller aucune lumière d’espérance française pour soutenir son esprit de résistance et faire la preuve qu’elle restait solidaire du parti de la liberté. »

Le temps est venu de rendre hommage à ces Français Libres avant que le dernier d’entre eux disparaisse.

Antoine de SAINT-EXUPERY a écrit :

« Le disparu, si l'on vénère sa mémoire, est plus précieux et plus puissant que le vivant. »

Avant de terminer, je souhaite m’adresser particulièrement aux jeunes présents aujourd’hui.

Si vous racontez cette journée, certains vous diront que ces cérémonies évoquent des sujets vieux maintenant de 70 ans qui ne sont donc plus intéressants car appartenant au passé.

La ferme célébrités ou autres émissions débiles du même genre leur paraissent sans doute, hélas, plus importantes que l’Histoire de France avec un grand H. Ces émissions sont pourtant destinées à étouffer l’intelligence de l’homme au lieu de les aider à élever leur conscience.

Anatole FRANCE disait :

« Ne perdons rien du passé. Ce n'est qu'avec le passé qu'on fait l'avenir. »

N’oubliez donc surtout pas Charles de TESTA,

N’oubliez donc surtout pas les 1037 autres Compagnons de la Libération,

N’oubliez donc surtout pas les 54000 Français Libres qui se sont battus partout dans le monde où les combats avaient lieu, « sur terre, sur mer et dans les airs ». Leur combat est un message pour l’avenir.

Ce sont tous des personnages très actuels en ce sens qu’ils sont de très beaux exemples de vertus indispensables aux hommes qui veulent vivre debout : le courage, l’abnégation, et, pour beaucoup d’entre eux, hélas, le sacrifice.

Leur combat est encore aujourd’hui un message pour l’avenir.

N’oubliez jamais non plus, au moment où l’on voir resurgir dans différents pays d’Europe des idéologies prônant la haine et les différences entre les hommes, ce que tous les combattants de la 2ème guerre mondiale nous ont légué : le fait de vivre dans un pays libre et dans une Europe en paix, débarrassés d’une idéologie, le nazisme, qui niait l’homme.
Je vous remercie.

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