Leçon 9 10 mai 1972 Leçon 10 17 mai 1972 01 Juin 1972 Le savoir du psychanaliste Leçon 11 14 juin 1972 Leçon 12 21 juin 1972 j eudi 4 n ovembre 1971 «E ntretiens de s ainte -a nne»





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titreLeçon 9 10 mai 1972 Leçon 10 17 mai 1972 01 Juin 1972 Le savoir du psychanaliste Leçon 11 14 juin 1972 Leçon 12 21 juin 1972 j eudi 4 n ovembre 1971 «E ntretiens de s ainte -a nne»
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dire corrélatif de cette disjonction de la jouissance sexuelle, quelque chose que j’appelle « lalangue », évidemment que ça a un rapport avec quelque chose du réel, mais de là que ça puisse conduire à des mathèmes

qui nous permettent d’édifier la science, alors ça, c’est bien évidemment la question.
Si nous regardions d’un peu plus près comment c’est foutu la science, j’ai essayé de faire ça une toute petite fois,

une toute petite approche : « La Science et la vérité ». Il y avait un pauvre type une fois, dont j’étais l’hôte à ce moment là, qui en a été malade de m’avoir entendu là-dessus, et après tout c’est bien là que l’on voit que mon discours est compris, c’est le seul qui en ait été malade ! C’est un homme qui s’est démontré de mille façons pour être quelqu’un de pas très fort.
Enfin moi je n’ai aucune espèce de passion pour les débiles mentaux, je me distingue en cela de ma chère amie Maud MANNONI, mais comme les débiles mentaux on les rencontre aussi à l’Institut, je ne vois pas pourquoi je m’émouvrais.

Enfin La Science et la vérité ça essayait d’approcher un petit quelque chose comme ça. Après tout, c’est peut être fait

avec presque rien du tout, cette fameuse science. Auquel cas on s’expliquerait mieux comment les choses,

l’apparence aussi conditionnée par un déficit que « lalangue », peut y mener tout droit.
Voilà, ce sont des questions que peut-être j’aborderai cette année. Enfin, je ferai de mon mieux, Ou pire !08 Décembre 1971 Séminaire : Panthéon-Sorbonne Table des matières

Je pourrais commencer tout de suite en passant sur mon titre dont après tout dans un bout de temps,

vous verriez bien ce qu’il veut dire. Néanmoins par gentillesse, puisqu’aussi bien il est fait pour retenir,

je vais l’introduire par un commentaire portant sur lui : « …Ou pire ».
Peut-être tout de même certains d’entre vous l’ont compris, « …Ou pire » en somme c’est ce que je peux toujours faire.

Il suffit que je le montre pour entrer dans le vif du sujet. Je le montre en somme à chaque instant. Pour ne pas rester dans ce sens qui comme tout sens - vous le touchez du doigt, je pense - est une opacité, je vais donc le commenter textuellement.
« …Ou pire » il est arrivé que certains lisent mal, ils ont cru que c’était ou le pire. C’est pas du tout pareil. Pire, c’est tangible, c’est ce qu’on appelle un adverbe comme « bien » ou « mieux ». On dit : « je fais bien », on dit : « je fais pire ». C’est un adverbe, mais disjoint, disjoint de quelque chose qui est appelé à quelque place, justement le verbe, le verbe qui est ici remplacé par les trois points. Ces trois points se réfèrent à l’usage, à l’usage ordinaire pour marquer - c’est curieux, mais ça se voit, ça se voit dans tous les textes imprimés - pour faire une place vide. Ça souligne l’importance de cette place vide. Et ça démontre aussi bien que c’est la seule façon de dire quelque chose avec l’aide du langage. Et cette remarque que le vide c’est la seule façon d’attraper quelque chose avec le langage c’est justement ce qui nous permet de pénétrer dans sa nature, au langage.
Aussi bien - vous le savez - dès que la logique est arrivée à s’affronter à quelque chose, à quelque chose qui supporte

une référence de vérité, c’est quand elle a produit la notion de variable. C’est une variable apparente.

La variable apparente x est toujours constituée par ceci que l’x, dans ce dont il s’agit, marque une place vide.

La condition que ça marche, c’est qu’on y mette exactement le même signifiant à toutes les places réservées vides.

C’est la seule façon dont le langage arrive à quelque chose et c’est pourquoi je me suis exprimé dans cette formule

« qu’il n’y a pas de métalangage ». Qu’est-ce que ça veut dire ?
II semblerait que ce disant, je ne formule qu’un paradoxe, car d’où est-ce que je le dirais ? Puisque je le dis dans le langage, ça serait déjà suffisamment affirmer qu’il y en a un d’où je peux le dire. Il n’en est évidemment rien pourtant.
Le métalangage, comme bien sûr il est nécessaire qu’on l’élabore comme une fiction chaque fois qu’il s’agit de logique,

c’est à savoir qu’on forge à l’intérieur du discours ce qu’on appelle langage-objet, moyennant quoi c’est le langage

qui devient « méta », j’entends le discours commun sans lequel il n’y a pas moyen même d’établir cette division.

Il n’y a pas de métalangage, nie que cette division soit tenable. La formule forclot dans le langage qu’il y ait discordance.
Qu’est-ce qui occupe donc cette place vide, dans le titre que j’ai produit pour vous retenir ? J’ai dit : forcément un verbe, puisqu’un adverbe il y a. Seulement c’est un verbe élidé par les trois points. Et ça dans le langage, à partir du moment

où on l’interroge en logique, c’est la seule chose qu’on ne puisse pas faire.
Le verbe en l’occasion il n’est pas difficile à trouver, il suffit de faire basculer la lettre qui commence le mot pire, ça fait : dire.

Seulement comme en logique le verbe c’est précisément le seul terme dont vous ne puissiez pas faire place vide,

dont vous ne puissiez pas faire place vide parce que quand une proposition vous essayez d’en faire fonction, c’est le verbe qui fait fonction et c’est de ce qui l’entoure que vous pouvez faire argument. À vider ce verbe donc, j’en fait argument, c’est-à-dire quelque substance, ce n’est pas « dire » c’est « un dire ».
Ce dire, celui que je reprends de mon séminaire de l’année dernière, s’exprime comme tout dire dans une proposition complète : il n’y a pas de rapport sexuel. Ce que mon titre avance c’est qu’il n’y a pas d’ambiguïté, c’est qu’à sortir de là,

vous n’énoncerez, vous ne direz, que pire. « Il n’y a pas de rapport sexuel » se propose donc comme vérité.
Mais j’ai déjà dit de la Vérité qu’elle ne peut que se mi-dire, donc ce que je dis c’est qu’il s’agit somme toute que l’autre moitié dise pire. S’il n’y avait pas pire, qu’est-ce que ça simplifierait les choses ! C’est le cas de le dire.
La question est : est-ce que ça ne les simplifie pas déjà, puisque si ce dont je suis parti c’est de ce que je peux faire

et que ce soit justement ce que je ne fasse pas, est-ce que ça ne suffit pas à les simplifier ? Seulement voilà, il ne peut pas se faire que je ne puisse pas le faire ce pire. Exactement comme tout le monde. Quand je dis qu’il n’y a pas de rapport sexuel, j’avance très précisément cette vérité chez l’être parlant que le sexe n’y définit nul rapport. Ce n’est pas que je nie la différence qu’il y a, dès le plus jeune âge, entre ce qu’on appelle une petite fille et un petit garçon. C’est même de là que je pars.
Attrapez tout de suite, comme ça, que vous ne savez pas, quand je pars de là, de quoi je parle. Je ne parle pas de

la fameuse « petite différence » qui est celle pour laquelle, à l’un des deux il paraîtra, quand il sera sexuellement mûr,

il paraîtra tout à fait de l’ordre d’un bon mot, du mot d’esprit, de pousser : « Hourra ! Hourra pour la petite différence ! »
Rien que ça soit drôle suffit à nous indiquer, dénote, fait référence, au rapport complexuel…

c’est-à-dire au fait tout inscrit dans l’expérience analytique, et qui est ce à quoi nous a mené

l’expérience de l’inconscient, sans lequel il n’y aurait pas de mot d’esprit

…au rapport complexuel avec cet organe, la petite différence, déjà détaché très tôt comme organe,

ce qui est déjà tout dire : ὄργανον [organon], instrument.
Est-ce qu’un animal a l’idée qu’il a des organes ? Depuis quand a-t-on vu ça ? Et pourquoi faire ? Suffira-t-il d’énoncer :

« Tout animal… »…

c’est une façon de reprendre ce que j’ai énoncé récemment à propos de la supposition de la jouissance

dite sexuelle comme instrumentale chez l’animal, j’ai raconté ça ailleurs, ici je le dirai autrement

…« Tout animal qui a des pinces ne se masturbe pas ». [Rires] C’est la différence entre l’homme et le homard ! [Rires]
Voilà, ça fait toujours son petit effet. Moyennant quoi, vous échappe ce que cette phrase a d’historique. Ce n’est pas du tout à cause de ce qu’elle asserte, je ne dis rien de plus : elle asserte, mais de la question qu’elle introduit au niveau de la logique.
Ça y est caché - mais c’est la seule chose que vous n’y ayez pas vue - c’est qu’elle contient le « pas-tout »

qui est très précisément et très curieusement ce qu’élude la logique aristotélicienne pour autant qu’elle a produit,

qu’elle a produit et détaché la fonction des prosdiorismes qui ne sont rien d’autre que ce que vous savez,

à savoir l’usage de « tout », « pas », de « quelques », autour de quoi ARISTOTE fait les premiers pas de la logique formelle.
Ces pas sont lourds de conséquences, c’est eux qui ont permis d’élaborer ce qu’on appelle la fonction des quantificateurs. C’est avec le « Tout » que s’établit la place vide dont je parlais tout à l’heure. Quelqu’un comme FREGE ne manque pas quand il commente la fonction de l’assertion, devant laquelle il place l’assertion en rapport à une fonction - vraie ou fausse - Φ de x, il lui faut, pour que x ait existence d’argument, ici placé dans ce petit creux, image de la place vide, qu’il y ait quelque chose qui s’appelle « tout x » [;], qui convienne à la fonction.
1a
L’introduction du « Pas-Tout » est ici essentielle. Le « Pas-Tout » n’est pas cette universelle négativée, le « Pas-Tout » ça n’est pas « nul », ça n’est pas nommément : « Nul animal qui ait des pinces se masturbe ». C’est « Non pas tout animal qui a des pinces... » est par là nécessité à ce qui suit. Il y a organe et organe, comme il y a fagot et fagot, celui qui porte les coups et celui qui les reçoit.
Et ceci nous porte au cœur de notre problème, car vous voyez qu’à simplement en ébaucher le premier pas,

nous glissons ainsi au centre - sans avoir même eu le temps de nous retourner - au centre de quelque chose où il y a bien une machine qui nous porte. C’est la machine que je démonte.
Mais - j’en fais la remarque à l’usage de certains - ce n’est pas pour démontrer que c’est une machine, encore bien moins pour qu’un discours soit pris pour une machine, comme le font certains justement à vouloir s’embrayer sur le mien,

de discours. En quoi, ce qu’ils démontrent, c’est qu’ils n’embrayent pas sur ce qui fait un discours, à savoir le Réel qui y passe.

Démontrer la machine n’est pas du tout la même chose que ce que nous venons de faire, c’est-à-dire d’aller sans plus de façons au trou du système, c’est-à-dire à l’endroit où le Réel passe par vous. Et comment qu’il passe, puisqu’il vous aplatit !
Naturellement moi j’aimerais, j’aimerais bien, j’aimerais beaucoup mieux, j’aimerais sauver votre canaillerie naturelle

qui est bien ce qu’il y a de plus sympathique, mais qui hélas, « hélas toujours recommençant » comme dit l’autre [sisyphe ?],

en vient à se réduire à la bêtise par l’effet même de ce discours qui est celui que je démontre. En quoi vous devez sentir, sur l’instant, qu’il y a au moins deux façons de le démontrer ce discours. Restant ouvert que la mienne de façon

ça soit encore une troisième.
Il faut pas me forcer à insister, bien sûr, sur cette énergétique de la canaillerie et de la bêtise, auxquelles je ne fais jamais allusion que lointaine. Du point de vue de l’énergétique, bien sûr ça ne tient pas. Elle est purement métaphorique. Mais elle est

de cette veine, cette veine de métaphore dont l’être parlant subsiste, je veux dire qu’elle fait pour lui le pain et le levain.
Je vous ai donc demandé grâce, sur le point de l’insistance. C’est dans l’espoir que la théorie y supplée…

vous entendez l’accent du subjonctif, je l’ai isolé parce que, parce que ça en aurait pu être recouvert par l’accent interrogatif, pensez à tout ça, comme ça, au moment où ça passe, et spécialement pour ne pas manquer

ce qui vient là, à savoir le rapport de l’inconscient à la vérité

…la bonne théorie, et c’est elle qui fraye la voie, la voie même ou l’inconscient en était réduit à insister.

Il n’aurait plus à le faire si la voie était bien frayée. Mais ça ne veut pas dire que tout serait résolu pour ça, bien au contraire.
La théorie, puisqu’elle donnerait cette aise, devrait elle-même être légère, légère au point de ne pas avoir l’air d’y toucher, elle devrait avoir le naturel que jusqu’à ce jour n’ont que les erreurs. Pas toutes ! Une fois de plus : bien sûr !

Mais ça rend-il plus sûr qu’il y en ait certaines à soutenir ce naturel dont tant d’autres font semblant.
Voilà, j’avance que pour que celles-ci - les autres - puissent faire semblant, il faut que de ces erreurs, à soutenir le naturel, il y en ait au moins une, homoinzune. Reconnaissez ce que j’ai déjà écrit l’année dernière, avec une terminaison différente, très précisément à propos de l’hystérique et de l’« homoinzun » qu’elle exige.
Cette « homoinzune », le rôle, c’est évident, ne saurait en être mieux soutenu que par le naturel lui-même.

C’est en quoi je niais au départ... c’est en quoi au contraire, c’est en quoi je ne niais pas au départ la différence qu’il y a,

parfaitement notable et dès le premier âge, entre une petite fille et un petit garçon, et que cette différence qui s’impose

comme native est bien en effet naturelle, c’est-à-dire répond à ceci que ce qu’il y a de réel dans le fait que dans l’espèce

qui se dénomme elle-même - comme ça fille de ses oeuvres, en ça comme en beaucoup d’autres choses -

qui se dénomme « homo sapiens », les sexes paraissent se répartir en deux nombres à peu près égaux d’individus et qu’assez tôt - plus tôt qu’on ne l’attend - ces individus se distinguent. Ils se distinguent, c’est certain.
Seulement - je vous le fais remarquer en passant, ça ne fait pas partie d’une logique - seulement ils ne se reconnaissent,

ils ne se reconnaissent comme êtres parlants qu’à rejeter cette distinction par toutes sortes d’identifications dont c’est

la monnaie courante de la psychanalyse que de s’apercevoir que c’est le ressort majeur des phases de chaque enfance. Mais ça c’est une simple parenthèse.
L’important logiquement est ceci : c’est que ce que je ne niais pas - c’est justement là le glissement –

c’est qu’ils se distinguent. C’est un glissement. Ce que je ne niais pas ce n’est justement pas cela, ce que je ne niais pas c’est quon les distingue, ce n’est pas eux qui se distinguent.
C’est comme ça qu’on dit : « Oh ! le vrai petit bonhomme, comme on voit déjà qu’il est tout à fait différent d’une petite fille, il est inquiet, enquêteur - hein ! - déjà en mal de gloriole ». Alors que la petite fille est loin de lui ressembler. Elle ne pense déjà qu’à jouer

de cette sorte d’éventail qui consiste à se fourrer sa figure dans un trou et à refuser de dire bonjour.
Seulement voilà, on ne s’émerveille de ça que parce que c’est comme ça, c’est-à-dire exactement comme ça sera plus tard, soit conforme aux types d’homme et de femme tels qu’ils vont se constituer de tout autre chose, à savoir

de la conséquence du prix qu’aura pris dans la suite la petite différence. Inutile d’ajouter que « la petite différence, hourra ! »

était déjà là pour les parents depuis une paye et qu’elle a déjà pu avoir des effets sur la façon dont a été traité

petit bonhomme et petite bonne femme.
C’est pas sûr, c’est pas toujours comme ça. Mais il n’y a pas besoin de ça pour que le jugement de reconnaissance

des adultes circonvoisins repose donc sur une erreur, celle qui consiste à les reconnaître, sans doute de ce dont

ils se distinguent, mais à ne les reconnaître qu’en fonction des critères formés sous la dépendance du langage,

si tant est que comme je l’avance, c’est bien de ce que l’être soit parlant qu’il y a complexe de castration.

Je rajoute ça pour insister, pour que vous compreniez bien ce que je veux dire.
Donc, c’est en ça que l’homoinzune - d’erreur - rend consistant le naturel d’ailleurs incontestable de cette vocation prématurée, si je puis dire, que chacun éprouve pour son sexe. Il faut d’ailleurs ajouter, bien sûr, que dans le cas où cette vocation n’est pas patente, ça n’ébranle pas l’erreur puisque, elle peut se compléter avec aisance de s’attribuer à la nature comme telle, ceci, bien sûr, non moins naturellement.
Quand ça ne colle pas, on dit « c’est un garçon manqué » n’est-ce pas ? Et dans ce cas là, le manque a toute facilité pour être considéré comme réussite dans la mesure où rien n’empêche qu’on lui impute, à ce manque, un supplément de féminité. La femme, la vraie, la petite bonne femme, se cache derrière ce manque même, c’est un raffinement tout à fait d’ailleurs pleinement conforme à ce que nous enseigne l’inconscient, de ne réussir jamais mieux qu’à rater.
Dans ces conditions, pour accéder à l’autre sexe il faut réellement payer le prix, justement celui de la petite différence,

qui passe trompeusement au réel par l’intermédiaire de l’organe, justement à ce qu’il cesse d’être pris pour tel,

et du même coup révèle ce que veut dire d’être organe : un organe n’est instrument que par le truchement de ceci

dont tout instrument se fonde, c’est que c’est un signifiant.
Eh bien, c’est en tant que signifiant que le transexualiste n’en veut plus et pas en tant qu’organe. En quoi il pâtit

d’une erreur, qui est l’erreur justement commune. Sa passion, au transexualiste, est là folie de vouloir se libérer

de cette erreur, l’erreur commune qui ne voit pas que : le signifiant, c’est la jouissance et que le phallus n’en est que le signifié.
Le transexualiste ne veut plus être signifié phallus par le discours sexuel, qui - je l’énonce - est impossible. Il n’a qu’un tort, c’est de vouloir le forcer le discours sexuel, qui en tant qu’impossible est le passage du réel, à vouloir le forcer par la chirurgie.
Voilà, c’est la même chose que ce que j’ai énoncé dans un certain programme pour un certain « Congrès sur la sexualité féminine ». Seule, disais-je - pour ceux qui savent lire, bien sûr - seule disais-je, l’homosexuelle - à écrire là au féminin -

soutient le discours sexuel en toute sécurité. Ce pourquoi j’invoquais le témoignage des Précieuses - qui vous le savez,

restent pour moi un modèle - les Précieuses qui si je puis dire, définissent si admirablement l’Ecce Homo

permettez-moi d’arrêter là le mot : « l’excès au mot »

…l’Ecce homo de l’amour, parce que - elles - elles ne risquent pas de prendre le phallus pour un signifiant.
« Ф donc ! » signiФ donc : ce n’est qu’à briser le signifiant dans sa lettre qu’on en vient à bout au dernier terme.

Il est fâcheux pourtant que cela ampute pour elle - l’homosexuelle - le discours psychanalytique, car ce discours

- c’est un fait - les remet, les très chères, dans un aveuglement total sur ce qu’il en est de la jouissance féminine.
Contrairement à ce qu’on peut lire dans un célèbre drame d’APOLLINAIRE3, celui qui introduit le mot « surréaliste »,

Thérèse revient à Tirésias - je viens de parler d’aveuglement, n’oubliez pas - non en lâchant, mais en récupérant les deux oiseaux dits « sa faiblesse » - je cite APOLLINAIRE pour ceux qui ne l’auraient pas lu - soit les petits et gros ballons qui, sur le théâtre, les représentent et qui sont peut-être

je dis peut-être parce que je ne veux pas détourner votre attention, je me contente d’un peut-être

…qui sont peut-être ce grâce à quoi la femme ne sait jouir que dans une absence.
L’homosexuelle n’est pas du tout absente dans ce qu’il lui reste de jouissance. Je le répète, cela lui rend aisé

le discours de l’amour, mais il est clair que ça l’exclut du discours psychanalytique qu’elle ne peut guère que balbutier.

Alors essayons d’avancer. Vu l’heure je ne pourrai qu’indiquer rapidement ceci : que pour ce qu’il en est de tout

ce qui se pose comme ce rapport sexuel, l’incitant, l’instituant par une sorte de fiction qui s’appelle le mariage,

la règle serait bonne que le psychanalyste se dise, sur ce point : « qu’ils se débrouillent comme ils pourront ».
C’est ça qu’il suit dans la pratique. Il ne le dit pas, ni même ne se le dit par une sorte de fausse honte, car il se croit

en devoir de pallier à tous les drames. C’est un héritage de pure superstition : il fait le médecin. Jamais le médecin

ne s’était mêlé d’assurer le bonheur conjugal et, comme le psychanalyste ne s’est pas encore aperçu

qu’il n’y a pas de rapport sexuel, naturellement le rôle de « providence des ménages » le hante.
Tout ça, n’est-ce pas - la fausse honte, la superstition et l’incapacité de formuler une règle précise sur ce point, celle que je viens d’énoncer là : « qu’ils se débrouillent » - relève de la méconnaissance de ceci  que son expérience lui répète, mais je pourrais même dire lui serine - qu’il n’y a pas de rapport sexuel. Il faut dire que l’étymologie de seriner nous conduit tout droit à sirène.

C’est textuel, c’est dans le dictionnaire étymologique 4, c’est pas moi qui me livre ici tout d’un coup à un chant analogue.
C’est sans doute pour ça que le psychanalyste - comme ULYSSE le fait en telle conjoncture - reste attaché à un mât.

Oui, naturellement pour que ça dure, ce qu’il entend comme le chant des sirènes, c’est-à-dire en restant enchanté,

c’est-à-dire en l’entendant tout de travers. Eh bien le mât - ce fameux mât dans lequel naturellement vous ne pouvez pas ne pas reconnaître le phallus, c’est-à-dire le signifié majeur, global - eh bien, il y reste attaché et ça arrange tout le monde.
Ça n’arrange quand même tout le monde qu’en ceci que ça n’a aucune conséquence fâcheuse, puisque c’est fait pour ça, pour le navire psychanalytique lui-même, c’est-à-dire pour tous ceux qui sont dans le même bateau. Il n’en reste pas moins qu’il l’entend de travers ce serinage de l’expérience, et que c’est pour ça que jusqu’à maintenant, ça reste un domaine privé, un domaine privé, j’entends pour ceux qui sont sur le même bateau.
Ce qui se passe sur ce bateau, où il y a aussi des êtres des deux sexes, est pourtant remarquable :

ce qu’il arrive que j’en entende par la bouche de gens qui parfois viennent me visiter, de ces bateaux 

moi qui suis - mon Dieu - sur un autre, que ne régissent pas les mêmes règles

…serait pourtant assez exemplaire si la façon dont j’en ai vent n’était pas si particulière.
À étudier ce qu’il ressort d’un mode de méconnaissance de ce qui fait le discours psychanalytique, à savoir les conséquences que ça en a sur ce que j’appellerai « le style » de ce qui se rapporte à « la liaison ». Puisque enfin l’absence du rapport sexuel

est très manifestement ce qui n’empêche pas - bien loin de là - « la liaison » mais ce qui lui donne ses conditions.
Ceci permettrait peut-être d’entrevoir ce qui pourrait résulter du fait que le discours psychanalytique reste logé sur ces bateaux où actuellement il vogue et dont quelque chose laisse craindre qu’il reste le privilège. Il se pourrait que quelque chose

de ce style vienne à dominer le registre des liaisons dans ce qu’on appelle improprement « le vaste champ du monde »,

et à la vérité ça n’est pas rassurant.
Ça serait sûrement encore plus fâcheux que l’état présent qui est tel que c’est à cette méconnaissance que je viens de pointer, que c’est d’elle que ressortit ce qui après tout n’est pas injustifié, à savoir ce qu’on voit souvent à l’entrée de la psychanalyse : les craintes manifestées, ma foi, par les sujets, qui ne savent que c’est en somme d’en croire le silence psychanalytique institutionnalisé sur le point de ce qu’« il n’y a pas de rapport sexuel » qui évoque chez ces sujets, ces craintes, à savoir

- mon Dieu - de tout ce qui peut rétrécir, affecter les relations intéressantes, les actes passionnants, voire les perturbations créatrices que nécessite cette absence de rapport.
Je voudrais donc avant de vous quitter amorcer ici quelque chose. Puisqu’il s’agit d’une exploration de ce que j’ai appelé une nouvelle logique, celle qui est à construire de ce qui se passe, de ceci à poser en premier : qu’en aucun cas rien de ce qui se passe, du fait de l’instance du langage, ne peut déboucher sur la formulation d’aucune façon satisfaisante du rapport.
Est-ce qu’il n’y a pas quelque chose à prendre de ce qui - dans l’exploration logique, c’est-à-dire dans le questionnement -

de ce qui, au langage, non pas seulement impose limite dans son appréhension du Réel, mais démontre dans la structure même de cet effort de l’approcher, c’est-à-dire de repérer dans son propre maniement ce qu’il peut y avoir de Réel

à avoir déterminé le langage ?
Est-ce qu’il n’est pas convenable, probable, propre à être induit, que si c’est au point d’une certaine faille du réel

- à proprement parler indicible, puisque ça serait elle qui déterminerait tout discours - que gît, que gisent les lignes de ces champs qui sont celles que nous découvrons dans l’expérience psychanalytique ?
Est-ce que tout ce que la logique a dessiné - à rapporter le langage à ce qui est posé de réel - ne nous permettrait pas

de repérer dans certaines lignes à inventer - et c’est là l’effort théorique que je désigne de cette aisance qui trouverait

une insistance - est-ce qu’il n’est possible ici de trouver orientation ?
Je ne ferai avant de vous quitter aujourd’hui que pointer qu’il y a trois registres - à proprement parler déjà émergés

de l’élaboration logique - trois registres autour desquels tournera cette année mon effort de développer ce qu’il en est

des conséquences de ceci, posé comme premier, qu’il n’y a pas de rapport sexuel.
Premièrement, ce que vous avez vu déjà dans mon discours pointer : les prosdiorismes.

Je n’ai aujourd’hui, au cours de ce premier abord, rencontré que l’énoncé du « pas-tous ». Celui-là, déjà l’année dernière

j’ai cru vous l’isoler - très précisément : . ! - auprès de la fonction elle-même que je laisse ici totalement énigmatique,

de la fonction, non pas du rapport sexuel, mais de la fonction qui proprement en rend l’accès impossible.

C’est celle-là - à définir - en somme à définir cette année, imaginez-la : jouissance. Pourquoi ne serait-il pas possible

d’écrire une fonction de la jouissance ? C’est à l’épreuve que nous en verrons la soutenabilité, si je puis dire, ou non.
La fonction du « pas-tous », déjà l’année dernière je n’ai pu avancer - et certainement d’un point beaucoup plus proche quant à ce dont il s’agissait, je ne fais aujourd’hui qu’aborder notre terrain - je l’ai l’année dernière avancée d’une barre négative . !, mise au-dessus du terme qui dans la théorie des quanteurs, désigne l’équivalent.

C’en est seulement l’équivalent, je dirai même plus : la purification au regard de l’usage naïf fait dans ARISTOTE

du prosdiorisme « tout ». L’important, c’est que j’ai aujourd’hui avancé devant vous la fonction du « pas-tout ».
Chacun sait qu’à propos de ce qu’il en est de la proposition dite - dans ARISTOTE - « particulière », ce qui en surgit,

si je puis dire naïvement, c’est : « il existe quelque chose » qui y répondrait. Quand vous employez « quelque »,

en effet ça semble aller de soi. Ça semble aller de soi et ça va pas de soi. Parce qu’il est tout à fait clair qu’il ne suffit pas de nier le « pas tout » pour que de chacun des deux morceaux - si je puis m’exprimer ainsi - l’existence soit affirmée.

Bien sûr, si l’existence est affirmée, le « pas-tout » se produit.
C’est autour de cet « il existe » que doit porter notre avancée. Depuis si longtemps là-dessus les ambiguïtés se perpétuent qu’on est arrivé à confondre l’essence et l’existence, et d’une façon encore plus étonnante, à croire que c’est plus d’exister

que d’être. C’est peut-être justement qu’« il existe » assurément des hommes et des femmes - et pour tout dire qui ne font rien de plus que d’exister - qu’est tout le problème.
Parce qu’après tout, dans l’usage correct qui est à faire à partir du moment où la logique se permet de décoller un peu

du réel, seule façon à vrai dire qu’elle ait par rapport à lui de pouvoir se repérer, c’est à partir du moment

où elle ne s’assure que de cette part du réel où il y ait possible une vérité, c’est-à-dire une mathématique,

c’est à partir de ce moment que ce qu’on voit bien que désigne un « Il existe » quelconque, ce n’est rien d’autre,

par exemple, qu’un nombre à satisfaire une équation.
Je ne tranche pas de savoir si le nombre est à considérer ou non comme du réel. Pour ne pas vous laisser dans l’ambiguïté, je peux vous dire que je tranche : que le nombre fait partie du réel. Mais c’est ce réel privilégié à propos de quoi le maniement de la vérité fait progresser la logique. Quoi qu’il en soit, le mode d’existence d’un nombre n’est pas à proprement parler ce qui peut pour nous assurer ce qu’il en est de l’existence chaque fois que le prosdiorisme « quelque » est avancé.
Il y a un deuxième plan sur lequel ce que je ne fais ici qu’épingler comme repère, du champ dans lequel nous aurons

à nous avancer, d’une logique qui nous serait propice, c’est celui de la modalité. La modalité, comme chacun sait aussi,

à ouvrir ARISTOTE, c’est ce qu’il en est du possible, de ce qui se peut. Je ne ferai ici qu’en indiquer aussi l’entrée, le frontispice.
ARISTOTE joue des quatre catégories :


  • de l’impossible qu’il oppose au possible,




  • du nécessaire qu’il oppose au contingent.


Nous verrons qu’il n’est rien de tenable dans ces oppositions, et aujourd’hui je vous pointe simplement ce qu’il en est d’une formulation du nécessaire qui est proprement ceci : « ne pas pouvoir ne pas ». « Ne pas pouvoir ne pas »,

c’est là proprement ce qui, pour nous, définit la nécessité. Ça va où ? De l’impossible : « ne pas pouvoir » à « pouvoir ne pas ».

Est-ce le possible ou le contingent ?
Mais ce qu’il y a de certain c’est que si vous voulez faire la route contraire, ce que vous trouvez c’est pouvoir ne pas pouvoir, c’est-à-dire que ça conjoint l’improbable, le caduc, de ceci qui peut arriver, à savoir, non pas cet impossible

auquel on retournerait en bouclant la boucle, mais tout simplement l’impuissance. Ceci simplement pour indiquer,

en frontispice, le deuxième champ des questions à ouvrir.
Le troisième terme c’est la négation. Est-ce que déjà il ne vous semble pas - bien que ce que j’ai ici écrit de ce qui le complète dans les formules l’année dernière déjà notées au tableau :  : ! - c’est à savoir qu’il y a deux formes tout à fait différentes

de négation possibles, pressenties déjà par les grammairiens. Mais à la vérité, comme c’était dans une grammaire qui prétendait aller « des mots à la pensée » 5, c’est tout dire : l’embarquement dans la sémantique, c’est le naufrage assuré !
La distinction pourtant faite de la forclusion et de la discordance est à rappeler à l’entrée de ce que nous ferons cette année.
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