Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique





télécharger 61.97 Kb.
titreCe patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique
date de publication20.05.2017
taille61.97 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > documents > Documentos
Michel LOUIS

HISTOIRE DE LA FAMILLE
BAUER




ELLE HONORE LE cirque

Depuis plus de 150 ans


LES ORIGINES

BAUER, ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, il signifie « paysan » en langue germanique.

A la fin du XIXème siècle le jeune Henri Bauer (1852- ?) au grand désespoir de son père, s’éprit de la fille du patron d’un petit cirque de passage dans son village près de la frontière suisse. Chassé du moulin, car un fils de meunier ne peut fréquenter une « gitane » ! malgré l’opposition paternelle Henri suivit Catherine Metbach, celle qui deviendra son épouse. Le jeune couple se trouva vite responsable d’une grande famille avec les naissances des enfants : Philippe (1878- ?), Henri junior (1880- ?), Thomas né le 27 octobre 1881 à Paris et plus tard Rosine (1896- ?). Henri, Catherine et leurs enfants quittèrent le cirque familial et partirent dans leur maringotte tractée par des chevaux présenter quelques tours d’acrobaties au tapis au hasard des villes et villages traversés. Ils travaillèrent même sur les places parisiennes avec le futur père d’Edith Piaf, le contorsionniste Louis Gassion (1881-1944). Le voyage mena la petite famille jusqu’en Suisse, pays qui deviendra sa seconde patrie et qui verra les enfants épouser de grands noms de la banque suisse (banque ayant ici le sens du milieu du cirque, racine que l’on retrouve dans saltimbanque !)… mais n’anticipons pas !

Donc, en ce début du XXème siècle, nous assistons à plusieurs alliances : une des petites-filles d’Henri, Angélina Bauer (décédée en 1973) épousa Franz Nock (1899-1975) fondateur du « cirque NOCK », le plus ancien établissement helvétique, actuellement le second en importance, après « KNIE ». Deux de leurs enfants se marieront dans le milieu banquiste : Helga épousera Adrian Van Gool (retenez bien ces noms, nous les évoquerons plus tard) ; Linda, elle, se mariera avec Manni Bauer, un de ses cousins. Quant à Maria la funambule (1903-1981), sœur d’Angélina, elle épousa Dominik Gasser (1903- 1981), fondateur en 1941 du « cirque OLYMPIA », encore un grand nom du cirque suisse.

Le 16 août 1915 à Cazères (Haute-Garonne), le troisième fils d’Henri Bauer, Thomas (1881-1958), prit pour épouse Marie-Françoise Delaurier née le 8 décembre 1883 à Bourg-de-Péage (Drôme). Elle décèdera à l’âge de 89 ans en 1972. Ils avaient déjà quatre enfants cinq autres naîtront après l’officialisation de leur union.

Désirant sa liberté, Thomas acheta son premier chapiteau, un petit deux mâts de 18 mètres qu’il baptisa « cirque REOB », il voyagea surtout en France, laissant en Suisse le reste de la famille qui y fera souche. On retrouve actuellement des Bauer de diverses branches dans les principaux cirques en Europe et surtout aux Etats-Unis.


LA GUERRE REND LES DEBUTS DIFFICILES

Revenons au « cirque REOB » de Thomas Bauer. Rompu à toutes les disciplines de la piste, Thomas brilla particulièrement à la batoude. De ce petit tremplin, en prenant son élan depuis l’extérieur du chapiteau, il parvenait à sauter par-dessus 12 chevaux et un dromadaire. La première guerre mondiale mettra fin à ses exploits car notre banquiste est bien sûr mobilisé et fut blessé par deux fois sur le front de Verdun, à la côte 107. A son retour, en raison des séquelles de ses blessures, il abandonna par force l’acrobatie pour se destiner au dressage et au commerce des chevaux tout en dirigeant l’entreprise familiale.

Après les hostilités, il fallut repartir de zéro. La branche restée en Suisse a monté un superbe établissement voyageur, Thomas, lui aussi, voudrait un beau cirque qu’il pourrait animer avec sa famille qui commence à s’étoffer puisqu’elle compte maintenant cinq enfants : Hortense Théophile Marie Marinette née le 29/10/1908 à Grenade/Garonne et décédée en 1987, Pascaline Jeanne née le 15/07/1910 à Auros en Gironde et décédée en 2010, Joseph (11/04/1912- ?), Emile (1913-2011), et Marie-Rose (1915-2003). Donc pour réaliser son rêve, Thomas achèta à Périer, important directeur de l’époque, un deux mâts de 18 mètres sur 24 et lança sur les routes de l’Hexagone le « cirque TONI » (parfois avec un « Y ») qui au fur et à mesure des naissances verra les attractions s’étoffer et l’établissement se développer progressivement.

Henri (1920- ?), Louis (1921-1958), Antoine Simon né le 31/10/1923 et Robert (1926- 2012) vont compléter la troupe !

Le « cirque TONI » tourna régulièrement, avec des hauts et des bas jusqu’à la seconde guerre mondiale qui interrompit l’aventure. Les aînés des garçons furent mobilisés, la cavalerie fut réquisitionnée et les convois immobilisés.

NAISSANCE DU CIRQUE TRIOMPH

Profitant d’une intéressante opportunité, Thomas Bauer s’associa avec Emile Prin beau-père de deux de ses fils (Henri mari de Jeannette Lina et Robert qui a épousé Régine Gina) pour acheter à André

Polssi qui désire cesser son exploitation le « cirque TRIOMPH » ; un seul lot comprenant enseigne, matériel roulant et chapiteau. Un bel établissement d’importance moyenne qui sera lancé sur les routes dès 1945 par ses nouveaux propriétaires après de nombreuses améliorations et modifications et une petite campagne de publicité dans la presse locale et un bel affichage mural comme c’était permis à l’époque. Qui n’a pas connu dans le Sud-Ouest le « cirque TRIOMPH » ? Il remisa l’hiver à Agen, quartier du Quinot, dans les années 1950, puis à Prayssas (47) sous la Halle aux Chasselas, ensuite à Castelsarrasin dans la propriété du vétérinaire Raymond Bachala, et à Casteljaloux dans une ancienne briqueterie près de la gare, avant de tourner en Espagne à partir de 1965.

En 1961 le « O » fut transformé en « U » pour donner « TRIUMPH », une enseigne qui sonnait véritablement mieux et qui, inscrite sur les véhicules, donnait belle allure aux convois.

Voici le spectacle présenté en 1962 :

Anthonson et ses lions de l’Atlas

Charivari par les augustes de la troupe

La cavalerie d’Emile Bauer

Don Quichotte moderne et son âne savant

Miss Nicole, antipodiste

Andreys, comique sur rouleau

Torso de Bisonte, exercices de force

Elle et Lui, acrobates excentriques

Billy Bieck, jongleur moderne

Les Cyclo Boys and Sisters

André et Paulus, parodies comiques

Les Astonys, perchistes aériens

Orchestre sous la direction de Raphaël Brocal.

Notons que « Miss Nicole » est la fille d’Emile et Nénette Bellissario et que les « Cyclo Boys and Sisters » sont les jeunes Bauer.
« TRIUMPH », UN CIRQUE DE QUALITE

Le « cirque TRIUMPH » présentait de très bons programmes à base familiale, un orchestre accompagnait le spectacle. Les principaux atouts étaient Emile, époux de Nénette Bellissario et sa cavalerie dressée par son père Thomas ; Antoine, époux de Rose Alves Girard (née le 20/02/1931) fille d’agriculteurs lot-et-garonnais de Varès, dompteur attitré de la maison qui présentait en férocité un groupe de lions et lionnes de l’Atlas sous les pseudonymes d’Anthon ou Anthonson ; Henri et Robert animaient un numéro de double trapèze et de cadre américain. Toute la famille se retrouvait dans la piste : sauteurs au tapis, à la banquine, pyramides, main à main… Peu d’artistes sont engagés les Bauer étant suffisamment nombreux pour assurer l’essentiel du programme. Certains enfants de Thomas et Marie-Françoise vont quitter le cirque : Marinette qui a épousé Marceau Delporte (1905-1976) et Pascaline Jeanne unie à Marcel Delporte (1909-1982) vont rejoindre les troupes des « ORSOLA» et des « ORSOLA JUNIORS » animées par les deux frères funambules. Joseph, lui, a épousé Marilda Ortica et a abandonné la piste pour les marchés, il est devenu marchand forain. Marie-Rose a abandonné elle aussi le cirque en épousant Georges Richard.

Le chapiteau des Bauer tournera un moment dans le Nord au profit d’une œuvre caritative d’aide aux personnes en difficulté : la Société Artistique de Bienfaisance présidée par l’abbé Bischop, il devint alors le « STAR CIRCUS ». En juillet 1956 le copieux programme proposait en plus des attractions « maison » : les aériens Clérans, le numéro musical des Sipolos, les clowns Rex et Quito et en vedette Achille Zavatta. Cette même année le « STAR CIRCUS » est pour quelque temps immobilisé  servant de cadre au tournage du film « Du Sang Sous Le Chapiteau », un thriller qui n’aura malheureusement pas un grand succès auprès des cinéphiles malgré la présence à l’écran de Ginette Leclerc, Gabriello et Achille Zavatta.

L’année 1958 est endeuillée par la mort de Thomas, le patriarche. Il avait 77 ans et était paralysé depuis quelques années, mais, toujours coiffé de son « stetson », il tenait à donner le coup de sifflet traditionnel démarrant chaque représentation qu’il surveillait assis près de l’entrée des artistes dans son fauteuil roulant. Thomas repose dans le caveau de famille à Montech (Tarn-et-Garonne). Cette année sera malheureusement aussi marquée par la fin tragique de Louis.

En 1960 le chapiteau prend de l’importance. Le « cirque TRIOMPH » devient un 40 mètres sur 24 monté à quatre mâts en ligne comme c’était la mode à l’époque.

Une éléphante d’Asie provenant de la ménagerie Bouglione, présentée en piste par Henri, était la vedette du zoo. Sa vie sera de courte durée ; un groupe de crocodiles provenant de l’entresort forain des Dumont

la remplacera en 1961 dans la ménagerie.

Au cours de la saison 1963 les Bauer s’associent avec MM. Luciano et Marti pour lancer un éphémère « cirque NATIONAL ». Voici un aperçu du programme de cet établissement :

Francius, présentateur

Michel Abram’s : trapèze washington et « marche au

plafond »

Les Agrams : perche aérienne

Andreys : comique sur rouleau

Le dompteur Anthonson et ses lions d’Ethiopie

Miss Astié : beauté, grâce et force

Les clowns Bob et Momo

Borsucks, pickpocket gentleman

Les Cyclo Boys and Sisters

Don Quichotte et son âne savant

Miss Jany et ses chiens comédiens

Les Morevils, Pierrots en souplesse

Miss Nicole, des pieds en or

La cavalerie Triumph présentée par Emile Bauer

Voltige équestre par les Williams dirigés par Emile Prin

Les Willings, cascadeurs comiques

Zurani, jongleur équilibriste

Orchestre sous la direction de M. Senkman.

Cette année-là, le 8 octobre, à Tardets (Pyrénées-Atlantiques) Antoine fut sérieusement accroché par son lion Sultan, Mike Baray, alors jeune dompteur le remplaça durant sa convalescence.

Les arrière-petits-enfants d’Henri Bauer, le fondateur de la dynastie, vont seconder peu à peu les parents. Thomas junior dit Kid ou Kidou né le 11/09/1951 fils d’Antoine et Alves, Emile junior et Patricia enfants d’Henri et Jeannette, William fils de Robert et Régine, sous la direction d’Emile Prin apprennent la voltige à cheval et se produisent en piste : ce sont les Jockeys Williams ; ils réalisent le saut périlleux de cheval à cheval. Avec Chantal (née le 14/09/1954), fille d’Antoine et Alves et Nicole (fille d’Emile et Nénette) ils forment une troupe d’acrobates cyclistes : les Cyclo Boys and Sisters ! Nicole présente aussi un numéro d’antipodiste et dresse des chiens costumés sous le nom de Miss Jany.

L’année suivante, imitant le célèbre « RADIO-CIRCUS » et autre «  PINDER ORTF », les Bauer lancent l’ « ANTENNE CIRCUS », c’était la mode à cette époque d’associer spectacle de cirque et jeux radiophoniques. Le succès n’étant pas au rendez-vous ils décident de tenter l’aventure de l’autre côté des Pyrénées, dans la péninsule ibérique.

L’AVENTURE ESPAGNOLE

Seuls Antoine et ses fauves ainsi qu’Emile et ses chevaux paraissent en piste. Henri est l’administrateur de l’entreprise, Robert a en charge le matériel, une dizaine de convois toujours de couleur jaune et bleu.

Les Bauer sont donc dans la péninsule ibérique avec leur « cirque TRIUMPH » depuis 1965. Henri ne tarde pas à abandonner ses frères pour monter une entreprise de location de chapiteaux à Montech (82). Emile va suivre son exemple et créer un commerce à Villeréal (47). L’heure de la retraite venue il fera bâtir une maison à Varès (47) en face de la remise de son frère Antoine ! Robert abandonnera lui aussi le cirque. Seuls Antoine et les siens demeurent en Espagne. Le matériel de feu le « cirque TRIUMPH » est remisé chez Raymond Bachala le vétérinaire-dresseur de Castelsarrasin. De « banquiste », Antoine devient « artiste », engagé avec ses fauves dans les plus grands établissements espagnols et portugais : le « BROWN CIRCUS » et le cirque « AUSTRALIA » jusqu’en 1970, puis le cirque « NEW-YORK» (1971 et 1972) et le cirque « MEXICANO » (1973). Kidou ne tarde pas à seconder son père, il fait sa première entrée de cage à l’âge de 18 ans. Avec Chantal sa sœur il a aussi monté une attraction acrobatique « Los Hermanos Morgan » ; avec deux numéros à proposer aux agents, les engagements sont plus faciles à obtenir !
RETOUR EN FRANCE DE LA BRANCHE D’ANTOINE

La réputation d’Antoine traverse la frontière et Jean Richard lui propose un engagement dans son « cirque PINDER » qu’il vient d’acquérir suite aux mauvaises affaires de la famille Spiessert qui le possédait. Antoine accepte les propositions du comédien-directeur et c’est le retour en France, bien que Varès vit chaque hiver le dresseur et sa famille venus se reposer « au pays »!

Antoine et Kidou présentèrent leurs neuf lions et lionnes en alternance sous les chapiteaux « JEAN-RICHARD », « Nouveau Cirque de JEAN-RICHARD » et « PINDER-JEAN RICHARD » sous la direction de Robert Vasseur du temps où Jean Richard en était propriétaire, puis sous celle de Gilbert Edelstein après la faillite de l’artiste. Plus tard Gilbert dit Yeuk né à Castelsarrasin le 28/11/1960, se vit confier la cavalerie et les éléphants. Les engagements avec Jean Richard puis Gilbert Edelstein durèrent près de quinze années.

Notons que le cirque PINDER-JEAN RICHARD installé à Lyon fut le cadre d’une partie du film « Parole de Flic » (sorti en 1985) dont la vedette était Alain Delon, on peut y voir l’entrée de cage des Bauer !

Quant à Chantal, elle a fait la connaissance de Paul Micheletty (né en 1950) en engagement chez « PINDER» avec sa famille, ils se sont mariés et ont deux fils, Antoine junior (né en 1980) et Paul Junior (né en 1983). Elle participa aux numéros de jonglage et d’acrobaties cyclistes de sa belle famille, puis Chantal et Paul dresseront une meute de boxers et

tourneront avec un numéro de chiens footballeurs. Yeuk, lui, a épousé Viviana Caveagna, jeune artiste d’une importante famille de cirque italienne, dans le cadre du « cirque PINDER », à Marseille, mariage célébré par le ministre et maire Gaston Defferre le 28 février 1986, ils auront deux fils, Derek né en 1986 et Bryan né en 1994.

L’heure de la retraite venue, Antoine s’est retiré dans sa maison de Varès avec Alves. Retraite active néanmoins car il donne toujours un coup de main à ses fils lorsqu’ils viennent remiser dans sa propriété ! Chantal et Paul Micheletty ont abandonné leur carrière d’artistes et sont devenus gérants de bowling tout d’abord à Tonneins puis à La-Roche-sur- Yon.

Yeuk a monté un numéro réunissant un cheval et un éléphanteau africain « Baby » et voyage au gré des engagements. Une

coupure de presse du 27Avril 1978 (La Dépêche du Midi) relate que les lions de Kid Bauer (Kidou Thomson pour la circonstance) travaillaient en palc avec les funambules « ORSOLA » d’Emile Jeannot Delporte à Villeréal (47). Nous retrouvons Kid en 1988 avec une attraction également en plein air : « LE MONDE DES LIONS » (son entrée de cage composée de 10 lionnes et un tigre). Ce fut de courte durée. Des contrats l’appelèrent ensuite en Suisse avec ses deux numéros : les fauves (lions, lionnes et tigres) et l’âne Batistou présenté de manière comique. Il y a rencontré en 1989 alors qu’il était en engagement au « cirque NOCK» la belle trapéziste Linda Van Gool (née en 1960) aînée d’Adrian Van Gool (né en 1933) et d’Helga (née en 1941) fille de Franz Nock et d’Angelina Bauer. Je vous avais recommandé au début de cette histoire de retenir ces patronymes ! (voir chapitre « les origines »)

Des Bauer, des Nock et des Van Gool s’étaient unis par mariages au début du XXème siècle, grâce à Kidou et Linda, petits cousins donc, les liens se sont resserrés entre les diverses branches de la famille, la boucle est bouclée !

On retrouvera ensuite l’été Kidou, Linda et leurs fauves animant « L’Arche de Lacapelle-Biron », parc animalier dans le nord du Lot-et-Garonne.
LE CIRQUE PAJAZZO

En 1993 Adrian Van Gool se sépare de son beau-frère Franz junior, quitte le « cirque NOCK » et lance en Suisse le « CIRCUS PAJAZZO », un beau cirque à l’ancienne avec des véhicules d’époque qui aura un beau succès. On pouvait bien sûr y applaudir le patron avec éléphants et cavalerie, les évolutions au trapèze de sa fille Linda, l’entrée de cage et le numéro comique avec l’âne Batistou de son gendre Kidou pour l’apport familial.

Des attractions internationales complétaient les programmes. Cela a duré quelques années. Puis Adrian Van Gool a cessé l’exploitation de son établissement, se contentant de monter chaque mois de décembre un cirque de Noël à Genève.

Tous les hivers Linda et Kid fuyant la froidure suisse, retrouvaient la remise familiale de Varès.

En juillet 1994 un joyeux événement a enrichi leur foyer : la naissance de Namayca, à Coire (CH). Ne cherchez pas dans un calendrier, ce prénom n’y figure pas! Kid nous a tout simplement raconté qu’il lui avait été inspiré lors d’un rêve et il a tenu à l’offrir, comme un don de Dieu, à son aînée. En 1998, c’est leur seconde fille Gipsy qui voit le jour. La petite famille s’agrandit !

UN NOUVEAU CIRQUE BAUER

Il a donné sa première représentation à Tonneins fin mars 1999 ! Ce nouveau cirque est né de l’association des deux frères Kidou et Yeuk qui, dans la remise de Varès, ont travaillé dur durant plusieurs mois pour réunir matériel roulant, chapiteau, construire les gradins, souder, modifier les véhicules, engager afficheurs, monteurs, sélectionner des artistes… et le résultat a fière allure : un chapiteau de 30 mètres de diamètre de conception suisse pouvant accueillir un millier de spectateurs. Sa structure est peu courante pour l’époque : une coupole pointue supportée par quatre mâts au carré sans aucune corniche intermédiaire venant gêner la visibilité du public. Une dizaine de convois blancs ourlés de rouge arborant le logo « cirque BAUER » cerne le chapiteau. Le programme est de qualité, il comporte l’entrée de cage de Kid composée maintenant de neuf tigres de Sibérie et une lionne, Yeuk et son éléphant vedette « Baby » déjà appréciés chez Amar en 1997, l’âne Batistou est toujours là, Linda Van Gool évolue avec grâce, force et souplesse au trapèze dans une superbe production, Kid a ramené de Suisse une belle cavalerie de six hollandais, des artistes venus des pays de l’Est complètent un copieux programme.

La saison suivante, c’est toujours de Tonneins que le « cirque suisse Kid BAUER » prend son essor le 10 mars 2000. Notez le changement d’enseigne car Yeuk n’est plus de la partie, il a signé un contrat au Portugal avec Baby. Nous retrouvons au programme, présenté par Jean-Luc Rivière, la belle Linda sur son trapèze, les tigres et la lionne de Kidou, sa cavalerie, l’âne Batistou toujours aussi récalcitrant et têtu.

Enrico Young (assiettes, équilibres sur cannes, jonglage), Yola et Andreï (Spartacus, fakir, cadre russe, lanières), les Orsola (funambules, cousins des Bauer), complètent le spectacle. Cette tournée sera boudée par le public et à la fin de cette mauvaise saison, Kid remise le matériel à Varès et cesse l’exploitation de son cirque ayant une autre idée en tête.
LES GRANDS FELINS DE KID BAUER

Un nouveau concept sur le voyage est lancé. Nouveau ? pas exactement ! Rappelez vous les ménageries foraines du XIXème siècle et du début du XXème, c’est un peu ce que vont recréer Kid et Linda, mais en « ville morte », comme les cirques voyageurs.

Kid a réuni de nombreux « petits » félins : panthères noires et mouchetées, pumas, servals, lynx, ocelots qui ajoutés à ses lions, lionnes et tigres constituent une superbe collection qu’il baptise « LES GRANDS FELINS DE KID BAUER ». La cage circulaire est montée au centre d’un espace délimité par les remorques-cages, Kidou y présente plusieurs fois par jour son numéro (neuf tigres et une lionne) de manière très pédagogique.

Grâce à un micro HF il commente toutes les phases de son dressage en pelotage basé sur les dispositions naturelles de ses bêtes. Il explique aussi le débourrage en cours d’une panthère noire et de quelques tigres pour des confrères. En mai 2001 il accueillera un temps Roman Dietzel et ses ours grizzly. Dès la saison 2002 un chapiteau abritera l’entrée de cage et les spectateurs disposeront de gradins. C’est aussi l’année de la naissance de sa troisième fille Johanna à Marmande au mois de janvier. Kid tournera jusqu’en 2004 avec cette nouvelle entreprise.
En 2002 la collection était ainsi constituée :

Première remorque-cage : 7 tigres et une lionne (animaux constituant le numéro).

Seconde remorque-cage : 2 tigres en cours de dressage pour un confrère et un tigre exclu du numéro.

Troisième cage (semi-remorque) : 4 lions, une lionne, une panthère noire, deux panthères mouchetées.

Quatrième cage (semi-remorque) : 5 pumas, 2 panthères noires, un serval.

Dans un camion en partie transformé en cage : deux lionceaux.

LE PARC BAGATELLE

La saison 2004 achevée, Kid va céder tous les petits félins et ne conservera que les fauves participant à son entrée de cage : tigres et lionnes. Sa notoriété étant désormais bien assurée, il est sollicité par de nombreux contrats pour des galas ou festivals. La direction du Parc Bagatelle à Merlimont, entre Le Touquet et Berck-plage, lui a proposé de créer une animation animalière à la belle saison afin de diversifier les attractions proposées au public. Avec ses fauves il assure jusqu’à trois représentations par jour sous chapiteau et cela a duré jusqu’à la fin de la saison 2012. Sur un terrain qu’il a acquis du côté de Beauvais il a monté un véritable centre de dressage ! Antoine et Alves ont fait souvent le voyage vers la Côte d’Opale pour leur rendre visite et malgré son âge avancé Antoine donnait encore un coup de main à l’occasion. En novembre 2013 Kid a acquis un parc qui s’essoufflait du côté de Beauvais, à Saint-Léger-en-Bray et qu’il souhaite transformer en un parc d’attractions doublé d’un parc zoologique. Ses 37 fauves (lions, lionnes dont de rares blancs, tigres, panthères, pumas) en seront les pensionnaires en compagnie des animaux déjà présents (camélidés, chèvres, daims) ; de sera aussi un véritable centre de dressage et les entrées de cage de Kid et Namayca seront présentées en public ! C’est Florent Dufner spécialiste en zootechnie qui est chargé de l’aménagement du parc qui devrait ouvrir en avril 2014. Ces nouvelles activités n’empêchent pas Kid d’honorer des contrats en dehors du parc. Il a été invité au Festival de Liège en 2006 et 2008 (médaille de bronze), au 32ème Festival International de Monte-Carlo il obtient le Prix Jean-Richard en janvier 2008… et en 2013, à nouveau invité, pour la 37ème édition avec un groupe de 11 lions, lionnes et tigre, il reçoit le Clown de Bronze lors de la soirée de gala, le mardi 22 janvier, des mains de Pauline Ducruet, fille de la princesse Stéphanie, une belle consécration ! 
Kid est aussi un créateur : en décembre 2007 il a lancé un spectacle itinérant en salles qui a été applaudi au Havre, à Rouen, Dijon, Reims, Nancy. Spectacle intitulé « Namayca, petite fille de la Jungle », cinq tigres, deux lionnes, l’éléphante africaine de Yeuk et diverses attractions enrichissaient cette comédie musicale qui fut malheureusement éphémère.

Kid Bauer et les siens sont aujourd’hui à la tête de 23 fauves, lions (parmi lesquels quelques blancs très rares), lionnes et tigres. Namayca qui souhaite elle aussi présenter en piste des animaux débute

avec un groupe de chèvres, boucs, cochons et chien ; une transition voulue par son père avant d’affronter les grands félins. En 2011 elle s’est présentée à l’émission télévisée de M6 « La France a un Incroyable Talent », tout d’abord le 23 novembre avec ses animaux de la ferme. Pour les demi-finales, le 7 décembre, c’est avec les fauves qu’elle se produit. Malgré un beau succès à l’antenne, félicitée par le jury, l’aventure s’arrêtera là, les téléspectateurs ne l’ayant pas sélectionnée pour la finale.

Mais depuis, elle s’est rattrapée ! En janvier 2013, elle a suivi Kid à Monaco, sélectionné comme on l’a lu plus haut pour le 37ème Festival International de Monte-Carlo. Namayca, elle, était retenue pour la 2ème édition de « New Generation », compétition réservée aux jeunes artistes de cirque sous le chapiteau de Fontvieille, comme pour les « grands ». Avec ses animaux de la ferme et son groupe de lions, lionnes et tigre elle a obtenu le samedi 2 février le « Junior d’Argent » que lui a remis le lendemain, au cours d’un grand gala, la princesse Stéphanie. Des engagements lui sont maintenant proposés !
DU CÔTE DE GILBERT YEUK BAUER

Toujours avec  Baby son éléphante africaine, il va d’engagement en engagement sous les chapiteaux européens grands ou petits, participe à des animations commerciales dans les grandes surfaces, à des émissions de télévision, on les a vus chez Christophe Dechavanne et chez Vincent Lagaf’ sur TF1 et même dans les jardins de l’Elysée invités par Mme Chirac ! Nous l’avons applaudi au « cirque AMAR » de la famille Falck lors de la saison 1997, au «cirque PINOCCHIO» de Pierre Paillé en décembre 2000, au « cirque KLISING » d’Albert Falck et de son gendre Jimmy Klising durant l’été 2004.

En 2011 Yeuk a décidé de relancer un « cirque BAUER » en association avec une famille banquiste. Sous un joli petit chapiteau bien

sympathique, Baby est bien sûr la vedette d’un spectacle de qualité où se produisent aussi les fils de Gilbert Yeuk et Viviana : Derek (né en 1986) et Bryan (né le 28/11/1994). Nous avons rencontré ce nouvel établissement par le plus grand des hasards le 23 octobre 2011 sur la place de la Salle des Fêtes de Varès, à deux pas de la remise familiale, malheureusement le chapiteau était en cours de démontage ! L’aventure continue puisque le « cirque BAUER» était à Narbonne en décembre 2012 produisant un « cirque de Noël » en association avec la famille Malone. Il est reparti en février 2013, la saison a débuté dans le Puy-de-Dôme, le cirque jouait à Issoire les 26, 27 et 28 février. Pris par ses engagements avec Baby, Yeuk a dû laisser le chapiteau, ainsi durant l’été Derek en a pris la direction changeant l’enseigne en « El Circo AVENTURA ». S’y produident en plue du « patron » sa compagne Nadia Stenegre et ses enfants Jason et Océane ainsi que son frère Bryan Bauer. Au programme d’un sympathique spectacle : Jason (équilibres sur rouleaux, chiens, jonglage), Nadia et ses pigeons, Derek (lama, grandes illusions), Océane (hula-hoops, cerceau aérien), Bryan et Jason font les augustes. Nous avons assisté à une représentation du « Circo AVENTURA » à Lafitte-sur-Lot le 23 novembre 2013 sous un joli chapiteau tout neuf ! Une semaine auparavant il était monté place de la Salle des Fêtes de Varès fief des grands-parents Bauer, Antoine et Alvès !
ANTOINE MICHELETTY

Fils aîné de Chantal Bauer et de Jean Micheletty, donc petit-fils d’Antoine et Alves, Antoine Micheletty poursuit une belle carrière de jongleur international. Sa compagne Déborah le met bien en valeur en piste. Ils sont les parents d’un petit garçon, Enzo, depuis 2007. Nous avons apprécié son travail chez Pierre Paillé, au « cirque PINOCCHIO », en 2002, il débutait alors, puis le 22 mars 2008 au « cirque Claudio ZAVATTA » de la famille Prein, il était devenu un excellent jongleur dans une présentation très originale ; Alves et Antoine s’étaient déplacés pour les deux occasions jusqu’à Agen pour apprécier l’immense talent de leur petit-fils ! Depuis Antoine junior et Déborah voyagent au gré des contrats dans les plus grands cirques européens notamment en Grande Bretagne.
EN CONCLUSION

Sur le point de conclure cette évocation d’une belle famille qui fait honneur au cirque, nous vous donnons ce petit conseil : si au cours de vos éventuels déplacements ou si, sur une place de votre localité, vous êtes attirés par un chapiteau « BAUER », « MICHELETTY » ou « ORSOLA » (ces trois enseignes tournent toujours) n’hésitez pas, assistez à la représentation vous serez certains d’applaudir un spectacle de qualité car les membres de toutes les branches de cette grande famille ont toujours respecté leur public et la cinquième génération continue.

La troupe « ORSOLA » existe toujours, nous avons des traces dans nos archives : en 1978 avec Jeannot et son fils Jean-François dit Johnny, en octobre 1990 à Cancon (47) et en 2000 au cirque « BAUER » de Kidou (Johnny et son fils Massimiliano né en 1984) ; Johnny, ses fils Tony (né en 1985) et Massimiliano et leurs familles ont même créé une école de cirque itinérante dans le Loir-et-Cher, à l’instar des Micheletty (cousins de Chantal et Paul) qui poursuivent eux aussi l’aventure !
Avec de telles familles, le cirque a encore de l’avenir.
Michel LOUIS

Mai 2013

Remerciements à Rose Alves et Antoine Bauer, à Emile Jeannot Delporte, son épouse Linda Stey et Jocelyne Castex pour leurs précieux souvenirs et à Michel Domain pour ses archives généalogiques généreusement ouvertes.

M.L.

similaire:

Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique iconDans la série télévisée «Breaking Bad», un petit professeur de chimie,...
«Heisenberg.» Sous ce sobriquet germanique, IL va devenir un des pires sociopathes que la pop culture a enfantés

Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique iconLes planchettes à enrouler la dentelle
«collecteurs» coupables d’extraire l’objet paysan de son «univers culturel, social et symbolique» instrumentalise lui-même l’instrument...

Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique iconLa famille Les pays de langue allemande Colette Samson Le voyage des prénoms

Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique iconHistoire de l’orgue
«Conseil de fabrique» fait état de l’achat par la Paroisse d’un orgue à une congrégation lyonnaise en 1846. Les tuyaux de façade...

Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique iconThèse : Le Peuple : de l’Autre au différent
«Band 8» à l’International English Language Testing System (très bon usage de la langue anglaise)

Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique iconLa politique française en Tunisie : le protectorat et ses origines

Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique iconRésumé : La vie d'une jeune fille, Marjanne, vivant avec sa famille...

Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique iconAux origines du journalisme contemporain (du xviième siècle à 1914)
Un bon journaliste ne lit qu'un journal, le sien, et dans ce journal, IL ne lit qu'un article, le sien

Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique iconGagnants
«crowdfunding», trouve l’une de ses origines dans l’évolution du monde artistique

Ce patronyme fleure bon l’Alsace où la famille a vu ses origines, IL signifie «paysan» en langue germanique iconLa littérature béninoise de langue française des origines à nos jours
«l’école étrangère» dans le pays, d’abord par les missionnaires, puis par le colonisateur français






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com