Panorama de presse 04/04/2008 cgt sommaire





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Edition de HUMANITE-QUOTIDIEN



Vendredi 4 Avril 2008
événement
éditorial
Salaires, ça craque


Alors que les richesses produites par le travail font de l'Union européenne une zone des plus puissantes du monde, le constat dressé par la Confédération européenne des syndicats est accablant. 108 millions de travailleurs précaires, 25 millions de travailleurs pauvres, des transferts massifs en quelques années des revenus du travail vers les profits et la rente : la relation de cause à effets sociaux dévastateurs commence à faire son chemin. En France même, il n'est pas un jour où des ouvriers, des techniciens, des employés, dans l'industrie comme dans la finance ou les services, ne se mettent en mouvement : Manpower, Coca-Cola, Mondial Assistance, Crédit du Nord, pour les seuls derniers jours. Après l'appel à la mobilisation contre la directive Bolkestein, l'initiative prise par la CES demain à Ljubljana souligne la convergence d'intérêts et la colère profonde des salariés du continent.

La pression inouïe sur le travail pour déboucher sur toujours plus de profits réservés aux mêmes devient insupportable. La simple vie courante devient de la survie. La chose est vraie dans le public comme dans le privé. Les tentatives pour organiser la concurrence des salariés entre eux au sein même de l'Union commencent à trouver des limites. La grève spectaculaire des ouvriers de Dacia l'illustre de façon éclatante, tout comme l'initiative des syndicats européens. On l'a vu pour le commerce dans notre pays, on le constate à ce niveau international : la riposte nécessaire des salariés sera d'autant plus puissante et efficace que ceux-ci pourront s'appuyer sur des syndicats unis pour relayer leurs luttes.

Doit-on augmenter les salaires ? Oui, pensent des millions de salariés. Mais peut-on le faire ? Là est toute la question, qui ne relève pas que du seul champ syndical. Alors que la crise financière, née précisément de la prédation du travail vivant pour nourrir la spéculation sans frein, commence à faire subir ses effets dévastateurs sur l'économie réelle va-t-elle servir à durcir la « rigueur » que François Fillon veut instaurer ? Ou bien doit-on en profiter pour remettre en cause les mécanismes mêmes qui provoquent l'austérité salariale et nourrissent cette même crise financière ? Où est l'efficacité économique et sociale quand un gouvernement veut supprimer dans l'année 35 000 postes de fonctionnaires et doit faire appel à des retraités ? Maintient-on le « bouclier fiscal » qui n'a rien à envier aux « parachutes dorés » ou va-t-on orienter vers la justice sociale, l'augmentation des salaires et du niveau de qualification une partie, par exemple, des 41 milliards d'euros de dividendes versés aux actionnaires des seules entreprises du CAC 40 ? Voilà du grain à moudre pour les salariés et leurs syndicats comme pour, sur le plan politique, les élus et responsables des partis de gauche.

La France va présider l'Union européenne, le semestre prochain. Ce sera l'occasion de mettre au défi le chef de l'État d'accorder ses promesses et ses actes. « Nous devons être capables de proposer aux peuples européens une Europe où la politique monétaire ait aussi pour objectifs la croissance et l'emploi, et pas seulement l'inflation », déclarait le candidat à l'Élysée dans son discours européen de Strasbourg, le 21 février 2007. Est-ce compatible avec un traité de Lisbonne qui intime le contraire à la BCE dans son article 108, dans le plus pur dogmatisme néolibéral qui l'inspire ? Son article 105, entre autres, stipule que « l'objectif principal du système européen des banques centrales est de maintenir la stabilité des prix » et qu'il doit agir « conformément au principe d'une économie de marché ouverte où la concurrence est libre ». On verra, mais sans attendre, l'Europe sociale, celle qui est sciemment oubliée par ce texte, celle de la défense de l'emploi, de l'augmentation du pouvoir d'achat, de l'exigence de qualification, a rendez-vous dans la rue samedi.


Par Michel Guilloux



Tous droits réservés : L'Humanité

Diff. 55 629 ex. (source OJD 2005)

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Vendredi 4 Avril 2008
International
Les salariés européens réclament des compensations à l'inflation

A l'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES), des dizaines de milliers de personnes vont manifester, samedi, à Ljubljana, en marge de la réunion des ministres des Finances des Vingt-Sept, pour la défense du pouvoir d'achat.


Les rues de Ljubljana seront peut-être trop étroites. A l'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES), plusieurs dizaines de milliers de personnes venues de toute l'Europe vont investir, samedi, la petite capitale de la Slovénie, le pays qui préside actuellement l'Union européenne, pour dénoncer la baisse du pouvoir d'achat. Le jour et le lieu ne sont évidemment pas fortuits : au même moment se réuniront les ministres de l'Economie et des Finances des Vingt-Sept (lire page 10).

« C'est une première, souligne Walter Cerfeda, le secrétaire confédéral de la CES, dans un entretien aux « Echos ». Et même à un triple titre : c'est la première manifestation que nous organisons sur la question des salaires, dans un nouvel Etat membre et qui ne soit pas dirigée contre une initiative de la Commission ».

La CES entend, par cette initiative inédite, sensibiliser les grands argentiers européens, s'ils ne le sont pas déjà, au problème de niveau de vie des salariés. « Le pouvoir d'achat a diminué ces dernières années dans tous les pays de l'Union, sauf en Scandinavie, affirme Walter Cerfeda. Le poids de la masse salariale dans le PIB communautaire s'est réduite de 6,35 % entre 2002 et 2007, argumente-t-il. Il y a eu dans les entreprises un transfert des salaires vers les bénéfices, qui a abouti à une répartition perverse de la richesse. »

La CES stigmatise aussi l'augmentation du nombre de « travailleurs pauvres » : 25 millions de personnes dans l'Union gagnent entre 40 et 50 % du salaire moyen européen, selon elle. Et elle déplore l'essor de la précarité : 108 millions d'Européens sont en contrat à durée déterminée en 2007, contre 62 millions en 2002.

« Nous ne croyons pas à la menace d'une spirale inflationniste qu'agite le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, ajoute Walter Cerfeda. La hausse de la productivité a été supérieure ces dernières années à celle des salaires. »

Lors de la manifestation, samedi, la CES demandera ainsi à la BCE de cesser ses appels récurrents à la modération salariale, injustifiés selon elle. Et elle plaidera auprès des ministres en faveur d'une diminution de la fiscalité pesant sur le coût du travail. Tout en défendant l'introduction d'un salaire minimum dans les Etats membres où il n'existe pas et où il est réclamé par les syndicats, comme en Allemagne par exemple.

Regards tournés vers la BCE

La CES semble estimer qu'il existe plus de marge de manoeuvre du côté de la BCE et des gouvernements que du côté des entreprises. A juste titre, selon Luca Silipo, économiste à Natixis. « Les entreprises européennes restent soumises à une très forte concurrence du fait de la mondialisation et doivent tout faire pour maîtriser leurs coûts », explique-t-il. Une exigence accrue par l'appréciation de l'euro.

Il s'agit, en fait, moins d'un problème de salaire que de pouvoir d'achat. « Les rémunérations dans la zone euro ont augmenté peu ou prou au même rythme que l'inflation en 2005 et 2006 et au cours des trois premiers trimestres 2007, souligne Clemente de Lucia, économiste à BNP Paribas. Un décrochage a eu lieu depuis l'automne, avec l'envolée des prix du pétrole et de l'alimentation. » La hausse des prix a atteint 3,5 % dans la zone euro en mars en glissement annuel, alors que les salaires progressent à un rythme de 2 % en moyenne.

Dénoncé dans toute l'Europe, ce renchérissement du coût de la vie est particulièrement douloureux en Allemagne ou en Espagne, deux pays où les revenus réels ont diminué ces dernières années, et dans les Etats où les crédits hypothécaires sont à taux variables (Espagne, Irlande, Royaume-Uni notamment). A la flambée de prix de l'essence et de produits alimentaires s'est ajoutée l'augmentation des échéances des prêts immobiliers.

Problème, les gouvernements, qui seront interpellés samedi à Ljubljana « ne disposent que de très peu de marge de manoeuvre budgétaire » pour soutenir les revenus des ménages, remarque Luca Silipo. Sauf peut-être en Espagne. Et la BCE est moins décidée que jamais à réduire ses taux d'intérêt directeurs pour alléger le coût du crédit.


STÉPHANE DUPONT



Walter Cerfeda.



Tous droits réservés : Les Echos

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Vendredi 4 Avril 2008
Eco-Terre
«Les syndicats ont fait leur révolution verte depuis Kyoto»
Guy Ryder, patron de la Confédération syndicale internationale :


Guy Ryder est le secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI), la plus grande coalition de la planète (306 syndicats, 168 millions de salariés dans 154 pays). Il revient, pour Libération, sur le grand bond en avant du monde syndical vers le développement durable.

Au début des années 2000, les organisations syndicales et les ONG environnementales s'ignoraient, voire s'affrontaient ; chacune s'efforçant de faire avancer son propre agenda. Aujourd'hui, le monde syndical s'est converti aux vertus de l'environnement. Qu'est ce qui a changé ?

Vous avez raison. Pendant longtemps, les syndicalistes étaient marginalement passionnés par le développement durable. Nous avons été rattrapés par la réalité, qui est désormais exposée de façon irréfutable aux yeux du monde. La science est là, les preuves sont là : le monde est menacé par la propre main de l'homme. Par ailleurs, les conséquences économiques et sociales du changement climatique se vérifient chaque jour, et le coût de l'inaction risque d'être insurmontable. Alors, oui, le monde syndical revient de très loin, mais dans un laps de temps très court. Il a fallu attendre 2004 pour que la CISL, l'ancêtre de la CSI, supporte le protocole de Kyoto contre les gaz à effet de serre [en raison de l'opposition de l'AFL-CIO, la principale coalition syndicale américaine, ndlr].

Parce que les représentants des salariés voyaient dans l'environnement une sorte de concurrence déloyale ?

Parce qu'ils pensaient que les contraintes seraient dommageables pour leur emploi. Tous les syndicats ont fait, depuis, leur révolution verte et figurent à l'avant-garde du développement durable. A Bali, le sommet qui a lancé les négociations pour l'après-Kyoto, on s'est engagé militer pour diminuer de 85 % les gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2050, la fourchette haute préconisée par les experts du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Les Etats membres, eux, ne sont pas encore parvenus à s'accorder sur des chiffres...

La nouveauté, avec les emplois verts, c'est que quand le business voit des profits, vous y voyez des emplois ?

Il y a, là dessus, un terrain d'entente clair. On ne peut pas rester dans le business as usual quand le Giec prévoit jusqu'à 4, 5° C d'augmentation de la température d'ici à 2100, 30 % de disparitions d'espèces animales ou végétales et des centaines de millions de réfugiés climatiques ! L'inaction n'est pas une option. La question, maintenant, c'est quelle cible devons-nous privilégier, quelle politique mettre en place pour protéger les emplois, la croissance et l'environnement...

La perspective de croissance exponentielle des «greens jobs» est une aubaine, en cette période de crise, non ?

On va publier une étude là-dessus, aux côtés du Pnue [le Programme des Nations unies pour l'environnement] . L'industrie verte a créé plus de 5,3 millions d'emplois aux Etats-Unis en 2005, 10 fois plus que l'industrie pharmaceutique. La Chine, leader mondial dans le solaire avec 2,5 milliards de dollars (1,6 milliard d'euros) en 2005, a créé 150 000 jobs. Et en Europe, 20 % d'augmentation de l'efficacité énergétique créerait un million d'emplois. En 2020, l'Allemagne aura plus de salariés dans la green-tech que dans l'automobile.

Là, vous élucubrez, non ?

Soyons honnêtes, les études, les chiffres doivent être relativisés. Il faut que les gouvernements prennent leurs responsabilités. Que les investissements suivent. Et que la communauté internationale, sur ce sujet crucial de la mondialisation, soit plus courageuse qu'elle ne l'a été sur d'autres sujets globaux, comme le commerce, l'aide aux pays pauvres ou les normes sociales. Sinon, il y a de quoi être pessimiste. Le développement durable, c'est la combinaison de facteurs économiques, sociaux et environnementaux. Si l'un manque, on ne pourra pas corriger les erreurs de la mondialisation...

La surcommunication de certaines firmes sur l'environnement traduit-elle un changement de pratiques réelles ?

Certaines anticipent avec raison et conviction. D'autres, comme certains pétroliers que j'ai entendu à Davos [au Forum économique mondial] se drapent dans une rhétorique verte difficile à avaler. Elles croient vivre le chemin de Damas, alors que rien n'a changé dans leurs pratiques. Le développement durable est un marché, mais il n'autorise pas les entreprises à réécriture leur histoire... C'est la raison pour laquelle nous militons pour des règles contraignantes, telle une taxe sur le carbone.

Vous êtes désormais les premiers alliés du Giec et des groupes environnementaux, mais sur le nucléaire, vous avez évolué ?

Il n'y a pas de consensus international entre tous les syndicats. Il est impossible à atteindre ; certains pensent que c'est une partie de la réponse dans la lutte contre le réchauffement climatique. D'autres que c'est à exclure. Mais pour le reste, notre agenda converge avec celui des ONG environnementales. A elles, de leur côté, de militer aussi pour la création d'emplois décents et durables pour les travailleurs autour du développement durable, sinon, elles perdront le support de l'opinion.


Recueilli par CHRISTIAN LOSSON



Tous droits réservés : Libération

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