1. La vision dominante de la crise comme crise financière se propageant à l’économie. Une histoire en quatre actes, de 2003 à 2009





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C’est la cinquième crise. Mes arguments historiques ont montré que la grande transformation qui a conduit au capitalisme financier et boursier peut être lue comme un bouleversement dans le champ du pouvoir économique, capté par une infime minorité d’acteurs de la finance et de FMN elles-mêmes sous la coupe de la finance, ces acteurs parvenant à imposer leurs vues aux politiques en raison de leur pouvoir économique et parfois en achetant les politiques. Acteurs parvenant aussi à imposer les paradis fiscaux, les niches fiscales, la très forte réduction de la progressivité de l’impôt, parvenant à contrôler plus ou moins l’OMC et à la mettre en dehors du cadre des Nations Unies, etc.

La crise actuelle est fondamentalement une crise de ce mode d’exercice du pouvoir hyperconcentré au service d’une ploutocratie qui représente environ un dix millième de la population mondiale. Fin 2008, les millionnaires en dollars, en tout 8,6 millions de personnes, possédaient ensemble un patrimoine de 33 000 milliards de dollars, hors résidences principales ! Je vous rappelle que le plan Paulson jugé énorme c’était 700 milliards et que, pour faire face au réchauffement climatique, on estime qu’il faudrait investir 400 à 500 milliards par an dans le monde. Un très modeste impôt mondial sur le patrimoine des très riches y pourvoirait. Le monde est riche, mais d’une façon incroyablement inégalitaire : neuf millions de millionnaires en dollars, près d’un milliard qui souffrent de la faim !

C’est fondamentalement l’inégalité du pouvoir économique (qui se traduit aussi dans le partage de la valeur ajoutée avec la perte de pouvoir des salariés et des syndicats) qui produit les autres inégalités. C’est donc ce pouvoir qui est crise, et c’est bien une crise profonde de la démocratie économique et politique.

Et cette crise du pouvoir économique est, sous l’angle des états qui y participent, une composante de la crise géopolitique mondiale, dans le sens suivant : la montée du pouvoir de pays dits émergents, Brésil, Inde, Chine, Russie (BRIC) et Argentine remet en cause la domination économique mondiale des ÉTATS-UNIS, qui n’est pas terminée mais affaiblie. Le monde devient multipolaire sous l’angle des pouvoirs économiques. La Chine en particulier, avec ses réserves énormes de ressources humaines et naturelles, avec ses excédents commerciaux record, devient une grande puissance économique, et de plus en plus financière. Des « fonds souverains » chinois, indiens et du Golfe rachètent de grandes entreprises et deviennent des prêteurs aux Etats endettés, et des détenteurs de capitaux de grandes banques comme CityGroup, la BNP ou la Société Générale.
5) Crise n° 6 : la crise alimentaire

Je n’aurai pas le temps d’en parler vraiment, elle mériterait une conférence à elle seule, mais je dirai simplement qu’elle est apparue avec force lors des émeutes de la faim du printemps 2008 mais qu’elle était déjà en cours depuis des décennies (René Dumont a écrit en 1975 un livre intitulé « La croissance... de la famine »). Tout porte à croire que dans les prochaines années elle va à nouveau se manifester parce que les cours vont remonter, sauf si des mesures de très grande ampleur sont décidées à l’échelle mondiale, en suivant les recommandations de la FAO, insistant sur l’aide à l’agriculture vivrière ou paysanne sacrifiée depuis longtemps, mais aussi en interdisant la spéculation financière sur les produits alimentaires et leurs dérivés « papier », en cassant la logique libre échangiste de l’OMC et en annulant la plus grande partie de la dette du Sud. Le mot d’ordre devrait être la souveraineté alimentaire, y compris pour l’Europe des 27, qui est devenue, comme les ÉTATS-UNIS, une région qui importe plus de produits agricoles qu’elle n’en exporte !
6) Crise n° 7 : le début d’une crise idéologique accentuée par les crises précédentes ?

Là non plus je ne développe pas, mais on a assisté depuis un an à de premières remises en cause des idées ultra-libérales qui tenaient le haut du pavé. On ne parle plus que de re-réguler ce qu’on avait dérégulé (mais pour l’instant les actes tardent). On a vu les ÉTATS-UNIS et le ROYAUME UNI nationaliser des banques et institutions financières ce qui est significatif pour ces pays à l’origine du nouveau capitalisme financier. Quand le patron de la régulation bancaire britannique, Lord Turner, reprend l’idée altermondialiste lancée il y a dix ans d’une taxe Tobin sur les transactions financières pour dégonfler la finance, on se dit que certaines choses commencent peut-être à changer dans les esprits. Jusqu’où cela ira-t-il sur ce plan des idées ? Ce n’est pas écrit, et pour l’instant c’est encore timide.
4. Sorties de crises : scénarios possibles et réorientation souhaitable

Les scénarios possibles ? J’en vois trois, mais certains en envisagent d’autres encore : en V (franche reprise) ou en U (reprise après un certain temps), en W (reprise en deux temps, après un second plongeon), ou en L (longue stagnation, comme le Japon des années 1990). Ces modèles simplistes d’économistes n’ont pas grand intérêt.

Le pire des scénarios serait celui du repli nationaliste, autoritaire et xénophobe un peu partout, en quête de boucs émissaires. On n’est plus dans les années 30, et l’histoire ne se répète pas, mais elle offre des enseignements. De telles tendances peuvent se manifester si les choses empirent, sous l’effet du chômage et de la colère de peuples à qui l’on parviendrait à désigner « l’autre » comme la cause de ses problèmes, au lieu de lui désigner le système de la cupidité sans limites et sans frontières. Je ne le crois pas le plus probable aujourd’hui, mais on n’est jamais assez méfiant en la matière.

Le second scénario, qui, lui, est assez probable, malheureusement, est celui d’une reprise économique lente et timide pendant plusieurs années, ponctuée d’épisodes à la hausse et à la baisse, avec un chômage élevé autour de 10 %, des bourses qui reprennent un peu confiance et se trouvent de nouveaux créneaux spéculatifs, et un système financier mondial où l’on aura mis un tout petit peu d’ordre dans les paradis fiscaux sans les supprimer, et un peu d’ordre dans les bonus sans les interdire ou les plafonner vraiment. On serait dans une crise encore rampante, le plus important étant qu’on n’aurait pratiquement pas touché au pouvoir de la finance et à ses « innovations » catastrophiques, ni au système des inégalités indécentes. On aurait prolongé le système à l’origine des crises par des soins superficiels et on peut être presque certain qu’il replongerait, peut-être plus violemment encore, dans une situation où les États auront encore moins de ressources à y injecter.

Le troisième scénario est celui d’une franche réorientation. C’est à mes yeux la seule façon de sortir de la zone des tempêtes. Sur le papier, cela semble d’ailleurs raisonnable, mais les pouvoirs que l’on trouve en face restent considérables de sorte que si la société civile ne se mobilise pas, on en restera au scénario 2 des soins SUPERFICIELS ET NON PAS STRUCTURELS.

D’abord encadrer strictement la finance : huit mesures

Par quoi faut-il commencer ? Cela résulte clairement des analyses qui précèdent en termes de pouvoirs économiques et de démocratie. Il faut commencer par dégonfler le pouvoir de nuisance de la finance et réduire fortement son poids, il faut en reprendre le contrôle social au nom de l’intérêt général, ce qui ne veut pas dire tout nationaliser. C’est l’urgence n°1. MAIS COMMENT FAIRE ?

Adair Tuner, à la tête du FSA, l'autorité britannique des marchés financiers, a déclaré récemment que la plupart des transactions de la place financière de Londres sont « socialement inutiles » (AFP, 27/08/09). Qu'un ancien responsable du patronat britannique et ancien directeur de banque en vienne à dénoncer « la dérégulation financière caricaturale » et à demander de « réduire la taille de ce secteur » révèle le trouble qui s'installe face au comportement des banques.

Il n’y a pas UNE mesure à prendre, il en faut tout un ensemble car si la finance a acquis ce pouvoir, c’est en gagnant des libertés et en ayant des facilités de nuire dans de nombreux domaines. Il n’empêche que huit mesures clés devraient être combinées sur le strict plan financier. Les six premières pourraient intervenir vite, si...

i) Revenir à une stricte séparation entre d’un côté les institutions financières et banques d’affaires qui jouent sur les marchés financiers et, de l’autre, les banques dites commerciales ou de dépôt des particuliers et des PME (dépôts, livrets et crédits simples, avec des règles de prudence traditionnelles). Les secondes seraient ainsi mises à l’abri des actifs toxiques et de la spéculation. Il faut confiner la finance de marché avant de la dégonfler (mesures suivantes). Après la crise de 29, on avait eu aux ÉTATS-UNIS le Glass-Steagall act qui imposait une stricte séparation des deux types d’établissements financiers. Il a été abrogé dans les années 1990, conduisant à la formation de monstres bancaires bien plus puissants et nocifs.

ii) Instaurer une taxe de type Tobin (par exemple 0,5 %) sur les transactions financières de toute sorte, pour brider la spéculation et par ailleurs récolter des fonds qui pourraient être en partie affectés au développement humain durable du Sud.

iii) Instaurer comme le propose Lord Turner un impôt spécial sur les superbénéfices des banques (bénéfices avant rémunérations) pour qu’elles ne puissent pas profiter de leur position centrale pour faire plus de profit que les autres entreprises.

iv) Interdire les produits financiers fondés sur des paris sur les variations des prix de biens essentiels comme le logement, l’énergie, nombre de matières premières et les biens entrant dans l’alimentation, voire interdire les paris de ce type sur tout. Car c’est cela le Casino des produits dits dérivés qui a mal tourné. Or il influe sur la vie des gens de façon non dérivée, très directe.

v et vi) Suppression des bonus et des salaires et retraites hors normes, et fin des paradis fiscaux. Je n’ai pas mis ces deux mesures en tête de liste parce que, selon moi, c’est très important, mais il ne s’agit pas du cœur de la crise de la finance. Supprimez les bonus et les paradis fiscaux et laissez le reste, vous aurez la prochaine fois une crise aussi presque aussi grave parce que le pouvoir économique de la finance sera encore central et toxique. Il faut certes combattre les paradis fiscaux qui coûtent une fortune aux pouvoirs publics (30 à 40 milliards d’euros par an en France), qui renforcent l’injustice fiscale et qui facilitent la spéculation sans contrôle (les transactions dites « de gré à gré ») et le blanchiment de l’argent sale. Et les bonus et salaires hors normes sont eux aussi une incitation aux opérations folles et au très court terme. Mais si vous avez une stricte limitation des produits à risques et une taxe Tobin, si les profits de la finance redeviennent comparables à ceux des autres secteurs, il n’y aura plus de bonus ou très peu et très limités. Et s’il y a un contrôle public sur la finance, les paradis fiscaux disparaîtront tout autant. L’agitation de nombreux chefs d’état autour de ces deux thèmes est selon moi une façon de ne pas toucher au gros du pouvoir financier concentré en donnant des os à ronger à l’opinion publique. De petits os d’ailleurs car le récent G20 n’a rien décidé de contraignant et on va encore avoir des scandales de bonus et de salaires indécents. Quant aux paradis fiscaux, on les a plus blanchis que condamnés, même si les premières et timides restrictions sont bonnes à prendre.

vii) A moyen terme, considérer que la monnaie et le crédit sont des biens publics essentiels qu’on ne peut pas confier à une logique d’actionnaires, même encadrés et régulés. Il faut des banques soit publiques, soit non lucratives, mutualistes et coopératives à qui la collectivité délègue une mission de service public dont tout le reste de l’économie dépend, mais il ne faut pas remplacer la dictature des actionnaires par celle de technocrates financiers.

viii) à moyen terme aussi, il faudrait réduire la part des retraites par capitalisation dans l’ensemble, car les fonds de pension seront toujours poussés à faire des paris à risque et à pressurer les entreprises dans lesquelles ils investissent. C’est une façon essentielle de limiter le pouvoir de la finance sur la vie. On pourrait dire la même chose des assurances privées de santé.

S’attaquer aux crises économique, sociale et écologique

Les mesures précédentes concernent le cœur du pouvoir économique, la finance. Mais comme la crise est multidimensionnelle et systémique, cela ne suffit pas. Il faut en particulier s’attaquer à la crise économique, à la crise sociale et à la crise écologique.

Pour la crise économique, à court terme, on utilise le terme de relance. Pourquoi pas. Mais ce qui compte est plus son contenu et ses formes que son montant. C’est bien beau d’injecter des fonds publics pour les entreprises ou les ménages (essentiellement les entreprises...), il faut le faire, mais avec quelles priorités ? Tout est là, sinon, comme pour les banques, on parviendra au mieux à ce que ça reparte comme avant. Faut-il relancer l’automobile pour qu’elle reparte comme avant, construire des autoroutes, et de même pour le bâtiment, l’agriculture, l’énergie, etc. ? Ou bien utilise-t-on largement ces investissements de relance pour commencer une réorientation sociale et écologique : logements sociaux réhabilités avec des progrès environnementaux, transports plus propres et plus collectifs, frêt plutôt que la route, agriculture propre, énergies renouvelables, etc. Il nous faudrait une relance sous conditions écologiques et sociales, et de nouveaux indicateurs pour cette « autre relance » qui ne viserait pas la croissance pour la croissance mais le développement humain durable.

Pour la crise sociale et les inégalités, la mesure phare serait l’instauration d’un revenu maximal autorisé qui d’ailleurs permettrait, via les sommes récoltées, d’en finir vraiment avec la pauvreté : il y a 8 millions de personnes qui vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté en France. A quel niveau ce revenu maximal ? Seul le débat pourra le dire, mais si on commençait par proposer que personne ne gagne plus de dix fois le SMIC à temps plein, soit 11 000 euros par mois, est-ce qu’un referendum sur cette proposition ne recueillerait pas une énorme majorité de suffrages ? On peut aussi y aller par étapes, par une fiscalité fortement progressive sur les hauts revenus, tous les revenus, y compris ceux de l’épargne et des placements. Cela a existé en France comme aux ÉTATS-UNIS dans le passé.

En 1942, Roosevelt déclare : « Aucun citoyen américain ne doit avoir un revenu (après impôt) supérieur à 25 000 dollars par an ». C’est l’équivalent de 315 000 dollars actuels, soit 8,5 fois le revenu disponible médian par personne (37 000 dollars), lequel vaut environ trois fois les plus bas salaires à temps plein. On aurait donc, si l’on appliquait aujourd’hui la norme de Roosevelt, un éventail de revenus de l’ordre de 1 à 25, hors personnes vivant sur la base de petits boulots ou d’aide sociale. C’est un écart encore énorme, mais c’est peu au regard de l’éventail de 1 à plusieurs milliers qui a cours actuellement.
Roosevelt n’a toutefois pas pris une décision du type « au-dessus de 25 000 dollars, je prends tout ». Il a mis en place une fiscalité sur le revenu avec un taux d’imposition de 88 % pour la tranche la plus élevée, puis 94 % en 1944-45. De 1951 à 1964, la tranche supérieure à 400 000 dollars actuels a été imposée à 91 %, puis autour de 70-75 % jusque 1981.
Il s’ensuivra une période de trente-cinq ans au cours desquelles ce pays connaîtra des inégalités réduites.

Enfin, pour la crise écologique, à terme la plus grave, on connaît les solutions. Il faut faire de la discrimination positive en faveur du durable, définir et faire respecter des normes de production propre, inciter à la sobriété, n’accorder des aides aux entreprises que sous condition d’efforts vérifiables dans le bon sens, taxer ce qui pollue mais détaxer les produits verts, en s’assurant que les ménages à faibles revenus non seulement n’y perdent pas mais y gagnent, car il faut une adhésion populaire au développement durable, il ne faut pas qu’il soit réservé aux plus aisés, etc.
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